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  • Boycott de Zim pour la Palestine : les militants au port

    Boycott de Zim pour la Palestine : les militants au port

    Avec le mistral qui se lève, les drapeaux palestiniens flottent et sont visibles de loin. Ce mercredi 25 mars, des militants issus de différents collectifs se postent sur le rond-point de la départementale 268 qui donne accès au terminal conteneurs du Grand Port maritime de Marseille-Fos entre midi et deux. L’objectif : sensibiliser les routiers à la chaîne logistique qui permet à Israël de s’armer, et appeler au boycott de Zim. Une membre de BDS France explique : « C’est un armateur israélien qui est très important dans le maillon logistique de la guerre qui est menée à Gaza. Dès octobre 2023, il a mis à disposition sa flotte à l’armée, et il continue d’envoyer des armes actuellement. »

    Malgré la conclusion d’un accord de cessez-le-feu à Gaza, les civils continuent de mourir. Depuis, selon les chiffres relayés par l’ONU, plus de 600 Palestiniens ont été tués et plus de 1 600 blessés. « Beaucoup d’ONG humanitaires sont interdites d’exercer » rappelle la militante, qui souligne par ailleurs que le passage des malades est « empêché à Rafah ».

    Les collectifs annoncent par ailleurs deux dates : samedi 28 mars, une manifestation aura lieu à la Joliette « contre l’armement et la complicité locale des entreprises avec le génocide ». La veille, une projection du film Portuali est programmée au cinéma le Méliès de Port-de-Bouc à 20h30, suivi d’un débat en présence de dockers Génois.

  • Le « manque de concertation » sur les JO devant la justice

    Le « manque de concertation » sur les JO devant la justice

    La décision est attendue dans les prochains jours. Le Conseil d’État a examiné mercredi après-midi le pourvoi en cassation de la Solideo concernant la demande du tribunal administratif de Marseille, saisi par les opposants aux Jeux des Alpes françaises 2030, de mieux informer le public sur la réalisation des ouvrages et infrastructures des Jeux d’hiver. Dans son ordonnance du 27 mai 2025, le juge des référés avait enjoint à l’établissement public « d’assurer la publicité prévue par le paragraphe II de l’article R. 121-2 du Code de l’environnement, en mentionnant les objectifs et caractéristiques essentielles des ouvrages et en indiquant sa décision de saisir ou de ne pas saisir la Commission nationale du débat public, relativement à la décision de réaliser ces ouvrages ».

    La société Solideo a contesté cette décision devant le Conseil d’État et décidé de « se pourvoir en cassation ». L’établissement public s’est dit « pleinement engagé dans une démarche de concertation sur l’ensemble des ouvrages olympiques, à l’instar des réunions publiques qui se sont déjà tenues en 2025 à La Plagne, Saint-Jean-de-Sixt et Nice ». Un processus qui devrait s’intensifier « ces prochains mois, en lien avec le Cojop et les territoires hôtes, afin que l’information et la participation du public soient mises en œuvre », précise le communiqué.

    À l’Assemblée nationale

    Parmi les requérants, aux côtés de l’association Mountain Wilderness, le Collectif JOP 2026 a rappelé : « Ce projet a un impact financier et environnemental démesuré puisque le coût s’élèvera à plus de 4 Md dont 2,5 Md de financements publics et 804 000 tonnes de CO² émises, il ne peut pas être envisagé qu’un débat public ne puisse pas être organisé au plus vite. » C’est aussi son caractère « écocide, coûteux et fondamentalement antidémocratique » que les députés LFI Jean-François Coulomme et Elisa Martin ont pointé lors de l’examen du projet de loi sur l’organisation des Jeux. Saluant « la justice administrative vient porter un coup sérieux à l’argumentaire des porteurs de ce projet ».

  • [Cinéma] Une histoire nigériane sous haute tension

    [Cinéma] Une histoire nigériane sous haute tension

    Un père et ses fils traversent Lagos le jour de l’élection présidentielle, brutalement annulée par l’armée. Dans cette métropole grouillante aux tensions palpables, des liens se créent entre la figure paternelle souvent absente (Fola) et les garçons de 8 et 11 ans restés au village (Aki et Remi).

    Cela commence comme une lettre d’amour d’un fils à son père. Un film d’emblée poétique qui mêle plusieurs temporalités. Tandis que les enfants se chamaillent sur le perron d’une maison, s’insèrent des plans rapprochés d’images aussi disparates qu’incongrues (une gouttière rouillée, des oiseaux dans le ciel, des végétaux malmenés par le vent…). Un assemblage subtil qui illustre la mécanique de la mémoire, qui nous désarçonne et nous séduit.

    Mon père ce héros

    S’ensuit une sorte de road-movie : Fola part à Lagos chercher la paye qu’on lui doit depuis des mois. Aki et Remi l’accompagnent. Intimidés par ce père fantasmé, on découvre à travers leur regard étonné, un homme affectueux, animé d’un vrai sens des responsabilités. Une scène en bord de mer capte la beauté solaire et fragile d’un échange entre le père et l’aîné. Une discussion qui aidera la fratrie à mieux grandir. Le jeu naturel des deux frères à l’écran comme dans la vie est impressionnant. Et le comédien britannique d’ascendance nigériane Sope Dirisu est irrésistible en père tendu, nerveux, vulnérable et doux qui souffre de saignements de nez inexpliqués et espère travail et justice sociale.

    Des liens complices se tissent tandis que les enfants, tout en silence, observent les amis du père qu’ils surnomment Kapo. Aurait-il échappé miraculeusement à la rafle sanglante de Bonny Camp ? On ne le saura pas. Usé par le chômage et les emplois à court terme, Fola croit au changement et attend la victoire écrasante de l’homme d’affaires Abiola. Mais la menace militaire, postée à chaque coin de rue est omniprésente. Des camions sillonnent la ville, des soldats à l’arrière au regard frontal. Un homme vilipende les passants de propos pentecôtistes. L’annulation du scrutin entraînera la colère populaire.

    Premier film nigérian à être sélectionné à Cannes, voir une œuvre tournée au Nigeria est plutôt inédit et mérite d’être vu. Le cinéaste quadragénaire opte pour des allers-retours entre mémoire fantasmée, images d’archives et extraits télévisés, inscrivant son histoire intime dans une histoire plus large du pays. Tournées en 16mm, la texture, les transitions de lumière et les variations de couleurs enrichissent les nuances émotionnelles des personnages et des situations. Tout comme la bande sonore de Duval et CJ Mirra qui agit comme caisse de résonance tout évitant les musiques afro habituelles.

    Sortie le 25 mars (1h33).

  • [Théâtre] Satire judiciaire entre violence et humour à Toulon

    [Théâtre] Satire judiciaire entre violence et humour à Toulon

    Après La vie est une fête, qui immergeait le public dans un service d’urgences psychiatriques, la compagnie Les chiens de Navarre s’attaque cette fois à la machine judiciaire avec I will survive. Des magistrats aux victimes, en passant par les accusés, avocats et autres témoins, une création qui exprime tout son caractère satirique du vendredi 27 mars au mercredi 1er avril au Théâtre Liberté.

    Sa trame s’enlace autour de deux procès qui se croisent et font grand bruit : d’un côté, celui d’une femme qui a tué son mari après avoir été victime, des décennies durant, d’agressions physiques et sexuelles de sa part ; de l’autre, celui d’un chroniqueur radio qui s’est fait remarquer par une blague fort douteuse sur les violences faites aux femmes.

    Le rire pour pas dépérir

    Dans I will survive, scènes de la vie quotidienne et judiciaire s’enchaînent comme le flot d’horreurs inondant nos écrans. Les deux affaires judiciaires, indirectement liées, « enflamment tout un pays. Ce qui est légal est-il toujours juste ? », s’interroge dans sa note d’intention son metteur en scène Jean-Christophe Meurisse, servi par sept interprètes qui nous embarquent alternativement dans la descente aux enfers d’un humoriste et le calvaire d’une femme victime des pires atrocités.

    Un spectacle où le rire permet de flotter au milieu du pire. Comme le chantait Gloria Gaynor, I will survive.

    Entre 5 et 30 euros

  • Le Cirque du Soleil éblouit pour la première fois Marseille

    Le Cirque du Soleil éblouit pour la première fois Marseille

    Les acrobates, dans leur rôle de « criquets », s’entraînent, virevoltent et enchaînent saltos et pirouettes, tous plus impressionnants les uns que les autres. Les techniciens font des allers-retours de toute part : « C’est une vraie fourmilière », plaisante Janie Mallet, attachée de presse de la troupe. OVO signifie « œuf » en portugais. « Le spectacle a été créé en 2009 par la Brésilienne Débora Colker, fascinée par les insectes », explique Janie Mallet. Une grande diversité d’insectes est donc représentée dans le spectacle : « Des scarabées, des libellules, des papillons de nuit… ».

    Les déguisements sont réalisés par une équipe de cinq couturières à temps plein, qui finalisent les derniers costumes à quelques heures de la première représentation à Marseille, ce mercredi. « Dans ce spectacle, on peut y voir toutes les métaphores. Il s’adresse aussi bien aux enfants qu’aux adultes. » OVO est une ode à la biodiversité, mais aussi au Brésil, avec ses sept musiciens qui jouent en direct une grande diversité d’instruments, allant des percussions à la guitare.

    Une troupe d’athlètes professionnels

    « On compte 25 nationalités différentes dans toute la troupe : des Mexicains, Ukrainiens, Bulgares, Canadiens ou encore des Français », détaille Janie Mallet avec enthousiasme. Svetlana Delouss, danseuse et gymnaste professionnelle, incarne l’araignée rouge, un personnage qui apparaît à plusieurs reprises dans le spectacle. « C’est toute une vie de préparation pour en arriver là, réaliser son rêve de se produire devant autant de monde et avec le Cirque du Soleil », confie l’artiste. Elle évoque aussi son moment préféré : « Je grimpe la tête en bas pendant que les autres sautent d’un mur de plusieurs mètres de haut, de chaque côté. »

    « La troupe compte 100 personnes, dont 53 artistes et 7 musiciens, poursuit Janie Mallet. Nous transportons absolument tout, des loges à la scène. 21 semi-remorques ont été vidés et le spectacle a été monté en un jour seulement. » Après un rapide changement de décor, des fleurs de cinq mètres de haut sont dressées et la scène de voltige se met en place. Des clowns aux acrobates, toutes les disciplines circassiennes sont représentées. Kylian Mongey, gymnaste spécialisé dans le tumbling (discipline acrobatique), joue le rôle d’un criquet. Repéré par le Cirque du Soleil alors qu’il était dans l’équipe de France de tumbling, il confie avoir, lui aussi, réalisé son rêve d’enfance : « À mes 10 ans, j’ai vu “Alegría” du Cirque du Soleil et j’ai été émerveillé par le tumbling. Dix ans de travail plus tard, je rejoins la troupe d’OVO. »

    Tout juste arrivée de Madrid ce lundi, la troupe itinérante mettra le cap sur Rome, dimanche, directement après sa dernière représentation.

    Jusqu’à dimanche au Palais des sports. Tarifs : à partir de 34 euros. Détails sur cirquedusoleil.com

  • [Ces villes face à l’emprise de l’extrême droite] À Marseille, la gestion RN sous vigilance accrue dans les 9-10

    [Ces villes face à l’emprise de l’extrême droite] À Marseille, la gestion RN sous vigilance accrue dans les 9-10

    Dans les locaux de la rue Augustin-Aubert (9e), Karim Lali, directeur général et cofondateur de l’Association de promotion de l’ingénierie socio-éducative – qui gère notamment cinq centres de loisirs dans le 9e arrondissement – ne se dit pas inquiet. « Je suis dans l’associatif depuis 35 ans. Je suis incollable, je connais par cœur les compétences de chaque collectivité. Je serai intransigeant », assure-t-il, confiant.

    Présent sur la liste du Printemps marseillais (PM) pour la mairie des 9-10, il siégera parmi les neuf conseillers d’opposition face à la nouvelle majorité de secteur dirigée par Éléonore Bez (RN), élue dimanche avec un peu plus de 50% des suffrages exprimés. « Si la Ville était tombée aux mains de l’extrême droite, je mettais la clé sous la porte en 3 ans. Mais, au niveau du secteur, leurs compétences sont réduites, souligne-t-il. Je suis curieux de voir ce qu’ils vont faire, car ils ont basé toute la campagne sur la sécurité, qui n’est pas du tout de leur ressort. »

    Des points qui inquiètent

    Gestion des équipements sportifs de proximité, des centres aérés municipaux ou encore des maisons de quartier : même limitées, les compétences d’une mairie de secteur peuvent peser sur la vie quotidienne d’un quartier. « Il y a bien sûr quelques points d’inquiétudes, note Sophie Guérard (PM), elle aussi élue d’opposition. Vont-ils trier les enfants à l’entrée des centres aérés, comme avec leur projet de trier des gens sur la plage [Franck Allisio (RN) proposait dans son programme de filtrer l’accès aux plages et aux parcs, Ndlr] ? L’utilisation des gymnases sera-t-elle réservée à certaines associations, en fonction de leur activité ? Nous serons extrêmement attentifs. »

    Au cœur de la Cayolle (9e), quartier prioritaire au pied des calanques, Ouahiba Sadou Hambli, présidente de l’association Parents, espère que l’arrivée du RN n’affectera pas le bon vivre ensemble. « Depuis 17 ans que notre structure existe, nous essayons de favoriser le lien social dans notre quartier, en valorisant la culture, en accompagnant les habitants et en facilitant les relations entre les familles et les institutions, détaille la maman de 57 ans. On lutte quotidiennement contre la haine, la division, pour montrer qu’ensemble, on peut faire de très belles choses. J’espère que le RN n’abîmera pas ce travail, en montant les gens les uns contre les autres. »

    Olivier Rioult retourne à l’Assemblée

    Après avoir remporté, dimanche, l’élection dans les 11e et 12e arrondissements, le délégué du RN à Marseille, Olivier Rioult, va aussi pouvoir faire son retour à l’Assemblée nationale. Après avoir échoué aux législatives en 2024, il avait en effet été embauché comme collaborateur par la députée Monique Griseti. S’il s’était retiré le temps de la campagne, il est depuis mardi enregistré de nouveau sur le site de l’Assemblée. Va-t-il cumuler avec la mairie de secteur ? Sollicité, il n’a pas donné suite.

    Y.S.

  • Sans-papiers : la Cimade dénonce une sévérité « draconienne » dans les Hautes-Alpes

    Sans-papiers : la Cimade dénonce une sévérité « draconienne » dans les Hautes-Alpes

    « Nous avons été traités comme des criminels, je voulais m’intégrer et ne pas vivre aux dépens des Français mais on ne m’en a pas laissé la chance. » C’est le message qu’a envoyé A., Arménien qui résidait dans le département depuis plusieurs années, aux bénévoles de la Cimade de Gap, association de solidarité aux migrants réfugiés. Alors que ses filles étaient scolarisées en France, ce juriste de formation prenait des cours de français et cherchait du travail pour pouvoir obtenir sa régularisation, sa femme également. Mais d’après le récit fait aux bénévoles, cette dernière a été arrêtée à l’automne, à 7h du matin au domicile familial, et contrainte de repartir le jour même en avion dans un pays voisin à celui dont elle est originaire. Son mari et ses deux enfants, qui désiraient pourtant rester, ont été contraints de la rejoindre.

    Des épisodes qui se multiplient, d’après Michèle Clamens et Élodie Para. Comme chaque mercredi, ces deux bénévoles de la Cimade de Gap, tiennent une permanence juridique d’aide aux démarches administratives auprès des personnes étrangères en situation irrégulière ou qui doivent renouveler leur titre de séjour. « Désormais, la préfecture ne laisse plus de deuxième chance, tout refus de titre de séjour ou de renouvellement est accompagné d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Même quand les personnes travaillent et sont installées depuis plusieurs années. Elles peuvent perdre tout ce qu’elles ont construit du jour au lendemain », explique Michèle Clamens. Elle affirme que la sévérité de la préfecture est devenue « draconienne » depuis la « loi immigration » portée par Gérald Darmanin en janvier 2024 et la « circulaire Retailleau », transmise aux préfectures l’année suivante.

    Parcours du combattant

    « C’est un parcours du combattant, il faut désormais justifier de 12 bulletins de salaire à temps complet sur les deux années écoulées, et être en activité au moment de la demande de régularisation. Sauf qu’en situation irrégulière, c’est très difficile puisque c’est illégal d’être embauché. » S’ouvre alors un « cercle vicieux », dont la seule issue consiste à trouver ce que les associations appellent un « patron solidaire » qui accepte d’attendre la fin des démarches et qui accorde une promesse d’embauche. « Cela reste soumis au bon vouloir de la préfecture, qui peut exiger un CDI, et il faut une autorisation de travail que le patron doit demander. Elles sont délivrées au compte-goutte », explique Élodie Para.

    Une généralisation des OQTF

    Parmi les personnes accompagnées par la Cimade de Gap, M., qui a souhaité rester anonyme, est arrivé en France à 16 ans en situation irrégulière. Reconnu comme mineur pris en charge par l’association sociale à l’enfance (ASE), il obtient un diplôme de peintre qualifié. Mais au moment de demander son renouvellement, son CDD vient de se terminer, il perd donc son titre de séjour. S’il trouve un CDI dans les jours qui suivent, la préfecture maintient son refus. Il se retrouve en situation irrégulière, sans droit au chômage, après avoir cotisé pendant trois ans et sous le coup et sous la menace constante d’une OQTF. « On constate que depuis la circulaire de 2025, des OQTF sont presque automatiquement associées au refus de titre de séjour. Or, les démarches peuvent échouer pour des motifs dérisoires. Une personne que nous accompagnons a vu son dossier refusé car elle avait fourni sa copie de livret de famille en couleur et pas en noir et blanc, déplore Élodie Para. C’est une charge de stress énorme pour les personnes concernées, qui peuvent terminer à la rue ou renvoyées pour une erreur dans un dossier. » Une situation complexe pour des personnes souvent en situation de grande précarité. La hausse des frais de titre de séjour, de 250 à 350 euros, annoncée en mai, ne va pas leur simplifier la tâche.

  • Un mort dans la collision entre un TER et un poids lourd à Saint-Raphaël

    Un mort dans la collision entre un TER et un poids lourd à Saint-Raphaël

    Mercredi matin, à 7h45, un TER a percuté un poids lourd sur un passage à niveau situé chemin de Pierre Dave, à proximité de la gare du Dramont, à Saint‑Raphaël. Le camion transportait plusieurs mobil-homes en direction d’un camping des environs. Son conducteur, un homme de 59 ans, est décédé dans la collision.

    Les 263 passagers du train ont été pris en charge. Parmi eux, 96 ont nécessité une assistance, dont 21 blessés légers transportés vers des hôpitaux. Les 40 sapeurs-pompiers dépêchés sur place ont rapidement maîtrisé l’incendie qui s’était déclaré sur la remorque du poids lourd.

    La circulation des trains est interrompue entre Saint-Raphaël et Cannes, ainsi qu’entre Toulon et Nice. Elle doit reprendre progressivement jeudi, mais avait déjà été rétablie entre Marseille et Saint-Raphaël-Valescure. En fin d’après-midi ce mercredi, des expertises étaient en cours pour réparer la caténaire, la voie et le passage à niveau. Les mobil-‑homes ont été évacués, tandis que les opérations de relevage du train se poursuivaient en début de soirée.

    Un passage à niveau qui pose question

    Le vice-président de la Région Sud en charge des transports, Jean-Pierre Serrus, s’est rendu sur les lieux de l’accident en fin de matinée. Il a adressé ses « pensées aux proches de la victime de l’accident et aux passagers, choqués et pour certains blessés ». Il a indiqué qu’une enquête avait été ouverte pour déterminer les circonstances du drame.

    Selon le président de la Région, Renaud Muselier, « les premières constatations laisseraient apparaître que le camion s’est immobilisé sur la voie ferrée. À la fermeture des barrières qui annonçaient l’arrivée du train, le conducteur est resté dans le camion pour tenter d’extraire son véhicule, qui a alors été percuté. »

    Ce passage à niveau posait-il des problèmes ? Selon un diagnostic de sécurité routière produit par le Cerema (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement), établi le 11 juillet 2024, il ne permettait pas « un bon franchissement pour tous les types de véhicule », ni « un mode de gestion permettant d’éviter que des véhicules se retrouvent bloqués ». Le document signalait également des problèmes de visibilité et de signalisation, dus notamment à la présence de végétation et de panneaux publicitaires.

    Les syndicats cheminots ont présenté leurs « condoléances » aux proches du chauffeur. Sud Rail Paca « apporte son soutien au collègue conducteur du TER Transdev » et salue « les collègues et les secours mobilisés sur l’événement », à l’instar de la CGT Cheminots Paca. « Cet événement tragique doit servir à sensibiliser les usagers sur la dangerosité des passages à niveau », ajoute Steven Croquefer, de la CGT Cheminots des Arcs-sur-Argens.

  • Le monde économique se mobilise pour les JO 2030

    Le monde économique se mobilise pour les JO 2030

    « L’aventure des Jeux olympiques commence maintenant. » Damien Robert, le directeur général exécutif de la Solideo (Société de livraison des ouvrages olympiques), sonne « la mobilisation générale des entreprises du territoire », ce mercredi devant des centaines d’acteurs économiques réunis au Palais de la Bourse à Marseille.

    Une réunion pas anodine puisqu’elle marque le début du branle-bas de combat autour des marchés publics et autres appels d’offres et à manifestation d’intérêts en vue de la livraison des différents sites. « C’est quelque chose qu’on ne voit pas vraiment mais c’est très important : faire en sorte que tout ce qui est programmé, financé, voté, puisse servir à l’ensemble de la région, faire du travail pour nos entreprises, de la plus petite à la plus grande », résume Renaud Muselier, le président (Ren.) de la Région Sud. Avec une « quarantaine d’ouvrages pour une vingtaine de maîtres d’ouvrage, répartis sur quatre sites », le tout à « réaliser dans un temps réduit », autant dire que les enjeux sont grands. Et certains risquent d’être ardus comme l’exploitation du Fort de Briançon, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, en vue de devenir un village olympique.

    « Plus d’un milliard en marchés publics »

    « On entre dans une phase de planification qui doit déterminer qui fait quoi et à quel moment. Pour ça, on pose la première pierre avec la stratégie économique aujourd’hui », abonde Edgar Grospiron, le président du Comité d’organisation des Jeux (Cojop).

    Concrètement, cela passe, par exemple, par le lancement d’une plateforme commune entre les deux structures, Cojop et Solideo, « Marchés 2030 » qui « centralisera l’ensemble des marchés publics liés aux Jeux ». L’objectif est clair « faciliter l’accès à des entreprises aux opportunités économiques » en donnant des informations clés : calendrier, visibilité… Une réponse à la législation autour des marchés publics qui ne permet évidemment pas de « préférence régionale ». Il faut aussi compter sur une « cartographie des achats du Cojop » et une flopée de dispositifs de soutien aux entreprises locales. Avec un gros magot à se partager : 1,4 milliard d’euros d’achat pour le Cojop, 1,4 milliard d’euros d’investissement pour la Solideo dont 800 millions d’argent public… On parle donc de « plus d’un milliard en marchés publics directs ». Et le Cojop espère faire en sorte que les TPE/PME locales raflent 50% des marchés.

    L’épine niçoise

    Reste qu’au-delà des considérations techniques, les organisateurs font face à plusieurs écueils très concrets. Outre les errances largement documentées à la direction du Cojop, c’est l’élection d’Éric Ciotti (UDR) à Nice, qui doit accueillir les épreuves de glace avec une nouvelle patinoire et un village olympique, qui pose maintenant problème, d’autant qu’il n’est pas vraiment en odeur de sainteté auprès de Renaud Muselier. Le premier a affirmé que « le projet actuel est trop cher et mal pensé », quand le deuxième menace d’un « plan B », en réaction aux atermoiements niçois. Sur son fameux plan B, le président de Région n’a pas donné de précisions. Mais explique : « J’ai eu monsieur Ciotti lundi au téléphone […] nous avons la nécessité de prendre une décision définitive avant fin avril. »

    En passant, Renaud Muselier en profite pour tacler le président du Medef Sud, Stéphane Benhamou qui s’était ému, la veille, que la plateforme mise en place par l’organisation patronale pour Paris 2024 ne soit pas reprise pour les Alpes 2030. Et qui avait loué l’élection d’Éric Ciotti (lire notre article du 25/03). « C’est pas lui qui nous pilote ! Il explique être content des résultats des élections municipales dans les métropoles de la Région mais il a oublié que l’un des élus est catégorisé comme extrême droite par la préfecture [Éric Ciotti, Ndlr]. Depuis le départ, on a quelques difficultés avec monsieur Benhamou », critique Renaud Muselier. Ambiance.

  • Une station routière romaine avec thermes mise au jour à Gémenos

    Une station routière romaine avec thermes mise au jour à Gémenos

    Une équipe de l’Inrap a mis au jour ces dernières semaines sur le site « Coupier Près » à l’entrée de Gémenos, les vestiges d’une station routière antique occupée entre le Ier et le IIIe siècle de notre ère. Son complexe thermal en bon état de conservation est une réelle surprise.

    En accord avec le Service régional de l’archéologie et le Groupe Perottino qui porte le projet de lotissement de 12 maisons individuelles, chemin de la République sur une parcelle de 4 000 m² où la fouille préventive est menée depuis le 19 janvier, l’Inrap ouvrira le site au grand public toute la journée de samedi 28 mars pour présenter ces premières découvertes *.

    De précédentes fouilles aux alentours avaient déjà permis de cerner les limites d’une petite bourgade occupée à cette période par des populations locales romanisées. Une équipe de 10 archéologues investiguent le site jusqu’au 25 mai. Outre quelques petites pièces de monnaie massaliote en cuivre, des bris d’objets sont remontés, ceux d’un verre à boire, d’une assiette et de bols à sauce ou à condiments. Il faudra deux années ensuite à l’équipe scientifique pour approfondir les recherches et produire un rapport.

    « Le site a révélé les restes d’un bassin enduit de marbre, des murs, des fonds de canalisations et des fosses datées de l’époque antique et médiévale du XIIe siècle », montre Elsa Sagetat, responsable scientifique de la fouille et spécialiste de l’Antiquité. « On sait qu’on est à proximité de champs, de plantations de vignes et de vergers et de trois ou quatre voies antiques. Ce site est probablement à la limite sud de l’agglomération antique avec une petite ruelle et un ensemble de constructions qui pourrait être interprété comme une petite station routière à l’entrée de l’agglomération. On a trouvé des petits fours et des éléments métalliques, des clous de sandales qui laissent penser qu’il y a eu à une activité métallurgique sur la voie et de la cavalerie. »

    La station n’est pas notée dans les grands itinéraires impériaux connus dans l’Antiquité et relevés dans la table de Peutinger qui est une copie du XIIe siècle sous forme de parchemins d’une carte routière romaine couvrant tout l’Empire romain et les conquêtes d’Alexandre le Grand jusqu’en Inde. Cette petite station de Gémenos devait partir vers le rivage marseillais en étant reliée à la voie Aurelia qui passe beaucoup plus au nord et qui reliait l’Espagne et l’Italie, estime l’archéologue.

    La salle de chauffe

    Les fondations des thermes du site impressionnent par leur état de conservation. « Ces deux pièces aménagées sur des hypocaustes (pilettes) avec du béton hydraulique étaient chauffées par le sol par une salle de chauffe avec une pièce pour l’arrivée des combustibles. C’est un petit parcours thermal dans une station routière pour voyageurs comme on en a sur les bords d’autoroute. On verra dans nos recherches s’il y avait des baignoires. L’arrivée d’eau n’a pas encore été trouvée », explique Eva Sagetat pour qui « ces thermes sont trop petits pour être publics et trop grands pour être privés ».

    Les nombreux foyers observés sur plusieurs points associés à des fragments de fer, de bronze et de plombs orientent les archéologues vers l’hypothèse de restes d’un atelier de métallurgie. « Nous allons récupérer tous les micro-restes pour comprendre à quoi servaient les pièces. Était-ce pour l’enclume, le coulage, la mise en fusion du métal ? Qu’y fabriquait-on ? Un tel atelier à l’entrée de l’agglomération, n’était pas négligeable pour refaire les hipposandales des chevaux qui tirent les charrettes. Le fer à cheval n’existait pas, c’était une sandale en fer. »

    Plus à l’ouest de la parcelle de 4 000 m² deux grands espaces rudimentaires avec des traces de chape de charbon ont été dégagées dédiés à des activités artisanales. Une pièce de petite dimension aménagée d’un béton de tuileau supporte un four construit avec des fragments de dolium, ces grandes amphores et des briques de terre cuite, laissant penser à l’espace d’une cuisine.

    Toutes ces découvertes passionnantes sont donc à découvrir samedi avec leurs inventeurs à l’occasion d’une journée dédiée au grand public.