Tag: agents pénitentaires

  • Les agents pénitentiaires d’Avignon veulent des renforts

    Les agents pénitentiaires d’Avignon veulent des renforts

    « Tout est bloqué », annonce Clément Lopez, secrétaire local FO des agents pénitentiaires d’Avignon-Le Pontet. Ce mercredi au matin, quelque 80 personnes ont interdit l’accès et la sortie au centre pénitentiaire et ce jusqu’en début d’après-midi. « On est en attente d’avoir la direction interrégionale pour bénéficier de renforts », exposait le syndicaliste en début de matinée.

    Alors que le centre pénitentiaire affiche plus que complet, « avec 1 000 détenus et 80 matelas à même le sol dans les cellules », selon Clément Lopez, les « agents doivent faire plus avec moins, et donc davantage de détenus à gérer, sources d’incidents et de promiscuité ». FO estime qu’il manque 56 agents pour avoir un taux de couverture de 100%. « On souhaite au moins 7 arrivées avant le 1er juillet pour retomber sur nos pattes car 7 départs sont prévus d’ici là », expose Clément Lopez, qui déplore le fait qu’il « n’y ait eu aucune affectation ici à la dernière sortie d’école, en plus de départs non remplacés ».

    Le mouvement s’est mis en pause vers 14h après un entretien avec le directeur interrégional pénitentiaire adjoint*. « On sera fixé dans les prochaines semaines quant aux nouveaux effectifs sortis de la nouvelle promotion, le directeur a dit qu’il comprenait notre détresse et que l’on serait prioritaire mais qu’il attendait de connaître l’enveloppe allouée », synthétise Clément Lopez. FO temporise donc mais redoute « des paroles en l’air ». « On a montré que le personnel mettait la pression et saura se remobiliser sans scrupule », avertit-il.

    * Contactée, la direction n’a pas donné suite

  • Trois agents pénitenciers agressés à Luynes

    Trois agents pénitenciers agressés à Luynes

    « Deux agents ont été touchés par des coups de ciseaux à la gorge. L’un d’entre eux est gradé, il a été pris en charge par le Samu (…). Il est sorti d’affaire, mais est toujours en soins intensifs », nous indiquait ce vendredi, en fin de matinée, une source syndicale. Un autre agent touché par l’arme serait « blessé, mais n’est pas dans un état grave ». Toujours selon cette source, une probable action « est en réflexion très sérieuse ».

    Le Garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a également indiqué sur le réseau X que les agents « ont été immédiatement prises en charge par les secours et leurs vies ne sont pas en danger ». Avant de poursuivre : « Mes pensées vont aux agents, à leurs collègues et à leurs familles. Mon soutien est total et inconditionnel aux agents pénitentiaires qui exercent une mission dangereuse avec beaucoup de courage et d’humanité ».

    Le préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowksi s’est lui « rendu sur place et tient à témoigner de tout son soutien aux agents » indique la préfecture sur X. Dans ce même poste, elle indique que le Préfet « condamne avec la plus grande fermeté cette agression et réaffirme son soutien à l’ensemble des fonctionnaires

  • Face au tout sécuritaire, ils prônent une justice humaniste

    Face au tout sécuritaire, ils prônent une justice humaniste

    « On est dans le viseur clairement. » Rassemblés sur les marches du Palais Monthyon ce mardi 16 décembre à l’appel de la CGT, agents du SPIP (Service pénitentiaire d’insertion et de probation), de surveillance électronique ou directeurs sont venus rappeler à quel point leur métier est utile. Une vision de la justice humaniste qui se heurte de plein fouet à la promotion du tout sécuritaire dans lequel se complaît le président de la République, en visite à Marseille.

    « Nous sommes taxés d’animateurs d’activités ludiques et provocantes or nous sommes des professionnels consciencieux », défend Élodie Bartolini, secrétaire départementale CGT SPIP 13, faisant référence aux déclarations fracassantes du ministre de la Justice, Gérald Darmanin. « Nos missions sont fortement attaquées et dénigrées, par les annonces du garde des Sceaux qui s’enchaînent, et des déclinaisons [autoritaires] dans les notes du directeur interrégional », dénonce la responsable syndicale. Pire, les détenus étrangers sont particulièrement visés avec « consignes de mettre des avis défavorables pour toute initiative d’aménagements de peine », assure-t-elle. Les permissions de sortie, surtout collectives, sont « balayées, vidées de sens », ajoute Somaya Fouzri, secrétaire départementale adjointe SPIP 13 or elles permettent « d’accompagner les personnes pour qu’elles se réadaptent pour l’insertion professionnelle, la reprise des liens familiaux ».

    D’autres manières

    de sanctionner

    Avec 100 à 110 personnes suivies par agent, les SPIP font dans l’ultra-priorisation. Pour Somaya, « la question c’est de savoir si on veut que les gens s’en sortent, ou si on veut qu’ils portent à vie l’étiquette de condamnés » quand le taux de récidive atteint les 30% en cas de sortie « sèche » assure-t-elle. La réalité, « c’est trois détenus dans 9m2, des conditions de détention indignes, dans le sécuritaire pour le sécuritaire, on ne trouve pas notre place. or il y a d’autres manières de sanctionner », martèle Élodie. Si elles ne remettent pas en cause les ravages du narcotrafic, elles ont plus souvent affaire aux « petites mains », tombées dans le réseau pour « manger » ou par appât du gain, vite « piégées ». « Qu’est-ce qu’on attend, que ce soit trop tard pour réagir ? », balance Somaya.

    Éducateurs spécialisés, Nadia et Mouloud sont venus en soutien. « Débordés, nous n’avons même plus le temps d’échanger avec nos collègues », raconte la première quand le second considère que « rien n’est fait pour stabiliser et sécuriser les personnes que ce soit en matière de logement, d’emploi, de formation ». Là encore, le manque de moyens reste patent déplorent-ils, dénonçant une volonté politique qui va « à l’encontre de ce qu’il faudrait faire ».

    Le syndicat national des magistrats (SNM) est là aussi. C’est une « situation inédite de pressions répétées et majeures du ministre de la Justice sur tous les personnels qui interviennent dans le domaine de l’application et de l’exécution des peines », commente Laurence Blisson, déléguée locale du SNM. Une année vécue comme « une séquence scandaleuse qui met en cause l’indépendance de la justice » avec « une vision de la prison passéiste dans laquelle la loi est dévoyée ».

    Aussi maillon de la chaîne judiciaire, les avocats. « On partage les mêmes problématiques, d’avoir des échanges avec les personnels pénitentiaires sur les directives pénales qu’ils peuvent recevoir », explique Adrien Mawas pour le SAF (Syndicat des Avocats de France). Après 4 ans d’exercice, il constate que « le mouvement vers une violation de plus en plus systématiques des droits des détenus », est bien engagé. De façon plus personnelle, sur le tout sécuritaire face au narcotrafic, « on a un discours qui fait abstraction des phénomènes et des causes sociales, pourtant le nœud du problème est là ».

  • Les syndicats réclament des moyens

    Les syndicats réclament des moyens

    « Qu’ils inaugurent, c’est bien mais qu’ils respectent aussi les engagements d’échelonner l’ouverture, nous serons vigilants. » À la veille de la venue d’Emmanuel Macron pour inaugurer les Baumettes 3, Catherine Forzi, surveillante pénitentiaire et déléguée FO Justice, réclame des effectifs. Après l’ouverture d’un quartier homme mi-novembre, d’un autre la semaine suivante, un troisième va suivre en janvier, précise-t-elle. Mais il manquera toujours une vingtaine d’effectifs pour permettre le fonctionnement des deux « quartiers de confiance », en mai, où les détenus peuvent, durant la journée, circuler librement dans les coursives, assure-t-elle.

    Le chef de l’État n’a pas prévu de recevoir les organisations syndicales, mais Aïcha Khelfa, secrétaire régionale adjointe de la CGT Pénitentiaire a tout de même un message à lui faire passer : « qu’avec le ministre, ils se donnent les moyens humains et financiers de leurs ambitions ! Nous sommes la troisième force d’État mais la cinquième roue du carrosse. »

    Elle insiste aussi sur les effectifs : « on ne sait pas ce que ça va donner à la prochaine sortie de l’Enap [École nationale d’administration pénitentiaire Ndlr]. Il manque des personnels aussi dans l’insertion, la probation, l’administratif… » Ce qu’elle craint, c’est le transfert de détenus depuis les autres établissements, surtout avec l’ouverture du quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) à Luynes. De manière plus générale, sur les mesures prises dans les établissements pénitentiaires comme les « fouilles XXL » qui ont permis de saisir le 11 décembre, 44 téléphones et 70 g de substances illicites, rappelle FO, les deux syndicats appellent à plus de discrétion. « Le ministre communique à outrance, les détenus ont la télé » résume Aicha Khelfa, qui là encore, réclame des effectifs et un assouplissement de l’article 57 de la loi pénitentiaire du 24 novembre 2009 pour permettre des fouilles plus « systématiques. »

  • Aix-en-Provence : le logement devient un obstacle pour les agents pénitentiaires

    Aix-en-Provence : le logement devient un obstacle pour les agents pénitentiaires

    Ce sujet, Cédric Apatout le martèle depuis longtemps. Régulièrement, le représentant FO pour le centre pénitentiaire de Luynes alerte sur les difficultés, pour les agents du site de trouver à se loger dans le secteur aixois. La raison ? Des loyers hors de prix et un marché de l’immobilier tendu. « La problématique a toujours existé, explique Cédric Apatout, qui est arrivé en 2015 sur site comme surveillant pénitentiaire. Mais le problème est que notre administration a continué à aller dans ce sens : la structure a été agrandie, mais il n’y a pas eu de vrai projet d’hébergement. » Il existe, dans le centre pénitentiaire de Luynes, des « chambres de passage », qui peuvent être réservées par les nouveaux arrivants mais pour un mois seulement, rapporte FO et sont surtout réservés aux élèves pénitenciers. Il y a bien des arrivées sur le site d’Aix-Luynes, notamment parce que les mutations à la sortie de l’École nationale d’administration pénitentiaire (Enap) ne sont pas volontaires : moins la note est bonne, moins l’on a le choix de l’affectation.

    Difficulté à « fidéliser »

    Pour les carrières débutantes, la recherche d’appartement est d’autant plus compliquée, les salaires ne dépassant guère 1 440 euros par mois et ne permettant pas de couvrir les premiers chèques de caution et d’entrée en appartement. Autre catégorie mise en difficulté par la recherche de logements, les agents ultramarins. « Entre Tahiti et la France par exemple, ce n’est pas le même système administratif. Il y a tellement de démarches qui les freinent, la location d’appartement, n’en parlons pas », pointe Cédric Apatout. Sur d’autres sites pénitenciers, comme ceux de Fresnes ou Villepin, explique le syndicaliste, il y aurait « des systèmes d’hébergement, qui permettent aux nouvelles arrivées de s’installer tranquillement et chercher un appartement sur le long terme ». S’il admet que la direction du site tente de faciliter les choses, elle a les mains liées. « Il faut que la mairie joue le jeu aussi (…) je dis souvent que des prisons, tout le monde en veut, mais pas chez soi et encore moins des agents pénitenciers, ajoute Cédric Apatout. Le site d’Aix-Luynes n’est pas attractif pour ces raisons de logement (entre autres). Pas pour des raisons de travail, mais parce qu’on arrive pas à fidéliser les agents, qui préfèrent aller vivre là ou ils peuvent réaliser ce que j’appelle le rêve américain : la maison, la voiture, emmener son conjoint et les enfants. Quand on ne peut pas atteindre ça, parce qu’ici un T2 est au minimum à 750 euros pas mois, on va ailleurs pour construire son avenir et c’est tout à fait normal (…) on est en sous-effectif mais quand on a des agents qui arrivent, on ne les garde pas. » Alors, quelle solution ? « Il faut une réflexion collective entre la mairie, la Direction interdépartementale des services pénitentiaires et la Direction de l’administration pénitentiaire. J’aimerais savoir pourquoi un projet de logement ne s’est jamais fait. On est quand même la troisième prison de France. » Le constat est partagé par le syndicat Ufap Unsa Justice. « L’attractivité n’est pas le souci, c’est la mobilité, les agents ne restent pas. Il faut construire du logement abordable pour les agents, des T1, des T2, au moins pour permettre l’installation. On a du terrain autour du centre pénitentiaire, estime Vincent Andrade, secrétaire local adjoint du syndicat. Il faudrait un parc de logement, mais le budget alloué au Ministère de la Justice n’est pas assez conséquent pour ça. » Au niveau du syndicat, un système d’entraide et de recherche des logements est mis en place, mais pas assez pour couvrir les besoin d’entre 20 et 50 arrivées tous les six mois d’agents stagiaires, par exemple. Il y a bien des logements sociaux, mais « souvent dans des quartiers sensibles », rapporte le syndicat. Peu compatible avec la profession. Sollicités, le Ville et l’administration pénitentiaire n’ont pas pu nous répondre.

  • Le futur quartier de haute sécurité soulève des questions

    Le futur quartier de haute sécurité soulève des questions

    Le personnel pénitentiaire aura obtenu plus de précisions, sans pour autant lever toutes les zones de flou.

    Dimanche 12 octobre dernier, le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a annoncé dans l’émission Zone Interdite (M6) l’arrivée de trois nouveaux quartiers de lutte contre la criminalité organisée (QLCO), système de détention permettant d’isoler les profils les plus dangereux. L’un d’entre eux sera installé au centre pénitentiaire de Luynes, à Aix-en-Provence.

    Les syndicats ont vivement réagi, avec le Snepap-FSU « effaré par cette modalité de communication managériale ». L’annonce a « estomaqué le personnel » pour la CGT Spip 13. Les syndicats attendaient les précisions de l’administration pénitentiaire, en visite, vendredi dernier, au centre pénitentiaire de Luynes, qui souffre déjà d’un taux d’occupation de 150%, selon les derniers chiffres des syndicats. FO Justice a taxé le projet de « véritable bombe à retardement pour le CP d’Aix-Luynes, déjà à genoux ». Les inquiétudes portent notamment sur une délocalisation du Centre national d’évaluation (CNE) et de son personnel, actuellement situés dans les locaux du Quartier d’accueil et d’évaluation (QAE). L’Ufap Unsa Justice a demandé de son côté un choix « du bon sens et de la stabilité » et assurait rester mobilisée pour que le projet « voie le jour dans le respect des agents et de leurs missions ».

    Et le personnel ?

    Vendredi, les agents ont donc appris que le QLCO devrait accueillir une trentaine de détenus à partir du second semestre 2026. « On a été rassurés sur le fait que la structure du CNE bougerait à l’intérieur même du centre pénitentiaire, mais ne serait pas délocalisée », rapporte Olivier Caquineau, pour le Snepap-FSU. Des promesses « d’engagements humains et matériels, sans plus de précisions », auraient été formulées, rapporte le syndicat. « On a quand même un cumul de quartiers spécialisés, poursuit Olivier Caquineau. Mais au moment ou l’on se parle, il y a plus de questions que de réponses sur ce qu’on va faire, pouvoir faire et ce qu’il sortira de ce dispositif. On nous annonce qu’il y aura des réunions de travail pour préparer tout ça et la visite du garde des Sceaux, dans les quatre semaines à venir. »

    « Ce quartier, historiquement, on est d’accord, il va permettre d’enlever de la détention des détenus dangereux. Mais il y a des priorités qui doivent être respectées, rapporte Cédric Apatou, secrétaire local FO pour le centre pénitentiaire. On a déjà moins 80 agents sur le CP. Au niveau des quartiers spécifiques, est-ce qu’il y aura assez d’agents pour gérer les croisements de détenus ? On ne nous a pas dit combien de personnels allaient arriver pour le QLCO. Nous n’avons pas ces précisions. Plus on va rajouter des quartiers, plus on aura le souci d’effectifs. S’ajoutent à ça les soucis d’hébergement. C’est comme apporter de l’eau dans un panier percé… »

    Sollicitée, la Direction interrégionale des services pénitentiaires n’a pas pu nous répondre.

  • Obtenant des renforts, les agents pénitentiaires renoncent au blocage

    Obtenant des renforts, les agents pénitentiaires renoncent au blocage

    L’objectif a été atteint, sans avoir à livrer un véritable combat. » Ce mercredi midi, Clément Lopez, porte-parole de FO Justice au sein du centre pénitentiaire d’Avignon-Le Pontet, fait part d’une bonne nouvelle : « Suite aux nombreuses négociations menées avec la direction interrégionale et grâce à la pression exercée par notre organisation syndicale, nous avons réussi à sécuriser 14 agents avant la fin de l’année, apportant ainsi un véritable souffle à notre établissement. »

    Initialement, les agents pénitentiaires étaient invités à se rassembler ce jeudi matin et bloquer l’accès à la prison pour dénoncer principalement le manque d’effectifs, à l’heure où les affections des nouveaux surveillants pénitentiaires vont être connues. Avec près de 800 détenus, la prison du Pontet est l’une des plus surpeuplées de France. Des renforts salués par le syndicat qui dénonçait « l’épuisement » des agents. « Travailler dans ces conditions, c’est aller chaque jour un peu plus loin sur une corde déjà trop tendue », redoutait FO Justice.

    Pas question pour autant d’en rester là : « Ce n’est qu’un début, d’autres combats nous attendent, notamment celui de la sécurité », prévient Clément Lopez. Fin juillet, le syndicat dénonçait les « intimidations » subies par une agente sur les réseaux sociaux, en plus « des menaces quotidiennes » au sein de l’établissement. FO exige ainsi des fouilles sectorielles régulières.