Tag: Agde

  • [Éducation] Les syndicats héraultais fustigent un « tour de passe-passe »

    [Éducation] Les syndicats héraultais fustigent un « tour de passe-passe »

    Des professeurs en grève et des écoles fermées à Sète (Michelet, Renaissance, Boucher, Pasteur, Macé). Des rassemblements de parents en Agde (écoles V. Hugo, Littoral) ou à Montpellier (E. Combes, P. Langevin). Des mobilisations parents-enseignants à Lodève qui ont permis le sauvetage d’une classe (Prémerlet)…

    Dans l’Hérault, la période cruciale de validation de la carte scolaire a donné lieu à un vent d’indignation et de révolte ces derniers jours. Avec pour dénominateur commun des colères, le choix comptable de réduire la voilure. « Sur les 603 écoles de l’Hérault, la diminution qu’on nous annonce (-1 818 élèves) ne représente que 3 élèves de moins par école. La baisse démographique n’est qu’un prétexte, personne n’est dupe », enrage Sabine Raynaud. Encore mobilisée mercredi 15 avril devant le Rectorat avant le Comité social d’administration (CSA) académique dit « de repli », la secrétaire départementale du Snudi FO 34 ne digère pas la nouvelle carte scolaire dont les grandes lignes ont été entérinées le lendemain en préfecture lors du Comité départemental de l’Éducation nationale (CDEN). « On a besoin d’assurer les remplacements, d’avoir davantage d’Accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH) (…). On nous retire des moyens alors qu’on est à l’os », déplore-t-elle.

    Avant que le CSA de repli du 14 avril et le CDEN du 15 ne revoient certaines situations à la marge, le bilan était de 98 fermetures de classes pour 60 ouvertures, soit un solde, éducation prioritaire comprise, de -38 classes pour 20 suppressions de postes. Si les mobilisations et le travail de sape des syndicats ont un peu limité la casse (4 fermetures évitées et 4 ouvertures obtenues avant même le premier CSA du 7 avril), le compte n’y est pas du tout. Dans la lignée des 1 891 suppressions prévues dans le premier degré en France, « c’est très mauvais », résume Rémi Combettes qui espère encore quelques « ajustements » en septembre. « La démographie n’est pas identique partout, il y a un risque d’erreurs sur les prévisions », prévient le représentant des personnels du SNUipp-FSU 34.

    L’Armée plutôt que l’École

    Dans tous les cas, il n’est pas ravi à l’idée que quelques contractuels supplémentaires sans statut puissent être appelés à la rescousse. « On préfèrerait que soit ouverte la liste complémentaire au concours pour recruter des titulaires », ajoute Rémi Combettes. Comme les autres syndicats, le sien a voté contre cette carte scolaire qui prétend faire plus mais sans renforts. « Les 19 postes d’accompagnants à la scolarité sont pris sur les effectifs d’enseignants. Ils disent vouloir développer l’inclusion mais cela se fait à moyens constants », déplore le professeur des écoles qui siège au CSA et au CDEN. De la même manière, il dénonce le « gros manque » d’AESH dans l’Hérault dont les conditions de travail sont difficiles et le déclassement salarial certain.

    Quant aux chiffres édulcorés du ministère qui prétend que les classes ne seront pas surchargées (officiellement 24 élèves en moyenne), Rémi Combettes démystifie son « tour de passe-passe ». « Il compte les dispositifs dédoublés et les écoles rurales. » Lesquels font baisser la moyenne mais ne reflètent pas la réalité vécue dans la plupart des classes. « En Europe, seules la Hongrie et l’Irlande font pire que nous. » Au Snudi-FO34, Sabine Raynaud va plus loin. « Pour la première fois, le budget de l’Armée dépasse celui de l’Éducation nationale. Entre les coupes budgétaires, le service civique, les classes défense et les révérenciels défense dans les collèges, ils nous entraînent dans une économie de guerre. » Se préparer à l’avenir à « perdre nos enfants » comme prophétisait le général Mandon ? Les syndicats héraultais s’y refusent et veulent pouvoir les éduquer dans de bonnes conditions.

  • Après Lunel, l’Agglo Hérault Méditerranée pour la droite ?

    Après Lunel, l’Agglo Hérault Méditerranée pour la droite ?

    Dans l’Hérault, les élections communautaires qui s’enchaînent depuis la fin des municipales confirment les difficultés de la gauche. Hormis le cas de Montpellier où Michaël Delafosse devrait rallier à lui la plupart des maires de droite de la Métropole, c’est souvent l’inverse qui se produit.

    Mercredi 1er avril, le maire de Villetelle, Jérôme Boisson, a été réélu président de l’Agglo de Lunel. Contrairement à l’été dernier où suite au décès du maire de Lunel, Pierre Soujol, Paulette Gougeon avait (en vain) tenté sa chance, la maire réélue le 22 mars a préféré trouver un accord plutôt que de recandidater. Elle est la première adjointe de Jérôme Boisson.

    Des maires « sans étiquette » de droite

    Côté Hérault Méditerranée, l’enjeu est plus élevé encore plus qu’il s’agit de savoir si après avoir mis la main du Agde, le RN d’Aurélien Lopez-Liguori pourrait faire main basse sur l’Agglo. Certes l’ancien maire Gilles d’Ettore (LR) dont la mise en examen dans l’affaire de la voyante aura provoqué la chute de son successeur Sébastien Frey (LR), était l’ancien président incontesté. Sur le papier, il y aurait une certaine logique à ce que le président soit issu de la 4e ville de l’Hérault. Mais pas quand il vient d’un parti anti-républicain.

    Face à cette menace, dont les effets se sont déjà produits à Béziers par exemple, on aurait pu s’attendre à ce que les 19 maires fassent bloc et tournent leur regard vers la seconde commune du territoire, à savoir Pézenas. Ce n’est pas ce qui s’est produit ces derniers jours. Si le maire socialiste Armand Rivière était tout disposé à se présenter, sa candidature n’a pas reçu le soutien escompté auprès des édiles. Lesquels, à la suite de deux réunions, semblent s’être mis d’accord pour se ranger derrière la maire de Portiragnes, Gwendoline Chaudoir, dont l’absence d’étiquette politique a été préférée.

    En réalité, elle est clairement de droite puisque dès 2019, elle avait adhéré à Agir, la droite constructive, le micro-parti créé en 2017 par les Républicains rejetés de leur groupe à l’Assemblée pour leur volonté de travailler avec E. Macron. Autrement dit, les maires soi-disant « sans étiquette » de Vias, Bessan, Montagnac (…) penchent clairement à droite. D’autant que si un deal était conclu, A. Lopez-Liguori pourrait récupérer plusieurs vice-présidences (il en réclamerait 4), peut-être même la première. Réponse mardi 7 avril mais on est très loin d’un front républicain contre l’extrême droite.

  • Remobiliser la société civile pour faire face à l’extrême droite

    Remobiliser la société civile pour faire face à l’extrême droite

    Si le Rassemblement national (RN) ne réussit pas le raz-de-marée qu’il s’était fixé, force est de constater que ce dernier – et plus largement l’extrême droite – s’ancre un peu plus dans l’Hexagone. De 17 villes en 2020, il se retrouve à la tête de 62 municipalités en 2026. « Il y a aussi toutes ces villes où des listes sans étiquette l’ont emporté et on voit que certaines penchent à l’extrême droite  », analyse Sophie Mazas, avocate et membre de la LDH. L’Occitanie n’échappe pas à la règle : Agde, Bagnols-sur-Cèze, Carcassonne, toutes sont tombées dans les griffes de l’extrême droite. « Le RN profite de circonstances particulières pour être élu : soit du contexte local, comme à Agde avec les affaires judiciaires de l’ancien maire, ou du maintien des listes au second tour comme à Castres », tempère Serge Ragazzacci, secrétaire héraultais de la CGT.

    En effet, le front républicain ne sort pas grandi de ces élections. « Certaines listes n’appellent pas à faire barrage. Si on veut éviter que l’extrême droite soit élue, il faut se retirer. Ne pas le faire participe à sa banalisation », poursuit Serge Ragazzacci. Une banalisation qui témoigne également de la porosité entre la droite et l’extrême droite. À l’instar d’Agde, où le maire sortant Sébastien Frey, arrivé troisième au premier tour, s’est retiré mais sans appeler à voter contre le RN, qui s’est imposé. Une douche froide pour les progressistes agathois. « Pour certains, ce second tour a fait l’office d’une claque. Ils ont été choqués. Nous allons nous rassembler et surveiller les projets de la majorité et s’y opposer en fonction », avance Arthur Labatut (PRG). Tête de liste de gauche éliminée au premier tour, ce dernier annonce la constitution d’un collectif citoyen « sur des thématiques sociales et environnementales » fin avril.

    Tambouille politique

    D’un autre côté, l’abstention progresse fortement. Avec 42,18% au second tour, celle-ci progresse de quatre points par rapport à 2014. Inquiétant pour des élections réputées mobilisatrices. « On constate que les partis politiques n’arrivent plus à répondre aux enjeux démocratiques, aux attentes des citoyens, à débattre du fond et à apporter des solutions », se désole Sophie Mazas. Les tambouilles politiciennes participent également à cette désillusion. « Il y a une responsabilité des politiques. Cette division et ces accusations entre les partis de gauche qui durent depuis des mois et qui semblent continuer ne créent pas de dynamique positive en termes de vote. Ça obère toute discussion sur les projets et le débat ne porte pas sur les choses du quotidien. Les potentiels électeurs de gauche n’y ont pas trouvé leur compte et ne se sont pas déplacés », observe Serge Ragazzacci, regrettant que « les partis passent plus de temps à se taper dessus que sur le capital. » Pendant ce temps, les idées d’extrême droite, elles, gagnent en visibilité – notamment sur la sécurité – et participent à fracturer l’État de droit. « Le travail de sape réalisé par l’extrême droite a atteint nos institutions, notamment la justice et le fait de ne pas respecter ses décisions. Or, envisager un monde sans justice est très dangereux, il va falloir y faire face  », soutient Sophie Mazas, qui a publié une tribune en ce sens dans L’Humanité.

    Alors pour contenir la vague brune et remobiliser les déçus, le syndicaliste appelle notamment la gauche à se ressaisir des questions sociales, à retrouver des marqueurs : « Nous, on continuera à faire ce qu’on fait : former nos militants, descendre dans la rue pour lutter contre l’extrême droite. Mais il faut aussi qu’il y ait des mesures de progrès social. On ne peut pas être moralisateurs sur l’extrême droite si de l’autre côté on n’a pas d’intentions politiques d’établir la justice sociale  ». Des intentions politiques qui doivent être portées par les citoyens eux-mêmes, pour Sophie Mazas. « On appelle tout le monde à rejoindre des syndicats, des associations et à participer à cette réflexion pour repenser notre mode de fonctionnement et ensuite porter nos revendications.  »

  • Agde : la « perle noire » emportée par une vague brune

    Agde : la « perle noire » emportée par une vague brune

    Perceptible dès le soir du 1er tour où Aurélien Lopez-Liguori était arrivé largement en tête (38,44%), la catastrophe a bien eu lieu, dimanche 22 mars en Agde. Le sage retrait du maire sortant Sébastien Frey (3e avec 20,74%) n’y a rien fait. La « perle noire de la Méditerranée » s’est fait emporter par une vague brune. Dans son duel qui l’opposait au médecin agathois divers droite Thierry Nadal (45,13%), Aurélien Lopez-Liguori (54,87%) l’a emporté avec 1 652 voix d’avance et une participation correcte (64,75%) qui ne laisse aucune place au doute.

    Quatrième ville la plus peuplée du département, Agde est donc la première ville héraultaise à basculer aux mains du RN. Terrible pour les habitants de ce territoire sinistré qui compte l’un des taux de chômage les plus élevés de France (17,6%). Mais est-ce bien étonnant ? Dès 2007, Agde avait massivement plébiscité N. Sarkozy (62,47% au 2e tour). Aux deux dernières Présidentielles de 2017 et 2022, M. Le Pen est chaque fois arrivée en tête contre E. Macron (54,37% puis 60,14%).

    Si bien qu’aux législatives 2022, l’élection du député RN Aurélien Lopez-Liguori (59,19%) au 2e tour contre le communiste Gabriel Blasco n’avait surpris personne. Pas plus que sa large réélection aux législatives anticipées de 2024. Ce qu’on n’aurait pas imaginé en revanche, c’est que le député RN soit reconduit dès le 1er tour (51,66%).

    A. Rivière (PS) contre le RN ?

    Nul besoin de se remémorer le score famélique de la gauche au 1er tour de ces municipales (Arthur Labatut 6,52%) pour savoir que depuis longtemps Agde penche très à droite. Mais jusqu’ici, Les Républicains gardaient la main localement. La folie des grandeurs de l’ancien maire démissionnaire (31 mai 2024) Gilles d’Ettore, mis en examen dans l’affaire de la voyante Sophia Martinez, a provoqué la bascule. Comptable aux yeux des électeurs de cette politique favorable aux promoteurs, son successeur depuis près de 2 ans, Sébastien Frey, n’a pas réussi à incarner le renouveau à droite. Du pain béni pour Lopez-Liguori qui laisse son siège de député à son suppléant, Bernard Chaumeil.

    Reste à savoir si l’ombre de l’extrême droite peut s’étendre jusqu’à l’Agglo Hérault Méditerranée. Brillamment réélu au 1er tour à Pézenas et en réflexion, Armand Rivière pourrait avoir des ambitions. Mais le socialiste n’a que 5 sièges à l’Agglo plus les 3 de son homologue PS Vincent Gaudy reconduit à Florensac contre 13 acquis au RN avec Agde. D’autant que le maire DVD de Bessan (4 sièges), Stéphane Pépin-Bonet, a de bonnes relations avec Lopez-Liguori. Sachant qu’il faut 30 sièges pour prendre l’Agglo, le choix des maires de Portiragnes, Lézignan ou Saint-Thibéry (…) sera prochainement décisif.

  • Agde en passe d’être submergée par la marée noire

    Agde en passe d’être submergée par la marée noire

    Douze ans après Béziers, la quatrième ville de l’Hérault va-t-elle basculer à l’extrême droite ? Le scénario n’a plus rien d’une science-fiction. Longtemps endigué par la droite aux municipales, le vote RN est désormais décomplexé en Agde, où Aurélien Lopez-Liguori s’était offert un spectaculaire bain de foule aux côtés de Jordan Bardella début février.

    L’image avait choqué les progressistes et ne s’est pas démentie dans les urnes. Depuis dimanche 15 mars, c’est bien le député RN qui caracole en tête avec 38,44% et 6 381 voix. Soit 2 840 de plus que son premier et seul challenger Thierry Nadal. En obtenant 21,33% des suffrages, le candidat divers droite réalise un moindre pourcentage qu’en 2020 (28,39%) mais cumule 286 bulletins de plus grâce à une meilleure participation (62,61%).

    S. Frey paye les pots cassés de l’ancien maire G. d’Ettore

    Surtout, il devance le maire sortant Sébastien Frey, dont le score catastrophique (20,74% pour 3 442 voix) l’a conduit à se retirer du jeu mardi 17 mars. Ce n’est pas que cet édile LR était plus mauvais qu’un autre bétonneur, mais d’une part il a pâti de la déconfiture de son camp siphonné au plan national par le RN. D’autre part et surtout, il paye très cher les casseroles de son prédécesseur Gilles d’Ettore (LR). Pris dans les filets de la voyante ventriloque Sophia Martinez,
    G. d’Ettore, qui avait été contraint à la démission le 31 mai 2024, est mis en examen pour « prise illégale d’intérêts, détournement de fonds publics et corruption ».

    Dimanche 22 mars, il ne restera donc que deux listes pour en découdre, puisque les deux candidats divers droite Jean-Marc Bentajou (5,52%) et Didier Irailles (0,78%) ne sont en capacité de se maintenir. Pas plus que le jeune Arthur Labatut (PRG) dont la liste divers gauche (qui avait refusé de rejoindre l’écologiste Bertrand de Pontual) est éliminé avec 6,52% (1 082 voix). Dans une ville où l’abstention n’a pas été énorme (37,39%) et où A. Lopez-Liguori pourrait récupérer quelques voix de la dissidente d’extrême droite Fabienne Varesano (6,67%), c’est dire si le sursaut des progressistes agathois relève désormais de l’exploit.

  • La prime au sortant mais un petit vent de dégagisme dans l’Hérault

    La prime au sortant mais un petit vent de dégagisme dans l’Hérault

    Comme une lettre à la Poste. Cette année encore, de nombreux maires sortants, qu’ils soient de gauche ou de droite, ont été reconduits sans encombre dans l’Hérault. C’est ce qu’on appelle la prime au sortant qui donne un avantage naturel aux yeux de l’électeur, à l’édile en poste. « Les sortants sont connus et en général leur action est appréciée. On trouve souvent que la mairie a bien fait son travail », résume le politologue Michel Crespy. Qui précise aussitôt. « Ce n’est pas le cas des dirigeants nationaux qui échouent à régler les problèmes des gens ».

    Dans l’Hérault, le 1er tour des municipales n’a pas échappé à la règle. Quand ils se représentaient, une grande majorité des maires ont été réélus directement. À droite, Frédéric Lacas a nettement remporté son duel (62,26%) à Sérignan. Christian Jeanjean est en ballottage très favorable (48,21%) dans son fief de Palavas où il a la main depuis 1989 ! Et que dire du score hégémonique (85,1%) de son voisin des Républicains, Stéphan Rossignol à la Grande-Motte. Autour de Montpellier, Jean-François Audrin est repassé aisément (68,72%) à Saint-Georges d’Orques comme Jean-Pierre Rico (57,01%) à Pérols. À Béziers, le maire d’extrême droite Robert Ménard a lui aussi été triomphalement réélu au 1er tour (65,6%) comme en 2020 en dépit d’une liste du RN de Julien Gabarron (8,97%).

    Des sortants plébiscités

    La prime au sortant a aussi souvent fonctionné à gauche. Le meilleur exemple est Frontignan. Dans cette ville du bassin de Thau où l’on redoutait une vague brune eu égard aux scores du RN aux scrutins nationaux, Michel Arrouy
    l’a brillamment emporté. Cumulant 51,16% des voix, le socialiste a mis hors-jeu l’extrême droite de Cédric Delapierre (35,87%). Dans la plaine à Pézenas, un autre socialiste a été réélu nettement dès le 1er tour. Avec sa liste d’union de la gauche, Armand Rivière qui fait briller sa commune culturellement (festival Molière) a su écarter un retour de la droite incarnée par l’ancien député macroniste Philippe Huppé (28,96%). À Gignac, le maire socialiste Jean-François Soto (71,22%) a balayé la menace RN. Dans la Métropole de Montpellier, aucune embûche à Jacou pour Renaud Calvat (74,39%) ni à Clapiers pour Eric Penso (59,7%). Quant à Michaël Delafosse à Montpellier, il est en ballottage favorable (33,41%) avec sa liste d’union de la gauche et ses promesses tenues sur le tramway.

    Pour d’autres, la magie attendue n’a pas opéré. Et ce, quelle que soit leur couleur politique. À chaque fois, on observe un contexte bien spécifique qui a pénalisé le sortant. C’est d’autant plus vrai quand sa majorité était divisée. C’est le cas pour la droite agathoise minée par la mise en examen de Gilles d’Ettore au point que Sébastien Frey (3e avec 20,74%) laisse le champ libre à Thierry Nadal (21,33%) face au danger RN (Lopez-Liguori 38,44%). À Castelnau-le-Lez, le maire LR Frédéric Lafforgue (21,1%) qui a obtenu le prix du plus gros bétonneur, devrait être battu par son ex-adjoint Julien Miro (39,65%). Du côté de Sète, Hervé Marquès (DVD) peut encore l’emporter malgré la démission forcée de François Commeinhes mais la gauche de Laura Seguin (20,55%) a des espoirs avec le retrait du socialiste Sébastien Denaja (13,7%). À Lunel, Paulette Gougeon (DVD, 28,07%) n’a pas davantage de marge, 9 mois après le décès de Pierre Soujol.

    Pas de grosse poussée

    du RN hormis Agde

    La gauche a aussi connu son lot de déconvenues. La désunion qui a conduit au retrait de l’Insoumis Sébastien Rome (21,48%) risque de coûter la mairie de Lodève au PS de Fadilha Benammar-Koly (28,82%), distancée par le très à droite Claude Laateb (39,2%). À Mauguio, le retrait du maire DVG Yvon Bourrel a sonné le glas de la gauche. À Saint-Jean-de-Védas, le décès soudain du maire François Rio fin décembre a accentué l’éclatement du conseil municipal qui pourrait virer à droite. À Grabels, René Revol en grande difficulté (34,65% derrière le DVD Pascal Heymes 49,4%) est peut-être victime d’une certaine usure du pouvoir. À moins que le seul maire Insoumis de l’Hérault ait pâti d’avoir hissé le drapeau palestinien en solidarité avec le peuple gazaoui massacré. Ce serait un comble. À Villeneuve-lès-Maguelone en revanche, difficile de dire ce qui place Véronique Négret en position délicate (34%) face à la liste du DVD Olivier Noguès (40,68%).

    À noter enfin qu’à l’exception notable d’Agde qui pourrait basculer, le RN et l’UDR n’ont pas, à la différence du national, réalisé de poussée particulière dans l’Hérault. S’ils restent en embuscade à
    Sète (Pacull 20,77%), Lunel (Belin 21,7%) ou Mauguio (Parmentier 19,38%), ses candidats ont été sèchement battus à Montpellier (Jamet 7,26%), Béziers (Gabarron 8,97%), Mèze (Armentier 19,2%) ou Gignac (Drevet 28,72%). Et dans une moindre mesure à Frontignan (Delapierre 35,87%). Malheureusement cet échec est davantage dû à un manque d’ancrage local du RN qu’annonciateur d’un reflux de l’extrême droite. Laquelle reste tout aussi menaçante en vue de la Présidentielle 2027.

  • L’extrême droite menace Agde

    L’extrême droite menace Agde

    À l’instar de Beaucaire depuis 2014 dans le Gard ou de Perpignan dans les P-O, Agde pourrait-elle devenir la première ville gérée par le RN dans l’Hérault où Robert Ménard (EXD) dirige déjà Béziers ?

    Le danger semble réel tant Agde, en perte de repères et convoitée par le parti de Marine Le Pen, semble au bord du précipice. Depuis 25 ans qu’elle est dirigée par la droite, la « Perle noire de la Méditerranée » n’a cessé de s’enfoncer dans la précarité. Si la dynamique démographique existe avec 29 939 habitants recensés en 2023 (31 431 estimés par l’Insee en 2026), son développement économique anarchique, guidé par les intérêts privés, est une catastrophe.

    Construit à l’entrée du Cap-d’Agde, le nouveau casino maintient à flot les finances de la 4e commune héraultaise. Mais les chiffres sont têtus. Avec un revenu annuel moyen faible (20 410 euros) et un taux de chômage record (17,6%), Agde est une ville pauvre. Au plan national, elle forme avec Béziers et Pézenas le triangle des Bermudes : la pire zone d’activité du pays.

    Agde est avant tout une ville de retraités (35%) : la moyenne d’âge s’élève à 49 ans (41% des habitants ont plus de 60 ans), à peine 35,8% de la population travaille. Le niveau de diplôme est particulièrement bas : seuls 21% des habitants ont un diplôme supérieur au Bac.

    Le poids de l’héritage

    Depuis que le PS de Régis Passérieux a perdu la ville en 2001, les promoteurs y ont fait leur beurre au détriment des habitants qui peinent à se loger avec des loyers élevés. La droite aux affaires a fini par se faire prendre par les radars de la Justice. En mars 2024 éclate la désormais célèbre affaire de la voyante ventriloque, Sophia Martinez. Le 31 mai 2024, Gilles d’Ettore est poussé à la démission. Le 24 juin 2024, celui qui présidait aussi l’Agglomération est mis en examen pour « prise illégale d’intérêts, détournement de fonds publics et corruption ». Il est incarcéré dans la foulée puis libéré et remis en détention provisoire le 21 janvier 2026 après avoir violé son contrôle judiciaire. Prétendant alors vouloir être à nouveau candidat en Agde où il a pourtant interdiction de paraître, il avait rencontré un témoin de l’affaire avec qui il avait interdiction de s’entretenir.

    Le mois dernier, sa mise en examen a été étendue pour corruption passive. Finalement, Gilles d’Ettore ne tentera pas d’improbable come-back politique. Mais sa chute place Agde dans l’inconnu. Son successeur, Sébastien Frey, cherche à se faire élire sur son nom. S’il a tout fait pour couper les ponts avec d’Ettore, les électeurs associeront-ils l’ancien adjoint aux affaires ? C’est ce qu’espère l’opposant Thierry Nadal (divers droite) étrangement soutenu par le PS. En 2020, le docteur avait obtenu un score honorable de 35,1%. Pour le chef d’entreprise Didier Irailles (DVD), ce sera une première.

    Même divisé avec la candidature dissidente de Fabienne Varesano (EXD), le RN espère rafler la mise. Ayant placé Agde sur sa liste des villes gagnables, le parti à la flamme a envoyé l’artillerie lourde. À savoir le député RN Aurélien Lopez-Liguori. En 2020, son homologue Jean-Louis Cousin était loin du compte (9,8%) mais le contexte a changé. Les Agathois ont aussi préféré deux fois Le Pen à Macron.

    Éviter le scénario du pire, c’est le pari difficile d’une gauche faible scrutin après scrutin. Il y a 6 ans, l’écologiste Bertrand de Pontual avait été éliminé au 1er tour (7,22%). Écœuré par les divisions, il a cette fois renoncé à se représenter. Les espoirs des progressistes reposent sur les épaules du jeune Arthur Labatut (PRG), soutenu par l’écolo Chloé Donate Estournet. Pour lutter contre la précarité, la création d’une « sécurité sociale alimentaire » fait partie de leurs propositions phares.

  • Dans l’Hérault, la gauche veut mobiliser face au risque RN

    Dans l’Hérault, la gauche veut mobiliser face au risque RN

    À deux mois et demi des municipales, quel parti sortira vainqueur de ce scrutin à un an de la présidentielle ? Dans l’Hérault, le Rassemblement national (RN) veut confirmer ses scores réalisés aux précédents scrutins (34,98% des suffrages exprimés aux élections européennes de 2024, cinq députés élus sur les neuf que compte l’Hérault lors des législatives de 2024) et tentera de remporter sa première commune du département. Et ainsi lorgner sur Béziers pour ravir la place au seul maire d’extrême droite de l’Hérault, Robert Ménard. S’il n’a pas encore officiellement désigné de candidat dans la cité de Riquet – le député Julien Gabarron est pressenti – le RN a néanmoins avancé ses pions à Agde en désignant le député Aurélien Lopez-Liguori comme tête de liste face au maire sortant Sébastien Frey (LR). À Sète aussi le risque d’une victoire de l’extrême droite existe : Aurélien Lopez-Liguori avait été élu dès le premier tour aux législatives de 2024. Le RN a désigné Sébastien Pacull pour ravir l’Île singulière. D’autant que la droite se retrouve fragilisée dans ces deux dernières villes. Alors qu’elle régnait depuis plus de vingt ans sans partage, les déboires judiciaires des deux ex-édiles (Gilles d’Ettore à Agde et François Commeinhes à Sète), démissionnaires, sapent la confiance des électeurs.

    La gauche va donc devoir batailler pour mobiliser face aux velléités de l’extrême droite. Malgré les bons scores réalisés aux dernières législatives par le NFP (4 députés élus), force est de constater que les forces de gauche partent souvent désunie dans la plupart des communes pour le premier tour. Si à Béziers, l’union s’est réalisée avec le Printemps de Béziers de Thierry Antoine (EELV-PS-PCF-PP), LFI, menée par le tandem David Ocard et Wissal El-jarrari, fait cavalier seul. Même schéma à Sète : alors que la liste Nouvelle Page regroupe le PCF, LFI et EELV autour de Laura Seguin, les socialistes ont décidé de partir de leur côté avec Sébastien Denaja.

    À Castelnau-le-Lez, la gauche n’a pas su tirer profit des divisions de la droite (entre le maire sortant Frédéric Lafforgue et Julien Miro) puisque Écologistes et le PS partiront chacun de leur côté.

    Une désunion à l’œuvre même dans les communes où l’extrême droite est faible, à l’instar de Montpellier où le maire PS Michaël Delafosse (pas encore déclaré) doit affronter au premier tour, entre autres Nathalie Oziol (LFI) et Jean-Louis Roumégas (EELV). Alors que l’union est plébiscitée par les électeurs de gauche, ces configurations les démobiliseront-ils ? L’enjeu de la participation sera en effet une des clés du scrutin des 15 et 22 mars.

  • À Agde, lâché par le PRG, l’écolo De Pontual jette l’éponge

    À Agde, lâché par le PRG, l’écolo De Pontual jette l’éponge

    Historiquement faible, la gauche agathoise va mal. Après deux décennies sans le moindre élu d’opposition, l’opération reconquête qui semblait prometteuse ces derniers mois, a du plomb dans l’aile. À 100 jours du premier tour, le travail partenarial entamé avec le NFP semble réduit à peau de chagrin.

    Le PS a d’abord filé aux côtés du médecin Thierry Nadal qui avait obtenu 35,1% en 2020. Au printemps, les insoumis qui revendiquaient la tête de liste, plantaient une seconde banderille au rassemblement. Et voilà que fin novembre, Arthur Labatut (PRG) s’en allait à son tour en emmenant avec lui la jeune écologiste Chloé Donate Estournet. La défection de trop pour l’écologiste Bertrand de Pontual qui, écœuré, a annoncé à la surprise générale le 9 décembre qu’il se retire. « J’arrête tout, je suis dégoûté ». Celui qui avait obtenu 7,22% en 2020 déplore « cet éclatement du groupe » et une nouvelle occasion manquée. « Partir unis, c’était l’occasion de proposer une autre vision d’Agde aux électeurs. »

    Avant même d’apprendre la nouvelle, Arthur Labatut, autoproclamé tête de liste, justifiait son choix. « On était ouvert pour l’union de la gauche mais ça n’avançait pas. On n’aurait plus eu le temps de mener campagne. » Si le programme commun faisait la quasi-unanimité, le choix de la tête de liste ne convenait pas au jeune entrepreneur qui croit en ses chances malgré le contexte.

    Les propositions de Labatut

    Dans une ville ravagée par le chômage et que la droite a livré aux promoteurs depuis longtemps, la gauche peut-elle encore séduire ? Oui, assure Arthur Labatut. Juriste en droit public de formation, il propose de « remplacer les médecins retraités », veut créer un « tourisme 4 saisons », ou encore une « sécurité sociale alimentaire ». Mais pourra-t-il insuffler une dynamique ? B. de Pontual ne donnera pas de consigne de vote. Et estime que ni Labatut ni Donate Estournet ne sont « légitimes » pour représenter le Nouveau Front Populaire. « Il n’y aura pas de liste d’union de la gauche à Agde », écrit-il, amer.

    Quant au PCF qui doit encore arrêter sa position, il « ne mettra pas de bâtons dans les roues » du PRG. « On n’a pas les moyens de monter une liste avec 35 noms. On va appeler à faire barrage contre l’extrême droite », se résout Frédéric Markidès.

    Le communiste craint que cette nouvelle donne « favorise l’abstention et renforce le risque RN » qui sera représenté par le député Aurélien Lopez-Liguori, lui-même concurrencé par la dissidente Fabienne Varesano (EXD) qui propose de… rallumer l’éclairage public la nuit.

    Si Sébastien Frey n’a pas encore officialisé sa candidature, on sait déjà que l’édile sortant est fragilisé. S’il a accédé au fauteuil de maire, ce n’est que parce que son prédécesseur, Gilles d’Ettore, a été poussé à la démission suite à sa mise en examen pour « prise illégale d’intérêts, détournement de fonds publics et corruption » dans la célèbre affaire de la voyante.