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  • L’Union locale CGT entre en résistance en occupant la Bourse du travail

    L’Union locale CGT entre en résistance en occupant la Bourse du travail

    Nous avons pris la décision d’occuper les lieux depuis 6h ce vendredi matin », indique le secrétaire général de l’Union locale CGT d’Arles, Nicolas Bourcy, lors de la conférence de presse donnée, vendredi matin, à la Bourse du travail. Ainsi, les militants de l’Union locale CGT d’Arles sont entrés en résistance face à la menace d’expulsion imminente des locaux qu’ils occupent depuis leur installation par délibération du conseil municipal, en 1900.

    En cause, le commandement de quitter les lieux reçu par voie de commissaire de justice (anciennement huissier), mercredi matin. « Le maire peut maintenant faire appel à la force publique, à des déménageurs et serruriers, résume Nicolas Bourcy. La situation se durcit. Nous avons décidé de sécuriser les locaux et d’occuper les lieux lors de notre assemblée générale de jeudi soir, avec nos syndicats locaux et l’Union départementale. »

    Élargir le conflit

    Outre l’occupation, l’UL a décidé d’« élargir le conflit au-delà de la CGT, avec les associations et les organisations politiques », dans le cadre du Comité arlésien de défense des libertés associatives, syndicales et citoyennes, créé en février 2025.

    La suite juridique du dossier se présente en trois temps. L’Union locale a fait appel de la décision du tribunal administratif de Marseille qui, à la mi-juillet, a validé la décision d’expulsion prise par le maire (Horizons), Patrick de Carolis, qui était motivée par la fin de la convention d’occupation des lieux en 2023. Selon le Conseil d’État, cet appel pourrait être instruit dans un délai moyen d’un peu moins d’un an. En parallèle, l’UL CGT a formulé une requête en sursis, pour suspendre la décision, en attendant le jugement d’appel sur le fond. « Nous en saurons plus d’ici trois mois », estime Nicolas Bourcy.

    Fait notable rapporté par le syndicaliste : « La Cour administrative d’appel a proposé une médiation que nous avons acceptée, fin août. Nous avons appris que Patrick de Carolis l’a refusée hier soir », soit jeudi. « C’est la deuxième fois que le maire refuse une médiation, ce qui illustre son état d’esprit », tance-t-il.

    Dans l’attente, la CGT espère la mise en place d’un moratoire suspensif sur la situation des 60 Bourses du travail menacées en France, dans le cadre de la mission gouvernementale dédiée. Sollicitée, la Ville d’Arles n’a pas répondu à nos demandes.

  • Clap de fin pour le marathon caritatif Zevent

    Clap de fin pour le marathon caritatif Zevent

    « Ce n’est pas une décision qui a été prise à la légère », confie le streameur montpelliérain ZeratoR, alias Adrien Nougaret, co-créateur avec son bras droit Alexandre Dachary de ce concept qui réunit en moyenne entre 500 000 et un million de spectateurs en ligne. Selon eux, 55 millions d’euros ont été récoltés depuis le lancement de cette opération en 2016, initialement sous le nom de Projet Avengers. « On s’arrête parce qu’on a l’impression que l’événement a atteint son apogée sous cette forme », et « on a l’impression d’en avoir un peu fait le tour », confient les organisateurs.

    Pour ce dernier grand raout, ils ont voulu « pousser tous les curseurs à fond » : près de 9 000 spectateurs étaient attendus dans la soirée du jeudi 3 à l’Arena Sud de France à Montpellier pour le concert d’ouverture, avec les rappeurs Bigflo & Oli, Yamê et Gazo en tête d’affiche. À partir de vendredi 4 à 18h et jusqu’à dimanche 6 au soir, près de 90 streameurs animeront l’événement sur place à Montpellier, soit presque le double de l’an dernier. Ils seront rejoints en ligne par plus de 200 streameurs, mobilisés au profit de 22 associations, dont la Ligue contre le cancer, Action contre la faim et Amnesty International. Les associations participent au financement de l’événement à hauteur de quelques dizaines de milliers d’euros et en retirent ensuite «entre sept et quinze fois» leur mise, selon les années, explique l’organisateur.

    Depuis 2022, tous les dons récoltés sont centralisés par la Fondation de France, qui se charge ensuite de les redistribuer. Les fonds ont par exemple permis de financer le fonctionnement d’un hôpital en Centrafrique et l’achat d’un nouveau bateau pour l’association Sea Shepherd. Pour cet ultime tour de piste, le streameur s’attend déjà à un nouveau record de dons, et rêve d’atteindre les 20 millions d’euros. Avec la fin du Zevent, c’est une page de l’internet français qui se tourne.

  • À Béziers, la CGT rassemblée contre la « répression syndicale »

    À Béziers, la CGT rassemblée contre la « répression syndicale »

    La CGT à NephroCare et l’union locale CGT de Béziers appellent la population à se rassembler vendredi 4 septembre pour soutenir le délégué syndical du site qui est convoqué par la direction « à un entretien préalable pouvant déboucher sur une sanction disciplinaire allant jusqu’au licenciement ». Pour la CGT, ce rassemblement est un nouvel exemple de « répression syndicale » exercée par le centre de dialyse.

    Cas de harcèlement ?

    « Après les élections de mai, la CGT est devenue majoritaire sur le site », précise Jacqueline Mirebien, l’ancienne déléguée syndicale partie à la retraite cet été. « Nous avons aussi envoyé un mail sur un danger grave et imminent car la climatisation ne fonctionnait pas. Dans les salles de dialyse, la température est montée jusqu’à 35 degrés. Il y a aussi beaucoup de turn-over et le personnel n’est parfois pas remplacé. La situation est catastrophique et pour nous, c’est tout cela qui fait que la direction a convoqué le délégué syndical. Ils veulent s’en prendre à la CGT et le meilleur moyen c’est de s’en prendre à son délégué syndical, d’autant que les autres élus sont jeunes. »

    La direction du site affirme de son côté que cet entretien fait suite à du harcèlement, la déléguée syndicale CFDT, en maladie depuis, a en effet réalisé un signalement à sa direction. Un argument balayé par Jacqueline Mirebien qui est également mise en cause par cette salariée : « C’est à la suite du CSE de mars qu’il y a eu ce signalement sauf qu’il ne s’est rien passé. La direction a diligenté un cabinet d’avocats parisiens pour faire une enquête et rendre un rapport. J’ai demandé à la direction que ce rapport nous soit envoyé avant mon départ à la retraite le 30 juin mais elle a refusé. »

  • Quatre enseignants syndiqués suspendus dans les Bouches-du-Rhône

    Quatre enseignants syndiqués suspendus dans les Bouches-du-Rhône

    Au total sept personnels de l’éducation liés à une activité syndicale ont été convoqués le 31 août, à la veille de la rentrée scolaire, pour un entretien préalable à sanction. « Ces suspensions conservatoires allant jusqu’à 4 mois, ces sanctions et ces menaces de non-renouvellement de contrat, liste la CGT dans son communiqué, s’apparentent à une volonté [du Rectorat ndr] de faire des exemples ». Pas de 25e rentrée pour Jadran Svrdlin et deux de ses collègues à l’école de la Tourtelle. Interdits d’approcher l’école, les élèves et les enseignants. « Nous avons alerté sur l’alarme incendie en panne durant six mois, sur un chauffage défaillant depuis des années, sur l’externalisation du ménage et la dégradation du service, sur des non-remplacements d’enseignants », explique ce professeur qui enseigne depuis 7 ans dans cette école. « À chaque fois nous avons documenté nos alertes, précise-t-il, à chaque fois les problèmes soulevés ont été minimisés. » Sans vouloir dévoiler les éléments de l’enquête, le syndicaliste assure y voir « clairement une mesure d’intimidation ».

    Et à La Ciotat

    À La Ciotat, c’est « un management autoritariste et le manque de considération envers une accompagnante scolaire (AESH), l’exclusion de cantine d’élèves handicapés faute d’embauche d’accompagnants ou le fait de confier à une agente territoriale (Atsem) 15 élèves en remplacement d’une enseignante » qu’a dénoncé Coralie Hernandez. Enseignante à l’école Jean-Zay depuis 2020, elle est interdite de classe cette rentrée. « On me reproche des absences liées à mon mandat syndical car ça romprait le climat de confiance entre l’école et la famille ! », précise l’enseignante encore sous le choc.

    « Eux, ils ont la sanction, nous, on a la solidarité », ne désarme pas la syndicaliste. À ces cas s’ajoute, au sein de l’administration elle-même, « le non-renouvellement de deux agents en CDD qui animaient une section syndicale CGT, sous prétexte de réorganisation des services du Rectorat ». Pour la CGT cette chronologie de décisions appelle des explications. Pas de communication du côté de l’Académie Aix-Marseille, car « une enquête administrative est en cours ».

  • L’hôpital de Pont-Saint-Esprit élargit son offre de soins

    L’hôpital de Pont-Saint-Esprit élargit son offre de soins

    Après la mise en place d’une direction commune en début d’année entre l’hôpital de Bagnols-sur-Cèze et celui de Pont-Saint-Esprit, l’offre de soins s’élargit dans le Gard rhodanien.

    En effet, le centre hospitalier de Pont va ouvrir deux nouvelles spécialités en consultation externe à partir de septembre : la gynécologie et l’oncologie. Avant la fin de l’année, la spécialité ORL complétera cette offre. La prise de rendez-vous pour ces consultations externes est déjà possible par téléphone*. Elles s’ajoutent aux spécialités déjà présentes dont la chirurgie viscérale, la gastro-entérologie, la médecine physique et de réadaptation, les consultations plaies et cicatrisation, la chirurgie orthopédique, la médecine interne, la diabétologie ou encore la cardiologie.

    Un nouveau centre d’imagerie

    Dans le cadre du groupement de coopération sanitaire (GCS) avec Bagnols, l’hôpital de Pont va également ouvrir, à partir du 7 septembre, un nouveau centre d’imagerie qui « permettra de réaliser des examens de radiologie générale, de sénologie avec dépistage organisé, d’échographie et de scanner ». Depuis le 24 août, les patients peuvent déjà prendre rendez-vous **.

    « À travers le développement de son activité d’imagerie et l’élargissement de son offre de consultations spécialisées, le centre hospitalier de Pont-Saint-Esprit poursuit son engagement en faveur de l’accès aux soins et du parcours de santé des patients et contribue à renforcer le rôle du centre hospitalier labellisé de proximité », précise la direction de l’hôpital.

    * Au 04.66.33.40.25.

    ** ou au 04.66.33.42.90.

  • À Marseille, le feu du restaurant « Le Barjaquet » est maitrisé

    À Marseille, le feu du restaurant « Le Barjaquet » est maitrisé

    Le restaurant « Le Barjaquet » est situé au rez-de-chaussée d’un bâtiment de 4 étages sur le Cours d’Estienne d’Orves. Il comprend commerces et habitations. « Les 30m2 du restaurant ont été entièrement détruits par les flammes. 8 victimes indemnes (6 impliquées évacuées avant notre arrivée et 2 autres évacuées par nos moyens) », indique les marins-pompiers de Marseille. Une phase de déblaiement et noyage des restes d’incendie est en cours dans le restaurant. Les parties communes du bâtiment sont quant à elles ventilées pour dissiper les fumées.

  • La CGT alésienne célèbre le Front populaire

    La CGT alésienne célèbre le Front populaire

    Une rentrée sociale à l’offensive où l’on célèbre les victoires. Voilà comment la CGT d’Alès souhaite marquer ce mois de septembre avant une année tournée vers l’élection présidentielle. Pour cela, l’UL a décidé d’organiser une journée de célébration des avancées sociales conquises en 1936 après l’arrivée du Front populaire au pouvoir et les manifestations sociales qui ont suivi.

    « L’objectif c’est de rappeler tous les conquis sociaux, les congés payés mais aussi les comités d’entreprise, la réduction du temps de travail hebdomadaire, la hausse des salaires et la reconnaissance de la liberté syndicale. Nous voulons aussi montrer que ces acquis ne sont pas arrivés comme ça mais qu’ils ont été arrachés après de longues luttes qui ont commencé bien avant 1936 », explique Martine Sagit, la secrétaire générale de l’UL CGT d’Alès.

    Pour rappeler l’histoire de cette période incontournable des avancées sociales en France, la commission culturelle de l’UL d’Alès organise donc une journée le 5 septembre. Celle-ci s’ouvrira dès 9h à la Bourse du travail avec une exposition sur cette année 1936 mais aussi sur la lutte permettant à ces idées d’arriver au pouvoir. À 11h30 suivront le vernissage de l’exposition et le repas à 12h30. De 15h30 à 16h30 est organisé une projection-débat sur les congés payés où chacun pourra venir témoigner ou débattre des conquis sociaux de 1936. La journée se clôturera en musique avec le concert des Gambettes, un duo féminin habitué à reprendre des chants historiques et révolutionnaires.

    « Cette journée, c’est aussi pour marquer la rentrée et pour annoncer qu’il y aura une journée d’action dans la santé le 15 septembre pour la défense de l’hôpital et des conditions de travail des salariés. Il y aura aussi une journée de mobilisation le 29 septembre pour les pompiers et le service public en général », présente Martine Sagit.

    Passer à l’offensif

    À la CGT d’Alès qui a subi des décennies de désindustrialisation sur son territoire, organisé et accompagné des manifestations importantes dans une ville de 40 000 habitants contre les réformes des retraites notamment, la volonté est désormais de passer à l’offensive pour aller conquérir de nouveaux droits et non de systématiquement défendre ceux déjà acquis. « Je rappelle souvent qu’à l’époque de 1936, il n’y avait qu’un syndicat, la CGT, ce qui permettait aux salariés d’être unis. Si nous étions tous unis, nous arriverions à remporter de nouveaux conquis sociaux au lieu de toujours empêcher des reculs. Unis, nous sommes plus forts. Quand les salariés se divisent, nous reculons. Avant 2027, ce serait bien aussi d’arrêter la division politique à gauche mais ça, ça ne dépend pas de nous », rappelle Martine Sagit. Cette journée ne sera pas isolée à Alès. Avec la CGT, la Région prévoit d’organiser quinze jours pour célébrer « les avancées sociales et le Front populaire », du 5 au 16 octobre, avec au programme exposition à la Bourse du travail, débat et temps festif.

  • Dans le Var, Jean-Louis Masson défend l’idée d’un entretien accru de la forêt pour prévenir les incendies

    Dans le Var, Jean-Louis Masson défend l’idée d’un entretien accru de la forêt pour prévenir les incendies

    « La forêt n’est pas un musée. Elle doit être gérée pour être durablement protégée », a-t-il notamment indiqué au préfet Simon Babre. « Le Var doit prendre les devants. Je continuerai donc à porter cette exigence auprès de l’État dont le représentant dans le Département est à l’écoute, moins de dogmatisme, moins de normes européennes ou nationales qui empêchent d’agir, davantage de responsabilité et de pragmatisme », a-t-il notamment indiqué, dénonçant la vision d’une « “forêt sous cloche”, où l’entretien serait toujours suspect, souvent empêché au nom d’une conception dogmatique de la biodiversité ».

  • [Entretien] Anne Fraïsse, Université Paul-Valéry : « L’État nous demande de faire le sale travail »

    [Entretien] Anne Fraïsse, Université Paul-Valéry : « L’État nous demande de faire le sale travail »

    La Marseillaise : La plupart des universités sont dans le rouge. Quid de Paul Valéry ?

    Anne Fraïsse : Nous sommes l’une des universités les plus touchées, qui a toujours été en sous-encadrement et sous-détachement. Nos ministères se refusent à remettre en question nos critères de distribution. L’argent public est distribué de façon totalement obscure. Je ne sais pas si c’est du mépris mais il y a toujours eu une évaluation selon laquelle les diplômes de lettres et sciences humaines mais aussi droit, économie/gestion valent moins et donc sont moins financés. Là, sans aide de l’État notre fonds de roulement sera négatif en décembre. On n’a aucune marge de manœuvre et on prendra dans des économies qu’on n’a pas ! Surtout on n’a aucune possibilité de redresser la situation par nous-mêmes. On n’a plus d’investissement et un fonctionnement incompressible : je ne peux pas arrêter l’électricité ni le chauffage. Les seules économies possibles seraient sur la masse salariale mais on est déjà sous-encadrés. Le passage au statut d’Établissement public expérimental (EPE) en 2025 ne nous a pas ramené un sou. L’an passé notre budget s’élevait à 140 millions pour 107 millions de dotation de l’État. Il en manque chaque année une dizaine. L’État ne prend pas en charge la hausse des salaires. C’est le problème de l’autonomie des universités : il se décharge et nous demande de faire le sale travail.

    Les syndicats dénoncent une « cure d’austérité » pour équilibrer les comptes…

    A.F. : Chez nous, on se bat pour qu’il n’y ait pas de licenciement. Des CDD non renouvelés il peut y avoir puisque par définition un CDD a un début et une fin. Pour l’instant j’essaye de boucler un budget en demandant de l’argent à l’État. On est dans un établissement en sous-encadrement (jusqu’à -40% d’enseignants-chercheurs dans certains départements de l’université) et où le nombre d’étudiants continue de monter. On n’a jamais eu autant d’étudiants en Licence Master Doctorat : 22 929 l’an dernier. On a explosé nos capacités d’accueil en Licence 1. On a donc pris plus d’étudiants que nos capacités d’accueil dans les filières en tension. Cette année, on a mis des freins mais on en aura autant. Là, en juillet, on avait déjà 15 500 inscrits. Le premier jour on en a inscrit plus de 1 000 et maintenant 300 par jour. On est déjà au-dessus de l’an dernier.

    Pensez-vous avoir des étudiants sans affectation en Master ?

    A.F. : On en a toujours en psychologie. C’est un problème national grave. On n’arrive pas à en prendre avec 15 de moyenne. C’est de l’ordre de quelques dizaines mais c’est trop et anormal. Dans les autres filières c’est marginal, on arrive à peu près à les caser. Et jusque-là on n’a jamais eu de « sans fac » en Licence 1. Par contre, pour certains, ce n’est pas leur premier vœu. Je déplore qu’avec Parcoursup on nous ait demandé de créer des places en Licence avant de nous retirer les chèques pour les Masters.

    Continuez-vous à proposer des quotas d’exonération sur les frais d’inscription des étudiants étrangers ?

    A.F. : Depuis plusieurs années on appliquait déjà les frais différenciés d’une façon particulière. Tous les étudiants étrangers (environ 20% des étudiants de Paul Valéry) étaient dispensés tant qu’ils réussissaient. Ne payaient que ceux en échec. On ne pouvait pas faire autrement, on dépassait déjà les 10% d’exonération permis. Désormais, on est obligés d’appliquer les droits différenciés tels qu’on nous les impose. Tous les étudiants déjà chez nous restent sur l’ancien système. Pour les entrants, on a une marge de 30%. Mais la fenêtre de tir va se refermer au fil des ans… Pour les étudiants français, rien ne bouge. Les frais sont fixés par l’État, ils payent quelques centaines d’euros. Mais on voit bien avec la conclusion des Assises qu’ils veulent augmenter les frais d’inscription. Je le déplore évidemment.

    C’est parce que l’enseignement supérieur coûte trop cher selon l’État ?

    A.F. : C’est un désengagement des services publics. Ça a commencé avec les hôpitaux, maintenant il s’attaque à l’éducation et l’enseignement supérieur. Ce sont de mauvaises économies. C’est s’attaquer à des choses vitales. Et on s’aperçoit que c’est vital quand c’est mis à mal ou lorsque cela disparaît comme les Postes dans les villages. Quand une école ferme, on se rend compte que c’est un peu le village qui disparaît. Le service public est un peu plus que ce que l’on croit. C’est un supplément d’âme dont on n’a pas envie de se passer. Le service public c’est ce que l’État juge indispensable de ne pas déléguer, en particulier au privé. C’est le fondement de la démocratie, le garant de la cohésion sociale. Quand on abandonne cela, on entre dans une crise de démocratie et on bascule dans des extrêmes avec des solutions peu intéressantes.

    Vous avez écrit à Emmanuel Macron. La conséquence a été une inspection et un rapport de l’IGESR qui a alerté sur les risques psychosociaux et la souffrance au travail à Paul-Valéry. Était-ce la réponse que vous attendiez ?

    A.F. : C’était la réponse que j’étais sûre qu’on me ferait, pas celle que je souhaitais. Une réponse bureaucratique plutôt qu’humaine. Quand on vous explique que chaque fois qu’il y a un accident, un décès, un suicide, il faut faire une enquête administrative… Moi, la première chose à laquelle je pense dans ces cas-là, c’est d’aller à l’enterrement de mes collègues. C’est une vision un peu différente. Depuis que j’ai lancé cette alerte, on a eu 3 morts de titulaires. Cela fait 6 ans que je dis que ces statistiques sont anormales et qu’elles deviennent la norme de mon université. Toutes les préconisations du rapport, on va les faire. Mais qu’on m’explique qu’il faut dédouaner l’État et qu’on ne peut faire aucun lien avec les conditions de travail… Que je vais régler le problème en donnant des fiches de mission à mes directeurs d’UFR, je doute. Même si notre structuration n’est sans doute pas parfaite. La question n’est pas là. Les enquêteurs répondent à la demande du ministère, pas à l’alerte que j’ai lancée.

    Avez-vous des leviers sur la question centrale du logement étudiant ?

    A.F. : Non, on n’a aucun levier de ce type. On ne peut pas conventionner avec des locataires privés. On alerte le Crous qui est l’un de ceux qui ont le plus grand parc. On a pu aussi créer la cité internationale à Boutonnet. Mais c’est insuffisant. Les milieux modestes et ruraux sont désavantagés pour faire des études. Le fossé se creuse. Ce sujet majeur devrait s’inviter dans la campagne présidentielle.

    ET AUSSI

    Partenariat polémique à l’UM

    Du côté de l’Université de Montpellier, le partenariat signé le 11 juin entre l’UM et Total Énergies fait polémique. Dès septembre, le groupe pétrolier doit prendre en charge les coûts pédagogiques et des visites de sites industriels de 80 étudiants du Master Énergie (62h30 de cours par des salariés et retraités de la multinationale).

    Au-delà des pratiques de greenwashing reprochées à Total Énergies, les syndicats enseignants et étudiants dénoncent une « immixtion du secteur privé dans le service public », craignant « un contrôle de fait sur les contenus pédagogiques et l’évaluation des étudiants ». Des actions de blocage avaient été menées suite à l’annonce de l’accord.

    R.C.

  • La pauvreté s’installe chez les étudiants

    La pauvreté s’installe chez les étudiants

    Suzanne Nijdam, présidente de la première organisation étudiante, la Fage, dresse un sombre tableau : « En 2020, en plein Covid, tout le monde criait à l’horreur sur la précarité et qu’il fallait agir étudiant en urgence. Depuis, les aides sociales ont été détricotées ». La rentrée 2026 coûtera en moyenne 3 240 euros pour un étudiant non-boursier en licence, soit une hausse de 655 euros par rapport à 2020, selon l’enquête annuelle de la Fage, rendue publique début septembre.

    Dans le détail, les frais de vie courante atteignent 1 145 euros par mois. Le logement en représente à lui seul plus de la moitié, avec un coût moyen de 637 euros, devant l’alimentation à 181 euros, hors restauration universitaire, estimé à 20 euros. Les dépenses de transport représentent en moyenne 152 euros par mois. À cela s’ajoutent 52 euros consacrés aux loisirs, un poste de dépense souvent considéré comme secondaire mais que l’organisation juge pourtant essentiel. « Cela a un impact énorme sur la santé mentale », estime Suzanne Nijdam.

    Les frais spécifiques de rentrée s’élèvent quant à eux à 2 095 euros. Ils comprennent notamment les frais d’agence immobilière (326 euros), le dépôt de garantie (637 euros) pour la localisation d’un logement et l’achat de matériel pédagogique, comme des manuels par exemple (502 euros). Ce dernier poste est particulièrement prononcé par la Fage, qui le qualifie de « frais illégaux ». Et la Fage de préciser : « Derrière cette augmentation, ce sont des étudiants qui travaillent davantage pour financer leurs études, renoncent à des dépenses essentielles, limitent toujours plus leur alimentation ou repoussent des soins. Cette précarité n’est pas une fatalité, elle est le résultat de choix politiques. »

    Car face à cette hausse continue du coût de la vie, « les réponses apportées restent largement insuffisantes. Nous refusons que les étudiants soient contraints de s’adapter indéfiniment à l’augmentation des prix pendant que les droits étudiants sont fragilisés d’année en année » déclare la Fage. L’organisation réclame ainsi une prise en charge par l’État des frais complémentaires.

    Elle s’alarme également de la situation des étudiants extra-communautaires, jugés « en première ligne face à cette précarité » avec la suppression des APL et la généralisation des frais d’inscription différenciés. Leur coût de rentrée atteint désormais 7 023 euros. Depuis cette rentrée, la majorité des étudiants non ressortissants de l’Union européenne doivent désormais s’acquitter de 2 895 euros de droits d’inscription en licence et de 3 941 euros en master. Deux « coups de masse », selon la Fage, qui réclament la suppression de ces mesures, ainsi que l’indexation et la revalorisation des bourses étudiantes prévues dans une proposition de loi adoptée en première lecture en juin et la pérennisation de l’encadrement des loyers. Même constat à l’Unef, second syndicat étudiant. Cette hausse continue s’inscrit dans une trajectoire de long terme qui ne laisse plus aucun doute : « la précarité n’est pas un accident de la politique gouvernementale, elle en est devenue le résultat assumé ». Cette rentrée résume à elle seule 10 années de macronisme.