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  • L’état défend sa mobilisation « très forte » pour les AESH

    L’état défend sa mobilisation « très forte » pour les AESH

    Sept mois après avoir été interpellé par une question du député (PS) Laurent Lhardit, le gouvernement assure, dans une réponse publiée ce mardi, de sa « mobilisation très forte et durable » pour accompagner les élèves en situation de handicap sur la pause méridienne.

    Pendant un an, la municipalité marseillaise avait multiplié les alertes, contrainte de prendre en charge les postes d’accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH) depuis la rentrée 2024, alors même que la responsabilité en était revenue à l’éducation nationale. « On comptabilisait, en octobre 2024, 306 élèves accompagnés sur la pause méridienne, soit 49,3 équivalents temps plein d’AESH recrutés » dans les Bouches-du-Rhône, se défend le ministère dans sa réponse. En précisant que « tous les enfants en situation de handicap ne relèvent pas d’un besoin d’accompagnement sur le temps de pause méridienne ».

    « Depuis la rentrée 2025, la loi est appliquée à Marseille, reconnaît l’adjointe (PM) chargée du Handicap, Isabelle Laussine. Pour autant, c’est chaotique, il n’y a pas les moyens nécessaires. » Et de témoigner : « Sur certaines écoles où il y avait 4 ou 5 AESH, il n’y en a plus qu’une, c’est catastrophique ! » Rien que pour Marseille, la municipalité estime les besoins à plus de 400 AESH pour 600 enfants. Désormais, ses services juridiques travaillent pour réclamer à l’état les 3 millions d’euros dépensés sur l’année scolaire passée, pour la prise en charge des élèves concernés face à la carence de l’état.

  • [Exclusif] L’administratrice du Clos Saint-Martin jette l’éponge

    [Exclusif] L’administratrice du Clos Saint-Martin jette l’éponge

    Y a-t-il quelque chose de pourri au Clos Saint-Martin ? Pas même un mois après avoir été nommée par une décision conjointe de l’Agence régionale de santé (ARS) et du conseil d’administration pour fermer le site après les graves manquements constatés, l’administratrice provisoire de l’Ehpad géré par le groupe Entraide a décidé de rendre son tablier, estimant être entravée dans son travail par le comité de direction de l’établissement.

    Le 12 septembre dernier, les deux autorités de tutelle avaient annoncé, dans un communiqué de presse conjoint, la suspension en urgence de l’autorisation de fonctionnement de cet Ehpad, situé à Pélissanne, « pour garantir la sécurité des résidents ». Une décision prise suite à une visite inopinée, le 27 août dernier, qui avait révélé « de graves défaillances », décrivaient l’ARS et le conseil département .

    Trois décès évitables

    C’est que les alertes se multipliaient depuis longtemps déjà. Après un signalement collectif des salariés le 17 avril 2024, qui dénonçaient le harcèlement moral dont ils étaient victimes ainsi que les mauvaises conditions de prise en charge des résidents, un premier contrôle avait été mené, à la fin du mois de mai. Deux mois plus tard, les soignants alertaient de nouveau face l’absence de gouvernance et le manque de personnel. Après une nouvelle inspection, l’ARS et le conseil départemental avaient décidé, le 8 août 2024, de suspendre temporairement toute nouvelle admission « jusqu’à la mise en place d’une gouvernance et d’un effectif suffisant pour assurer la prise en charge de 80 résidents ». Des restrictions levées le 23 octobre suivant.

    Mais, le 14 août dernier, c’est la gendarmerie, cette fois, qui alerte l’ARS suite à un décès, suivie le lendemain par une « déclaration d’évènement indésirable grave liée aux soins » du directeur par intérim de l’Ehpad. Quelques jours auparavant, un autre résident était décédé après une fugue, « des circonstances mettant en cause la surveillance l’établissement ».

    L’inspection inopinée réalisée deux semaines plus tard ne pouvait que constater le nombre trop élevé de chutes graves, sans mesures correctives suffisantes dans des locaux « inadaptés, vétustes, mal entretenus, indignes ». Avec en plus un accompagnement RH défaillant, l’absence d’un trio de gouvernance avec directeur, médecin coordinateur et infirmier coordinateur, l’absence complète d’aides-soignants certaines nuits, ainsi que lors de moments clés, alors que les trois-quarts d’entre-eux ne justifiaient pas d’un diplôme… Le manque d’effectifs est tel que le jour de l’inspection, seules la moitié des personnes prévues au planning étaient présentes. De quoi pousser à bout les soignants sur place. « Une situation d’abandon des 73 résidents présents », résument l’ARS et le Département. Jusqu’au tragique. « Trois évènements conduisant à des décès potentiellement évitables avaient été déclarés depuis le début du mois de juillet », mentionnent les deux autorités. Ciblant les risques de fugue, déglutition et suicide.

    Mission à 52 500 euros HT

    De quoi justifier amplement la décision de fermer l’établissement, prise le 11 septembre dernier. L’administratrice provisoire nommée, une ancienne directrice d’Ehpad à Marseille aujourd’hui à la retraite, avait ainsi pour charge d’assurer la continuité de la prise en charge des résidents et leur transfert vers d’autres établissements. Mais, après trois semaines, elle dresse un constat d’impuissance. Dans un courrier recommandé daté du 8 octobre, elle demande à mettre fin à sa mission face à « une volonté manifeste de rétention d’information de la part du gestionnaire ». Et de déplorer le manque de coopération des équipes, en particulier du comité de direction, pour obtenir les dossiers médicaux nécessaires au transfert des résidents. Jusqu’au refus de lui mettre à sa disposition un bureau « décent ».

    Sollicitée par La Marseillaise, l’ARS se borne à confirmer le souhait de l’administratrice provisoire de « se retirer de cette mission », indiquant qu’un nouvel administrateur a été nommé, « qui prend ces fonctions ce jour ». Selon nos informations, c’est au cabinet Philogeris investissements conseils, un gestionnaire d’Ehpad, qu’échoie aujourd’hui cette tâche. Moyennant une indemnité de quelque 52 500 euros hors taxe, sans compter les frais pour toute la mission. « L’entité juridique gestionnaire de l’établissement ne peut interférer dans les fonctions de l’administrateur provisoire, ni entraver sa mission », avertissent d’ores et déjà ARS et Département, auxquels il devra rendre des comptes tous les 15 jours. L’Ehpad devra également prendre en charge une assurance pour couvrir les conséquences financières de sa responsabilité.

    « Pour assurer une prise en charge digne des résidents, un nouveau directeur et un infirmier diplômé d’État coordinateur viennent d’être recrutés », annonce aussi le conseil départemental, indiquant qu’il reste à ce jour 64 résidents au sein de l’Ehpad. Soit seulement neuf transferts depuis la fermeture décrétée. Quand au reclassement des salariés, « cela relève des compétences de l’association ».

    Contactés, ni le groupe Entraide, ni l’Ehpad du Clos Saint-Martin, n’ont donné suite.

  • Le préfet Leclerc quitte Marseille pour Macron

    Le préfet Leclerc quitte Marseille pour Macron

    Le haut fonctionnaire qui avait succédé à Christophe Mirmand à la préfecture de région, il y a moins de 10 mois, laisse le sud de la France derrière lui pour rejoindre l’Élysée.

    Passé par la Seine-Saint-Denis, les Alpes-Maritimes et les Hauts-de-France, Georges-François Leclerc avait mis l’accent, lors de sa prise de poste à Marseille, sur l’enjeu du logement social. Il souhaitait être « le préfet du 3e arrondissement de Marseille », en lançant notamment le système de « l’acquis amélioré » pour favoriser la réhabilitation et la création de logements sociaux dans le tissu urbain ancien marseillais de la Belle de Mai.

    C’est Georges-François Leclerc qui avait fait revenir les prérogatives de la préfecture de police – indépendante depuis 2013 – dans le giron de la préfecture de région, précipitant le départ de Pierre-Édouard Colliex, dernier préfet de police de plein exercice dans les Bouches-du-Rhône, pour mettre en place un poste de préfet délégué, actuellement occupé par la préfète Corinne Simon.

    Critiqué pour la gestion de l’incendie qui avait touché l’Estaque, il s’était défendu vigoureusement en rappelant qu’il n’y a eu « aucune perte humaine, aucun blessé grave à déplorer ».

    Caractère bien trempé

    Le préfet Leclerc, assumant une approche répressive, s’était opposé à l’ouverture d’une halte soin addiction pour prendre en charge les toxicomanes souhaitée par la majorité Printemps marseillais.

    Son passage à la préfecture de région a été salué par Martine Vassal, la présidente DVD du Département des Bouches-du-Rhône et de la Métropole Aix-Marseille-Provence, confirmant une information du Figaro : « Je remercie le préfet Georges-François Leclerc d’avoir marqué notre territoire par son exigence, son sens du devoir et son humanisme. Son action déterminée a profondément servi la Provence et les Provençaux. Tous mes vœux de réussite dans vos nouvelles fonctions. »

    C’est aussi le cas du président Renaissance de la Région, Renaud Muselier, qui considère cette nomination comme « une reconnaissance méritée pour ce serviteur de l’État exigeant, efficace et passionné. Je veux souhaiter à ce très grand préfet un immense succès, pour notre pays la France ! »

    Le maire Horizons de Nice, Christian Estrosi, garde, quant à lui, le souvenir d’un préfet « exemplaire par son exigence et son sens de l’État » et estime que « sa connaissance des territoires et des collectivités locales sera un atout précieux ».

    Préfet au caractère bien trempé, passionné de photographies paysagères qu’il égrène sur les réseaux sociaux, il est aussi féru de littérature. Présent pour l’inauguration des nouveaux locaux de La Marseillaise, par-delà les désaccords à l’égard du gouvernement qu’il représentait alors, il avait cité Jack London et salué l’esprit de Résistance. « Lorsque je lis La Marseillaise, j’ai l’impression de toucher l’une des vérités de ce territoire », avait-il alors déclaré.

  • La CGT veut nationaliser pour l’avenir

    La CGT veut nationaliser pour l’avenir

    La pression monte sur le dossier ArcelorMittal. Une proposition de loi portée par le PCF est examiné, ce jeudi 30 octobre à l’Assemblée nationale, un autre sera présenté le 27 novembre par la France insoumise, sans compter le projet de mise sous tutelle du site de Dunkerque émanant du PS… Si la gauche saisit à bras le corps la question d’une nationalisation des actifs stratégiques du sidérurgiste, le débat ne se limite pas à la sphère politique. La CGT est en train de « monter un projet et de mener des études », affirme Stéphane Martins de Araujo, secrétaire général du site de Fos-sur-Mer.

    « On porte la revendication de nationaliser les usines du territoire parce qu’il n’y a pas d’investissements à la hauteur des enjeux pour pérenniser les outils, les installations et assurer la santé et la sécurité des salariés au travail depuis des dizaines d’années », explique-t-il, faisant part d’une inquiétude particulière pour l’enjeu de décarbonation, condition indispensable pour se maintenir en Europe après 2030.

    À Dunkerque, le groupe a suspendu un projet d’investissement massif d’1,7 milliard d’euros, dont près de 850 millions d’aide promise par l’État, qui consistait à construire une unité de réduction directe de fer et deux fours électriques, justifiant cette décision par la non-compétitivité de l’acier produit en Europe. Finalement, ArcelorMittal a annoncé qu’il « avait l’intention » d’investir 1,2 milliard d’euros, à condition de la mise en place de mécanismes de protection de l’acier européen.

    Nécessaire décarbonation

    À Fos-sur-Mer, outre l’inauguration du four poche en septembre 2024 à l’occasion des cinquante ans du sidérurgiste, la CGT déplore « aucun projet de décarbonation ». La direction, elle, dit « travailler à un projet de four à arc électrique », mais des études complémentaires seront nécessaires avant d’arriver à une décision finale d’investissement. « La nationalisation permettrait d’engager les financements nécessaires, affirme le secrétaire général CGT du site. Selon les études de nos experts, si on décarbone et qu’on nationalise les actifs de l’entièreté des sites, il y en a pour 4,6 milliards d’euros. Si on ne le fait pas, en cas de désengagement d’ArcelorMittal, ça coûtera 7,7 milliards d’euros par an aux contribuables et à l’État, car il faut bien comprendre qu’on ne pourra pas continuer avec des hauts-fourneaux traditionnels vu les objectifs de réduction des gaz à effet de serre de l’UE. Donc les instances vont être plus coercitives pour forcer les entreprises à réduire leur empreinte carbone en 2030 puis à atteindre la neutralité 2050. »

    Réduction de 10% des effectifs à Fos-sur-Mer

    Reprendre le contrôle public de ces unités permettrait également de sauvegarder l’emploi dans les usines, mises à mal ces derniers mois. Le site dunkerquois est sous le coup d’une restructuration dans le cadre d’un vaste plan de suppression de plus de 600 postes au niveau national. À Fos, en septembre 2024, la direction avait annoncé réduire ses effectifs de 10%, après avoir pérennisé le fonctionnement à un seul haut-fourneau en juillet, « ce qui correspond à une baisse d’activité du site d’environ 40% », précise-t-elle.

    Le 8 octobre, un incendie a contraint le site à arrêter le haut-fourneau et l’aciérie et à prolonger l’arrêt programmé de la chaîne d’agglomération. Les équipes ont été réorganisées. « On est passé de 2 jours de chômage partiel à 9 ou 10 par mois selon les salariés postés ou les journaliers », détaille Stéphane Martins de Araujo. La direction du site envisage le redémarrage de l’aciérie début décembre, dans un mode temporaire. Malgré ce calendrier, « les travailleurs sont dans un état de stress », assure le secrétaire général CGT.

    Pour sauver ArcelorMittal, la CGT et la gauche poussent pour une nationalisation. Ainsi, les sénateurs communistes présentent ce jeudi lors de leur niche parlementaire, une proposition de loi visant à la « nationalisation des actifs stratégiques d’ArcelorMittal situés sur le territoire national » (lire ci contre), cosignée par les socialistes et les écologistes. Si l’idée fait son chemin, le gouvernement s’y refuse. Lors d’un débat télévisé le 13 mai, interrogé par Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, le président Emmanuel Macron avait balayé cette revendication d’un revers de main : « Je ne vais pas nationaliser ArcelorMittal, parce que ce serait dépenser des milliards d’euros. » Pourtant, le groupe, qui se goinfre d’argent public, a dégagé un bénéfice net de 805 millions de dollars au premier trimestre 2025, tout en prévoyant plus de 600 suppressions d’emplois sur sept sites français.

    REPÈRES

    600

    C’est le nombre d’emplois que la direction d’ArcelorMittal a annoncé, en avril dernier, vouloir supprimer sur sept sites français : Dunkerque et Mardyck (Nord), Florange (Moselle), Basse-Indre (Loire-Atlantique), Mouzon (Ardennes), Desvres (Pas-de-Calais) et Montataire (Oise). Parmi lesquels 200 seront délocalisés.

    Les syndicats appelés à se prononcer le 7 novembreLes syndicats du groupe sont appelés à se prononcer sur le projet d’accord de plan social, le 7 novembre prochain, selon les informations de l’AFP. Pour être conclu, le texte devra être signé par des syndicats représentants au moins 50% du personnel. Avant ça, une dernière réunion de négociation est fixée le 4 novembre. La CGT ArcelorMittal, qui n’a pas l’intention de signer le document, pousse pour la nationalisation et soutient la proposition des sénateurs communistes soumise au vote ce jeudi dans le cadre de leur niche parlementaire.

    298

    millions d’euros. C’est le montant des aides publiques dont a bénéficié le groupe sur la seule année 2023, dont 195 millions à titre de taux réduits sur les factures d’énergie. Cette somme a été révélée par l’entreprise elle-même lors de l’audition de son président Alain Le Grix de la Salle par la commission d’enquête sénatoriale.

    Le plan protectionniste de l’UE pour « sauver » le secteur

    Le 7 octobre, la Commission européenne a présenté une batterie de mesures pour sauver le secteur de l’acier sur le continent qui compte plus de 2,5 millions d’emplois directs et indirects, en particulier en Allemagne, en Italie et en France. Sur l’année 2024 seulement, quelques 18 000 emplois directs ont été supprimés, une véritable saignée. Ainsi Bruxelles entend, entre autres, faire passer les droits de douane de 25% à 50% et diminuer de moitié les quotas d’acier étranger pouvant être importé sans surtaxe dans l’Union européenne.

  • Acier rouge et mains d’or

    Acier rouge et mains d’or

    L’histoire est connue : la multinationale ArcelorMittal a fait main basse sur les hauts-fourneaux, en France et en Europe, et s’est servie des infrastructures publiques et des subventions de l’État pour augmenter ses profits à moindres frais. Cette prédation s’est réalisée au détriment d’une vision industrielle stratégique à long terme et donc de l’emploi. Une fois gavée, la multinationale ferme boutique et continue à considérer l’acier comme un vulgaire produit à cash. Cette logique court-termiste de milliardaires sans scrupules met en péril les sites de production d’acier vitaux pour l’avenir de toute l’industrie. Française et européenne.

    Outil industriel

    Face à cette menace de voir disparaître leurs derniers hauts-fourneaux et peu soupçonnables d’être des révolutionnaires, les parlementaires britanniques n’ont pas craint de voter une loi pour prendre leur contrôle. Ce jeudi, la France a l’opportunité d’ouvrir le chemin de la nationalisation des actifs d’ArcelorMittal, grâce à la proposition de loi des sénateurs communistes. Ce serait, au-delà de la dimension morale après tant d’argent public offert sans aucun engagement, d’une efficacité totale pour sauver les emplois et muscler un outil industriel indispensable, qui doit absolument réussir le virage de la décarbonation.

    Il y a aussi une dimension cruciale dans cette bataille de l’acier. Les déserts industriels font le lit du vote d’extrême droite. Rien de fatal, car dans nos territoires, on veut plus que jamais, comme le chante Lavilliers « travailler encore, travailler encore, acier rouge et mains d’or ».

  • Jean-Marc La Piana candidat à la tête d’une liste d’union de la gauche à Gardanne

    Jean-Marc La Piana candidat à la tête d’une liste d’union de la gauche à Gardanne

    Je ne suis pas un homme seul, vous en êtes la preuve. J’aimerais que ma candidature soit un appel à la population de Gardanne et de Biver pour se rassembler », a répété à plusieurs reprises Jean-Marc La Piana (DVG). Ce mercredi, cet élu d’opposition à la majorité, fondateur de la Maison de Gardanne, a officiellement annoncé sa candidature aux élections municipales 2026, en présence d’une petite foule de soutiens, associations et membres de partis de gauches.

    La course à la mairie est donc lancée avec trois candidats : Jean-Marc La Piana (DVG), le maire sortant Hervé Granier (LR) et Bruno Priouret (RN). Jusque ici, les deux derniers font cavaliers seuls, tandis que l’ensemble des forces de gauche officialisait, en avril dernier, leur alliance en vue des municipales. Exit donc les divergences entre différents partis, notamment entre Claude Jorda (PCF), à la tête du Collectif citoyen Gardanne-Biver, et le candidat aux municipales Jean-Marc La Piana. Issus de la majorité de Roger Meï (maire PCF de la commune de 1977 à 2020), les deux hommes avaient fait liste à part pour le dernier scrutin municipal (voir nos précédentes éditions).

    Un travail « collectif »

    « Je ne suis pas un homme de parti, mais un homme porteur des valeurs de gauche, précise Jean-Marc La Piana. C’est tout naturellement que nous nous sommes rencontrés avec le Collectif citoyen, l’association Reconstruire ensemble et les différents partis politiques de gauche. On me demande si je suis toujours en accord avec le Parti communiste ? Oui. Il y a les socialistes, les communistes, Place publique et les écologistes. Dans le Collectif, il y a des gens qui sont venus travailler avec nous, qui font partie de la France insoumise. LFI ne s’est pas prononcée, mais ces personnes qui travaillent avec nous, à partir du moment où elles sont là dans l’intérêt de la ville pour créer un projet collectif, auront leur place. »

    Depuis plusieurs mois, les composantes de l’alliance travaillent sur un « projet citoyen » qui sera présenté « dans les temps » à la population et une invitation « à nous suivre » est lancée. « Je veux être garant de ce travail. à partir du moment où le projet fait sens pour chacun de nous, l’équipe doit être capable de le porter tout au long du mandat », engage Jean-Marc La Piana.

    Mardi soir, rapporte le candidat, une trentaine de personnes se sont réunies pour travailler la thématique du service public, dont « l’abandon » à l’échelle gardannaise et biveroise, illustrée par « des employés municipaux maltraités », est l’un des moteurs de la « colère » de Jean-Marc La Piana. S’y ajoutent, pour le candidat, l’abandon du centre de culture scientifique remplacé par la Smart City, des promesses d’investissement pour l’éducation abandonnés, le « budget insincère » pointé par la Chambre régionale des comptes et l’absence de consultation dans l’élaboration de projets. « Qui peut croire que le programme [municipal] a été rempli à 80% ?, interroge Jean-Marc La Piana. Dans ma colère, il n’y a pas que la question des projets, mais aussi celle des pertes de valeurs. Porter l’éducation au plus haut, la sécurité, les services publics, c’est porter le bien vivre ensemble ». Objectif, donc, « redonner confiance à la population », via les consultations publiques, en s’appuyant sur un « tissu de partis et d’associations ».

    Pas encore établie, la liste sera « le fruit d’un travail collectif », promet Jean-Marc La Piana. Le 6 novembre prochain, une réunion publique doit permettre d’évaluer et rendre public « l’état d’avancement du travail. L’objectif sera d’informer, donner envie aux gens de nous rejoindre. Il n’y aura pas la présentation du programme préétabli, mais des pistes sur lequel le travail a déjà été fait », assure le candidat.

  • Le préfet de Région devient directeur de cabinet d’Emmanuel Macron

    Le préfet de Région devient directeur de cabinet d’Emmanuel Macron

    Le haut fonctionnaire qui avait succédé à Christophe Mirmand à la préfecture de Région, il y a moins de 10 mois, quitte le sud de la France pour l’Élysée.

    Passé par la Seine-Saint-Denis, les Alpes-Maritimes et les Hauts-de-France, Georges-François Leclerc avait mis l’accent lors de sa prise de poste à Marseille sur l’enjeu du logement social. Il souhaitait être « le préfet du 3e arrondissement de Marseille », en lançant notamment le système de « l’acquis amélioré » pour favoriser la réhabilitation et la création de logements sociaux dans le tissu urbain ancien marseillais de la Belle-de-Mai.

    Son passage à la préfecture de région a été salué par Martine Vassal, la présidente DVD du Département des Bouches-du-Rhône et de la Métropole Aix Marseille Provence, confirmant une information du Figaro : « Je remercie le Préfet Georges-François Leclerc, d’avoir marqué notre territoire par son exigence, son sens du devoir et son humanisme. Son action déterminée a profondément servi la Provence et les Provençaux. Tous mes vœux de réussite dans vos nouvelles fonctions »

  • Emploi : bilan mi-figue mi-raisin au 2e trimestre en Occitanie

    Emploi : bilan mi-figue mi-raisin au 2e trimestre en Occitanie

    Toujours pas de rebond économique notable en Occitanie, qui néanmoins ne s’en sort pas si mal comparé au reste de l’Hexagone. Voilà la tendance issue de la dernière note de conjoncture de l’Insee pour le deuxième trimestre 2025.

    Comme les autres régions, l’Occitanie souffre d’une mauvaise conjoncture. « En France, il n’y a pas de confiance et peu de croissance », résume Katia Le Goaziou (Insee) qui avance deux causes majeures. D’abord le fait que « le protectionnisme des États-Unis [les droits de douane de Trump, Ndlr.] a mis à mal le commerce mondial. La zone Euro est fortement affaiblie ». Ensuite la morosité dans l’Hexagone due à l’impasse politique. Malgré une moindre inflation (+0,8% en août), « les taux d’épargne battent des records. Les ménages ne consomment pas et les acteurs économiques hésitent à investir ». Et la cheffe du service études et diffusion de l’Insee de préciser : « Il existe un attentisme traditionnel avant les périodes électorales, et le contexte budgétaire peut jouer sur les investissements. »

    Malgré tout, l’Occitanie tire plutôt son épingle du jeu. Le second trimestre est synonyme de « léger mieux » côté emploi salarié qui s’accroît de 0,3% (+5 700 emplois), soit 0,1 point de mieux qu’en France. Une légère hausse due à un rebond dans le tertiaire marchand hors intérim (+0,4% ; +3 600 emplois), essentiellement grâce à l’hôtellerie-restauration (+2 400 emplois). L’intérim progresse lui aussi (+1% ; +500 emplois). En revanche, en dépit d’une hausse dans l’aéronautique et le spatial, l’emploi industriel reste stable comme en France et se contracte dans la construction (-0,6% ; -800 emplois). À noter qu’avec les Hautes-Pyrénées (+0,5%) et le Gard (+0,4%), l’Hérault (+0,6%) fait partie des trois bons élèves d’Occitanie.

    Le taux de chômage régional n’en reste pas moins « très élevé » (8,9% contre 7,5% en France) tout en étant stable car « la population active continue d’augmenter en Occitanie », explique François Hild, chargé d’études. La Lozère est épargnée (4,7%) mais les Pyrénées-Orientales conservent leur bonnet d’âne national avec un chômage qui culmine à 11,9%.

    Au deuxième trimestre, l’activité économique régionale est donc relativement stable
    (-0,1%). Elle diminue dans la construction, les services marchands (communication, informatique…), les services immobiliers et aux ménages. L’activité progresse dans les services non marchands et l’industrie, notamment la fabrication de matériel de transports « malgré les difficultés d’approvisionnement d’Airbus », précise François Hild. À noter des disparités : l’Hérault accuse un léger retrait (-0,2%), le Gard un regain (+0,4%).

    Concernant les secteurs d’activité, le tourisme affiche la meilleure santé avec 7,2 millions de nuitées (hors campings), avec un rebond pour les hôtels (+2,2%). Le littoral et les zones urbaines (surtout Montpellier et Toulouse) profitent d’une recrudescence des touristes étrangers (+7,6%). En dépit d’un niveau encore « historiquement faible » (36 200 logements en un an, soit -4,5%), la construction amorce peut-être sa reprise. Entre avril et juin, 10 800 logements ont été mis en chantier (+18%).

    Enfin, on note un dernier contraste chez les entreprises. Si les créations (26 300 ; +0,7%) se maintiennent à un niveau élevé en Occitanie, la hausse reste supérieure en France (+4,2%). Quant aux défaillances d’entreprises, elles continuent de croître. En un an, la région a ainsi perdu 6 100 sociétés. C’est de 10 points de plus que l’année précédente.

    « En France il n’y a pas de confiance et peu de croissance »

  • Lunel dévoile les trésors de son patrimoine écrit

    Lunel dévoile les trésors de son patrimoine écrit

    Remonter le temps à la découverte du Lunel du Moyen-Âge, en dévoilant les « trésors cachés  » du patrimoine écrit de la commune. C’est ce que propose, jusqu’au 7 mars, la nouvelle exposition du musée Médard, lieu dédié au livre et au bibliophile Louis Médard.

    « On a voulu montrer à la fois les trésors cachés des archives et du fonds Médard  », explique Valérie Dumoulin, directrice des archives et du musée. « Cette démarche est à mettre en lien avec la réfection du centre ancien de Lunel, qui met en valeur le patrimoine bâti. Nous, nous sommes concentrés sur le patrimoine écrit », poursuit-elle. « Cette exposition qui porte sur la période médiévale va permettre aux habitants d’explorer, de comprendre l’histoire locale », complète l’adjointe à la culture Corinne Poleri. « C’est aussi une façon de les sensibiliser à l’importance de cette mémoire collective et à la nécessité de préserver les documents historiques. »

    La première partie de l’exposition, au rez-de-chaussée, est organisée autour d’un document rare issu des archives de la commune : le Livre blanc, cartulaire exceptionnel retraçant la vie de Lunel du XIIIe au XVIe siècle. « Dedans, figurent les criées publiques avec tous les règlements de la ville au XIVe siècle, on apprend ce qu’on avait le droit ou pas de faire à Lunel à cette époque, on apprend également plein de choses sur les métiers, les mœurs dans la ville…», décrit la directrice du musée. « C’est une mine d’informations sur la vie quotidienne, même si le document en lui-même, sur parchemin, avec une écriture pas facile à déchiffrer, est difficile d’accès pour le grand public. Pour autant j’avais vraiment envie de le faire connaître aux Lunellois. Nous nous sommes donc attachés à en montrer la richesse et à la rendre accessible », poursuit Valérie Dumoulin.

    Le Livre blanc, l’Enfer, les Oiseaux de Buffon…

    La première salle pourrait ainsi s’intituler « le Livre blanc illustré  », à travers une vitrine dédiée aux foires et marchés, une autre aux péages, une autre encore aux poids et mesures. Une tablette tactile permet également de « faire vivre » le livre blanc.

    Ce document ayant été initié en 1273 par le dernier seigneur de Lunel, de la dynastie des Gaucelm, la deuxième salle propose de découvrir qui sont ces Gaucelm, à travers notamment deux documents sur parchemin avec une bulle de plomb (un sceau) aux armes de ces seigneurs de Lunel. Une plongée dans le Lunel du XIIIe siècle au cours de laquelle les visiteurs, petits et grands, pourront se costumer dans un décor d’époque et se prendre en photo.

    Si cette première partie de l’exposition est conçue à partir des seules archives de Lunel, le premier étage s’attache, lui, à mettre en lumière des ouvrages rares issus des collections du musée. 13 des 15 manuscrits médiévaux de Louis Médard sont ainsi présentés : livres liturgiques, missels, livres d’heures, lectures savantes et morales… Une vitrine est également consacrée à la matérialité du manuscrit (cuir, nerf de buffle, pigments naturels…) et à la façon dont on personnalise un manuscrit.

    Autre clou de l’exposition, qui lève le voile sur un pan plus intime de Louis Médard : l’Enfer, ce meuble aveugle situé dans la bibliothèque du collectionneur, où étaient conservés, à l’abri des regards, des ouvrages jugés « dangereux » ou licencieux à son époque. « Beaucoup critiquent l’Église catholique ainsi que ceux qui ont révoqué l’édit de Nantes (Médard était protestant). Mais on trouve aussi un ouvrage sur les tétons, un autre sur le culte du phallus, avec des gravures grivoises, des contes en vers de La Fontaine, écrits bien avant ses fables très morales puis reniés par l’auteur, interdits mais réédités sous le manteau  ».

    Enfin, les visiteurs pourront découvrir « une édition très rare des Oiseaux de Buffon, en grand format, aquarellée à la main, finitions de luxe, sur un superbe papier, qui aurait appartenu, d’après Louis Médard, à Mirabeau. » Une riche mémoire de papier à la croisée de l’histoire et de la littérature.

  • Julien Sanchez, le pari nîmois du RN ?

    Julien Sanchez, le pari nîmois du RN ?

    Et si Julien Sanchez tentait l’aventure nîmoise ? À mesure que la campagne municipale 2026 approche, le député européen et ex-maire de Beaucaire est de plus en plus présent à Nîmes. Aperçu à la feria des Vendanges, au temple de Diane, puis aux vendanges du clos de la Fontaine, il soigne son image dans la capitale gardoise, à coups de photos et de sourires calculés. Interrogé sur ses intentions par le Midi Libre, l’intéressé botte en touche : « Je ne sais pas. Pas de commentaire. » Une formule qui, dans les rangs politiques, vaut souvent confirmation.

    Car la rumeur enfle. Selon plusieurs cadres du Rassemblement national, le parti prépare minutieusement ses têtes de liste pour mars 2026. Dans le Gard, où il engrange des résultats solides à chaque scrutin, le RN veut transformer l’essai. « Le prochain maire de Nîmes sera communiste ou sera RN », a lancé récemment le député Yoann Gillet, laissant entendre que le parti vise haut. Et pour conquérir une ville de plus de 150 000 habitants, Julien Sanchez apparaît comme le profil le plus « sérieux et crédible ».

    Un terreau favorable

    À 42 ans, dont plus de vingt passés au sein du parti lepéniste, Julien Sanchez coche toutes les cases d’un candidat stratège. Élu maire de Beaucaire en 2014 à la surprise générale, il a été réélu dès le premier tour en 2020, avant de rejoindre le Parlement européen quatre ans plus tard. En parallèle, il a consolidé ses liens avec la direction du RN, multipliant les apparitions aux côtés de Jordan Bardella, comme lors de l’inauguration de sa permanence en novembre 2024.

    Mais à Nîmes, le terrain reste à défricher. L’électorat frontiste y est important, sans avoir encore permis une conquête municipale. La division du camp de droite, entre Franck Proust et Julien Plantier, pourrait offrir une opportunité inédite. Après vingt-cinq ans de règne de Jean-Paul Fournier, la ville s’apprête à tourner une page politique. Dans ce contexte, l’« embuscade » de Sanchez intrigue autant qu’elle inquiète ses adversaires. S’il officialise sa candidature, Julien Sanchez tentera de rejouer le scénario de Beaucaire : celui d’un outsider passé au premier plan. Un pari risqué, mais calculé. Et à Nîmes, où les équilibres politiques vacillent, l’ombre du RN n’a sans doute jamais été si menaçante.