Tag: agressions

  • Détention prolongée dans une affaire d’agressions homophobes à Avignon

    Détention prolongée dans une affaire d’agressions homophobes à Avignon

    Kaysse A., son frère Ayoub A. et Mohamed K., âgés de 19 et 20 ans, ont été présentés ce lundi 23 février en comparution immédiate devant le tribunal judiciaire d’Avignon. Ils sont poursuivis pour « violences aggravées par trois circonstances, suivies d’incapacité n’excédant pas 8 jours » et « extorsion commise en raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre de la victime ». Le tribunal a décidé de renvoyer l’examen de l’affaire au jeudi 16 avril. Dans l’attente, les deux frères ont été placés en détention provisoire, le président Lionel Mathieu évoquant un risque de réitération, car « les faits ont été commis sur une durée relativement longue et sont extrêmement récents ». Le troisième, Mohamed K., a été placé sous contrôle judiciaire.

    Selon les éléments présentés à l’audience, les frères auraient, à deux reprises, le 31 janvier à Avignon et le 10 janvier à Vedène, tendu des « guets-apens » à au moins deux personnes homosexuelles contactées sur un site de rencontre avec un faux compte. Les victimes auraient ensuite été agressées. Dans l’un des cas, les prévenus auraient tenté de soutirer de l’argent, sans succès.

    Les arguments du parquet

    Mohamed K. n’est poursuivi que pour son implication présumée dans les faits du 10 janvier. Deux mineurs auraient également participé à l’une des agressions. Les trois jeunes adultes sont tous domiciliés chez leurs parents respectifs et n’exercent aucune activité professionnelle. Un précédent fait datant de 2022 a été mentionné, mais il concernerait une période où ils étaient tous mineurs.

    Lors de l’audience, le procureur, Nicolas Delpierre, a sollicité le maintien en détention, relevant « deux ou trois éléments » malgré les « dossiers lisses » des prévenus. Il note des « faits revendiqués », car les agressions ont été filmées, et estime que « tous les hommes homosexuels sont des cibles potentielles ». Il confie que les frères auraient affirmé que « tous les pédés sont des pédophiles (sic) » et qu’ils « devraient être en prison comme dans d’autres pays ».

    La défense d’Ayoub A. et Kaysse A., Me Isabelle Cuilleret, estime dans sa plaidoirie que « la détention provisoire n’est pas adaptée et qu’il y a d’autres moyens », évoquant pour l’aîné un « caractère influençable » et différents troubles neurologiques. Une expertise médico-psychiatrique a été demandée. Tandis que Me Jalil-Henri Amr, avocat de Mohamed K., estimait que les 48h de détention de son client constituent une « pédagogie suffisante » et qu’il est le seul à toujours être scolarisé (bac pro climatisation). Il assure que ce dernier n’a été « que le cinéaste » de l’agression et qu’« aucun élément dans le dossier n’indique qu’il a adoré faire cette œuvre cinématographique ». Dans le box, tous trois se sont excusés auprès des victimes.

  • Du soutien pour les agents de sécurité de Grand Littoral

    Du soutien pour les agents de sécurité de Grand Littoral

    Les militants de la CGT ont répondu présents pour soutenir les agents de sécurité de Grand Littoral, ce mardi. Le rendez-vous, le troisième depuis leur première mobilisation début décembre, était fixé aux abords du centre commercial des quartiers Nord tôt le matin. Ils se mobilisent toujours afin d’obtenir « une reconnaissance salariale » et la fin d’une « répression syndicale » sur le site de la part de l’entreprise Triomph Sécurité, qui assure la sécurité de Grand Littoral. Pour rappel, le conflit a débuté avec un mouvement de grève inédit pour les petites mains de la sécurité, sur fond de demande de revalorisation et de prise en compte de « l’insécurité » particulière du lieu. Lequel s’est suivi d’un autre rassemblement, au lendemain de Noël, mais en soutien à des agents proches de la CGT menacés de mutation « à l’autre bout du département ».

    Une « série d’agressions »

    Rebelote donc ce mardi, avec une mobilisation liant les deux problématiques. « Les agents sont agressés au quotidien, les alertes sont ignorées par la direction, les syndicats de terrain sont écartés », dénonce le syndicat CGT Prévention-Sécurité du département.

    L’organisation énumère plusieurs agressions et incidents qu’auraient vécus les agents, allant de 2022 jusqu’à récemment : « Coupure à la main suite à une agression à l’arme blanche d’un agent », puis en 2024 « l’utilisation de bombe lacrymogène contre les agents lors d’une interpellation », ou encore en juillet 2025 « une altercation physique avec jets de tables et chaises à Starbucks ». D’où le constat : « Ces incidents montrent l’exposition quotidienne au danger des agents, sans protection ni reconnaissance par la direction. » Et d’où l’appel des militants : « L’heure n’est plus à subir. »

  • La violence gangrène le football amateur

    La violence gangrène le football amateur

    Agressions entre joueurs, bagarres entre supporters, menaces envers un arbitre… Les violences et les incivilités sont devenues monnaie courante dans le monde du football amateur.

    Pas plus tard que le 26 octobre dernier, où la rencontre du 6e tour de Coupe de France entre Aubagne Air Bel (National) et le FC Avignon (Régional 2) a été interrompue à la 72e minute après des incidents entre supporters en tribune. Une affiche qui devait déjà se disputer la veille, mais qui a été décalée au lendemain en raison de craintes liées à la sécurité, notamment concernant le déplacement des supporters vauclusiens. La mère d’un joueur avignonnais, touchée lors des affrontements entre supporters et forces de l’ordre, a porté plainte contre le Sporting club Aubagne Air-Bel et la Ligue Méditerranée pour manquement à la sécurité.

    Chaque année, plus de 10 000 actes de violences sont enregistrés sur les terrains amateurs, selon l’Observatoire des comportements de la Fédération française de football. La barre des 12 000 a même été franchie pour la première fois l’an passé, soit une moyenne de 230 incidents chaque week-end. Ces débordements peuvent conduire jusqu’au retrait de l’agrément d’un club, synonyme d’arrêt des activités de l’association, comme l’a vécu celui d’Orange FC, dans le Vaucluse, au mois de janvier.

    « Depuis la saison sportive 2022-2023 (…), de nombreuses rencontres impliquant le club, ses supporteurs ou ses encadrants ont conduit à des actes de violence contre des équipes adverses ou des officiels », précisait le communiqué du préfet. Depuis, des dizaines d’enfants, passionnés par le ballon rond, se retrouvent punis et privés de leur sport favori. Entre temps, la Ville d’Orange a permis au Rugby Club Orangeois de récupérer le stade Marcel-Clapier.

    Menacés de mort

    De nouveaux dispositifs pour lutter contre ce phénomène vont être proposés, a annoncé la Ligue Méditerranée, le week-end dernier (lire ci-dessous).

    Parmi les acteurs victimes de ces violences et de ces incivilités, les arbitres sont de plus en plus pris pour cible sur les terrains. Plus de 100 agressions – insultes, menaces, intimidations, voire violences physiques – ont été signalées, à l’échelle nationale, après un mois de compétition seulement en début de saison 2024-2025.

    « Au-delà de ce qu’ils peuvent subir sur les terrains, on constate que de plus en plus d’arbitres sont pris à partie sur les réseaux sociaux, où ils sont critiqués après un match, avec des insultes à tout va et jusqu’à même recevoir des menaces de mort », déplore Lionel D’Antonio, président de la Commission départementale de l’arbitrage au District de Provence.

    « ça n’a jamais été simple, mais c’est devenu très compliqué d’arbitrer, parce qu’au-delà de la petite indemnité que chacun perçoit, il y va quand même des fois de notre intégrité physique. Il faut être fort mentalement pour continuer. » D’où la nécessité d’un nouvel arsenal dissuasif et préventif.

    « Il y va quand même des fois de notre intégrité physique »

  • Les agents de sécurité de Grand Littoral se mobilisent

    Les agents de sécurité de Grand Littoral se mobilisent

    « On fait face à des agressions verbales tous les jours et les agressions physiques sont récurrentes. » Kamel Benmohammed, représentant syndical de la section syndicale de la CGT Prévention Sécurité 13 sur le centre commercial Grand Littoral, dans le 16e arrondissement de Marseille, fait part d’une « insécurité présente et indéniable » sur le site. « On a déjà eu des agents agressés à l’arme blanche, d’autres renversés par des voitures », énumère-t-il, en amont d’un mouvement social qui se déroulera ce vendredi. Son organisation a déposé un préavis de grève de 24 heures et prévoit un rassemblement avec un piquet de grève au niveau de la porte 4. Ils œuvrent pour la société Triomphe Sécurité, en charge de la sécurité du site.

    « Ça décourage les agents »

    « Dernier fait en date : une personne avait volé une veste dans un magasin, la police arrive et constate les faits. Elle lui passe les menottes mais l’a finalement laissée partir… Après, certains voleurs reviennent narguer les agents ! Et ça les décourage », développe Kamel Benmohammed. D’où la demande d’une juste reconnaissance « des risques réels » pris par les petites mains de la sécurité dans ce centre commercial majeur de Marseille avec une « prime de risque à hauteur de 150 euros environ ».

    La CGT Prévention Sécurité 13 met aussi sur la table d’autres revendications salariales. « On veut la revalorisation de la prime de Noël qui n’a pas bougé depuis des années. C’est pareil pour la revalorisation des coefficients de salaire… On ne demande pas la lune », poursuit le syndicaliste.

    Contactée, la société Triomphe Sécurité n’a pas encore répondu à nos sollicitations.

  • FO réclame la sécurisation des hôpitaux marseillais

    FO réclame la sécurisation des hôpitaux marseillais

    Un cri d’alarme. « Nous comprenons la détresse des parents mais rien, absolument rien, ne peut justifier qu’un soignant soit insulté, humilié ou frappé alors qu’il tente simplement de sauver une vie », glisse Cindy, la gorge nouée. Cette infirmière en réanimation pédiatrique à la Timone est venue témoigner de l’insécurité touchant les hôpitaux marseillais. Il y a une semaine, un père de famille et des proches ont voulu en découdre avec le personnel et ont menacé de mort le chef de son service. Ce week-end, « une bande » a débarqué pour frapper le personnel de neurochirurgie.

    « Droit vers un drame »

    « Depuis un an, malgré les mesures insuffisantes prises par la direction générale, l’insécurité s’aggrave avec des incidents de plus en plus graves », note Audrey Jolibois, secrétaire générale de FO AP-HM, qui a déposé en novembre 2024 un préavis de grève reconductible sur le sujet. « Je croise vraiment tous les doigts pour ne pas avoir raison, mais on va droit vers un drame qui risque de tous nous marquer. »

    De janvier à septembre 2025, 47 faits de violences physiques ont été recensés sur la Timone. Une augmentation de 52% par rapport à la même période de 2024, selon le syndicat, qui déplore la présence de seulement 13 agents de sécurité pour un site de 18 hectares. « La Timone est une vraie passoire », reprend la secrétaire générale du syndicat, évoquant la « circulation de personnes étrangères » ou la présence « de SDF qui errent dans les couloirs, peuvent se coucher dans les lits, se servir des plateaux-repas, s’installer dans les offices du personnel paramédical… C’est devenu une auberge ».

    Jeudi, des représentants de l’ensemble des sites hospitaliers étaient présents pour témoigner du même constat : à l’hôpital Nord, certains accès ne sont toujours pas verrouillés la nuit malgré un plan de prévention de la violence mis en place il y a dix ans. À la Conception, les violences et agressions en psychiatrie et en urgences obstétriques sont en augmentation, des véhicules dégradés dans les parkings, des vols dans les bureaux…

    Force ouvrière exige donc auprès de la direction et des autorités de tutelle, État et l’Agence régionale de santé, des moyens supplémentaires pour la sécurité. Il pose sur la table plusieurs revendications : accélération des travaux de sécurisation et fermeture de tous les services de nuit avec digicode ou moyen d’appel au personnel, augmentation du nombre d’agents de sécurité. S’inspirant du CHU de Nice, le syndicat majoritaire de l’AP-HM envisage aussi l’installation de portiques de sécurité, ainsi que de nouvelles caméras de vidéosurveillance et la fermeture de l’ensemble des bâtiments et des accès de tous les sites la nuit.

  • Aux Flamants, le service public sous la pression du narcotrafic

    Aux Flamants, le service public sous la pression du narcotrafic

    Drones, chiens, menaces, check-points pour récupérer sa voiture dans le parking le soir… Excédés et inquiets de la présence d’un réseau de narcotrafic, les agents de la Maison départementale de la solidarité des Flamants (14e) se sont mis en grève à l’appel de la CGT, ce lundi 13 octobre. « Il y avait déjà eu des problèmes il y a trois ans avec une intrusion », rappelle une syndiquée.

    Cette fois, c’est une assistante du service social qui a été menacée de mort le 3 octobre, après avoir eu des mots avec un dealer. « Nous sommes le seul service public qu’il reste et nous ne pouvons plus l’assurer », déplore notre syndiquée. La CGT a bien « demandé des solutions alternatives », quitte à déménager. « on nous répond que les recherches sont en cours pour un lieu, mais que cela prendra quelques années… », indique-t-elle dans un communiqué. Le syndicat organise un rassemblement devant le Département, ce mardi 14 octobre entre midi et deux.

    Sur site, des « volantes » sont venues remplacer les grévistes pour « assurer les urgences ». Elles témoignent de la « très grande précarité » d’habitants sous la coupe du réseau, « ils supportent. ».

    Forte présence policière

    De fait, peu de monde accepte d’évoquer le sujet. « Ma mère habite là, oui, le réseau c’est un problème effectivement », nous confie du bout des lèvres un visiteur. La forte présence des cars de CRS et de la police nationale a visiblement découragé les dealers ce lundi. Même si, entre les immeubles réhabilités, les traces des feux allumés par les choufs pour se réchauffer ou encore un fauteuil sur le trottoir restent bien visibles.

    La préfète de police déléguée, Corinne Simon, a donné des instructions. « La cité des Flamants fait l’objet d’une présence policière renforcée afin de lutter contre la délinquance, les trafics, ainsi que leurs conséquences pour ceux qui y vivent et y travaillent » indique-t-elle, avec « des effectifs locaux qui interviennent nuit et jour ». Et d’évoquer l’interpellation d’un trafiquant, il y a quelques semaines, avec la saisie de près d’1,5 kg de cannabis, 500 euros et deux armes et ce dimanche soir, après un refus d’obtempérer, l’interpellation de sept personnes. Et la préfète d’asséner : « là-bas, comme ailleurs, force restera à la loi. »

    Du côté du Département, on précise que « le directeur général des services délégué et le directeur de la sécurité sont immédiatement allés à la rencontre des agents » et « plusieurs actions correctives » ont été engagées. Comme le renforcement de la police donc et « un agent de sécurité mobile supplémentaire affecté sur les périodes d’affluence. » Il assure aussi « l’ensemble des personnels de [son] soutien. » « Tout doit être mis en œuvre pour les protéger », ces « piliers de la solidarité » et « leur offrir des conditions de travail dignes de leur engagement au quotidien », estime-t-on à la direction de la collectivité.

  • L’ultra droite dans le viseur du procureur après des violences

    L’ultra droite dans le viseur du procureur après des violences

    Les faits se sont déroulés en marge de la manifestation à l’appel de l’intersyndicale, jeudi 18 septembre. Selon plusieurs témoins et des images de vidéo surveillance, des individus s’en sont pris physiquement et très violemment à plusieurs habitants de Montpellier, place des Beaux-Arts. « Un groupe d’individus, manifestement issu de l’ultra droite, a violemment agressé plusieurs personnes sur la place des Beaux-Arts », a dénoncé dès le lendemain le maire de Montpellier Michaël Delafosse (PS). « En ma qualité de maire de Montpellier, j’ai immédiatement saisi le procureur de la République en application de l’article 40 du Code de procédure pénale. »

    Le procureur de Montpellier, Thierry Lescouarc’h a déclaré mardi soir : « Après analyse, je vous indique saisir les services de la DIPN (Direction interdépartementale de la police nationale) de ces faits afin de mener les investigations pour en établir les circonstances précises et le mobile. » L’affaire, grave, fait également fortement réagir le syndicat SNES-FSU du lycée Joffre. Dans un communiqué, les professeurs s’interrogent sur la passivité supposée des forces de l’ordre : « Comment justifier que la police, dûment informée du lieu où se trouvaient ces individus, les laisse errer longuement aux abords d’un établissement scolaire ? Pourquoi les laisser libres de leurs agissements alors qu’ils menacent des lycéens et des lycéennes, et qu’ils les injurient, ciblant de manière privilégiée des jeunes filles ? (…) Nous demandons à la préfecture de l’Hérault de clarifier ces points, d’autant que cette totale liberté d’agir semble avoir conduit à une grave agression physique dans le quartier des Beaux-Arts dans les heures qui ont suivi », écrit la section syndicale.

    Les parlementaires

    de gauche réagissent

    Le préfet de l’Hérault François-Xavier Lauch est aussi directement interrogé, par courrier daté du 24 septembre, par la députée et le sénateur socialistes de l’Hérault, Fanny Dombre-Coste et Hussein Bourgi : « Pourquoi alors qu’ils multipliaient les escarmouches (notamment à la hauteur du Lycée Joffre) et que les agents de la BAC étaient présents, les forces de l’ordre n’ont pas réajusté les moyens pour contrôler ces individus, les arrêter ou les interpeller ? » demandent les deux parlementaires au représentant de l’État. La députée de l’Hérault Nathalie Oziol (LFI) a également saisi le procureur de Montpellier : « A l’heure où nous assistons à une multiplication des crimes racistes, et à la libération des violences de l’extrême droite, de tels événements ne sauraient rester impunis », écrit la députée.

    Au soir du 18 septembre, la préfecture de l’Hérault dressait le bilan de la journée en faisant état « de 22 interpellations dont 21 à Montpellier (ports de masques et fumigènes, ports d’armes prohibées, dégradations et outrages). 18 personnes en garde à vue. » Sans préciser le profil des personnes concernées.