À Avignon, Olivier Galzi est officiellement installé maire. L’ex candidat DVD a recueilli 36 voix contre 5 pour Anne-Sophie Rigault (RN). Les dix élus de gauche, « par esprit républicain », n’avaient pas présenté de candidat. On dénombre également 10 bulletins blancs et 2 nuls.
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Vincent Bouget officiellement élu maire de Nîmes
Vendredi 27 mars au soir, le Palais des Congrès de Nîmes avait des allures de nuit électorale qui refuse de retomber. Plus de 700 personnes, jauge dépassée, une file encore à l’extérieur : beaucoup voulaient voir la bascule, toucher du regard ce moment républicain où une ville change de cap. Dans la salle, des applaudissements qui montent au rythme de l’appel, des regards qui se croisent, des élus installés, et un public serré comme pour ne rien perdre de l’instant.Les chefs de file de l’opposition ouvrent la séquence, chacun posant sa ligne. Julien Plantier (DVD) ouvre le bal des prises de parole dans le ton de l’opposition « responsable ». « Pas une opposition de tribune mais de terrain, fondée sur le bon sens », promet-il, se posant « force d’équilibre, exigeant sur les résultats ». Et il conclut : « Aujourd’hui nous sommes dans l’opposition, demain nous serons l’alternative. » Franck Proust (LR), dernier premier adjoint de Jean-Paul Fournier, se veut plus institutionnel : « ni obstruction systématique, ni acceptation de principe », au nom d’une démocratie locale « avec sérieux, clarté et responsabilité. » Puis vient Julien Sanchez (RN), et la trêve républicaine se fissure. Le candidat d’extrême-droite revendique le score historique de son camp, puis fustige Proust, Plantier et la fusion : « Tout le monde sait maintenant que Nîmes a la droite la plus bête du monde », lâche-t-il à deux reprises. Il les accuse d’avoir « offert Nîmes aux communistes », et poursuit en leur demandant de quitter la vie politique « pour laisser la place à des gens plus courageux. » L’attaque ad personam se conclut : « N’ayant hélas que peu d’honneur, ils resteront sans doute ici dans leur petit groupe de trois, ce qui est encore trop pour eux. » Hébétement général, puis les rires jaunes et les huées. Il enchaîne en annonçant avoir déposé son recours (mail du Paloma, tracts, illégalités présumées), puis prévient : une opposition « vigilante, procédurière, dénonçant des promesses non chiffrées », et promettant de « ne rien laisser passer. »
Une écharpe remplie de promesses
La salle est tendue, mais le dépouillement, lui, ramène tout le monde au réel. Silence épais, puis verdict sans surprise mais lourd de symbole : Vincent Bouget est élu maire avec 42 voix, correspondant à sa majorité. Sanchez en obtient 11, cinq bulletins blancs ou nuls, et une voix se perd même sur le nom de Proust, qui n’était pas candidat. Alors, l’émotion prend la place des chiffres : Amal Couvreur s’avance et remet l’écharpe tricolore au nouveau maire, accolade, applaudissements. Une image de passation, et de promesse.Dans son discours, Vincent Bouget cherche tout de suite la hauteur : « Nîmes, c’est une histoire qui oblige. » Il convoque une ville « d’industrie, populaire, ingénieuse, une ville méditerranéenne faite de diversité et de combats ». Et il fixe sa boussole : « Je ne serai pas le maire d’un clan ou d’un parti. Je serai le maire de toutes les Nîmoises et de tous les Nîmois. » À ceux qui ont voté ailleurs, et aux 40 000 abstentionnistes, il tend la main et prend un engagement public : rester proche, rester à l’écoute, et accepter d’être « rappelé à la promesse » si le pouvoir éloigne.
Tout de suite, le travail
Le nouveau maire enchaîne ensuite avec son premier conseil municipal. La majorité installe sa charpente : création de 22 postes d’adjoints (lire la liste ci-dessous), dont cinq chargés spécifiquement des quartiers. Une seule liste est proposée, menée par Amal Couvreur, puis adoptée par les 42 élus de « Nîmes en commun ». Les écharpes se succèdent, les félicitations aussi. Dans les votes procéduraux (indemnités, délibérations de début de mandat), les élus RN s’abstiennent systématiquement, marquant d’emblée une opposition qui refuse de valider, mais ne vote pas contre.
Quand la séance est levée, la politique reprend son visage le plus simple : des accolades, un buffet, des discussions avec les citoyens restés jusqu’au bout. Un premier conseil municipal ne change pas une ville. Mais celui-ci a acté, devant une foule compacte, une chose rare : une alternance qui se fait en public, sous contrôle populaire, et avec une majorité qui veut prouver, rapidement, qu’elle n’a pas seulement gagné : qu’elle sait désormais gouverner.
Axel Jolidon
Les adjoints
1. Amal Couvreur
2. Pierre Jaumain
3. Sibylle Jannekeyn
4. Bruno Ferrier
5. Soukaina Benjaafar
6. Denis Lanoy
7. Marianne Bernède
8. François Séguy
9. Corinne Giacometti
10. Colin Gril
11. Sylvette Fayet
12. Nicolas Nadal
13. Cécile Jourdan
14. Pierre-Edouard Détrez
15. Jo Menut
16. Laurent Mespoulet
17. Sabine Oromi
18. Gilles Guillaud
19. Maya Amer-Moussa
20. Emmanuel Bois
21. Catherine Fénech
22. Jean-Yves Chabanel
Les conseillers municipaux de la majorité
Dimitri Pialat, Sonia Benkirat, Dominique Nuti, Agnès Charaix‑Py, Nicolas Cadène, Christian Bastid, Chloé Ridel, Janie Arnéguy, Jullien Pacioni, Olivier Bénézet, Nadia Goudard, Houria Chaïda, Fanny Daguenet, Laurent Bastide, Christine Pralong, Sylvain Meyre, Pascale Seguin, Julien Roussel, Dominique Andrieu‑Bonnet
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Le grand JT des territoires du 28 mars
Cette semaine dans le Grand J.T. des Territoires de Cyril Viguier sur TV5 Monde
Des communes sans maires ?
Après les élections municipales, plusieurs communes sont sans maires, faute de candidats. Comment cela se passe-t-il ? Réponse dans ce journal.
Saison estivale : les professionnels du tourisme se préparent à l’arrivée des premiers clients
Immersion en Haute-Corse avec un batelier et des restaurateurs pendant les derniers préparatifs.
Les desserts en trompe l’œil !
C’est la nouvelle tendance ces dernières années. Les clients sont nombreux à raffoler de ces gâteaux au réalisme impressionnant. Dans ce journal, Le Grand J.T. des Territoires plonge au cœur de sa fabrication.
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Dans l’Hérault, la gauche perd des communes et des certitudes
Cent mille. Selon le politologue Emmanuel Négrier, la gauche a perdu dans l’Hérault l’équivalent de 100 000 habitants. En dépit des affaires (Sète, Agde) ou d’une gestion hasardeuse de la droite (Castelnau-le-Lez, Lunel) ou de l’extrême droite (Béziers), la gauche dans son ensemble a échoué à conquérir de nouvelles villes. Aucune commune majeure qui était dirigée par la droite n’a basculé dans le camp progressiste dans l’Hérault.
En revanche, quel que soit le parti, la gauche a rendu les clefs de plusieurs mairies. La France insoumise n’a pas seulement échoué partout où elle se présentait seule (Montpellier, Lunel, Lodève…), elle a aussi perdu la seule commune qu’elle dirigeait dans l’Hérault. À Grabels, si René Revol gérait une équipe divers gauche, n’est-ce pas sa proximité avec Jean-Luc Mélenchon qui a été sanctionnée ? À Lodève, c’est le PS qui a failli. Avec une maire
-Gaëlle Levêque-qui ne se représentait pas et une candidate qui voulait rompre avec une partie du bilan, l’équation était bancale bien que soutenue par la présidente de la Région Carole Delga. Elle s’est avérée complexifiée par le refus d’une entente avec l’ancien député LFI Sébastien Rome. Résultat : la sous-préfecture repasse à droite avec Claude Laateb.D’autres villes d’importance jusqu’ici gérées par une majorité divers gauche composite ont basculé. On peut citer Mauguio où l’héritier désigné d’Yvon Bourrel a été balayé dès le 1er tour au profit de Pierre-Martin Chazot (LR) ou Saint-Jean de Védas où le décès soudain du maire François Rio fin décembre a débouché sur 7 candidatures et la victoire de Patrick Hivin, proche d’Édouard Philippe (Horizons). Enfin, comment ne pas évoquer la surprenante défaite de Véronique Négret (union de la gauche) à Villeneuve-lès-Maguelone, en dépit d’une droite divisée.
Des communes conservéesLa gauche a tout de même conservé plusieurs de ses fiefs notamment les deux plus importants : Montpellier et Frontignan. Dans la capitale régionale, Michaël Delafosse aura sans doute une opposition acharnée avec LFI et les colistiers d’Altrad. Mais, fort de son succès, il aura les mains libres pour suivre son « cap » pour Montpellier et sa Métropole. Malgré l’élection de 13 nouveaux édiles sur 31, M. Delafosse qui sera réélu maire samedi 28 mars (10h) par le conseil municipal devrait aisément conserver la présidence de l’intercommunalité où plusieurs socialistes (Renaud Calvat à Jacou, Eric Penso à Clapiers, Yvon Pellet à Saint-Geniès-des-Mourgues…) ou soutiens (Cyril Meunier à Lattes, Michelle Cassar à Pignan, Florence Brau à Prades-le-Lez…) ont été reconduits. En revanche, avec la réélection d’Hervé Marquès à Sète, le PS va devoir convaincre des maires du bassin de Thau pour faire fructifier la réélection de Michel Arrouy (PS) à Frontignan afin que Loïc Linarès (PS) conserve la présidence de l’Agglo de Sète.
Très affaiblie dans le Biterrois, la gauche reste bien implantée dans la plaine héraultaise. La réélection dès le 1er tour du socialiste Armand Rivière à Pézenas en est le symbole. Celui-ci pourrait d’ailleurs briguer la présidence de l’Agglo Hérault Méditerranée qui risque de tomber dans les griffes du RN avec la victoire d’A. Lopez-Liguori à Agde. Au-delà, ces municipales auront des conséquences politiques. La gauche pourra-t-elle conserver ses 3 sièges (Hussein Bourgi PS, Henri Cabanel* DVG, et Christian Bilhac PRG) au Palais du Luxembourg aux Sénatoriales de septembre ? Au moins l’un deux pourrait être fragilisé, l’extrême droite pouvant ravir un siège grâce à son emprise sur le Biterrois et le littoral.
Affaiblie par la droite et le RN, la gauche de Kléber Mesquida sera face à un défi lors les élections départementales de 2028. Surtout si la présidentielle 2027 tournait… à la catastrophe.
* Qui ne se représente pas.
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![[Entretien] Emmanuel Négrier : « L’essentiel des bascules s’opère de gauche à droite »](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/03/dd6d41f8a563976b48f9c53703da76e2.jpg)
[Entretien] Emmanuel Négrier : « L’essentiel des bascules s’opère de gauche à droite »
La Marseillaise : La conquête de Nîmes par la gauche peut-elle, à l’avenir, freiner la poussée constante du RN dans le Gard ou est-ce l’arbre qui cache la forêt dans un Département menacé en 2028 ?
Emmanuel Négrier : Le succès remporté par la gauche à Nîmes s’explique à la fois par des divisions circonstancielles des héritiers de la droite, la forte mobilisation d’entre-deux tours dans les quartiers populaires, où la croissance d’un tour à l’autre est proche de 50%, et une incapacité chronique du RN à incarner une offre politique dans ces quartiers. C’est le paradoxe du RN, parti populiste en panne dans le vote populaire.
Cependant, cette configuration n’est pas prédictive de ce qu’il se passera pour les prochaines échéances, et notamment pour les élections départementales et régionales. En effet, dans ces scrutins, les quartiers populaires sont jusqu’à présent marqués par une abstention structurelle et leur engagement dans ces prochaines élections est tout sauf assuré. D’autre part, les conquêtes gardoises du RN autour de Beaucaire, Vauvert et Bagnols-sur-Cèze vont très probablement conduire à des dilemmes stratégiques pour la droite, avec à la clef des ralliements possibles, comme on pourra d’ailleurs le voir très vite à l’occasion de l’élection des exécutifs des intercommunalités concernées. La gauche devra batailler sur ces fronts en position de relative faiblesse, en raison d’une influence politique qui décline globalement et des divisions qui, jugulées à Nîmes, se révèlent perdantes dans beaucoup d’autres contextes, dans le Gard comme ailleurs. Ces élections départementales et régionales, situées après l’échéance présidentielle dont nous ne savons pas ce qu’elle va produire, sont donc hautement risquées pour la gauche départementale.
Au contraire du RN, LFI n’est parvenue à conquérir aucune ville majeure en Occitanie. Est-ce dû à l’épouvantail Mélenchon ou à la stratégie insoumise souvent jugée anti-PS ?
E.N : LFI pouvait virtuellement compter sur un sortant, à Grabels, et sur une influence considérable lors des précédentes élections présidentielles et législatives dans certains bastions comme Montpellier. Le problème que rencontre LFI est de plusieurs ordres. D’une part, la déconnexion des logiques de vote entre les scrutins nationaux et cette élection singulière qu’est la municipale fait significativement baisser son influence là où il n’est pas implanté. Ensuite, le pari qu’il faisait de remobilisation des quartiers populaires s’est très peu produit (le cas de Nîmes étant exceptionnel) et guère à son profit, comme on l’a vu à Montpellier où il est le plus souvent devancé par le vote en faveur du sortant ou de la liste Mohed Altrad. Quant à Grabels, l’évolution sociologique de la population, associée à une certaine usure du pouvoir municipal, ont été fatales à son maire sortant, René Revol. Derrière ces considérations localisées, il y a une évolution plus générale qui est que le vote LFI s’est sociologiquement transformé. En 2022, c’était celui qui correspondait le mieux à un profil moyen des Français en termes d’âge, de catégorie sociale et professionnelle, d’habitat. En quatre ans, c’est l’électorat du RN qui s’est homogénéisé, en se rapprochant, sur tous ces critères en dehors du niveau de diplôme, du « Français moyen ». Le vote LFI, à l’occasion de ces élections municipales, est devenu « spécifique », ce qui explique ses succès ponctuels (Saint-Denis, Roubaix), mais aussi ses échecs. Évidemment, dans un contexte où la gauche, prise globalement, ne dépasse guère un tiers de l’électorat et qu’elle se divise sur des considérations qui sortent totalement des contextes précis de vote, elle ne peut que s’affaiblir, en particulier son aile gauche.
En dépit du fiasco agathois,
la droite héraultaise sort-elle renforcée de ces Municipales même si les couleurs des Républicains sont peu visibles ?E.N : La droite est en effet renforcée dans ces élections, mais c’est au prix d’une logique d’euphémisation des étiquettes politiques, qui posent d’ailleurs certains problèmes au chercheur que je suis. Globalement, lorsque la droite a perdu une commune, c’est le plus souvent au profit d’une autre liste de droite (Castelnau-le-lez), ou de l’extrême droite dans le cas d’Agde. Et quand un maire d’extrême-droite (Vias) ou anciennement associé à Robert Ménard (Cers) perd, c’est au profit d’un centriste, et non de la gauche. Ailleurs, on peut se poser la question de savoir si un certain électorat de gauche n’a pas fait le choix de la droite sortante plutôt que de la liste de gauche encore en lice au second tour. Ainsi, je fais l’hypothèse qu’il y a un peu de gauche (politique et sociologique, du côté des professions artistiques, par exemple) dans le maintien de la droite au pouvoir à Sète. L’essentiel des bascules s’opère donc de gauche à droite, mais il serait extrêmement hasardeux pour la droite d’en tirer un indicateur de retour en grâce électorale, tant les contextes localisés pèsent plus que l’identité partisane des nouveaux maires. Par ailleurs, comme on l’a observé dans le Gard, même si c’est pour l’Hérault d’une moindre intensité, la droite va être confrontée, face à la pâleur de son identité politique, à la progression du vote RN, encore peu sensible lors de ces élections municipales, et aux enjeux stratégiques qui ne manqueront pas de se poser à elle lors des prochaines échéances.
La gauche héraultaise a-t-elle perdu plus que certaines villes (Lodève, Grabels, Mauguio, Villeneuve-lès-Maguelone, Saint-Jean de Védas…) dans l’optique des Sénatoriales 2026 et des Départementales 2028 ?
E.N : La gauche héraultaise a perdu une douzaine de villes, ce qui représente près de 10% de la population héraultaise (100 000 habitants), qui passent de gauche à droite en termes de gouvernance municipale. C’est un recul considérable pour une élection dont on dit d’ordinaire qu’elle favorise les sortants. Cette évolution vers la droite, même pâle et diverse, ne pourra pas ne pas avoir d’influence pour l’élection sénatoriale de septembre prochain. Celle-ci se déroule à la proportionnelle pour désigner les 4 parlementaires et elle est, plus que pour une élection directe, sous l’influence des grands électeurs des mondes ruraux et petites villes, précisément là où la gauche a perdu des positions. L’incertitude est donc assez grande pour ce prochain rendez-vous politique. Quant aux élections départementales, l’Hérault se caractérise par une meilleure résistance à la progression du RN, la gauche y conserve une influence certaine à la fois dans ses bastions urbains et l’arrière-pays, qui peut lui permettre de ne pas perdre le leadership départemental, contrairement à l’Aude, aux Pyrénées-Orientales ou au Gard, trois départements où, ce n’est pas un hasard, tous les députés sont d’extrême droite.
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Un appel citoyen pour en finir avec le sans-abrisme dans l’Hérault
Ils sont une soixantaine venant de tous horizons : médecins, éducateurs spécialisés, artistes ou encore journalistes. Se joignent à eux des associations et des syndicats. Ensemble ils viennent de signer un appel pour en finir avec le sans-abrisme. « Que quelqu’un puisse mourir de froid à deux pas d’un lieu d’hébergement saturé à Montpellier, c’est inadmissible. Nous appelons les pouvoirs publics […] à ouvrir au plus vite suffisamment d’hébergements d’urgence pour que plus personne ne soit contraint de dormir à la rue », écrivent les signataires.
La genèse de cet appel remonte à début janvier, à la suite du décès d’un jeune SDF à Montpellier en face d’un hébergement d’urgence qui ne pouvait l’accueillir. Une première pétition est lancée pour demander l’ouverture d’un gymnase. La réponse des pouvoirs publics jugée insuffisante, l’idée d’un second appel fait son cheminement. « On voulait dire notre colère et faire connaître cette situation insupportable. Cet appel ne concurrence pas du tout le travail réalisé sur le terrain par les associations mais vient en complément », détaille Claude Dubois, membre du NPA héraultais.
48 ans d’espérance de vieCar l’urgence est là. Selon les estimations, 2 800 personnes dorment à la rue dans la capitale héraultaise. « On veut informer sur les conditions de survie dans la rue. En 2025, 34 personnes sont décédées à Montpellier. L’espérance de vie pour ceux qui ont connu la rue à un moment dans leur vie est de 48 ans », soutient Gilles, du collectif citoyen contre le sans-abrisme. Des familles, des mineurs non accompagnés, des femmes seules, des personnes en situation de handicap, beaucoup de publics sont touchés. « J’ai rencontré une jeune fille à la rue qui venait d’arriver à Montpellier. Elle ne trouvait pas de place d’hébergement, elle est partie à Grenoble. Elle est décédée là-bas, à l’âge de 21 ans », soupire Samuel Forest, président de l’association Solidarité Partagée.
Ce dernier espère « une prise de conscience et qu’on mette la pression aux politiques pour qu’ils en fassent une priorité. » D’autant que les logements vacants foisonnent à Montpellier, que la municipalité pourrait réquisitionner. Mais face à la faible volonté des pouvoirs publics, dont l’État, premier responsable du sans-abrisme, l’action pourrait venir des militants. Le 16 avril, le porte-parole du Droit au logement d’abord (DAL) viendra donner une formation sur la réquisition de logements vides. « Une des autres missions est de nous fédérer », reprend Gilles. En ce sens, les signataires viennent de se regrouper au sein d’une « coordination plus personne à la rue ». Aussi, la pétition de janvier* vient d’être réactualisée dans l’espoir de bouger les lignes. Car les signataires sont clairs : « Si aucune solution n’est trouvée, nous soutiendrons toutes les initiatives en faveur du logement ».
* change.org.
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Une explosion de tulipes et de couleurs à Jonquières
C’est devenu l’un des événements incontournables dans le Vaucluse au moment où le printemps pointe le bout de son nez. Petits et grands ont rendez-vous au domaine Martin de Grangeneuve à Jonquières pour profiter de la floraison des champs de tulipes présentes par milliers offrant des couleurs et variétés diverses.
Un spectacle éphémère qui a débuté pour la saison actuelle le week-end dernier et se poursuit jusqu’au 6 avril.
Une parcelle destinée à la cueillette
Elles y sont plantées ici depuis plusieurs années par l’entreprise néerlandaise Triflor France qui a choisi Jonquières et le Vaucluse pour son climat, permettant une floraison et donc une cueillette précoce par rapport aux Pays-Bas.
« Fêtons les tulipes de Jonquières » est donc une fête unique en son genre, spontanée, gratuite et joyeuse portée par l’association du même nom créée en 2019 qui, au retour du printemps s’attelle a offrir le plus beau des événements aux curieux venus de la région et d’ailleurs, transformant les parcelles cultivées dont les bulbes sont plantés à l’automne en véritable tableau vivant qui semble s’étendre jusqu’aux Dentelles de Montmirail avec le Géant de Provence en toile de fond.
Tout au long de l’ouverture au public, une parcelle spécifique est mise à disposition des visiteurs pour que chacun puisse cueillir son bouquet. Une vente qui permet de soutenir l’association organisatrice mais aussi de valoriser le travail réalisé sur ces terres dont la culture est professionnelle et destinée à l’export. D’ailleurs, une fois la floraison terminée, les bulbes enfouis sous terre sont récoltés puis triés pour être expédiés vers de nouveaux horizons auprès d’horticulteurs et fleuriste en Europe, notamment aux Pays-Bas où ils pourront de nouveau fleurir.
Ouvert tous les jours pendant la période de floraison de 10h à 18h30 en accès libre. Parking gratuit à proximité.
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Le festival de Pâques débute à Aix-en-Provence
Ateliers pour enfants, concerts, tables rondes ou encore conférence… Le festival de Pâques est de retour à partir de samedi et avec lui une programmation soignée, riche et variée qui s’adresse à tous les publics à travers divers lieux de la ville jusqu’au 12 avril.
Pour débuter les festivités ce sont des ateliers musicaux à destination des enfants qui sont proposés aux côtés de Solesne Loy, violoniste et pédagogue au sein du salon Jessye Norman du Grand théâtre de Provence. Dès samedi et dimanche de 10h30 à 12h et ce tous les week-ends que dure le festival, les débutants entre 7 et 10 ans pourront s’essayer au violon.
Sinon, à partir de 6 ans, samedi à 14h et dimanche à 15h30, les minots pourront découvrir la « Symphonie Pastorale » de Beethoven, une ode à la nature en lien avec le concert familial, illustré et accompagné de six musiciens du même nom qui est prévu le 31 mars à 19h au Conservatoire Darius-Milhaud.
Le pouvoir de l’Art et de la musique
Un atelier où la musique prend vie et où les jeunes mélomanes sont invités à éveiller tous leurs sens. Un autre le samedi à 15h30 leur proposera de créer leur propre univers sonore en inventant les sons de la nature en musique.
Le dimanche, à partir de 14h et pendant une heure les enfants pourront tout savoir du compositeur de génie, Ludwig van Beethoven.
Du côté du camp des Milles, dimanche c’est toute une journée gratuite qui est prévue sur le thème « Penser, ne pas oublier » et fait de tables rondes et concerts pour s’interroger ensemble sur « le pouvoir de l’Art comme ciment du vivre ensemble dans une période où les crises et changements permanents peuvent conduire à un affaiblissement de nos repères ». À vivre à partir de 9h30.
L’ensemble des événements présentés sont gratuits sur réservation.
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![[Grand entretien] Yael Naim : « Mon album est une libération »](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/03/aa3292daa2f7c92867fb5ff4227481aa.jpg)
[Grand entretien] Yael Naim : « Mon album est une libération »
La Marseillaise : Qu’est-ce qui vous a motivé à retourner en studio pour créer « Solaire », cinq ans après votre album précédent ?
Yael Naim : En réalité, je suis retournée au studio tout de suite après Nightsongs [son précédent album sorti en 2020, Ndlr]. J’ai tout le temps envie de faire de la musique, c’est ma manière de m’exprimer. Mais ça a pris cinq ans pour achever cet album car il s’est passé beaucoup de choses dans ma vie privée comme professionnelle. Et aussi sur le marché de la musique, ce qui m’a conduit à devenir artiste indépendante. J’ai mis beaucoup de temps à chercher un nouveau son pour ce projet.
Votre album « Solaire » sonne comme un autoportrait qui, même s’il est surtout marqué par la musique pop, est aussi coloré par de l’électro, de la soul et même du trip-hop. C’est une manière de s’affranchir des étiquettes ?
Y.N. : En tant qu’artiste, j’ai fait cela naturellement. Mais mettre des étiquettes, ça, ce n’est pas naturel. C’est ce qui nous fait le plus de mal. L’être humain est complexe, tout comme la musique qui digère plein de choses. Tous les genres musicaux naissent car ils se mélangent. L’idée, c’est d’exprimer toute sa complexité.
Sur votre titre « La fille pas cool », vous parlez de « toujours chercher [votre] place »…
Y.N. : Je me suis rendu compte qu’à une époque, j’ai essayé de correspondre à l’image des réseaux sociaux et de bien d’autres choses. Cela m’a épuisée. J’ai donc décidé d’arrêter de courir après cela. Dans La fille pas cool, je fais toute la liste de ce que j’ai toujours senti que je ne suis pas mais que j’aurais aimé être. Et à la fin de la chanson, j’explique que j’aime en fait la force tranquille et m’envoler sans partir. J’ai besoin d’un grand espace de liberté. J’aime prendre les petites routes car les autoroutes me font peur. Il faut cultiver le doute, c’est encore plus important de nos jours. On est tous issus d’une histoire et d’un point de vue. Mais il faut toujours prendre du recul et être curieux pour communiquer avec le monde.
« J’avais honte de cette lumière en moi. Aujourd’hui, je l’assume »,
avez-vous notamment déclaré…Y.N. : Avant, j’avais honte de montrer mes désaccords, ma colère, d’être comme je suis. On est dans un monde où il faut présenter les choses d’une manière particulière. Mais il y a une certaine typologie de gens qui ne rentrent pas dans ces cases et qui sont un peu moqués. Avant, dès que j’exprimais des désaccords, on me répondait : « Toi, tu es solaire, reste dans cette case. » Cet album est du coup une libération.
L’idée de lumière est aussi accolée à celle de paix. Qu’est-ce qui vous a convaincu, ces dernières années, d’accompagner les Guerrières de la paix, ce « mouvement de femmes pour la paix et la justice et contre les formes de haine, dont le racisme, l’antisémitisme, l’islamophobie et la haine anti LGBT » ?
Y.N. : J’ai toujours été pour l’ouverture entre les cultures, l’égalité et la paix. Mais j’ai aussi eu des moments de fuite. Avant j’étais très loin de la guerre [Elle est née en France, puis a grandi en Israël]. Mais le 7 octobre 2023 est arrivé et je me suis retrouvée au cœur de ce conflit avec tous les traumatismes que cela implique. Les journaux ont commencé à m’appeler pour que je me positionne. J’ai même subi des pressions de gens que je connaissais pour que je me prononce publiquement alors que je n’étais pas concernée par ce conflit. Je me suis retrouvée paralysée. Des gens très proches me disaient : « Tu n’as pas le droit de penser ceci ou cela. » J’ai retrouvé cela d’un côté comme de l’autre. Je suis allée voir une psychologue qui m’a aidée à comprendre ce qu’il se passait. J’ai ensuite commencé à beaucoup m’informer et lire toutes les opinions. J’ai rencontré de nombreux collectifs, parmi lesquels celui des Guerrières de la paix. À cette époque, venaient à Paris toutes les associations pour la paix israélo-palestinienne. J’ai vu des deux côtés des gens qui avaient perdu beaucoup de famille et de proches. Sauf que contrairement à beaucoup d’autres, ils travaillent ensemble pour que tout cela cesse. Ils ne choisissent aucun camp et condamnent la violence, d’où qu’elle vienne. C’était de la lumière pour moi.
Vous, la franco-israélienne, devez vous sentir encore plus coincée entre les crimes de guerre du gouvernement d’extrême droite de Netanyahou et l’instrumentalisation du conflit et de l’antisémitisme opérée en France…
Y.N. : Les cases que les politiciens nous proposent ne me donnent pas envie et ne me convainquent pas. Je n’ai pas envie de me positionner pour le moins pire, mais pour une solution qui reconnaisse les droits humains de tout le monde. Il faut un discours plus responsable et travailler ensemble pour se débarrasser des extrémistes.
Finalement, votre album est une réponse à tous les intégrismes, non ?
Y.N. : C’est une réponse mais pas que. Parmi les propositions sur la table aujourd’hui, comme on ne te propose pas quelque chose qui te correspond, tu vas choisir le moins pire. Mais il faut plutôt créer ensemble petit à petit des alternatives qui nous correspondent mieux, qui sont plus dans la nuance.
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Football – National : score nul et vierge entre Aubagne et Valenciennes
Aucun but ce vendredi soir au Stade du Hainaut puisque les deux formations se sont quittées sur le score de 0 à 0. Le SCAAB brise sa série de 5 défaites avec ce résultat, mais stagne toujours. Les Bucco-Rhodaniens sont actuellement 13e du championnat de National, avec dix points de marge sur la zone de relégation.
