Tag: Académie Aix-Marseille

  • Une projection pour éclairer la minute de silence pour Samuel Paty

    Une projection pour éclairer la minute de silence pour Samuel Paty

    Le 16 octobre 2020, le professeur d’histoire géographie Samuel Paty était assassiné par un terroriste islamiste, non loin de son établissement à Conflans-Sainte-Honorine. Le Département des Bouches-du-Rhône a organisé ce lundi une projection de L’abandon, fiction documentée qui retrace les derniers jours de l’enseignant, signée Vincent Garenq, présentée hors compétition lors du Festival de Cannes 2026. « C’est important d’avoir des professeurs qui s’engagent pour le respect de la liberté » a souligné la présidente (DVD) du Département, Martine Vassal, en ouverture de la séance. « Cette semaine est un temps d’hommage aux deux grands serviteurs de la République Samuel Paty et Dominique Bernard » a appuyé Bruno Martin, secrétaire général de l’académie.

    300 élèves de 3e venus d’établissements divers, ainsi que leurs professeurs, se sont rassemblés au cinéma de la Joliette à Marseille, pour une séance autour de la laïcité et de la liberté d’expression.

    Rétablir les faits et tirer des enseignements

    « Peu d’élèves connaissaient réellement l’histoire de Samuel Paty », a observé Marion de Blaÿ, productrice du film L’abandon. Ce constat a d’abord motivé la création du film, puis sa diffusion auprès des publics scolaires. Un travail a été engagé avec des professeurs pour construire un dossier pédagogique visant à faciliter le travail avec les collégiens en amont. Après la projection, les collégiens ont questionné l’acteur principal du film, Antoine Reinartz, et sa productrice, Marion de Blaÿ. Une partie des interrogations ont porté sur la façon dont l’acteur s’est emparé du rôle : « Quel était votre ressenti en jouant Samuel Paty ? », « Comment avez-vous travaillé le rôle ? » « Avez-vous rencontré les élèves de monsieur Paty ? » D’autres élèves ont questionné l’équipe sur la réalisation du film : « Est-ce que vous avez présenté les faits réels ? », « Comment avez-vous trouvé toutes vos informations ? » « Vous avez fait vous-même votre enquête ? »

    Marie Delouze, déléguée académique à l’éducation artistique et à l’action culturelle du rectorat de l’académie d’Aix-Marseille, a tiré un bilan très positif de cette médiation. « C’est un travail très utile, on a beaucoup de témoignages d’élèves qui ne savaient pas exactement ce qu’il y avait derrière la minute de silence annuelle en hommage au professeur », a-t-elle ajouté, estimant que le film « incarne cette minute de silence ». « C’est une œuvre d’utilité publique », a-t-elle conclu.

  • À Marseille, la défense de l’école et le refus de la répression

    À Marseille, la défense de l’école et le refus de la répression

    Jean-Yves n’est pas descendu. Les appels de la foule massée devant la Direction des services de l’éducation nationale à l’arrivée de la manifestation, ne l’ont pas convaincu. Jean-Yves Bessol, le directeur académique, a refusé de venir rencontrer les lycéens. Une contre-proposition validée par un vote à main levée au départ de la manifestation, après que l’interlycéenne se soit vue proposer d’être reçue en délégation dans les locaux de la DSDEN.

    Jean-Yves Bessol, qui a fait photographier l’an dernier des lycéens mobilisés contre la réforme des lycées pour leur mettre un coup de pression, aurait pourtant pu faire de belles images. Ils étaient plusieurs milliers, 30 000 selon les organisateurs, 4 800 selon la police (sic), à réclamer des moyens pour l’éducation. Dans le calme et la bonne humeur, avec de l’enthousiasme et une ferme détermination, malgré la répression policière opérée dans le pays.

    Cette violence était sur beaucoup de pancartes. « 1 prof pour 35 élèves, 5 CRS pour 1 élève », peut-on lire sur ce carton tenu par une élève. « On ne sait plus si on est en manif ou dans GTA », affiche sa voisine. « Gazez les violeurs pas les mineurs » ou « Trop jeunes pour se faire écouter, assez grands pour se faire violenter », lit-on encore là. Cette « génération 67 » (lire six/seven), disposée à refaire mai 68 avant un 69 (« La nuit c’est pour baiser, pas pour travailler »), a été exemplaire ce mardi matin.

    La foule massive s’est élancée à 10h des Réformés. Un rendez-vous bien travaillé la veille, lors d’une réunion à la Bourse du travail avec les organisations syndicales. Dans le cortège, encadré par le service d’ordre de la CGT, des lycéens, des étudiants, des parents, des professeurs. Autocollant du Snes-FSU sur l’épaule, Séverine partage « des revendications qu’elle porte depuis des années ». « Le non-remplacement des personnels se retrouve partout dans le second degré », justifie cette enseignante du collège Malraux (13e). Là-bas, plus d’assistante sociale, ni de secrétaire général. « C’est émouvant de voir cette jeunesse qui s’engage pour défendre ses conditions d’études et son avenir. »

    « Des années que nos profs manifestent »

    Soline et Anaïs sont venues du lycée Nelson Mandela (11e) avec d’autres camarades et des professeurs. « Dans notre lycée, les toilettes n’ont jamais été réparées et quand il pleut, l’eau coule sur les panneaux électriques. On est souvent dans des classes à 35, sans chauffage ni clim, avec des ventilateurs qu’on doit éteindre parce qu’ils sont trop bruyants », explique la première. « ça fait des années que nos profs manifestent sans être entendus, c’est dommage qu’on ne parle de nos problèmes que parce qu’il y a une violence… qu’on condamne. »

    Amandine et Lili, scolarisées en première à la cité scolaire internationale Jacques-Chirac (2e), sont venues en soutien des autres lycées. Le leur, ouvert en septembre 2024, est en bon état, mais le sujet du non-remplacement des profs est le même qu’ailleurs. Depuis la rentrée, leurs cours d’histoire en anglais ne sont pas dispensés. « L’Éducation nationale ne veut pas investir, on manque de budget ici aussi, les photocopieuses et les ventilateurs ne fonctionnent plus », ajoute son amie.

    Plus loin dans le cortège, Thomas marche avec d’autres camarades de Marseilleveyre (8e), « un lycée de bourges assez privilégié », mais qui « manque d’enseignants aussi ». « J’ai en tête une prof de spécialité SVT qui ne sera pas là une bonne partie de l’année », note le jeune. « Puis on est là en soutien des lycéens des quartiers populaires qui se font beaucoup réprimer. »

    à Thiers (1er), Ysé, élève en terminale, déplore le manque de personnel de vie scolaire, AED et psychologues. « On est dans les années bac et on a des profs de SES, SVT ou philosophie qui ne sont pas remplacés sur des mois », glisse-t-elle encore avant de pointer des locaux de plus en plus délabrés. Milo étudie à Montgrand (6e). 100 heures de demi-groupe et d’options y ont été supprimées au printemps, rappelle le garçon qui a vu son option provençale amputée d’une heure par semaine : « C’est quand même coefficient quatre au bac… »

    Jules, 19 ans, est étudiant en droit. « Lycéens, étudiants, on est tous ensemble, nos galères sont les leurs et vice versa. On demande juste à étudier dignement », explique le jeune homme. Lui a fait sa scolarité à Muret, du côté de Toulouse. « J’ai des collègues en terminale STMG qui n’ont pas eu de prof dans leur matière principale sur tout le second semestre. C’est récurrent dans tous les lycées de France. Le budget 2027 prévoit 1 500 suppressions de professeurs, il y a un trop grand écart entre ce qu’on vit et ce que les politiques veulent faire pour nous. »

  • À Marseille, plus de service du soir au resto universitaire Galinat

    À Marseille, plus de service du soir au resto universitaire Galinat

    « Les moyens que nous pouvions mettre sur ce dispositif étaient fragiles », reconnaît le directeur général du Crous Aix-Marseille-Avignon, Marc Bruant. En cette période de rentrée, c’est par hasard que les étudiants marseillais ont découvert que le restaurant universitaire Galinat fermait désormais ses portes en soirée, un an et demi après la mise en place de ces services, le 2 décembre 2024. De quoi susciter l’indignation d’une partie des étudiants concernés.

    « Cette décision honteuse illustre le mépris latent envers la condition étudiante », réagissent vivement, dans un communiqué commun, Jeunes socialistes, Jeunes écologistes et le syndicat étudiant « Internationale étudiante », en rappelant qu’« en France, 66% des étudiants sautent des repas chaque semaine ». Même réaction, pour l’Union étudiante qui y voit « le résultat de neuf ans de macronisme et de sous financement du Crous ». « Sous prétexte de renforcer les autres restaurants universitaires le soir, la direction du Crous prive des milliers d’étudiants de repas à 1 euro », déplore le syndicat étudiant.

    « Les moyens que nous pouvions mettre sur ce dispositif étaient fragiles et faisaient peser sur les équipes en place un poids particulier, nous n’avions pas assez de personnel », justifie le directeur général du Crous. L’inquiétude était d’autant plus forte avec la généralisation du repas à 1 euro : « Une fréquentation supplémentaire n’était pas gérable sur ce site », reconnaît Marc Bruant. Le choix a donc été fait de déployer les équipes du RU Galinat sur le site de Canebière, à vingt minutes de là, déjà ouvert en soirée, « permettant d’accueillir largement plus que les deux restaurants », promet-il. En concédant : « Nous avons sans doute manqué de qualité dans la communication. »

  • Quatre enseignants syndiqués suspendus dans les Bouches-du-Rhône

    Quatre enseignants syndiqués suspendus dans les Bouches-du-Rhône

    Au total sept personnels de l’éducation liés à une activité syndicale ont été convoqués le 31 août, à la veille de la rentrée scolaire, pour un entretien préalable à sanction. « Ces suspensions conservatoires allant jusqu’à 4 mois, ces sanctions et ces menaces de non-renouvellement de contrat, liste la CGT dans son communiqué, s’apparentent à une volonté [du Rectorat ndr] de faire des exemples ». Pas de 25e rentrée pour Jadran Svrdlin et deux de ses collègues à l’école de la Tourtelle. Interdits d’approcher l’école, les élèves et les enseignants. « Nous avons alerté sur l’alarme incendie en panne durant six mois, sur un chauffage défaillant depuis des années, sur l’externalisation du ménage et la dégradation du service, sur des non-remplacements d’enseignants », explique ce professeur qui enseigne depuis 7 ans dans cette école. « À chaque fois nous avons documenté nos alertes, précise-t-il, à chaque fois les problèmes soulevés ont été minimisés. » Sans vouloir dévoiler les éléments de l’enquête, le syndicaliste assure y voir « clairement une mesure d’intimidation ».

    Et à La Ciotat

    À La Ciotat, c’est « un management autoritariste et le manque de considération envers une accompagnante scolaire (AESH), l’exclusion de cantine d’élèves handicapés faute d’embauche d’accompagnants ou le fait de confier à une agente territoriale (Atsem) 15 élèves en remplacement d’une enseignante » qu’a dénoncé Coralie Hernandez. Enseignante à l’école Jean-Zay depuis 2020, elle est interdite de classe cette rentrée. « On me reproche des absences liées à mon mandat syndical car ça romprait le climat de confiance entre l’école et la famille ! », précise l’enseignante encore sous le choc.

    « Eux, ils ont la sanction, nous, on a la solidarité », ne désarme pas la syndicaliste. À ces cas s’ajoute, au sein de l’administration elle-même, « le non-renouvellement de deux agents en CDD qui animaient une section syndicale CGT, sous prétexte de réorganisation des services du Rectorat ». Pour la CGT cette chronologie de décisions appelle des explications. Pas de communication du côté de l’Académie Aix-Marseille, car « une enquête administrative est en cours ».

  • Rentrée : des ambitions sans réels moyens

    Rentrée : des ambitions sans réels moyens

    Quelques jours seulement après les annonces d’Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale (notre édition du 28/09), Benoît Delaunay, recteur de l’académie d’Aix-Marseille et de la région académique Paca, emboîte le pas de son patron. « Il n’y aura pas cette année de réforme d’ampleur mais plutôt une poursuite de ce qui est déjà enclenché », a-t-il d’emblée confirmé, dans le sillon des déclarations de son supérieur, qui, jeudi, disait vouloir en finir avec « l’annualité des mesures qui limite les perspectives » Et de rappeler, dans la foulée, trois des quatre nouvelles priorités établies par Édouard Geffray la semaine passée : instruire, protéger, unir. Sur l’instruction, Benoît Delaunay rappelle qu’un focus doit s’établir sur deux points en particulier : la maîtrise de la langue française, « avec l’objectif d’une ressource de 2 500 mots de vocabulaire à la sortie de la maternelle », et celle des raisonnements scientifiques, « deux compétences sanctionnées lors des examens ». L’approfondissement de la démarche Collèges en progrès, mise en place en décembre 2025 et concernant 25 établissements de l’académie, a également été évoqué. « Les collèges choisis l’an passé continueront de bénéficier d’un renforcement de l’enseignement, a détaillé le recteur. Cela passe par plusieurs stratagèmes, comme, par exemple, la multiplication des entraînements au brevet ».

    Protéger et inclure

    Sur le volet de la protection, notamment contre les agressions sexuelles, au centre de vives contestations depuis l’affaire Lyhanna, dont le meurtre et le viol avaient révélé en mai de lourds dysfonctionnements judiciaires, Benoît Delaunay assure que les élèves recevront, dans les semaines qui suivent, le questionnaire dédié promis par le ministre. Concernant la lutte contre les écrans, qui passe cette année par un élargissement de l’interdiction des téléphones, désormais également prohibés au lycée, le recteur se dit confiant. « Les lycées attendent cette loi depuis plusieurs mois et sont préparés. Il n’y aura pas trop de difficulté à faire appliquer ce texte de nécessité publique », promet-il. Sur l’inclusion enfin, le recteur évoque une réalité « imparfaite » mais assure y apporter une « attention particulière ». Interrogé sur le cas des Accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH), mobilisés nationalement en juin pour réclamer un « vrai statut », Benoît Delaunay note que « la situation s’améliore » bien qu’« il s’agisse d’un travail de long cours ». L’académie devrait cette année compter 188 AESH de plus que l’an passé, a-t-il précisé.

    Baisse démographique

    Comme la quasi-totalité des académies, celle d’Aix-Marseille affronte cette année une baisse démographique, avec 5 000 enfants de moins en primaire et 800 au collège par rapport à 2025. Une diminution du nombre d’élèves qui, en début d’année, avait permis au gouvernement de justifier la fermeture de nombreuses classes, dont 55 dans l’académie d’Aix-Marseille. Une nouvelle carte scolaire qui avait suscité une importante fronde des professeurs des écoles en mars et avril derniers, ceux-ci voyant dans cette baisse démographique l’occasion d’améliorer l’encadrement des élèves. « L’académie n’a rendu que 20 postes de professeurs des écoles. Si on avait suivi la démographie, c’est plus d’une centaine d’emplois que j’aurais dû rendre, a justifié Jean-Yves Bessol, inspecteur académique des Bouches-du-Rhône. Le ministère, le département et l’académie tiennent donc compte de cette baisse démographique ». Et Benoît Delaunay de conclure : « Je voudrais finir sur les mots du ministre, fierté et espoir, et (…) rappeler que si, bien sûr, nous avons des difficultés, nous avons un socle solide ». Un socle tout de même attendu dans la rue le 29 septembre, à l’occasion d’une grève nationale de la fonction publique, où il sera notamment question des « moyens » à mettre en œuvre pour répondre aux bonnes intentions ministérielles…

    « Je veux rappeler que
    si, bien sûr,
    nous avons
    des difficultés, nous avons un socle solide »

  • Parcoursup : 126 000 candidats en attente

    Parcoursup : 126 000 candidats en attente

    C’est un été compliqué qui s’annonce pour des milliers de lycéens et étudiants en réorientation. La phase principale d’affectation de Parcoursup s’est clôturée samedi 11 juillet, la plateforme recense 126 652 candidats, parmi lesquels 57 024 bacheliers, 46 216 étudiants en réorientation et 23 412 candidats scolarisés à l’étranger, n’ayant pas reçu de proposition positive à l’un de leur vœu formulé. Cela équivaut à près de 15% des demandes, quand 576 749 bacheliers et 152 351 étudiants ont reçu au moins une proposition d’admission. À titre comparatif, le nombre de candidats sans proposition était de 103 582 en 2025. « Comme l’an dernier, ce sont des dizaines de milliers de bacheliers qui ont des réponses négatives à leurs vœux, des dizaines de milliers qui sont affectés dans une filière “par défaut”, parfois loin de chez eux, avec tous les frais et les difficultés que cela engendre… », dénonce dans un communiqué la Fédération nationale de l’enseignement de la culture et de la formation professionnelle Force ouvrière (Fnec FP- FO).

    Huit ans après son instauration, l’outil reste plus que jamais décrié. « La logique de Parcoursup a été faite pour créer une espèce de goulot d’étranglement qui s’inscrit dans la volonté de tri des élèves qu’on a vus à tous les niveaux, jusqu’au collège avec “le choc des savoirs” », fustige Marion Chopinet secrétaire académique du Snes-FSU Aix-Marseille. Dans un communiqué, le ministère de l’Enseignement supérieur pointe un « contexte de croissance forte du nombre de candidats inscrits cette année sur Parcoursup », soit 66 000 supplémentaires, en particulier du nombre de lycéens +10 000 par rapport à 2025 (660 000 lycéens au total) et davantage d’étudiants, 206 000 étudiants en réorientation (soit +23 000 par rapport à 2025).

    Une hausse démographique qui s’accompagne d’une suppression de 10 300 places cette année par rapport à 2025 selon Snesup-FSU. Auxquelles s’ajoutent les 43 000 places en moins par rapport à 2024. « Au lieu de mettre les moyens sur le supérieur et sur l’université pour ouvrir des places à tout le monde, on a pris le prétexte des taux de réorientation ou d’échec en première année pour créer un système de sélection extrêmement difficile. C’est-à-dire que maintenant, même sur un accès à l’université, la place n’est pas acquise », tempête Marion Chopinet.

    « Même à l’université,

    la place n’est pas acquise »

    Dès lors, et pour éviter que les élèves ne subissent le stress de se retrouver sans orientation, les professeurs les incitent à choisir des filières moins sélectives, à défaut de s’orienter vers celles qui leur plaisent… « On est hyper attentifs à ce que les élèves mettent des vœux de sécurité. C’est dans toutes les stratégies expliquées partout qu’on ne fait pas que des vœux sélectifs sur Parcoursup, puisque même les universités s’intègrent là-dedans, mais là aussi, même quand on demande une fac de sciences ou de langue, on n’est pas du tout sûr d’avoir de la place », déplore la syndicaliste. Quelque 5 781 bacheliers et 719 étudiants sans proposition d’admission ont depuis le 1er juillet sollicité l’accompagnement personnalisé des commissions d’accès à l’enseignement supérieur (CAES) pour les aider à trouver une place.

    La phase complémentaire se poursuit sur Parcoursup jusqu’au 10 septembre. Les candidats pourront se tourner d’ici là vers les formations où des places sont encore disponibles. Quelque 83 000 places sont vacantes dans 6 000 formations diversifiées (licences, BTS, BUT, classes préparatoires, écoles, etc.), selon le ministère de l’Enseignement supérieur. Si l’on se fie à la carte interactive des formations disponibles, il reste par exemple des places en prépa au lycée Saint Exupéry à Marseille (15e), ou encore en licence de lettres à l’université d’Avignon, en BTS négociation et digitalisation de la relation client au lycée Dominique-Villars de Gap, en BUT génie biologique parcours agronomie au site de Digne-les-Bains de l’IUT d’Aix-Marseille, ainsi qu’en apprentissage certificat de spécialisation sommellerie au sein du lycée des métiers d’hôtellerie et tourisme Anne-Sophie-Pic à Toulon.

    Explosion de l’enseignement supérieur privé lucratif

    « En parallèle, le gouvernement Macron-Lecornu fait tout pour diriger les jeunes vers des formations payantes… ou bien vers l’armée », fustige la Fnec FP-FO, qui appelle à abroger Parcoursup. Et pour cause : sur les 16 635 formations consultables sur la carte interactive du ministère en charge, 6 646 le sont au sein d’établissements publics, 4 425 vers des structures privées en contrat avec l’État ou d’établissement d’enseignement supérieur consulaire (EESC), quand 5 564 sont exclusivement privés, allant de l’apprentissage rémunéré par l’entreprise à des formations facturées à 9 700 euros l’année ! « Parcoursup, ce n’est pas seulement le stress et la sélection. C’est aussi l’explosion de l’enseignement supérieur privé lucratif. Un marché parallèle s’est développé, financé par la taxe d’apprentissage et par des familles laissées seules face à un algorithme. Les jeunes sont l’avenir du pays, pas une marchandise. », alertait en janvier le sénateur communiste Pierre Ouzoulias.

  • Les bacheliers mention « très bien » récompensés par la Région Sud

    Les bacheliers mention « très bien » récompensés par la Région Sud

    « Félicitations à tous, chers bacheliers ! Nous mettons à l’honneur votre travail et votre mention très bien avec notre bourse au mérite de 300 euros ! », indique la Région Sud, présidée par Renaud Muselier, lors de la cérémonie organisée ce jeudi, pour saluer les quelque 3 624 bacheliers de l’Académie d’Aix-Marseille ayant obtenu cette distinction. Crée en 2016, ce dispositif a déjà permis d’accompagner près de 52 000 jeunes pour un montant de plus de 20 millions d’euros. Une mesure qui s’ajoute aux différents dispositifs en faveur des jeunes : gratuité des manuels dans les lycées ; restauration scolaire ; aides au financement des tenues professionnelles ; Pass Zou ! et Pass Santé Jeunes.

  • L’action du réseau Universités sans frontières devantle rectorat à Aix

    L’action du réseau Universités sans frontières devantle rectorat à Aix

    Les membres du réseau Universités sans frontières a mené une action pour s’opposer au décret Baptiste, relatif aux frais différenciés pour les étudiants hors union européenne. Si un étudiant européen paie 178 euros pour une licence et 254 euros pour un master, un étudiant hors Union se verrait, lui, payer 2 895 euros pour une licence, et 3 941 euros pour un Master. Le RUSF 13 indique qu’il sera reçu prochainement par le rectorat, à la suite de cette mobilisation.

  • Une écoute téléphonique au chevet des étudiants d’Aix-Marseille

    Une écoute téléphonique au chevet des étudiants d’Aix-Marseille

    À partir de 21h et jusqu’à 2h30, deux à trois bénévoles rejoignent ce que l’équipe appelle « la brigade de nuit ». L’antenne de l’association de prévention des risques de santé mentale Nightline a ouvert il y a 8 mois à Marseille. Cette ligne d’écoute, gérée par des étudiants bénévoles formés et accompagnés, couvre les besoins de tous les étudiants de l’académie d’Aix-Marseille. Elle répond à un réel besoin, « avec un pic lors des partiels », souligne Vincent Biarneix, responsable de l’association.

    « Rendre accessibles ces outils à tous les jeunes »

    Les thématiques récurrentes sont en premier lieu les ruptures amoureuses, suivies par la solitude et l’isolement. Sur le premier trimestre 2026, l’association a reçu 600 appels. « On aimerait recruter davantage de personnes pour pouvoir faire face aux besoins », partage Yanis* le président-bénévole de l’antenne.

    Au-delà des appels, des ateliers de sensibilisation et de prévention sont organisés par les bénévoles, services civiques et salariés, soit une petite équipe de moins de 30 personnes. Ils se rendent dans les lycées, les universités et les missions locales pour « parler de santé mentale, la déstigmatiser, libérer la parole dans l’optique de rendre accessibles tous nos outils aux jeunes de France », indique Julie Pierre-François, déléguée territoriale de Nightline Aix-Marseille.

  • Les lycéens de la région restituent leurs travaux sur la Shoah

    Les lycéens de la région restituent leurs travaux sur la Shoah

    Au lycée Adam-de-Craponne, à Salon-de-Provence, le projet pédagogique retenu a été celui d’un format du type « C’est pas sorcier » au sujet des femmes des Sonderkommando, ces déportées chargées de faire fonctionner les fours crématoires des camps de concentration durant la Seconde Guerre mondiale. « Nous avons travaillé, sur l’année, à partir des cahiers nouvellement édités d’Alter Fajnzylberg, militant juif communiste interné à Auschwitz, rescapé des Sonderkommando », rapporte Nathalie Dupont, professeur de lettres de terminale.

    Depuis 2015, 47 000 lycéens ont bénéficié du dispositif « Mémoire et citoyenneté », financé par la Région Sud. Ce travail de mémoire sur l’univers concentrationnaire est mené sur l’année scolaire par les enseignants avec les élèves, en lien avec des historiens et des auteurs.

    Un voyage d’étude « vraiment marquant »

    Le parcours « hors les murs » débute au camp des Milles, ancien camp d’internement et de déportation, situé à Aix. Les lycéens se rendent ensuite au Mémorial de la Shoah et au Panthéon à Paris, avant de se déplacer en Pologne, au camp d’Auschwitz-Birkenau, pour un « voyage d’étude ».

    « Ça a créé une dynamique de classe forte, c’était touchant », confie Margaux, en classe de terminale générale au lycée Adam de Craponne. « Nous étions au camp d’Auschwitz en janvier, ce qui nous a permis de voir à quel point les conditions étaient terribles. C’était vraiment marquant », conclut-elle.