« Mesdames et Messieurs, le tribunal. Veuillez vous lever. » Suivie des assesseurs, la présidente d’audience entre dans la salle Germaine Poinso-Chapuis du tribunal judiciaire de Marseille. Au premier coup d’œil, l’âge moyen dans l’assistance est étonnant : à la place du personnel de justice, 24 élèves de 4e du collège Jean-Claude-Izzo, âgés de 13 ou 14 ans, jouent les rôles d’avocat, juge, assesseur, victime ou accusé. Organisé ce jeudi, à l’initiative du Département des Bouches-du-Rhône, ce procès fictif s’inscrit dans le cadre de leur programme d’enseignement moral et civique (EMC).
Pendant plusieurs mois, ils se sont attelés à écrire le scénario de cette audience, encadrés par quatre professeurs du collège et des membres du Conseil départemental de l’accès au droit des Bouches-du-Rhône (CDAD). « Ils ont d’abord travaillé sur l’organisation de la justice et ses différents acteurs. Puis, au fil des séances, ils ont choisi un scénario et sont passés à l’écriture du procès », explique Séverine Donati, secrétaire de direction du CDAD. Pour ce projet, le scénario est le suivant : un tableau a mystérieusement été volé au Mucem. L’accusé fictif s’approche à la barre, sous les consignes de Joud, qui joue le rôle de présidente et mène l’audience.
Le Département accompagne chaque année deux collèges dans la mise en place de ces procès fictifs. Cette année, un collège de Gardanne a également bénéficié du dispositif, précise Sylvain Di Giovanni, conseiller départemental délégué à la Santé, à l’Enseignement supérieur et à la Recherche. Pour lui, ce type d’initiative joue un rôle primordial dans la sensibilisation des jeunes : « C’est important pour le conseil départemental de mettre en avant l’accès au droit pour tous. Les élèves ont aussi pu appréhender le système judiciaire, ses valeurs et l’essence même du milieu », explique-t-il. Avant d’ajouter : « Peut-être que certains vont rentrer avec un nouveau projet professionnel en tête ! »
À la fin de la séance, la pression se relâche. Les sourires réapparaissent sur les visages des élèves, qui dressent un bilan largement positif. Rym, 14 ans, fait part de son ressenti : « C’était beaucoup de stress. Il fallait être minutieuse et toujours concentrée. Finalement, j’ai trouvé que c’était très drôle à faire. » De son côté, Mohamed s’exclame : « C’était incroyable, je suis très fier de mes copains. » Les élèves ne sont pas les seuls satisfaits, Sohad Vassal, CPE du collège Jean-Claude-Izzo, ne cache pas son émotion. « J’ai pleuré, avoue-t-elle, ils ont vraiment joué le jeu et je trouve qu’ils ont pris en maturité. » Le fait d’avoir pleinement incarné un métier de la justice a, selon elle, fait toute la différence. Pour récompenser leur investissement, un diplôme leur est remis en fin de séance, sous les applaudissements du public, scellant cette expérience judiciaire.
