C’est un nom connu du secteur et de l’histoire aéronautique qui s’associe à Hynaero pour son projet de bombardier d’eau amphibie nouvelle génération. L’entreprise Latécoère, équipementier et sous-traitant notable d’Airbus et Boeing, fabricant des portes de l’Airbus A380, a signé un partenariat avec Hynaero pour le développement de son projet Frégate F-100, destiné à surpasser les Canadair actuellement en service. En plein développement sur le pôle aéronautique Jean-Sarail d’Istres, Hynaero prévoit la construction des prototypes en 2029 et la mise en service de l’appareil pour 2032.
Dans le cadre de ce partenariat, « Latécoère apportera son expertise à travers des échanges techniques et des prestations de conseil afin de soutenir la conception de l’appareil, sa certification, sa maintenabilité ainsi que sa promotion auprès de clients potentiels à travers le monde », font savoir les désormais partenaires dans leur communiqué de jeudi.
Le rôle de Latécoère est plus précisément de participer à l’étude du système d’interconnexion de câblage électrique de l’avion, ou harnais électrique. « Il s’agit de l’ensemble des câbles, fils, connecteurs, et dispositifs de protection installés dans un aéronef pour transmettre l’énergie, les données et les signaux », précise Latécoère à La Marseillaise. L’architecture de cet équipement critique est conçue sur le principe de la redondance : en cas de panne ou d’une section accidentelle du câblage électrique, d’autres parties doivent pouvoir prendre le relais pour que l’avion conserve toutes ses capacités. Il y a différents niveaux de criticité en fonction des équipements, comme le précise Latécoère : « Si le système audiovisuel installé dans les fauteuils est coupé, ce n’est pas grave, au contraire des commandes de vol. Certaines parties du harnais bénéficient d’une triple redondance. » Les associés parlent d’une « opportunité majeure pour l’industrie aéronautique européenne et les pays partenaires, avec la création de plus de 2 500 emplois répartis entre le site d’assemblage final et l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement », du Frégate.
Le projet, lauréat de France 2030 et bénéficiaire de 7 millions d’euros cofinancés par l’État, Bpifrance et la Région Sud, nécessite selon le fondateur et président David Pincet, au total, de plus d’un milliard d’euros d’investissements, dont plus de 10% ont déjà été levés en mars dernier. Le PCF et son sénateur Jérémy Bacchi ont récemment appelé à augmenter les investissements de l’État face à l’urgence climatique.









