Tag: agriculture biologique

  • Une association de producteurs en difficulté

    Une association de producteurs en difficulté

    Après deux ans et demi d’existence, l’Amap de Forcalquier peine à trouver sa place dans le paysage local, riche en offres bio et locales. « On peine à décoller et à dépasser les 20 paniers, ce qui est insuffisant », regrette Helory Blot, maraîcher avec sa compagne LizAnjela Kermarrec. « On voudrait toucher davantage de gens, et notamment les classes populaires. Pour l’instant, nos clients sont plutôt issus des classes moyennes ou aisées », explique-t-il. « Ils ont tout à y gagner, c’est moins cher et en circuit court », affirme-t-il.

    « Un engagement militant »

    « Faire partie d’une Amap, c’est aussi un engagement militant et politique sur son territoire, puisque cela nous soutient, nous agriculteurs », avance le maraîcher. « Cela nous assure d’avoir de la trésorerie pour les mois de février, mars, avril, mai et juin, qui sont les plus difficiles. C’est là où on a le plus de dépenses et où le moins d’argent rentre », explique-t-il. Avec l’Amap, « on sait que, ce qu’on produit, on va le vendre », se réjouit le couple de maraîchers. « Les Amapiens viennent même parfois nous aider lorsqu’il y a des aléas climatiques ou des insectes ravageurs », souligne LizAnjela.

    Tous les lundis, de 18h à 19h, les Forcalquiérens peuvent venir chercher leur panier de légumes, mais aussi du pain, du fromage et des œufs frais, devant la biscuiterie. Les clients, surnommés les Amapiens, signent un contrat de six mois ou d’un an avec leur producteur pour pouvoir récupérer leur panier toutes les semaines. Chaque panier a une valeur de 20 euros.

    Anciens travailleurs sociaux, LizAnjela et Helory reçoivent aussi des prisonniers et des jeunes de la protection judiciaire de la jeunesse sur leur ferme.

  • « L’Hérault est le 5e département en exploitations bio »

    « L’Hérault est le 5e département en exploitations bio »

    Toutes les semaines dans La Marseillaise, nous invitons une personnalité des départements du Gard ou de l’Hérault à répondre à nos questions. Ce vendredi, Magali Boisset, présidente du Centre d’initiatives pour valoriser l’agriculture et le milieu rural bio (Civam bio) de l’Hérault nous parle, entre autres, des missions de l’antenne héraultaise et de l’état de l’agriculture biologique.

    LM : Quel est le rôle du Civam bio ?

    M. B. : Le Civam bio a le rôle d’un GAB (Groupement d’agriculteurs biologiques). Il s’agit d’associations présentes dans la plupart des départements, qui s’occupent de défendre et promouvoir l’agriculture biologique. Nos missions sont de pérenniser les exploitations et les entreprises bio, ainsi que d’essayer d’augmenter les surfaces et le nombre d’exploitations en bio sur l’Hérault. L’antenne a été créée en 1986, nous allons donc fêter l’année prochaine les 40 ans du Civam bio de l’Hérault.

    Nous organisons plusieurs formations – qui vont de la vigne aux poules, en passant par les arbres fruitiers -, notamment pour les reconversions, quand on est déjà installé.

    Civam bio 34

    Agriculture biologique

    La Marseillaise : Quel est l’état de l’agriculture biologique dans l’Hérault ?

    Magali Boisset : D’une manière générale, l’Hérault est le cinquième département français en nombre d’exploitations bio, avec 1 575 fermes en 2024.

    L’agriculture biologique est en recul en France, comment l’expliquer ?

    M.B. : Au niveau national, l’agriculture biologique est un petit peu maltraitée, surtout par les politiques actuelles – on l’a vu dernièrement avec la loi Duplomb. Alors qu’en fait, au niveau local, c’est une force importante, ça parle aux élus locaux. N’importe quelle personne qui habite à côté d’un agriculteur préfère être à côté d’un agriculteur bio, ça paraît évident. Il n’empêche qu’il faut se battre pour continuer à avoir des subventions et promouvoir ce type d’agriculture. L’agriculture bio est le seul signe officiel de qualité, qui garantit par la loi 0 produit chimique de synthèse et le bien-être animal. C’est un beau signe de qualité qu’il faut absolument conserver, même si même si tout système peut être amélioré.

    Comment expliquer le décalage entre le bio, boudé, et l’agriculture traditionnelle qui utilise pesticides et insecticides ?

    M.B. : Pour moi, ce sont les intérêts économiques d’opérateurs qui pèsent très lourd dans la balance. Le poids qu’ils représentent par rapport à nous, petits agriculteurs bio, n’est pas le même. Il faut que le consommateur ait conscience de ça parce que quand il soutient un type d’agriculture, les politiques sont bien obligés de se ranger.

    Parcours

    La Marseillaise : Quel est votre parcours avant d’arriver au Civam bio ?

    Magali Boisset : Je me suis installée en poules pondeuses bio il y a 5 ans à Vacquières, dans l’Hérault. C’était une reconversion professionnelle, avant j’étais fonctionnaire du ministère de l’Agriculture dans différentes structures. Et au moment de mon installation, la Civam a été la seule structure qui a été à l’écoute de mes besoins et là pour moi. Par la suite, j’ai trouvé intéressant de m’engager auprès de cette structure. D’abord en tant qu’administratrice au sein du Conseil d’administration et depuis le mois de juin dernier en tant que présidente. Pour moi, c’est vraiment une structure précieuse, à l’écoute des petits agriculteurs biologiques, ce qui n’est pas toujours le cas d’autres structures. Ça nous permet de nous sentir moins seuls, de nous fédérer, d’échanger entre nous. La Civam organise beaucoup de formations qualitatives et adaptées aux petits agriculteurs bio. Elle organise aussi des groupes d’échange, des journées thématiques gratuites adaptées en fonction des besoins des agriculteurs. Ça nous permet de créer des réseaux entre nous, par exemple je fais partie d’un groupe technique où on se retrouve avec d’autres éleveurs de poules pondeuses bio, pour développer l’entraide, progresser sur nos pratiques.

    Avec la multiplication des labels biologiques dans
    les supermarchés, existe-t-il un risque de perdre
    le consommateur ?

    M.B. : Oui, je trouve ça vraiment dommage cette multiplicité de cahiers des charges privés, où la personne qui dépose cette marque peut mettre ce qu’elle veut dans son cahier des charges. Ça perd le consommateur par rapport au signe de l’Agriculture biologique, seul signe officiel de qualité reconnu au niveau européen, qui s’applique à tous les pays d’Europe.

    Certains s’apparentent à du greenwashing ?

    M.B. : C’est ça, alors que l’agriculture biologique est le seul signe officiel qui garantit vraiment aux consommateurs le respect de ce 0 produit chimique et de ce bien-être animal. C’est reconnu officiellement et contrôlé par des organismes certificateurs qui sont eux-mêmes contrôlés par l’État. On ne peut pas faire mieux.

    Comment lutter contre cette multiplication ?

    M.B. : On ne peut pas non plus l’interdire donc selon moi, il faut communiquer auprès des consommateurs pour qu’ils sachent que le seul signe est le label bio.

    Labels

    M.B. : Le 19 octobre, nous allons célébrer l’Hérault fête le bio [photo ci-contre, Ndlr], un événement en partenariat avec le Département de l’Hérault. Ça se passera à Restinclières, près de Montpellier. Ce sera sur le thème du jardin nourricier cette année – on essaie de trouver un nouveau thème chaque année – avec différents ateliers : découverte des plantes sauvages, atelier sur les plantes médicinales, conférences sur les atouts de la greffe des fruitiers sauvages. Il y aura aussi des stands de producteurs en bio, évidemment.