Tag: Agents de sécurité

  • À Avignon, les agents de sécurité rejoignent la lutte des cheminots

    À Avignon, les agents de sécurité rejoignent la lutte des cheminots

    Aux côtés des cheminots d’Avignon en grève, qui notent localement « un recul du service », avec notamment l’arrêt des trains tardifs pendant le Festival, devant la gare TGV ce mercredi 10 juin, une douzaine d’agents de sécurité, gilet rouge de la CGT sur le dos, manifestaient aussi pour leurs droits.

    Employés par un sous-traitant, Challancin, ils reprochent à l’un de leurs supérieurs un « management toxique » ainsi que des sanctions jugées disproportionnées. « On subit une forme d’acharnement. Plusieurs collègues ont été licenciés pour des raisons abusives. Ou encore une collègue en situation de handicap qui a reçu trois avertissements sans raison. On va aller aux Prud’hommes pour certains », témoigne Bachir Nour, secrétaire CGT de l’entreprise dans le Sud-Est. « On n’est pas bien équipés et, quand on réclame des habits, on nous le reproche. Cela ne peut plus durer », abonde un des employés. Les 17 agents de sécurité de la gare TGV étaient en grève ce mercredi. L’entreprise s’occupe aussi de la sécurité de l’hôpital d’Avignon ainsi que d’autres gares de la région.

    « L’idée est aussi que la SNCF mette le nez dans le processus », confie Florence Humbert, trésorière des Cheminots CGT de Vaucluse. « Cette journée n’est qu’un commencement. La compagnie fait 10 millions de chiffre d’affaires et on n’obtient rien de tout ça », pointe Chan Seng, délégué CGT national Challancin. Contactée par La Marseillaise, la direction du groupe Challancin n’a pas répondu à nos sollicitations.

  • Déjà 31 affaires traitées en six mois par la cellule anticorruption du parquet de Marseille

    Déjà 31 affaires traitées en six mois par la cellule anticorruption du parquet de Marseille

    « La cellule anticorruption a vocation à regrouper les dossiers de corruption et d’atteinte à la probité pour avoir une vision transversale et panoramique, assurer un traitement centralisé pour mettre en œuvre des stratégies face à l’infiltration et la pénétration du crime organisé », pose solidement le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessonne, qui a dévoilé hier les premiers résultats de cette « COC » créée il y a six mois, le 1er octobre 2025.

    « Détecter et poursuivre » sont les pivots de cette cellule qui traite tous les corps de métier impactés par un phénomène corruptif en expansion : agents pénitentiaires, policiers, militaires, gendarmes, auxiliaires de justice, avocats, notaires, opérateurs privés à des postes stratégiques, dockers, agents de sécurité, élus, agents publics « jusqu’aux personnels des services judiciaires car nous ne sommes pas épargnés », se désole le procureur dont la cellule a lancé plusieurs enquêtes flash pour des levées de doute rapides. Si les signalements abondent chaque semaine, il n’y a pas toujours au bout des infractions. « On imagine le pire et on trouve de l’incompétence, une erreur de bonne foi, du je-m’en-foutisme, l’absence de tout repère professionnel », observe aussi le procureur.

    « On est très fortement impactés à Marseille »

    « Jusqu’alors on s’arrêtait à l’écume des choses, la face émergée de l’iceberg, que sont les violations de secrets, les consultations de fichiers, les remises illicites d’objets, l’objectif de cette cellule est d‘aller au-delà. » La montée en puissance a été rapide. Partant d’un portefeuille de 17 dossiers récupérés dans différents services, la cellule est montée à 31 dossiers. Le stock actuel est de 28 dossiers, trois dossiers ayant été clôturés : un classement sans suite, une condamnation d’un policier syndicaliste marseillais corrompu (La Marseillaise du 3 avril) et un transfert à la Jirs.

    « On est très fortement impacté par le phénomène à Marseille », reconnaît le procureur qui passe en revue les cas : un élu dont il ne dira rien, deux auxiliaires de justice, six agents des services judiciaires, neuf affaires impliquant des agents pénitentiaires et treize affaires concernant des policiers. Les infractions vont du détournement de fichiers à la corruption passive, de la participation à association de malfaiteurs à la violation du secret professionnel ou de l’instruction. Deux dossiers vont bientôt toucher la barre de la 6e chambre correctionnelle.

    Cartographie des risques

    Une problématique généralisée se dégage sur des recrutements rapides sans enquête sérieuse de moralité, mais surtout la consultation de fichiers avec détournement de données. « C’est un vrai sujet qui impose des réflexions au niveau de l’administration centrale sur la traçabilité, les contrôles aléatoires surtout dans une société totalement numérisée. L’inspection des services judiciaires et l’Agence française anticorruption sont venues la semaine dernière cartographier les risques et les points de fragilités. On attend un retour de cet audit sur les failles de sécurité », explique Nicolas Bessone.

    Cette cellule a pour mérite de redresser des pratiques. Le président du tribunal judiciaire s’est emparé du sujet de l’accès des agents du tribunal aux différents fichiers d’État. La directrice de greffe a procédé à un audit et une remise à plat des droits d’accès des agents, droits qui finissaient par rester ouverts après des mutations internes.

    « Désormais chaque agent du tribunal qui ouvre son ordinateur voit une fenêtre s’ouvrir l’avertissant qu’il traite des données sensibles qui ne doivent faire l’objet d‘aucunes compromissions et dont on pourra vérifier l’utilisation irrégulière », observe le procureur. « La multiplication en quelques années des applicatifs et des fichiers a amélioré le fonctionnement des services mais il a aussi banalisé l’importance des fichiers », note Jean-Yves Lourgouilloux, le vice-procureur chargé de la grande délinquance économique et financière.

  • Un État au « rendez-vous » sur la sécurité à Marseille

    Un État au « rendez-vous » sur la sécurité à Marseille

    Visite au pas de charge, ce vendredi 13 février, pour le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, et celui de la Ville, Vincent JeanBrun. « J’avais promis, en tant que chef de file du plan “Marseille en grand”, de faire venir le gouvernement très régulièrement à Marseille et là, tous les mois depuis trois mois, nous sommes au rendez-vous », explique ce dernier. Le but : « Montrer la détermination de l’État à faire en sorte que les Marseillais soient en sécurité », insiste-t-il.

    Avec, pour commencer, une séquence prévention, de bon matin sur la scène internationale du Zef, au Merlan (14e). La préfète déléguée à l’égalité des chances, Isabelle Épaillard, joue les maîtres de cérémonies, présentant aux ministres les jeunes du centre social Saint-Barthélémy qui ont créé leur compagnie, Héritage, et monté une pièce, « Discrimination ».

    « En 2021, il y avait beaucoup de tension avec la police, des échanges musclés », raconte Saïd, coordinateur jeunesse, parti avec les jeunes sur l’idée d’un travail sur les « droits et les obligations ». Suivi d’audiences en comparution immédiate ou rencontre avec le défenseur des droits ont étayé le propos. « On s’est inspiré des témoignages des victimes pour écrire nos textes, raconte Doria. J’ai grandi en tant que citoyen alors que j’aurai pu divaguer, fréquenter des [mauvaises] personnes », témoigne Nassim, sous le regard admiratif des représentants de l’État.

    Sur le terrain, on demande des moyens

    Les acteurs de terrain racontent aussi les difficultés à mener des actions pourtant efficaces. « Pour maintenir ces équipements, il nous faut du soutien, pas forcément financier, mais des contrats aidés qui se raréfient. Nous avons besoin de moyens, nous les demandons », pose Valérie Samai, directrice du centre social Saint-Gabriel.

    Il faudra attendre la fin de la séquence « balade » dans le parc de la Porte d’Aix et son jardin partagé, animé par l’association « les minots de Saint Charles », pour tenter d’avoir une réponse ministérielle. Pas de précision sur un éventuel renforcement du budget alloué à la prévention, mais la certitude qu’il faut « un continuum » martèle Vincent Jeanbrun.

    Seule mesure évoquée ce jour-là pour « faire en sorte qu’on ne laisse pas la rue aux voyous », la mise en place de groupement interbailleur de sécurité, comme à Paris ou Montpellier. Concrètement ni des policiers, ni des médiateurs, ni des vigiles, mais des agents de sécurité privée qui, pour maintenir la tranquillité la nuit, font des rondes, nous apprennent sur son site internet l’Institut Paris Région, ex-Institut d’aménagement et d’urbanisme de la région parisienne. « “Marseille en grand”, c’est un volet sécurité important, mais la lutte contre les trafics passe aussi par la prévention », plussoie Laurent Nuñez, qui veut « donner un signe fort » avant de repartir pour l’Évêché. Bref, en matière de moyens, on repassera…

    Renouer avec l’Algérie

    Laurent Nunez se rendra en Algérie, ce lundi, pour deux jours de réunions de travail avec son homologue. Après des « échanges techniques, on passe à la phase politique », a-t-il expliqué, « pour discuter les questions de sécurité. Cela concerne le trafic de stupéfiants, l’immigration illégale… »

    Une « autre approche », a estimé le ministre de l’Intérieur, dans un contexte diplomatique tendu.

  • Du soutien pour les agents de sécurité de Grand Littoral

    Du soutien pour les agents de sécurité de Grand Littoral

    Les militants de la CGT ont répondu présents pour soutenir les agents de sécurité de Grand Littoral, ce mardi. Le rendez-vous, le troisième depuis leur première mobilisation début décembre, était fixé aux abords du centre commercial des quartiers Nord tôt le matin. Ils se mobilisent toujours afin d’obtenir « une reconnaissance salariale » et la fin d’une « répression syndicale » sur le site de la part de l’entreprise Triomph Sécurité, qui assure la sécurité de Grand Littoral. Pour rappel, le conflit a débuté avec un mouvement de grève inédit pour les petites mains de la sécurité, sur fond de demande de revalorisation et de prise en compte de « l’insécurité » particulière du lieu. Lequel s’est suivi d’un autre rassemblement, au lendemain de Noël, mais en soutien à des agents proches de la CGT menacés de mutation « à l’autre bout du département ».

    Une « série d’agressions »

    Rebelote donc ce mardi, avec une mobilisation liant les deux problématiques. « Les agents sont agressés au quotidien, les alertes sont ignorées par la direction, les syndicats de terrain sont écartés », dénonce le syndicat CGT Prévention-Sécurité du département.

    L’organisation énumère plusieurs agressions et incidents qu’auraient vécus les agents, allant de 2022 jusqu’à récemment : « Coupure à la main suite à une agression à l’arme blanche d’un agent », puis en 2024 « l’utilisation de bombe lacrymogène contre les agents lors d’une interpellation », ou encore en juillet 2025 « une altercation physique avec jets de tables et chaises à Starbucks ». D’où le constat : « Ces incidents montrent l’exposition quotidienne au danger des agents, sans protection ni reconnaissance par la direction. » Et d’où l’appel des militants : « L’heure n’est plus à subir. »

  • [Rue de la République] Laure-Agnès Caradec : « La première priorité de la liste de Martine Vassal, c’est la sécurité »

    [Rue de la République] Laure-Agnès Caradec : « La première priorité de la liste de Martine Vassal, c’est la sécurité »

    Chaque week-end dans La Marseillaise, chaque dimanche à 12h10 sur Maritima radio, ceux qui font l’actualité sont interrogés sur leurs choix, leurs décisions, leurs stratégies. « Rue de la République » accueille chaque semaine une personnalité marquante de la vie du territoire.

    Ce week-end, Laure-Agnès Caradec, présidente de la fédération LR des Bouches-du-Rhône.

    la campagne

    Didier Gesualdi : Vous êtes directrice de campagne de Martine Vassal, ça y est Benoît Payan se lance. Votre ennemi principal est désigné ?

    Quelque part ce n’est pas une surprise puisque tout le monde s’attendait à ce moment. Ça va être l’heure de vérité pour lui parce que la fois dernière ce n’était pas lui qui était candidat, c’était madame Rubirola. Les Marseillais ont eu droit à un switch qui a été douloureux pour eux. Il va se présenter tel qu’il est.

    Didier Gesualdi : De chasseur il est devenu chassé ?

    Oui… je n’attendais pas cette formule.

    Didier Gesualdi : Il avait fait campagne sur la critique du bilan de Jean-Claude Gaudin, cette fois ce sont ses concurrents qui s’en prennent au sien.

    En 2020, il a été chassé par certaines forces politiques qui ne voulaient pas qu’il soit candidat. C’est plutôt à ça que je pensais.

    Léo Purguette : La campagne de Martine Vassal a été lancée depuis septembre sans que son adversaire principal ne soit déclaré. Vous n’avez pas eu le sentiment de boxer dans le vide ?

    Pas du tout parce que ça permet d’avoir une position claire vis-à-vis des Marseillais. Elle s’est déclarée suffisamment en amont en disant « moi je suis candidate » pour dérouler ses propositions, pour expliquer tout ce qu’elle a fait aussi pendant son mandat. Les Marseillais vont voter à la fois pour les mairies de secteur, la Ville de Marseille et la Métropole. Au titre de la Métropole, la séquence de cette semaine qui montre la révolution des transports avec l’inauguration du tramway jusqu’à capitaine Gèze et jusqu’à la Gaye, montre combien, en un mandat, elle aura respecté son engagement envers les Marseillais et les métropolitains aussi puisqu’il y a des BHNS, le Val’tram…

    Léo Purguette : Elle avait avancé sur un sujet qui n’est pas très en vogue dans votre camp politique : la gratuité pour les plus jeunes et les seniors. Pourquoi ne pas viser la gratuité pour tous ?

    La gratuité vous savez… il y a toujours quelqu’un qui paye. Malheureusement, les transports ont un coût important. Les efforts qui ont pu être faits, ont été faits. Après, il y a une réalité économique. Martine Vassal s’est engagée à ne pas augmenter les impôts, comme elle l’a fait au Département et à la Métropole. Je rappelle que Benoît Payan a augmenté de 14% la taxe foncière.

    le Bilan du Printemps marseillais

    Didier Gesualdi : Pour vous tout est à jeter dans le bilan de Benoît Payan ?

    En tout cas, j’attends qu’il nous fasse la démonstration de son bilan parce que justement, aujourd’hui, aux yeux des Marseillais il n’y a pas de projet qui soit sorti durant ce mandat. On ne peut pas dire qu’il y ait eu une piscine, un équipement public… Sur les écoles, on voit bien qu’il y a des couacs sur l’utilisation de l’argent du plan Marseille en grand et que les écoles qui devaient être livrées en temps et en heure ne le seront pas toutes. Donc quel acte majeur durant ces six ans ?

    Didier Gesualdi : Pour vous, le quotidien des Marseillais n’a pas changé ?

    Le quotidien des Marseillais a changé notamment grâce à l’action de la Métropole sur les transports, sur l’habitat indigne, Martine Vassal a mis en place la société publique de rénovation du bâti, mais à l’échelle municipale, démontrez moi ce qui a été fait.

    Léo Purguette : Le plan Marseille en grand, c’est quand même bien Benoît Payan qui l’a décroché. Cet argent-là a même ruisselé – si on peut dire – sur la Métropole.

    On a eu la chance d’avoir un président de la République qui s’est penché sur Marseille et a décidé d’octroyer des moyens supplémentaires, notamment pour la mobilité. Martine Vassal s’est saisie de tous les crédits débloqués par l’État et complétés, bien sûr, par la Région et le Département, pour mettre en place dans un temps record du transport en commun pour les Marseillais.

    Jean-Claude Gaudin

    Didier Gesualdi : En 2020, le Printemps marseillais ne l’emporte-t-il pas du fait de l’immobilisme de Jean-Claude Gaudin ? Renaud Muselier a même parlé de deux mandats de trop.

    Moi je défendrai toujours le bilan de Jean-Claude Gaudin. Non, je ne pense pas qu’il y ait eu deux mandats de trop. Chaque mandat a été rythmé par des choses importantes. Les premières lignes de tramway ont été réalisées sous l’impulsion de Jean-Claude Gaudin et de Renaud Muselier.

    Didier Gesualdi : Avec beaucoup de retard…

    Oui mais l’extension du métro également, la capitale européenne de la Culture, le Mucem, le Parc du XXVIe centenaire la piétonisation du Vieux-Port… En 1995, la Ville perdait des habitants, avait un taux de chômage record, les choses ont nettement évoluées. Marseille est devenue attractive, a accueilli des entreprises, des filières d’excellence.

    Léo Purguette : Vous ne pensez pas que la défaite de 2020 est due à son bilan notamment en matière d’habitat ?

    C’est sûr que le 5 novembre a impacté très fortement la campagne municipale, on est bien d’accord. Ça a été un drame qui a marqué tout le monde. Je pense que c’est essentiellement la division de notre côté qui a causé beaucoup de dégâts. Cela a servi de leçon. Aujourd’hui, l’UDI qui était la dernière pièce manquante, lui apporte le soutien dont elle bénéficie déjà, depuis les LR jusqu’au centre.

    Léo Purguette : Jean-Claude Gaudin était en revanche attentif à la cohésion de la mosaïque de communautés qui constitue Marseille. Où est passé ce discours dans votre camp ?

    Si, on est toujours sur cette ligne-là. Marseille est un port, a toujours accueilli. Marseille espérance a peut-être un peu moins de vigueur que sous Jean-Claude Gaudin, je crois qu’il faut retisser les liens entre les communautés et qu’elle se retrouvent dans un projet commun.

    Le bloc central

    Léo Purguette : Le bloc de droite et du centre qu’incarne Martine Vassal correspond à celui qui gouverne la France. N’est-ce pas un handicap dans un pays traversé de colères ?

    Oui tout à fait mais je pense qu’il faut dissocier le local du national. C’est sûr qu’au plan national c’est compliqué : pas de budget, des crises, la crise agricole et ainsi de suite… Mais ici localement, ce que nous souhaitons c’est que les Marseillais jugent sur ce qui a été fait et sur les engagements pris par Martine Vassal. Elle a une vraie volonté de faire. On est élu pour faire et pas pour gagner du temps comme on peut le voir aujourd’hui à l’échelle nationale. Nous sommes sur la rédaction de notre programme, il sera décliné début février.

    Notre objectif c’est faire ce qu’on dit et dire ce qu’on fait.

    Notre but, c’est de faire, de réaliser, dans l’intérêt des Marseillais.

    le Narco- trafic

    Léo Purguette : Vous dites que la sécurité est une priorité. À Marseille on voit l’ampleur qu’a pris le narcotrafic. Il semblerait que Bruno Retailleau lorsqu’il était ministre de l’Intérieur ait préféré mettre plus de moyens contre l’immigration illégale.

    Il a quand même fait passer, avec Gérald Darmanin, la loi contre les narcotrafiquants qui a été un peu vidée de sa substance par le conseil constitutionnel, malheureusement. En tout cas, c’était une vraie volonté d’action contre le narcotrafic. Il faut poursuivre, on voit bien dans cette ville que sa présence est forte.

    Léo Purguette : Peut-on encore gagner face au narcotrafic ?

    Il ne faut surtout pas baisser les bras. On voit bien que la faculté a dû fermer temporairement ses portes à cause de cela. Orange quitte la Belle-de-Mai suite à des impacts de balles, c’est intolérable dans la 2e ville de France. Benoît Payan a minimisé les faits, je crois qu’il faut combattre le narcotrafic avec la plus grande fermeté.

    les adversaires

    Léo Purguette : Vous parlez d’union mais une liste très anti-Vassal se présente avec Erwan Davoux et Nora Preziosi, qui était élue de vos majorités. Ça vous inquiète ?

    Non, je crois qu’il ne faut pas qu’on soit inquiété par ce genre de listes. Je pense qu’elle prendra à la fois sur la liste de Benoît Payan, peut-être sur la nôtre. Je ne sais pas si elle aura un destin important, nous verrons bien. En tout cas, nous, nous sommes concentrés sur ce que nous avons à dire aux Marseillais.

    Léo Purguette : Il y a eu une polémique importante sur la question du rapport au RN. Une clarification a été apportée mais les centristes ont beaucoup grincé des dents. Est-ce que ça va tenir jusqu’au bout ?

    La ligne a été clarifiée de suite. Martine Vassal a toujours combattu l’extrême droite, dans tous les scrutins. Elle continue à la faire. Aujourd’hui, il y a trois blocs. Martine Vassal représente celui de la droite et du centre face à l’extrême droite et à l’extrême gauche car ne nous leurrons pas, Benoît Payan sera avec Sébastien Delogu au deuxième tour. Il ne s’en cache quasiment pas. Et Sébastien Barles qui soutient Sébastien Delogu n’a pas été exclu de la majorité de Benoît Payan, donc on voit bien qu’il y a des connexions. Ne trompons pas les Marseillais.

    Didier Gesualdi : Vous aurez besoin des voix du RN au second tour, à moins que cela ne soit le contraire.

    Mais pourquoi veut-on toujours franchir l’étape du premier tour ? Qu’est-ce qui vous fait dire ça ? Nous allons nous battre pour arriver en tête au soir du premier tour.

    Didier Gesualdi : Que dites-vous aux électeurs du RN ? Ça veut dire quoi quand on dit qu’on « partage des valeurs » ?

    Un des objectif prioritaire et affirmé de Martine Vassal, c’est la sécurité. Est-ce que c’est là dessus qu’on pourrait se dire qu’on a un point commun ? Je n’en sais rien. C’est la priorité de Martine Vassal et aussi des LR dans la continuité de l’action menée par Bruno Retailleau lorsqu’il était ministre de l’Intérieur. Nous avons envie d’une ville apaisée où les Marseillais peuvent déambuler en toute sécurité. Des efforts colossaux ont été faits dans les transports avec 2000 caméras déployées et le Groupe d’assistance et de protection qui maintient des agents de sécurité dans le métro et le tramway. Ce sont des choses concrètes, Martine Vassal a démontré sa capacité à faire et elle veut continuer.

    Didier Gesualdi : La sécurité est plutôt une prérogative nationale.

    La police municipale peut venir en appui. Martine Vassal mettra une priorité sur le recrutement de 1 500 policiers municipaux supplémentaires, sur le déploiement de la vidéosurveillance. Elle veut une BAC municipale pour lutter aussi contre la criminalité. Tous les moyens qui pourront être utilisés le seront pour faire en sorte que les Marseillais puissent vivre en toute sécurité dans leur ville.

    Didier Gesualdi : Franck Allisio du RN semble enclin à venir sur un terrain « probusiness » qui est plutôt le vôtre. Ça vous surprend ?

    Il est député de Marignane, il y a des pôles économiques importants dans sa circonscription. Je ne l’ai jamais entendu défendre l’aéroport, l’aéronautique, le pôle économique de Vitrolles. On ne peut pas dire que le programme de la présidentielle de Marine Le Pen soit très pro-économie.

    Didier Gesualdi : Et pourtant quand il y a sur l’affiche Marine Le Pen ou Jordan Bardella ça fonctionne plutôt.

    Oui, papa-maman sur les affiches c’est un peu désespérant. En fait, je crois surtout que ce sont les Français qui sont désespérés et qui veulent retrouver une France dans laquelle ils se retrouvent. Dans laquelle il y a du respect, de la bienveillance. Aujourd’hui ce n’est plus le cas. Les essayer ce n’est pas la bonne solution. Faisons confiance aux élus engagés pour le territoire.

  • Le site d’Orange visé par des tirs de balles

    Le site d’Orange visé par des tirs de balles

    Moins d’un mois après la réouverture, le 15 décembre, du site d’Orange Massalia à Saint-Mauront, au cœur du 3e arrondissement de Marseille, des agents de sécurité ont découvert lundi matin des impacts de balles sur le bâtiment. « À ce stade, la date des tirs n’est pas connue même si tout laisse à penser que ces faits se sont produits en dehors des heures ouvrables. Une enquête a été ouverte. Les images de vidéoprotection sont en cours d’exploitation », indiquait en fin de matinée, la Préfecture de Police.

    Travail étroit avec

    la police

    Corinne Simon, la préfète de police déléguée, s’est immédiatement entretenue avec le directeur régional d’Orange et s’est rendue sur place dans la matinée, où des agents de la police technique et scientifique ont effectué constatations et expertises balistiques. Un renforcement de la présence policière a aussi été décidé avec une augmentation des rondes et patrouilles et la poursuite de la mise en place d’une garde statique aux heures d’entrée et de sortie du site, précisait encore la Préfecture.

    Sollicité, la direction d’Orange rappelait de son côté travailler « étroitement avec la préfecture de Police à travers un dispositif renforcé principalement pendant les horaires de travail, pour assurer la sécurité de nos salariés qui reste notre priorité. Des échanges sont actuellement en cours pour adapter ce dispositif et la direction maintient un dialogue constant avec les partenaires sociaux et les collaborateurs ». Une communication devrait être adressé ce mardi à tous salariés.

    Sur le site, resté ouvert lundi, la nouvelle s’est propagée tout au long de la journée sur fond de réunions avec les organisations syndicales et de réunions par service. « Deux bâtiments ont été touchés, et sur les quatre impacts de balles, trois ont perforé des vitres », raconte un délégué de la CFE-CGC.
    « On n’est plus sur les bagarres dehors, un tir au rez-de-chaussée aurait pu atteindre quelqu’un à la tête ».

    La CFDT qui estime de son côté que l’arrivée rapide de la préfète de police a permis « une prise de conscience de la gravité des faits », continue de réclamer une meilleure sécurisation des accès au site qui accueille jusqu’à 1 200 salariés, et un site de repli qui puisse désengorger Saint-Mauront. La CGT doit communiquer dans la journée.

    Le 28 novembre, en raison « d’événements répétés » et de « montée en tension sur le site » sur fond de narcotrafic et de bagarre entre dealers, après deux confinements, le site avait été temporairement fermé pour deux semaines. Orange avait placé ses équipes administratives en télétravail. Un tiers des salariés avaient fait leur retour lors de la réouverture.

  • Les agents de sûreté de LyondellBasell sont en grève

    Les agents de sûreté de LyondellBasell sont en grève

    Rentrée sur les chapeaux de roue pour les salariés Samsic Sécurité du site fosséen de LyondellBasell. Ce lundi 5 janvier, la vingtaine de travailleurs, en grève reconductible à l’appel de la CGT, ont tenu le piquet de grève dans le froid glacial, soutenus par leurs collègues descendus de Lille et de Paris et la CGT Prévention Sécurité 13.

    La reprise du contrat de Fiducial par Samsic Sécurité en avril dernier n’est pas de tout repos pour les salariés. Le mouvement est parti d’une différence de traitement au niveau de la prime trimestrielle. « Au départ, on demandait simplement que le montant soit égal pour tout le monde, relate Stephan Moreto, employé. Quand on a vu que la direction ne nous prenait pas au sérieux lors des négociations début décembre, on a revendiqué une revalorisation salariale. »

    Les travailleurs demandent à passer du coefficient 190 au coefficient 210. « Il n’y a rien d’extraordinaire, c’est 2 euros supplémentaires de l’heure », affirme Bader Maoudj, secrétaire général de la CGT Prévention Sécurité 13.

    « Plusieurs postes, un seul salaire »

    Judith Gomes, représentante CGT centrale chez Samsic Sécurité, explique : « À Fos, les agents nous remontent une surcharge de travail avec des tâches de sûreté et de sécurité qui ont augmenté ces dernières années. »

    Stephan Moreto témoigne : « On est multi-casquettes : agent de sécurité, poids lourds incendie (ce qui peut être apparenté pompiers site), on réalise la vérification des matières dangereuses qui arrivent par camions, on est aussi agents portuaires puisqu’on contrôle et on palpe les débarquants et embarquants, sans compter les autres missions comme les contrôles badge, etc. On fait le boulot de plusieurs postes pour un seul salaire. » Le travailleur ajoute : « Il faut aussi prendre en considération que ça fait trois ans qu’on est en plan vigipirate urgence attentat. Ça implique un contrôle 100% sur toutes les entrées et sorties, ce qui demande une grosse infrastructure. À côté de ça on a est aussi passés de 2% à 100% de contrôles bateaux, et au niveau des camions on a aussi une augmentation exponentielle. »

    Les agents de sécurité de LyondellBasell pointent également des erreurs de planning récurrentes et des arrêts maladie qui mènent à un manque d’effectifs fréquent. Ils revendiquent une prime spécifique de 50 euros nets en cas de personne absente. D’autant que « le nouveau système de planning basé sur un cycle de 28 jours permet à la direction de lisser les heures supplémentaires sur le mois suivant, donc de ne pas nous les payer », déplore un salarié. La CGT demande une révision de cet accord d’entreprise.

  • Des agents de sécurité de Grand Littoral menacés de mutation après une grève

    Des agents de sécurité de Grand Littoral menacés de mutation après une grève

    Pas de trêve de Noël dans l’entreprise Triomphe Sécurité. Ce vendredi 26 décembre, les agents de sécurité de la société, qui officient sur le centre commercial de Grand Littoral à Marseille, dans le 16e arrondissement, se sont mobilisés dès 10h à l’appel de la CGT.

    En cause ? Mustapha et Joseph, deux militants de l’organisation syndicale et travailleurs du site, sont dans le viseur de leur direction. « On avait des revendications et en retour, on n’a pas reçu nos plannings. Ils nous mettent la pression car l’on a revendiqué des primes que d’autres touchent », dénonce Mustapha, devant la porte du centre commercial. Si l’absence de planning pourrait être anodine, il faut avoir en tête qu’elle fait suite à un mouvement de grève, le 5 décembre dernier. Et surtout que leurs collègues « ont bien reçu leurs plannings ». D’où la crainte très concrète d’une mutation : « On risque d’être envoyés à Martigues, Port-de-Bouc ou l’autre bout du département », dénonce Joseph. Un comble alors que les deux « habitent à 5 minutes de Grand Littoral ». Ils en arrivent à la conclusion logique : « C’est de la discrimination syndicale, ce sont des représailles. »

    Au lendemain de Noël, ce traitement a de quoi faire tache. D’autant que les deux salariés auraient des états de service irréprochables selon la CGT. « Ce sont deux salariés irréprochables, investis, respectueux des règles de déontologie, appréciés par leurs collègues comme par les clients », assure Bader Maoudj, secrétaire général de la CGT Prévention Sécurité 13. Mustapha est sur le site depuis un an quand son collègue Joseph est là depuis quatre ans. « Je me suis donné pour ce travail et voilà ce que j’ai comme remerciements ! », tempête Joseph. « On demande simplement d’avoir notre planning et de pouvoir rester ici », martèle Mustapha.

    « Ils m’ont fait le même coup »

    Si rien n’est acté pour l’heure, les deux concernés sont sûrs d’eux : « Ils veulent nous diviser. En plus, on n’a pas reçu de lettres, de convocations ni de coups de fil, c’est quelle manière de faire ? ». Ils prennent l’exemple de Christopher, un ancien agent du site « qui a été envoyé à l’autre bout du département alors qu’il n’avait pas le permis ». Ce dernier, présent au rassemblement confirme : « La direction m’a fait le même coup ! ». Un des collègues de Mustapha et Joseph se désole : « Dans notre métier, les patrons pensent qu’il y aura toujours du monde pour nous remplacer. » Tous font le lien avec leur mobilisation du 5 décembre, qui portait sur des revendications salariales mais aussi sur une « reconnaissance de l’insécurité du site et les risques encourus par les salariés dans leur métier » (lire notre article du 04/12). « Notre grève était paisible, c’était un piquet classique, il n’y a pas eu de débordements ni rien », rappelle Mustapha.

    Contactée, Triomphe Sécurité n’a pas encore répondu à nos sollicitations. Mais la CGT prévient : « On ne lâchera pas Mustapha et Joseph. »

  • Les agents de sécurité de Grand Littoral se mobilisent

    Les agents de sécurité de Grand Littoral se mobilisent

    « On fait face à des agressions verbales tous les jours et les agressions physiques sont récurrentes. » Kamel Benmohammed, représentant syndical de la section syndicale de la CGT Prévention Sécurité 13 sur le centre commercial Grand Littoral, dans le 16e arrondissement de Marseille, fait part d’une « insécurité présente et indéniable » sur le site. « On a déjà eu des agents agressés à l’arme blanche, d’autres renversés par des voitures », énumère-t-il, en amont d’un mouvement social qui se déroulera ce vendredi. Son organisation a déposé un préavis de grève de 24 heures et prévoit un rassemblement avec un piquet de grève au niveau de la porte 4. Ils œuvrent pour la société Triomphe Sécurité, en charge de la sécurité du site.

    « Ça décourage les agents »

    « Dernier fait en date : une personne avait volé une veste dans un magasin, la police arrive et constate les faits. Elle lui passe les menottes mais l’a finalement laissée partir… Après, certains voleurs reviennent narguer les agents ! Et ça les décourage », développe Kamel Benmohammed. D’où la demande d’une juste reconnaissance « des risques réels » pris par les petites mains de la sécurité dans ce centre commercial majeur de Marseille avec une « prime de risque à hauteur de 150 euros environ ».

    La CGT Prévention Sécurité 13 met aussi sur la table d’autres revendications salariales. « On veut la revalorisation de la prime de Noël qui n’a pas bougé depuis des années. C’est pareil pour la revalorisation des coefficients de salaire… On ne demande pas la lune », poursuit le syndicaliste.

    Contactée, la société Triomphe Sécurité n’a pas encore répondu à nos sollicitations.

  • Un site tout neuf chez RTE mais des agents de sécurité inquiets

    Un site tout neuf chez RTE mais des agents de sécurité inquiets

    Ils étaient une vingtaine, rejoints par des représentants des personnels RTE, à se mobiliser au pied du tout nouveau bâtiment RTE de la rue de Lyon. À l’appel de la CGT prévention sécurité sûreté, les agents de l’entreprise Séris employés sur le site dénoncent « des conditions de travail qui mettent en danger la sécurité des salariés ».

    « Des plannings instables, des agents de sécurité placés sur des missions sans formation adéquate, des personnels non formés, sans enquête préalable, affectés sur des missions dangereuses, un manque d’agents formés à la sécurité incendie pour le contrôle et la vérification des outils… ». Les agents de Séris dressent une longue liste des missions qui leur sont confiées et qu’ils estiment ne pas pouvoir assurer avec les moyens mis en place. En somme, un cahier des charges trop lourd « car sur un site classé » pour le nombre d’agents formés en conséquence, précise Abderrahmane Nibouche, DSC CGT Séris, « de quoi mettre en danger l’ensemble des salariés du site ».

    Remettre en chantier

    Du côté du client, Vincent Izoard, directeur d’exploitation de RTE Sud-Est, reconnaît bien « une installation rapide dans un quartier en reconstruction dans lequel il y a des ajustements à faire ». La guérite du gardien doit « être aménagée et chauffée sous peu ». Quant aux incidents concernant ses salariés, « 15 signalements ont été constatés sur le système d’alerte interne mais relevant de faits d’incivilités », précise le directeur, qui « travaille avec la Métropole et Euromed pour réaliser des cheminements extérieurs mieux sécurisés ».

    L’entreprise, la plus grosse au nord des Fabriques, « mise sur l’avenir de ce territoire de Marseille et nous ne souhaitons pas nous bunkériser mais travailler avec nos nouveaux voisins, comme Ici Marseille… ». Les principales revendications du syndicat relèvent du dialogue social avec sa direction, qui contactée par nos soins n’a pas donné suite.