Tag: accès à l’eau

  • Dans les Alpes-de-Haute-Provence, les agriculteurs insatisfaits du plan de la ministre, « insuffisant »

    Dans les Alpes-de-Haute-Provence, les agriculteurs insatisfaits du plan de la ministre, « insuffisant »

    « Pas à la hauteur de ce qu’on attend » : la FDSEA, les Jeunes agriculteurs et la Chambre d’agriculture ont tenu à réagir mardi aux annonces de la ministre et à son plan à un milliard d’euros, insuffisant selon eux, sur fond de sécheresse et de prédation importantes ces derniers mois dans le département. « 1 milliard d’euros, c’est une somme importante. Mais dans le contexte national, où on a à peu près 350 000 agriculteurs, ça représente à peu près 2 800 euros par exploitation. Je ne pense pas que ce soit à la hauteur de l’enjeu », a avancé Nicolas Solda, président de la FDSEA 04. « C’est un soutien momentané, mais on a un problème structurel sur l’agriculture française. Ce n’est pas le milliard qui va résoudre ce problème », a-t-il ajouté. « Le Casi, c’est comme si on faisait un infarctus et que c’était une réanimation », a de son côté lancé le président de la Chambre d’agriculture, Laurent Depieds. « La sécheresse a frappé de plein fouet les Alpes-de-Haute-Provence, avec des pertes de récoltes : 30 à 60% de fourrage en moins, et jusqu’à 50%, voire 70% de pertes sur les céréales », a détaillé Benjamin Ferrand, le président des JA 04. Pour lui aussi, ce plan d’aides est « une petite rustine qui ne va pas forcément combler le trou qu’il y a à combler. On est loin de l’objectif et des attentes, même si on note l’effort. »

    Prédation, grêle

    et stockage de l’eau

    Les représentants des syndicats agricoles ont par ailleurs évoqué la problématique de la prédation, avec une augmentation de 6% des attaques selon eux, et de la grêle. « La grêle qu’on a eue fin avril, début mai, les dossiers ne sont toujours pas passés, parce qu’il faut attendre le guichet qui va passer au mois de novembre. C’est le parcours du combattant », a déploré le président de la FDSEA 04. « Nos trésoreries sont à mal, on enchaîne les difficultés agricoles depuis plusieurs années, ça en va de la vie de nos exploitations. » Les agriculteurs ont également souligné les problématiques liées à l’accès à l’eau : « On a des saisons qui ont radicalement changé avec des étés très secs. Il faut qu’on puisse stocker l’eau quand elle est là. On n’a plus le temps d’attendre », a lancé le président des JA 04.

  • [C’est l’été] Quand les plages marseillaises s’adaptent au handicap

    [C’est l’été] Quand les plages marseillaises s’adaptent au handicap

    « Tu étales la crème solaire sur tes jambes, Yanis ? » Casquette sur la tête et sac à dos, un groupe de sept jeunes de l’IME Les Fauvettes, à Vitrolles, s’est rendu ce matin-là sur la plage des Corbières, dans le 16e arrondissement de Marseille. Âgés de 14 à 25 ans, ils présentent tous un handicap physique ou mental. Une sortie à la plage pas comme les autres, rendue possible grâce au dispositif « À nous la mer ! ».

    « On s’adapte à eux »

    Mis en place par la Ville de Marseille durant les mois de juin, juillet et août, ce dispositif permet aux personnes en situation de handicap « d’accéder à la mer en douceur », explique Yasmine, l’une des éducatrices du groupe. Pour en bénéficier, aucune inscription n’est nécessaire, même s’il est recommandé de signaler sa venue au préalable.

    Pour encadrer, quatre saisonniers sont présents, dont une kinésithérapeute. Tous ont suivi une formation spécifique. « On s’assure que les personnes à mobilité réduite (PMR) trouvent une place de parking, puis on aide pour la mise à l’eau », explique Youcef, responsable depuis 3 ans.

    Au programme ce matin : baignade dans la Méditerranée avec les éducateurs, les pieds dans l’eau ou jusqu’aux épaules selon les envies. Pour faciliter l’accès à la mer, trois fauteuils roulants amphibies sont mis à disposition. « Une fois la baignade finie, les personnes peuvent se reposer sur un transat adapté », précise Brianna, une des saisonnières.

    Succès du dispositif

    L’initiative est en plein essor, avec « 1 200 personnes bénéficiaires l’été dernier, et 56% d’augmentation de fréquentation en juin », selon Sophie Guérard, adjointe déléguée aux personnes en situation de handicap, à l’inclusion et l’accessibilité. Un succès à nuancer d’après Céline, éducatrice : « Il faudrait un endroit spécifique pour se changer et des douches adaptées, là, on va devoir utiliser les douches communes. » Avant de conclure : « Ça nous aide quand même beaucoup. C’est important d’avoir ce genre de moments festifs, ça montre que ces jeunes font aussi partie du monde. »

  • À l’Estaque, le rêve collectif d’accès à la mer se fait entendre

    À l’Estaque, le rêve collectif d’accès à la mer se fait entendre

    Depuis 20 ans, ils ferraillent pour un accès à la mer. Et depuis 20 ans, les grilles continuent à barricader le paysage, du port de la Lave à la plage de Corbières. Un nouveau projet « d’amodiation pour trois ans du quai de la Lave à un privé, probablement pour y installer de nouvelles étagères à bateaux, donc de nouvelles clôtures », redoute Pierre-Yves Gilles, président de l’Association Estaque environnement (AEE).

    La journée a démarré avec TerreMer, qui a débarrassé les 2,5 hectares du quai en friche de bouteilles en verre, canettes et autres plastiques. De quoi remplir « 27 sacs de 100 litres », précise l’association. En 30 ans, les promesses du Grand projet urbain de Marseille n’ont accouché ici que « de l’Espace Mistral, d’une mise à l’eau et d’un encorbellement au-dessus du port », regrette Christian Apercé, membre du collectif.

    Pas que des chichis

    Le choix du site de la fête, devant le « Camembert », anciens bains de l’Estaque fermés après Covid et le hangar où dort depuis 1970 le « Saga », plus grand sous-marin civil imaginé en 1966 par Cousteau et repris en 1981 par la Comex, ne tient pas du hasard. Désamianté, mais voué à la démolition par le Grand Port maritime de Marseille (GPMM), le premier a été sauvé par la mobilisation du collectif, même si son avenir reste suspendu à un appel à projets. La trentaine de structures du collectif rêve d’y accueillir un « centre de recherches océaniques, des ateliers d’artistes, des locaux associatifs… », listait le CIQ de l’Estaque.

    Si « on rame dans les commissions, où on a le sentiment d’être entendu, mais où on n’obtient pas de vision claire dans les projets sur le littoral, un accord tripartite entre le GPMM, la Ville et le collectif devrait voir jour » a bon espoir Pierre-Yves Gilles. L’intérêt du nouveau maire des 15-16, Jean-Marc Coppola (PCF), et la création d’une Scic (société coopérative d’intérêt collectif) semblent de bon augure. Quant au bâtiment marin, son déplacement semble trop coûteux et dangereux pour l’environnement. En attendant les résultats d’une contre-expertise, l’association Les compagnons du Saga y reprend ses visites, ouvertes au public dès le mois de juin.

    « On aimerait avoir un peu plus que des chichis », lâche une habitante, confirmant les résultats invariables de deux enquêtes menées par l’AEE auprès de la population en 2007 et 2018 : le souhait d’un accès à la mer, de pistes cyclables, d’espaces publics préservés accessibles à tous.