Tag: Agnès Daures

  • À Aix, la gauche veut « co-construire » ses mesures

    À Aix, la gauche veut « co-construire » ses mesures

    Le programme de la liste Aix Avenir, menée par Marc Pena (PS) et née d’une union des forces de gauche, écologiste et citoyennes, vient d’être mis en ligne. Dès le lendemain, le candidat et ses colistiers ont choisi la salle Ughetti, à Luynes, pour tenir une réunion publique destinée à débattre des mesures proposées.

    « Il y a une activité associative très forte ici, explique Marc Pena, en amont de la rencontre. On veut donner la parole aux citoyens dans un dialogue libre, franc (…). C’est l’occasion de parler de ce que nous proposons, montrer que nous co-construisons les choses. On a pris la responsabilité d’un gros programme, on a été plusieurs à l’élaborer et, en même temps, on le propose aux Aixois sous cette forme. » Une méthode qu’il oppose à celle de la majorité sortante : « Elle ne donne pas de direction, il y a des ordres donnés dans l’urgence pour traiter un problème, sans boussole, sans perspective, sans avenir. Dans ce cas-là, les citoyens sont considérés comme des administrés », estime Marc Pena.

    Selon l’équipe de campagne, près de 100 personnes ont répondu à l’appel. Si les problématiques abordées sont larges, de la végétalisation en passant par le logement et les locations saisonnières – « nous agirons très fortement sur Airbnb », promet le candidat à ce sujet – l’un des sujets prégnants de la rencontre reste celui de la mobilité. à l’échelle de toute la ville et notamment dans ce quartier régulièrement congestionné aux heures de pointe. « Sur ces questions de mobilité, je pense qu’il y a de gros problèmes à résoudre. Qu’est-ce qu’on peut faire ? », lance l’une des participantes. « C’est [aussi] la liste métropolitaine qui va apparaître : c’est à ce niveau qu’il faut que les listes métropolitaines fassent apparaître clairement leur programme. On ne peut pas rester comme ça, avec un système de mobilités peu performant », entend-on dans la foule. « Il faut faire basculer la Métropole à gauche, sinon, nous n’y arriverons pas, il faut voter à gauche, c’est la première des choses, lance Agnès Daures, candidate sur la liste et élue DVG au sein du groupe d’opposition Aix-en-Partage, mené par Marc Pena. Effectivement, on est pour le ferroviaire, qui réglerait énormément de problèmes, notamment celui de la dépollution. »

    Magali Bailleul (Place publique), numéro deux sur la liste, veut rappeler que « les élections municipales sont aussi celles du conseil métropolitain (…). Ce qu’on souhaite réussir à imposer, c’est la création d’une halte ferroviaire à Luynes, La Calade, mais aussi porter le projet du tram-train et de la réouverture de la ligne Aix-Rognac ». « Ce sont 72 trains qui passent quotidiennement à Luynes, mais qui ne s’y arrêtent pas : impensable », rappelle Clément Frel-Cazenave (EELV).

    Marc Pena, va plus loin : « La Métropole est un établissement de coopération intercommunale (…), nous proposons d’avoir un syndicat métropolitain ou seraient présents des élus, des membres de l’administration, qui établirait des projets, les réalisations futures, pour les mettre en activité de façon transparente. » À ce stade, Aix, qui compte 17 conseillers métropolitains, est « sous-représentée », pour le candidat, et doit peser pour décider. « La question va être celle de notre position, mais aussi des alliances, au bon sens du terme, qu’on va pouvoir avoir avec d’autres : si la Métropole penche à gauche (…), on aura une majorité et nous pourrons établir une politique commune. Il faut construire une majorité. » Soit « transformer une métropole de la même façon qu’on est capable de transformer une ville », assure David Tessier (PCF).

  • La gauche choisit le logement pour propulser sa campagne à Aix-en-Provence

    La gauche choisit le logement pour propulser sa campagne à Aix-en-Provence

    Si les noms de colistiers proches et le programme restent encore à déterminer, la liste à gauche lance publiquement sa campagne. Rangée derrière Marc Pena, député PS de la 11e circonscription, la liste d’union Aix Avenir, composée des forces de gauche et écologistes (hors LFI), s’est affichée, mercredi soir dans son local rue Granet, derrière son candidat, pour une première rencontre avec le public. Marc Pena est d’ailleurs le premier des quatre candidats en lice pour le fauteuil de maire à avoir tenu une rencontre publique dans un contexte de campagne qui commence à peine à frémir. Chez Philippe Klein (Hor), Julie Boronad (LFI) et Jean-Louis Geiger (RN), les meetings n’ont pas encore commencé. Sophie Joissains, maire sortante (UDI), n’a toujours pas officialisé sa candidature.

    Chez Aix Avenir, c’est donc l’épineuse thématique du logement qui a été choisie pour rassembler les premières foules. Un débat animé par divers acteurs sur le sujet, dont Agnès Daures (DVG), conseillère municipale d’opposition dans le groupe Aix-en-Partage mené par Marc Pena, et commenté par les chefs de file des composantes de l’union. Pour le candidat, Aix « fait face à une crise du logement d’une ampleur inédite (…) notre ville ne respecte pas la loi SRU et accuse un déficit de près de 3 000 logements sociaux ».

    Promesses

    Avant d’annoncer : « Nous mettrons en œuvre une politique du logement d’abord, en considérant qu’avant toute autre aide, la priorité est de permettre à chacun d’avoir un toit », avec « une transparence totale dans les procédures d’attribution des logements », un « encadrement des loyers » et une « lutte contre les logements vacants et une régulation ferme des locations à courte durée ». Outre les promesses de campagne, le constat de mal logement est là, parmi les intervenants et le public militant, comme curieux. L’une des habitantes d’Encagnane évoque les nuisibles, le froid subi dans cette résidence. Un autre, participant aux maraudes sociales pointe le manque de solutions pour sans-abri : « J’en connais deux qui sont décédés sur la période [hivernale, Ndlr.]. » Constat similaire pour Emma Rose, cette étudiante dont la thèse est axée sur les solutions accueil des personnes à la rue dans Aix. Insalubrité, appartements qualifiés de passoires thermiques, logements délaissés… L’éventail des problématiques est large, le rôle de la majorité pointé du doigt. « On a en face de nous une municipalité bourgeoise et de droite dont le moins qu’on puisse dire c’est que le logement pour tous n’est pas sa priorité, et qu’elle préfère la spéculation immobilière au logement social. Ça campe le décor », pointe Agnès Daures. « Il va falloir se battre pour gagner deux fois. D’abord pour que Marc [Pena] soit élu maire : c’est déjà de ça qu’il s’agit. Le second combat est celui du jour d’après. (…) Il va falloir se battre pour que la commune ai les moyens d’appliquer tous les projets, toutes les propositions qu’on a entendues ce soir. C’est la deuxième étape du combat politique », estime David Tessier (PCF). À suivre.

  • Mobilisés contre la réécriture de l’histoire à Aix-en-Provence

    Mobilisés contre la réécriture de l’histoire à Aix-en-Provence

    « Stop à la bataille culturelle menée par l’extrême droite », peut-on lire sur une pancarte devant l’entrée de l’Arena du Pays d’Aix. Alors que s’y jouait ce dimanche à guichet fermé La dame de pierre, fresque musicale qui retrace l’histoire de la Cathédrale de Paris, une trentaine de militants distribuaient des tracts pour informer les spectateurs sur le lien du spectacle avec l’extrême droite.

    « Le but de cette action, c’est que le public sache ce qu’il vient voir », explique Catherine Lecoq, déléguée à la CGT Spectacle. Les militants dénoncent notamment le financement de cette fresque musicale par le milliardaire conservateur Edouard Stérin, qui ne cache pas son ambition de mener une bataille culturelle avec la création en 2023 du projet Périclès. Un think tank et un rapport qui vise la victoire de l’extrême droite en France, comme dévoilé par L’Humanité en juillet 2024.

    Esprit critique

    « Ce spectacle réécrit l’histoire, en mettant en avant les royalistes, explique Agnès Daures, élue d’opposition du groupe Aix en partage. Et réécrit la révolution française. Avec ce spectacle, Pierre Edouard Stérin fait de l’entrisme. » Le but de l’action est donc d’avertir le public sur la portée politique de cette révision de l’histoire de la cathédrale. « On ne veut pas les empêcher d’aller voir le spectacle, mais juste qu’ils aient un esprit critique en le regardant », précise Nell, syndicaliste à Solidaires.

    Une action qui intrigue certains spectateurs, qui échangent volontiers avec les militants : « Je vais regarder le spectacle avec une vision différente », conclut l’un d’eux tandis que d’autres s’agacent de leur présence. Une action qui n’a pas plu au collectif d’extrême droite Le Maquis, qui est venu pour « dénoncer une censure de la part de l’extrême gauche », en scandant « Provence populaire, Provence identitaire ».

    Les syndicats dénoncent également la présence de 80 à 120 bénévoles pour ce spectacle pourtant payant, ce qui ne respecterait pas le droit du travail. La CGT a saisi l’Urssaf et l’inspection du travail à ce sujet.