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  • « Les Kurdes n’ont pas à payer pour ces débordements »

    « Les Kurdes n’ont pas à payer pour ces débordements »

    La Marseillaise : Suite aux incidents survenus après la manifestation de jeudi, le Préfet a interdit celle prévue ce samedi. Quel est votre sentiment ?

    Josiane Durrieu : C’est profondément injuste. On condamne ces violences qui ont été perpétrées après l’ordre de dispersion par des personnes cagoulées dont on ignore l’identité. Les Kurdes n’ont pas à payer pour ces débordements qui desservent leur cause. Ce sont des militants responsables et calmes qui n’aspirent qu’à la paix et défendent leurs droits alors que les djihadistes les massacrent.

    La Marseillaise : La situation est extrêmement tendue nord de la Syrie ?

    J.D. : Elle est dramatique avec des massacres de Kurdes du Rojava par des groupes islamistes, soutenus par la Turquie et l’armée du régime syrien d’Al-Charaa. Il faut rappeler que ce gouvernement n’a pas été élu, ce sont des islamistes issus d’Al Qaida et Daesh. Même s’il a rasé sa barbe et mis un costume cravate, il reste un djihadiste qui a juste lissé son image pour avoir l’appui des Américains…

    On a eu un moment l’impression que les choses s’apaisaient.

    J.D. : Il y a eu des discussions pour trouver une solution politique et apporter des droits aux Kurdes qui souhaitent avant tout la paix. Ils y ont participé mais malgré ça Al-Charaa leur envoie son armée. Il y a eu des massacres à Alep, avec 400 ou 500 morts, et ça continue au nord de la Syrie, à Kobane, la ville martyre.

    Les Kurdes ont participé à chasser Daesh et désormais la communauté internationale ferme les yeux ?

    J.D. : Tout le monde a lâché les Kurdes alors que sans eux, Daesh contrôlerait tout le Moyen-Orient. Ils ont combattu, avec des milliers de morts, pour la démocratie, mais c’était pour nous aussi. Et aujourd’hui, la coalition qui est toujours dans le nord de la Syrie, reste muette. C’est scandaleux. Elle doit intervenir contre les cellules de Daesh qui se sont reformées et stopper les attaques d’Al-Charaa.

    Vous êtes aux côtés de la communauté kurde dans sa mobilisation. Que demandez-vous ?

    J.D. : On demande au président de la République d’intervenir avec des frappes aériennes parce que la France fait partie de la coalition internationale, pour arrêter les groupes islamistes et les troupes d’Al-Charaa, et éviter les massacres. On ne peut pas laisser tomber les Kurdes. On le leur doit mais on se le doit aussi à nous si on veut faire vivre la démocratie. La France à un rôle à jouer pour que l’Europe se prononce. Si on ne fait rien, Al-Charaa installera un régime islamiste. Ils ont déjà libéré des prisonniers djihadistes. Les islamistes ne supportent pas le régime kurde du Rojava parce qu’il est laïc, démocratique, et féministe. Cela aura des répercussions jusqu’en Europe, avec ce que cela comporte en risque d’attentats. Et puis, il y a la Turquie aussi qui veut en finir avec les Kurdes de Syrie.

    Il y a eu des négociations en Turquie.

    J.D. : La Turquie a négocié avec les Kurdes de Turquie mais ça piétine parce que la Turquie ne veut pas d’une région autonome kurde en Syrie car ça créerait un précédent. Nous demandons que les Kurdes du Rojava, puissent garder leur système politique et en étant inclus dans la Syrie. Il faut une région autonome.

    Comment interprétez-vous le silence de la communauté internationale ?

    J.D. : Trump a invité Al-Charaa, on l’a présenté comme un démocrate mais il s’est juste donné une fausse image. Les Américains ont joué la carte des islamistes contre les Kurdes en pensant que ça allait stabiliser la région et qu’il pourrait récupérer et exploiter le pétrole. Trump a fait ce calcul en s’asseyant sur toutes les questions démocratiques.

  • Robin Renucci : « Il faut révéler la part de bonté dans l’humanité »

    Robin Renucci : « Il faut révéler la part de bonté dans l’humanité »

    La Marseillaise : Avec cette pièce, Ionesco alerte sur la façon dont, sous leurs dehors bienfaiteurs, certains nous conduisent vers le pire. Est-ce que ce sont surtout ses forts échos avec notre époque qui vous ont poussé à vous en emparer ?

    Robin Renucci : Bien sûr. Ce qui m’intéresse, c’est la violence larvée dans les formes d’autorité qui sont en fait des pouvoirs sur les gens. C’est la dérive autoritariste dans laquelle on est. Et aussi tout ce qu’il se passe dans l’intime. Comme le dit Hannah Arendt, c’est parce que dans l’intime, il y a cette relation des êtres les uns sur les autres – que cela soit les hommes sur les femmes, les adultes sur les enfants, ou dans le cadre scolaire à propos de la confusion entre transmettre et dominer – que naissent les totalitarismes et qu’on les accepte au bout d’un moment. D’où l’intérêt de prendre les trois personnages de cette pièce : un professeur totalement dissymétrique et une élève. Un homme vieux et une jeune fille. Et un troisième personnage, la bonne Marie, qui regarde et voit tout. C’est la majorité des gens qui ne savent pas comment réagir. Ils sont sidérés et laissent faire.

    Entre la période des années 1950 et aujourd’hui, est aussi apparue la mise en lumière des violences faîtes aux femmes…

    R.R. : Les artistes de beaucoup d’époques différentes parlent des mêmes sujets. Même Molière, dans L’école des femmes, parle de la violence masculiniste d’un vieil homme sur une jeune fille. Lors des 40 dernières années, l’évolution de la femme a créé une émancipation progressive. Et des auteurs comme Ionesco décrivent d’une manière limpide ce que d’autres aujourd’hui nomment comme étant le continuum des violences. Ça commence par une forme de paternalisme, d’affection, puis devient progressivement de la décrédibilisation de la parole de l’autre : comment on fait perdre le sens commun de quelque chose et cela, Ionesco l’a écrit dans les années 1950. Il fait ce continuum des violences depuis l’arrivée d’un gentil professeur qui se met à beaucoup trop expliquer, décrédibiliser, humilier, puis nier le corps de l’autre.

    Sa jeune élève passe, elle, de l’assurance à l’anéantissement…

    R.R. : Elle est au début très dynamique et, perd cette assurance de scène en scène. J’ai voulu sortir cette pièce du cadre de l’intime et du petit bureau de professeur dans laquelle elle est habituellement jouée. Je l’ai voulue en grand plateau, pour qu’on voie toute sa dimension politique. Pour reprendre cette question des totalitarismes. Ce continuum des violences est ce que nous subissons, avec des gars qui disent oui et non du jour au lendemain, comme c’est le cas actuellement aux États-Unis avec ce fou.

    La bonne Marie représente quant à elle l’humanité dans sa passivité…

    R.R. : C’est ceux qui laissent faire. Prenez le cas de l’abée Pierre par exemple. Comment a-t-on pu le laisser faire pendant 50 ans ? Il y avait quand même autour de lui une cour de gens qui l’adulaient. Ça parle de tous ceux qui savent, mais savent sans savoir. Ça peut se produire dans le monde de l’éducation, de la foi, de la sexualité comme cela a été le cas lors de l’affaire des viols de Mazan. Quelle générosité de cette dame, Gisèle Pelicot, qui a voulu ouvrir le procès à tout le monde. Ça a permis de nous éclairer. Que dire encore de ce qu’il se passe actuellement avec la montée des fascismes en Europe. On ne peut pas dire qu’on n’est pas au courant, on connaît le processus : ça commence toujours par un bouc émissaire, puis ça bascule dans le populisme et les mots n’ont plus la même valeur. On voit sous nos yeux la banalité du mal se construire. Et pourtant, on avance sur ce chemin.

    Ne trouvez-vous pas qu’il y a aussi beaucoup de donneurs de leçon dans cette campagne pour les élections municipales à Marseille ?

    R.R. : Une campagne électorale, c’est souvent l’utilisation des mots. Au fond, la façon dont on arrive à séduire. Si on revient à son étymologie, éduquer signifie conduire hors, donc émanciper. Et séduire, c’est conduire à soi. Moi, je distingue beaucoup ceux qui amènent à eux à des fins électorales, et non d’émancipation. Or un théâtre, c’est un lieu d’émancipation. Une maison du peuple où les gens se parlent, malgré leurs oppositions. Et surtout, sans souci de rentabilité et de profit.

    Tout porte à croire que le candidat de l’extrême droite à Marseille peut prétendre à la victoire. Un courant politique qui s’attaque souvent à la culture avec des logiques comptables. Comment l’appréhendez-vous ?

    R.R. : À l’opposition violence, il faut préférer l’insistance des valeurs. Le chemin a été montré par le Conseil national de la Résistance à la suite de l’horreur de la deuxième guerre mondiale. Il faut garder un espoir et faire en sorte de révéler la part de bonté dans l’humanité dans les pires moments, là où la domination et la destruction interviennent.

    Si pareille catastrophe se produisait à Marseille, c’est dans ces situations qu’on attend le plus un directeur de théâtre national comme vous…

    R.R. : Et bien, on me trouvera [il affiche un sourire à la fois serein, taquin et carnassier, Ndlr]. La Criée, c’est une maison généreuse en humanité. Un théâtre, ça crée de l’aiguisement de la singularité, alors que les totalitarismes l’écrêtent au profit d’une uniformisation de masse.

  • Grève des marins contre la mise à la casse du Kalliste

    Grève des marins contre la mise à la casse du Kalliste

    Entré en 1993 dans la flotte de la compagnie maritime, le Kalliste, navire emblématique de la délégation de service public entre Marseille et la Corse, réaffecté sur la ligne Marseille-Nador (Maroc) la saison dernière avant sa mise à l’arrêt en octobre dans le port de Marseille, « a énormément servi et peut encore servir. Il y a mieux à faire que sa mise à la casse », défend Jean-Mathieu Figarella, secrétaire de la CGT Méridionale. La direction en a décidé autrement.

    Le 17 septembre dernier, cette dernière avait avancé ses pions lors d’un CSE extraordinaire sur son plan de réorganisation qui mettait forte option sur la vente du ferry. La Méridionale « fait face à une dégradation de sa situation économique, dans un contexte de concurrence internationale très intense », explique la direction. Aucun départ contraint n’aurait lieu mais un plan de départ volontaire était une probabilité. Le 12 janvier, la direction a confirmé la cession du Kalliste au chantier turc Sok Denzcilik, la « seule offre ferme reçue », précise-t-elle, vente qui ne sera effective qu’après la remise de l’avis issu du rapport d’expertise complémentaire demandé par le CSE.

    Un outil pour contrer GNV

    Pour le syndicat cette décision met en péril des « centaines d’emplois parce qu’on n’a aucune garantie derrière ». Jean-Mathieu Figarella estime que le navire « peut permettre aux compagnies de se positionner sur le port de Sète pour contrer et pour écarter le GNV de l’Afrique du Nord ». Il précise que « dans le cadre de ce programme commun 2026, le Kalliste a potentiellement toute sa place, et s’en débarrasser ainsi, aussi rapidement et dans ces conditions, serait irresponsable ». La direction assure quant à elle que « tous les scénarios d’exploitation se sont révélés structurellement déficitaires ».

    En l’état des discussions, le syndicat CGT de La Méridionale a déposé un préavis de grève à durée illimitée au port de Marseille à compter de l’ordre donné du dernier voyage du Kalliste, non encore communiqué par La Méridionale. Un appel auquel se joint le syndicat CGT des marins de Marseille qui avait déjà déposé un préavis de grève le 2 décembre dernier pour dénoncer une situation « plus tenable », liée à « la concurrence déloyale des compagnies sous pavillon international italien » couplée d’une « mise en concurrence » des compagnies Corsica Linea et La Méridionale sur la Corse.

  • L’ambitieux projet de Decathlon- CMA CGM

    L’ambitieux projet de Decathlon- CMA CGM

    Entre Marseille et Lille, pour briller au niveau planétaire. L’équipe Decathlon-CMA CGM est prête à changer de dimension à l’aube d’une année charnière pour cette formation ambitieuse. L’arrivée de la compagnie maritime comme sponsor principal rebat les cartes. Les moyens sont plus élevés, les attentes aussi. « Il y a de l’attente vis-à-vis du partenaire mais aussi vis-à-vis de nos dirigeants, qui ont recruté des coureurs talentueux. À partir de là, nous à la direction sportive, il faut bien travailler avec les collègues pour que la mayonnaise prenne bien et qu’on soit déjà opérationnel rapidement pour prendre des bons automatismes et avoir une bonne dynamique », explique Nicolas Guillé, le directeur sportif qui accompagnera les coureurs sur le Grand Prix de Marseille-La Marseillaise.

    L’équipe World Tour se rapproche désormais des meilleurs collectifs du monde. Le staff s’est étoffé, le recrutement gonfle les ambitions et Decathlon- CMA CGM est attendu en haut des classements sur chaque course. Chaque détail compte pour entourer au mieux les cyclistes, comme le raconte Nicolas Guillé : « On essaie de se mettre au niveau de grosses équipes comme Visma ou UAE. Je pense que maintenant on a des personnes compétentes dans chaque secteur, des personnes brillantes pour le haut niveau. Chaque secteur, la nutrition, l’entraînement, la mécanique, tous ces secteurs sont très très pointus maintenant et on a besoin des meilleurs. »

    Preuve de ce nouveau statut, deux directeurs sportifs d’excellence ont rejoint la formation française durant l’intersaison. Mark Renshaw est celui qui a mené le légendaire Mark Cavendish à tant de victoires. L’ex-sprinteur Heinrich Haussler, 2e de Milan-San Remo 2009, a aussi signé un contrat avec l’équipe dirigée par Sébastien Joly.

    Paul Lapeira, leader désigné à Marseille

    Le Grand Prix de Marseille- La Marseillaise et les autres courses prévues dans le sud de la France revêtent d’une importance particulière pour Decathlon-CMA CGM. Avec ce partenaire phocéen, l’objectif est de gagner le 1er février. « C’est vrai que notre équipe a un petit peu ce devoir de gagner ces courses-là, rappelle Nicolas Guillé. Maintenant ce n’est pas les plus faciles mais en tout cas on va avec l’ambition de gagner. » Le champion de France 2024 Paul Lapeira sera le leader mais « sur ces courses on essaie aussi de faire profiter les plus jeunes, alors que dans les courses World Tour, ils ont vraiment un rôle spécifique ».

    Avec 28 coureurs sous contrat en 2026, Decathlon-CMA CGM a la possibilité de gagner sur n’importe quel jour de course. Benoot, Kooij, Paret-Peintre, Scotson, Bissegger, Gall, Prodhomme et bien sûr Paul Seixas, tant de noms pouvant lever les bras à travers une année. Les Tricolores ont même déjà ouvert leur compteur avec la récente victoire de Tobias Lund Andresen lors du Tour Down Under, en Australie. Et l’idée est de réaliser la même chose, le 1er février, lors du Grand Prix cycliste.

    « Notre équipe a un petit peu ce devoir
    de gagner
    ces courses-là »

  • Le chantier du siècle

    Le chantier du siècle

    La décarbonation de la zone industrialo-portuaire de Fos, dans les Bouches-du-Rhône, est un enjeu crucial non seulement pour ce département mais pour l’ensemble du territoire régional avec, également, une portée internationale.

    Au XXe siècle, une page de l’histoire industrielle s’était aussi écrite dans ce même territoire au moment où le port autonome de Marseille avait investi l’ouest du département. De très nombreux nouveaux habitants, notamment venus de l’est et du nord de la France, s’étaient installés dans les communes proches de leur lieu de travail.

    Les maires acteurs incontournables

    Une évolution de même ampleur est en cours en ce début de XXIe siècle. Les questions d’emploi, d’environnement, de services publics, de transports, de logement et d’accès aux soins sont centrales. Les élus locaux, notamment les maires, sont des acteurs incontournables et la plupart d’entre eux, notamment à Port-de-Bouc et Martigues, agissent d’ores et déjà pour que ce projet XXL s’inscrive pleinement dans le territoire en mettant aussi au cœur du projet les impératifs de la vie quotidienne. D’ores et déjà, plus de 10% des salariés des Bouches-du-Rhône travaillent directement et indirectement pour l’activité portuaire. Leurs représentants, c’est-à-dire les syndicats doivent également être pleinement associés à cette révolution qui se prépare. La décarbonation de l’industrie de cette zone stratégique ne peut être synonyme de désindustrialisation à bas bruit. Le chantier du siècle doit être partagé.

  • À La Ciotat, Karim Ghendouf candidat aux municipales

    À La Ciotat, Karim Ghendouf candidat aux municipales

    À moins de soixante jours du scrutin, j’ai décidé de prendre mes responsabilités et d’être candidat aux prochaines élections municipales », a déclaré, devant plus de 150 personnes, salle St-Marceaux, le communiste Karim Ghendouf.

    Quelques minutes plus tard, il a lancé : « L’histoire de La Ciotat le montre : la gauche gagne lorsqu’elle est unie. » D’accord. Et c’est pour cela que Karim Ghendouf se présente sous les seules couleurs de La Ciotat nous rassemble ? Après les discours, l’homme a accepté de faire une – bien utile – explication de texte. « Cela fait de nombreux mois qu’on discute avec le PS, LFI, le collectif Nouveau front populaire, EELV. Mais les discussions pour l’union de la gauche aux municipales n’aboutissent pas. J’ai donc pris mes responsabilités, et je les assume. Cela suffit, les palabres. La loi impose de déposer les listes entre le 9 et le 26 février. Si ça peut provoquer un électrochoc… On a un bilan, une expérience, et en même temps on dit qu’on n’est pas fermé », explicite Karim Ghendouf. Le PS de Toni Delogu voulait, lui, placer Martine Cuccaroni en tête de liste de l’union de la gauche ciotadenne.

    2 000 logements sociaux de plus

    À l’exact opposé du « clinquant, du show perpétuel de la municipalité actuelle », a épinglé Albert-Jean Morazzini ; « nous devons faire du commun », a plaidé Karim Ghendouf. « Le mandat de la majorité de droite [Alexandre Doriol, DVD, est maire depuis 2023, Ndlr.] s’achève avec une commune dont les impôts, le prix du mètre carré du foncier et le coût du logement sont les plus élevés du département, creusant les inégalités et empêchant, contrairement à ce qu’ils disent, une ville équilibrée et solidaire », a mis en exergue le communiste. « L’école est la priorité de La Ciotat nous rassemble », a posé Sylvie Demoulin. Le programme promet « la gratuité des fournitures scolaires, de l’accès à la culture, des temps périscolaires ». Mais surtout, LCNR veut agir pour le logement, « alors que les jeunes ménages quittent la ville », faute de pouvoir se loger. Aujourd’hui, le taux de logements sociaux est de 21%. LCNR veut le porter à 30%, selon son estimation des besoins, soit « au minimum 2 000 logements sociaux de plus », a exposé Hervé Watteau.

  • Paul-Roger Gontard sur un frêle fil jusqu’au-boutiste

    Paul-Roger Gontard sur un frêle fil jusqu’au-boutiste

    Depuis qu’en juin dernier, Paul-Roger Gontard s’est positionné dans la course aux municipales pour prendre la suite de Cécile Helle à Avignon, l’adjoint (La Convention) à l’urbanisme est adepte du louvoiement. D’abord sans afficher clairement son intention, parlant d’idées et pas de casting, puis en se disant prêt à endosser le costume de maire tout en assurant vouloir élargir la majorité actuelle. « Nous arriverons à l’union, c’est une exigence », assurait-il dans nos colonnes il y a un mois et demi. Entre-temps, son possible allié le plus proche, Joël Peyre, s’est retiré de la course et la maire (PS) Cécile Helle a apporté son soutien à David Fournier (PS).

    Si quelques-uns des soutiens initiaux de Joël Peyre l’ont depuis rejoint, son espace politique s’est assez restreint. Virer vers le centre droit d’Olivier Galzi est une option qui a été très vite rejetée. Ce vendredi matin devant la presse, Paul-Roger Gontard avait pour but de présenter son projet culturel et patrimonial avec 15 propositions. Mais à moins de deux mois du premier tour, avec qui porter ce programme ? « Il n’est ni questions d’ego ou de posture mais d’une candidature aujourd’hui qui propose une offre politique claire aux Avignonnais », défend-il, pensant incarner « l’espace social-démocrate, progressiste, écologiste ».

    Pour justement clarifier, Paul-Roger Gontard, qui ne souhaite pas d’accord avec les insoumis et la liste de Mathilde Louvain au second tour (la réciproque est vraie), reproche à David Fournier de ne pas s’engager sur la question. « C’est un sujet important mais pas le seul », poursuit-il, évoquant « une charte éthique, un élément décisif dans l’exercice des responsabilités publiques ». Sur la question de LFI, David Fournier renvoyait, il y a une semaine, sa réponse au soir du 1er tour. « Ce sera une décision collégiale », indiquait-il, guidée par les scores des listes respectives.

    Pour l’heure, Paul-Roger Gontard confirme « absolument » qu’il sera candidat le 15 mars. « Nous sommes prêts à aller jusqu’au bout, nous ne voulons pas tomber dans une gouvernance de majorité qui serait instable et prise en otage par les extrêmes et les alliances », martèle-t-il. Mais en gardant la porte ouverte « à une main tendue et discours d’ouverture » car « personne ne pourra gagner seul ». Manière d’accentuer la pression sur David Fournier avec qui une rencontre est encore prévue en début de semaine ?

  • Toulon veut surfer sur la vague dynamique

    Toulon veut surfer sur la vague dynamique

    En se qualifiant pour les 8e de finale de la Coupe des Champions, le RCT a réussi sa première mission de la saison.

    Les Rouge et Noir ont même engrangé un petit bonus. Car ils disputeront leur duel face aux Sud-Africains des Stormers. Un avantage non négligeable pour envisager de poursuivre l’aventure européenne. Mais d’ici le 4 avril, il va se passer beaucoup de choses dans la Rade et dans un Top 14 qui reste encore indécis.

    Et pour revenir au quotidien du championnat, les Toulonnais auront un derby à se mettre sous la dent, avec la réception de Montpellier, samedi à Mayol. Mais, surtout, ce sera une opposition entre le cinquième qui accueille son suivant immédiat au classement. Ce qui donne un aspect particulier. Surtout si le RCT avait la bonne idée de s’imposer.

    D’autant plus qu’après avoir joué plusieurs matches à flux tendu, du fait d’une infirmerie bien remplie, Pierre Mignoni a récupéré du monde cette semaine. Les talonneurs Gianmarco Lucchesi et Pierre Damond, le pilier droit Beka Gigashvili, le centre Ma’a Nonu et l’ailier Gabin Villière sont apparus sur le terrain principal du Campus RCT. Un mélange entre jeunesse, expérience et surtout fraîcheur qui ne sera pas de trop pour affronter les voisins héraultais et leur densité physique.

    Kpoku, première

    Montpellier que les Toulonnais ont battu chez lui (27-17), lors de l’ouverture de la saison. Mais qui, depuis, a su obtenir des résultats probants. Dany Priso se méfie de ces retrouvailles. « Nous les avons battus chez eux en début de saison, ils vont arriver avec les crocs. À nous d’être sérieux dans notre jeu pour faire ce qu’il faut », note le pilier.

    Pierre Mignoni est lui aussi méfiant avant ces retrouvailles. « Ce ne sera pas le même Montpellier. L’équipe est en progrès, comme l’indique son parcours européen », souligne le manager varois.

    Ce derby devrait permettre au public de Mayol de découvrir la recrue surprise. Le RCT a en effet récupéré l’international anglais Junior Kpoku, qui a quitté le Racing et s’est engagé pour six mois. Toutefois, s’il a bien été a retenu dans le groupe par Pierre Mignoni, il l’est en tant que finisseur. Prêt à apporter son écot à un succès qui permettrait aux Varois de repartir sur de bonnes bases dans leur championnat, où ils restent sur une punition à La Rochelle (0-66).

    15e journée de Top 14

    16h35, stade Félix-Mayol

    Arbitre : Thomas Charabas.

    TOULON : Domon – Dréan, Brex, Cowie, Tuicuvu – Albornoz ( o p, Serin ( m ) – Abadie, Ollivon, Ludlam – Alainu’uese, Ribbans – Sinckler, Baubigny, Priso.

    MONTPELLIER : Banks – Ngandébé, Vincent, Piccardo, Taofifénua – Miotti ( o ), Price ( m) – Bécognée, Vanipola, Nouchi – Duguid, Verhaeghe – Hounkpatin, Tolofua, Erdocio.

    « Ils vont arriver avec les crocs. À nous d’être sérieux »

  • Des inquiétudes à l’échelle locale pour le cadre de vie et les services publics

    Des inquiétudes à l’échelle locale pour le cadre de vie et les services publics

    Un enjeu peut en cacher un autre. L’installation de nouvelles usines et la décarbonation de celles existantes impliquent de nouveaux emplois, dont les prévisions varient entre 6 000 et 10 000 sur une durée et un statut encore inconnus à ce jour. De nouvelles familles vont s’installer, nécessitant des logements, des médecins, des transports ou des écoles, entre autres.

    Des services publics

    La première des préoccupations des élus face à ces annonces est avant tout celle de « réindustrialiser dans l’intérêt des travailleurs, cela doit permettre le maintien des emplois existants, mais aussi la création de nouveaux emplois, dans les proportions qui ont pu être annoncées », selon le maire de Martigues Gaby Charroux (PCF) invité lors du dernier congrès de l’Union départementale CGT. Les incertitudes qui concernent certaines entreprises du 1er pôle pétrochimique européen de Lavéra, comme Kem One (notre édition du 13/01) conduisent l’édile à vouloir « conforter les emplois industriels de notre territoire. Les meilleurs salaires du territoire martégal se trouvent dans l’industrie et nous voulons les conserver », disait-il lors de sa déclaration de candidature en novembre. Ce pourtour de l’Étang de Berre est « un territoire à la fois stratégique pour l’industrie et pour le développement du service public », rappelle le premier magistrat de Martigues.

    La santé est centrale dans l’approche des élus du golfe. Particulièrement au regard de la situation de l’hôpital de Martigues, construit en 1974 pour soigner la zone et absorber le risque industriel. « Notre hôpital est structurant pour le territoire de tout l’ouest du département, avec tous les sites Seveso », rappelait Gaby Charroux lors de l’annonce du plan immobilier (notre édition du 22/01). Le manque chronique de personnel et de moyens dénoncé par l’ensemble des syndicats CGT de la zone conduit l’élu à batailler depuis 3 ans avec l’État et l’Agence régionale de santé (ARS) pour obtenir les 90 emplois et 170 millions d’euros revendiqués par la CGT.

    Bataille à l’hôpital, et « du lobbying » pour Laurent Belsola, maire (PCF) de Port-de-Bouc en difficulté au plan médical. « Il ne se passe pas une semaine sans qu’on nous demande si des nouveaux médecins vont s’installer », indiquait l’élu lors d’une réunion publique début janvier. « La santé n’est pas une compétence municipale, mais on a besoin de répondre aux besoins de la population. Alors on prend tous les moyens possibles pour faciliter les projets d’implantation publics comme privés », détaillait-il. Du reste, « la Ville de Martigues a décidé de protéger l’environnement foncier immédiat du centre hospitalier de manière à prévoir des extensions possibles », précisait ce vendredi Gaby Charroux.

    Construire du logement

    Il faudra également trouver une solution de logement pour les milliers de demandeurs actuels dans le parc social et les futurs milliers à venir. « On a besoin de continuer à construire », insistait Gaby Charroux en réunion publique à la mi-janvier. Selon l’édile, « il faudrait construire 250 logements par an pour loger les habitants actuels et les futurs salariés de l’industrie dans les projections du plan local d’urbanisme intercommunal » rien que pour Martigues. « L’État doit aller voir les villes qui ne respectent pas les obligations en matière de logement » pointe également l’élu, de même que le besoin pour la Ville de « veiller au peuplement » pour la mixité sociale.

    Le défi posé par l’aménagement du territoire nécessaire à l’accueil de la population pose la question de la gouvernance de cette mutation. La Commission nationale du débat public (CNDP) retient dans son dernier rapport du 13 janvier qu’« un pacte de gouvernance associant l’ensemble des communes du bassin, les industriels et autres parties prenantes est annoncé en 2026 ». Une fois encore, la balle est dans le camp de l’État.

  • Le Printemps marseillais inaugure son QG de campagne

    Le Printemps marseillais inaugure son QG de campagne

    À sept semaines du 1er tour des élections municipales (15 et 22 mars), le Printemps marseillais inaugure son QG de campagne. Installé à l’angle du cours Belsunce et de la Canebière (1er). Le lieu fourmille déjà depuis quelques semaines. Les 800m2 de cette ancienne banque installée au cœur de Marseille ont été apprivoisés au fil des semaines. Vendredi, la façade jusqu’ici parée d’un soleil, symbole du Printemps marseillais, noir sur fond blanc, s’est colorée. Du fuchsia, du rouge, du vert, du bleu et quatre chiffres énormes, 2026, blancs et bleus, planté au milieu de la rade de Marseille, laissant figurer en fond la Bonne Mère. Côté Belsunce, le nom de tous les quartiers de Marseille.

    Plusieurs rendez-vous y ont été organisés. Benoît Payan, le maire (DVG) sortant y a officiellement annoncé sa candidature le 10 janvier. Audrey Garino, son adjointe (PCF) en charge des solidarités y a dévoilé les vingt premières mesures programmatiques du Printemps marseillais pour la future mandature, la semaine passée. Mercredi, c’est Marine Tondelier, la secrétaire nationale des Écologistes qui est venue apporter son soutien, le tout premier venu d’une personnalité politique nationale.

    L’inauguration va battre le rappel des troupes et donner le véritable coup d’envoi de la campagne du Printemps marseillais version 2026 même si les militants sont engagés sur le terrain depuis plusieurs semaines déjà. Porte-à-porte, affichage, tractage de rue se multiplient. Plusieurs centaines d’entre eux sont attendues ce samedi, au côté des représentants de toutes les forces politiques et citoyennes engagées derrière Benoît Payan.

    « Le but est de montrer toute l’ampleur de ce rassemblement », glisse l’entourage du maire ou l’appui sur l’enthousiasme qui anime les troupes. L’ambiance soutenue par les derniers sondages et les retours des Marseillais est bonne. Comprenez ici, joyeuse.