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  • Lecornu convainc le PS et gagne du temps

    Lecornu convainc le PS et gagne du temps

    Un discours d’une trentaine de minutes et une phrase très attendue : « Je proposerai au Parlement, dès cet automne, que nous suspendions la réforme de 2023 sur les retraites jusqu’à l’élection présidentielle », annonce Sébastien Lecornu ce mardi lors de son discours de politique générale, suivi de quelques applaudissements sur les bancs socialistes. « Aucun relèvement de l’âge n’interviendra à partir de maintenant jusqu’à janvier 2028, comme l’avait précisément demandé la CFDT. En complément, la durée d’assurance sera elle aussi suspendue et restera à 170 trimestres jusqu’à janvier 2028 », précise le Premier ministre. Il a, quelques minutes auparavant confirmé l’abandon de l’utilisation de l’article 49.3 de la Constitution. « C’est la garantie pour l’Assemblée nationale que le débat, notamment budgétaire mais pas seulement, dans tous les domaines, vivra, ira jusqu’au bout, jusqu’au vote », assure-t-il face à la représentation nationale.

    Le chef du gouvernement a ainsi accédé aux requêtes du Parti socialiste, qui avait fait de la suspension de la réforme honnie, la condition sine qua non pour éviter la censure. C’est en tout cas ce qu’a implicitement confirmé Boris Vallaud, président des troupes socialistes. « La suspension de la réforme des retraites, la voici enfin », insiste-t-il, saluant une « victoire », un « premier pas » avant l’« abrogation ». Conspuant un budget « insupportable et gravement insuffisant », le député des Landes concède : « Nous faisons un pari, un pari risqué dont seul l’avenir nous dira ce qu’il est. » Le parti à la rose ne censurera donc pas – dans l’immédiat – le gouvernement Lecornu II.

    LFI, le PCF, EELV et le RN promettent la censure

    Mais ces concessions – temporaires – n’ébranlent pas la volonté du reste de la gauche de voir l’exécutif tomber. « La réforme des retraites est une faute originelle. Elle devient aujourd’hui l’assurance-vie des macronistes », ironise Cyrielle Châtelain, patronne des députés écologistes. « Le groupe Écologiste et Social ira à la censure, car nous refusons l’accaparement du pouvoir par Emmanuel Macron », renchérit la députée. Stéphane Peu, coprésident du groupe communiste et ultramarin voit dans la suspension annoncée « potentiellement une victoire ». Mais fait peu mystère sur l’issue de son vote jeudi : « Dernier grognard du président Macron, vous tomberez vous aussi pour le défendre », lance-t-il à l’adresse du locataire de Matignon.

    Plus tôt dans la journée, le président de la République a menacé les oppositions : les motions de censure sont « des motions de dissolution et doivent être vues comme telles », argue Emmanuel Macron en Conseil des ministres, en appelant à la « stabilité institutionnelle » et au sens du « compromis », selon la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon. Encore une fois, le chef de l’État renvoie la responsabilité de cette crise politique sur ses opposants. « La logique des insoumis a toujours été la même : nous ne participerons pas à votre sauvetage », prévient Mathilde Panot, cheffe des députés LFI. « Une réforme imposée contre tout un peuple, contre l’ensemble des organisations syndicales et contre l’Assemblée nationale, elle ne se conclave pas, ne se discute pas, ne se suspend pas, elle s’abroge », tranche-t-elle.

    RÉACTIONS

    Fabien Roussel, secrétaire national du PCF

    « La suspension de la réforme des retraites à 62 ans, 9 mois, 170 trimestres est une première victoire pour les 500 000 salariés qui en profiteront dès cette année C’est le fruit de toutes les mobilisations Poursuivons le combat jusqu’à l’abrogation et pour un financement juste ! »

    Olivier Faure, 1er secrétaire du PS

    « Je reste dans l’opposition mais je veux que le débat ait lieu et je souhaite que l’on puisse avancer. Nous ne censurerons pas le Premier ministre (..) Je suis heureux pour les 3,5 millions de personnes qui pourront partir à la retraite plus tôt. Quand on fait de la politique, c’est pour changer la vie des gens et provoquer une dissolution, ce n’est pas changer la vie des gens (..) Le projet de budget n’est pas le nôtre, le combat ne fait que commencer. »

    Marine Tondelier, secrétaire nationale d’EELV

    « Même si je me réjouis que notre opiniâtreté permette une avancée sur les retraites, Les Écologistes ne peuvent pas laisser passer ce gouvernement qui s’apprête à soutenir le budget que nous connaissons. Comme nous l’avions annoncé, nous censurerons ce gouvernement. »

    Manuel Bompard, coordinateur national de LFI, député des BDR

    « Le budget Lecornu prévoit l’explosion de ce que l’on doit payer lorsque l’on fait une demande de titre de séjour ou de titre de nationalité. Retailleau est sorti, mais pas ses idées racistes. Comment un député de gauche pourrait-il accepter une telle faute morale ? »

    Benjamin Lucas, député Génération.s

    « Je n’ai pas été élu pour aménager le macronisme mais pour rompre avec cette dangereuse politique. Au nom de l’intérêt général, de la défense des classes moyennes et populaires, du respect des principes démocratiques et républicains, je voterai la censure. »

    François Ruffin, député Debout!

    « Enfin, après deux années de tensions, de crispations, un Premier ministre bouge sur les retraites… Mais sur le budget ? C’est toujours du Macron, Robin des bois à l’envers, qui prend aux modestes, aux malades, aux handicapés, pour donner aux plus riches. Les milliardaires paieront toujours moins d’impôts que leurs secrétaires. Ce sera donc la censure. »

    Bruno Retailleau, président LR

    « La gauche n’est pas au gouvernement mais elle le dirige. La suspension de la réforme des retraites et le silence du premier ministre sur l’immigration prouvent que ce gouvernement est l’otage des socialistes. (…) Pour éviter la censure, le gouvernement fait payer aux Français un prix considérable. »

    Agnès Pannier-Runacher, députée Renaissance et ex-ministre

    « Je salue la main tendue sur la réforme des retraites. Ce débat doit désormais s’ouvrir en responsabilité, en ayant pour seules boussoles l’amélioration de notre système de retraites pour les travailleurs et son équilibre financier, gage de sa crédibilité pour les plus jeunes. »

  • Sursis

    Après une semaine rocambolesque faite de démission, de reconduite, de tractations, Sébastien Lecornu a opéré un repli stratégique en annonçant la suspension de la réforme des retraites tout en réaffirmant qu’il renonce à faire usage du 49.3. Deux exigences posées par le PS pour ne pas censurer son gouvernement a priori.

    Il n’en fallut pas plus pour que Bruno Retailleau, juge le gouvernement « otage des socialistes » bien qu’il contienne six ministres membres des LR fraîchement exclus et que le groupe de son parti à l’Assemblée nationale refuse de le censurer.

    Indéniablement, Sébastien Lecornu a réussi à gagner un sursis alors même que l’attitude du chef de l’État qui l’a nommé à Matignon, l’a privé de toute légitimité.

    Une brèche dans le mur de mépris macroniste

    À gauche, en dehors du PS, même si la suspension de la réforme des retraites est vue comme une première victoire et une brèche dans le mur du mépris démocratique macroniste, le compte n’y est pas.

    Communistes, écologistes et insoumis s’accordent à juger une censure incontournable. D’abord pour sanctionner le refus du président de la République de nommer un Premier ministre issu de la coalition arrivée en tête : le Nouveau front populaire. Ensuite pour stopper l’examen d’un budget qui cache derrière l’arbre de la suspension de la réforme des retraites, une forêt de reculs sociaux. Doublement des franchises médicales, gel des prestations sociales, « l’année blanche » promise par le gouvernement sera plutôt une année noire pour la justice sociale.

    Sébastien Lecornu sait bien qu’il ne tient que par un fil. La preuve ? Il a préféré ne pas poser la question de confiance.

    Son budget, inacceptable pour le monde du travail et les progressistes ne doit pas être adopté.

  • Sursis

    Sursis

    Après une semaine rocambolesque faite de démission, de reconduite, de tractations, Sébastien Lecornu a opéré un repli stratégique en annonçant la suspension de la réforme des retraites tout en réaffirmant qu’il renonce à faire usage du 49.3. Deux exigences posées par le PS pour ne pas censurer son gouvernement a priori.

    Il n’en fallut pas plus pour que Bruno Retailleau, juge le gouvernement « otage des socialistes » bien qu’il contienne six ministres membres des LR fraîchement exclus et que le groupe de son parti à l’Assemblée nationale refuse de le censurer.

    Indéniablement, Sébastien Lecornu a réussi à gagner un sursis alors même que l’attitude du chef de l’État qui l’a nommé à Matignon, l’a privé de toute légitimité.

    Une brèche dans le mur de mépris macroniste

    À gauche, en dehors du PS, même si la suspension de la réforme des retraites est vue comme une première victoire et une brèche dans le mur du mépris démocratique macroniste, le compte n’y est pas.

    Communistes, écologistes et insoumis s’accordent à juger une censure incontournable. D’abord pour sanctionner le refus du président de la République de nommer un Premier ministre issu de la coalition arrivée en tête : le Nouveau front populaire. Ensuite pour stopper l’examen d’un budget qui cache derrière l’arbre de la suspension de la réforme des retraites, une forêt de reculs sociaux. Doublement des franchises médicales, gel des prestations sociales, « l’année blanche » promise par le gouvernement sera plutôt une année noire pour la justice sociale.

    Sébastien Lecornu sait bien qu’il ne tient que par un fil. La preuve ? Il a préféré ne pas poser la question de confiance.

    Son budget, inacceptable pour le monde du travail et les progressistes ne doit pas être adopté.

  • La Marseillaise: un nouveau siège signe d’un élan retrouvé

    La Marseillaise: un nouveau siège signe d’un élan retrouvé

    Ils étaient des centaines réunis lundi place de La Marseillaise, cours d’Estienne d’Orves, à avoir répondu l’invitation pour l’inauguration du nouveau siège du journal. Tous les amis du journal, de Nicolas le cuisinier du Mondial à Robert Voisard, un des anciens directeurs, en passant par d’anciens salariés, soutiens, représentants syndicaux et corps consulaires, venus fêter l’installation dans ces nouveaux locaux. Parmi eux, aussi de nombreux élus de divers horizons. Le signe d’une profonde reconnaissance. Tout au long de l’après-midi, les visites dans ces 1000 mètres carrés complètement remis à neuf se sont enchaînées.

    Une fierté, cinq ans après la reprise du journal à la barre du tribunal de commerce emporté par la crise Covid alors que les banques avaient refusé au journal un prêt garanti par l’État. Signe de temps, son premier représentant sur le territoire, le préfet Georges-François Leclerc est sorti de sa réserve pour venir prendre part à cette joyeuse cérémonie.

    « Liberté, nous avons écrit ton nom et ce soir nous recommençons. Car nous sommes nés pour te connaître, te nommer Liberté », lancera Léo Purguette, le directeur éditorial et président du journal, paraphrasant Paul Éluard avant d’adresser un message de devant les jeunes du collège Jean de Bernardy. La chorale et de l’orchestre de cet établissement marseillais rebaptisé depuis la rentrée du nom d’un des fondateurs du journal tombé au combat face à l’ennemi Nazi, a interprété un émouvant Chant des partisans, et une non moins émouvante Marseillaise, accompagnant la chanteuse Alicia.

    Et Léo Purguette de rappeler trois lignes rouges tracées il y a cinq ans : le maintien de l’emploi. « Nous étions 49 et nous sommes aujourd’hui plus de 60, 70 avec nos amis de Zébuline », glisse-t-il. Le maintien de la zone de diffusion étendue depuis au Vaucluse. Et le maintien enfin de la ligne éditoriale, une « ligne qui s’est aiguisée, affirmée et nous a permis de progresser. » martèle-t-il encore, évoquant une progression de 10 % des ventes en kiosques en 2024.

    Et de chuter sur la défense de la liberté de la presse et du pluralisme : « Ce n’est pas une préoccupation catégorielle mais un impératif démocratique dans une république qui va si mal. À la suite des états généraux de l’information et des démarches alternatives de nombreuses propositions sont sur la table elle devrait réunir une majorité attachée à l’état de droit et aux principes démocratiques avant que le débat public ne soit asphyxié par un paysage médiatique totalement soumis au pouvoir de l’argent et au projet politique de l’extrême droite ».

    ILS ONT DIT

    Audrey Garino, Adjointe PCF au maire de Marseille

    « Il y a près de 82 ans, des femmes et des hommes ont pris la plume, non pas pour plaire mais pour résister. Depuis La Marseillaise fait entendre la voix de Marseille libre, populaire et courageuse. »

    Isabelle Campagnola-Savon, Conseillère régionale

    « La Marseillaise est le miroir de notre région avec ses forces, ses faiblesses et ses espoirs. Un engagement qui dépasse les époques. C’est un journal né de la Résistance, qui a su traverser les décennies en restant fidèle à son esprit fondateur. »

    Martine Vassal, présidente DVD du Département.

    « C’est important d’avoir un journal qui retransmette ce que nous disons sans mauvaise interprétation avec de la vérité. C’est ce qui vous a transcendé au fil de ces années, dire les choses et les faire avec beaucoup de passion. »

    Jérémy Bacchi, sénateur PCF

    « La Marseillaise s’installe dans un nouveau monde, mais son âme reste la même, celle d’un journal libre, combatif, populaire, l’âme d’une presse qui n’a jamais renoncé à son engagement pour la justice et le progrès social. »

    Georges-François Leclerc, préfet de région

    « Un préfet qui arrive par la magie d’une nomination se doit d’épouser la région qu’il a l’honneur d’administrer. Et lorsque je lis La Marseillaise, j’ai l’impression de toucher une des vérités des Bouches-du-Rhône et de Marseille. »

  • Sébastien Lecornu annonce qu’il souhaite suspendre la réforme des retraites

    Sébastien Lecornu annonce qu’il souhaite suspendre la réforme des retraites

    A l’occasion de sa déclaration de politique générale, Sébastien Lecornu annonce : « Je proposerai au Parlement dès cet automne que nous suspendions la réforme de 2023 sur les retraites jusqu’à l’élection présidentielle. Aucun relèvement de l’âge n’interviendra à partir de maintenant jusqu’à janvier 2028, comme l’avait précisément demandé la CFDT. En complément, la durée d’assurance sera elle aussi suspendue et restera à 170 trimestres jusqu’à janvier 2028 ».

    Plus d’informations dans La Marseillaise de ce mercredi

  • 18 artistes invitent à une « immersion urbaine »

    18 artistes invitent à une « immersion urbaine »

    Après avoir fait découvrir les univers de street artistes de renommée internationale comme JonOne, Andrea Ravo Mattoni, M. Chat ou encore Miss Tic, Parcelles 473 s’apprête à accueillir, cette fois, une exposition collective qui réunira 18 artistes pour un voyage artistique inédit autour du recyclage et de la transformation des matériaux urbains. « Chacun aura un espace dédié à l’intérieur ou à l’extérieur du musée pour créer des œuvres qui lui sont propres. Une œuvre en commun sera également réalisée », explique la responsable médiation du lieu, Mary Laleu.

    Plusieurs phases rythmeront ce projet inédit baptisé « Immersion urbaine », à la fois immersif et évolutif. Du 15 au 30 octobre, les visiteurs pourront découvrir les artistes en plein travail, plonger dans les coulisses de la création. « Notre but est de rendre l’art accessible à tous et de créer un pont entre les artistes et les visiteurs. Le street art est un des arts qui s’y prêtent le plus », insiste Mary Laleu. Puis, à partir du 30 octobre à 18h (vernissage) et jusqu’au 1er mars 2026, le public pourra découvrir l’exposition, laquelle sera amenée à évoluer au fil du temps.

    Exposition en mouvement

    « Nous allons programmer des permanences le week-end avec les artistes pour qu’ils puissent poursuivre leur travail créatif. L’exposition ne sera donc pas la même en octobre qu’en décembre ou février. Elle sera toujours en mouvement  », explique Laurent Rigail, le fondateur du musée. « Ce sera un parcours à travers des installations complètement différentes mais avec un fil conducteur : le recyclage ».

    Pour rendre possible cette expérience, le musée met à disposition des artistes une collection de matériaux et objets récupérés : « Décors de théâtre, façades, murs, cabines téléphoniques, morceaux de voitures, pneus, valises, panneaux de signalisation… Autant de fragments de la ville qui serviront de base à des créations inédites, entre sculpture, installation, peinture et détournement ».

    Majoritairement montpelliérains, ces artistes mettront en lumière la diversité et la richesse de la scène street art locale. Certains se sont déjà fait un nom, d’autres pas encore. « On va avoir pas mal d’artistes émergents, dont quelques-uns, comme Bénédicte Voglio, dont c’est la première exposition. L’idée étant à la fois de perpétuer le travail de certains et d’offrir un tremplin à d’autres  », souligne Mary Laleu. À noter que les œuvres créées pour l’occasion ou réalisées sur place pourront être acquises tout au long de l’événement. Des animations seront également proposées, avec la complicité de certains artistes, autour du thème du recyclage et de la récupération.

    * 425 avenue des Frères Bühler

  • « Le château des Carpathes » swingue à Arles

    « Le château des Carpathes » swingue à Arles

    « Ce projet laisse une place importante à la musique et la composition afin que les deux dramaturgies, théâtrale et musicale, se répondent et se complètent. On sait que Jules Verne était un mélomane et qu’il a travaillé à développer le théâtre musical en son temps », rappelle à juste titre Emilie Capliez, qui adapte et modernise le roman gothique publié en 1892, Le château des Carpathes. Visible mardi 14 et mercredi 15 octobre au Théâtre d’Arles, un spectacle qui fait dialoguer la comédie à une partition jazz composée par la trompettiste Airelle Besson, autour de l’histoire originelle et fantastique d’une cantatrice nommée Stilla, « dont on cherche à immortaliser et emprisonner l’image et la voix ».

    Émancipations

    « Avec ce roman », estime Emilie Capliez, « Jules Verne s’attaque à un genre littéraire qui me fascine : le roman gothique, la littérature fantastique. Il nous plonge dans l’ambiance inquiétante d’une forêt au fin fond de la Transylvanie, avec ce mystérieux château d’où s’évapore de la fumée et autour duquel va se déployer la fable ». Une toile de fond dont la metteur en scène s’empare pour un conte musical au rythme effréné, porté par huit interprètes dont « trois instrumentistes, une actrice-chanteuse et quatre comédiens », situe Emilie Capliez qui réactualise l’œuvre de Jules Verne en émancipant ses figures féminines et en questionnant leur indépendance.

    P.A.
  • Lattes, un porte-drapeau féminin

    Lattes, un porte-drapeau féminin

    Elle est presque l’égérie du sport féminin de Montpellier à elle seule. Vice-championne olympique à Paris, un jeu à cœur ouvert, Romane Bernies, capitaine expérimentée et meneuse de Lattes, incarne le savoir-faire féminin d’un sport montpelliérain, où les hommes du MHSC, MHR ou MHB étalent leurs muscles depuis un quart de siècle pour le moins…

    À quelques jours de la reprise de la Ligue féminine de basket, elle exposait le nouveau maillot du BLMA (Basket Lattes Montpellier Agglomération) au côté de l’entraîneur Valéry Demory, du directeur général Olivier Ribotta et du nouveau président Vincent Garrigues.

    « On a changé le design pour que ce soit encore plus beau. Il y a un message fort derrière pour soutenir le sport féminin », soulignait-elle au sujet du nouveau maillot du club héraultais, lancé dans sa 25e saison d’affilée au plus haut niveau.

    Tout comme Gaëlle Skrela, avant elle, Romane Bernies (32 ans), arrivé dans l’Hérault à l’été 2017, se confond avec Lattes dans un sport, soumis à un branle-bas d’effectif permanent, et porte donc l’identité d’un club, désireux de revenir aux avant-postes d’une Ligue féminine ouverte aux changements.

    Dans un sport montpelliérain en pleine mutation, Lattes-Montpellier fait de sa singularité une force. Pour cela, pour la seconde année (2024), il a organisé Héraia. Une fête du sport féminin dans la Métropole à la Sud de France Arena dimanche 5 octobre. Une fête très réussie.

    Cette journée a été une porte ouverte sur la pratique sportive au féminin. Elle s’est bouclée par une victoire (75-70) de Lattes aux dépens de Villeneuve d’Ascq, championne de France en 2024 et vainqueur de l’Eurocoupe l’an passé, pour le compte de la seconde journée. Une victoire obtenue devant 8250 spectateurs. Un record pour un match de basket féminin.

    Sous l’impulsion du DG Olivier Ribotta, le club de la périphérie de Montpellier cultive son identité, s’ouvre sur le monde, sort de son cloisonnement et s’adapte à l’air du temps. Il a délocalisé cette rencontre dans l’écrin d’une salle de 8 000 sièges pour se faire une place aux yeux de tous. Tout comme le MHB, qui joue la plupart de ses affiches à l’Arena, il profite de ce « déménagement » pour attirer la lumière.

    C’est toujours ça, faute de mieux. La construction d’une nouvelle enceinte, envisagée par un ancien maire, appartient à un autre temps. Alors, le club héraultais pousse les murs de son pied à terre exigu de Lattes. Et grignote de l’espace pour porter la capacité d’accueil à 1 500 personnes.

    Le projet est là, les travaux devraient se finaliser au printemps prochain. À l’aube du play-off quand les affaires sérieuses débutent réellement pour Lattes et les autres candidats au titre. Pour faire mieux que les deux précédentes saisons, Lattes va devoir digérer le renouvellement de son effectif et tenir la distance d’une saison au long cours. Une saison où se mêlent une Ligue féminine dense et une Coupe d’Europe énergivore lancée dès le 8 octobre par un déplacement à Brno (République tchèque).

    Autre totem de Lattes : le manager Olivier Demory vise une place dans le quatuor de tête, mais reste mesuré sur son ambition. « On a aucune garantie au vu d’un groupe qui est très jeune », prévient-il. Outre Romane Bernies, il n’a préservé que deux autres joueuses : Nell Angloma et Garance Rabot, appelé récemment en équipe de France.

    L’expérimenté manager Valéry Demory (62 ans), qui entame sa 15e saison dans l’Hérault, doit rebâtir son équipe, façonner un collectif cohérent et dégager un état d’esprit conquérant. En gros, il repart une nouvelle fois de zéro. Les deux premiers succès à Charleville-Mézières et devant Villeneuve d’Ascq tracent la voie à un long marathon.

    Une majeure partie de l’effectif a suivi la loi du plus offrant dans un basket en perpétuel mouvement. À l’image de Tarbes, finaliste relégué, les clubs doivent réduire leur train de vie, avec une baisse globale des budgets de 6 %. Ils perdent ainsi leur attractivité face à la concurrence du championnat américain WNBA, mais aussi des autres ligues européennes.

    Lattes ne fait pas exception. Pour l’heure, il n’a plus les épaules assez larges pour retenir ses meilleures joueuses, privilégier la constance et figurer parmi les favorites. Au moment où Tarbes n’a pas été autorisé à repartir, au moment où Tony Parker annonce son départ de l’Asvel, Lattes serre les cordons de la bourse et fait preuve de pragmatisme dans un basket féminin qui tangue et demeure plus jamais aux mains des Tangos de Bourges. Le club français le plus titré fera face pour le moins à Basket-Landes, champion de France niché à Mont-de-Marsan et dirigé par Céline Dumerc. Et peut-être à Lattes et sa capitaine emblématique : Romane Bernies, désireuse de confirmer samedi à La Roche-sur-Yon.

  • À Béziers, une brigade « anti-stup » municipale instaurée

    À Béziers, Robert Ménard est un as de la communication. Notamment dans le domaine de la sécurité, son cheval de bataille. Multiplication des caméras, hausse des effectifs de police municipale après l’avoir armée, etc. Des annonces tonitruantes mais sans grands résultats. Le 22 septembre dernier, le maire d’extrême droite annonçait la création d’une brigade « anti-stup » composée d’une dizaine de policiers municipaux.

    Ces derniers devront donc patrouiller dans les rues afin de lutter contre les dealers et de dissuader le consommateur. Une mission qui n’est pas du ressort de la municipale à l’origine, seule la police nationale est compétente. En effet, les agents municipaux, placés sous l’autorité du maire, exercent principalement des fonctions de préservation de tranquillité publique, de surveillance du bon ordre et de prévention des troubles à l’ordre public. Et ne sont pas habilités à fouiller ou réaliser des contrôles d’identité. Mais des conventions de coordination des interventions de la police municipale et des forces de sécurité de l’État permettent de définir des missions complémentaires pour les agents municipaux.

    Des agents formés ?

    Ainsi, pour nombre de missions touchant à l’usage de stupéfiants et aux contrôles d’identité, la convention établit que « les agents de police municipale doivent pouvoir joindre à tout moment un officier de police judiciaire [OPJ, Ndlr.] », à savoir un policier national. Ou encore elle autorise le travail de nuit des municipaux. « Les conventions font des mises à disposition. Ce qui veut dire qu’ensuite, les policiers municipaux sont directement sous les ordres des OPJ. Ils rendent aussi compte au maire, mais les OPJ peuvent leur donner des missions. Comme ils les secondent dans les missions de police judiciaire, ça peut être sur des affaires de stupéfiants », détaille Sophie Mazas, membre de la LDH de l’Hérault.

    Un transfert de compétences qui s’explique notamment par le sous-effectif de la police nationale. « Sauf qu’il y a une augmentation des prérogatives mais pas des formations. Et donc si on augmente les prérogatives, si les policiers municipaux sont confrontés à une situation inhabituelle, ils ne sont pas formés pour la gérer. Par exemple, pour des techniques d’immobilisation, qui peuvent être dangereuses », poursuit Sophie Mazas. Les policiers peuvent se retrouver en danger ou des bavures arriver. Ce qui pose la question du recrutement, lequel repose sur des critères locaux laissés à l’appréciation des mairies.

    En somme, une brigade aux pouvoirs limités, mal formée, devant être encadrée par des policiers nationaux pour une efficacité restant à démontrer – la nouvelle escouade ne va pas s’attaquer aux têtes de réseau. Mais Robert Ménard aura fait parler une nouvelle fois de lui.

  • À Béziers, une brigade « anti-stup » municipale instaurée

    À Béziers, une brigade « anti-stup » municipale instaurée

    À Béziers, Robert Ménard est un as de la communication. Notamment dans le domaine de la sécurité, son cheval de bataille. Multiplication des caméras, hausse des effectifs de police municipale après l’avoir armée, etc. Des annonces tonitruantes mais sans grands résultats. Le 22 septembre dernier, le maire d’extrême droite annonçait la création d’une brigade « anti-stup » composée d’une dizaine de policiers municipaux.

    Ces derniers devront donc patrouiller dans les rues afin de lutter contre les dealers et de dissuader le consommateur. Une mission qui n’est pas du ressort de la municipale à l’origine, seule la police nationale est compétente. En effet, les agents municipaux, placés sous l’autorité du maire, exercent principalement des fonctions de préservation de tranquillité publique, de surveillance du bon ordre et de prévention des troubles à l’ordre public. Et ne sont pas habilités à fouiller ou réaliser des contrôles d’identité. Mais des conventions de coordination des interventions de la police municipale et des forces de sécurité de l’État permettent de définir des missions complémentaires pour les agents municipaux.

    Des agents formés ?

    Ainsi, pour nombre de missions touchant à l’usage de stupéfiants et aux contrôles d’identité, la convention établit que « les agents de police municipale doivent pouvoir joindre à tout moment un officier de police judiciaire [OPJ, Ndlr.] », à savoir un policier national. Ou encore elle autorise le travail de nuit des municipaux. « Les conventions font des mises à disposition. Ce qui veut dire qu’ensuite, les policiers municipaux sont directement sous les ordres des OPJ. Ils rendent aussi compte au maire, mais les OPJ peuvent leur donner des missions. Comme ils les secondent dans les missions de police judiciaire, ça peut être sur des affaires de stupéfiants », détaille Sophie Mazas, membre de la LDH de l’Hérault.

    Un transfert de compétences qui s’explique notamment par le sous-effectif de la police nationale. « Sauf qu’il y a une augmentation des prérogatives mais pas des formations. Et donc si on augmente les prérogatives, si les policiers municipaux sont confrontés à une situation inhabituelle, ils ne sont pas formés pour la gérer. Par exemple, pour des techniques d’immobilisation, qui peuvent être dangereuses », poursuit Sophie Mazas. Les policiers peuvent se retrouver en danger ou des bavures arriver. Ce qui pose la question du recrutement, lequel repose sur des critères locaux laissés à l’appréciation des mairies.

    En somme, une brigade aux pouvoirs limités, mal formée, devant être encadrée par des policiers nationaux pour une efficacité restant à démontrer – la nouvelle escouade ne va pas s’attaquer aux têtes de réseau. Mais Robert Ménard aura fait parler une nouvelle fois de lui.