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  • JO d’hiver 2030 : après des mois de crise, le comité d’organisation veut repartir de l’avant

    JO d’hiver 2030 : après des mois de crise, le comité d’organisation veut repartir de l’avant

    Le Premier ministre Sébastien Lecornu était lui-même monté au créneau fin février : « Tout le monde à son poste de combat et tirons tous (…) dans le même sens pour y arriver en 2030 », avait-il lancé depuis Albertville, où était fêtée la délégation tricolore après ses succès aux JO de Milan-Cortina. Car – très mauvais point pour l’image – c’est en pleins jeux d’hiver italiens que les organisateurs des JO-2030 dans les Alpes françaises avaient fait part de « désaccords insurmontables » entre Edgar Grospiron, président du comité d’organisation, et son directeur général Cyril Linette. Ce dernier a quitté le Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques (Cojop) fin février, quatrième départ d’une série noire entamée avec la démission en décembre de la directrice des opérations, Anne Murac, suivie de celle du directeur de la communication Arthur Richer, puis du président du comité des rémunérations Bertrand Méheut, ancien président du groupe Canal+.

    « Après la phase critique que nous avons connue », le bureau exécutif de jeudi doit permettre aux parties prenantes – gouvernement, régions hôtes, comités olympique et paralympique – « d’acter » un certain nombre de décisions sur l’organigramme et l’organisation du Cojop, avait résumé la ministre des Sports Marina Ferrari au sortir de la précédente réunion, évoquant « un nouveau Meccano ».

  • Les derniers tests de Didier Deschamps avant le Mondial

    Les derniers tests de Didier Deschamps avant le Mondial

    C’est un avant-goût de Mondial qui attendra les Bleus durant la prochaine trêve internationale.

    Pendant que les derniers billets pour la phase finale seront distribués à l’occasion des barrages, l’équipe de France sera déjà aux États-Unis pour y disputer deux rencontres amicales, contre le Brésil, puis face à la Colombie. Deux confrontations de prestige qui vont permettre à Didier Deschamps d’effectuer ses derniers tests, avant de dévoiler la liste définitive, le 13 mai.

    Mbappé retrouve sa place

    Kylian Mbappé, qui a refait son apparition sur une pelouse mardi, en Ligue des champions, avec le Real Madrid en entrant en fin de match face à Manchester City (2-1) est présent.

    L’absence de Bradley Barcola, indisponible plusieurs semaines pour une entorse de la cheville, profite elle à Randal Kolo Muani, buteur avec Tottenham en 8e de finale retour de Ligue des champions. Le Monégasque Maghnes Akliouche, déjà présent en novembre, est également appelé.

    En défense, Deschamps a pallié le forfait de Jules Koundé sur le côté droit en convoquant le joueur de la Juventus Turin Pierre Kalulu, qui a connu son unique sélection face à l’Espagne en demi-finales de la Ligue des nations en 2025 (défaite 5-4).

    Côté gardiens de but, Lucas Chevalier, malgré la perte de son statut de titulaire avec le PSG, accompagnera Mike Maignan et le Rennais Brice Samba.

    Le groupe

    Gardiens : Lucas Chevalier (PSG), Mike Maignan (AC Milan), Brice Samba (Rennes).

    Défenseurs : Lucas Digne (Aston Villa), Malo Gusto (Chelsea), Lucas Hernandez (PSG), Théo Hernandez (Al-Hilal), Pierre Kalulu (Juventus), Ibrahima Konaté (Liverpool), William Saliba (Arsenal), Dayot Upamecano (Bayern Munich).

    Milieux de terrain : Eduardo Camavinga (Real Madrid), N’Golo Kanté (Fenerbahçe), Manu Koné (AS Rome), Adrien Rabiot (AC Milan), Aurélien Tchouameni (Real Madrid), Warren Zaïre-Emery (PSG)

    Attaquants : Maghnes Akliouche (Monaco), Rayan Cherki (Manchester City), Ousmane Dembélé (PSG), Désiré Doué (PSG), Hugo Ekitike (Liverpool), Randal Kolo Muani (Tottenham), Kylian Mbappé (Real Madrid), Michael Olise (Bayern Munich), Marcus Thuram (Inter Milan).

  • Handball : les Bleus battent l’Espagne, Desblancs fête son entrée

    Handball : les Bleus battent l’Espagne, Desblancs fête son entrée

    Soir de premières pour les Bleus du handball. Deux, précisément. Lors de ce France – Espagne, au Mans, les fans en tribunes ont pu découvrir Talant Dujshebaev, nouveau sélectionneur. Joueur puis entraîneur de légende, l’hispano-kirghize effectuait sa première rencontre sur le banc des sextuples champions du monde. Un jeune aixois a également fait ses débuts en équipe de France. Du haut de ses 21 ans, Eliott Desblancs commençait son aventure en bleu, après avoir connu toutes les catégories de jeunes.

    Le demi-centre du Pauc a rapidement été aperçu sur le parquet. Après un quart d’heure réussi de la France (9-5), Dujshebaev a changé tous ses joueurs et Desblancs a fait son entrée. Il était aux côtés de Melvyn Richardson et Elohim Prandi sur la base arrière. Rien que ça. Le numéro 20 a surtout réalisé des combinaisons pour ses deux partenaires et a joué les engagements rapides à chaque fois. C’est lui qui est allé chercher un jet de 7 mètres, à cinq secondes de la mi-temps, pour conserver une longueur d’avance. Et permettre aux Bleus de mener 16-15.

    Second France – Espagne dimanche

    Eliott Desblancs n’a ensuite plus été vu sur le terrain. Il faudra encore attendre pour voir le premier but de l’Aixois sous le maillot de l’équipe de France A. Avec des gardiens performants et des ailiers qui ont rempli leur rôle de finisseurs, les Bleus ont dominé cette partie. Ils ont aussi pu compter sur leurs hommes forts – Nedim Remili, Thibaud Briet, Elohim Prandi -, pour matraquer le secteur central espagnol. Résultat, une victoire 29-26 à l’Antares Arena. Revanche prévue ce dimanche, à 13h30, entre ces deux nations fortes du handball.

  • Sochaux débarque à Aubagne pour un choc de National

    Sochaux débarque à Aubagne pour un choc de National

    Briser une série négative et s’imposer face à un cador du championnat et du football français. Tel est l’objectif du SCAAB, ce vendredi soir (19h30). Aubagne accueille le FC Sochaux Montbéliard, actuel 3e de National. L’ancien grand club français est en train de redorer son blason avec une belle saison, qui en fait un candidat sérieux à la montée en Ligue 2. Le retour de Peugeot, historique partenaire du FCSM, a aussi, récemment, amené une dynamique positive au sein du club doubiste.

    Ce n’est pas pour autant que le coach bucco-rhodanien Gabriel Santos part défaitiste avant cette rencontre. « On connaît la difficulté, parce que Sochaux, ils ont une très bonne équipe, qui joue dans le même système depuis longtemps. Je pense aussi que ça va se jouer dans l’état d’esprit. On est capable de les battre », appuie le technicien portugais. Les Aubagnais restent donc sur quatre défaites en championnat et, pourtant, la qualité de jeu est loin d’être mauvaise. Ces dernières semaines, les matches n’ont pas tourné en leur faveur, à l’image de cette confrontation contre le leader dijonnais. Un revers 2-1, à cause de deux penalties, alors qu’un joueur de champ a tenu la cage durant 45 minutes. Un scénario que produit parfois le National.

    Objectif haut de tableau

    Gabriel Santos est heureux de l’intensité produite par ses joueurs à l’entraînement et sait que la réussite peut tourner rapidement. Il met en avant « une rigueur tactique, offensive et défensive. » « Franchement, on travaille bien. Tous les joueurs sont concernés et on sent qu’au bout d’un moment, ça va tourner en notre faveur, parce qu’on travaille bien, on travaille avec l’intensité. Personne ne veut poursuivre cette dynamique. Les joueurs savent très bien que pour sortir de là, il n’y a qu’un seul chemin », assure-t-il.

    Le plus petit budget de National reste ambitieux et souhaite finir dans la première partie de tableau. Le but est affiché, la 10e place actuelle est correcte, mais aller chercher un top 8 en mai prochain ravirait du terrain aux bureaux du club. Le calendrier est difficile dans les prochaines semaines, avec plusieurs moments clés où il va falloir faire le plein de points (Châteauroux, Valenciennes), entre deux confrontations face à des candidats à la promotion. Le SCAAB reçoit le FCSM en étant au top de ses capacités. Pour retrouver le chemin de la victoire, 35 jours après.

    AUBAGNE – SOCHAUX

    26e journée de National

    Stade de Lattre-de-Tassigny (19h30)

    Aubagne : Gil, Nehari, Chibani, Mimb Baheng, Ndiaye, Diaby, El Kaddouri, Bentoumi, Mayilla, Chaban, Berrabha, Daou, M’Dahoma.

    Sochaux : Jeannin, Youssouf, Vitelli, Peybernes, Tavares, Mexique, Masson, Boutoutaou, Baghdadi, Gomel, Djoco, Fofana, Gomis, Mendes.

  • Un duo défensif pour stabiliser la défense de l’OM

    Un duo défensif pour stabiliser la défense de l’OM

    Benjamin Pavard et CJ Egan-Riley avaient une carte à jouer lors des deux derniers matches de l’OM.

    Le champion du Monde français et l’Anglais avaient disparu des écrans depuis quelques matches. Ils ont bénéficié de la blessure de longue durée de Nayef f Aguerd et de la rechute de Leo Balerdi pour retrouver une place dans le onze de départ. Avec des résultats différents.

    Benjamin Pavard a pris part aux deux derniers matches de son équipe. Au Stadium, sa prestation a été à la hauteur de ce que l’on attendait d’un joueur de son calibre lorsqu’il a débarqué à la Commanderie, prêté avec option d’achat par l’Inter.

    Néanmoins, le Ch’ti est un peu devenu le métronome de la santé collective phocéenne. Il a plongé en même temps que l’équipe. Douté et fait douter les plus fervents supporters.

    À tel point que celui qui était venu à Marseille dans l’optique de relancer sa carrière, et retrouver une place en équipe de France, s’est retrouvé à la croisée des chemins. Toutefois, l’arrivée de Habib Beye a semble-t-il eu un effet de catalyseur. Ayant retrouvé la confiance de l’entraîneur, il a lui même retrouvé la sienne.

    Cela s’est traduit par deux prestations de très bon niveau contre Toulouse et Auxerre. Avec à la clé deux clean shits. Ce que l’OM n’avait plus réussi depuis les 1e et 8 novembre, déjà contre Auxerre puis Brest. Benjamin Pavard était déjà titulaire lors de cette série. Comme il l’était à l’occasion des deux réalisées consécutivement contre Lorient et le PSG, en début de saison.

    Benjamin Pavard qui était aussi au cœur de la défense olympienne lors du succès à Metz, 3-0, également ponctuée d’une clean shit. Faut-il voir un lien de cause à effet ? Toujours est-il que sur les sept rencontres où l’OM n’a pas encaissé de but en Ligue 1 cette saison, l’ancien joueur du Bayern était titulaire.

    Egan-Riley à revoir

    L’autre retour en grâce, lors de la réception d’Auxerre, a connu une reprise plus contrastée. CJ Egan-Riley a bénéficié de la blessure de Leo Balerdi pour débuter la rencontre. L’Anglais n’avait plus joué depuis le 13 janvier, et la facile qualification en coupe de France contre Bayeux à Caen. Il était entré en début de seconde période, à la place de Facundo Medina. Et avait pris part au festival marseillais en inscrivant le septième but.

    Face aux Auxerrois, il n’est resté qu’une heure sur le terrain. Et a montré qu’il était dans le dur. Habib Beye a pris sa défense. « Il faut qu’on arrive à le faire monter sur l’aspect athlétique afin de pouvoir le faire jouer sur 90 minutes » a-t-il précisé à son sujet après la victoire contre les Bourguignons.

    L’entraîneur marseillais apprécie sa polyvalence, qui lui permet d’évoluer aussi bien à droite ou à gauche de l’axe. Ce qui pourrait lui offrir de nouvelles perspectives d’ici la fin de la saison. Sachant que le retour de Nayef Aguerd n’est pas certain. Et que Leo Balerdi reste fragile.

    Les choix de Habib Beye pour la réception de Lille, dimanche, seront un élément concernant les chances de CJ Egan-Riley.

    Un maillot symbolique dans le derby contre Nice

    Le week-end du 26 avril, l’OM recevra Nice au stade Vélodrome.

    À cette occasion, le club va effectuer une opération symbolique, qui rendra hommage à ses supporters les plus fervents. Placée dans le cadre de l’opération « Peuple Bleu&Blanc », la rencontre verra les Olympiens porter des maillots particuliers. Au lieu de porter leur nom dans le dos, ils arboreront celui d’un supporter, dont le patronyme aura été tiré au sort.

    Au-delà du marketing, le club met en avant la diversité et la passion de sa communauté, fidèle malgré les turbulences sportives récentes. Cette initiative vise à renforcer la proximité entre l’équipe et ses fans, en leur offrant une place symbolique.

  • Isam Elias, synthétiseur d’influences à Marseille

    Isam Elias, synthétiseur d’influences à Marseille

    « Je qualifierais ma musique d’électro-afro-orientale. Elle prend en compte tous les éléments de ma vie », résume Isam Elias. Autant d’inspirations et d’influences proclamées par ses synthétiseurs, dopés par une énergie lointaine. Bercé par la musique traditionnelle arabe, puis ayant fait ses gammes avec les compositeurs classiques, il se lance dans l’électro à son arrivée en France en 2022, dans le cadre d’une « résidence à la Cité internationale des arts », rappelle ce natif de Bethléem, qui se produit à Marseille vendredi 20 mars, vers 1h du matin.

    Festif à plein « Tubes »

    Isam Elias est l’auteur d’une musique festive, entraînante. Et aussi engagée ? « Rien que le fait que je sois un artiste palestinien sur scène, et que les gens puissent écouter ma musique, est déjà quelque chose de politique », estime celui qui est à l’origine d’un EP réjouissant intitulé Tubes. L’occasion de le faire découvrir aux Marseillais, auxquels il a déjà pu se frotter par le passé. Selon lui, « le meilleur public. Ici, les gens sont toujours chauds. Ils semblent plus libres et fiers de leurs histoires personnelles qu’ailleurs ».

  • Les grimpeuses prennent l’ascendant sur les préjugés à Gap

    Les grimpeuses prennent l’ascendant sur les préjugés à Gap

    « Est-ce que celles qui voudraient faire de la course d’arête peuvent s’avancer ? » Ce mercredi soir au Café des Familles, comme tous les 18 du mois, le collectif des grimpeuses et montagnardes de Gap se réunit. Créé par plusieurs grimpeuses du Club Alpin Français (CAF), il permet à toute femme intéressée, de Gap ou du coin, d’organiser ensemble des sorties en montagne. « L’idée ce n’est pas d’interdire aux hommes d’y participer mais on veut que l’initiative vienne de nous », explique Pauline, l’une des créatrices du collectif.

    Se sentir capables

    Une volonté qui vient d’expériences partagées dans les sports de montagne, où le leadership est souvent pris par les hommes. « Dans un sport comme l’escalade de falaise, dans un binôme, il y en a toujours un devant qui prend plus de responsabilité pour ouvrir la voie, explique Elodie, venue pour la premier fois ce mercredi soir. Ce sont très souvent les hommes qui le font. Organiser l’escalade entre femmes permet d’être moins chapeautées par les présences masculines et se sentir capable et légitime de le faire. Bien souvent on est capables et pourtant ce sont les hommes qui font. » Après l’organisation des sorties, s’ouvre le repas partagé autour d’un moment de musique. Le but est aussi de créer du lien et de la solidarité. « Ce samedi, j’ai demandé aux filles de m’apporter des gâteaux à mon stand au marché de Gap. J’y récolte de l’argent pour aider une grimpeuse népalaise qui vient d’arriver, à se former comme guide de montagne », explique Pauline. Après la soirée, les activités sont organisées sur le groupe Whatsapp. À vos agendas !

    Pour tout renseignement : page Facebook dédiée ou écrire à grimpeuses.gap@gmail.com

  • [Entretien] Rebecca Roger Cruz : « Mon album est un voyage de métamorphoses »

    [Entretien] Rebecca Roger Cruz : « Mon album est un voyage de métamorphoses »

    La Marseillaise : Quelle est la signification de « Rio Abajo » ?

    Rebecca Roger Cruz : Ça veut dire en aval de la rivière. C’est une phrase qui revient souvent dans la poésie latino-américaine, où il y a toujours ce contact avec la force de la nature. On peut le voir comme une métamorphose. Comme si on entrait par une porte en étant une personne, et comme si on sortait par une autre en étant changé par ce voyage.

    Tout au long de l’album, votre voix se met au diapason de cette image en se métamorphosant elle aussi…

    R.R.C. : J’aime beaucoup m’amuser avec ma voix, l’utiliser avec plusieurs techniques. Moi qui suis née au Venezuela, je suis influencée par la musique de mon pays, et latino-américaine en général, mais aussi par les musiques classique, baroque ou encore la pop expérimentale. Tout ce mélange se traduit dans ma voix.

    Du premier titre « Abreme la puerta Juana », qui convoque les éléments du vivant, au dernier, « Esteros » qui symbolise votre identité aux carrefours de plusieurs cultures, votre album commence en larve pour finir sa course en papillon…

    R.R.C. : Je n’y avais pas pensé en faisant l’album mais c’est une image qui me parle. Le premier morceau, je l’avais pensé comme une cérémonie. Abreme la puerta Juana, c’est le chant traditionnel qui ouvre en juin la fête de Saint-Jean-Baptiste. Il y a quelque chose en rapport avec la transe, les racines. Et à partir de ça, je dévoile ce voyage de métamorphoses petit à petit.

    Votre opus transcende beaucoup de styles et époques, du flamenco au baroque en passant par le rock et le répertoire traditionnel vénézuélien. Est-ce que vous voulez aussi transcender les âmes ?

    R.R.C. : Oui, vraiment. Cet album est un outil de guérison pour moi. Je trouve qu’en ce moment, on a besoin de se reconnecter avec quelque chose de plus profond et spirituel, et pas forcément de religieux. Ce qui me donne cette force, c’est la nature et la musique. J’ai voulu retranscrire cela dans l’album à travers toutes mes influences : pas forcément en passant d’un style à l’autre, mais en brisant des ponts qu’on peut retrouver entre la musique dite classique, le flamenco, la musique traditionnelle et la pop. au contraire. C’est en fait une rencontre, un espace où on se pose moins la question des étiquettes.

    Vous avez quitté le Venezuela pour la France il y a plus de 10 ans. L’album est aussi traversé par la question de l’exil avec le titre « Alcaravan », du nom d’un oiseau migrateur de votre pays natal…

    R.R.C. : On trouve cet oiseau migrateur dans la plaine vénézuélienne mais aussi colombienne. C’est un oiseau très présent dans la poésie et musique du Venezuela, surtout dans la région de la plaine. Tout le monde le connaît, et pourtant, on le voit peu. On entend que son cri, qui annonce le moment où il faut partir. Cette chanson, je l’ai écrite pour mon pays. En tant que membre de la diaspora, cela me tenait à cœur de parler de cet exil, de ce que je ressens ici. La diaspora vénézuélienne est énorme et compte presque 9 millions de personnes. Cela représente un tiers du pays et l’une des diasporas les plus grandes au monde. Plus je chante cette chanson, plus je me rends compte qu’elle est aussi d’actualité pour beaucoup d’autres peuples et pays. C’est aussi un moyen de renvoyer un message de paix.

    Lors de l’enlèvement de Maduro par les États-Unis début 2026, beaucoup de membres de la diaspora ne voulaient pas choisir entre la main de fer du régime actuel et l’impérialisme américain. Qu’avez-vous ressenti à ce moment ?

    R.R.C. : C’était un moment bouleversant. Pour nous qui vivons les choses de loin, c’est très angoissant car nous pensons aux gens sur place. Je ne vais pas vous mentir : le Venezuela est un régime dictatorial. Mais c’est quelque chose que beaucoup de gens au pays ne peuvent pas exprimer car on assiste à un contrôle des médias, des téléphones… Et en effet, il y a un sentiment de dualité : d’un côté, il y a la joie et le soulagement qu’on peut ressentir quand on se dit qu’on arrive peut-être au bout de ce régime dictatorial, et que cette personne mérite réellement d’être en prison. Et de l’autre côté, personne n’aime que son pays soit bombardé, qu’il soit envahi et contrôlé par les États-Unis, surtout au regard du rapport colonial que ce pays entretient avec l’Amérique latine. C’est un rapport perpétué par beaucoup d’actions infantilisantes, comme si on avait besoin de leur aide alors que ce n’est pas le cas.

    La France a été un refuge pour vous il y a plus de dix ans. Une terre d’accueil de plus en plus menacée par l’arrivée de l’extrême droite à différents endroits du pouvoir. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

    R.R.C. : Il y a la peur que les contrôles migratoires se durcissent, mais aussi l’invisibilisation d’autres cultures qui peut arriver. Avec l’extrême droite au pouvoir, on pourrait arriver à une sélection de certaines choses sur les scènes musicales et culturelles en général. C’est quelque chose d’angoissant pour toutes les personnes étrangères dans le pays, mais aussi pour les Français. Pourtant, la France est un pays multiculturel qui tient sa force et sa beauté de son mélange.

  • Grève maintenue à la cuisine centrale d’Avignon malgré des discussions

    Grève maintenue à la cuisine centrale d’Avignon malgré des discussions

    « Ça a chauffé », glisse Etienne Raoul, secrétaire départemental Force ouvrière, en sortant d’une réunion avec des représentants des services de la mairie d’Avignon, des représentants syndicaux et des employés de la cuisine centrale ce jeudi 19 mars. Celle-ci traitait de l’enquête administrative sur une affaire de soupçons de vol de plusieurs centaines de kilos de viande de bœuf au sein même du service par certains employés.

    Et « on reste en grève », confirme un salarié. Un préavis a été déposé jusqu’au 31 mars par les syndicats, à savoir la CGT et FO. Cette enquête a été lancée, d’après plusieurs d’entre eux, en décembre dernier, après un premier signalement en novembre. Des entretiens ont été mis en place avec chaque salarié, à la production comme pour les chauffeurs-livreurs qui amènent les repas dans les cantines des écoles ou encore du CCAS d’Avignon. « Chacun d’entre eux devait en théorie répondre à 17 questions identiques. Mais on s’est rendu compte que c’était faux, avec notamment des questions à charge sur les lanceurs d’alerte et très peu sur le vol en lui-même », explique en sortie de réunion Nicolas Garcia, secrétaire général FO des territoriaux d’Avignon.

    Il ajoute aussi, ce que confirme également Dalida Djoudi, secrétaire CGT des territoriaux avignonnais, qu’il n’a pas été écouté par ceux qui menaient cette enquête. Et ce, alors que tous deux assurent avoir « reçu des aveux écrits » des supposés coupables. Un dossier aurait été déposé par les responsables syndicaux auprès de la procureure d’Avignon pour que la justice se saisisse de l’affaire.

    Quelques minutes plus tard, ce sont les lanceurs d’alerte, chauffeurs-livreurs et employés de production, qui sortent. Ceux-ci regrettent que les négociations « ne vont pas dans le bon sens » et en appellent à la mairie d’Avignon, Cécile Helle (PS).

    « Pas dans le bon sens »

    « On a parlé pour ne pas être accusés et c’est l’inverse qui se passe. C’est une question de dignité. Il faut respecter les agents. Quand on sait que c’est de la nourriture destinée aux enfants, c’est un geste absolument répugnant », clame l’un d’eux. Ceux-ci assurent maintenir un service minimum, notamment en livrant toujours le CCAS. Quelques minutes plus tôt, c’étaient les représentants des services municipaux qui sortaient du bâtiment de production, situé au MIN d’Avignon, sans répondre aux questions des quelques journalistes sur place. « Il faut solliciter les services de communication », balaye l’un d’eux. Contactée par La Marseillaise, la municipalité assure dans un communqiué que « cette enquête, portée par l’Administration, de manière objective et impartiale, va s’achever prochainement. Elle donnera lieu à l’audition des organisations syndicales qui le souhaitent » et que « les conclusions définitives seront présentées au prochain maire puis à l’encadrement de la cuisine centrale, aux organisations syndicales et aux agents de la cuisine centrale ».

  • Les formateurs des futurs travailleurs sociaux en colère

    Les formateurs des futurs travailleurs sociaux en colère

    Appel à la grève coordonnée sur les différents établissements de l’Institut méditerranéen de formation (IMF), ce jeudi.

    Un collectif de salariés des trois sites de l’IMF appelait à une grève et un rassemblement, notamment suivi sur Marseille, sur fond de « refus de la dégradation des conditions de travail » pour cet institut qui forme au travail social : futurs éducateurs spécialisés, assistants de service social ou moniteurs éducateurs… Le collectif dénonce notamment « une surcharge de travail devenue insoutenable […] et une dégradation de la pédagogie ». Le tout, sur fond de baisse de moyens.

    Pour rappel, il y avait déjà eu un premier mouvement social, de la part des étudiants cette fois, début février (lire notre article du 11/02), dénonçant « des restrictions budgétaires qui dégradent la qualité de l’enseignement ». D’où « l’inquiétude réelle de la pérennité de notre outil de travail » de la part du collectif qui a établi un cahier revendicatif de plus d’une page. À Marseille, la mobilisation a duré une partie de la matinée.