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  • Debout

    Debout

    Et maintenant ? Après l’hommage impressionnant de dignité exprimé samedi par les milliers de personnes présentes au rassemblement en mémoire de Mehdi Kessaci, 20 ans, assassiné par les tueurs de la mafia de la drogue, quel sera l’après ? « Mon frère est mort pour rien et on nous traite comme des moins que rien. » Amine Kessaci, 22 ans, frère de Mehdi, exprime le profond vécu de centaines de milliers de familles populaires, laissées pour compte dans des quartiers immenses, ceux qui font l’essentiel de la France, en proie à la mainmise des trafiquants de drogue. Ce sont eux, ces lâches, qui vampirisent la vie quotidienne, imposent non pas leur loi – ils n’en ont aucune – mais la terreur pure et la cruauté totale. Dans un seul et unique but : accumuler toujours plus d’argent sale, couvert du sang de leurs victimes.

    Douleur et dignité

    Et maintenant ? Les États européens, dont la France, vont-ils continuer à fermer les yeux sur cet argent pourri de la drogue, recyclé en toute impunité, avec des complices en cols blancs, dans l’économie dite « légale » ? À quand des moyens pour couper les têtes de l’hydre ? Et où sont les protections durables dans nos villes, dans nos villages ? C’est-à-dire des services publics développés et de qualité ? Qui pour dire que le narcotrafic est systémique, amplifié par le libéralisme échevelé, sans éthique, ni morale ? Qui pour lever le voile et lutter contre la corruption ? Qui pour respecter la justice en lui donnant tous les moyens pour agir ? Samedi, Amine Kessaci, 22 ans, a tracé la voie et fait clamer le mot justice. Il incarne et la douleur et la dignité de ceux qui savent rester debout et résister.

  • Vague de froid : le gymnase Vallier devient un refuge

    Vague de froid : le gymnase Vallier devient un refuge

    Alignés les uns aux autres, des lits de camp kaki recouvrent le lino du gymnase Vallier. Samedi, en fin d’après-midi, environ la moitié de la literie est déjà occupée par des hommes isolés vivant à la rue. Face à l’épisode de froid qui sévit actuellement, « la Ville de Marseille a proposé aux services de l’État d’ouvrir un équipement municipal pour les accueillir », explique Audrey Garino, adjointe au maire de Marseille déléguée aux affaires sociales, à la solidarité, et à la lutte contre la pauvreté (PCF).

    « On a un accord avec la préfecture : on met à l’abri les hommes, avec des associations qui assurent la gestion du gymnase notamment le Service intégré d’accueil et d’orientation (SIAO), l’Accueil de jour et nuit (ADJ) et la Croix Rouge, et l’État ouvre des places d’hôtel pour les femmes et les familles. » Après une première nuit, du 21 au 22, quasiment complète avec 46 personnes accueillies sur les 50 places disponibles, la Ville a ajouté 40 lits pour les prochains jours, puisque le dispositif s’étendra au moins jusqu’au mardi 25 novembre.

    Pas de sortie sèche

    Pour Thiago, sans domicile depuis 15 jours, cette mesure est un soulagement. Lui a choisi de quitter son appartement par peur de s’endetter auprès de son propriétaire après avoir été arnaqué par son employeur qui lui doit deux mois de salaire. « Quand les températures ont baissé, on a essayé de s’abriter dans un parking du Vieux-Port mais il faisait tellement froid qu’on n’a pas réussi à dormir, même avec des couvertures », raconte-t-il. La faute, aussi, à une hypervigilance qu’il a développée depuis qu’on lui a volé ses papiers alors qu’il s’était assoupi.

    Au gymnase, il est « rassuré » et se sent entouré de « personnes accueillantes et bienveillantes ». « Venir ici m’a aussi permis d’avoir accès au SIAO, qui va essayer de me trouver un logement, poursuit Thiago. Ils doivent me donner la réponse lundi ! »

    Sabine Fabiani, directrice adjointe en charge du pôle « aller vers » de l’ADJ, explique : « Le but, c’est qu’à la sortie, on leur propose quelque chose. En janvier dernier, sur 90 personnes, au moins 70 ont été orientées vers des foyers d’urgence, des Maisons relais, des pensions de famille ou des Centres d’hébergement et de réinsertion sociale. »

    Environ 7 000 places d’hébergement d’urgence sont ouvertes à Marseille, dont 500 créées par la Ville depuis le début du mandat de Benoît Payan. « On a capté 13 bâtiments municipaux pour le faire et on a un objectif de 500 places supplémentaires », précise Audrey Garino, qui détaille : « Une halte de nuit devrait sortir dans les premières semaines en prévision de l’hiver pour les personnes les plus exclues. »

  • Retour en images sur la Marche blanche en mémoire de Mehdi

    Retour en images sur la Marche blanche en mémoire de Mehdi

    Une foule de Marseillais, soutenus par une kyrielle de politiques, a rendu un hommage poignant à Mehdi Kessaci samedi, sa famille appelant à « prendre la mesure » de « ce monstre » du narcotrafic « qui s’est infiltré partout » et leur a enlevé un 2e fils. Un reportage photo signé Mohammed El Hamzaoui et Yves Souben.

  • My name is Orson Welles

    My name is Orson Welles

    Rappelons qui était Orson Welles (1915-1985). Né dans le Wisconsin, il s’était tout d’abord manifesté comme peintre, musicien, écrivain, acteur, avant de conquérir la célébrité en organisant son émission de radio sur le débarquement des Martiens, qui provoqua une panique dans tout le pays. Quelques années plus tard, sortait Citizen Kane. Film culte dans lequel l’argent et les moyens de l’acquérir font d’un petit garçon aimant de jadis, un vieillard au cœur froid. Pour cela, il choisit la vie et les amours de W.-R. Hearst, trusteur de la presse américaine, et plus sûr soutien du fascisme aux États-Unis ; puis utilisa, écrivit un journaliste de l’époque, le muet, le sonore, le parlant, le chantant, les caméras, les projecteurs, déborda d’idées et bombarda les spectateurs d’une encyclopédie des anciennes techniques.

    Pour un autre de ses collègues, le génie de Welles est d’avoir su se servir de ces trouvailles pour les faire siennes. Le livre que nous vous proposons de mettre dans la hotte du père Noël, et intitulé My name is Orson Welles, est un collectif, publié sous la direction de Frédéric Bonnaud, afin de commémorer le cent dixième anniversaire de sa naissance, et le quarantième anniversaire de sa disparition. Voilà pourquoi la Cinémathèque française lui consacre une exposition, dont les portes se sont ouvertes le 8 octobre pour se refermer le 11 janvier 2026. C’est ce collectif, enrichi de 320 illustrations, que nous vous conseillons d’acquérir. Rendez-vous au 51, rue de Bercy, au cas où vous monteriez à Paris. Vertigineusement magistral.

    La Table Ronde, 44,50 euros

  • « Le cancer de la prostate est le plus fréquent, pas le plus mortel »

    « Le cancer de la prostate est le plus fréquent, pas le plus mortel »

    Médecin spécialisé en urologie depuis 2005, le docteur Jochen Walz traite les cancers du rein, de la vessie, de la prostate ou encore du testicule. « Au sein de l’Institut Paoli-Calmettes, nous faisons un travail multidisciplinaire. C’est-à-dire que chaque médecin apporte sa spécialité dans le traitement d’un cancer, nous travaillons en équipe et c’est quelque chose de très important selon moi », explique-t-il. « Il y a une véritable synergie ce qui est un avantage notable pour la prise en charge mais aussi pour le patient. »

    Le cancer de la prostate, à l’instar du cancer du sein est le plus répandu chez l’homme à partir de 50 ans. pour autant, il n’est pas le plus mortel. « Pour ce cancer-là, il y a une discordance entre la fréquence de la maladie et le risque que ça représente pour le patient. Quand un cancer de la prostate est agressif, il y a une nécessité à le traiter mais dans la majorité des cas, environ 50% il est plutôt gentil alors, il n’est pas nécessaire de le traiter voir même de le diagnostiquer », précise le docteur Walz.

    De par son évolution lente, le cancer de la prostate est davantage comparé à une maladie chronique qu’à un cancer à proprement dit. « Si on prend l’exemple du cancer du poumon, la maladie évolue assez rapidement une fois le diagnostic établi et 2/3 des hommes touchés meurent de cette maladie. A contrario, seulement 10% des hommes meurent du cancer de la prostate mais au bout de 10 à 15 ans après diagnostic », souligne-t-il. « Notre challenge est donc de trouver un cancer qui représente un risque tout en ayant en tête l’espérance de vie si un homme est très âgé ou qu’il y a beaucoup de comorbidité, il n’y a aucun intérêt à effectuer un diagnostic parce que ce cancer n’aura pas forcément d’incidence sur son espérance de vie. »

    Un dispositif de soin adapté

    Pour autant, il est important pour le docteur de rappeler que le cancer de la prostate est une maladie asymptomatique, le dépistage est donc primordial. « Il se fait d’abord avec une prise de sang ce qui donne une probabilité de déceler, le cas échéant un cancer. S’en suit si suspicion il y a, une IRM, ce qui n’existait pas il y a encore quelques années », ajoute Jochen Walz. « Si besoin on déclenche ensuite une biopsie et ce n’est qu’elle qui nous donne le diagnostic définitif. » Suivra un dispositif de soin adapté en fonction de l’agressivité de la maladie allant de la simple surveillance à l’opération si besoin.

    Et de continuer : « Il est bon de préciser que désormais, le toucher rectal ne fait plus parti du dépistage, on évite maintenant de lier les deux car c’est un facteur bloquant pour les hommes. Ce n’est qu’une fois que le cancer est avéré qu’il intervient dans le processus de soin. Et, il est bon de le mentionner car malheureusement, beaucoup d’hommes préfèrent ne pas se faire dépister du tout que de passer par cette étape. »

  • [#Direct] La marche blanche en hommage à Mehdi Kessaci

    [#Direct] La marche blanche en hommage à Mehdi Kessaci

    Amine Kessaci, son frère, militant écologiste engagé dans la lutte contre le narcotrafic espère « des milliers de personnes ». De nombreuses personnalités politiques de tous bords sont attendus pour cette marche blanche placée sous le mot d’ordre : « Justice pour Mehdi, 20 ans, mort pour rien » et d’autres initiatives sont annoncées dans plusieurs villes françaises.

  • Occitanie : une ordonnance verte pour le Printemps montpelliérain

    Occitanie : une ordonnance verte pour le Printemps montpelliérain

    À cinq mois des municipales, ça bouge du côté de Montpellier. Le Printemps montpelliérain, liste regroupant plusieurs partis de gauche, vient de dévoiler dix propositions afin de changer de politique alimentaire. « Avec les évolutions de la société, la perte du pouvoir d’achat, l’alimentation devient un sujet politique important. 13% des Français sont en insécurité alimentaire  », souligne Jean-Louis Roumégas, tête de liste et député les Écologistes de l’Hérault.

    Des propositions issues d’un forum sur l’alimentation et l’agriculture conduit par le mouvement, le 18 octobre. Tout d’abord, une « ordonnance verte  ». « Dès que le bébé est en route, nous distribuerons des paniers bio hebdomadaires et gratuits à toutes les femmes enceintes, sans condition de revenus », détaille Julia Mignacca, membre du Printemps. L’objectif à terme serait que cette ordonnance bénéficie à 1 600 Montpelliéraines. Également présenté par le Printemps afin de mieux se nourrir, la création d’un réseau d’épiceries municipales. « Nous proposerons des produits à prix coûtant grâce à une centrale d’achat. Cela coûtera peu car nous vendrons sans marge, ce qui permettrait aux agriculteurs d’avoir un prix décent », reprend Jean-Louis Roumégas. À cela s’ajoute le soutien à des caisses alimentaires et aux circuits courts.

    Un office métropolitain

    Si ces mesures concernent uniquement la ville de Montpellier, d’autres ont une visée plus large en s’adressant à toute la métropole, comme la création d’un office agricole. « À Montpellier, nous devons lutter contre les lobbies de l’immobilier et sanctuariser les terres agricoles. Cet office nous permettra de les acquérir puis d’installer des paysans », précise Boris Chenaud. Pour les agriculteurs en herbe, le Printemps propose la mise en place de jardins partagés. « Cela permettra de créer du lien social entre les gens dans les quartiers et de redécouvrir la saisonnalité », insiste Coralie Mantion. Dans le même genre, le Printemps espère créer une ferme pédagogique à Malbosc.

    Une sensibilisation au bien manger qui passera également par l’école puisqu’il est prévu de mettre fin aux plastiques à la cantine et de tendre vers le 100% bio et local – contre 30% actuellement. Enfin, pour lutter contre la malbouffe, l’équipe ambitionne de mettre en place des ateliers autour du goût sur le temps périscolaire. Les enfants ne sont pas les seuls visés puisque le grand public est aussi invité à travers l’organisation d’une journée sans sodas. « Nous voulons répondre aux besoins du quotidien en apportant des réponses concrètes », soutient Jean-Louis Roumégas.

  • Au Vigan, la psychiatrie de jour rouvre enfin ses portes

    Au Vigan, la psychiatrie de jour rouvre enfin ses portes

    Fermé en septembre 2023 faute de médecins, le service de psychiatrie de jour du Vigan ne fonctionnait plus qu’en mode dégradé, absorbant uniquement les situations les plus critiques. Jeudi 6 novembre, il a enfin retrouvé une activité complète, au sein de l’hôpital local. Une respiration pour tout un territoire confronté à une dégradation alarmante de la santé mentale des plus jeunes. « On ne prenait en charge que les situations les plus graves, pour ne pas laisser les parents dans la détresse », rappelle Jean-Luc Sauvaire, directeur du Mas Cavaillac, qui a porté le dossier. Grâce à une « belle rencontre » avec Christian Cataldo, directeur de l’hôpital d’Alès, puis au feu vert de l’ARS, la réouverture a pu être lancée. L’Agence a confirmé un financement « à 99,9% ».

    Le CMPEA accueillera désormais des enfants et adolescents jusqu’à 18 ans, souffrant de troubles du comportement ou de pathologies psychiatriques. Une nouvelle équipe a été réunie : un psychiatre à temps plein sur le Vigan, un médecin rattaché à Alès, deux infirmières en pratique avancée, des infirmières et une psychologue du développement. Jusqu’ici, environ 500 jeunes étaient suivis. « La réouverture va être un tsunami : on pourrait atteindre 800 à 900 jeunes. Ça va être délicat », prévient Jean-Luc Sauvaire.

    Un territoire à la demande « exponentielle »

    Les deux partenaires ont établi une répartition géographique : l’AEMC couvrira le bassin Ganges–Le Vigan, tandis que l’hôpital d’Alès renforcera Saint-Hippolyte-du-Fort, Sauve et Quissac. « La solution va renforcer les deux zones », assure Christian Cataldo.

    Les prises en charge seront limitées à douze séances, avec un axe fort : accompagner les parents et orienter vers les professionnels adaptés. Dans un territoire où les besoins sont « exponentiels », cette réouverture apparaît comme un soulagement attendu.

  • La CGT dévoile sa vision pour l’avenir de l’outil portuaire

    La CGT dévoile sa vision pour l’avenir de l’outil portuaire

    Un port à la croisée des chemins

    Comme un symbole, c’est dans l’espace « Les Rotatives » du journal La Marseillaise que la CGT du Grand Port Maritime de Marseille (GPMM-Fluxel) a dévoilé sa feuille de route pour l’avenir de l’activité portuaire, ce vendredi. Une présentation qui ne vient pas de nulle part : l’outil industriel incontournable de la cité phocéenne est en pleine mutation au niveau des trafics traités (voir chiffres ci-contre). Et les « discours hostiles aux activités portuaires » refont surface à l’approche des élections municipales. D’où un « document travaillé » avec le cabinet d’expertise comptable Secafi, d’une quinzaine de pages avec des analyses « par bassin » et qui aborde tous les aspects du GPMM : Du J4 à Port-Saint-Louis-du-Rhône. Objectif in fine : « Redonner une perspective industrielle et sociale au port, avec une politique ambitieuse. On refuse que son avenir se décide sans les travailleurs », campe Pascal Galéoté, le secrétaire général de l’organisation. Avant de prévenir : « On partage l’idée de la décarbonation, mais les enjeux environnementaux doivent être inscrits dans un calendrier qui ne pénalise pas l’emploi. » Le tout, alors que le projet stratégique du port doit être validé la semaine prochaine au conseil de surveillance du port. En bref, une CGT à l’offensive pour un port sur le devant de la scène industrielle, « loin des orientations du tout tourisme ou d’une transformation en port-musée ». Avec une première revendication majeure : « Pour une tonne industrielle perdue, une tonne d’un relais de croissance doit pouvoir émerger. »

    Un pont entre

    les peuples

    Dans le viseur de l’organisation syndicale : « La préservation d’activités dans les bassins Est » et la « sanctuarisation du domaine maritime ». « Il faut maintenir des espaces pour que les bateaux, notamment de passagers, puissent continuer à arriver », développe Pascal Galéoté. Il met en garde contre « la concentration des activités dans le nord » et une forme de « congestion des flux », par exemple autour de la porte 4. D’où un rappel que le GPMM est « un pont entre les peuples » symbolisé par les traversées vers la Corse et le Maghreb. Autre position de l’organisation sur un sujet plus qu’épineux : les croisières. Une activité que la CGT appelle à « encadrer » mais « pas à supprimer ». « Cela représente plus de 250 millions d’euros de retombées pour la ville », insiste Pascal Galéoté. Et pour les croisières comme le transport de passagers : « Ces activités doivent s’appuyer sur des infrastructures modernisées, on doit améliorer l’accueil », insiste le secrétaire général. Dans ce cadre, la CGT GPMM rappelle son attachement aux délégations de services publics (DSP), notamment pour la desserte de l’île de beauté. Et donc son soutien aux marins dans ce combat.

    La réparation navale

    et la roro essentielles

    « L’activité remorque, c’est-à-dire la roro, est essentielle. Il y a là une opportunité qu’on doit saisir pour les bassins est », explique Pascal Galéoté. Pour rappel, il vise là un type d’activité où la marchandise est chargée en roulant par une rampe à l’arrière, notamment pour les remorques de camions, appelé la roro dans le jargon (pour roll on et roll off). Autre sujet majeur pour la CGT : « L’évolution de la réparation navale depuis 15 ans. Aujourd’hui, on a un outil brillant et performant. » De quoi rappeler que le maintien, et le développement, de la réparation navale vient directement des mobilisations des travailleurs et de la CGT. Et elle est toujours à l’ouvrage : « Il faut mieux intégrer la réparation navale dans les enjeux maritimes internationaux afin d’en faire un véritable hub méditerranéen. »

    Un besoin de report modal et de branchements

    En lien avec l’acheminement des remorques, la CGT insiste sur le besoin vital « d’un report modal avec des voies ferrées ». Un point « qui demande des investissements mais qui permettrait d’améliorer la circulation sur le port et la qualité de l’air ». Et qui est en lien direct avec les questions de la place du port dans la ville : « La fermeture de la gare du Canet a précipité l’arrivée de trains sur Miramas mais le dernier kilomètre se fait par camion jusqu’au port. » Et Pascal Galéoté hausse le ton : « Il faut contraindre les entreprises et opérateurs à utiliser ce moyen de transport. » Concrètement, la CGT revendique le maintien de cinq faisceaux ferroviaires. Dans cette lignée, l’organisation note aussi l’importance des branchements à quai : « On s’en réjouit : Cela montre que parfois la décarbonation peut amener des améliorations techniques et créer de l’emploi. » Mais elle précise que, là encore, ça nécessite « des recrutements supplémentaires et des formations ».

    Un avenir « serein » pour les bassins Ouest

    Autre point de vigilance de l’organisation : l’avenir industriel des bassins Ouest. « Ils doivent envisager l’avenir dans la sérénité, il faut une accélération significative des projets structurants destinés à renforcer les activités portuaires », tonne Pascal Galéoté. Son organisation revendique notamment « la création de la Zone de service portuaire 2 » et le développement de la plateforme logistique Distriport 2 en vue d’accueillir au mieux les projets en lien avec la décarbonation industrielle de la zone de Fos. La CGT fait aussi part de « son inquiétude » pour l’avenir d’ArcelorMittal à Fos-sur-Mer. Et de sa volonté de la finalisation de la ligne Très haute tension qui « conditionne » l’avenir du bassin d’emploi. Dans cette lignée, la CGT appelle à « redéfinir la feuille de route » de Fluxel, la filiale hydrocarbure du GPMM, par exemple en « diversifiant l’activité avec la filière de la chimie verte ». Mais Pascal Galéoté insiste : « Avec un maintien du statut public de Fluxel. » Tout un programme donc.

  • Ariane Lombardi tête de liste pour rassembler la gauche à Marignane

    Ariane Lombardi tête de liste pour rassembler la gauche à Marignane

    Je crois que nous avons besoin d’une impulsion de gauche au service des Marignanais », lance Ariane Lombardi, enseignante et dirigeante du PCF, vendredi, lors de la présentation de sa candidature aux élections municipales de mars 2026.

    Engagée aux côtés de Gipsy Voisin des Écologistes et de Youssef El Ouanaghly du PS, cette Marignanaise « de famille et née dans cette ville » ambitionne non seulement de « retrouver la ville populaire que j’adorais enfant avec son club nautique du Jaï et ses concerts à La Colline », mais aussi de construire l’« indispensable union de la gauche face à une extrême droite à l’offensive qui veut imposer une société divisée ».

    Dans le « projet de gauche » de sa liste, Ariane Lombardi assène d’emblée que « le contexte dramatique des événements de Marseille montre le danger et l’emprise partout de la mafia des narcotrafiquants » et promet « de solliciter la préfecture pour des renforts sur la zone, une police municipale visible jour comme de nuit et un accompagnement des ASVP vers le concours et la titularisation ».

    Mais la police ne fait pas tout. « La jeunesse est oubliée, il n’y a ni maison des jeunes, ni médiateurs, ni de centre social », déplore la candidate, qui insiste pour « renouer le lien social par la prévention et la culture », mais aussi pour « mettre en conformité Marignane avec la loi sur les logements sociaux ».

    « Fin à la ville-dortoir »

    Le logement est pour Ariane Lombardi un moyen « pour beaucoup de vivre correctement » et souhaite « reconstruire un habitat mixte de qualité pour lutter contre la ghettoïsation et l’insalubrité », tout en « rattrapant le retard dans la rénovation énergétique des bâtiments publics ». Pour ce faire, la tête de liste affirme qu’« il faut investir les 19 millions d’euros de réserves dans une vision de long terme » pour « retrouver l’attractivité » de la Ville.

    Notamment par la « valorisation et la protection des espaces partagés que sont la plage du Jaï et l’étang de Berre, ce joyau laissé à la marge de la politique ». Ariane Lombardi défend « une vision d’ensemble » de sa gestion, se disant favorable « aux navettes maritimes respectueuses de l’environnement qui permettent de desservir l’aéroport et de décongestionner l’autoroute ». Pour cela, la candidate compte « recréer le dialogue avec les acteurs aux alentours et les instances comme la Métropole », aussi pour « reprendre en main la propreté urbaine en bonne intelligence ».

    Auparavant candidate aux départementales et aux législatives, Ariane Lombardi se défend « d’ambitions personnelles », arguant qu’« au PCF, on ne s’enrichit pas car on reverse ses indemnités et c’est pas un ascenseur social ». La tête de liste appelle à « une large union des progressistes qui veulent faire et partager Marignane autrement ». Avec en face le maire démissionnaire de Gignac Christian Amiraty (UCE), candidat déclaré, et le maire sortant Éric Le Dissès (RPR).