Blog

  • [Entretien] Gaëtan Lecoq : « Une solution politique à la situation d’ArcelorMittal »

    [Entretien] Gaëtan Lecoq : « Une solution politique à la situation d’ArcelorMittal »

    La Marseillaise : Quel est l’objet de la réunion prévue ce vendredi ?

    Gaëtan Lecoq : C’est encore une nouvelle réunion de pseudo-négociation car la direction craint que son PSE ne soit pas homologué par l’inspection du travail de Bobigny. Ce qu’il y a dans ce PSE, c’est la suppression de plus de 600 emplois et les salariés vont partir avec des miettes alors qu’on est quand même une multinationale. Je n’attends rien de cette réunion, de toute façon, ils ont déjà leurs signataires : la CFE-CGC et la CFDT. Depuis le début, ils n’ont rien fait pour les salariés, on est seuls à se battre. Ils ne sont pas représentants du personnel mais partenaires sociaux de la direction.

    Le cabinet d’expertise Secafi, mandaté par le comité social et économique central (CSEC) d’ArcelorMittal France Nord a remis un rapportcette semaine dans lequel il pointe une mauvaise gestion. Qu’en pensez-vous ?

    G.L. : Dans ce rapport, clairement, c’est écrit que ce PSE n’est pas justifié, qu’Arcelor préfère gaver ses actionnaires qu’investir dans les outils. Ils veulent dégager du cash à court terme et n’ont pas de vision à moyen-long terme. On est en sous-investissement chronique et massif sur notre maintenance et nos installations depuis plusieurs années. La question est de savoir si Arcelor veut réellement continuer à produire en France ou complètement s’en désengager ? Les problématiques qu’on a sur le site de Dunkerque, on les retrouve à Fos mais aussi en Belgique et en Allemagne, où ils ont annoncé qu’ils ne feraient pas non plus la décarbonation. C’est plus large que la France, c’est toute l’Europe. La stratégie du groupe est de se désengager du Vieux continent et d’investir massivement dans trois pays : l’Inde, le Brésil et les États-Unis.

    La décarbonation à Dunkerque a complètement été abandonnée ?

    G.L. : Ils ne le disent pas clairement, ils ne font que retarder l’échéance depuis deux ans. Au mois de mai dernier, c’est parce qu’on a mis la pression qu’ils ont annoncé des intentions d’investissements pour un four électrique d’une valeur de 1,2 milliard d’euros. On arrive à la fin de l’année, il n’y a rien. Il n’y aura rien. Ils ne feront rien. Ils n’investiront plus un euro. Le PSE était prévu avant Noël, là on se dirige vers fin février, mi-mars. On a réussi à gratter un petit peu mais on va continuer à mettre la pression. De toute façon, il faut qu’on le retarde au maximum pour trouver une solution politique à la situation d’ArcelorMittal. Il n’y a que politiquement qu’on peut trouver une solution.

    Vous étiez au Sénat lorsque le PCF a fait voter la nationalisation qui a été rejetée. Pensez-vous que ce projet est le seul viable ?

    G.L. : Pour résumer : les groupes de gauche sont unis sur la nationalisation. Le problème, c’est que le Sénat est dominé à droite. À l’Assemblée nationale, il y aura peut-être une chance. LFI va à nouveau proposer la nationalisation lors de sa niche parlementaire le 27 novembre, porté par Aurélie Trouvé. C’est une nouvelle étape dans le conflit qu’on mène depuis juin 2024. On sera mobilisés et présents devant l’Assemblée nationale.

    Le gouvernement semble être aux abonnés absents… Avez-vous rencontré les nouveaux ministres nommés ?

    G.L. : C’est silence radio. Avant l’été j’ai eu une visio avec Marc Ferracci (ex-ministre de l’Industrie, Ndlr), qui n’a rien donné. Le gouvernement fait le mort. Soyons clairs : ils ne sont pas du tout à nos côtés contrairement à tous les groupes politiques de gauche, qui sont là depuis le début et travaillent avec nous pour essayer de trouver une solution. Le président du conseil régional des Hauts-de-France Xavier Bertrand (LR) est à nos côtés et se rend compte qu’il est en train de se faire rouler dans la farine par le groupe ArcelorMittal. L’un des plus gros exemples dans le Nord, c’était la fermeture de l’usine de Denain il y a 40 ans. Et 40 ans après, Denain ne s’est toujours pas relevé de ce qui s’est passé. M. Bertrand le sait très bien. Si jamais le site de Dunkerque venait à disparaître, ça va être compliqué, même pour lui politiquement. Ça va être un désastre.

    L’ensemble des élus que je côtoie, à part ceux du gouvernement, ont ouvert les yeux. Il y a un an de ça, on me prenait pour un idiot, on ne me croyait pas. Depuis le début, la CGT avait raison, le PSE n’était pas encore annoncé que nous savions qu’il aurait lieu. On est dans l’entreprise, on voit ce qu’il se passe, on savait très bien qu’ils ne feraient pas les investissements nécessaires. C’est pour ça qu’il faut trouver un plan B. Si on n’arrive pas à tordre le bras de la famille Mittal, ils doivent partir et on trouvera une autre solution. Avec peut-être une idée de nationalisation temporaire.

    Les syndicats appelés à se prononcer aujourd’hui

    Les syndicats d’ArcelorMittal sont appelés à se prononcer ce vendredi sur le projet de plan social qui prévoit au total plus de 600 suppressions d’emplois. Au moment même où un rapport d’experts mandatés par le comité social et économique central (CSEC), et contesté par l’entreprise, estime que le groupe a fait le « choix stratégique assumé de privilégier la distribution » de liquidités « aux actionnaires, au détriment de l’anticipation » et de l’investissement. Le cabinet d’expertise relève ainsi que la liquidité distribuée aux actionnaires entre 2020 et 2024 (13 milliards d’euros) a été à peine inférieure à celle consacrée aux investissements industriels (15,5 milliards d’euros dans le monde).

  • Le collectif de Sébastien Barles rejoint LFI pour les municipales de Marseille

    Le collectif de Sébastien Barles rejoint LFI pour les municipales de Marseille

    Dans un communiqué diffusé dans la nuit, le collectif « Vaï », indique sa décision de « de s’unir avec la France Insoumise au premier tour des élections municipales de mars 2026 à Marseille pour porter un projet de transformation sociale, démocratique et environnementale, aux côtés de collectifs citoyens et de forces sociales locales. »

    « Les promesses que le changement de majorité avait fait germer lors de l’élection municipale en 2020 n’ont pas été tenues : l’immense espoir suscité par la victoire de Michèle Rubirola, première femme maire de Marseille, en mars 2020 reste à concrétiser » poursuit le collectif, pourtant animé par Sébastien Barles qui avait présenté en 2020 une liste écologiste, au premier tour, concurrente de celle du Printemps marseillais alors emmenée par Michèle Rubirola.

    Le collectif « Vaï » promet de tourner de le dos à la « monarchie municipale » et de porter un « projet de rupture ».

    « Face à l’extrême-droite, nous ne croyons pas à la posture des figures providentielles si courantes dans une Vème République à bout de souffle », ajoute le communiqué qui renvoie au second tour la perspective d’une union des gauches.

    Sébastien Barles acte ainsi sa rupture avec le parti écologiste dont il est suspendu et qui a voté récemment son adhésion à un rassemblement dès le premier tour avec les autres forces du Printemps marseillais. LFI n’a pas encore officialisé de liste. Le député Sébastien Delogu est néanmoins pressenti pour la conduire.

  • Au son du jazz, tout le monde est Charlie à Vitrolles

    Au son du jazz, tout le monde est Charlie à Vitrolles

    Après avoir fait vibrer les spectateurs, l’été dernier, lors du Charlie jazz festival au Domaine de Fontblanche, l’association vitrollaise Charlie Free fait durer le plaisir de la note bleue avec sa petite sœur des Rendez-vous de Charlie. Sa 5e édition fait escale à la Salle Guy-Obino les 7 et 8 novembre pour « faire rayonner le jazz sous toutes ses formes » à travers la venue « d’artistes internationaux majeurs, aux apparitions rares dans le Sud de la France », aguichent ses organisateurs.

    Tel-Aviv, Rio, La Havane

    Charge aux deux virtuoses israéliens, le trompettiste Avishai Cohen et le pianiste Yonathan Avishai d’ouvrir le bal vendredi avec un concert axé autour d’Ashes to gold. Un album enregistré en réaction aux attentats survenus le 7 octobre 2023 sur leur terre natale, sous la forme d’une suite en cinq parties qui s’inspire du kintsugi, « art japonais qui répare les objets brisés avec de l’or ». Au sein d’un quartet, le pianiste Yaron Herman prolongera la nuit autour de son opus fraîchement sorti, Radio paradise, qui souffle son lyrisme sur des musiques improvisées.

    Mais c’est incontestablement le lendemain, que se profilera la soirée la plus attendue, servie par un duo de musiciens parmi les plus chauds du moment : d’un côté, le pianiste de La Havane, Gonzalo Rubalcaba ; de l’autre, le mandoliniste tout droit venu de Rio de Janeiro, Hamilton de Holanda. Un combo qui portera sur scène Collab, fruit de leur synthèse entre les rythmes afro-cubains et de la musique populaire brésilienne.

  • [Entretien] Céline Laudin : « Chaque amateur d’art voulait un Ziem dans sa collection »

    [Entretien] Céline Laudin : « Chaque amateur d’art voulait un Ziem dans sa collection »

    La Marseillaise : Qui était Ziem ?

    Céline Laudin : Félix Ziem est un peintre du XIXe siècle qui est né en Bourgogne, à Beaune, et qui est mort à Paris à l’âge de 90 ans. Il est plutôt autodidacte. Il fait des études d’architecture aux Beaux-Arts de Dijon où il est très doué. Il doit partir ensuite à Paris avec l’obtention d’une Bourse mais un problème au niveau de son comportement fait qu’il ne peut pas s’y rendre. Il décide de partir rejoindre un membre de sa famille qui travaille alors dans les abords de Marseille à la construction de l’aqueduc de Roquefavour. Il arrive sur ce chantier, et il commence à faire des croquis en plein air de la campagne environnante. Le duc d’Orléans arrive, voit ses croquis et lui achète. Et l’histoire commence ainsi.

    Pour quelles raisons est-il qualifié de peintre voyageur ?

    C.L. : Son rêve, c’est d’aller en Italie comme tous les artistes du XIXe siècle, sur cette idée de faire le grand tour, de voir les monuments à Rome, à Florence, à Venise. Félix Ziem est un peintre paysagiste. Ce qu’il aime, c’est la lumière et le rapport de l’eau et des paysages. C’est pour ça qu’il apprécie particulièrement Venise et qu’il choisit aussi plutôt Martigues que Marseille pour s’installer sur les bords du chenal de Caronte. Il ouvrira quatre ateliers : à Paris, à Venise, à Nice et à Martigues. C’est un artiste voyageur par excellence il fait énormément de voyages, en Italie, mais pas que. Il va beaucoup en Afrique du Nord. Il va aller aussi à Constantinople. Il va faire un grand voyage en Orient. Il va aller en Algérie. Mais il va aller jusqu’en Russie, en Angleterre, aux Pays-Bas. Il est tout le temps en mouvement.

    Était-il reconnu de son vivant ?

    C.L. : Dans son journal, on sent qu’il est assez insatisfait de ses peintures parce qu’il n’a jamais vraiment appris cet art. Malgré cette frustration, il va très vite exposer au Salon, qui est vraiment l’organe officiel où il faut que tous les peintres aillent à Paris, et il commence à vendre ses tableaux. Il est très malin. Il s’entoure de marchands, il fait monter les prix. Ses œuvres prennent de la valeur et c’est l’un des artistes les plus riches du XIXe siècle. Chaque amateur d’art voulait un Ziem dans sa collection. Il est reconnu dans le métier, Théophile Gautier l’encense. C’est quelqu’un d’assez mondain, il va aux soirées des frères Goncourt, il est très bien installé et reconnu de son vivant.

    Ce qui n’est plus vraiment le cas aujourd’hui.

    C.L. : Il produisait énormément, et c’est ça qui l’a peut-être un peu desservi. Il faisait dans ses peintures ce que les amateurs d’art aimaient et attendaient, donc, on a pu le taxer ensuite de faire un peu tout le temps la même chose : un horizon bas, trois quarts de la toile consacrée au ciel… À Venise, une gondole, à Constantinople, à Martigues, une tartane. Ce côté un peu répétitif a pu être critiqué. Il a aussi longtemps été taxé d’orientaliste parce qu’il représentait l’Orient. Mais pour moi, ce n’est pas un orientaliste car il est vraiment allé dans ces pays, il ne représente pas un Orient fantasmé qu’il aurait pu lire dans les livres, il peint ce qu’il a vu, les danseuses, les petits métiers, les musiciens… Il est plutôt inclassable en fait et l’histoire de l’art n’aime pas trop les gens inclassables, il faut appartenir à une école à un mouvement, on aime bien les cases en histoire de l’art.

    Comment, à travers les expositions proposées au musée, tentez-vous de lui rendre sa place ?

    C.L. : La chance que nous avons eue au musée Ziem, c’est d’avoir reçu en legs de sa petite-fille tout son fond d’atelier. Et donc, on a, dans la collection, des œuvres qu’il n’a jamais vendues mais qu’il conservait. C’est très intéressant, parce qu’il a par exemple conservé toute sa vie son autoportrait qu’il a peint dans les années 1860-1865, où il s’est représenté en bleu, en mettant de la craie sur son tableau, ce qui est quelque chose d’extrêmement moderne mais qu’il n’a jamais montré. De même, il a gardé avec lui ses pochades, une sorte carnet de croquis mais sur du bois, qu’il prenait avec lui quand il allait voyager, ses aquarelles… Ce sont des œuvres beaucoup plus spontanées et modernes que ce qu’il commercialisait. Au musée, on valorise ce fond d’atelier qui est vraiment d’une très grande richesse. C’est formidable parce qu’on rentre aussi dans l’intimité de l’artiste où on voit son processus créatif. C’est comme si on était presque avec lui sur les bords du Bosphore ou sur les canaux de Venise.

  • Grand Avignon : le PS étrille la gestion du maire-candidat RN

    Grand Avignon : le PS étrille la gestion du maire-candidat RN

    En 2020, Morières était la seconde ville du Grand Avignon à basculer à l’extrême droite, profitant notamment d’une gauche divisée. Élu avec 55,4% des voix, Grégoire Souque (RN) brigue un second mandat les 15 et 22 mars prochain, et rêve déjà de se faire réélire avec 60 à 65% des voix. Mais la gauche, qui avance cette fois unie, espère reconquérir l’hôtel de ville. En juin, une association « Engagés et solidaires pour Morières » visant à rassembler idées et citoyens, a été créée. Annick Dubois (PS), déjà cheffe de file de l’opposition et conseillère départementale, devrait de nouveau conduire la liste aux côtés notamment du PCF, qui a désigné Emmanuelle Blanc en cheffe de file.

    « Tourner la page pour une gestion plus transparente »

    En attendant, la section PS de Morières, dans un communiqué, s’attelle à déconstruire le bilan de Grégoire Souque. Dans sa lettre de candidature parue il y a 3 jours, le maire de 78 ans vante sa bonne gestion des finances, la construction d’un groupe scolaire et promet « requalification des voiries et végétalisation ». Sans afficher son logo RN, le premier magistrat espère même être classé divers droite… Un « trompe-l’œil » pour le PS, car « sa liste regroupe en réalité des colistiers RN, Reconquête, UDR et RPR, tous ancrés à l’extrême droite, c’est une diversité de façade pour masquer une ligne politique radicale ».

    Globalement, le PS parle d’un bilan « négatif : sécurité plus affichée que réelle, dialogue social affaibli, projets essentiels retardés, inégalités creusées ». Sur la sécurité, la majorité sortante affiche « des chiffres gonflés et des promesses en l’air » avec seulement « deux agents de police municipale » supplémentaires. Quant aux finances, « elles sont en difficulté, le bilan du maire est marqué par une gestion improvisée, une fiscalité opaque ». Enfin, sur la prétendue « proximité, Grégoire Souque n’a organisé aucune réunion publique ni consultation citoyenne en cinq ans », cingle le PS, appelant « les électeurs à tourner la page en 2026 pour une gestion plus transparente, inclusive et ambitieuse ».

  • La maire d’Apt demande deux ans pour le bloc

    La maire d’Apt demande deux ans pour le bloc

    « Nous, les habitants d’Apt, sommes démoralisés et nous espérons que l’ARS va nous écouter, mais tout le monde répète la même chose. Il faut arrêter de nous prendre pour des imbéciles », lâche, visiblement tendue, Véronique Arnaud-Deloy, maire (LR) d’Apt, après un entretien avec l’ARS Vaucluse à Avignon ce jeudi 6 novembre, à propos de la fermeture annoncée du service de chirurgie de l’hôpital de sa ville.

    Et ce, pendant que plusieurs dizaines de personnes manifestaient devant l’entrée de la cité administrative contre cet arrêt annoncé au 31 décembre prochain, notamment pour des raisons financières. « On nous parle de 13 millions d’euros. Mais ce sont eux qui ont laissé l’hôpital s’endetter à ce point-là. Le job n’a pas été fait, car c’est leur job ! C’est la ruralité qui est touchée et cela désertifie notre territoire. Je veux qu’ils nous laissent deux ans », pousse celle qui est également présidente du conseil de surveillance de l’établissement de santé. Un nouveau recours va être déposé par la mairie.

    Postes menacés

    Devant les portes fermées de la cité administrative se trouvaient également nombre d’élus locaux, tels que le sénateur Lucien Stanzione (PS), qui avance que « la santé a un coût, mais pas de prix » et qu’un déficit devrait être compensé. Mais aussi des employés désabusés, tels que Jacques Perez, infirmier depuis deux ans et demi et qui va perdre son poste. « On se sent abandonnés par tout le monde. J’ai 61 ans et je vais devoir finir ma carrière en intérim », regrette-t-il. Une douzaine de postes sont menacés.

  • Municipales : Olivier Galzi espère capter le vent de tribord

    Municipales : Olivier Galzi espère capter le vent de tribord

    Pile un mois après avoir officialisé sa candidature à la mairie d’Avignon pour les municipales (15 et 22 mars), Olivier Galzi tenait, ce jeudi soir au théâtre de l’Oulle, sa première réunion publique. L’ex-présentateur du JT de France 2 est resté fidèle à ce qu’il martèle depuis plusieurs semaines : rendre « l’attractivité » à Avignon par du « bon sens ». Avec le sens de la formule, il verse dans le déclinisme d’une ville « au cœur du triangle d’or de la Provence mais en passe d’être au cœur du triangle des Bermudes », même « s’il ne faut pas tout balayer [du bilan de Cécile Helle] », concède-t-il.

    Se revendiquant « sans étiquette », Olivier Galzi tire tout de même le manche à droite. Dans la salle, des soutiens passés de l’ancienne maire UMP Marie-Josée Roig viennent corroborer le soutien apporté il y a une semaine par l’UDI, en attendant ceux des autres partis du bloc macroniste. « On ne peut pas refuser les gens d’un parti qui pensent qu’on a le meilleur projet », apprécie-t-il tout de même. Interrogé à l’issue de la réunion, il ne ferme la porte à aucun parti « de l’arc républicain ».

    Rassembler au « centre, pas par l’union des droites »

    L’ancien journaliste de 54 ans ne devrait pas avoir l’appui des Républicains, dont le vice-président Julien Aubert est pressenti pour se lancer dans les municipales. Ce dernier louvoie depuis une semaine via une série de publications alambiquées sur ses réseaux sociaux avant de dévoiler sa décision. « Je ne suis brouillé avec personne mais pour rassembler, cela passe par le centre et pas par l’union des droites, pique Olivier Galzi. Si d’autres candidatures veulent venir diviser les forces raisonnables, elles prendront leurs responsabilités. »

    Dans son propos sur scène, le candidat a donc repris son triptyque prioritaire sécurité-propreté-circulation, qui serait le socle de la « pyramide » d’attractivité. Pas encore de mesures phares de campagne, le temps étant encore « à l’écoute d’ici à Noël » avant de présenter un programme en début d’année. Tout juste a-t-il glissé deux volontés de nature différente : créer un boulodrome place Pie mais surtout « être candidat à la présidence du Grand Avignon ». Un cumul essentiel à ses yeux pour « rétablir l’ordre » et « manager » les agents.

    S’il n’est plus journaliste depuis cinq ans, il en garde encore le costume quand il aime à confier toutes « les sources » qui lui remonteraient les dysfonctionnements en mairie ou quand il « écoute ». Ce jeudi, une dizaine de personnes a ainsi pris le micro dans la salle pour parler de problèmes de rue personnels, l’interroger sur la culture ou le financement de son programme. « On est sur un toboggan, dernière station avant la falaise », prévient Olivier Galzi, qui sent que « le vent se lève » derrière lui. À voir où le Mistral le précipitera.

  • Plus de 2 000 jeunes négligés par l’austérité dans le Vaucluse ?

    Plus de 2 000 jeunes négligés par l’austérité dans le Vaucluse ?

    Depuis le début de la semaine, les missions locales (ML) de France sont en alerte. Partout sur le territoire, ces structures d’accompagnement des 16-25 ans (lire ci-dessous) sont vent debout contre le projet de loi de finances du gouvernement qui prévoit une baisse de 13% des dotations des ML. Et ce après une première diminution de 7% en 2025. « 77 millions d’euros en tout, à l’échelle du budget de l’État c’est symbolique, mais absolument pas pour nous », déplore Isabelle Gineste, directrice de la ML du Grand Avignon. Ce jeudi, avec le soutien des trois autres structures de Vaucluse (Comtat Venaissin, Luberon et Haut Vaucluse), un point presse avait lieu. Il faisait suite à l’interpellation, en fin de semaine dernière, des trois sénateurs. « Le budget arrive au Sénat le 23 novembre, on va batailler avec des amendements pour contrecarrer tout ce qui ne va pas dans le bon sens », projette Lucien Stanzione (PS). L’an dernier, la Région avait aussi diminué ses crédits de 300 000 à 200 000 euros pour la ML du Grand Avignon.

    Le financement

    à la performance arrive

    Si le budget était adopté en l’état, « nous perdrions huit postes de conseillers, sachant qu’un conseiller accompagne 130 jeunes de l’année, plus de 1 000 jeunes se retrouveraient en grande difficulté de suivi », calcule Lilou Quennesson, présidente de la ML et conseillère municipale d’Avignon déléguée à l’emploi et l’insertion. En ajoutant les jeunes des trois autres ML, ce chiffre grimpe à 2 300 en Vaucluse sur les 12 000 suivis annuellement. « Nous lançons un appel à la mobilisation et la responsabilité collective, la jeunesse n’est pas une variable d’ajustement, investir dedans c’est investir dans l’avenir du pays », fait valoir la présidente. Dans un département parmi les plus pauvres de France, « on enlève encore un élément de solidarité par des choix budgétaires », déplore David Fournier, adjoint (PS) avignonnais venu en soutien.

    Par ricochets, cette baisse « pénalise aussi les entreprises qui auront moins de contact avec les ML pour embaucher », souligne Régis Phaly, trésorier de la ML et adjoint au maire d’Entraigues. La directrice s’inquiète aussi « du financement à la performance, 10% cette année, 20% en 2028 avec des indicateurs que l’on ne connaît pas et alors que nous ne sommes tributaires des créations d’emplois », expose Isabelle Gineste. Et d’inviter n’importe quel administrateur de la ML « à venir vivre la vie d’un conseiller et prendre conscience de notre réalité ».

    REPÈRES

    13%

    de baisse prévue du financement des missions locales par l’État dans le projet de loi de finances 2026. Dans le Grand Avignon, sur un budget annuel de 3,5 millions d’euros, l’État abonde à hauteur de 2,5M (données 2024). Le reste provenant des communes et de l’agglo (435 000 euros), la Région (293 000) et le Département (45 000).

    Au service des 16-25 ans

    Les missions locales veillent à accueillir, accompagner, orienter, informer les 16-25 ans dans toutes démarches professionnelles et sociales avec comme « ADN, donner aux jeunes un sens à leur avenir ». Cela passe par l’emploi, la formation, l’orientation, l’appui à la création d’activité, le logement, la santé, la mobilité ou la citoyenneté. Dans le Grand Avignon, au sein des 14 lieux du territoire, près de 5 500 jeunes ont été accueillis en 2024, dont 1 759 nouveaux. Quelque 1 411 sont entrés en emploi (dont 315 en alternance) et 566 en formation.

    8

    emplois équivalent temps plein sont menacés à la mission locale du Grand Avignon si la baisse de 13% des dotations se concrétise. Ces 8 postes en moins, sur 65 salariés dont une quarantaine de conseillers, impacteraient directement 1 400 jeunes qui seraient moins ou mal suivis.

  • Mobilisés contre Bardella et Zemmour dans le Var

    Mobilisés contre Bardella et Zemmour dans le Var

    Le Var attise les appétits de l’extrême droite dans toute sa diversité. Jeudi soir, c’était Jordan Bardella, député européen et président du Rassemblement national qui était à Toulon pour dédicacer son livre, séance qui a attiré une foule très nombreuse malgré la pluie dans cette ville que l’extrême droite voudrait reprendre… mais aussi des militants anti-RN venus dire leur refus de l’extrême droite dans une ville qui a déjà connu le FN. Ce sera ensuite Éric Zemmour leader du parti d’extrême droite Reconquête qui vient en terre varoise vendredi à La Seyne puis samedi à Cogolin – où le maire ex- zemmouriste Marc-Etienne Lansade a été déclaré inéligible et remplacé par Christiane Lardat, ancienne première adjointe – afin de dédicacer son livre également publié par les éditions Fayard.

    « Jordan Bardella fait la promo de son deuxième livre et prétend connaître leurs attentes, y compris celles des Français qui ont des difficultés de pouvoir d’achat », remarque la Coordination contre l’extrême droite dans le Var (Codex83) dans un communiqué. « Mais les députés du RN ont voté contre la hausse du Smic (2024), précise-t-il, contre aussi l’indexation des salaires sur l’inflation (2023), contre un salaire minimum européen (2022) tout en proposant que les salariés en CDD soient privés d’assurance chômage en cas de refus d’un CDI ! »

    La coordination se fait également fort de détailler les votes du RN sur le projet de budget 2026 : « Contre la taxe Zucman afin de préserver les plus grandes fortunes ; contre une taxe sur les jets privés jouets polluants des ultras riches ; contre le relèvement de la flat tax sur les placements financiers, mais pour l’abattement d’1 million sur les résidences principales… » Quant à l’ancien candidat à la présidentielle de 2022 qui n’a de cesse de cultiver sa différence avec le RN qu’il accuse d’être « socialiste en économie » et avec lequel il ne se reconnaît « que » être « proches pour arrêter l’immigration », la Codex rappelle que « Zemmour a été condamné définitivement pour provocation à la haine raciale et injures racistes tenues en 2019 ».

  • Le parcours d’art public célèbre cinq fois Pagnol à Aubagne

    Le parcours d’art public célèbre cinq fois Pagnol à Aubagne

    « Chaque fois qu’on va passer devant ces œuvres, on va identifier Aubagne à l’argile, à Marcel Pagnol. Et puis nommer, c’est faire exister. On veut faire exister cette culture et ces œuvres », déclare, jeudi, le maire (LR) Gérard Gazay. Dans le cadre de la célébration des 130 ans de la naissance de Marcel Pagnol (Aubagne 1895), cette année, la Ville, sur une idée de Philippe Amy, adjoint délégué à la culture a lancé il y a quelques mois un appel à projets pour un parcours d’art public urbain. Sur 100 candidatures, cinq projets ont été retenus par un jury. La Ville a proposé des lieux, et chaque artiste a choisi celui qui l’inspirait pour sa création. Sous un ciel chargé de nuages, parfois troué par les rayons du soleil, la visite du parcours d’art s’est faite au pas de charge…

    Manon contemporaine

    Dénommé Réanimation murale, le trompe-l’œil réalisé par Docteur Colors, deux artistes muralistes de Roubaix, a en effet réveillé le mur jusque-là aveugle et gris de la maternelle Antide-Boyer. Les artistes muralistes ont représenté une bibliothèque aux couleurs vives, où les livres de Marcel Pagnol occupent une large place. À quelques pas de là, sur la façade de l’Espace des Libertés, l’artiste plasticien lillois Grégory Valentin a, par son travail, ouvert en quelque sorte un livre de Marcel Pagnol. Il reproduit, en lettres rouge sombre découpées dans une tôle d’inox, un poème inédit de l’écrivain, confié par Nicolas, petit-fils de l’académicien. Il l’a baptisé La cigale. Cette cigale chante la musique des mots de Pagnol, « dans une dentelle de lettres. L’idée est de pousser le spectateur à déchiffrer, faire une pause, et apprécier le texte. À travers mon travail, je veux que l’on voie la littérature autrement, avec une dimension esthétique, graphique et artistique », livre l’artiste. Elle a quitté les pentes odorantes du Garlaban. Elle s’est aventurée en ville. Elle est là. Manon des sources. Le regard droit et fier, la silhouette mince et cambrée, la farouche et libre Manon se dresse, espace Lucien-Grimaud. Elle porte boucles d’oreille, baskets, et une robe simple, comme effilochée. Haute de 3 mètres, réalisée en acier Corten, qui va se patiner avec le temps, du roux au brun, elle a été conçue par Christophe Milcent. « Je trouvais que Manon des sources, par sa force de caractère, sa manière de ne pas être soumise à la parole patriarcale, collait bien avec notre époque », explique l’artiste nantais. Place Pasteur cette fois, Fouch, artiste lyonnais, a créé À nos enfances et leurs collines.

    Une œuvre qui représente, en silhouettes épurées, une famille, main dans la main, qui partirait se balader dans la colline. « Je joue avec ce vide, qui crée la suggestion. L’œuvre vit avec la ville et son environnement », dit l’artiste. Mais l’environnement parasite aussi l’œuvre. Avenue des Goums, Frédérique Fleury, plasticienne (Rhône), a placé Garrigue. Un triptyque totémique en céramique, haut de 3,57 mètres. « Je voulais utiliser des couleurs gris vert subtiles, en accord avec le Garlaban en fond. J’ai souhaité faire une œuvre présente, mais pas envahissante car pour moi l’art doit aussi faire partie du paysage », estime l’artiste.