Tag: acteur

  • Une projection pour éclairer la minute de silence pour Samuel Paty

    Une projection pour éclairer la minute de silence pour Samuel Paty

    Le 16 octobre 2020, le professeur d’histoire géographie Samuel Paty était assassiné par un terroriste islamiste, non loin de son établissement à Conflans-Sainte-Honorine. Le Département des Bouches-du-Rhône a organisé ce lundi une projection de L’abandon, fiction documentée qui retrace les derniers jours de l’enseignant, signée Vincent Garenq, présentée hors compétition lors du Festival de Cannes 2026. « C’est important d’avoir des professeurs qui s’engagent pour le respect de la liberté » a souligné la présidente (DVD) du Département, Martine Vassal, en ouverture de la séance. « Cette semaine est un temps d’hommage aux deux grands serviteurs de la République Samuel Paty et Dominique Bernard » a appuyé Bruno Martin, secrétaire général de l’académie.

    300 élèves de 3e venus d’établissements divers, ainsi que leurs professeurs, se sont rassemblés au cinéma de la Joliette à Marseille, pour une séance autour de la laïcité et de la liberté d’expression.

    Rétablir les faits et tirer des enseignements

    « Peu d’élèves connaissaient réellement l’histoire de Samuel Paty », a observé Marion de Blaÿ, productrice du film L’abandon. Ce constat a d’abord motivé la création du film, puis sa diffusion auprès des publics scolaires. Un travail a été engagé avec des professeurs pour construire un dossier pédagogique visant à faciliter le travail avec les collégiens en amont. Après la projection, les collégiens ont questionné l’acteur principal du film, Antoine Reinartz, et sa productrice, Marion de Blaÿ. Une partie des interrogations ont porté sur la façon dont l’acteur s’est emparé du rôle : « Quel était votre ressenti en jouant Samuel Paty ? », « Comment avez-vous travaillé le rôle ? » « Avez-vous rencontré les élèves de monsieur Paty ? » D’autres élèves ont questionné l’équipe sur la réalisation du film : « Est-ce que vous avez présenté les faits réels ? », « Comment avez-vous trouvé toutes vos informations ? » « Vous avez fait vous-même votre enquête ? »

    Marie Delouze, déléguée académique à l’éducation artistique et à l’action culturelle du rectorat de l’académie d’Aix-Marseille, a tiré un bilan très positif de cette médiation. « C’est un travail très utile, on a beaucoup de témoignages d’élèves qui ne savaient pas exactement ce qu’il y avait derrière la minute de silence annuelle en hommage au professeur », a-t-elle ajouté, estimant que le film « incarne cette minute de silence ». « C’est une œuvre d’utilité publique », a-t-elle conclu.

  • La Provence à l’heure du Sommet Lumière

    La Provence à l’heure du Sommet Lumière

    Le cinéma mondial a rendez-vous dans le sud de la France. Ce lundi, Saint-Paul-de-Vence (Alpes-Maritimes) accueille le Sommet Lumière, une rencontre internationale consacrée à l’avenir du cinéma, de l’audiovisuel, de l’animation et du jeu vidéo. Initié par le Centre national du cinéma et de l’image animée, coprésidé par Emmanuel Macron et le président sud-coréen Lee Jae-myung, ce « Davos du cinéma » réunit près de 150 personnes. Patrons des grands studios et plateformes (Disney, Netflix, Sony, Universal), producteurs (CJ Group), cinéastes, acteurs, grands groupes de l’audiovisuel français et responsables publics y sont attendus.

    Si le choix de Saint-Paul-de-Vence peut surprendre, il s’inscrit dans une logique territoriale forte. Héritière de l’aventure des frères Lumière, terre d’accueil du Festival de Cannes, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur est aujourd’hui la deuxième région de cinéma en France, après l’Île-de-France. Plus de 9 000 professionnels y travaillent et le territoire accueille, chaque année, entre 5 000 et 6 000 jours de tournage.

    Terre du Septième art

    Des historiques Studios de la Victorine à Nice aux dynamiques Provence Studios de Martigues, en passant par le Pôle Média de la Belle de Mai à Marseille, la région dispose d’infrastructures capables d’attirer aussi bien des productions françaises que les géants internationaux du secteur. « Aujourd’hui, tout le monde pense qu’on a une main-d’œuvre plus chère, mais quand on regarde la productivité de nos équipes et de nos outils, les restitutions faites par l’état et les aides des collectivités, on est très compétitif », martèle Olivier Marchetti, président de Provence Studios. « C’est ce qu’il faut démontrer : la France est une vraie terre de tournage. Le cinéma a été inventé ici, il doit y rester. »

    Réunissant la plupart des décideurs contrôlant la majeure partie du marché mondial, le Sommet Lumière revêt une dimension stratégique. À l’heure où les États rivalisent pour attirer tournages, studios, talents et investissements, les industries de l’image sont un enjeu économique majeur. Derrière les caméras pointent des questions d’emplois, d’innovation technologique, d’influence et de souveraineté culturelle. Le marasme américain en est une illustration. Le volume des tournages à Hollywood a reculé de 40% en dix ans. Si bien que Donald Trump a demandé au Congrès de renforcer les incitations fiscales pour favoriser le retour des productions et soutenir l’emploi. À travers cette initiative, la France entend défendre son modèle de soutien à la création tout en renforçant l’attractivité de son industrie audiovisuelle. L’Élysée voit ce rendez-vous comme une vitrine du savoir-faire français.

    Autre objectif : peser dans les discussions qui définiront demain les règles mondiales des industries culturelles confrontées aux défis technologiques du XXIe siècle. Selon eux, le secteur traverse une révolution comparable aux grandes mutations qui ont jalonné l’histoire du cinéma. Car l’intelligence artificielle, la montée en puissance des plateformes de streaming, l’évolution des usages, les difficultés rencontrées par les salles obscures et l’apparition de nouveaux modèles de financement bouleversent l’ensemble de la filière. Derrière les débats sur la création et l’innovation se joue donc une bataille beaucoup plus large.

    Trois questions majeures structureront les échanges : comment préserver la diversité culturelle face à des marchés toujours plus concentrés ? Comment encadrer l’utilisation de l’intelligence artificielle dans la création ? Et, surtout, comment financer les œuvres de demain dans un environnement dominé par une concurrence internationale de plus en plus intense ?

    En toile de fond à ces débats, la Provence, dont le nom résonne avec l’histoire. C’est ici, à La Ciotat, que les frères Lumière réalisèrent plusieurs de leurs premiers films et qu’Antoine Lumière organisa en 1895, à l’Eden Théâtre, l’une des premières projections. Cent trente ans plus tard, la région qui a vu naître le cinéma peut voir s’y écrire un nouveau scénario.

    CHIFFRES

    9 000

    La filière cinéma en région Provence-Alpes Côte d’Azurrassemble plus de 9 000 professionnels, dont 4 000 techniciens, 2 000 comédiens, 800 auteurs et réalisateurs, ainsi qu’une cinquantaine de sociétés de production.

    6 000

    Avec près de 6 000 jours de tournage en moyenne chaque année, la région s’impose comme l’un des principaux territoires de production audiovisuelle en France. Un dynamisme porté par la diversité des décors, des infrastructures et des savoir-faire locaux.

    135 millions

    En 2024, les tournages ont généré plus de 81 millions d’euros de retombées économiques à Marseille, contre 61,3 millions en 2023.À l’échelle régionale, la filière avait produit 135,1 millions de retombées en 2022.

  • [C’est l’été] Un livre pour tous les comédiens

    [C’est l’été] Un livre pour tous les comédiens

    L’Acteur face à son jeu est un condensé de méthodes diverses pour travailler intelligemment son « métier » d’acteur. Le propos est clair, judicieusement agencé. Chacun peut y puiser ce qui lui manque, ce qu’il recherche sans le savoir. Brigitte Fossey, Isabelle Adjani le cautionnent. Un ouvrage qui devrait figurer dans toute bibliothèque de « théâtreux ».

    L’acteur face à son jeu, 220 pages, Éditions Glyphe – 26€

    En vente à la Librairie du Spectacle, 82 rue Bonetterie à Avignon

  • À Toulon, le monde de la culture fait barrage au RN et soutient Josée Massi

    À Toulon, le monde de la culture fait barrage au RN et soutient Josée Massi

    Alors le 23 mars au matin, nous, Toulonnais et Toulonnaises, amoureux de notre ville, serons fiers de dire tous ensemble : Toulon a tenu ». C’est dans cet objectif, que plus de 230 professionnels de la culture ont publié une tribune pour inciter les Toulonnais à faire barrage à l’extrême droite.

    Le texte revient sur les multiples raisons qui poussent le monde de la culture à faire barrage à la marée brune incarnée par Laure Lavalette : « Parce que bâtir dans la joie ce futur désirable et tisser des liens entre les cultures et les générations sont définitivement incompatibles avec la vision étriquée et réactionnaire de l’extrême droite ».

    Pour rappel, à Toulon Laure Lavalette (RN) est arrivée en tête avec 42,05% des suffrages exprimés. Son opposante Josée Massi (DVD) est arrivée deuxième avec 29,54% des voix. Michel Bonnus (LR), arrivé troisième avec 15,71% s’est retiré du second tour. Une situation qui devrait profiter à Josée Massi dans une dynamique de barrage contre l’extrême droite, portée aussi par la gauche et le monde de la culture. Dans ce cadre un appel au rassemblement contre l’extrême droite, samedi 21 mars à 14h, place de la Liberté a été diffusé.

    Parmi les signataires de la tribune, des figures de la culture comme Charles Berling, acteur, réalisateur et directeur du théâtre Liberté à Toulon. L’artiste avait déjà appelé au barrage contre l’extrême droite durant les législatives en juillet 2024. La Tribune est également signée par de jeunes artistes comme Killian Chapput, le comédien qui joue le personnage principal de la pièce « La Métamorphose » (inspirée du récit de Kafka) au théâtre Liberté, le peintre Benoit Olive ou encore la chanteuse Elodie Frégé.

    La culture, levier du vivre ensemble

    La tribune rappelle que « la culture est un levier de transformation urbaine et du vivre ensemble » et que « Josée Massi a su offrir aux artistes des espaces de travail et un maintien des subventions, aux quartiers des ateliers et des spectacles pour toutes et tous. ».

    « Le repli sur soi et le rejet de l’autre ne doivent pas diriger à nouveau la ville que nous avons vu grandir après avoir été si meurtrie » affirment les professionnels. Les plus de 230 signataires refusent « que l’extrême droite dicte ce que nous pouvons ou devons créer ou programmer. » Ils concluent : « nous lançons un appel à tous les citoyens et citoyennes, aux personnes ayant voté ou s’étant abstenues pour un sursaut démocratique. »

  • Narcotrafic : Erilia veut expulser « pour l’exemple » à Marseille

    Narcotrafic : Erilia veut expulser « pour l’exemple » à Marseille

    Sur injonction du préfet, le bailleur social Erilia a plaidé, vendredi, devant le tribunal de proximité de Marseille, pour la résiliation du bail de deux familles de la cité de la Castellane (16e) en invoquant la condamnation d’un des enfants pour trafic de stupéfiants. Erilia est le premier bailleur social, à Marseille, à activer ce nouveau modèle d’expulsion, instauré par la loi contre le narcotrafic du 13 juin 2025 et laissé à la discrétion des préfets.

    Plusieurs conditions doivent être réunies : des « agissements » en lien avec le trafic de stupéfiants qui troublent l’ordre public de « manière grave ou répétée » et perturbent la jouissance paisible « aux abords du logement ou dans le même ensemble immobilier », ou des « comportements » qui portent « atteinte aux équipements collectifs utilisés par les résidents, à la sécurité des personnes ou à leur liberté d’aller et venir ».

    Partenaires d’expulsions en « circuit court »

    En dialogue avec la préfète de police déléguée, le tribunal judiciaire de Marseille a instauré un « circuit court » pour prioriser et accélérer ces expulsions déjà dérogatoires au droit commun. Erilia demande ainsi l’expulsion d’une mère et de ses enfants de 17 ans, 23 ans et 25 ans pour les agissements de Chamsedine, 21 ans. Le bailleur invoque une décision qu’il ne produit pas, selon laquelle il a été condamné, il y a six mois, à 18 mois de prison dont 9 avec sursis pour trafic de stupéfiants.

    Présent à l’audience, le bailleur social est au garde-à-vous. « Erilia a répondu positivement au préfet car elle est soucieuse de participer activement à la politique publique de la lutte contre les trafics. Cette loi a un côté moralisateur, c’est vrai, mais le législateur l’a voulu ainsi », plaide son avocat, Me Janis Leclanche. Elle rappelle « la violence extrême du narcotrafic avec 85 morts en 2023 dont 49 à Marseille », « le climat insoutenable qu’il fait peser sur les habitants ». Erilia affirme sur la foi d’un compte rendu d’enquête que le jeune a été arrêté avec deux individus déjà condamnés dans un véhicule quittant la cité avec 1,2 kg de résine de cannabis et 630 gr de cocaïne à bord. Que Chamsedine s’était proposé d’aller « travailler en bas » comme « ravitailleur » du réseau pour « rembourser une dette ». Pour Erilia, « le titulaire du bail est responsable des troubles des occupants habituels de son logement ». « Peut-être est-ce sévère, mais il faut des exemples. Peut-être s’agit-il d’une petite main, mais s’il n’y avait pas de petites mains, il n’y aurait plus de trafic. »

    « Vous, magistrats, gardez votre pouvoir d’appréciation ! » insiste Me Marilou Poisot pour la famille menacée qui n’a tiré aucun profit du trafic. Leur logement n’est pas en cause. Ce n’est pas un appartement nourrice. Le fils majeur vit désormais chez un oncle. Il serait disproportionné d’expulser une mère et ses trois enfants scolarisés, dont une mineure, et qui a toujours payé ses loyers. « Cette loi a un caractère moralisateur qui revient à dire qu’elle a mal éduqué son enfant. Cela heurte les principes du droit au logement, du droit au respect de la vie privée, de l’intérêt supérieur des enfants. C’est la porte ouverte à l’expulsion de familles entières. » Assise dans la salle, la maman pleure. Sa santé s’est dégradée. Toute la famille vit dans le stress de se retrouver sans toit.

    Le second dossier, toujours de la cité de la Castellane, vise un couple avec quatre enfants, dont deux mineurs. Erilia invoque, sans en rapporter la preuve, l’existence de trois
    condamnations en 2025 pour trafic de stupéfiants de Mouhamadi, le fils de 22 ans, à une peine de travail d’intérêt général, et pour sa dernière en septembre à deux ans de prison, dont un avec sursis et à l’interdiction de paraître à la Castellane. « Il y a de grandes chances qu’il récidive s’il reste chez ses parents et il semble bien être un acteur à part entière de ce trafic », suppute le bailleur.

    « Erilia est sous la coupe d’un préfet sous pression, dénonce Me Sofien Dridi. Leur fils ne vit plus chez eux depuis octobre 2024 et on vous demande avec une célérité exceptionnelle l’expulsion de gens qui n’ont rien commis, aucun trouble de voisinage, qui ont toujours payé leur loyer. C’est mettre à la rue une famille qui ne vit qu’avec les 1 600 euros du travail du père. » Dénonçant une procédure abusive, il réclame d’Erilia 1 000 euros pour chacun des membres de la famille et autant en préjudice moral.

    Délibéré le 19 mai.

  • [En immersion avec les jeunes de la Martine 1/4] Un rallye citoyen qui fait étape à la mairie

    [En immersion avec les jeunes de la Martine 1/4] Un rallye citoyen qui fait étape à la mairie

    Ils sont très exactement 18, âgés de 12 à 17 ans, venus du centre social la Martine, à Marseille (15e) à débouler ce matin-là à la mairie des 15e et 16e arrondissements, rue de Lyon. Sous la houlette de Kader Allem, coordinateur jeunesse, Jhani, Yacine, Kalil, Léo, Élise ou Sami sont venus en savoir plus sur l’institution dans le cadre d’un « rallye citoyen », démarré en mars dernier. Le but : les rendre véritablement acteurs de leur cité.

    « On est toujours en train de leur dire qu’il faut être citoyen mais la citoyenneté ne se décrète pas, elle se vit », explique Kader. Un travail de longue haleine dans des quartiers où être jeune relève parfois de la gageure.

    Franche et directe, madame la maire, Nadia Boulainseur (DVG), joue volontiers le jeu, bombardée de questions. « Comment vous gérez les quartiers ? », « Comment vous comptez améliorer notre cadre de vie ? » « C’est vous qui entretenez les city stades ? » « C’est quoi votre quotidien ? » Patiemment, l’élue rappelle les compétences d’une mairie de secteur : état civil, animations des centres aérés, « entretien des équipements transférés »… Mais au-delà, il y a aussi « la bonne volonté de l’équipe en place » pour agir détaille Nadia Boulainseur. Et de défendre ses choix, comme celui d’une politique culturelle « ambitieuse ».

    Pas de diplôme de maire

    Elle donne l’exemple de la maison de musique, ouverte à Saint-Henri (16e). « Avec des cours de piano, de violon. On m’a dit que cela ne fonctionnerait pas », se souvient l’élue. « Mais moi j’ai habité à la Granière, au K62, je sais ce que les habitants de ces quartiers veulent et surtout ne veulent pas », poursuit-elle. L’équipe municipale a détecté le frein, « il était financier » témoigne Nadia Boulainseur. « Alors on a fait un tarif symbolique à 5 euros et dégressif dans les fratries. Et aujourd’hui, on travaille à tripler les cours », développe-t-elle fièrement.

    Au fur et à mesure des échanges, elle revient sur la nécessité de faire avancer la question du logement, des transports… « C’est pas normal que les jeunes disent quand ils vont dans le centre-ville, qu’ils descendent à Marseille, qu’ils ne se sentent pas Marseillais », s’indigne-t-elle devant une assistance qui approuve.

    « Et le maire de Marseille, il vous gère à vous aussi ? À quoi il sert finalement ? », balance sans ambages Chemsy. « À valider les permis de construire, assurer l’entretien des parcs quand ils font plus d’un hectare, à gérer la police municipale même si les maires sont aussi OPJ, officier de police judiciaire », répond la maire qui se marre.

    Puis, stupeur quand la troupe apprend qu’il suffit d’avoir 18 ans et de se présenter pour être maire. Tout le monde étant persuadé qu’il faut un diplôme. « Mais alors moi si je veux, je peux me présenter ? Et être élu ? » insiste un ado. Nadia Boulainseur s’embarque alors dans une explication simplifiée de la loi PLM, pour aborder la question de la majorité et on devine qu’une partie de l’assistance décroche un peu… Elle tient à faire passer le message : « Cette mairie est la vôtre, moi je ne fais que passer… »

    Être acteur de sa vie

    Mais vient le fond de toute l’affaire : « Pourquoi c’est important d’être citoyen ? », lâche timidement Yasmine. « Parce qu’il ne faut pas laisser les autres choisir pour toi ! Et puis après quand on ne s’intéresse pas, il ne faut pas se plaindre même si je comprends qu’on puisse être dégoûté par la politique. Mais il faut être acteur de sa vie », estime l’élue revenant sur son propre parcours. « À l’époque j’habitais la Granière et le bailleur a fait faillite, il a vendu les logements. Mes parents n’avaient pas les moyens d’acheter, on a dû partir dans le 11e. Je me suis retrouvée dans un bidonville avec 15 familles d’Arabes, 15 familles de gitans, l’idée étant de nous laisser loin de tout », raconte-t-elle. Elle martèle : « Si j’avais dû me dire c’est mort, je ne serais pas en face de vous aujourd’hui. Il ne faut jamais baisser les bras. Même si c’est plus difficile pour vous, on ne va pas se mentir, et aussi pour les filles en particulier. » Mais elle en est persuadée : « Vous pouvez déjouer tous les plans. » Après plus d’une heure de questions-réponses, les ados repartiront ravis. Prochaine étape, un voyage à Paris à l’Assemblée nationale en décembre prochain. Une visite « trop stylée » imaginent-ils déjà.

  • « La stupéfaction » au Théâtre Joliette

    « La stupéfaction » au Théâtre Joliette

    Trois humains tentant d’aller au-delà de leurs traumatismes respectifs : Peter, rescapé d’un AVC en convalescence, Fred, qui fait tout pour surmonter un burn-out, ainsi que celle de Mathilde qui « tente de comprendre une relation » toxique qui a fini par la « briser ». Pour autant, La stupéfaction, fable écrite et mise en scène par Marie Provence, « n’est pas un manuel de reconstruction, ni une ode à la résilience », indique le Théâtre Joliette. Mais plutôt la trajectoire et les blessures d’(anti)héros qui, « malgré leurs maladresses, veillent les uns sur les autres ». Avec « la nature, la musique, la poésie, comme autant de refuges ». Trois individus sur le fil du rasoir, mais surtout, une célébration de « la capacité de chacun à renaître ».

    Places encore disponibles jeudi 6  et samedi 8 novembre à 19h. www.theatrejoliette.fr

  • Le Toulonnais Raimu repose chez lui au cimetière central

    Le Toulonnais Raimu repose chez lui au cimetière central

    Commune où il a vu le jour le 18 décembre 1883 et à laquelle il est toujours resté fidèle, jusqu’à sa mort en 1946. Le « Monstre sacré » du cinéma français des années 1930 et de la première moitié des années 1940, précisait à qui lui en faisait la remarque que son accent était toulonnais, et non pas marseillais. Nuance ! L’interprète fétiche de Pagnol repose à présent dans un silence de pierre, au début de la première allée qui porte son nom, juste à droite après la porte principale. Un sacré pétrin dans lequel on finira tous. À vous fendre le cœur.

  • Le Secours populaire expose 80 ans d’actions

    Le Secours populaire expose 80 ans d’actions

    Dans l’une des deux salles consacrées à l’exposition des 80 ans du Secours populaire français (SPF), Olivier Masini, membre de la direction de la fédération varoise et bénévole depuis plus de 20 ans, rappelle avec passion le parcours de cette association nationale d’utilité publique.

    Il rappelle sa création officielle le 15 novembre 1945, mais aussi les événements qui ont précédé cette date : « Il faut revenir à 1936, l’année du Front populaire et des congés payés. L’ancêtre du SPF s’appelait alors le Secours populaire de France et des colonies. » Et de préciser : « Il œuvrait déjà pour la solidarité, notamment en 1937 à la frontière espagnole, pour venir en aide aux Républicains fuyant le régime fasciste de Franco. » Dissoute en 1939, l’organisation voit ses responsables entrer en résistance. « Ça a été aussi le cas de notre président du secours populaire, Julien Loprêtre, qui s’était retrouvé – et il ne le savait pas au départ car il ne connaissait pas cette personne-là – dans la même cellule que Missak Manoukian, qui a été panthéonisé l’année dernière. »

    Une riche histoire sur laquelle le SPF continue de s’appuyer « pour faire tomber les barrières de l’enfermement social, de l’indifférence aussi, et lutter contre le rejet de l’autre ». « Avec les actes de racisme et de xénophobie auxquels on assiste aujourd’hui, il est important pour nous de rappeler les valeurs que nous véhiculons », tient à réaffirmer Olivier Masini.

    Parmi les dates importantes mises en avant dans cette exposition, parce qu’elle est fédératrice pour le Secours populaire, 1959 avec la rupture dramatique du barrage de Malpasset, à Fréjus. C’est en effet la première action du Secours populaire français sur le terrain pour porter assistance à des victimes d’une catastrophe naturelle, alors même que la fédération varoise n’était pas encore constituée. Elle le sera en 1968.

    Aujourd’hui, l’association continue de se battre sur tous les fronts et à faire face à l’urgence sociale. Le nombre de personnes accueillies dans ses permanences a presque doublé en quinze ans.

    Une structure engagée sur tous les fronts

    Présent à ce vernissage, l’adjoint à la culture, Yann Tanguy, a évoqué « un acteur incontournable de toute l’aide apportée aux gens qui sont dans le besoin, quelles que soient leurs difficultés. Ça fait partie de l’histoire française et de l’histoire du Var ! ».

    Et de poursuivre : « Par ces temps où les associations sont parfois un peu menacées par les problèmes budgétaires globaux, il est important de les soutenir. Et puis 80 ans, c’est un bel anniversaire ! »

    Plus loin, Magali Brunel, conseillère municipale et tête de liste pour 2026 de Toulon en Commun, souligne l’importance de ce moment de reconnaissance des problématiques sociales qui, loin de se résoudre, s’aggravent. « Nous avons de plus en plus besoin d’avoir des associations comme ça, engagées au service des plus fragiles et impliquées sur des problématiques qui nous touchent aussi territorialement : logement, alimentation et droit de vivre dignement. » Elle déplore toutefois leur mise en péril croissante, liée au désengagement de l’État.

    En somme, une exposition qui revisite dans le temps et dans l’espace les 80 ans mouvementés d’une solidarité plus que jamais essentielle et inspirante.

  • Quand les peuples refusent la guerre à travers l’histoire

    Quand les peuples refusent la guerre à travers l’histoire

    Comment s’est-on opposé aux conflits dans le monde depuis la Première Guerre mondiale ? C’est la question que vont se poser historiens, déserteurs et objecteurs de conscience les 4 et 5 octobre à Vitry-sur-Seine. Organisé par l’association La Courtine 1917 en partenariat avec La Marseillaise, ce colloque veut mettre en avant ces femmes et ces hommes qui ont refusé d’aller ou de continuer le combat.

    C’est un parcours chronologique que propose de suivre les organisateurs de cet événement. Le point de départ sera la mutinerie des 10 000 soldats russes en 1917, dont l’association qui organise l’événement est le porteur de mémoire. C’est donc l’historien Rémi Adam, spécialiste de l’événement qui ouvrira le colloque le samedi. Une première journée consacrée aux oppositions pendant la première guerre mondiale. Il y aura notamment « le maire de Gentioux où se trouve un monument aux morts célèbre où un enfant lève le poing face à une inscription “Maudite soit la guerre” », déroule Jean-Paul Gady, membre du conseil d’administration de l’association La Courtine 1917 et organisateur de l’événement.

    Refuser les guerres coloniales

    Le dimanche sera plutôt l’occasion d’évoquer le refus de certains de prendre part aux guerres coloniales. L’historien Victor Pereira évoquera le cas des Portugais. « Ce sont des travailleurs et jeunes Portugais qui ont refusé de partir dans l’armée coloniale dans les années 1965 jusqu’à la révolution portugaise des années 1974. Ils étaient 250 000 à avoir donc fui leur pays pour ne pas être enrôlés », précise l’organisateur de l’événement.

    Les opposants à la guerre d’Algérie seront également mis en avant. à travers le témoignage de Thomas Liechti, petit-fils du premier soldat qui refusa la guerre d’Algérie. Il évoquera la vie de son grand-père. Enfin la chercheuse et historienne Armelle Mabon évoquera le massacre par l’armée française de tirailleurs sénégalais. « Ce sont des interventions prévues extrêmement variées, insiste l’organisateur. Mais en même temps, tout ramène à une chose : comment la réaction individuelle et collective peut se faire quand on refuse la guerre. »

    Cet ensemble de conférences sera accompagné de ventes de livres et de dédicaces de tous les historiens présents. L’association La Courtine 1917 tiendra également un stand pour vendre leurs différentes revues et livres. Une soirée est également prévue le samedi soir de 20h à 23h aux 3 cinés Robespierre, à Vitry-sur-Seine.

    Echos à l’actualité

    Elle débutera avec une pièce de théâtre intitulée Vincent Moulia, évadé pour survivre. Dans un seul en scène, un acteur retracera la fuite de cet homme accusé de mutinerie. Cela sera suivi à 21h30 par la projection d’un film documentaire qui évoque la mutinerie de La Courtine.

    Un cycle de conférences qui sera ponctué de témoignages de déserteurs ukrainiens, russes ou israéliens qui refusent de participer aux guerres actuelles. « Ce colloque a un écho avec l’actualité mortifère, insiste le membre du conseil d’administration. Notamment en France où des centaines de milliards d’euros sont programmés pour la dépense militaire. Face à cette situation de tension et de guerres qui ne manquera pas d’arriver en Europe, nous souhaitons faire de l’éducation populaire pour montrer que ces déserteurs, souvent minoritaires avaient raison. Il ne sert à rien d’abonder dans une logique capitaliste. »

    Inscription nécessaire par mail : lacourtine1917@gmail.com