Tag: Activités industrielles

  • L’équipe de conception du Canadair français s’agrandit à Istres

    L’équipe de conception du Canadair français s’agrandit à Istres

    C’est un nom connu du secteur et de l’histoire aéronautique qui s’associe à Hynaero pour son projet de bombardier d’eau amphibie nouvelle génération. L’entreprise Latécoère, équipementier et sous-traitant notable d’Airbus et Boeing, fabricant des portes de l’Airbus A380, a signé un partenariat avec Hynaero pour le développement de son projet Frégate F-100, destiné à surpasser les Canadair actuellement en service. En plein développement sur le pôle aéronautique Jean-Sarail d’Istres, Hynaero prévoit la construction des prototypes en 2029 et la mise en service de l’appareil pour 2032.

    Dans le cadre de ce partenariat, « Latécoère apportera son expertise à travers des échanges techniques et des prestations de conseil afin de soutenir la conception de l’appareil, sa certification, sa maintenabilité ainsi que sa promotion auprès de clients potentiels à travers le monde », font savoir les désormais partenaires dans leur communiqué de jeudi.

    2 500 emplois promis

    Le rôle de Latécoère est plus précisément de participer à l’étude du système d’interconnexion de câblage électrique de l’avion, ou harnais électrique. « Il s’agit de l’ensemble des câbles, fils, connecteurs, et dispositifs de protection installés dans un aéronef pour transmettre l’énergie, les données et les signaux », précise Latécoère à La Marseillaise. L’architecture de cet équipement critique est conçue sur le principe de la redondance : en cas de panne ou d’une section accidentelle du câblage électrique, d’autres parties doivent pouvoir prendre le relais pour que l’avion conserve toutes ses capacités. Il y a différents niveaux de criticité en fonction des équipements, comme le précise Latécoère : « Si le système audiovisuel installé dans les fauteuils est coupé, ce n’est pas grave, au contraire des commandes de vol. Certaines parties du harnais bénéficient d’une triple redondance. » Les associés parlent d’une « opportunité majeure pour l’industrie aéronautique européenne et les pays partenaires, avec la création de plus de 2 500 emplois répartis entre le site d’assemblage final et l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement », du Frégate.

    Le projet, lauréat de France 2030 et bénéficiaire de 7 millions d’euros cofinancés par l’État, Bpifrance et la Région Sud, nécessite selon le fondateur et président David Pincet, au total, de plus d’un milliard d’euros d’investissements, dont plus de 10% ont déjà été levés en mars dernier. Le PCF et son sénateur Jérémy Bacchi ont récemment appelé à augmenter les investissements de l’État face à l’urgence climatique.

  • L’usine Fibre Excellence de Tarascon bloquée par les syndicats

    L’usine Fibre Excellence de Tarascon bloquée par les syndicats

    Le tas d’imposants rondins de bois, les plots en béton et les pierres disposés devant la sortie du site, ainsi que la tractopelle placée derrière les barrières de l’usine Fibre Excellence de Tarascon, ne laissent guère de doute : au lendemain de la liquidation judiciaire du site, qui laisse sur le carreau 270 salariés, tout ce qui s’y trouve y reste. Pour le moment.

    « On part du principe que cette usine, elle a encore des possibilités », résume Jean-Michel Bulinge, délégué syndical CGT Fibre Excellence Tarascon, qui regrette également d’avoir appris la décision du tribunal de commerce de Toulouse par l’intermédiaire d’un journaliste, mercredi. « On bloque l’accès à l’usine. Il ne faut surtout pas commencer à la démanteler et qu’on voit partir le matériel de valeur qui s’y trouve. C’est hors de question », abonde quelques mètres plus loin Frédéric Sanchez, secrétaire général CFDT du site. Un comité social et économique (CSE) est prévu, ce vendredi dans la matinée, à Tarascon. Des mandataires devraient alors annoncer leur venue sur le site dans les prochains jours. « Mais pour l’instant, il n’y a rien qui rentre, rien qui sort », rappelle le représentant de la CGT.

    Une banderole avec l’inscription « Le voyou de l’Élysée et ses sbires ont encore frappé » orne l’entrée de l’usine. L’occasion pour les syndicats de charger « les grands discours pour pas grand-chose ». « C’est la politique de notre gouvernement : il parle de réindustrialisation mais, depuis des mois, on ne fait que compter les entreprises qui perdent. Je n’ai pas vu d’annonce de presse avec de grandes créations », poursuit Jean-Michel Bulinge.

    « Le maximum pour

    les salariés »

    Malgré la liquidation, les représentants syndicaux restent actifs. Et pas qu’un peu. Présents depuis le jeudi 23 juillet sur place, ils se mobilisent dans un premier temps pour « aller chercher le maximum pour les salariés ». « Qu’ils partent dans la dignité », glisse Jean-Michel Bulinge. Cela passe par le maintien de la mutuelle ou encore l’obtention de primes de reclassement. « Tant qu’on n’aura pas obtenu quelque chose, quoi que ce soit, on ne lâchera pas. Pour nous, c’est primordial. Les gens méritent quelque chose. Et pas uniquement les miettes que peuvent nous donner les indemnités conventionnelles ou légales. Mais ça va être dur », prévient Frédéric Sanchez.

    L’organisation est au rendez-vous. Des dizaines de bonbonnes d’eau sont stockées sur une installation dédiée tandis que, à proximité, une cafetière et un micro-onde permettent aux salariés de tenir dans la durée. Sans oublier les grillades du midi. Mais cela ne peut pas durer éternellement. « On se débrouille entre syndicats ou avec le personnel. Mais au bout d’un moment, ça va tirer la langue », confie le secrétaire CFDT, qui appelle à la solidarité de la population tarasconnaise. Implantée dans les années 1950, l’usine fait partie du quotidien des habitants, dont plus d’une centaine y travaillent.

    Des discussions sont en cours pour tenter de maintenir une activité sur le site. La CGT assure travailler sur un « projet alternatif » qu’elle présentera à la Région Sud et aux préfectures concernées en début de semaine prochaine. L’objectif est « d’essayer de trouver une solution de redémarrage du site dans les conditions actuelles ou avec un fonctionnement peut-être différent », afin « de sauvegarder les emplois sur le bassin ». Une « bataille jusqu’au bout » menée aussi en intersyndicale, avec FO. Mais les représentants n’étaient pas sur site ce jeudi en fin de matinée.

    Le ministre délégué chargé de l’Industrie, Sébastien Martin, indiquait dans un communiqué publié le mercredi vouloir « préparer l’avenir du site, engager sa reconversion et favoriser l’émergence de nouvelles activités ».

    Par ailleurs, la menace d’une liquidation judiciaire sur l’usine Fibre Excellence de Saint-Gaudens (Haute-Garonne) subsiste, mais un nouveau délai a été consenti, jeudi, par le tribunal de commerce de Toulouse, un industriel étant en train de formaliser un plan de reprise. Les offres seront examinées le 8 septembre et la décision communiquée dans les jours suivants.

  • Paca, première région maritime avec plus de 100 000 emplois

    Paca, première région maritime avec plus de 100 000 emplois

    Baignée au Sud par la Méditerranée, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur reste numéro un dans le pays en termes d’économie maritime. C’est ce que confirme une étude de l’Insee, en collaboration avec la Dreets et la collectivité, présentée en conférence de presse ce jeudi à Toulon et publiée dans la foulée. Cette économie maritime représentait fin 2022, quelque 25 600 emplois salariés. Si l’on ajoute les 14 200 de la marine nationale – avec le premier port militaire de France – et les 62 200 du tourisme littoral, ce sont au total 102 000 emplois salariés, soit 5,3 % de la part d’emploi salarié régional que compte cette économie.

    « Notre littoral n’est pas seulement un décor ou une destination. Il est un espace économique majeur, qui fait vivre l’hôtellerie, la restauration, les activités nautiques, les ports, les transports, le commerce et de très nombreux services », indique François de Canson, vice-président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur en charge du développement économique, de l’attractivité, du tourisme et de la prévention des risques majeurs.

    Cette économie de la mer est divisée en huit grands secteurs d’activité, ici nommés « segments », avec le transport maritime et fluvial et la construction-réparation navale qui concentrent l’essentiel des emplois salariés. Avec, respectivement 11 900 travailleurs pour le premier et 7 900 pour le second, soit près de quatre emplois salariés sur cinq. Dans le détail, c’est 90 % de l’emploi régional du transport maritime et fluvial qui est polarisé dans les Bouches-du-Rhône, avec les grands acteurs que sont le Grand port maritime de Marseille (GPMM), la CMA CGM et Corsica Linea. Quand le Var centralise 72 % de la construction-réparation navale, avec Naval Group et Eca Robotics.

    Les autres secteurs mentionnés sont l’intervention publique, recherche et protection de l’environnement, la logistique portuaire, les travaux publics maritimes, les produits de la mer (dont la pêche). L’extraction de matériaux marins et la production d’énergie, ne concernent pas notre zone.

    L’économie des métiers de la mer est concentrée au sein de grandes entreprises. Dès lors, les établissements de plus de 50 salariés représentent 75 % des emplois, et ceux de plus de 500 salariés emploient 10 700 personnes.

    Seuls 25 % des salariés

    sont des femmes

    Ces travailleurs de la mer gagnent en moyenne 3 910 euros net mensuels en équivalent temps plein. La part de cadres est de 40 % et les ouvriers qualifiés y sont six fois plus nombreux. À titre comparatif, le salaire moyen dans l’ensemble de l’économie régionale est de 2 470 euros par mois.

    Mais cette économie est, sans surprise, peu féminisée. Et compte une grande majorité des hommes, âgés de 25 à 49 ans. Les femmes elles, n’occupent que 25 % des postes. Une part inégale en fonction des segments, s’il y a peu d’ouvrières, il y a presque autant de femmes que d’hommes dans la logistique portuaire par exemple.

    « Cette étude va servir au diagnostic et au pilotage des politiques publiques », veut croire Olivier Tessier, directeur régional adjoint de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (Dreets), citant le « retard » sur l’éolien en mer Méditerranée, une « filière d’avenir », pousse-t-il. À ses côtés, le maire de la Londe-les-Maures, pressenti pour succéder à Renaud Muselier à la tête de la Région, appelle à ne « jamais opposer économie et écologie » : « être la première région maritime française impose de savoir concilier les usages. Notre littoral accueille des activités industrielles, militaires, portuaires, touristiques, scientifiques, de pêche, de plaisance et de protection de la nature », soulève François de Canson.

    CHIFFRES

    1,3

    En pourcentage, c’est le nombre de salariés de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur qui travaillent dans l’économie maritime, où sont recensés près de 4 200 établissements en 2022.

    63

    Le département des Bouches-du-Rhône concentre à lui seul 63 % de l’emploi salarié de l’économie maritime de la Région, le Var 30 % et les Alpes-Maritimes seulement 7 %.

    4 500

    En euros, c’est le salaire moyen net mensuel en équivalent temps plein dans le transport maritime et fluvial, dont 40 % des salariés sont des cadres. Le salaire moyen dans la Région est de 2 470 euros pour l’ensemble de l’économie.

  • L’entreprise Satys reste et signe dans les quartiers Nord

    L’entreprise Satys reste et signe dans les quartiers Nord

    Cette rénovation est très motivante pour tout le monde. Car on est passé par des moments difficiles, mais là on est très optimistes. » Salarié depuis 25 ans dans l’entreprise de peinture aéronautique Satys Coating, Sébastien Vitti est très fier, ce vendredi, de présenter son travail aux élus et partenaires de l’entreprise venus découvrir les nouveaux aménagements de l’usine.

    Le site a été rénové avec du matériel de pointe et une productivité augmentée et a célébré sa remise en activité. Un pari réussi alors qu’en 2018 l’activité devait être déplacée dans la Zone d’activité des Florides à Marignane. Le projet avait été stoppé à cause de réticences des habitants et des élus, laissant comme seul choix la délocalisation de l’activité en Hongrie, où une branche existe, ou réinvestir dans le site Marseillais. Fin 2023, la décision est prise : l’activité et le savoir-faire resteront dans les quartiers nord de Marseille, après une réhabilitation du site, qui a donc rouvert ses portes.

    « Ce plan de modernisation, avec trois millions d’euros d’investissement, nous permet de participer à la croissance du secteur de l’aéronautique, de donner à nos salariés de meilleures conditions de travail et enfin de décarboner le secteur en réduisant de 50% notre consommation de gaz », se félicite Thierry Cotelle, directeur général de Satys Coating. Le choix de se maintenir sur place répond au développement dans la région d’Airbus Helicopter, principal client de l’entreprise. Avec 120 emplois sur le site marseillais, le maintien de l’activité est également une victoire pour l’emploi et l’avenir industriel de la ville de Marseille. « Cette rénovation témoigne de la confiance que Satys place dans l’avenir industriel de Marseille, avec ses 1,5 million de pièces traitées par an », salue Julien Harounyan, adjoint (MadMars) au maire de Marseille en charge de l’attractivité économique.

    Une activité d’autant plus importante qu’elle se situe dans le 15e arrondissement de Marseille, où le taux de chômage est plus élevé que la moyenne nationale. « On est contents car on reste dans le secteur où on est nombreux à habiter, sourit Zoheir Messaoudi, représentant des salariés, et aussi car on est fiers de notre savoir-faire. » Car derrière les murs de l’entreprise, ce sont des gestes minutieux et précis qui permettent à des hélicoptères ou des avions de voler au mieux.

    Le directeur général espère que l’activité continuera d’augmenter et pouvoir ainsi embaucher plus de personnes du quartier et de toute la région.

  • La nappe de La Crau « dans une période charnière »

    La nappe de La Crau « dans une période charnière »

    Philippe Léandri entame son mandat de président du Symcrau « dans une période charnière » pour la nappe phréatique. Le maire de Grans (DVD), qui succède à Céline Tramontin, affirme : « On est face à des défis contemporains. »

    Il en distingue trois. Le changement climatique, d’abord.
    « Un certain nombre d’études nous laissent envisager qu’en 2050, il va nous manquer 90 millions de m3 d’eau, avec des répercussions sur nos forages. » Les premiers concernés seraient de Port-Saint-Louis-du-Rhône, de Mas Thibert et de Saint-Hippolyte, qui alimente l’agglomération arlésienne.

    Actuellement, 75 millions de m3 sont prélevés chaque année dans la nappe pour alimenter 300 000 foyers en eau potable (39% de son usage), mais aussi les activités industrielles et militaires (24%) et l’agriculture (36%). Une quantité supérieure à « ce que la pluie va amener naturellement », détaille la directrice du Symcrau Charlotte Alcazar. Si la nappe réussit cet exploit, c’est qu’elle est approvisionnée par un transfert d’eau de la Durance – qui alimente par ailleurs l’ensemble des usagers de trois départements et les centrales hydroélectriques d’EDF –, elle-même affectée par le changement climatique. « Si on n’avait pas le transfert d’eau, la nappe figurerait parmi les plus surexploitées d’Europe, poursuit Charlotte Alcazar. (…) Économiser l’eau, c’est aussi garantir une certaine souveraineté de La Crau. »

    Le deuxième défi concerne la fragilité du modèle, qui repose sur des canaux qui « commencent à être dans un état insuffisant », développe Philippe Léandri. Leur entretien, au coût élevé repose « sur 325 exploitations agricoles » qui produisent du foin de Crau, précise la directrice du Symcrau. « Aujourd’hui, ce secteur est en crise », reprend le président.

    La pression de l’aménagement, enfin, constitue le troisième défi. « Entre la décarbonation de notre industrie, l’implantation d’un certain nombre d’entreprises et l’arrivée de nouveaux particuliers, on doit sécuriser, moderniser nos réseaux en restant avec un coût de l’eau abordable pour tous. » Mis en place l’an dernier, un Schéma d’aménagement et de gestion des eaux écrit par la Commission locale de l’eau a pour objectif d’innover pour avoir une charge financière supportable et répartie et de « faire mieux avec moins d’eau ».

  • À Malaucène, l’agglo maintient sa volonté d’exproprier les papeteries

    À Malaucène, l’agglo maintient sa volonté d’exproprier les papeteries

    Depuis plus de deux ans et le rachat en coopérative des anciennes papeteries de Malaucène, le projet de reconversion va d’embûches en embûches. Pour rappel, ce site de 33 hectares est à l’abandon depuis 2009 et la fermeture des papeteries après cinq siècles d’activité. Après des projets contestés et avortés de villas de luxe, des citoyens réunis au sein de la Scic la Fabrique du Ventoux ont racheté le site. Avec la volonté d’y implanter de multiples activités (zone artisanale, tiers lieu, logements, salle de spectacles, gîtes, terrains sportifs).

    Sauf que sur la partie dite haute du site, à la sortie de Malaucène sur la route du Ventoux, la Cove (communauté d’agglomération Ventoux Comtat Venaissin) a un tout autre dessein : l’implantation d’une zone artisanale, ardemment défendue par le maire, Frédéric Tenon. Lors de la mandature précédente, l’agglo avait engagé à marche forcée son projet, lançant concertation publique et dépôt de dossier auprès de l’autorité environnementale. En juillet dernier, la préfecture avait même pris un arrêté pour autoriser l’accès au site aux « agents de la Cove ainsi qu’aux entreprises mandatées par ses soins pour réaliser des études ».

    La Cove augmente son offre d’achat

    Quelques mois plus tôt, François Paillusseau, président de la Fabrique du Ventoux, dénonçait « une logique d’affrontement ». Des procédures judiciaires ont été engagées contre un arrêté municipal interdisant l’accès total aux papeteries ou l’impossibilité de se raccorder à l’eau ou l’électricité. « Il y a un deux poids deux mesures car dans le même temps, une compétition de trial est autorisée par la préfecture ou, pas plus tard que ce lundi, des militaires se sont présentés sur le site pour s’entraîner assurant avoir eu l’autorisation de la mairie », s’exaspère Alexandrine Meynaud, membre du conseil coopératif de la Fabrique du Ventoux, chargée des relations extérieures. Fin avril, un nouvel arrêté préfectoral vient suspendre le fonds de dotation pour la reconversion des papeteries, pour absence « de comptes annuels et de rapports d’activité ». « C’est rien de dramatique, on a entre-temps fourni les documents », démine Alexandrine Meynaud alors que l’État a, en parallèle, accordé 860 000 euros de fonds pour la relance de friche industrielle.

    C’est dans ce contexte que lundi dernier, trois représentants de la Fabrique du Ventoux ont été reçus par Alain Constant, nouveau président (SE) de la Cove, en présence aussi du maire de Malaucène. « Cela faisait deux ans et demi qu’on demandait à être reçus », apprécie Alexandrine Meynaud. Le passé professionnel d’Alain Constant au sein des papeteries a sûrement compté. « J’y ai travaillé pendant 22 ans jusqu’à être responsable des services techniques, confirme-t-il. Mais les souvenirs et mon histoire personnelle, il faut savoir les mettre de côté et raisonner dans l’intérêt général. » Et dans l’esprit de celui qui est aussi maire de Bédoin, cela s’inscrit dans les pas du mandat précédent. « L’approche globale n’est pas la même mais le besoin concernant les artisans est partagé », campe Alain Constant.

    Sauf que les propriétaires militent pour implanter cette zone sur la partie basse. « Les coopérateurs ne sont pas battus pendant dix ans contre des villas de luxe dans le vallon du Groseau pour se retrouver avec une zone artisanale et l’agrandissement des hangars de 40%, martèle Alexandrine Meynaud. On se fonde sur notre victoire à la cour administrative d’appel qui dit que le vallon est un paysage remarquable dans lequel on ne peut rien construire. C’est notre cheval de bataille. On veut bien travailler avec la Cove sur un projet de reconversion du vallon du Groseau dans la mesure où on ne construit pas de nouvelles structures. »

    Lors de la réunion, une nouvelle proposition d’achat à l’amiable a été formulée à 310 000 euros contre 285 000 euros auparavant. « On va étudier l’offre mais on n’agit pas pour de la spéculation immobilière », prévient Alexandrine Meynaud. Mais la Cove reste bien décidée à avancer. « On est partis pour exproprier mais ce n’est pas parce que la procédure est engagée qu’un rapprochement est exclu, assure Alain Constant. On est à l’écoute pour améliorer notre projet qui est réaliste et financé, où la Cove restera propriétaire. » Le président reconnaît « l’ajout d’une construction à la marge, mais il n’y aura pas d’imperméabilisation supplémentaire ». Des géomètres doivent intervenir en juin pour du bornage, une enquête publique pourrait ensuite démarrer avant la fin de l’année.

  • Pas de fatalité aux sols contaminés

    Pas de fatalité aux sols contaminés

    Métal lourd naturellement présent dans les roches à l’origine de la formation des sols, le cadmium a proliféré à cause des activités agricoles intensives (les engrais en sont porteurs). Son taux est désormais anormalement haut dans l’organisme humain et son caractère cancérogène avéré.

    Ce constat très documenté dressé par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) doit être suivi de décisions collectives. Il est indispensable que les pouvoirs publics prennent à bras-le-corps cet enjeu de santé publique au risque d’une véritable catastrophe sanitaire. Or, depuis la publication de ce rapport implacable de l’Anses, les mesures annoncées sont minimales à l’instar du remboursement (60% par la Sécu, 40% par les complémentaires) des analyses pour mesurer le taux de cadmium et encore pas pour tous.

    S’attaquer au mal à la racine

    Il convient de s’attaquer au mal à la racine en musclant les réglementations. L’urgence est là : près de la moitié de la population générale adulte en France est concernée par un taux critique de cadmium dans l’organisme. Les mesures quand elles sont prises sont suivies de résultats. L’exemple de l’industrie est à ce titre très parlant : « Les émissions de cadmium par les sources industrielles ont fortement diminué en dix ans, de 48% dans l’air et de 69% dans l’eau, grâce au renforcement de la réglementation », souligne l’Anses dans son rapport. Des progrès également constatés dans la zone de Fos. Les normes et les réglementations protègent !

  • Action commune de la CGT pour pérenniser Kem One

    Action commune de la CGT pour pérenniser Kem One

    « Aujourd’hui est la première pierre à l’édifice de l’unité des travailleurs de Kem One », lance Yann Beauné, secrétaire général du syndicat CGT Kem One de Fos-sur-Mer, devant l’assistance massée à l’entrée de l’usine chlorochimique, jumelle de celle de Lavéra, également en grève. Cette unité des travailleurs se construit autour de la dénonciation « du véritable jeu financier », selon le syndicaliste, mené par le fonds d’investissement Apollo, son propriétaire. Mais aussi autour d’un appel « à l’état qui doit prendre ses responsabilités » au regard du « maillon stratégique de l’industrie française et européenne » que représente Kem One pour les organisations CGT et pour ses 1 300 salariés.

    Sur le site de Fos-sur-Mer, « 100% des effectifs à la fabrication sont en grève avec arrêt des installations », d’après Michaël De Dios, secrétaire général adjoint du syndicat CGT de l’usine. Il pointe une « valse de dirigeants et une désorganisation depuis 2021 et l’arrivée d’Apollo », tandis que « le projet Elyse patauge et nos conditions de travail se dégradent au fur et à mesure que l’endettement augmente ». « Si nous faisions ce que font Apollo et les fonds spéculatifs dans la vie de tous les jours, on finirait interdit bancaire, mais eux nous endettent jusqu’à la rupture », compare-t-il, en argument de l’appel à l’État.

    « Une guerre financière »

    « C’est une guerre financière », renchérit Yann Beauné, dans son discours devant l’usine de Fos. « D’un côté, certains fonds parient sur notre chute, donc plus Kem One va mal, plus ils gagnent de l’argent, et en face, d’autres fonds ont prêté de l’argent à l’entreprise », détaille le responsable. « Ce n’est pas pour la sauver, mais bien pour être remboursé avant tout le monde, même en cas de chute. Ces mêmes fonds préparent une restructuration financière qui pourrait leur permettre de prendre le contrôle de l’entreprise », analyse-t-il, rappelant que « quand Apollo a racheté Kem One, l’entreprise était saine et rentable ».

    Les revendications sont simples. Comme le liste Michaël de Dios : « Un apport rapide en cash par Apollo, l’effacement pure et simple de la dette qui étrangle notre entreprise, et la mise en place d’un industriel » à la tête de l’entreprise. « Nous voulons un vrai projet industriel d’avenir avec des investissements, une stratégie à long terme et des garanties pour l’emploi », abonde son camarade Yann Beauné.

    Les salariés de Kem One peuvent compter sur un large soutien. À Fos-sur-Mer, étaient présentes les Unions locales CGT de Port-Saint-Louis et de Fos-sur-Mer, l’Union départementale CGT, les Dockers, ainsi que le syndicat de Marcegaglia, qui a connu une période sous Apollo entre 2010 et 2014. Côté politique, la fédération PCF des Bouches-du-Rhône était représentée, tout comme le maire (PCF) de Port-de-Bouc, Laurent Belsola, ainsi que le sénateur (PCF) Jérémy Bacchi. Même mobilisation à Lavéra, avec le syndicat du complexe pétrochimique, l’Union locale CGT de Martigues et le maire (PCF) de Martigues, Gaby Charroux.

    Une mobilisation fraternelle au-delà de l’entreprise, remarquée et applaudie par les syndicalistes de Kem One, alors que le spectre d’un démembrement entre différents acteurs plane sur les esprits.

  • Arcelor va relancer le haut-fourneau n°1 en juin

    Arcelor va relancer le haut-fourneau n°1 en juin

    C’est une nouvelle que beaucoup attendaient. ArcelorMittal a annoncé vendredi par communiqué le redémarrage du haut-fourneau numéro 1 du site de Fos-sur-Mer, fixé pour juin 2026, après une série de travaux visant à « prolonger sa durée de vie », selon la direction du site. Une « bonne nouvelle » accueillie par le syndicat CGT de l’entreprise, employeur de 2 500 salariés organiques et missionne 1 200 travailleurs sous-traitants. Le deuxième, en production, poursuivra son fonctionnement.

    La décision de redémarrage de ce haut-fourneau endommagé par un incendie en octobre 2025 a été prise au regard d’une confiance retrouvée dans le marché de l’acier européen et en « considérant que les mesures de défense de l’Union européenne seront mises en œuvre rapidement », d’après la direction de l’usine.

    L’une de ces mesures est le Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF), règlement européen visant à soumettre les produits importés à un tarif équitable, au regard du carbone émis lors de la production de biens à fort impact carbone entrant en Europe. L’autre est l’ensemble des contingents tarifaires qui limitent l’import sans frais de douane et doublent ces frais lorsque les quotas francs sont dépassés.

    Des recrutements et 60 millions d’euros investis

    Ce plan de relance comprend un volet humain et financier. D’abord, l’entreprise va compléter ses équipes avec des recrutements d’opérateurs et de techniciens de maintenance tels que des électriciens, mécaniciens ou automaticiens. D’autre part, un budget d’investissement dédié est prévu par la direction, « portant ainsi l’enveloppe d’investissements du site de Fos-sur-Mer à 90 millions d’euros » pour l’année 2026 « afin d’accompagner cette montée en puissance du site ».

    ArcelorMittal précise que « dans le même temps, la démarche d’amélioration de la productivité et de la performance se poursuit afin de renforcer la compétitivité du site ». Les études pour la décarbonation ne sont pas remises en question : « Les études d’installation d’un four à arc électrique se poursuivent » conformément à la trajectoire initiée en 2024. Ces sujets ont été présentés au personnel en CSE « dans le cadre du dialogue social », conclut l’entreprise.

    Une avancée « satisfaisante » pour Stéphane Martins de Araujo, secrétaire du syndicat CGT du site de Fos-sur-Mer. Mais insuffisante : « il y a certes des investissements pour les hauts-fourneaux, mais à court terme, entre 3 et 5 ans », considère le syndicaliste. « Quand on veut faire marcher un four pendant 15 à 20 ans il faut entre 120 et 150 millions d’euros. Quid de l’avenir au-delà de 2030 ? De plus le projet de décarbonation n’englobe que 20% de notre capacité de production, ce n’est pas suffisant pour pérenniser notre activité », détaille le responsable.

    Sur le plan humain, « 80 des départements du site vont perdre du personnel par rapport à l’ancienne marche à deux fours », indique Stéphane Martins de Araujo, parlant de 210 emplois en moins. Un manque couplé, selon le syndicaliste, « au recours à l’intérim sur des postes clés avec des risques d’accident qui s’accroissent », considérant qu’« il faut entre 6 mois et un an pour former des agents autonomes, voire plusieurs années pour certains postes de maintenance les plus importants, alors que le redémarrage est prévu dans 3 mois », pointe-t-il. Dans ce contexte, Stéphane Martins de Araujo et la CGT « ne lâcheront pas » sur la nationalisation du groupe, à défaut « de vraies annonces à Fos et Dunkerque à hauteur des besoins d’acier de la France ».

  • L’agrandissement d’Airbus va transformer le territoire

    L’agrandissement d’Airbus va transformer le territoire

    Dans les immenses hangars de l’usine Airbus Helicopters, les tout derniers engins H160 sont sur leurs chaînes de fabrication. Dans deux à trois ans, il y en aura un tiers en plus.

    C’est en tout cas le défi que s’est lancé Airbus, démarrant par la construction d’une nouvelle usine sur le site de Marignane. Vendredi, les ministres du transport Philippe Tabarot (LR) et Sébastien Martin (LR) sont venus sur place pour inaugurer le chantier d’un futur bâtiment de 31 000m². À l’intérieur, NextGen factory, cœur « de fabrication des rotors et transmissions, des pièces critiques nécessitant une fiabilité parfaite », détaille Laurent Mazoué, responsable du projet. « Nous allons entièrement informatiser le système de production, avec des machines de dernière génération et une logistique automatique », développe-t-il. 600 millions d’euros sont mis sur la table par le constructeur à cet effet, dont 25 millions d’aides de l’État au titre de France 2030. La création de 1 700 nouveaux emplois est à la clé pour supporter un accroissement d’activité de près de 40% selon le constructeur.

    Faire face à la croissance

    La raison de cette montée en cadence est simple. « Le marché mondial est en croissance constante », explique Bruno Even, PDG d’Airbus Helicopters lors du temps officiel. L’entreprise est « numéro un mondial, en tête du marché militaire », selon le dirigeant, revendiquant « un carnet de commandes de 544 hélicos ». Mais « notre site est vieillissant saturé et enclavé », poursuit Bruno Even, et c’est pour cela qu’Airbus « déploie une stratégie d’envergure pour améliorer sa compétitivité » avec le pacte territorial « Sud avenir hélico » regroupant État, Région, Métropole et les Villes de Vitrolles et Marignane. « Un environnement stable est la seule condition pour rester ici et être plus performant. Si on ne réussit pas la croissance sera captée par les concurrents », conclut-il.

    L’enjeu de ce pacte est de créer les conditions d’accueil nécessaires à la vie et surtout au transport des salariés, actuels comme nouveaux. « Il ne peut pas y avoir de développement industriel sans infrastructures de transport » relève à ce titre le ministre de l’Industrie Sébastien Martin. Le ministre des Transports Philippe Tabarot appuie : « Le pacte va au-delà de l’outil de production, il s’inscrit dans un projet de transformation territoriale. » « Une usine est performante quand les salariés peuvent s’y rendre facilement, dans des conditions acceptables. L’amélioration de la desserte des transports en commun, l’optimisation des liaisons intermodales et le développement du covoiturage doivent répondre aux besoins » des 12 500 salariés du site selon le ministre. « Quelle frustration quand 1 emploi sur 3 est refusé pour des questions de mobilité », conclut-il.

    En marge de la signature du pacte, Philippe Tabarot affirme que l’État va « accélérer la logistique d’infrastructures » de transport de passagers et de fret, ferroviaire comme routier, prenant l’exemple des contournements de Martigues – Port-de-Bouc et Fos-Salon.

    Académie de l’hélicoptère

    En parallèle du volet industriel et mobilité, un nouveau centre de formation baptisé « académie de l’hélicoptère » a été annoncé pour 2030 sur le site Cap Horizon, à Vitrolles. L’ambition est de former d’ici 5 700 travailleurs dans la filière d’ici 2032, « un signal fort adressé à la jeunesse » selon Philippe Tabarot. 9,5 millions d’euros y ont été consacrés avec le programme France 2030.

    « Les transports doivent répondre aux besoins »