Blog

  • « Derrière l’élection de Trump, il y a l’extrême droite »

    « Derrière l’élection de Trump, il y a l’extrême droite »

    La Marseillaise : Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire ce livre ?

    Patrick Le Hyaric : J’ai été sollicité pour de nombreuses conférences à la suite d’un précédent livre. Donc, j’ai fait beaucoup de rencontres, de conférences un peu partout. Au fur et à mesure du déroulement des événements et notamment de la deuxième élection de Trump, j’ai senti un questionnement nouveau lié à cette situation. Cette élection est le signe d’un mouvement général où de plus en plus d’autocrates prennent le pouvoir, où on nie la science et l’enseignement. Derrière tout cela, il y a la montée des forces de l’extrême droite partout dans le monde. C’est un basculement extrêmement important du monde qui est en train de se dérouler sous nos yeux est le résultat des contradictions d’un capitalisme mondialisé à bout de souffle et qui cherche des solutions à ses contradictions et à ses crises. C’est tout ça qui m’a conduit à faire ce livre.

    Dans votre livre, vous parlez d’une internationale brune. Qu’est-ce que cela ?

    P.L.H. : C’est tous ces gens qu’on voit aujourd’hui : Bolsonaro, qui heureusement a été battu au Brésil, le président actuel du Salvador, Trump. Et tous ceux autour de lui : Peter Thiel, Steve Bannon, Elon Musk et les seigneurs de la tech qui ont rallié pour des intérêts bien particuliers : celui de la révolution numérique. Et en Europe, il y a Viktor Orban, Giorgia Meloni et tous les partis d’extrême droite qui monte comme l’AfD en Allemagne ou Nigel Farage au Royaume-Uni. C’est cela l’internationale brune : les forces du nouveau capitalisme, qui choisissent de nouveaux mandataires, voire qui vont directement au pouvoir. Par exemple, autour de Donald Trump, ce ne sont pas des ministres, ce sont des secrétaires d’État, mais ce sont des ministres qui sont issus du monde capitaliste lui-même.

    Le terme « internationale » fait penser à des échanges entre eux. S’organisent-ils ?

    P.L.H. : Oui, elle est organisée. Elle se réunit. Il n’y a pas si longtemps que ça, au mois de juin, dans le Loiret, autour de Bardella et de Le Pen [où l’extrême droite Européenne s’est réunie]. Il y a eu deux grandes réunions à Madrid et en Italie avec Bannon et d’autres. Elle aura évidemment des contradictions liées à la défense des capitalismes nationaux. Comme ils sont nationalistes, ce qui les rend encore plus dangereux, ils se développent chacun dans leur coin ce qui provoquera inévitablement des contradictions.

    Vous affirmez que l’élection de Donald Trump est le résultat de la dérégulation des années 80. En quoi ?

    P.L.H. : La liberté totale de circulation des capitaux et des marchandises a abouti au fait que les capitaux se délocalisent pour aller exploiter des mains d’œuvre à moindre coût. Dans ce système globalisé et libéralisé, une part de l’appareil productif occidental est partie vers les pays du Sud-Est asiatique ou au sein de l’Europe. Cela a fait beaucoup de mal à l’ancienne industrie et aux classes ouvrières. La stratégie de Trump, a été de parler à ces couches-là contre la mondialisation capitaliste. Il a donc mis en place des taxes douanières en disant à ces ouvriers « on va vous protéger ». Mais, le capitalisme nationaliste n’a pas aboli le capitalisme. Et ceux qui vont payer ce sont évidemment les pays affectés par les taxes et les consommateurs.

    Quelles solutions ?

    P.L.H.  : Je crois beaucoup à quelque chose qui apparaît utopique aujourd’hui : l’alliance des peuples, pour transformer le monde pour qu’il soit plus juste et humain.

  • Duel de Real pour Madrid à San Sebastian

    Duel de Real pour Madrid à San Sebastian

    C’est la veillée d’armes pour les clubs engagés en Ligue des Champions. L’OM fera son entrée, mardi, avec un déplacement à Madrid face au Real, le club qui a gagné le plus de coupes aux grandes oreilles. Néanmoins, si les Olympiens vont disputer leur match de championnat ce vendredi, les Merengues ne joueront que samedi et auront ainsi un jour de récupération de moins que les hommes de Roberto De Zerbi.

    Les coéquipiers de Kylian Mbappé sont leaders du championnat d’Espagne, avec un sans-faute de trois victoires en trois matches. Ce samedi, ils seront en déplacement sur la pelouse de la Real Sociedad, qui a eu un début de saison plus compliqué, puisque le club de San Sebastián est quinzième.

    Prochain adversaire de l’OM, et premier visiteur au Vélodrome le 30 septembre, l’Ajax, actuellement cinquième de la Eredivisie néerlandaise, recevra Zwolle, pour un duel de milieu de tableau.

    Le gros morceau du week-end, en cette entame de saison, sera pour le Sporting. Actuel troisième de son championnat du Portugal, le club Lisboète se rendra à Famalicão, qui le devance au classement, également samedi.

    Du côté des adversaires belges de l’OM, Saint Gilles et Bruges seront aussi sur le pont, samedi. Ils seront également tous les deux en déplacement. Saint-Gilles, actuel leader de la Ligue Jupiler, se rend à Dender, la lanterne rouge. Les Brugeois seront chez l’avant-dernier, à La Louvière.

    Enfin, du côté de l’Angleterre, Newcastle essaiera de lancer enfin sa saison. Les Magpies sont pour le moment englués en fin de tableau de la Premier League. Ils recevront, également samedi, le dernier de la classe, Wolverhampton.

    Seul adversaire des Marseillais à jouer dimanche, Liverpool, qui occupe le fauteuil de leader, ira défendre son bien à Burley, en clôture de la quatrième journée anglaise.

  • Benjamin Pavard est comme un poisson dans l’eau à Marseille

    Benjamin Pavard est comme un poisson dans l’eau à Marseille

    Rayonnant. C’est ainsi que Benjamin Pavard est apparu lors de sa première conférence de presse à La Commanderie, jeudi.

    Interrogé sur ses premières impressions, 24 heures après son arrivée à Marseille, le champion du Monde 2018 a été clair. « Cela faisait neuf ans que j’avais quitté la France et elle m’a beaucoup manqué, car j’en suis parti très jeune ». Alors, quand il a su que l’OM s’intéressait à lui, il n’a pas hésité.

    « Le projet m’a plu. De plus, ma femme est marseillaise et c’est un honneur pour moi de porter le maillot de l’OM », a-t-il poursuivi. Ses entretiens avec Medhi Benatia ont eu lieu sur la durée. « Cela s’est débloqué le dernier jour, mais je savais que cela allait se faire, car j’ai tout de suite été séduit par le projet sportif », reconnaît-il.

    Avant de débarquer à La Commanderie, il y a eu la case Clairefontaine, avec les deux matches des Bleus pour la qualification au Mondial 2026. Il a pu ainsi échanger avec Adrien Rabiot qui, malgré ses déboires, « ne m’a dit que du bien de son passage à Marseille ».

    Polyvalence

    Même s’il est arrivé sur le tard, à savoir mercredi, et n’aura que 48 heures d’entraînement collectif avec sa nouvelle équipe, Benjamin Pavard n’est pas inquiet quant à son intégration. « Physiquement, je me sens prêt. J’attends les choix du coach ».

    La suspension de C.J. Egan-Riley et le retour tardif d’Argentine de Leo Balerdi devraient lui permettre d’être titulaire face à Lorient. à Roberto De Zerbi de choisir s’il le fera débuter dans l’axe ou latéral droit de la défense olympienne. « Je suis polyvalent et j’ai même longtemps joué milieu défensif avec Lille », précise-t-il.

    Son retour en France, à Marseille, « dans un club très professionnel où je sens que je vais prendre beaucoup de plaisir », lui rappelle sa découverte du football allemand, à Stuttgart. Le club souabe venait de descendre en 2.Bundesliga et il a été un des acteurs majeurs de sa remontée en élite, avant de partir gagner des trophées avec le Bayern, puis l’Inter.

    Si l’OM n’est pas passé par la case Ligue 2, il est comme Stuttgart, un géant qui cherche à retrouver sa place dans la hiérarchie de son championnat. L’arrivée de Roberto De Zerbi a été la première pierre d’un édifice dont il compte bien être une poutre maîtresse.

    « Je reviens en France pour prouver ma vraie valeur, dans un club où quelque chose de fort est en train de se préparer. Dans un effectif où il y a tout pour réussir de belles choses », confesse-t-il. Benjamin Pavard qui a aussi trouvé en Roberto De Zerbi un entraîneur « dont le style me correspond. Il se donne à fond et cherche avant tout le bien de ses joueurs ». Quant à savoir si les deux caractères peuvent cohabiter, il souligne : « vous n’avez jamais vu Simone Inzaghi à l’Inter ! Au début, je pensais que certains coaches étaient fous, mais en réalité, ce sont des passionnés qui veulent tout donner pour leurs joueurs. C’est peut-être surprenant en France, mais moi, j’adore ça ».

  • Provence Rugby veut enfin lancer sa saison

    Provence Rugby veut enfin lancer sa saison

    Il est grand temps de rebondir pour Provence Rugby. Ce vendredi (19h), les Aixois reçoivent le Biarritz Olympique pour le compte de la 3e journée de Pro D2. Une victoire est obligatoire après les deux revers contre Soyaux et Valence-Romans. La semaine dernière, au stade Maurice-David, les locaux ont perdu leur premier match à domicile depuis un an et demi. Une défaite sur la sirène qui a fait mal au crâne à tout un club. Pour remédier à cela, le groupe a tenté de se prendre en main et de trouver des solutions aux principaux défauts de ce début de saison. « On a échangé avec des cadres de l’effectif, dès le samedi matin, pour trouver des solutions. Clairement, on rate notre début de saison. Nous voulions attaquer et c’est complètement raté », explique Sébastien Fouassier, entraîneur des avants.

    Il a fallu changer des choses car, manifestement, certains points travaillés en présaison n’ont pas fonctionné. Trois points sont mis en avant par le staff. « Il y a eu trop d’erreurs individuelles, qui ont coûté des points. L’indiscipline est toujours présente et l’envie collective était moins forte que celle de nos adversaires. Ajoutez à ça nos entames de périodes », détaille Sébastien Fouassier.

    Des Biarrots également revanchards

    Après la défaite contre Valence (30-33), Philippe Saint-André pointait du doigt la nécessité de « retrouver l’humilité pour commencer à gagner des matches. » Garder les pieds sur terre pour aller chercher ces premiers succès clés et enfin lancer la saison. « Je dis au groupe, depuis un mois et demi, que nous avons une bonne équipe, mais nous ne sommes pas les extraterrestres de la Pro D2. Il faut aussi avoir ce retour à la réalité et à l’humilité, parce que notre sport nous le rappelle très vite », explique l’entraîneur.

    Pour vaincre Biarritz, « il faudra remettre les choses dans l’ordre. » S’appliquer face à une équipe qui vient de perdre 44-10 contre Colomiers. Des adversaires revanchards arrivent donc en Provence et la pression est plus élevée pour les Aixois. « Il y a une grosse attente sur les actes, sur le terrain, demain [ce vendredi] à 19h » met en avant Sébastien Fouassier. Victoire impérative pour Provence Rugby.

    3e journée de Pro D2

    Coup d’envoi à 19h au stade Maurice-David.

    Arbitre : Anthony Lac.

    Provence : Drouet – Lapegue-Lafaye, Lucas, Colombet, Bituniyata – Salles, Cazenave – Jalagonia, Voisin, Harrison – Rodda, Zafra Tarazona – Francis, Latterrade, Wegrzy.

    Biarritz : Kibirige – Bonneval, Spring, Even, Elissondo – Arandiga, Aurrekeotxea – Du Preez, Imaz Agirre, Jegerlehner – Sanderson, Backhouse – El Fakir, Ouldji, Mur.

  • 3 500 nageurs engagés au Défi de Monte-Cristo

    3 500 nageurs engagés au Défi de Monte-Cristo

    Nager dans une eau turquoise en étant entouré de paysages paradisiaques, c’est ce que vont vivre plus de 3 500 nageurs, ce week-end. Ils seront précisément 3 582 à se jeter à l’eau pour participer aux différentes courses du Défi de Monte-Cristo.

    C’est à La Ciotat que cet événement se déroule pour la deuxième année consécutive. Installé au large de Marseille, au château d’If, depuis la fin du siècle dernier, le défi s’ouvre à un autre lieu depuis 2024. L’an passé, 2 600 personnes s’étaient inscrites au cours des deux jours de compétition. Ce mois de septembre, ils seront donc 1 000 de plus, sachant que les épreuves s’étendent, cette fois, de vendredi à dimanche. « Nous sommes très heureux de voir un engouement autour de cette nouvelle étape à La Ciotat », confie Dominique Mena, aux manettes de l’événement.

    Neuf formats sont proposés pour cette seconde édition ciotadenne, avec des distances allant de 1 à 5km. Une formule qui fonctionne et que les habitués connaissent parfaitement. Le site est donc l’un des points forts du Défi de Monte-Cristo. « Avec La Ciotat, on est gâtés. L’Île verte sert de départ et porte bien son nom, puisqu’elle est boisée, contrairement au château d’If. Ensuite, les nageurs passent devant le Bec de l’aigle puis à l’entrée de la calanque du Mugel, avant d’entrer dans les eaux turquoise le long des plages », décrit Dominique Mena. Un parcours à en mettre plein les yeux aux participants, qui doivent tout de même nager le plus vite possible pour rejoindre la ligne d’arrivée.

    Un événement éco-responsable

    Les nageurs sont plongés dans l’ambiance de la course avant même de prendre le départ. Un déplacement en bateau jusqu’à l’Île verte est prévu pour tous. « Partir en bateau amène un côté aventure et c’est aussi ce que recherche le participant. Quand le nageur embarque, a priori, le seul moyen de revenir est à la nage », raconte dans un sourire Dominique Mena. Les inscrits sont en plus à l’abri du vent. à Marseille, ils ont un souffle sur le crâne, à La Ciotat, le Bec de l’Aigle couvre toutes bourrasques et garantit une sécurité supplémentaire.

    Le Défi de Monte-Cristo s’engage également d’un point de vue environnemental. Les organisateurs mettent en avant 17 engagements comme le zéro plastique, le tri et recyclage des déchets ou encore une utilisation moindre des bateaux à moteur thermique. Les trophées sont aussi spéciaux, comme l’explique le patron de l’événement. « Les médailles et trophées sont aussi réalisés dans une démarche éco-responsable. Ils sont fabriqués à partir de déchets plastiques ramassés sur les plages et recyclés pour leur donner cette forme. » Un village éco-construit a également été mis en place sur l’esplanade Langlois, au bord de mer. L’arrivée s’effectuera placée devant la plage et les nageurs pourront se restaurer et se reposer dans cet espace ouvert aussi aux spectateurs. Avec une belle météo annoncée au rendez-vous, les 3 582 participants risquent bien d’en prendre plein la vue, ce week-end, à La Ciotat.

  • La colère sociale face à un pouvoir bunkérisé

    La colère sociale face à un pouvoir bunkérisé

    « Linstabilité politique commande à l’humilité et à la sobriété », a déclaré, faussement modeste, le nouveau Premier ministre, au cours d’une prise de parole de trois minutes. Un signe de fébrilité ? Au même moment, des manifestations se déroulaient sur tout le territoire dans le cadre du mouvement « Bloquons-tout » contre la politique antisociale d’Emmanuel Macron. « On va y arriver, il n’y a pas de chemin impossible », a ajouté Sébastien Lecornu, conscient de ne pas disposer, comme son prédécesseur, François Bayrou, de majorité à l’Assemblée nationale.

    Sans développer sa pensée, il a annoncé « des ruptures sur le fond » et des changements « dans la manière de travailler avec nos oppositions ». Il a aussi dit vouloir s’attaquer « au décalage entre la vie politique du pays et la vie réelle » qui devient « préoccupant ». Mais il n’a pas eu un mot pour le mouvement social en cours ni évoqué le prochain budget, dont les grandes lignes ont été dévoilées le 15 juillet par François Bayrou, avec 44 milliards de coupes budgétaires. C’est sur la base de cette cure d’austérité que le président du Modem a chuté, le 8 septembre, en engageant sa responsabilité devant les députés.

    Le premier geste politique du 5e Premier ministre de ce second quinquennat a été de débuter par des tractations avec ses soutiens, issus d’un « socle commun » de plus en plus fragilisé. Il a ainsi reçu, mercredi après-midi, Gabriel Attal, secrétaire général du parti Renaissance et président du groupe des députés Ensemble pour la République. En dépit de ses rancœurs envers le chef de l’État, qui l’avait débarqué sans ménagement de Matignon en décidant de dissoudre l’Assemblée nationale, le 9 juin 2024, Attal a assuré le Premier ministre, dès sa nomination, de son entier soutien. Ont suivi dans le bureau de Matignon, Bruno Retailleau, président du parti Les Républicains, ministre de l’Intérieur démissionnaire, et Laurent Wauquiez, président du groupe LR à l’Assemblée nationale. Deux hommes qui représentent un parti dont la moitié des députés a refusé la confiance à Bayrou. Retailleau, qui tient à rester place Bauveau, sort affaibli de cette fronde des députés de droite.

    Politique pro-riches

    Dans la foulée, le nouveau Premier ministre a aussi déroulé le tapis rouge à un ancien Premier ministre d’Emmanuel Macron, Édouard Philippe, aujourd’hui président du parti Horizons et dont les ambitions présidentielles sont limpides. « Sébastien Lecornu me paraît avoir les qualités pour essayer d’amener autour de la table des gens qui ne feront pas exactement ce qu’ils souhaitent, mais qui pourront s’entendre pour éviter que la France aille plus mal », a-t-il déclaré, le 9 septembre, sur TF1. Sur le fond, la politique pro-riches n’est remise en cause par aucune des formations du socle commun. Pour ne pas immédiatement sauter, Sébastien Lecornu doit composer avec les gauches et notamment le PS. Il recevra les représentants des partis et des groupes de gauche (pour l’heure la FI ne serait pas invitée) dans les prochains jours. « Si c’est pour nous dire que “tout change pour que rien ne change” nous censurerons », prévient le premier secrétaire du PS, Olivier Faure. Pour arracher la passivité des socialistes, Lecornu fera-t-il des concessions ? Le choix d’Emmanuel Macron de le nommer à Matignon ne semble pas le suggérer.

    Quant à l’extrême droite, Jordan Bardella dit attendre « une rupture » et n’agite pas de censure a priori, mais avance l’obsession de son parti en demandant le durcissement de la politique migratoire.

    Les syndicats seront aussi reçus. Ils comptent s’appuyer sur le mouvement social, amorcé ce mercredi et qui se poursuivra le 18 septembre, pour exiger la justice sociale pour tous et la fin de l’austérité.

  • « Le présidentialisme est la cause de la crise de régime »

    « Le présidentialisme est la cause de la crise de régime »

    La Marseillaise : Pourquoi François Bayrou s’est-il fait hara-kiri ? Est-ce une demande du président Macron ?

    Paul Alliès : Je ne suis pas dans les secrets présidentiels ni gouvernementaux. Je me souviens de l’épisode de l’installation de Bayrou qui s’est imposé à Macron qui n’en voulait pas. Le résultat est pathétique, sa gestion sur la forme comme sur le fond est ridicule. C’est 9 mois d’une baudruche qui se dégonfle. Bayrou a été inventé par l’élection présidentielle [2002, 2007, 2012, Ndlr], sinon il n’aurait pas existé. On a cette habitude en France où ceux qui échouent reviennent deux ou trois fois. La présidentielle rend tout le monde fou. Autour de l’idée de « l’extrême centre », on réinvente sans cesse l’idée d’un homme qui réconcilierait les extrêmes ou les évacuerait hors du champ politique mais c’est l’échec total. Macron a choisi des Premiers ministres issus des plus petites formations de l’Assemblée nationale, plutôt que le Nouveau Front populaire arrivé en tête le 7 juillet 2024. Ça a été le début de l’aveu d’une crise de régime.

    Pourquoi n’est-ce pas une énième crise politique mais une véritable crise de régime ?

    P.A. : Pour trois raisons. D’abord on a une Constitution bonapartiste qui a prouvé qu’elle est élastique et qui a promu le Président de la République au sommet de tous les pouvoirs. Premier problème : nous n’avons plus de Bonaparte, de de Gaulle ou de Mitterrand, qui ont épousé l’habit présidentiel, pour occuper un tel statut. Macron est un nain par rapport à ces figures présidentielles ! Deuxièmement, nous n’avons pas comme aux États-Unis par exemple, un système équilibré avec des contre-pouvoirs. En France, le président peut tout faire, tout déséquilibrer. On s’en aperçoit depuis un an mais cela ne date pas d’hier. À cela s’ajoute un usage abusif par le chef de l’État des dispositions constitutionnelles : la dissolution, la nomination du Premier ministre, le sursis de 2 mois accordé à Gabriel Attal… Le mal a été aggravé. Enfin, on a un blocage du pays par le haut, par un présidentialisme augmenté sans précédent. Prétendre qu’il n’y a pas de crise de régime parce qu’il reste des pouvoirs dans les mains du président de la République, c’est se tromper de thermomètre ! Le présidentialisme est la cause de la crise de régime. Le pays ne supporte plus cette situation. Ce régime ne peut plus contenir la société qu’il doit gérer.

    Le tripartisme d’aujourd’hui accroît-il le besoin de refonte
    de notre constitution
     ?

    P.A. : C’est parfaitement vrai. Il y a un état de sénescence du régime politique de la Ve République qui a été créée, écrite et mise en pratique à une époque révolue (1958). Nous sommes les seuls en Europe à avoir un système aussi archaïque et exotique. Aucun membre de l’Union européenne ne pratique ainsi le présidentialisme où le Parlement n’existe pas. Prenez l’Italie, l’Espagne, l’Allemagne même la Pologne ou la Hongrie : ils ne peuvent pas connaître une crise telle que nous la connaissons. Il y a des solutions parlementaires, avec des pouvoirs donnés au Parlement et au gouvernement qui en est issu. De sorte que leurs Premiers ministres peuvent trouver des compromis. La culture du compromis est rendue possible ou pas par les institutions. Comment voulez-vous que cela soit possible en France ? Le scrutin majoritaire à deux tours est la pire des choses. Cela fait des décennies qu’on réclame une proportionnelle, Bayrou aussi et il n’a rien fait alors qu’une simple loi suffit. Là vous avez un système qui sélectionne les candidats avec les partis, passent des accords programmatiques qui empêchent tout compromis avant la Présidentielle. Or, aujourd’hui, (avec le tripartisme), il n’y a plus de majorité. Emmanuel Macron peut dissoudre mais cela ne changerait rien, à moins que le RN n’obtienne la majorité absolue. Ce serait encore pire. Le droit de dissolution a changé de nature, Macron l’a enterré.

    La Ve République pourrait-elle constituer elle-même un danger pour la démocratie dans les mains de l’extrême droite ? On pense à l’article 16 sur les pleins pouvoirs au président…

    P.A. : La seule qui depuis deux élections se pose en défenseuse inconditionnelle de la Ve République, c’est Marine Le Pen. Elle répète qu’on a le meilleur régime politique au monde. Elle s’active comme Sarkozy qui banalise le RN pour faciliter l’accès de Bardella à Matignon. Le Pen fait l’apologie de la Ve République et a 16 projets de révision de la Constitution pour transformer le régime présidentialiste en régime hyper-présidentialiste, autoritaire, accéléré par la crise que nous vivons.

    Comment une VIe République pourrait-elle rééquilibrer les pouvoirs et protéger la démocratie et les droits fondamentaux ?

    P.A. : Avant d’évoquer la VIe République, il y a deux articles de notre Constitution à modifier qui changeraient beaucoup de choses, notamment à cette crise de régime. L’article 8 empêche que l’Assemblée fasse elle-même le choix du Premier ministre, c’est un pouvoir discrétionnaire et exclusif du président qui choisit en grand seigneur, en monarque. Et ensuite, c’est le président qui gouverne ! Le Parlement doit choisir le Premier ministre. Et quand il vote la défiance, proposer le nom d’un remplaçant. De même, la révocation du Premier ministre doit revenir à l’Assemblée. Deuxièmement, l’article 12. Là encore, la dissolution ne doit pas être à la discrétion totale du chef de l’État qui peut en faire une menace, un chantage vis-à-vis de l’Assemblée.

    La VIe République est un vaste sujet que l’on avait travaillé avec Arnaud Montebourg. On souhaitait la promouvoir à partir de la présidentielle, sans supprimer l’élection du président au suffrage universel direct, comme dans 12 pays européens, avec un régime parlementaire derrière. La demande de la société est telle qu’il faut trouver des médiations, des structures intermédiaires de pouvoir, de véritables référendums d’initiative citoyenne. Le problème c’est comment passe-t-on à la VIe République ? Mélenchon fait du tam-tam dessus, c’est devenu un programme pour les jours de fête où lui gouvernerait pendant 6 ans le temps de changer de régime. Le slogan VIe République est devenu un cache-sexe de pratiques pas toujours démocratiques. À l’entendre, c’est lui ou les fachos. LFI repart sur la voie de la destitution qui, en réalité, est impraticable. Le seul cas d’un départ de Macron avant la fin ce serait la démission que seul de Gaulle avait incarnée.

    La pression de la rue peut-elle obliger Macron à enfin changer de politique voire à quitter son poste ?

    P.A. : La psychologie de Macron est très particulière. On l’a vu pendant les Gilets jaunes. À chaque issue possible par le compromis, il prend la voie inverse. S’il y avait un mouvement social important comme pour les retraites -pas besoin du grand soir- alors je pense que Macron, qui ne pourrait plus faire passer ses oukases, ses petits trafics à l’Assemblée avec son micro parti, devrait démissionner.

    « La France est le seul pays en Europe avec un système aussi archaïque »

  • Marseille, menaces racistes contre une élue au Conseil départemental

    Marseille, menaces racistes contre une élue au Conseil départemental

    Mort aux Arabes” tagué sur ma porte ce [jeudi] matin, à l’intérieur même du conseil départemental 13 », décrit la conseillère départementale (PCF) Audrey Garino. « Une menace de mort, une de plus. Au-delà de l’attaque personnelle, c’est toute notre ville qui est visée par le racisme et la haine, par les amalgames et ces idées immondes », s’insurge l’élue, également adjointe au maire de Marseille, déléguée à la solidarité. Très choquée et « très inquiète du climat politique actuel », elle devrait porter plainte dans la journée. « Il faut que ça s’arrête ! ».

    De son côté, « c’est avec une profonde indignation que j’ai appris la diffusion de message à caractère raciste, inscrit dans les étages de l’hôtel du Département, stipule Martine Vassal, la présidente (DVD) du Département. Je condamne fermement ces actes. Le racisme n’a pas sa place dans nos murs et nulle part ailleurs », déclare-t-elle. « Je déposerai plainte au nom du Département des Bouches-du-Rhône » et d’assurer les « agents » de sa pleine mobilisation…

    Benoît Payan, le maire (DVG) de Marseille avait essuyé un affront similaire pas plus tard que ce week-end via un message sur les réseaux sociaux illustré d’un pendu, alors qu’il partageait un repas lors du Kouss Kouss festival.

    Celui-ci a vite réagi à cette nouvelle provocation : « Le racisme décomplexé et les menaces de mort arrivent jusqu’à l’intérieur du Département13. Nous n’avons pas peur, nous ne laisserons pas faire. Marseille est unie, fière et plus forte que la haine », lance-t-il dans un message de soutien apporté à son adjointe. « Qu’ils déversent leur haine, nous répondrons par plus de force et de fierté dans nos combats politiques, ajoute la première adjointe écologiste Michèle Rubirola, le racisme ne gagnera jamais ! ».

    « Assez ! », lance l’ancienne sénatrice et élue marseillaise Samia Ghali. « En anonyme sur les réseaux sociaux contre Benoît Payan (…), masqué dans la nuit pour poser une tête de cochon sur une mosquée ou en catimini dans les couloirs d’une collectivité locale, le racisme et la haine des Arabes se répandent. Nous refusons de nous y résigner ! » , assure-t-elle. À l’instar de Jérémy Bacchi, sénateur communiste des Bouches-du-Rhône, Le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel a assuré de son « total soutien » l’élue « menacée et insultée au nom de son engagement en faveur de sa ville et de tous les Marseillais et Marseillaises », écrit-il. Le combat continue.

  • Des blocus rapidement réprimés par la police

    Des blocus rapidement réprimés par la police

    Douze blocus étaient annoncés, ce mercredi, dans les Bouches-du-Rhône, dans le cadre du mouvement citoyen « Bloquons tout », né sur les réseaux sociaux. Une opération en partie endiguée par les forces de l’ordre, mobilisées en très grand nombre dans le département et dans le reste du pays, comme l’a souligné très tôt le ministre de l’Intérieur démissionnaire Bruno Retailleau, rappelant que « 80 000 gendarmes et policiers » seraient sur le pont dans la journée.

    À Marseille, en centre-ville, le point de rendez-vous fixé à 6h30 sur la place Castellane s’est très rapidement déporté sur le boulevard Vincent-Delpuech (6e), reliant l’A50 à l’avenue Jules-Cantini, où s’est installé un bref blocus. À 7h15, la police retirait déjà les barricades disposées sur la route, que les manifestants avaient désertée pour rejoindre le boulevard Sakakini (5e), qu’ils bloqueront peu de temps avant que les forces de l’ordre n’interviennent et que la circulation reprenne normalement, aux alentours de 9h. Le même cortège s’est ensuite rendu à l’entrée du tunnel Prado-Carrénage pour tenter de bloquer le rond-point de l’Europe. Un blocus qui sera encore une fois réprimé. En parallèle, les centaines de manifestants rassemblés à la Porte d’Aix dès 6h30, ont également été repoussés et ont ensuite rejoint la passerelle de la Joliette, qu’ils sont parvenus à bloquer un temps, avant d’être de nouveau repoussés par les forces de l’ordre. Les manifestations sauvages, organisées après la manifestation officielle, dans l’après-midi, ont été réprimées par les CRS, qui à plusieurs reprises ont fait usage de gaz lacrymogènes.

    La préfecture se félicite

    « Nous avons mis en place un dispositif très agile, mobile et réactif grâce à plusieurs jours d’anticipation, ce qui permet au mouvement d’être moins virulent que prévu », se félicite la préfecture de police de Marseille en fin de matinée. « Même si nous avons constaté quelques velléités à bloquer des axes routiers importants, tel que l’A 50, l’A 55 et l’A7, les blocus ont échoué grâce à un dispositif adapté », ajoutent les représentants de l’institution. Au total dans les Bouches-du-Rhône, le bilan à 15h était de 9 interpellations, dont 2 à Arles et 7 à Marseille. Les motifs avancés sont : « Violences sur personne dépositaire de l’autorité publique, rébellion, jet de projectiles, vol, incendie de poubelle et dégradations. »

    À Toulon, le préfet annonçait en fin de matinée qu’aucun réel blocage, à La Valette, au lycée Dumont d’Urville et aux Arcs n’a perduré.

  • La rupture est dans la rue

    La rupture est dans la rue

    Des centaines de manifestations, occupations de ronds-points, piquets de grève dans les entreprises publiques et privées, blocages de collèges, lycées et universités, pacifiques et responsables dans leur écrasante majorité, ont donné le coup d’envoi, partout en France et massivement dans notre région, de l’irruption dans le débat public de la question sociale et de l’exigence d’une réponse à la hauteur : la justice sociale après huit ans de politique macroniste, honnie et impopulaire tant son caractère ultra-libéral a appauvri les ménages.

    Huit années terribles pour le monde du travail et la cohésion de la société. La réforme inique des retraites, passée en force au mépris de son rejet par les Français, demeure l’acte le plus sombre d’une politique du chaos tournée vers les plus aisés et contre les citoyens.

    Rompre avec la régression sociale

    Mais la macronie a-t-elle entendu ? Nous pouvons sérieusement en douter avec la nomination à Matignon de Sébastien Lecornu, ministre balayé comme François Bayrou après le refus de la confiance, le 8 septembre.

    Le nouveau Premier ministre n’a pas eu un mot, ce mercredi, pour les mobilisations populaires. Il a néanmoins déclaré qu’« il va falloir des ruptures, et pas que sur la forme, et pas que dans la méthode, des ruptures aussi sur le fond. » S’il n’a pas été plus loquace, la rue, elle, lui a envoyé un message limpide : « Oui » pour rompre avec cette politique de régression sociale que Sébastien Lecornu soutient depuis 2017. Sa nomination a donné du carburant au mouvement social qui entend s’inscrire dans la durée. Aujourd’hui, la rupture est dans la rue.