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  • COM : pluie d’avis favorables face au risque inondation

    COM : pluie d’avis favorables face au risque inondation

    Un projet « utile » voire « indispensable » attendu « depuis 30 ans ». Depuis que la préfecture de l’Hérault a ouvert, le 9 octobre* sur son site, une consultation publique afin de répondre à une injonction de la cour administrative d’appel de Toulouse – qui réclame un complément d’information relatif aux mesures compensatoires liées au risque inondation du futur Contournement ouest de Montpellier (COM) –, les citoyens n’hésitent pas à donner leur avis.

    Si la plupart des commentaires évoquent les bienfaits supposés du COM plutôt que les garde-fous proposés pour limiter les dangers lors des intempéries, force est de constater qu’une écrasante majorité des répondants approuve ce projet porté par ASF (filiale de Vinci Autoroutes), de relier l’A709 (Saint-Jean-de-Védas) à l’A750 (Juvignac) via une deux fois deux voies de 6,2 km limitée à 90 km/h.

    La plupart des défenseurs voient dans le COM l’opportunité d’en finir avec les embouteillages monstres de l’ouest montpelliérain. « Le raccordement (…) semble une évidence », estime Thierry, qui y voit aussi une forme de « continuité » avec le projet de Liaison intercantonale d’évitement nord (Lien) porté par le Département de l’Hérault. « Le COM permettra d’améliorer la circulation et la sécurité des usagers sur un axe très fréquenté et souvent saturé », abonde un autre citoyen.

    Quant au véritable sujet de la consultation, les avis favorables se contentent le plus souvent de prendre acte, estimant « sérieuse » la prise en compte des enjeux hydrauliques et « suffisantes » les mesures compensatoires. À savoir : l’aménagement d’un chenal de délestage au droit de la RN 109 ainsi que la création d’une zone d’expansion des crues en rive droite de la rivière Mosson, sur le site d’Engarran.

    Un autre recours à venir

    Côté opposants, qui auraient préféré la tenue d’un vrai débat public éclairé avec des experts sous la direction de la Commission nationale du débat public, que ni la préfecture ni les communes n’ont jugé utile de saisir, le compte n’y est toujours pas. « La préfecture a fait le minimum. On ne sait même pas ce qu’elle fera de ces avis », déplore Céline Scornavacca. Légal, le procédé est-il assez transparent, sincère ? Ce sera au juge administratif de trancher. La porte-parole du collectif Autre COM à son avis. « L’échangeur nord actuel n’est pas poids lourds compatibles. S’ils ne voulaient pas faire sauter ce verrou à camions, ils n’y toucheraient pas. » Quant à la protection face à une crue centennale, elle est dubitative : « On sollicite des experts, mais je ne crois pas que le projet soit à la hauteur des enjeux hydrauliques. »

    Quoi qu’il advienne, cet épisode ne signera pas la fin du combat. Un recours contre l’autorisation environnementale doit encore être jugé. Les opposants comptent bien soulever leurs objections sur l’absence de prise en compte du « trafic induit » (révélée par une étude des Shifters), la « sauvegarde des espèces protégées » ou encore les « expropriations ».

    Tandis que les travaux du COM sont censés débuter en 2027, bien malin qui peut certifier une date de livraison (l’horizon 2030 paraît optimiste), si tant est que le projet voie le jour.

    * Et jusqu’au 9 novembre inclus.

  • Le préfet ouvre un boulevard au COM

    Le préfet ouvre un boulevard au COM

    Après des années d’atermoiements, le Contournement ouest de Montpellier (COM) semble sur la voie royale. Le préfet de l’Hérault vient de lui offrir un boulevard, une autoroute, diraient les opposants à ce projet routier de construction d’une 2 fois 2 voies (plus une voie d’urgence empruntée par les bus) de 6,2 km entre Saint-Jean-de-Védas et Juvignac.

    Le double objectif affiché par les porteurs du projet, à savoir relier l’A709 à A750 et ainsi réduire le trafic de transit dans Montpellier, qui souffre des embouteillages et de la pollution, a été réaffirmé par le préfet de l’Hérault. Comme il s’y était engagé, François-Xavier Lauch est (enfin) venu, lundi 15 septembre, présenter aux maires et conseillers métropolitains les contours d’un projet jusqu’ici ficelé en coulisses entre l’État, le maître d’ouvrage désigné (Vinci) et l’exécutif de la Métropole.

    Durant cette séance de travail d’1h30 non ouverte à la presse, le représentant de l’État a défendu bec et ongles le COM qu’il juge « indispensable », comme le président Michaël Delafosse (PS). Selon François-Xavier Lauch, les résultats de l’enquête publique préalable qu’il avait programmée en août (au grand dam des oppositions) sont sans appel. « Quand 6 000 personnes se prononcent sur une infrastructure de ce type, avec 65% en faveur du projet, je pense que c’est beaucoup. » Suffisant en tout pour annoncer publiquement qu’il délivrera l’autorisation environnementale le 30 octobre au chantier qui pourrait débuter (après les diagnostics archéologiques) fin 2026 ou début 2027. D’un coût de plus de 300 millions d’euros financé par Vinci (qui se rémunérera sur la hausse du tarif des péages de l’A9 à Baillargues et Saint-Jean-de-Védas), l’infrastructure doit être livrée à l’horizon 2030.

    Le préfet juge et partie ?

    Ainsi la messe semble dite, même si le préfet dit « s’attendre à des recours ». Pourtant, à l’instar de René Revol (Grabels), Isabelle Touzard (Murviel) ou Véronique Négret (Villeneuve), des maires ont soulevé des interrogations voire émis des réserves. C’est aussi le cas de Manu Reynaud, pourtant fidèle adjoint au maire M. Delafosse. Plutôt que ce qui est désormais qualifié de « route express », l’élu écologiste aurait préféré un « vrai boulevard urbain limité à 70 km/h, pas 90 km/h ». D’autant, insiste-t-il, que « l’infrastructure est conçue pour 110 km/h donc surdimensionnée ». Persuadé, à l’instar de l’échec annoncé du doublement de l’A9, que les bouchons persisteront après le COM, Manu Reynaud s’étonne aussi d’apprendre qu’aucun aménagement pour le covoiturage n’a encore été envisagé.

    Du côté du collectif AutreCOM, pas d’étonnement. Mais on s’agace d’un certain passage en force du préfet. « Il bafoue son rôle d’arbitre, il a un devoir de réserve. Il devrait attendre le rapport du commissaire enquêteur », souligne une porte-parole du collectif d’opposants. Chez AutreCOM, on s’interroge aussi sur la crédibilité des trois études commandées par la Métropole et présentées aux élus lundi soir. « La première a été faite par des personnalités émérites au Canada, la seconde confiée à un géographe pro-Frêche et la troisième à un chercheur du CNRS qui critique l’agence Atmo », liste la porte-parole qui y voit « des études de complaisance financées par le contribuable ». « Elles reprennent les éléments de langage de Vinci, elles sont bâclées. Leur seul but est de discréditer l’étude des Shifters, qui prouve que le trafic induit n’est pas pris en compte dans le projet de Vinci. »

    « Pour un vrai boulevard urbain limité
    à 70 km/h »