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  • Une assemblée générale à l’hôpital de Martigues à l’appel de la CGT

    Une assemblée générale à l’hôpital de Martigues à l’appel de la CGT

    « On nous a annoncé la fin de la pause méridienne comptée dans le temps de travail », dénonce Laure Privat, secrétaire générale du syndicat CGT de l’hôpital de Martigues. C’est notamment pour cette raison, que le syndicat appelle à une assemblée générale des agents jeudi contre « les mesures qui dégradent nos vies ».

    En l’occurrence, il s’agit de plusieurs décisions prises par la direction de l’hôpital de Martigues suite aux rapports de la Chambre régionale des comptes Paca fin octobre 2025, et plus récemment de l’Agence nationale de la performance sanitaire (Anap).

    Une pause travaillée

    Le retrait de la pause de mi-journée dans le temps de travail est l’une des décisions parmi les plus fortement contestées. « Comment ça va être organisé ? » se demande Laure Privat, expliquant qu’ « aujourd’hui, quand on est en pause, on pose la fourchette dès qu’il y a un besoin. On répond au téléphone, aux appels des patients… ». « C’est pour ça qu’elle est comptée dans le temps de travail, car c’est du réel, c’est du travail. On ne peut pas nous sortir 40 minutes du service, nous dire de quitter l’hôpital et faire notre vie » développe la responsable syndicale.

    En clair, entre 20 et 40 minutes de temps de travail compté en moins pour la même présence sur place, d’après le communiqué du syndicat, en fonction de l’organisation du temps de travail en sept ou douze heures. En conséquence, certains agents peuvent perdre jusqu’à 10 jours de RTT selon le poste.

    L’assemblée générale de jeudi à 14h au self, pendant l’heure d’information syndicale, servira donc à « construire le rapport de force pour obtenir le retrait de ces mesures » d’après le communiqué du syndicat.

  • Un nouveau bateau-école pour les sauveteurs

    Un nouveau bateau-école pour les sauveteurs

    Inauguré à la Pointe rouge par le commandant et formateur Jean Jacques Grenaud, ce nouvel équipement sera bientôt mis à la disposition des stagiaires de L’Entente Valabre. L’organisme internationalement reconnu forme, chaque année, plus de 1 583 stagiaires issus des Sdis (service départemental d’incendie et de secours) de France à des missions de sauvetage ou d’intervention en milieu immergé ou aux noyades. De nombreux partenaires nationaux et internationaux sont aussi formés, tout comme des plongeurs qui s’entraînent au secours en environnement complexe, exigeant ou hostile.

    Le désir de l’Entente, avec ce renouvellement de bateau, est « d’investir dans des moyens performants, au service de la formation, de la sécurité et de l’excellence opérationnelle. » L’idée est aussi de « proposer à ses stagiaires des moyens actuels de formation face aux risques nautiques qui évoluent et se diversifient. » Le nouvel appareil vient renforcer et moderniser une flotte de quatre bateaux.

    Ce 5e navire a été baptisé « La Bonne Entente », un nom qui fait référence à la cohésion qui anime ces héros des mers. Il lui a été donné par sa marraine, Alexandra Oppenheim-Delauze, présidente directrice générale de la Comex, une entreprise marseillaise de renommée internationale, spécialisée dans l’ingénierie et les interventions en milieu hyperbare.

    À l’occasion de l’inauguration, le 30 juin, une convention de partenariat a été signée entre l’entreprise d’ingénierie et l’organisme de formation. Selon Alexandra Oppenheim-Delauze, elle vise à « mettre sur le papier un partenariat déjà existant qui résulte en un échange d’expertise ».

    Louis Golliot

  • Une appli pour découvrir la biodiversité environnante

    Une appli pour découvrir la biodiversité environnante

    « Il suffit de taper geonature.fr… Voilà ! Là où on se trouve, le site liste 167 espèces qui ont été observées. » En cet après-midi ensoleillé au domaine de Charance, Camille Monchicourt, responsable du système d’information au Parc national des écrins, fait défiler les photos de plantes, amphibiens et autres oiseaux sur son téléphone. Grâce à BAM, (pour Biodiversité Autour de Moi), site collaboratif de collecte de données, il a accès à la liste des espèces observées dans les environs. « Ça c’est tout ce que des gens ont répertorié, que ce soit des professionnels, des associations, des amateurs. Là par exemple, on a beaucoup de flore car on est voisins du Conservatoire Botanique, mais si un dingue d’oiseau est passé, il y aura beaucoup d’oiseaux répertoriés dans la zone », explique-t-il. Il clique sur l’image d’un petit oiseau trapu au bec long, la sittelle torchepot. S’affichent alors plusieurs informations dont son nom, sa photo, le nombre de fois où elle a été observée et son statut de conservation. On peut même écouter le cri du passereau, pour apprendre à le reconnaître.

    Un système collaboratif

    à la manière d’un jeu comme Pokémon Go, le site liste les espèces animales et végétales qui nous entourent mais permet d’ajouter à son tour ses propres observations. Si quelqu’un observe une espèce de plante et la répertorie sur une appli, ou une plateforme collaborative, comme Naturalist ou Plantnet, l’information est vérifiée par des professionnels puis ajoutée à cette grande base de données ouvertes dans laquelle puise BAM. « Notre but c’est de sensibiliser le public à la biodiversité qui l’entoure pour qu’il puisse devenir acteur de sa préservation. Souvent, c’est un peu abstrait, on sait qu’il y a un arbre, un moineau… Pour nous il manquait cet outil. Là, en deux clics je peux voir tout ce qui a été observé ici », développe Camille. Toutes ces données sont agrégées au niveau national par le Museum d’histoire naturelle et le ministère de la Transition écologique, puis au niveau international. « Ces données sont accessibles librement, mais souvent ce sont les scientifiques qui les connaissent et qui savent y accéder », détaille-t-il.

  • Le Cercle du Silence pris pour cible : des élus alertent

    Le Cercle du Silence pris pour cible : des élus alertent

    Depuis des décennies, chaque second samedi du mois, plusieurs associations humanistes et militants variés se rassemblent à l’entrée des Allées Provençales, en « Cercle du Silence ». Cette mobilisation, pacifique et silencieuse, vise à afficher une solidarité avec les personnes étrangères, leurs conditions d’accueil difficiles et leurs parcours, tout en invitant les passants à se joindre, le temps de quelques minutes, au cercle. Pourtant, dans un courrier rédigé par les élus du groupe d’opposition municipale Aix Avenir (DVG), que nous avons pu consulter, et adressé au sous-préfet, Mathieu Gatineau, ces derniers écrivent que le Cercle est « régulièrement la cible de factieux d’extrême droite qui n’hésite pas, pour rompre le cercle, à proférer des insultes et bousculer les participants. »

    Deux fois perturbé

    Dans la suite de cette lettre, il est rappelé que « le cercle de juin a été perturbé pendant près d’un quart d’heure, avec banderole vindicative et porte-voix, par un groupuscule d’une dizaine de personnes qui s’intitule le Maquis ». Soit la « deuxième fois en quelques mois – après le collectif Némésis le 8 novembre 2025 – que ces manifestations sont l’objet d’intrusions identitaires et xénophobes où il est haineusement reproché de soutenir les étrangers, lesquels sont systématiquement présentés, par ces groupuscules, comme de dangereux criminels. » En fin de courrier, l’ensemble des élus demande au sous-préfet d’Aix-en-Provence de s’assurer « que ces groupuscules violents, forcément connus de vos services qui veillent à la tranquillité publique, ne viennent plus jamais perturber un rassemblement qui a lui toute sa place dans notre démocratie et notre République. »

  • Le Sénat adopte un projet de loi de simplification décisif pour le futur Parc naturel régional des Maures

    Le Sénat adopte un projet de loi de simplification décisif pour le futur Parc naturel régional des Maures

    Né en 2022 suite aux violents incendies de 2021, qui avaient ravagé 8 000 hectares dans le massif des Maures et provoqué des dommages dramatiques pour la biodiversité (avec, notamment, l’extinction de 40% de la population des tortues d’Hermann), le projet de Parc naturel régional (PNR) des Maures, Estérel et Tanneron vise à apporter davantage de moyens pour la protection du territoire. Il permettra une gestion durable et sécuritaire de la forêt, de l’entretien des pistes pour les pompiers au débroussaillement.

    Mais jusqu’ici, le projet se heurtait à un obstacle : une commune ne pouvait pas être classée à la fois en Parc national sur une partie de son territoire et en PNR sur une autre. Cela posait problème pour un certain nombre de communes, comme Hyères, la Londe et le Lavandou, qui font partie du Parc national de Port-Cros.

    Une loi de simplification désirée depuis des années

    Ce blocage a été résolu grâce à un projet de loi de simplification des normes applicables aux collectivités territoriale adopté au Sénat le 24 juin, pour laquelle la Région milite depuis des années. Celui-ci doit permettre une meilleure cohérence et une complémentarité entre Parc national et Parc naturel régional. « C’est une excellente nouvelle. Cela démontre que lorsqu’un obstacle administratif freine un projet d’intérêt général, il est possible de le lever par le dialogue et la détermination », se réjouit le président de la Région Renaud Muselier, qui parle d’ « une étape essentielle pour la création du 10e PNR de la région. »

    Le projet de PNR a reçu l’aval du préfet en mars 2025, et veut désormais adopter une charte d’ici la fin de l’année, à l’issue d’une consultation publique courant jusqu’au 30 septembre. L’ouverture du parc est prévue pour 2028.

  • La lutte sociale se joue aussi sur les planches

    La lutte sociale se joue aussi sur les planches

    Comme chaque année depuis 18 ans désormais, le théâtre de la Bourse du Travail d’Avignon a, pendant le Festival, sa propre programmation. Six pièces sont ainsi à voir cette année dans l’enceinte d’une cinquantaine de places jusqu’au 25 juillet.

    « Ce lieu résonne à nouveau d’un sentiment de partage, de solidarité, d’échange et d’ouverture aux autres », lance ainsi Fred Laurent, directeur du théâtre et ex-secrétaire général de la CGT Vaucluse.

    Les journées, hors relâche les 6, 13 et 20 juillet, démarrent dès 11 heures avec Ça commence comme ça de la compagnie La Théière. Un seul-en-scène d’une heure sous la forme « d’une traversée sinueuse et passionnée des trésors littéraires qui peuplent la bibliothèque intérieure de l’autrice-personnage », explique la CGT. Suit à 13 heures Îles de la compagnie Le Chahut des Murmures. Une pièce où l’on suit la jeune Léo dans un voyage sur les traces de sa grand-mère, étudiante à la Sorbonne et militante féministe en plein printemps 1968. Un spectacle « qui fait dialoguer luttes féministes, utopies collectives et transmission entre générations ». À 15 heures, Ulysse à Gaza du Bar de la Poste prend le relais. On y suit un prisonnier attrapé en pleine mer alors qu’il voulait forcer le blocus sur la bande de Gaza pour aller enseigner la littérature russe aux habitants. À 17 heures, le seul-en-scène Misérables de la compagnie Franche Connexion nous emmène au XIXe siècle et dans l’épopée de Jean Valjean, Javert, Fantine ou encore Cosette. Puis Giono, la nuit, la lumière innove avec, les jours pairs, une pièce sur les écrits sur la guerre du Manosquin, et les jours impairs, sur les paysages de ses œuvres. Et, pour conclure en musique, Rendez-vous avec Serge Reggiani à 21 heures. Tandis que les cheminots du syndicat tiennent aussi une salle au théâtre des Rotondes, en extra-muros.

    Les valeurs

    L’occasion pour Fred Laurent de rappeler que « les attaques vont bon train sur notre protection sociale » et que « le monde de la culture n’y échappe pas. » Et explique souhaiter « pérenniser cette démarche » afin de « relever les défis d’un monde qui a bien changé avec l’aggravation des inégalités sociales qui a conduit à péjorer l’épanouissement culturel de nombreux salariés. » Des menaces qui risquent de s’aggraver « avec la montée des extrêmes droites et l’arrivée probable du RN au pouvoir » regrette-t-il.

  • Trump fait annuler le carton rouge d’un joueur américain

    Trump fait annuler le carton rouge d’un joueur américain

    Les médias internationaux le qualifient déjà de « plus grand scandale de la coupe du monde ». Le président Américain, qui ne se cache pas de sa longue amitié avec le président de la Fifa (Fédération internationale de football association) depuis 2016, Gianni Infantino, l’a contacté afin de faire réexaminer la suspension prévue contre Folarin Balogun. Donald Trump a jugé la décision de l’arbitre de « très douteuse » et « injuste ».

    L’attaquant des États-Unis avait reçu un carton rouge mercredi 1er juillet lors du match contre la Bosnie-Herzégovine pour s’être réceptionné avec ses crampons sur la jambe de l’adversaire Bosnien Tarik Muharemovic après un saut.

    L’action avait été réexaminée longuement avec l’aide de la VAR (l’assistance vidéo à l’arbitrage) et l’arbitre avait conclu à « un geste constituant une faute grave mettant en danger l’intégrité physique de son adversaire. » Le joueur américain devait être exclu du match suivant comme le prévoit l’article 10.5 du code disciplinaire de la Fifa.

    Cependant, un autre article, le 27, vraisemblablement introduit par Gianni Infantino lui-même en 2019 selon le journal sportif l’Équipe, permet également d’atténuer, modifier ou lever une sanction. C’est celui qui a été utilisé afin d’annuler l’interdiction de jouer le prochain match pour Balogun permettant à l’attaquant de disputer la rencontre avec la Belgique en toute impunité mardi soir.

    « Une injustice »

    Alors que le président américain salue déjà la « réparation d’une grande injustice » sur son réseau social Truth, Mauricio Pochettino, le sélectionneur de l’équipe américaine, a félicité lui aussi Gianni Infantino pour avoir levé la sanction de son attaquant.

    En revanche, le président de l’UEFA (l’Union européenne des associations de football) ne cache cependant pas sa stupeur et parle de « ligne rouge » franchie par la Fifa : « Lorsque la certitude des règles n’est plus garantie par ses gardiens, c’est l’intégrité de la discipline qui est en jeu et la crédibilité d’une compétition qui est mise à mal.(…)Nous tenons à exprimer notre incrédulité face à une décision aussi inédite, incompréhensible et injustifiable. »

    Le ministre Belge des affaires étrangères Maxime Prévot a jugé « incompréhensible » l’intervention de la Fifa et évoque un « bafouement des règles les plus élémentaires du sport et du football ».

    La ministre des sports de Wallonie Bruxelles Jacqueline Galant complète : « la vraie force c’est de gagner avec fair-play » et ajoute que « c’est ce que les Belges feront demain [ce lundi soir à 20h] », lors de leur match contre les États-Unis. Le sélectionneur des diables rouges, Rudi Garcia a, quant à lui, ironisé : « Je ne savais pas que le 5 juillet correspondait au 1er avril à la Fifa. »

    Une décision qui pourrait faire jurisprudence

    La crainte du monde du football aujourd’hui est que cet article ayant été utilisé pour une décision controversée, beaucoup le réclament désormais pour des cas jugés similaires.

    ET AUSSI

    Les Norvégiens ont refroidi le Brésil

    Après s’être imposée mardi dernier face à la Côte d’Ivoire, la Norvège a dominé les Brésiliens 2-1. Portée par le géant Haaland qui inscrit un doublé en deuxième mi-temps, cette victoire emmène les Vikings directement en quarts de finale, au cours desquels ils affronteront les Anglais ce samedi 11 juillet.

    Neymar raccroche les crampons

    Le n° 10 de la Seleção, Neymar Jr, a annoncé sa retraite à l’issue du match perdu 2-1 contre la Norvège. Sa carrière internationale s’est achevée dans le même stade où elle avait commencé 18 ans plus tôt, avec la sélection brésilienne, non sans amertume, en partant en huitièmes de finale de cette coupe du monde. « ça a commencé ici, ça s’achève ici », a-t-il commenté.

    Les Mexicains battus à domicile

    Dimanche soir les Anglais se sont imposés contre le Mexique chez eux au stade de Mexico City, la victoire 3-2 propulse les Three Lions en quarts de finale grâce notamment à un Jude Bellingham et un Harry Kane en pleine forme. Ils ont inscrit respectivement un doublé à deux minutes d’intervalle en première mi-temps et un but à la 60esur penalty.

    La Colombie de Luis Diaz face aux Suisses

    Le redoutable ailier Colombien Luis Diaz qui affrontera l’équipe suisse, mardi en 8es de finale, fait la fierté des siens. Après une saison exemplaire au Bayern Munich avec 26 buts et 23 passes décisives, son entraîneur le décrivait comme « bon dans le chaos ». Suite à un début de coupe du monde en trombe face aux Ouzbeks, le Colombien s’est tout de même fait plus discret en termes de buts inscrits, malgré un jeu très offensif. Et il lui faudra redoubler d’effort face à la tacticité Suisse.

  • « Accabadora », l’accoucheuse des morts au Festival d’Aix

    « Accabadora », l’accoucheuse des morts au Festival d’Aix

    Une création d’opéra est toujours un événement d’importance. Le Festival d’Aix joue depuis des années ce rôle essentiel. Accabadora, le dernier opus du compositeur italien Francesco Filidei, créé au Théâtre du Jeu de Paume, peut être d’ores et déjà considéré comme un classique. En témoigne le succès public de l’ouvrage, longuement applaudi. Adapté d’un roman de Michela Murgia, paru en 2009 sur un livret de Manuelle Mureddu, Accabadora nous plonge dans l’univers âpre de la culture sarde. Dans les années 1950, Maria grandit auprès de Tzia Bonaria Urrai, une couturière qui, dans la tradition sarde, exerce l’Accabadora, la fonction ancestrale de donner la mort aux agonisants pour abréger leurs souffrances. La tzia est une femme stérile qui n’accouche donc que de la mort. Viennent enfin la révélation, insupportable et l’exil dans le Nord. Maria revient et se charge à son tour de ce terrible rôle de Parque. La boucle est bouclée. On n’échappe pas à ses racines.

    Antique et masqué

    Pour cet opéra de chambre, le compositeur joue de 16 pupitres qui dessinent de courtes cellules répétitives, à l’expressivité raffinée et intense. La partition se double d’un bruitage de chants d’oiseaux, souffle du vent et rumeur domestiques. L’ensemble plonge l’auditeur dans un bain sonore à la fois étrange et envoûtant. Les personnages suivent un parlando qui se concentre sur une vérité des sentiments et des émotions toujours très exacte. Le chœur, mêlé parfois de chants sardes, est traité à l’antique. Il accentue le côté tragédie grecque de cette histoire au sous-texte fortement mythologique. La cheffe Lucie Leguay et l’Orchestre de l’Opéra de Lyon font sonner cette délicate dentelle avec beaucoup de lumière et de transparence. La mise en scène très inventive de Valentina Carrasco suscite une émotion de chaque instant. De grands métiers à tisser qui s’effondrent à chaque décès rappellent Atropos, la Moire qui rompait le fil de la vie. Les morts avancent masqués. L’espace éclairé de teintes automnales, laisse l’action et les personnages circuler avec fluidité. Tout y est lisible et l’émotion prend le spectateur à la gorge.

    Délivrance

    Actrice et chanteuse remarquable, Noa Frenkel joue de son contralto, presque « masculin », oserait-on dire, pour incarner cet implacable Zia Bonaria Urrai. Elle accomplit pourtant une dernière fois son rôle d’accoucheuse à rebours, le dernier, dit-elle. « J’ai été la dernière mère que certains ont vue ». Rachel Masclet est Maria, la jeune protégée, plus fragile avec un soprano ductile et lumineux mais tout aussi déterminée à fuir pour accepter d’être « l’ultime couturière ». Hugo Brady est un fort joli Andría, le jeune homme amoureux par qui la vérité foudroie. Issu de l’Académie Européenne, on peut lui prévoir un bel avenir lyrique. Même remarque pour Filippo Ravizza, bouleversant quand, mutilé, devenu un poids mort, il réclame l’accabadora qui le délivrera. L’ensemble du plateau mérite une mention d’honneur.

    Accabadora est une œuvre émouvante, envoûtante qui se laisse découvrir avec plaisir. Il nous dit aussi que l’opéra, malgré certaines remarques, est un art toujours profondément vivant.

  • Dans les Alpes-de-Haute-Provence, un festival pour lutter contre les discriminations

    Dans les Alpes-de-Haute-Provence, un festival pour lutter contre les discriminations

    Concert de rap, documentaire sur le racisme, atelier pour sensibiliser les adolescents aux discriminations… Une programmation riche et variée est prévue pour le festival d’éducation populaire Regarde sous tes fenêtres, qui se tiendra aux alentours de la place Pechiney de jeudi à samedi. « C’est important pour nous que ce festival se déroule dans l’espace public et qu’il soit gratuit, accessible à toutes et tous », explique Julie Vuoso, fondatrice et programmatrice du festival.

    Jeudi, le festival commencera avec un apéro d’ouverture, suivi d’un spectacle jeune public, d’un repas de soutien au festival à prix libre, puis d’une soirée de projection de films. Ce sera d’abord un documentaire sur le racisme dans la cité minière qui sera projeté, réalisé spécialement pour le festival par Maya Perusin Mysorekar, artiste en résidence à Château-Arnoux-Saint-Auban. « Le festival est né de l’histoire de la cité ouvrière. à Saint-Auban, tout a été construit par l’usine et pour l’usine. Le passé industriel de la ville fait qu’il y a eu beaucoup d’immigration depuis toujours. Le festival permet de faire de ce passé migratoire une richesse », avance Chloé Droulin, coordinatrice de la Maison commune, qui coorganise chaque année le festival avec la MJC. « En 2006, il y a eu la délocalisation de l’usine, et un abandon de l’espace commun de Saint-Auban. On a voulu proposer un événement dans la rue pour faire revenir la vie collective », explique Julie Vuoso. « Il y avait très peu de commerces, donc l’idée est aussi d’animer la vie locale. C’est un choix, par exemple, de ne pas proposer de nourriture pour le festival, mais que ce soit pour les commerçants, et que l’événement serve à tout le monde sur la cité, que les gens qui travaillent toute l’année puissent s’y retrouver », avancent les deux organisatrices.

    « Un espace inclusif »

    « L’idée du festival, c’est aussi de créer dans notre programmation un espace inclusif où tout le monde est représenté, de ne pas faire une programmation où il n’y a que des personnes blanches, des hommes », ajoute la programmatrice.

    Le film Pédale Rurale, qui raconte l’organisation de la première Pride à la campagne, sera ensuite projeté. « L’idée a toujours été de proposer une programmation pluridisciplinaire, avec de la danse, du théâtre, de la musique, des films », explique Julie Vuoso. Vendredi, Myriam Soulanges proposera « un récit chorégraphique qui interroge les héritages de la domination patriarcale et de l’histoire coloniale guadeloupéenne ».

    Le festival est financé par la mairie, le Département, la Drac et la Dilcra. Le théâtre Durance prête son matériel, essentiel pour mener à bien le projet. Des mineurs étrangers non accompagnés viennent également de Digne pour prêter main forte à titre bénévole.

    Programme : rstf.fr/programme.html

  • Off d’Avignon : Roulez jeunesse

    Off d’Avignon : Roulez jeunesse

    Illustrations d’une telle fraîcheur avec Solitude à Miremont, qui se joue tous les jours à 16h30, sauf le jeudi, au Laurette Théâtre, ainsi que Ninie – les combats d’une génération, à voir chaque jour de la semaine à 17h10, sauf le jeudi, au Théâtre de la Factory, Chapelle des Antonins.

    « Solitude à Miremont »

    William et Léon, échappés du Cours Florent, ont le goût de l’improvisation. Ils se sont liés d’amitié à Miremont, charmante commune du Puy-de-Dôme. Ils lui rendent hommage dans un spectacle kaléidoscope où s’affrontent et s’apprivoisent des personnages multiples, réunis par leur seul sentiment d’être abandonnés. « La solitude ça n’existe pas » chantait l’ami Bécaud. Nos deux gaillards vont piétiner cette affirmation. Une ode à l’amitié, à la transgression des carcans, de l’autodérision où Parisiens s’accrochent au monde rural. Sans méchanceté ni condescendance. On éprouve une sympathie immédiate pour William Wright, débonnaire, eau dormante sur un volcan de mal-être, et pour Léon Chaubert, au regard halluciné qui éructe pour masquer ses fêlures. Ils sont dirigés par Lili Chadenat. Elle leur impose silences aigus et regards inattendus. Rires et sourires affleurent au long d’une représentation où leur jeunesse explose de joie de vivre. Parfois, le cœur se serre un peu, l’œil se mouille parce qu’on ne se sent pas vraiment étranger aux situations qu’ils évoquent. Une comédie de mœurs où l’autodérision cicatrise les blessures que cette foutue solitude a égratignées.

    « Ninie, les combats

    d’une génération »

    Ils sont six : six petites bombes qui évoquent un temps que les moins de 60 ans ne peuvent pas connaître ! Une bande d’amis regarde une télévision où Simone Veil se bat pour la légalisation de l’IVG. Nous sommes en 1974. La jeunesse se grise d’une liberté acquise depuis peu. On danse, on s’aime, on fume, on picole. Ils sont beaux, s’éclatent sur les musiques des Bee Gees, dans des décors qui préfèrent l’orange au noir et au gris. Mais la vraie vie gâche cette euphorie un peu factice. Les vieux démons crachent leur venin : violence conjugale, homosexualité assumée ou non, avortement clandestin… À l’inverse des oiseaux, ils ne se cachent pas pour mourir mais restent bien vivants, 56 ans plus tard, la liberté d’expression en moins. Élise Koczak a écrit une partition chorale servie farouchement par ces 5 partenaires. Ambre Doligez a orchestré une mise en scène vivifiante, presque aphrodisiaque. On passe d’un lieu à un autre sans temps morts : les comédiens ont les jarrets toniques et le verbe haut. Pour certains, cette « Ninie » aura un parfum nostalgique ; les plus jeunes s’interrogent : « Était-ce mieux avant ? ».