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  • Des douanières de Marseille défileront à Paris le 14 juillet

    Des douanières de Marseille défileront à Paris le 14 juillet

    Un jour qui va marquer d’une pierre blanche leur carrière. Anne-Sophie, responsable du pôle RH à la direction régionale de Marseille et Noémie, membre de la brigade de surveillance extérieure sur le port à Port-Saint-Louis se préparent activement à défiler le 14 juillet à Paris.

    Après une sélection parmi 200 candidats, effectuée notamment par Anne-Sophie, qui va assurer le rôle de chef de bataillon, elles arrivent à une intense cession d’entraînement de deux semaines, à l’école nationale des douanes à La Rochelle, prévue mi-juin. « On marche entre 20 et 30 kilomètres par jour », explique Anne-Sophie, « le physique entre en jeu mais aussi le mental. Nous sommes l’avant-dernier bataillon à défiler, devant les légionnaires, c’est nous qui faisons le plus de mètres ». Le but : « que nous ne réfléchissions plus aux distances, que cela devienne un automatisme » embraye Noémie qui sera parmi les six gardes au drapeau, un emblème historique, orné du cor et de la grenade.

    Marcher au pas n’est pas naturel pour cette administration qui n’est plus militaire (lire ci-dessous). Administratifs et agents de terrain vont devoir trouver une harmonie. « Ce qu’on cherche c’est un collectif qui va réussir à porter nos valeurs », précise Anne-Sophie. Viendra ensuite, pour les 50 agents du carré et les trois remplaçants prévus en cas de blessure, le moment de monter à Paris, le 5 juillet, afin de prendre ses marques, sous la houlette de l’autorité militaire. « C’est elle qui décide si on est prêt ou pas », précise Anne-Sophie. Ne pas trop sourire sans être crispé non plus, contenir ses émotions, suivre la musique… Tout est soigneusement millimétré pour un temps dont toutes les deux espèrent néanmoins profiter. « Même si on sait que ça va passer vite », reconnaît Noémie dans un sourire.

    Porter haut des valeurs

    Avec ses deux ans et demi de douane, ce défilé pour lequel elle était déjà volontaire l’an dernier, reste un « honneur, quelque chose qui reste exceptionnel. On est fiers ». Fille de militaire, Anne-Sophie a eu la chance de voir son père le faire. « J’avais toujours un peu cette idée qu’il puisse aussi voir sa fille », confie-t-elle. Elle espère que ses deux enfants de 5 et 9 ans seront aussi « fiers de voir leur maman ». Mais surtout, viscéralement attachée à une administration où elle officie depuis 17 ans, elle entend mettre en lumière un métier « qui nécessite de prendre sur soi et d’accepter des fois un rôle un peu ingrat, un peu discret ». Elle tient aussi à préciser qu’« on ne s’attend pas forcément à avoir un chef de Pôle RH défiler sur les Champs le 14 juillet. Je le fais aussi pour ça. Dans l’administration, il y a des services qui sont invisibles, mais qui sont là pour faire que le reste fonctionne ». Elle sera la représentante de « tous ces collègues qu’on oublie souvent ».

    Les deux agentes incarneront également leur genre. La douane met un point d’honneur à ce que les bataillons soient dirigés chaque année alternativement par un homme et une femme. « Montrer que cet exercice ne doit pas être teinté plus masculin ou plus féminin » reste pour elles importants. « Parmi la garde au drapeau, on a l’égalité. Au final, le bataillon est plutôt équilibré », se félicite Noémie. Quand Anne-Sophie souhaite nous raconter une anecdote. « Je défilerai en pantalon, comme mes collègues de derrière et pas en jupe. C’est volontaire. Il n’y a pas si longtemps que ça que les femmes cadres supérieures ont ce vêtement dans la tenue de cérémonie… »

    Depuis 2016, pour marquer l’engagement de la douane face aux crises et dans la lutte contre le terrorisme suite à la vague d’attentats qui a touché la France, la douane participe de nouveau au défilé du 14 juillet. Sa présence remontait à celui de la Victoire en 1919, en hommage à leur contribution militaire exceptionnelle durant la Première Guerre mondiale.

    Pas moins de 19 000 agents avaient alors été regroupés en bataillons afin de sécuriser les frontières et 1 421 douaniers meurent au champ d’honneur. Lors de la Seconde Guerre mondiale, les bataillons sont mobilisés en 1939, 326 douaniers sont tués, d’autres seront déportés.

  • Pour Noël et la Saint-Sylvestre, les marins pompiers au taquet

    Pour Noël et la Saint-Sylvestre, les marins pompiers au taquet

    Dix minutes chrono. C’est le temps que se donnent les marins pompiers pour intervenir, du coup de fil à l’arrivée des secours sur place. Dans le centre de traitement des appels, à l’état major du BMPM, boulevard de Strasbourg (3e), ils sont 15 à se relayer sur 24 heures. Des hommes et des femmes expérimentés, capables d’évaluer rapidement la situation, même si le numérique leur vient en aide explique le capitaine de frégate Bruno. Un logiciel paramétré par leur soin permet aux marins pompiers de savoir exactement la topographie des lieux, si des travaux sont en cours… Histoire de ne pas engager un gros camion là où il ne pourra pas passer précise ce dernier.

    Sur l’écran géant, une carte de la ville avec des étiquettes pour figurer les équipes engagées. Un code couleur permet à deux opérateurs de suivre les interventions en cours et d’ajuster : « Orange, ils sont à l’hôpital, en jaune en train de revenir, en vert disponible et en rouge en intervention », détaille-t-il.

    Depuis début décembre, des moyens supplémentaires ont été engagées « afin de faire face à la demande de secours sur le centre-ville ville et à proximité de Grand Littoral et de La Valentine, les magasins sont ouverts, les gens font leurs courses et aussi samedi dernier autour du Vieux-Port pour le feu d’artifice et le spectacle de drones », précise le capitaine de frégate.

    Plus de technicité

    Pour la nuit du 31 décembre, bien moins agitée que celle du 14 juillet, jusqu’à 350 personnes sont mobilisées pour porter secours. Une vingtaine de marins sont dédiés aux ambulances uniquement, « c’est 15% de plus », précise le vice-amiral Lionel Mathieu, commandant du bataillon. « On décale l’armement de nos engins pour avoir plus de personnel la nuit, jusqu’à 3h du matin », ajoute le capitaine de frégate Bruno.

    Si la nuit de Noël devrait être plutôt calme, ils redoutent « les accidents de la circulation notamment avec les trottinettes (+56% cette année), bref les comportement à risque. L’invulnérabilité n’existe pas », martèle le vice-amiral.

    Tout au long de l’année, le bataillon a pu constater une hausse des appels, à raison de 4% par rapport à 2024, soit 126 000 en 2025, pour 346 interventions par jour, indique-t-il, sans être vraiment en mesure d’analyser cette tendance. « Je pense que c’est la même chose pour le 17, nous sommes peut être dans un sentiment global anxiogène, où on a besoin d’être rassuré et à Marseille ce qui rassure c’est le bataillon », constate Yannick Ohanessian (PS), adjoint au maire de Marseille, en charge de la sécurité publique et du BMPM.

    Pour autant l’augmentation des effectifs n’est pas à l’ordre du jour. L’idée étant plutôt pour le vice amiral de gagner en efficacité avec plus de technicité. Plus d’officiers ont été engagés, la Ville et la Marine financent une école qui devrait voir le jour sur la friche Louis Armand (12e) en 2030.