Tag: accès au logement

  • Ces locataires qui dénoncent l’impasse du logement social

    Ces locataires qui dénoncent l’impasse du logement social

    « Je mange et je ne paie pas le loyer ou je paie le loyer et je ne mange pas ? » C’est le terrible dilemme auquel sont confrontés bon nombre de locataires de logements sociaux, ont déploré, ce samedi 10 octobre, les représentants varois, bucco-rhodaniens, vauclusiens et haut-alpins de la CNL (Confédération nationale du logement), réunis à Marseille. L’occasion de faire un point avant les élections dans les conseils d’administration des bailleurs, qui se tiendront du 15 novembre au 15 décembre.

    Augmentation des prix de l’énergie, de l’eau et donc explosion des charges, résidences délabrées avec un parc immobilier qui date d’il y a 50 ans, absence de volets pour se protéger de chaleurs devenues étouffantes ou logements mal isolés contre le froid… La situation des locataires HLM se complique dramatiquement, témoignent-ils, particulièrement bien placés pour en parler puisqu’ils en font partie. « Le droit à un logement stable, de qualité et à un prix abordable pour tous est aujourd’hui piétiné », s’indigne Michel Mus, président de la CNL Paca. Le résultat d’une « politique consciente et assumée de désengagement de l’État dans l’aide à la pierre, de l’organisation méthodique de la dérégularisation et de la marchandisation du secteur HLM ». Et de balancer les chiffres : 241 735 demandes en attente en Paca.

    Bailleurs privés de moyens

    Parmi ces demandes, plus de 20 000 concernent le Vaucluse, poursuit Michel Mus, également président de la CNL 84. On en compte près de 80 000 dans les Bouches-du-Rhône, ajoute Jean-Paul Guilbert, président de la CNL 13, et plus de 36 000 dans le Var. Dans les Hautes-Alpes, département « très pauvre », indique Yann Mathieu, président de la CNL 05, « 80% des habitants sont éligibles au logement social ». Les retraités avec une petite pension étalent les paiements « jusqu’en douze fois, les jeunes saisonniers ne peuvent pas se loger », raconte-t-il.

    Concrètement, à ce rythme, un foyer devra attendre 11 ans pour emménager, a calculé Michel Mus. Et il ne pourra pas compter sur les constructions, réduites à peau de chagrin : 80 000 en France alors qu’il en faudrait 250 000, estime Jean-Pierre Babilot, secrétaire régional de la CNL. Par exemple, « 13 Habitat prévoit 300 logements de plus d’ici 2028, on a le temps d’acheter des caravanes… », ironise Jean-Paul Guilbert.

    Faute de logements de volumes variés, difficile aussi de faciliter la prise en compte de l’évolution des foyers. « Quand les enfants sont partis, on peut occuper moins d’espace, mais il n’y a que des T4 ou T5 », constate Jean-Pierre Babilot. Il pointe aussi la mise à mal de la loi SRU, qui oblige les communes de plus de 3 500 habitants à compter 25% de logements sociaux : « Ce quota prend en compte le logement locatif intermédiaire, c’est trop facile et des maires préfèrent payer l’amende. » Sans compter les ressources restreintes des bailleurs. La Réduction de loyer de solidarité (RLS), prélèvement imposé aux sociétés HLM mise en place en 2018, est venue compenser les dépenses de l’État liées aux APL (Aide pour le logement). « Cela permet de renflouer les comptes au détriment des bailleurs et des locataires », analyse Jean-Pierre Babilot.

    Autant de raisons pour lesquelles « nous voterons contre toute augmentation des loyers et demandons leur gel », explique Liliane Roberto, présidente de la CNL 83. Elle dénonce également le phénomène de fusion des bailleurs, qui porte atteinte à la représentativité des associations de défense des locataires au détriment des habitants. « Dans le département, nous étions 15, nous nous retrouvons à 3, c’est grave », détaille-t-elle.

    Les élections s’avèrent donc cruciales pour faire entendre la voix de locataires qui ne se sentent déjà pas entendus, martèle la CNL. Ils pourront exprimer leur choix sur internet ou par courrier, précise Michel Mus.

  • Le déplacement de la prison de Digne évoqué en conseil municipal

    Le déplacement de la prison de Digne évoqué en conseil municipal

    Le maire de Digne, Julien Di Benedetto, a évoqué mardi, en conseil municipal, son projet de déplacement de la maison d’arrêt de la commune, questionné à ce sujet par le conseiller d’opposition Pascal Rovere. L’édile souhaite faire construire une nouvelle maison d’arrêt, plus grande, afin de pouvoir récupérer l’ancien château dans lequel l’actuelle prison est installée, en plein centre-ville.

    « Si on passe de 35 à 90 places, derrière, c’est autant de fonctionnaires pénitentiaires qui peuvent venir s’installer sur Digne, avec des familles, des enfants ; on augmente le nombre de juges et de magistrats au tribunal de Digne ; et c’est plus d’actes pour l’hôpital », a défendu Julien Di Benedetto.

    Le maire espère ainsi construire un musée dans l’ancien château, actuellement occupé par la maison d’arrêt, afin que les Dignois « se réapproprient leur ancien château et son histoire », tout en « attirant les touristes » et « redynamisant le centre-ville », déserté.

    La construction d’une nouvelle prison, plus grande, pourrait également permettre de pallier la surpopulation carcérale, alors que la maison d’arrêt de Digne accueillait 55 détenus pour 35 places en septembre. La localisation actuelle de la prison, en plein centre-ville, pose également problème pour les extractions de détenus, ce qui ralentit parfois les audiences, a expliqué, lundi, la nouvelle présidente du tribunal.

    Le syndicat FO s’oppose à ce projet, jugé « inutile et coûteux », avec des craintes « de délinquance accrue ». FO redoute « une dégradation des conditions de travail des personnels, l’augmentation potentielle des nuisances liées à une structure de plus grande capacité » avec « l’arrivée probable de détenus extérieurs au bassin dignois, modifiant profondément la population pénale actuellement accueillie ».

    Une indemnité supplémentaire

    Le conseil municipal a par ailleurs voté une indemnité supplémentaire pour une nouvelle conseillère municipale déléguée au logement et à l’habitat, Cathie Laurent, ce qui augmente l’enveloppe totale.

    Les conseillers ont également approuvé le principe de recours à un bail emphytéotique pour la réhabilitation d’immeubles du centre-ville, qui permettra de créer des logements locatifs sociaux. La conseillère d’opposition Nadia Tsalamlal a fait part de ses inquiétudes à ce sujet : « Le bail emphytéotique me pose question : pourquoi 80 ans et pas plus court ? Quelles sont les garanties prévues pour que les logements soient rendus en bon état à l’issue du bail ? ».

    Les élus ont finalement voté la création de 14 conseils de quartier, dont les premières réunions commenceront en novembre.

  • Avec l’été, le DAL alerte sur la fraude au bail mobilité

    Avec l’été, le DAL alerte sur la fraude au bail mobilité

    Pour les travailleurs saisonniers, se loger devient de plus en plus difficile en été, dans un département au marché locatif étranglé par la location touristique, les résidences secondaires et les logements vacants. Une solution pour fluidifier le marché est le recours au bail mobilité. Instauré par la loi Elan de 2018, il permet de louer un logement meublé à un locataire considéré comme temporaire (étudiant, salarié en mission temporaire, stagiaire…) de 1 à 10 mois et ne peut pas être renouvelé. Or, d’après l’association pour le Droit au logement (DAL), de plus en plus de propriétaires en font un usage détourné, louant à l’année en bail mobilité et contraignant ainsi leur locataire à quitter le logement pour l’été, pour le destiner à la location saisonnière de type Airbnb, plus lucrative.

    Peu de locataires connaissent leur droit

    « La plupart des concernés ne savent pas que c’est frauduleux, constate José Pluki, représentant du DAL 05. Le propriétaire l’annonce, vous dit que c’est comme ça, et vous, vous n’en savez rien. Et puis, il peut y avoir un effet village, si vous commencez à ruer dans les brancards contre un propriétaire, dans une petite ville ou un village, ça peut devenir difficile de trouver quelqu’un pour vous louer. » Le manque de logement créerait un rapport de force favorable aux propriétaires. « Beaucoup de gens, quand ils ont un bail mobilité à l’année, n’osent rien dire parce que c’est déjà au moins avoir un logement, poursuit José Pluki. En plus, le bail mobilité peut arranger des saisonniers qui n’arrivent pas à trouver autrement, il y a quand même des travailleurs qui passent l’été dans leur camion. »

  • Avec l’été, le DAL alerte sur la fraude au bail mobilité

    Avec l’été, le DAL alerte sur la fraude au bail mobilité

    Pour les travailleurs saisonniers, se loger devient de plus en plus difficile en été, dans un département au marché locatif étranglé par la location touristique, les résidences secondaires et les logements vacants. Une solution pour fluidifier le marché est le recours au bail mobilité. Instauré par la loi Elan de 2018, il permet de louer un logement meublé à un locataire considéré comme temporaire (étudiant, salarié en mission temporaire, stagiaire…) de 1 à 10 mois et ne peut pas être renouvelé. Or, d’après l’association pour le Droit au logement (DAL), de plus en plus de propriétaires en font un usage détourné, louant à l’année en bail mobilité et contraignant ainsi leur locataire à quitter le logement pour l’été, pour le destiner à la location saisonnière de type Airbnb, plus lucrative.

    Peu de locataires connaissent leur droit

    « La plupart des concernés ne savent pas que c’est frauduleux, constate José Pluki, représentant du DAL 05. Le propriétaire l’annonce, vous dit que c’est comme ça, et vous, vous n’en savez rien. Et puis, il peut y avoir un effet village, si vous commencez à ruer dans les brancards contre un propriétaire, dans une petite ville ou un village, ça peut devenir difficile de trouver quelqu’un pour vous louer. » Le manque de logement créerait un rapport de force favorable aux propriétaires. « Beaucoup de gens, quand ils ont un bail mobilité à l’année, n’osent rien dire parce que c’est déjà au moins avoir un logement, poursuit José Pluki. En plus, le bail mobilité peut arranger des saisonniers qui n’arrivent pas à trouver autrement, il y a quand même des travailleurs qui passent l’été dans leur camion. »

  • France handicap campe devant le Département

    France handicap campe devant le Département

    « Si on ne peut pas être logés dignement alors on va dormir sous la tente. On a fait une niche aussi, les chiens sont mieux logés que nous des fois », dénonce Catherine Duroc, médecin retraitée en situation de handicap moteur et visuel. Autour d’elle, un petit campement improvisé sur la place Saint-Arnoux de Gap ce lundi après-midi par APF France handicap, association de défense des droits des personnes en situation de handicap. En campant devant le Département, le collectif proteste contre une carence perpétuelle de logements adaptés. « Il y a des personnes qui n’ont pas un logement digne, qui ne peuvent pas sortir de chez elle parce que la porte d’entrée est trop lourde ou que l’ascenseur est laissé en panne… Nous avons le cas d’une personne qui ne peut pas accéder aux toilettes et qui fait ses besoins dans la salle de bains. Ce n’est pas une situation digne », poursuit Catherine Duroc.

    Créer un fichier des logements

    L’association demande la création d’un fichier qui réunisse toutes les données d’offres de logement et les demandes des personnes. « Actuellement, quand on interroge les mairies, les bailleurs, on nous dit “il n’y a pas de demandes donc il n’y a pas de besoin”. Nous, à l’APF, on a une liste de trente personnes en attente de logements qui ne trouvent pas de logement. Donc les besoins il y en a, mais ils sont invisibilisés », rétorque Catherine Duroc.

  • À La Ciotat, des initiatives pour contrer la crise du logement

    À La Ciotat, des initiatives pour contrer la crise du logement

    C’est dans les petites rues exiguës du centre ancien de La Ciotat que se sont donné rendez-vous, ce jeudi, le bailleur social 3M, la préfète à l’égalité des chances, Isabelle Epaillard, et le maire (DVD) de la commune, Alexandre Doriol. Ils sont venus visiter les travaux des immeubles des 12, 14 et 16 rue Albert-et-Georges-Arnoux, qui devraient accueillir, à partir de juin ou octobre 2027, cinq logements sociaux, six logements classiques, quatre boutiques ainsi qu’un passage reliant deux rues étroites du centre.

    Pour le maire, l’objectif est double. S’il permet l’accès à de nouveaux logements pour les habitants, qu’ils soient sociaux ou privés, ce projet participe également à la réhabilitation du centre-ville : « Il nous permet de faire entrer de la lumière dans le centre ancien grâce à un puits de lumière et de ramener encore plus de vie avec de nouvelles boutiques. »

    Ce programme s’inscrit dans une opération d’« acquis amélioré », lancé par l’état, qui permet un bonus financier pour les bailleurs qui font le choix de réhabiliter du bâti existant. « Car on sait que cela coûte plus cher de réhabiliter. Et dans notre région, où la pression foncière est forte, cela a du sens de réhabiliter », insiste la préfète. Ainsi, alors que les subventions pour les projets neufs tournent autour de 4% du budget, ce projet bénéficie de 13,5% d’aides.

    Un soutien qui permet l’accélération de la création de logements, en particulier sociaux, alors que 117 000 personnes sont encore en attente d’une affectation dans les Bouches-du-Rhône. « Avec le plan logement de l’état, nous espérons localement la construction de 4 700 logements sociaux dans le département par an », ajoute la préfète.

    Pension de famille, une autre forme de logement social

    Cette visite de la préfète faisait suite à celle d’une pension de famille située sur les hauteurs de la ville. Ouverte il y a deux ans, cette structure permet d’accueillir 25 personnes isolées, souvent marquées par des parcours de vie difficiles : sortie de rue, troubles psychiatriques, addictions ou problèmes familiaux. Les pensions de famille offrent une solution intermédiaire permettant de retrouver une forme de stabilité. Si les petits studios garantissent une indépendance totale, des espaces communs et des animations favorisent la création de liens sociaux entre des locataires souvent esseulés.

    La préfète tenait à mettre en avant ces dispositifs pour illustrer les différentes réponses à la crise du logement : « Ce type de structures peut être un sas pour des personnes parfois éloignées de l’accès au logement. Et je veux donc valoriser ce que l’on fait de bien, surtout dans ce contexte de budget contraint ou c’est important de montrer que cela fonctionne. »

  • Les habitants d’un ancien camping sont dans l’illégalité

    Les habitants d’un ancien camping sont dans l’illégalité

    « On travaille pendant 40 ans pour s’acheter un chez soi pour la retraite et on se retrouve dans une habitation illégale, menacés d’expulsion. J’en ai fait une grosse dépression. » à Montlaux, au pied de la montagne de Lure, une cinquantaine de personnes se retrouvent en situation irrégulière depuis que le Conseil d’état a annulé, en 1995, l’autorisation d’urbanisme accordée à un promoteur qui avait repris l’ancien camping. Beaucoup d’entre elles n’ont découvert le caractère illégal de leur logement qu’après leur emménagement.

    « Onze jours après avoir acheté, on s’est rendu compte qu’il n’y avait pas de compteur, se rappelle Céline T., habitante et présidente de l’association syndicale libre. On ne nous avait pas dit que c’était des maisons irrégulières. On a bu les paroles de la notaire. »

    En raison de cette situation, les habitants, souvent précaires, se retrouvent sans abonnement ni facture d’électricité à leur nom. Ils disposent d’un compteur commun et doivent payer le tarif entreprise, beaucoup plus onéreux. « On est réduits à choisir entre manger ou payer nos charges. Avec nos retraites, c’est ingérable, résume Céline T. Quand il y a eu la flambée des prix de l’énergie, on a eu 10 000 euros de redressement. Si on habite dans des habitations légères de loisirs, c’est parce qu’on n’est pas riches. Pour la plupart, on est des retraités moyens. On a tous du mal à payer. » Du fait de l’irrégularité de leur situation, les résidents ne peuvent pas non plus bénéficier d’aides. « Si j’avais su, je n’aurais pas signé », lance Thierry, le mari de Céline T.

    Ils se disent par ailleurs très exposés aux risques et craignent de nouveaux départs d’incendie en cas de surchauffe. « Si vous allumez votre four, vous ne pouvez pas allumer votre lave-linge, il y a tout qui saute ou qui brûle », explique Céline T. Sa voisine, Véronique C., s’est retrouvée sans électricité pendant 19 jours, alors qu’un répartiteur avait brûlé. Cette dernière a même obtenu une autorisation d’extension pour agrandir son petit mobile home, alors même que son habitation est considérée comme illégale. « Si on doit être mis à la porte, j’habiterai dans la partie légale ! », lance-t-elle.

    Des travailleurs

    dans des caravanes

    Parmi les habitants, certains travaillent, mais doivent se contenter de vivre dans une caravane mal isolée et finissent le mois dans le rouge avec les charges exorbitantes à régler.

    L’ancien camping avait été racheté par un promoteur « véreux » dans les années 1980. Il y avait alors implanté des chalets, mobile homes et caravanes. Mais la commune avait attaqué l’arrêté préfectoral autorisant ces implantations et le Conseil d’État lui avait donné raison, sept ans plus tard. Entre-temps, les lots avaient été vendus en toute légalité et l’arrêté du Conseil d’État ordonnant la remise en état du terrain n’a jamais été appliqué.

    L’ancien camping compte 48 lots et 34 propriétaires. Une vingtaine de personnes ont leur résidence principale dans 14 de ces habitations, et environ 25 personnes les utilisent comme résidence secondaire. De plus en plus d’habitants viennent y vivre à l’année, en raison des prix peu élevés à l’achat.

    La situation est en cours de régularisation. Les habitants et la maire de Montlaux, Camille Feller (DVG), espèrent une résolution du problème d’ici un an. Les résidents se disent soutenus par la municipalité et les services de l’état.

  • Un appel citoyen pour en finir avec le sans-abrisme dans l’Hérault

    Un appel citoyen pour en finir avec le sans-abrisme dans l’Hérault

    Ils sont une soixantaine venant de tous horizons : médecins, éducateurs spécialisés, artistes ou encore journalistes. Se joignent à eux des associations et des syndicats. Ensemble ils viennent de signer un appel pour en finir avec le sans-abrisme. « Que quelqu’un puisse mourir de froid à deux pas d’un lieu d’hébergement saturé à Montpellier, c’est inadmissible. Nous appelons les pouvoirs publics […] à ouvrir au plus vite suffisamment d’hébergements d’urgence pour que plus personne ne soit contraint de dormir à la rue », écrivent les signataires.

    La genèse de cet appel remonte à début janvier, à la suite du décès d’un jeune SDF à Montpellier en face d’un hébergement d’urgence qui ne pouvait l’accueillir. Une première pétition est lancée pour demander l’ouverture d’un gymnase. La réponse des pouvoirs publics jugée insuffisante, l’idée d’un second appel fait son cheminement. « On voulait dire notre colère et faire connaître cette situation insupportable. Cet appel ne concurrence pas du tout le travail réalisé sur le terrain par les associations mais vient en complément », détaille Claude Dubois, membre du NPA héraultais.

    48 ans d’espérance de vie

    Car l’urgence est là. Selon les estimations, 2 800 personnes dorment à la rue dans la capitale héraultaise. « On veut informer sur les conditions de survie dans la rue. En 2025, 34 personnes sont décédées à Montpellier. L’espérance de vie pour ceux qui ont connu la rue à un moment dans leur vie est de 48 ans », soutient Gilles, du collectif citoyen contre le sans-abrisme. Des familles, des mineurs non accompagnés, des femmes seules, des personnes en situation de handicap, beaucoup de publics sont touchés. « J’ai rencontré une jeune fille à la rue qui venait d’arriver à Montpellier. Elle ne trouvait pas de place d’hébergement, elle est partie à Grenoble. Elle est décédée là-bas, à l’âge de 21 ans », soupire Samuel Forest, président de l’association Solidarité Partagée.

    Ce dernier espère « une prise de conscience et qu’on mette la pression aux politiques pour qu’ils en fassent une priorité. » D’autant que les logements vacants foisonnent à Montpellier, que la municipalité pourrait réquisitionner. Mais face à la faible volonté des pouvoirs publics, dont l’État, premier responsable du sans-abrisme, l’action pourrait venir des militants. Le 16 avril, le porte-parole du Droit au logement d’abord (DAL) viendra donner une formation sur la réquisition de logements vides. « Une des autres missions est de nous fédérer », reprend Gilles. En ce sens, les signataires viennent de se regrouper au sein d’une « coordination plus personne à la rue ». Aussi, la pétition de janvier* vient d’être réactualisée dans l’espoir de bouger les lignes. Car les signataires sont clairs : « Si aucune solution n’est trouvée, nous soutiendrons toutes les initiatives en faveur du logement ».

    * change.org.

  • [Entretien] Sylvie Vinceneux : « Notre bataille première à Saint-Cyr, c’est le logement »

    [Entretien] Sylvie Vinceneux : « Notre bataille première à Saint-Cyr, c’est le logement »

    La Marseillaise : Quelles sont vos principales préoccupations pour la ville ?

    Sylvie Vinceneux : Pour nous, le problème aujourd’hui à Saint-Cyr, c’est le surtourisme. Pendant 25 ans, on a eu des politiques ultralibérales pour les touristes et rien pour les Saint-Cyriens qui vivent ici à l’année. C’est sur ça qu’on a basé notre programme, pour répondre au quotidien des habitants. Notre bataille première, c’est le logement. On est l’une des villes où le nombre de logements secondaires est le plus important. On est à 45%. Presque un logement sur deux est fermé dix mois sur douze. On a des quartiers entiers, comme le hameau de la Madrague, où vous n’avez que des volets fermés. Et puis on a des prix exorbitants en matière d’accession à la propriété, on est l’une des villes les plus chères du Var. Donc on a des jeunes, des salariés qui ne peuvent plus se loger.

    Quelles mesures proposez-vous pour améliorer les conditions d’accès au logement ?

    S.V. : Notre projet, c’est d’avoir un parcours résidentiel. Quand vous êtes jeunes, que vous commencez dans la vie active, vous avez accès à du logement social. Pour le moment, il n’y a que 9% de logements sociaux. Il faut changer ça. Ensuite, quand vous avez une situation qui s’améliore un peu, vous avez l’accession sociale avec le bail réel solidaire (BRS), qui est aujourd’hui le seul outil anti-spéculatif. En fin de vie, de vieilles personnes se retrouvent dans des maisons qu’elles n’ont plus les moyens d’entretenir et de chauffer, parce que ce sont des passoires thermiques. On souhaite construire une nouvelle résidence autonomie senior, publique, pour rompre avec l’isolement. Le dernier stade, c’est l’Ehpad. Sur la ville, nous en avons deux, privés, dont les coups sont assez élevés. Nous souhaitons faire un Ehpad public. Ensuite, avec l’intercommunalité, nous voulons mettre en place l’encadrement des loyers, pour pouvoir se loger à un prix compatible avec les salaires. Et puis, les résidences secondaires, c’est stop ! Nous voulons aussi durcir la possibilité de la location type Airbnb. Officiellement, il y en aurait 1 300, mais on sait très bien que ce n’est que la partie visible, on estime environ 30% de non déclarés.

    Comment concevez-vous l’évolution de la ville en cas d’élection ?

    S.V. : On ne veut pas bétonner, on veut des quartiers avec des services publics, de la mobilité. On veut des transports en commun gratuits pour avoir des quartiers qui vivent, avec des commerces et de l’artisanat, que l’on veut favoriser, car ce n’est pas polluant et c’est pourvoyeur d’emploi. On sait que dans les années à venir, on va avoir à donner de l’emploi, puisqu’on a prévu, dans le cadre de la transition écologique, un grand plan de réhabilitation des bâtiments. Donc on fera travailler toutes les entreprises du bâtiment. La réhabilitation thermique, c’est bon pour l’emploi, c’est bon pour le pouvoir d’achat, c’est bon pour le climat.

    Comment les habitants perçoivent-ils ce programme ?

    S.V. : On a fait la tournée chez les commerçants où il y a un mal-être affreux, ils sont confrontés aux problèmes de logements, de mobilité, de stationnement. Il y a un vrai problème de démocratie participative. Dans les portes à portes, on est très bien reçus. Ce qui revient régulièrement, ce sont les problèmes de logement, de mobilité et de santé. Quand on présente les grandes lignes de notre programme, on s’aperçoit qu’on a une écoute qu’on n’avait pas il y a encore deux mois. On est satisfait !

  • [Municipales] La marée des meublés submerge la campagne : à Avignon, l’intra-muros à préserver

    [Municipales] La marée des meublés submerge la campagne : à Avignon, l’intra-muros à préserver

    On ne peut pas dire que la régulation du marché locatif saisonnier suscite de vifs débats dans une campagne où le temps des projets n’a pas encore éclos. Seule Mathilde Louvain (LFI) a jusque-là mis la focale sur la question du logement, souhaitant encadrer les loyers et mener une « action résolue contre la spéculation immobilière ». Une thématique qui frappe principalement Avignon et son centre-ville.

    D’après une étude de l’agence d’urbanisme Rhône Avignon Vaucluse (Aurav), publiée en décembre dernier, 5 400 annonces de logement de courte durée étaient actives en 2024, à Avignon, dont la moitié en centre-ville. Dans l’intra-muros, sur 100 annonces de locations, 18 concernent ces meublés touristiques. Un marché qui a généré 38 millions d’euros de revenus. Sans surprise, l’été, en particulier juillet, concentre 42% de ces réservations, Festival oblige. « Le nombre de locations saisonnières avec au moins une nuit réservée a plus que doublé en l’espace de 8 ans », constate la municipalité.

    La prochaine équipe aux manettes ne partira pas d’une feuille blanche. Par deux fois, en septembre 2023 puis février 2025, la majorité a mis ce sujet sur la table du conseil municipal pour réguler ce marché très prisé des investisseurs immobiliers, mais qui « créé une pénurie d’offres accessibles pour les ménages ». En six ans, la part de studios, T1 et T2, est passé de 55% à 60% en centre-ville. « La part de loueurs possédant au moins deux biens est de 39% en 2024 et a fortement progressé en 6 ans », constate l’Aurav.

    La taxe sur les résidences secondaires majorée

    Pour s’en prémunir, la Ville a d’abord majoré de 50% sa taxe sur les résidences secondaires. Il a fallu attendre que le gouvernement place la commune en zone tendue, permettant ainsi d’actionner le levier fiscal. Le gain pour les finances municipales était espéré autour d’un million d’euros. Une mesure rejetée par le RN qui parlait de « taxe punitive ». Autres actions, actées il y a un an, la limitation de la location des meublés touristiques à 90 jours par an contre 120 auparavant. Mais également l’obligation de « soumettre le changement d’usage de locaux d’habitation à une autorisation préalable ».