Tag: Accident

  • Tragédie ferroviaire : l’Espagne en état de choc et des questions

    Tragédie ferroviaire : l’Espagne en état de choc et des questions

    La tragédie ferroviaire de mercredi qui s’est produite à Urda, dans la province de Tolède a provoqué en Espagne une énorme émotion et suscite d’importantes interrogations. Un deuil national de trois jours a été décrété et dès mercredi à 20h, des rassemblements ont eu lieu sur toutes les places et devant toutes les mairies d’Espagne pour observer une minute de silence en mémoire aux 68 personnes décédées, et en soutien à leurs familles, lors de ce terrible accident. Rappelons les faits. Ce mercredi à 8h53, deux trains grande vitesse se sont percutés au niveau de Urda dans la province de Tolède. Le 18 janvier c’est sur la même ligne qu’une collision entre deux trains causait la mort de 46 personnes à Adamuz en Andalousie. Ce sont au total 114 voyageurs décédés en à peine dix mois dans deux accidents de trains.

    Mercredi, pour une raison inexpliquée, comme l’a indiqué le ministre des Transports, Oscar Puente, lors d’un point presse, l’ordre de reprendre la circulation à marche normale a été donné à 8h36 par un opérateur du centre de contrôle d’Atocha. L’AVE qui avait déjà parcouru 25 kilomètres depuis Madrid a donc repris sa marche à pleine vitesse pour atteindre environ les 200 km/h. L’enquête devra dire pourquoi l’Iryo n’a pas redémarré suffisamment tôt, et n’a pu éviter la collision par l’arrière de l’AVE lancé à grande vitesse.

    Le ministre a indiqué également qu’il est « inexplicable que l’ordre ait été donné aux trains de redémarrer en marche normale alors que la signalisation à l’entrée de la gare de Urda était au rouge et qu’il aurait fallu ordonner le redémarrage en marche à vue c’est-à-dire à 40 km/h. L’enquête devra éclaircir les circonstances de cet accident ». De plus, la conductrice de l’Iryo avait fait savoir par radio au centre de contrôle qu’elle ne pouvait pas redémarrer immédiatement. Il y avait encore le temps de prévenir le conducteur de l’AVE pour qu’il réduise sa vitesse ou qu’il s’arrête… entre la remise en marche de l’AVE et le choc avec l’Iryo il s’est passé 17 minutes.

    L’extrême droite tente

    de récupérer le drame

    En plus des questions qui se posent quant à l’état du réseau et des systèmes informatiques s’ajoute l’incompréhensible réaction de l’opérateur, qui a ordonné le redémarrage en marche normale. Selon le journal en ligne Eldiario.es qui a pu avoir accès aux audios entre les conducteurs et le centre de contrôle, le problème a commencé avec une panne d’ordre technique, puis ont suivi au moins trois erreurs de l’opérateur, notamment en donnant l’ordre de redémarrage à l’AVE à grande vitesse, ce qui contrevient aux protocoles ferroviaires. Compte tenu des circonstances la marche à vue aurait dû être préconisée.

    Malgré le deuil national, respecté par presque tous les partis politiques qui ont suspendu leur agenda de pré-campagne électorale, plusieurs centaines de personnes ont manifesté mercredi soir devant le siège du ministère des transports à l’appel de « la phalange » parti néo franquiste aux cris de « criminels ! à bas le régime de 78 » autrement dit la transition démocratique. Vox, le parti d’extrême droite a pour sa part refusé d’interrompre sa campagne qu’il relance de plus belle et de façon indigne en utilisant cette tragédie à des fins politiques.

  • Crash aérien de Barcelonnette : le pilote condamné à de la prison

    Crash aérien de Barcelonnette : le pilote condamné à de la prison

    Les réquisitions du procureur ont été suivies : le pilote de l’avion qui s’était écrasé et embrasé à son atterrissage à Barcelonnette en décembre 2022 a été condamné à cinq ans de prison, dont quatre avec sursis, jeudi matin, pour homicide involontaire et blessures involontaires ayant entraîné une incapacité permanente. Il a été déclaré « entièrement responsable » du préjudice subi par les parties civiles, un couple grièvement blessé et brûlé et sa compagne, décédée. L’homme a ainsi également été condamné à régler 4 900 euros à chacun des survivants, Xavier et Barbara, et 4 000 euros à la famille de la femme décédée. Une audience sur les intérêts civils aura lieu en juin.

    Le couple « très soulagé

    de cette condamnation »

    « Justice a été faite, ce monsieur était coupable à 100% », a réagi par téléphone Me Mérouane Brahimi, qui représentait sa sœur décédée dans l’accident. Ni le prévenu, ni les parties civiles, ni leurs avocats, niçois, n’étaient présents pour le délibéré. « Il est probable que le pilote fasse appel, c’est ce qu’il avait annoncé s’il était condamné, il a dix jours pour le faire », a de son côté avancé Me Nicolas Gemsa, l’avocat du couple, qui subit encore aujourd’hui les conséquences « désastreuses » et « catastrophiques » de l’accident. En arrêt de travail depuis le crash aérien il y a quatre ans, « ils ont encore toute la rééducation à finir », a indiqué leur avocat. Xavier et Barbara sont « très soulagés de cette condamnation », a-t-il rapporté.

    Pendant le procès, fin septembre, le couple avait accusé le pilote de les avoir abandonnés dans l’avion en feu. Après l’accident, ils avaient passé plus d’un mois dans le coma et cinq mois en réanimation. Contacté, l’avocat du prévenu n’a pu être joint.

  • Crash aérien de Barcelonnette : la décision du tribunal attendue ce jeudi

    Crash aérien de Barcelonnette : la décision du tribunal attendue ce jeudi

    Xavier et Barbara attendent ce jour depuis longtemps : en décembre 2022, leur vol touristique avait viré au cauchemar, leur avion s’écrasant et s’embrasant au moment de son atterrissage à Barcelonnette. Le couple niçois avait été gravement blessé et brûlé dans l’accident, avait passé plus d’un mois dans le coma et cinq mois en réanimation, alors que la compagne du pilote, également à bord, était décédée sur le coup. Ils accusent aujourd’hui le pilote de les avoir abandonnés dans l’avion en feu.

    « Le pilote a commis

    des fautes énormes »

    Jugé fin septembre, le pilote est poursuivi pour homicide involontaire et blessures involontaires ayant entraîné une incapacité permanente. Le procureur avait requis cinq ans de prison, dont quatre avec sursis, à son encontre.

    Me Mérouane Brahimi, qui représente sa sœur décédée dans l’accident, espère une condamnation du prévenu. « Ce qu’on souhaite, c’est que le pilote, qui a commis des fautes énormes, manifestes, soit condamné, parce qu’au-delà de ma sœur, qui est morte dans des conditions épouvantables, il y a aussi ces deux jeunes personnes qui sont mutilées à vie. Leur vie est gâchée », déplore-t-il. Selon lui, « le pilote n’a pris aucune précaution », « a pris une pente extrême », et est arrivé « à une vitesse 70 ou 80 km/h au-dessus de la vitesse normale ». « L’avion rebondit cinq fois, mais, au lieu de freiner, il remet les gaz pour ne pas endommager l’avion », affirme l’avocat, qui regrette que le prévenu n’ait pas reconnu ses fautes et sa responsabilité lors du procès fin septembre.

  • Double relaxe dans une pollution accidentelle

    Double relaxe dans une pollution accidentelle

    Le capitaine d’un navire d’excursion dans les calanques répondait mardi avec son employeur d’un rejet d’hydrocarbure dans les eaux du Vieux-Port. L’incident s’était produit le 29 août 2025 à 6h du matin lors du remplissage des réservoirs du Green Calanques.

    Lors du remplissage de 4 600 litres de gasoil, une petite quantité de carburant avait refoulé du réservoir tribord. Une heure et demie plus tard, les agents de propreté signalaient à la capitainerie du port la présence d’une épaisse nappe d’hydrocarbure. Les marins-pompiers déployaient des boudins et des buvards absorbants.

    La procureure Marie-Aude Fichet a fustigé la « nonchalance » de la société Croisières Marseille Calanques. « On ne peut pas traiter par le mépris ce genre de pollution. » Elle requérait pour le capitaine absent et sa société une amende de 5 000 euros dont moitié avec sursis et l’affichage du jugement.

    « C’est une avarie, pas un rejet illicite »

    « Je ne peux pas entendre que nous soyons nonchalants », proteste à la barre un dirigeant de la société. D’expliquer qu’il procède à deux remplissages hebdomadaires en pleine saison avec un camion-citerne dont les pompes à haute pression injectent cinq litres de carburant à la seconde. Le phénomène d’émulsions qui se développe avec les fortes chaleurs dans les réservoirs expliquerait ce refoulement.

    « C’est vraiment un accident, on s’en excuse auprès des Marseillais, mais mon capitaine n’a pas fait d’erreur. 3 secondes pour fermer la vanne et c’est déjà 15 litres. Nous mettons tout en œuvre pour que cela ne se produise pas. Nous laissons toujours une marge pour ne pas remplir à bloc les réservoirs. Nous équipons nos navires d’un kit antipollution. On a une vraie volonté écologique. D’ailleurs le Green Calanques est hybride depuis 2024, moitié électrique, moitié gasoil. C’est pour nous un investissement de plus de 800 000 euros de fonds propres. » « C’est une avarie, pas un rejet illicite » a plaidé la défense soulignant que « le risque zéro n’existe pas ». « C’est exceptionnel ce qui s’est passé. Le temps de dire “stop, fermez la vanne”, c’est 3 secondes et déjà 15 litres. »

    La 6e chambre correctionnelle présidée par Lola Vandermaesen a parfaitement entendu les explications. « Vous êtes relaxés tous les deux. Le délit n’est pas caractérisé faute d’élément intentionnel. Il n’y a pas eu de volonté de polluer. »

  • Le Port sensibilise ses équipes sur la sécurité au travail

    Le Port sensibilise ses équipes sur la sécurité au travail

    Un total de 26 accidents de travail a été enregistré dans l’enceinte du Grand Port maritime de Marseille (GPMM), en 2025, dont 28% entraînant plus de 100 jours d’incapacité totale de travail (ITT). « C’est beaucoup trop », s’est désolé, jeudi, Christophe Castaner, président du conseil de surveillance du Port, à l’occasion d’une matinée de sensibilisation organisée dans les locaux marseillais de l’établissement public.

    Pour la quatrième année consécutive, le port invitait, mardi à Fos et jeudi à Marseille, tous ses employés à participer à un moment d’apprentissage et de formation autour de la sécurité et de la santé au travail. L’occasion pour l’ex-ministre de l’Intérieur de rappeler la nécessité d’une vigilance collective. « Il y a notre propre comportement face à l’accident, mais il y a aussi celui de nos collègues, du manager, des chefs de service, a-t-il souligné. Il ne faut pas hésiter à en parler entre vous, surtout lorsqu’un accident est évité de peu, ça peut permettre d’adopter les bons réflexes. » Et de glisser un mot de remerciement à l’attention de Pascal Galéoté, leader de la CGT du Port : « Je veux saluer les partenaires sociaux qui portent ces exigences [celles de la sécurité et de la santé au travail, Ndlr]. Pascal Galéoté les porte aussi, au-delà de sa condamnation, sur laquelle je ne me prononce pas. La pression que nous mettent les syndicats est constructive. » Pascal Galéoté a, lundi, été condamné à 12 mois de prison avec sursis et 3 ans d’inéligibilité pour « abus de confiance » dans le cadre de sa gestion des comptes du comité social et économique (CSE) du port entre 2014 et 2018. Il a annoncé faire appel.

    1 260 salariés

    et 300 compétences

    Avec ses 1 260 salariés à Marseille, le Port fait cohabiter de nombreux métiers, 54 au total, qui impliquent des risques plus ou moins importants dans leur pratique quotidienne. Parmi les métiers les plus exposés aux accidents du travail, « la réparation navale et tous les métiers industriels emblématiques, mais aussi le service voyageurs, où les déplacements doivent se faire vite, ce qui est très accidentogène », détaille Nathalie Bakhache, secrétaire générale du port. « Il y a aussi la restauration collective et, bien sûr, la partie eau et électricité », poursuit-elle. Parmi les 26 accidents répertoriés en 2025, les métiers cités par la secrétaire générale sont très majoritaires.

    Mais c’est bien à l’ensemble des salariés qu’était destinée cette matinée ludique et instructive de jeudi : quizz sur la sécurité routière, atelier sur l’usage des extincteurs, sur l’addiction au travail ou escape game autour des risques du Port, les employés du GPPM ont pu évoluer de stand en stand entre 8h et 13h30. « C’est intéressant, on apprend plein de choses. On revient chaque année ! », s’enthousiasme un groupe de gestionnaires de finance. 600 salariés ont participé à l’événement.

  • Deux demi-lignes mises en place par la RTM suite à un accident mortel avec le tramway

    Deux demi-lignes mises en place par la RTM suite à un accident mortel avec le tramway

    Un accident impliquant un tramway et un piéton s’est produit ce mercredi 3 juin, peu avant 16h, cours Belsunce à Marseille.

    Le piéton, grièvement blessé lors de la collision, est décédé malgré l’intervention rapide des secours.

    Une enquête a été ouverte et confiée aux services de police afin d’établir les circonstances précises de cet accident.

    Toutes les infos trafic.

  • Félix Bingui jugé pour trafic de stupéfiants

    Félix Bingui jugé pour trafic de stupéfiants

    Les regards convergeront lundi dans le box vers Félix Bingui, 35 ans, alias « Le chat » ou « Féfé », présenté comme « le chef incontestable » d’un important réseau de stupéfiants du clan Yoda, ce qu’il nie. Le principal point de deal de la Fontaine à La Paternelle (14e) générait autour de 100 000 euros de recettes par jour. 19 autres prévenus répondent aussi à des degrés divers de trafic de stupéfiants, d’association de malfaiteurs, de blanchiment et de non-justification de ressources.

    Le 2e arrondissement a d’abord constitué la matrice de l’équipe dite des Carmes qui s’est ensuite donnée pour nom « Yoda » en se confrontant dès février 2023 à sa puissante rivale la « DZ Mafia » qui l’a depuis supplantée au terme d’une longue série de règlements de comptes se soldant par une effroyable hécatombe.

    Longtemps au vert à l’étranger pour échapper à la guerre qui faisait rage à Marseille et sous le coup d’un mandat d’arrêt international, Félix Bingui a été arrêté en mars 2024 au Maroc puis extradé vers la France en janvier 2025. Estampillé dans le « haut du spectre » du narcobanditisme, il est incarcéré à la prison de haute de sécurité de Vendin-le-Vieil surnommée la « prison des narcos » et mis à l’isolement en cellule ultra-sécurisée.

    Félix Bingui est un franco-camerounais né en 1990 à Alès dans le Gard. Il a grandi à Nîmes avant de s’installer à Marseille à la fin des années 2000, de se mettre au charbon dans le quartier des Carmes puis d’être incarcéré en 2010. Le casier judiciaire de Bingui porte depuis trace de 13 mentions notamment pour vols, association de malfaiteurs, trafics de stupéfiants.

    Les investigations de l’Office antistupéfiants ont conduit au démantèlement de ce réseau d’envergure particulièrement organisé, hiérarchisé, avec des rôles répartis entre les différents acteurs pour les convois, le conditionnement de la cocaïne et du cannabis, la collecte de l’argent, le recours à des appartements « nourrices » disséminés pour le stockage des stupéfiants, de l’argent et des armes, l’utilisation de lignes téléphoniques dédiées et changeantes et de communications cryptées, le recours à des prête-noms, l’équipement en armes et munitions dans l’optique de la confrontation avec le clan adverse.

    Pour les enquêteurs, Félix Bingui se positionne en chef d’équipe, prodigue instructions et conseils. C’est celui à qui chacun rend compte, celui qui règle les conflits, celui qui bénéficie de transferts d’argent internationaux, celui qu’on sollicite parfois pour la fourniture d’armes. II possède deux villas à Dubaï où il jouit du statut de résident et circule en Ferrari. À Dubaï, le cercle des affidés vit grand train dépensant 300 000 euros en un mois en restaurants et boites de nuit, locations de voiture de sport. Aux enquêteurs, il explique son train de vie par ses économies, son activité de revente de véhicules depuis la prison, se disant aussi très doué en paris sportifs.

    Des écoutes rapportent un accident de la route survenu en 2022 à Dubaï ayant causé la mort d’un tiers. Pour protéger Mohamed H dit « Pirate » qui serait l’auteur, décrit comme son bras droit, son collecteur d’argent, son responsable pour l’approvisionnement en résine, le clan désigne un autre membre pour endosser la responsabilité, en échange de quoi « Pirate » lui verse 200 000 euros pour sa caution et ses frais d’avocat, l’entretient à hauteur de 10 000 par mois pendant un an et demi.

    « Le chat » se sait menacé. En novembre dernier, 9 membres présumés de la DZ Mafia ont été interpellés pour avoir tenté de l’assassiner en Espagne. C’était le 17 mai 2023, deux individus cagoulés ouvraient le feu sur Bingui et Zino, un comparse, attablés en terrasse d’une cafétéria près de Marbella, les blessant légèrement.

  • Marche blanche pour Ahmed, tué par un motard

    Marche blanche pour Ahmed, tué par un motard

    Les images d’Ahmed, Avignonnais de 79 ans, qui jouait avec un grand sourire aux dominos avec ses amis dans un bar de la Rocade quelques minutes avant de se faire mortellement faucher par un motard alors qu’il traversait sur un passage piéton en soirée ce vendredi, ont marqué les esprits. Une marche blanche en son honneur est organisée par ses camarades de jeu et sa famille ce vendredi 15 mai au départ du stade Pierre-Baizet à 14h30.

    Il était autour de 23h vendredi lorsque le septuagénaire a été percuté. « Un lien a également été établi avec un refus d’obtempérer du conducteur d’une moto de même type, réalisé dans le cadre d’un contrôle routier quelques instants plus tôt au niveau de l’avenue Eisenhower à Avignon », a précisé de son côté le parquet d’Avignon dans un communiqué, ajoutant que « le conducteur avait pris la fuite à la vue des policiers, qui avaient perdu sa trace quelques minutes après l’avoir suivi ». Le suspect, un homme de 28 ans, défavorablement connu des services de police et de justice, a été interpellé dans la foulée et a été placé en garde à vue après avoir été pris en charge par les secours, s’étant lui-même blessé dans sa chute. D’après nos confrères de Vaucluse Matin, ce dernier a été condamné en 2022 à quatre ans de prison pour sa participation à un réseau de trafic de stupéfiants dans le quartier des Amandiers, à Carpentras.

    Appel à témoins

    Une enquête a été ouverte pour des chefs d’homicide routier et refus d’obtempérer. Et « elle se poursuit afin de connaître plus précisément les circonstances de ce dramatique accident », précise le parquet. Un appel à témoins a été lancé par la police nationale d’Avignon.

    Le maire d’Avignon, Olivier Galzi (DVD), est allé à la rencontre de la famille du défunt. Et plaide sur ses réseaux sociaux pour que « les auteurs de rodéos urbains soient lourdement sanctionnés » et qu’il « ne s’agit pas d’un accident de la route mais d’une mise en danger volontaire de la vie d’autrui ». Il assure également avoir signé, vendredi, le recrutement de trois policiers municipaux supplémentaires avec affectation à la patrouille de nuit.

    Si vous avez assisté à la scène ou disposez d’informations, contact au 04.32.40.56.45 ou par courriel à dipn84-avignon-slpj-daj-gaj-cyclique@interieur.gouv.fr.

  • [Entretien] Cécile Clamme : « Il faudrait doubler le nombre d’inspecteurs »

    [Entretien] Cécile Clamme : « Il faudrait doubler le nombre d’inspecteurs »

    La Marseillaise : Que représente cette journée mondiale pour les agents de l’inspection du travail ?

    Cécile Clamme : Pour nous, cette journée mondiale est une grosse date. Il faut mettre en avant le fléau social que sont les accidents du travail et les maladies professionnelles. On oublie souvent ce deuxième point alors qu’elles provoquent de gros dégâts : le sujet emblématique est celui de l’amiante, qui est au cœur des préoccupations de l’inspection du travail depuis des années. Pour nous, dédier une journée dans l’année à ces questions, mettre l’accent sur ces questions, c’est majeur. Cela permet de s’interroger collectivement : Pourquoi on est encore là en 2026 ? Pourquoi la France a des chiffres aussi inquiétants ? À l’inspection du travail, on est justement pas trop mal placés pour avoir des indications et des réponses. On est directement concerné. Pour nous, il y a deux éléments de réponse : le manque de moyens, les sanctions en cas de manquements qui ne sont pas assez importantes.

    Quelle est l’ampleur du manque de moyens à l’inspection du travail ? Quel lien avec le nombre d’accidents et de morts au travail en France ?

    C.C. : Une des dimensions majeures de notre travail est d’enquêter lorsque l’accident du travail survient, mais c’est aussi de contrôler, en amont, pour que l’accident de travail ne survienne pas. Or, dans l’état actuel de nos effectifs, nous ne pouvons pas toujours assurer cet aspect de prévention. Quand on est pris par l’actualité, par les dossiers qui s’accumulent, on ne peut pas faire d’actions de prévention. Avec des effectifs en berne comme ils le sont actuellement, on a moins le temps pour faire ce travail-là. Sur les 15 dernières années, on estime à entre 20% et 25% de baisse du nombre d’agents. On a une énorme baisse des effectifs pour les agents d’assistance, ceux qui font le travail administratif. Pareil pour les agents en charge des renseignements, qui sont pourtant les premiers interlocuteurs des salariés en difficulté. À l’heure actuelle, notre direction considère qu’une charge de travail « normale » pour un agent de contrôle, c’est 1 pour 10 000 salariés. Mais, sur le papier, on est moins de 2 000 alors qu’il y a entre 21 et 22 millions de salariés : on est environ 1 800 avec 10% de postes vacants. Il y a peu, on était 1 600. Entre-temps, il y a eu trois ans où les recrutements étaient plus importants, avec des grosses campagnes de communication. Mais malheureusement, tout a été stoppé l’année dernière. On aura donc la dernière grosse promotion pour cet été 2026.

    Quelle estimation des besoins ?

    C.C. : Il aurait fallu continuer encore 3 ans de plus pour atteindre les 2 000… Pour toute la France, il y a eu 45 inspecteurs du travail recrutés l’année dernière, cette année ce seront 60 recrutements. Alors qu’il y a 200 postes vacants et, qu’au bas mot, 100 collègues partent pour différentes raisons chaque année. Très rapidement, on va encore être dépassée par les départs en retraite et les promotions. Quoi qu’il arrive, il y a un problème. D’autant qu’on ne s’occupe pas uniquement des travailleurs salariés. Par exemple, la direction a engagé, il y a 6 mois, une action sur les faux travailleurs indépendants. Cela se fait en plus du travail sur les salariés, puisque par définition ils ne sont pas comptés dans les 21-22 millions de salariés. On est aussi compétent pour la santé et sécurité de la fonction publique hospitalière. Si, sur un secteur, il y a un gros CHU, cela va alourdir la charge de travail sans que ça ne soit compté officiellement… À la CGT TEFP, on revendique 1 agent pour 5 000. Ça n’aurait rien de délirant si l’on compare à d’autres missions de service public. Surtout quand on voit les statistiques de la France en matière d’accidents du travail : 2 morts par jour. Il faudrait donc plus que doubler les effectifs, 3 000 inspecteurs de plus.

    Comment expliquez-vous ces statistiques ?

    C.C. : Notre mot d’ordre est simple : des moyens pour la prévention, des sanctions pour les patrons. Quand il y a un manquement, les sanctions ne sont pas assez dissuasives ! Quand un employeur est condamné, on est en général sur des peines qui sont de l’ordre de l’amende. Lesquelles sont d’un montant qui sera ridicule pour un grand groupe mais important pour une petite entreprise. Par exemple : pour une condamnation faisant suite à un accident mortel, il y a souvent une condamnation, de la personne morale donc pas du dirigeant directement, a une amende, parfois partiellement assorti du sursis… C’est aberrant. Et c’est sans compter toutes les fois où les procédures n’aboutissent pas : classées sans suite pour telle ou telle raison, quand l’entreprise a un avocat meilleur que celui de la victime… La CGT a fait des estimations sur certains départements sur plusieurs années : en moyenne, moins de 20% des procédures vont au bout, y compris pour des accidents graves ou mortels.

  • Des ateliers de contrôles de contamination de masse dans le cadre de l’exercice nucléaire de Toulon

    Des ateliers de contrôles de contamination de masse dans le cadre de l’exercice nucléaire de Toulon

    Débuté mercredi, l’exercice nucléaire obligatoire auquel sont soumis, tous les cinq ans, les territoires dotés d’installations nucléaires, s’est poursuivi jeudi. Après une journée dédiée aux Plans d’urgence interne (PUI), avec la simulation d’un accident nucléaire sur la chaufferie d’un sous-marin nucléaire d’attaque au sein de la base navale de Toulon, ce jeudi était dédié à la mise en place du Plan particulier d’intervention (PPI), qui recense les mesures et procédures visant à protéger les populations civiles.

    C’est dans ce cadre que se sont déroulés des ateliers de contrôle de contamination de masse, au stade Hubidos de La Seyne. Pendant 2h30, 214 participants, en majorité des élèves du collège Marie Curie – parmi lesquels 30 cas positifs fictifs -, ont pris part à une mise en situation dans les conditions du réel. Ils ont été soumis à un parcours de contrôle de contamination stricte, encadré par les moyens du Sdis 83 (avec des renforts des Sdis 06 et 13) et de l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR), en compagnie de deux médecins du Sdis 83 et de l’hôpital Sainte-Anne.

    La meilleure prévention :

    « Rester chez soi »

    Un process en plusieurs étapes. Après avoir récupéré des étiquettes dotées de QR code servant à tracer leur parcours et leur état de santé, de l’entrée en décontamination jusqu’à, éventuellement, l’hôpital, les participants franchissent un portique de contrôle de contamination. S’ils sont positifs à la contamination externe, ils passent par les douches de décontamination, avant de revenir au portique de contrôle, et si nécessaire, aux douches. « Mais en principe, une douche suffit à décontaminer », affirme le commandant Laurent Roques du Sdis 83.

    Étape suivante : la cellule d’anthropogammamétrie, gérée par l’ASNR, pour vérifier, cette fois, la contamination interne à l’iode radioactif, qui peut-être prévenue par les cachets d’iode stable en accès gratuit dans les pharmacies. Après dix minutes d’examen (jusqu’à 36 prises en charge simultanées), un médecin définit si la personne doit rejoindre le centre d’accueil pour les impliqués, où sont regroupées les personnes décontaminées, être soumise à un traitement ou être transférée à l’hôpital. « Respecter les consignes de sécurité de la préfecture permet de limiter l’exposition au risque », soutient le commandant Roques. La plus importante : « Rester chez soi ou se mettre à l’abri dans un bâtiment. »