Blog

  • Refuser l’impuissance

    Refuser l’impuissance

    La loi transpartisane pour modifier la politique forestière afin de répondre aux enjeux d’adaptation des forêts au changement climatique, déposée le 23 juillet dernier, permettra un débat fondamental au Parlement. La nécessité de protéger les forêts qui atténuent le changement climatique, régulent le cycle de l’eau, préviennent l’érosion des sols ou fournissent une ressource renouvelable est désormais vraiment sur la table. Une prise de conscience qui s’est faite au prix de morts chez les soldats du feu et de larmes et de traumatisme dans la population.

    Le Parti communiste porte lui la proposition d’un grand service public forestier, s’adressant tant à la forêt publique qu’à la forêt privée. Service public : le terme clé est lâché. Un service public déprécié et ringardisé par les tenants d’une vision libérale du monde. Le capitalisme a exploité et épuisé la planète, mais pas seulement.

    Le roi est nu

    Sa logique individuelle, ses recherches de profit toujours plus importantes et toujours à plus court terme, ses clés de lecture uniquement comptable ont sapé toutes possibilités d’agir collectivement et interdit toute possibilité de planifier et de mener une stratégie globale. Les investissements ont été considérés comme des charges, les fonctionnaires attaqués, les agences publiques montrées du doigt… Mais les incendies l’ont montré : le roi est nu. La France n’est ni préparée, ni apte à affronter les défis du bouleversement climatique. Rien n’est joué cependant et la bataille doit être menée. Les débats pour cette loi transpartisane devront permettre de dire clairement les choses et de regagner du terrain. La présidentielle suivra durant laquelle il faudra regarder la situation en face et refuser l’impuissance.

  • L’OM passe la troisième face à Nîmes

    L’OM passe la troisième face à Nîmes

    Avec ce jeudi, encore à huis clos, une nouvelle rencontre de préparation, cette fois contre Nîmes à partir de 18 heures, à suivre en direct sur Ligue 1+ pour les abonnés.

    Après ce match, les Olympiens vont changer d’air. Comme la saison dernière, le groupe va s’installer à Zeist, aux Pays-Bas. Une semaine de préparation à laquelle ne prendront pas part Facundo Medina et Geronimo Rulli. Les deux Argentins sont toujours au repos et ne reprendront qu’à compter du 12 août. S’ils sont toujours Olympiens. Car le club discute d’un transfert.

  • L’escalade de la guerre entre Trump, ses alliés et l’Iran

    L’escalade de la guerre entre Trump, ses alliés et l’Iran

    « Nous allons les frapper fort, ils vont prendre une raclée », a déclaré le président américain selon ses propos rapportés par un journaliste de la chaîne Fox News.

    L’armée jordanienne a déclaré mercredi avoir abattu cinq missiles iraniens, tandis que les Gardiens de la Révolution iraniens ont confirmé avoir visé des installations militaires américaines en Jordanie. Donald Trump a dit que « les forces américaines n’ont eu que quelques minutes pour abattre ces missiles balistiques iraniens qui arrivaient », selon le journaliste Trey Yingst, qui s’est entretenu hors antenne avec le président.

    Le reporter l’a aussi interrogé sur les bombardements menés par les États-Unis et de l’Arabie saoudite contre des positions de groupes armés pro-iraniens en Irak, en réponse à des attaques contre des cibles américaines et des installations pétrolières saoudiennes. Le président américain « a dit que ces frappes étaient coordonnées avec le gouvernement irakien », a déclaré le journaliste.

    Peu avant, la présidence irakienne a pourtant dénoncé, sans nommer les États-Unis ni l’Arabie saoudite, « les bombardements qui ont visé les bases du Hachd al-Chaabi », une alliance de groupes armés irakiens qui inclut des factions pro-iraniennes, les considérant comme une « attaque inacceptable et une violation flagrante de la souveraineté de l’Irak, visant ses institutions officielles ». Selon le Hachd al-Chaabi, qui dénonce une « agression », au moins 20 de ses membres ont été tués et 32 blessés dans ces frappes. Donald Trump a, selon ses propos rapportés par Fox News, « qualifié ces milices pro-iraniennes de cancer pour le monde et dit qu’il envisageait des mises en garde supplémentaires contre les soutiens de l’Iran ».

    La reprise des hostilités au Moyen-Orient survient après une accalmie de plusieurs jours dans le conflit.

    Cours du pétrole

    à la hausse mercredi

    De son côté, la télévision d’État iranienne a annoncé mercredi que les États-Unis avaient mené des frappes sur une ville du nord-ouest du pays, à la frontière avec l’Irak. « Il y a quelques minutes, un secteur situé dans la région frontalière de Piranshahr a été touché par des frappes aériennes de l’ennemi américain », a rapporté la télévision d’État. Une puissante alliance armée pro-Iran irakienne a jugé mercredi « inévitable » une riposte aux frappes américano-saoudiennes meurtrières qui ont ciblé l’Irak, après que des missiles en provenance du pays ont visé l’Arabie saoudite. « Notre riposte contre l’ennemi américain est inévitable, et pourrait frapper ses instruments en Arabie saoudite », a affirmé dans un communiqué la Résistance islamique en Irak, nébuleuse qui a revendiqué des centaines d’attaques contre des installations américaines dans la région depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

    Les cours du pétrole repartent à la hausse mercredi en raison de la reprise des frappes au Moyen-Orient qui suscite des inquiétudes pour l’approvisionnement en or noir, après une accalmie des hostilités de plusieurs jours. « Ces évolutions jettent un froid sur l’idée d’une désescalade rapide » dans le Golfe, estiment les analystes du cabinet d’économistes ING Warren Patterson et Ewa Manthey. Avec les infrastructures pétrolières saoudiennes de plus en plus prises pour cible, le risque de perturbations de l’approvisionnement prolongées augmente », affirment-ils.

  • Violent séisme dansle sud-ouest du Japon

    Violent séisme dansle sud-ouest du Japon

    Parmi les treize victimes, trois ont trouvé la mort dans un centre commercial et cinq dans une usine de papier. Des médias ont par ailleurs fait état d’une personne décédée dans une maison affaissée. Les autorités n’ont pas donné de détails sur les autres décès. Cette secousse de magnitude 7,1, qui a frappé mardi le département de Kumamoto sur l’île de Kyushu, a causé des dégâts considérables : maisons effondrées, ponts endommagés, incendies et des dizaines de milliers d’habitants privés d’électricité et d’eau. Une violente explosion consécutive au séisme a par ailleurs fait s’effondrer partiellement un centre commercial de Kashima, dans la banlieue de la ville de Kumamoto. Trois personnes y ont trouvé la mort, a annoncé mercredi Akio Yoshida, président du groupe Aeon qui exploite le site. Une autre est en arrêt cardio-respiratoire, et trois personnes restent portées disparues. Environ 130 policiers, 450 pompiers et 170 militaires étaient mobilisés sur place. La cause de l’explosion, survenue 50 minutes après le séisme, « fait encore l’objet d’une enquête, mais il est probable qu’elle soit due au gaz », a ajouté Keiji Ohno, autre dirigeant d’Aeon. Cinq personnes ont également trouvé la mort et quatre autres étaient portées disparues à l’usine Nippon Paper Industries de Yatsushiro, où une partie d’une colossale cheminée industrielle s’est effondrée. Plus de 9 000 personnes ont trouvé refuge durant la nuit dans des centres d’évacuation et 84 000 subissaient des coupures d’eau. En 2016, deux tremblements de terre dévastateurs – l’un de magnitude 6,5, suivi deux jours plus tard par un autre de magnitude 7,3 – avaient frappé Kumamoto. Ils avaient fait 273 morts et plus de 2 800 blessés. Situé à la jonction de quatre grandes plaques tectoniques, le Japon est l’un des pays les plus exposés aux tremblements de terre, la très grande majorité d’entre eux restant de faible intensité.

  • Le constructeur BMW supprime au moins 8 000 emplois

    Le constructeur BMW supprime au moins 8 000 emplois

    Quelque 40 000 des 85 000 salariés de BMW en Allemagne, hors personnels de production, recevront à partir d’octobre une offre de départ volontaire. « Les effectifs seront au final réduits d’environ 8 000 personnes d’ici la fin 2027. Nous travaillons sur cette base », a indiqué une source au sein de BMW informée de ce plan. Le plan a été conclu entre la direction et les représentants du personnel à l’issue d’environ six semaines de négociations, selon cette source.

    « Cette fois-ci, il s’agit d’une modification fondamentale des règles du jeu de notre industrie et, par conséquent, des fondements mêmes de notre modèle économique », a expliqué le président du directoire Milan Nedeljkovic aux salariés.

    Le constructeur estime que le protectionnisme, la concurrence accrue et les transformations profondes du marché vont durer, ce qui impose d’accélérer les efforts visant à « simplifier les structures et processus » et « réduire les coûts afin de restaurer la compétitivité », gage de meilleure rentabilité, selon M. Nedeljkovic. BMW « réagit aujourd’hui à l’effondrement du marché chinois tout en travaillant parallèlement à renforcer la compétitivité de ses sites allemands », a expliqué de son côté Horst Ott, directeur régional du syndicat IG Metall en Bavière.

    Dispositif de pré-retraite

    Il a souligné que le plan reposait sur des départs volontaires, le turnover naturel et les dispositifs de préretraite à temps partiel, sans remise en cause des accords collectifs. Aussi, Horst Ott appelle le gouvernement allemand à « ne pas toucher » à ces dispositifs de préretraite, jugés essentiels pour éviter les licenciements économiques. Confrontés à une série de défis – baisse de la demande, concurrence chinoise, pression sur les marges des véhicules électriques et coûts de production élevés -, les constructeurs et équipementiers automobiles allemands annoncent tour à tour d’importantes restructurations, payées cash par les salariés. Volkswagen, premier groupe européen, envisage jusqu’à 100 000 suppressions de postes, Porsche va faire partir 5 000 personnes, tandis que le rival direct de BMW dans le haut de gamme, Mercedes-Benz, a également lancé un programme de départs volontaires. BMW, qui emploie environ 154 000 personnes dans le monde, réserve son programme de réduction d’effectifs aux salariés occupant des fonctions administratives. Selon une source proche du dossier, le plan devrait entrer en vigueur en octobre et pourrait grever de plusieurs centaines de millions d’euros les résultats du second semestre, le montant exact dépendant du nombre de salariés participants.

    Longtemps considéré comme plus résilient que ses concurrents grâce à son choix de maintenir une large offre de véhicules thermiques tout en développant une gamme nouvelle dans l’électrique, le groupe BMW a été contraint en juin d’abaisser ses prévisions de rentabilité après une nouvelle dégradation de ses activités en Chine. Ses livraisons dans ce pays, son premier marché, ont chuté de 30% sur un an au deuxième trimestre, après avoir atteint en 2025 leur plus bas niveau depuis 2017.

    L’industrie allemande a supprimé 124 000 emplois l’an dernier, les pertes de postes étant surtout concentrées dans l’automobile. Mais dans le même temps, les constructeurs allemands renforcent leur présence dans des pays à coûts plus faibles, comme la Hongrie, où BMW a récemment ouvert une nouvelle usine et où Mercedes-Benz vient d’agrandir son site de Kecskemét.

    « Nous devons continuer à tout mettre en œuvre pour réduire les coûts afin de proposer nos produits de qualité à des prix compétitifs », déclarait mardi le président du directoire de Mercedes-Benz, Ola Källenius, dans le cadre du lancement d’une « offensive de productivité » en Allemagne. Au détriment de l’emploi.

  • [C’est l’été] Spectacle à Manosque

    [C’est l’été] Spectacle à Manosque

    Ce jeudi, découvrez les circassiens de la compagnie Morpose avec leur spectacle « Carbonescences »

    De 20h30 à 21h30.

    Gratuit.

  • [C’est l’été] Joyaux étoilés à Montmaur

    [C’est l’été] Joyaux étoilés à Montmaur

    Votre animateur vous guidera pour admirer les constellations et leurs étoiles, reconnaître la seule planète des soirées de cet été et ne pas perdre le Nord, juste avec vos yeux !

    Jeudi 30 juillet de 21h15 à 23h30.

    10 euros et gratuit -10 ans.

  • [C’est l’été] Découverte d’une manade à Roussillon

    [C’est l’été] Découverte d’une manade à Roussillon

    L’aventure commence à bord d’une remorque sécurisée, vous offrant un point de vue privilégié pour approcher ces créatures majestueuses en toute sérénité. Puis, assistez à une démonstration captivante de tri de taureaux réalisée par de véritables gardians à cheval.

    Jeudi 30 juillet de 19h à 20h. Entre 10 et 15 euros.

  • [Tribune] Ce que nous disent les incendies

    [Tribune] Ce que nous disent les incendies

    Nos peurs et nos larmes ne suffiront pas. Dans les incendies d’aujourd’hui, il y a bien plus que la violence des flammes. Ce qui brûle, ce ne sont pas seulement des arbres, des champs, des maisons, ni même seulement des vies brisées, comme celles de nos pompiers morts en service. Ce sont des équilibres anciens, des présences humaines, des métiers, des paysages, des mémoires. Une certaine manière d’habiter la terre. Ayons le courage de le regarder en face.

    Longtemps, nous avons cru que les incendies ne concernaient que des marges : campagnes lointaines, villages peu connus, forêts reculées, territoires touristiques voués à l’usure, campagnes « en déclin ». Comme si le capital d’un pays ne se trouvait que dans ses grandes villes, comme si cette nature abondante se régénérait seule. Résultat : des moyens insuffisants, des stratégies sourdes aux climatologues, des pompiers volontaires épuisés et sous-payés. Ce temps de cécité est terminé. Quand le feu s’approche de Paris ou de Madrid, qu’il coupe une autoroute, vide des quartiers entiers, c’est toute l’échelle qui change. L’incendie n’est plus rural : il est métropolitain, global. Il révèle un monde où ville et campagne sont prises ensemble dans la même vulnérabilité, après qu’on a oublié l’essentiel : le territoire, la terre, les gens.

    Derrière les flammes, il y a un territoire lentement désaccordé. Les zones humides ont reculé, comme si l’eau elle-même avait été sommée de quitter un pays qui lui doit tout. Les arbres, éprouvés par les sécheresses, les parasites, les maladies, ne jouent plus leur rôle de protection ni de puits de carbone. La déprise agricole referme les paysages, laisse les friches gagner, simplifie les milieux, et le feu trouve des continuités qu’il n’avait pas auparavant. Les campagnes se vident par endroits, et avec les habitants disparaissent les gestes d’entretien, de vigilance, de présence. Ce n’est pas une cause unique, c’est une fragilité accumulée.

    La forêt nous oblige à abandonner les réponses trop simples. Plus de surface boisée ne signifie pas plus de résilience. Une forêt plantée à marche forcée, d’arbres identiques alignés selon une logique industrielle, n’est pas une forêt sauvée, mais une forêt fragilisée à l’avance. La vraie forêt est diverse, mélangée, lente, humide, vivante. Elle a besoin de sols, d’eau, de temps, d’ombre, de diversité d’essences, et d’être pensée comme un milieu à habiter avec précaution, non comme une simple usine à carbone. De même, les zones humides, longtemps traitées comme des terrains « à gagner », sont en réalité une mémoire de l’eau : elles retiennent, filtrent, rafraîchissent, amortissent les à-coups, protègent les villages, donnent du souffle au territoire. Leur disparition silencieuse ne se voit qu’après coup, quand l’eau manque, que la terre durcit, que les incendies avancent et que les paysages se dessèchent.

    Le drame se poursuit dans les corps : paysans épuisés par les canicules, travailleurs du vivant qui luttent sans répit, habitants pour qui l’été devient une épreuve. Le climat n’est pas une abstraction, il s’inscrit dans les gestes empêchés, les cultures perdues, les nuits sans fraîcheur. Pourtant, quelque chose tient encore. Après le feu, des paysans s’organisent, des voisins se prêtent main-forte, des bénévoles apportent eau, matériel, temps. Cette entraide n’est pas anecdotique : elle est un savoir, une condition de la résilience de nos territoires, un trésor national.

    Le tourisme entre lui aussi dans cette histoire. Les territoires touristiques vivent du climat, de l’eau, des paysages. Un tourisme trop intensif use ce qu’il prétend célébrer : il consomme, densifie, épuise. Quand les canicules s’intensifient, quand l’eau manque, quand les incendies menacent collines et littoraux, le modèle doit changer : moins concentré, moins lourd, plus sobre, plus respectueux des seuils d’accueil.

    Le feu nous parle enfin de la ville. Derrière les campagnes, il y a toujours les grandes villes, leurs infrastructures, leurs flux. Quand un incendie se rapproche d’une métropole, menace routes, eau, équipements, il met à nu l’interdépendance des territoires. Nous ne vivons plus dans des compartiments, mais dans un système de continuités. C’est ce qui rend la catastrophe plus grave et nous oblige à repenser l’ensemble.

    La question de la mémoire devient alors décisive. Quelle trace laissera chaque feu ? Une émotion brève, un échec collectif vite recouvert par la catastrophe suivante ? Ou une leçon durable, un nouveau pacte, une autre manière de faire territoire ? Nous avons besoin d’un pacte national et climatique qui relie forêt et eau, ville et campagne, agriculture et biodiversité, tourisme et sobriété, infrastructures et vivant. Un pacte qui reconnaisse que le territoire n’est pas un décor mais une matière vivante, qui ne se protège pas par des slogans, mais par des choix justes, cohérents, incarnés.

    En terminant ces lignes, je pense aux deux sapeurs-pompiers morts en opération, et à tous leurs camarades. Nos larmes ne les ramèneront pas. Mais leur courage nous oblige. Quand il ne reste que le corps des hommes face au feu, c’est que la défaillance est entière. Penser à eux et être dignes de leur sacrifice doit nous guider avec fermeté, courage et lucidité.

  • En Occitanie, la chaleur rebat les cartes du recrutement

    En Occitanie, la chaleur rebat les cartes du recrutement

    Sur le littoral gardois, les établissements peinent moins à attirer des candidats qu’à répondre à leurs nouvelles attentes. « Depuis le Covid, il y a eu un gros changement sur le monde du travail. Il a fallu que nous, restaurateurs, nous nous réadaptions par rapport aux personnes qui venaient sur le marché du travail », précise Nathalie Lallouette, déléguée des restaurants à l’Umih 30.

    La professionnelle souligne néanmoins une amélioration grâce au forum de l’emploi saisonnier organisé par les acteurs économiques des communautés de communes. « Depuis deux ans, on arrive quand même à recruter. Cette année, sur le forum de l’emploi saisonnier, il y a eu plus de 600 offres, avec une cinquantaine de recruteurs. » Mais un obstacle demeure : « La grosse difficulté qu’on a, c’est le logement saisonnier. Recruter des gens, oui, mais il faut les loger. »

    Les fortes chaleurs pèsent aussi sur certains métiers. En cuisine, les conditions de travail deviennent particulièrement éprouvantes en période estivale. « Sur la question de la chaleur, c’est vrai que, on va dire, peut-être le point un peu plus difficile, ça va être sur les postes de cuisine à trouver », observe Nathalie Lallouette, déléguée des restaurants à l’Umih 30.

    Des travailleurs plus exigeants

    Au-delà du logement, les fortes chaleurs pèsent désormais dans les choix des travailleurs. « Personnellement je travaille en cuisine, donc il fait chaud tout le temps, mais c’est vrai que maintenant je suis plus regardant sur le restaurant où je vais aller travailler : un restaurant de plage oui, il y a de la fraîcheur et de l’eau pas loin donc j’irais. Mais travailler dans un mas en pleine canicule, je ne le ferais plus », indique Arthur, cuisinier saisonnier.

    « Moi je suis serveuse et c’est vrai que cette année par exemple je ne ferais que des extras. Je voulais aller travailler en montagne comme pour ma saison d’hiver mais je n’ai pas trouvé de poste et par chance, j’ai suffisamment travaillé cet hiver pour ne pas avoir à travailler 50h par semaine cet été », constate Léonie, jeune serveuse de 27 ans. « Je fais mes saisons en station, ou du moins en montagne, et beaucoup de mes collègues sont restés en montagne pour la saison d’été, je pense qu’ils avaient déjà prévu que ce serait plus agréable de rester dans les Alpes que de venir dans le sud où il fait une chaleur étouffante », poursuit la jeune femme.

    Pour Nathalie Lallouette, ces témoignages illustrent une évolution plus profonde. « Maintenant les gens vont regarder dans quel établissement ils vont travailler et quelle saison ils vont travailler. Ils vont regarder s’il y a une culture d’entreprise, l’image du restaurant, s’il y a une éthique. Les gens sont très regardants sur ça, c’est une chose qu’on n’avait pas avant le Covid », affirme-t-elle.

    Pour de nombreux saisonniers, la rémunération ne suffit plus à faire la différence. Les conditions de travail, l’exposition aux fortes chaleurs, l’équilibre entre vie professionnelle et personnelle ou encore le cadre de vie deviennent des critères déterminants. La question du logement reste également une pièce déterminante dans le choix de l’entreprise.

    Certains privilégient désormais des postes en altitude ou près du littoral, quand d’autres limitent volontairement leur activité estivale afin d’éviter les périodes les plus éprouvantes. Une évolution qui oblige progressivement les employeurs à repenser l’attractivité de leurs établissements au-delà du seul salaire.