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  • Grand Avignon : l’audit sur le gestionnaire des transports reste presque à quai

    Grand Avignon : l’audit sur le gestionnaire des transports reste presque à quai

    Ce n’était pas encore la dernière séance, mais cela fleurait drôlement la fin de règne, ce lundi soir, en conseil communautaire du Grand Avignon. Si un ultime rendez-vous est normalement fixé au 9 février, le vote de l’ultime budget de la mandature n’a soulevé aucun emballement majeur, que ce soit un bilan pro domo ou critique acerbe des presque six années de mandat. Même le président (SE) Joël Guin n’aura pas dit un mot sur les finances et ses réalisations, laissant Xavier Belleville, son vice-président (LR) au budget, dérouler son propos.

    « Ce budget 2026 laisse des marges de manœuvre, il faudra faire des choix complémentaires », avance Xavier Belleville, à l’adresse de ceux qui seront aux manettes à l’issue des élections municipales et communautaires des 15 et 22 mars. Un budget, encore une fois voté par la majorité de gauche des élus avignonnais, et pour lequel seul le RN s’est opposé sans qu’un élu d’extrême droite ne prenne la parole pour s’en justifier. Les écologistes se sont, eux, abstenus : Jean-Pierre Cervantès a tracé un programme communautaire des projets à réaliser. Personne n’est revenu sur la hausse prévue puis finalement retirée de l’ordre du jour de la fiscalité sur l’eau (nous y reviendrons dans l’édition de mercredi).

    Autre sujet fort attendu, l’audit sur la gestion de la société publique locale (SPL) Tecelys, qui a notamment la charge du réseau de transports du Grand Avignon (notre édition de vendredi). Là aussi, un quasi-flop, évoqué lors d’un rapport sur le compte rendu annuel de Tecelys à la collectivité, où il n’est nullement fait mention de cet audit. Lors de la précédente séance, Joël Guin avait assuré qu’il « n’y avait pas de poussière sous le tapis » au sein de cette entité, dézinguée par son ancien directeur des services (DGS) qui avait soulevé de lourdes irrégularités. Ce que dément l’audit, évoquant « des dysfonctionnements ».

    Ce lundi soir, Joris Hébrard est monté au créneau sur le dossier, le maire (RN) du Pontet ayant trouvé là un véritable os à ronger depuis 14 mois et le début de l’affaire. « Ce rapport semble conçu pour contrecarrer méthodiquement les dysfonctionnements portés par l’ancien DGS plutôt que pour établir une vérité objective », dénonce Joris Hébrard, accusant Joël Guin, également PDG de Tecelys, « de conflit de gestion et de gouvernance ». Un grief que l’on retrouve dans l’audit, qui recommande de mettre fin à cette double casquette. Et le maire du Pontet de s’en remettre au travail « sérieux et sans complaisance » de la chambre régionale des comptes (CRC) qui a entamé un contrôle sur Tecelys et le Grand Avignon.

    La CRC en juge de paix

    « Je me réjouis qu’elle soit là, c’est moi qui l’ai demandée », répond Joël Guin, tout en laissant sous-entendre que les conclusions viendront « apporter une certaine contradiction » aux propos des accusateurs. C’est bien le seul moment où le président rejoindra Joris Hébrard qu’il fait passer pour un couard. « En commission ad hoc sur l’audit, vous vous êtes illustré par votre silence, vous n’avez pas eu le courage de dire en face des auditeurs que leur travail était bidon », pique Joël Guin. Cette brève escarmouche sera la seule sur Tecelys, SPL qui, comme son nom l’indique, dépend de l’argent public. Aucun élu avignonnais – Tecelys a aussi un volet aménageur, conduisant des travaux en ville – n’est non plus intervenu. « Tout le monde attend les conclusions de la CRC », glisse l’un d’entre eux.

    À la tribune, Joël Guin ne dira pas ce qu’il adviendra des recommandations de l’audit. Notamment sur le cumul non souhaitable des rôles de président du Grand Avignon et de PDG de Tecelys. « Il aurait pu le dire mais on ne va pas changer maintenant [à 3 mois de la fin du mandat] », confie-t-on dans l’entourage de Joël Guin après la séance. Les conclusions de la CRC ne seront de toute façon pas connues avant les élections.

  • Ils veulent retrouver un grand Sporting à Toulon

    Ils veulent retrouver un grand Sporting à Toulon

    Aujourd’hui doté d’une réputation de ville de rugby, Toulon a longtemps existé sur la carte du football français. Avec 48 saisons professionnelles (36 en deuxième division, 12 en première), le Sporting Club de Toulon, fondé en 1945, revendique une riche histoire, l’ayant mené jusqu’à la 5e place de D1 en 1988. De grands noms tels que Rolland Courbis ou David Ginola faisaient alors sa renommée. Mais, 37 ans plus tard, alors que le club fête ses 80 ans, le contexte est tout autre. Du record d’affluence de 1985 – 18 000 spectateurs à Mayol pour un Sporting-Monaco –, aux quelques centaines de courageux présents dans les travées clairsemées de Bon Rencontre chaque semaine, ces dernières années, l’eau semble avoir trop rapidement coulé sous les ponts.

    L’apogée de son club, « Djezo », comme on le surnomme au stade, ne l’a pas connue. Ce supporter de 35 ans, président du groupe « Du passé je suis amoureux », est un fidèle de Bon Rencontre depuis 2006. Du Régional 1 (6e échelon français), au National 2 (4e division, niveau actuel du club), en passant par de courts retours en National (3e division, entre 2005 et 2007, puis en 2019/2020), et une relégation administrative en 2011 (la troisième de l’histoire du club), Djezo n’a jamais lâché, malgré un constat implacable : « Toulon est la seule des 20 plus grandes métropoles françaises à ne pas avoir de club dans les deux premières divisions », pointe-t-il, non sans amertume.

    Un propriétaire inflexible

    Ce ras-le-bol est partagé par l’ensemble des supporters du club de la Rascasse et s’exprime depuis trois ans à travers le mouvement « Toulon mérite un grand Sporting », slogan créé il y a 10 ans. « On ne voulait pas que ça reste autour de notre groupe, mais que ça concerne tous les supporters. Lors d’une énième défaite en janvier 2023, dans un stade vide, on était allé à la rencontre du président et des joueurs. On était entré dans le vestiaire, sans violence car ça n’a jamais été notre but, mais ça avait fait impression. Ça a été le point de départ », détaille Djezo.

    Des tracts sont alors distribués, notamment auprès de 350 commerçants « à qui on doit en grande partie le retentissement populaire », salue Djezo, à travers des affiches et une photo collective. « On a eu le soutien de groupes de supporters, comme le CUP, à Paris, des supporters du Celtic Glasgow, de clubs italiens, d’anciens sportifs pros (Sébastien Squillaci, Mathieu Bastareaud, David Girard…), d’un hôtel new-yorkais, dont le patron est Toulonnais, et du chef du Jules-Verne à Paris », détaille-t-il. Preuve que ce combat n’est pas qu’une affaire locale.

    Catalyseur de la colère : la direction, en place depuis 2011, sous la houlette de son actionnaire majoritaire Claude Joye, sans avoir réussi à faire progresser le club. « Il a effacé une dette de près d’un million d’euros, nous ne l’oublions pas », reconnaît Djezo. « Quand il arrive, le projet, c’est la Ligue 2 en 5 ans. » 14 ans après, le Sporting végète au 4e échelon national, « et on regarde plus derrière que devant », s’inquiète-t-il. Les contacts avec la direction sont rompus. Et en dépit de cette stagnation, Claude Joye (qui n’a pas souhaité répondre à nos questions) se refuse à céder le club, malgré plusieurs offres : « Un investisseur toulonnais a fait une offre de 2 M d’euros et promettait d’en investir 18 dans le projet sportif. Il a refusé et fixé un prix exorbitant, 6 M. Ça a mis un terme aux négociations. On a le sentiment qu’il a mis un prix pour dégoûter tout le monde », se désole Djezo. D’après lui, d’autres négociations seraient en cours avec de potentiels repreneurs. « On veut juste un club qui nous fasse rêver, voir du football sans avoir à aller à Marseille ou Nice », milite Djezo, qui « ne veut plus entendre parler de la direction actuelle. En 15 ans, il y a eu assez de temps pour présenter un bilan ».

  • L’union de la gauche est un chemin semé d’embûches à La Ciotat

    L’union de la gauche est un chemin semé d’embûches à La Ciotat

    Le chemin de l’union de la gauche pour les municipales risque bien d’être semé d’embûches. Alors que, dimanche 7 décembre, le collectif La Ciotat nous rassemble, « composé de femmes et d’hommes de gauche, écologistes et citoyens » a distribué des tracts en ville, intitulés « Rassembler la gauche, les écologistes et les citoyens, c’est possible ! », Toni Delogu a réagi, ce lundi. « Je trouve cela très prématuré, car au niveau local et fédéral, aucun accord n’a été conclu à ce jour entre le PCF, le PS, les Verts… Il ne faut pas un rassemblement de façade », a-t-il désapprouvé.

    Désaccord sur la tête

    de liste

    Avant d’enchaîner : « On est à ce jour en capacité de monter une liste avec le PS, Place publique, Génération.s et certains membres du collectif “Pour que vive le NFP à La Ciotat”. Mais pas avec le représentant de LFI, Jean-Paul Coste, un mélenchoniste qui nous traite de “traîtres”. » Il poursuit : « Nous avons rencontré les Verts, il y a quelques jours. Ils sont favorables à un renouvellement de l’échiquier politique et à une tête de liste féminine. »

    Si La Ciotat nous rassemble a démarré la campagne des municipales en solo, « c’est parce que chaque jour, on me demande : “que fait la gauche ?” », justifie le communiste Karim Ghendouf. Il précise : « Et il est hors de question que nous laissions l’espace d’expression politique à l’extrême droite. »

    Dans la commune, Daniel Salenc, soutenu par le RN, a été le premier à se déclarer candidat aux municipales. Quant au maire (DVD) Alexandre Doriol, « il est ultraprésent et utilise les moyens de communication de la Ville pour sa campagne qui ne dit pas son nom », attaque le conseiller municipal d’opposition.

    Karim Ghendouf reconnaît que le contenu du tract distribué dimanche est « une déclaration d’intention. Notre volonté est de rassembler toute la gauche sans exclusive. à ce jour, elle n’a pas été entendue. Mais je ne désespère pas que la gauche prenne ses responsabilités ».

    Parmi les « points de blocage » à l’union, il cite « le périmètre de l’union. Nous la souhaitons du PS à LFI. Or, le PS ne veut pas travailler avec LFI et vice versa ». Il évoque aussi un désaccord sur « la méthode » : « Je ne veux pas que les gens soient dans une posture politique, mais qu’ils se mettent autour de la table et travaillent pour leur commune et ses habitants. » Mais le désaccord le plus flagrant concerne la tête de liste. « À ce jour, on n’a pas posé de préalable. Mais on pense avoir une légitimité non négligeable », défend Karim Ghendouf. Le comité de soutien à la liste a d’ores et déjà rassemblé « 150 personnes », indique-t-il.

    La Fédération du PS des Bouches-du-Rhône « a émis le vœu d’une candidature féminine pour la tête de liste », confie la socialiste et conseillère municipale d’opposition Martine Cuccaroni. Native de La Ciotat, engagée en politique depuis 2012, cette monitrice de sport à la retraite « à la fibre sociale » s’est portée candidate. Aux militants ensuite de voter. Pour elle, il est temps que Karim Ghendouf, « qui se présente depuis dix-huit ans dans le cadre d’une liste d’union de la gauche », passe la main, « car ses résultats plafonnent ».

    Nouveau venu, non pas dans le paysage politique ciotaden, mais dans cette nouvelle campagne des municipales : Bernard Ougourlou-Oglou. L’ex-premier secrétaire du PS se présente comme « un social-démocrate au-dessus des partis ». Commentaire de son ex-colistière, Martine Cuccaroni : « Bernard cherche à affaiblir l’union de la gauche ».

  • Les finances, terreau de rivalité au conseil municipal de Gardanne

    Les finances, terreau de rivalité au conseil municipal de Gardanne

    Parmi la trentaine de délibérations inscrites à l’ordre du jour, sept concernaient les finances. Et chacune a donné lieu à son lot de passes d’armes entre oppositions et majorité.

    à commencer par le surcoût des charges de personnel annoncé par la majorité : 630 000 euros. « ça paraît quand même surprenant que ce soit décidé en fin d’année alors qu’on sait que le budget du personnel, qui doit passer auprès des services de l’état, est en général voté avant le 8 décembre. ça ne fait pas très sérieux », lance de son côté Jean-Marc La Piana, conseiller municipal d’opposition et à la tête d’une union de gauche en vue des élections municipales 2026. « Ce n’était pas anticipable, cette année, le vote du budget a été particulièrement tardif », rétorque Arnaud Mazille, adjoint au maire et directeur de campagne de l’édile sortant.

    Surcoût sur trois projets

    Quelques minutes plus tard, la tension remonte au moment d’aborder la délibération visant à programmer un crédit de paiement (AP/CP) pour trois projets : la réhabilitation de la Plateforme jeunesse, celle du cinéma et la construction d’un centre de loisirs, tous en surcoût. « Sur ces trois opérations, nous avons la possibilité de passer 30% de la dépense de l’année précédente », justifie Antonio Mujica, premier adjoint, évoquant des augmentations liées aux « surprises » sur les travaux de rénovation.

    « Une augmentation de 30% sur un projet comme celui de la Plateforme : je me pose la question de la gestion financière de ce projet. Vous dites que les trois décisions (…) ont toutes des surcoûts. Ce sont trois projets différents, mais je me pose la question sur une bonne ou mauvaise gestion du projet (plateforme) », interroge Jean-Marc La Piana. « Monsieur La Piana, question : 12 avenants sur le foyer, 7 sur la maison du peuple, quel commentaire vous faites sur votre gestion ? » intervient Hervé Granier, maire (LR), en référence au statut d’adjoint de son opposant sous l’ancienne municipalité. « S’il y a eu des réalités, j’attends de vous une gestion convenable et je suis surpris de cette mauvaise gestion que je retrouve ici », insiste la tête de l’union de gauche. « Vous êtes le plus fort, on va parler du cinéma, ça vous concerne », tranche Hervé Granier.

    Même schéma d’escarmouches sur le dossier du cinéma 3 Casinos, sujet sur lequel Antonio Mujica brandit un document faisant état de trois années de « réflexion » autour du sort du cinéma, sous l’ancienne municipalité. « Je dis juste qu’en trois ans, vous avez fait beaucoup de réflexion et peu d’action. En six ans, on a quand même sorti un cinéma », se targue le premier adjoint. « Mesquin et irrespectueux de notre travail », rétorque Jean-Marc La Piana. « En termes d’inaction, vous avez tout de même été très efficace », ajoutera son concurrent électoral, Hervé Granier.

  • Le handisport pour tous est vecteur de vivre ensemble à Martigues

    Le handisport pour tous est vecteur de vivre ensemble à Martigues

    Ils accélèrent, tournent, attrapent le ballon, agissent en groupe, et tirent pour l’envoyer en plein dans le filet, entraînant clameurs des uns et dépit des autres. Le match de handball qui se déroule au gymnase Picasso, ce lundi après-midi, pourrait être banal si le bruit des baskets sur le sol n’avait pas été remplacé par celui des pneus des fauteuils roulants spéciaux utilisés en handi hand.

    Les roues cabrées et les armatures de maintien renforcées ne font visiblement pas peur aux élèves du collège Gérard-Philipe de Martigues, qui découvrent le handisport en compagnie de patients en rééducation à la clinique Cap Ferrières. Outre le handball, ils s’essaient à la boccia, une forme de pétanque adaptée avec des boules allégées et parfois un toboggan lorsque le jet à la main n’est pas possible. Du volley assis complète ces ateliers organisés pour la deuxième année consécutive.

    Parmi les élèves, Charlie et Eden, respectivement en 5e et 4e. Toutes deux manifestent le même intérêt à « se mettre dans la peau » des personnes handicapées. Plus encore, Eden souligne qu’« il n’y a plus de différences » quand tout le monde est en fauteuil sur le terrain, même si « on est physiquement différents », complète Charlie.

    « Un petit truc pour que tout le monde joue »

    Nos deux élèves n’en restent pas là de leur réflexion. Eden, élève en Ulis, considère que « faire du sport montre que si c’est compliqué pour certains, on peut faciliter les choses. Car il suffit parfois que d’un petit truc pour permettre à tout le monde de jouer. C’est ça le vivre-ensemble », affirme-t-elle.

    Ce n’est pas un hasard si le terme de vivre-ensemble est également inscrit au dos des maillots des élèves. Karine Coudert, responsable de l’Ulis du collège Gérard-Philipe, est à l’origine du projet « vivre-ensemble », mélangeant les élèves d’Ulis avec les autres élèves sur certains créneaux, comme lors de sorties scolaires.

    « Nous avons un créneau d’éducation physique et sportive (EPS) de deux heures par semaine avec ce groupe, y compris en handisport », détaille-t-elle. Mais le plus gros projet est « la semaine olympique et paralympique qu’on organise au printemps au collège, avec toutes les classes de 5e en plus de notre groupe », pour découvrir ces sports adaptés. Karine Coudert remarque que « le fauteuil leur fait plus occuper le terrain au lieu d’être tous autour du ballon, ils élaborent des stratégies différentes ».

    Ils ne sont pas seuls à faire des découvertes. Jérémy Dussaud, ancien pilote de karting devenu tétraplégique est « hyper heureux de partager ce moment » avec les élèves. « Je ne connaissais pas le handi hand ni la boccia, et c’est un vrai déclic, carrément ! » assure ce patient de la clinique, qui compte se renseigner sur la pratique en club.

    Le handisport a dont fait des émules de chaque côté du fauteuil.

  • Lionel de Cala officiellement en course pour un second mandat à Allauch

    Lionel de Cala officiellement en course pour un second mandat à Allauch

    Lionel de Cala a choisi La Provence, où il a fait ses classes il y a 25 ans, pour officialiser, lundi, sa candidature à un deuxième mandat à la mairie d’Allauch. à 42 ans, ce proche de Renaud Muselier resté chez LR, fixe deux priorités : « L’éducation et la sécurité. »

    Dans ce premier mandat qu’il rappelle marqué par une succession de crises sanitaire, sociale, économique, géopolitique, et aujourd’hui institutionnelle, Lionel de Cala met à son actif la restauration de l’hôtel de ville historique et l’ouverture du pôle culturel de l’Usine électrique. Le président du groupe majoritaire Provence Unie au conseil départemental met aussi en avant la nouvelle caserne des pompiers d’Allauch et Plan-de-Cuques « promise depuis 20 ans ».

    Le RN en embuscade,

    la gauche unie

    Un établissement largement financé par le Département, « premier partenaire financier » de la commune, dont les subventions en tout genre sont passées de 820 000 euros en 2020 à 8,3 millions. La Chambre régionale des comptes pointe dans un rapport ces aides dont le montant « explique 55% de la dette » de la collectivité et ne sont pas orientées vers les municipalités qui en ont le plus besoin.

    Le maire défend aussi dans son entretien sa politique en matière de logement social et continue d’espérer une « réforme » de la loi SRU, jugeant « inutilement punitif de devoir verser des pénalités de plus de 1,2 million d’euros à l’État », alors que sa commune ne compte que 7,5% de logement sociaux. Un argument de choix, visiblement, pour celui qui a mis fin en 2020 à 45 ans de règne Povinelli, devançant au second tour (59,66%), la candidate divers droite Monique Robineau-Chailan (24,41%) et l’extrême droite (RN) menée par Laurent Jacobelli (15,91%). C’est Christelle Varnier qui sera, en mars prochain, la tête de liste du parti lepéniste.

    Balayées au 1er tour il y a six ans, les forces de gauche et écologistes ont choisi cette fois l’unité. « Face à la menace grandissante de l’extrême droite et à une gestion municipale conservatrice, nous soutenons une liste écologique sociale et solidaire », indiquait, début décembre, un communiqué signé de l’ensemble des forces de gauche, appelant « tous les citoyens qui le souhaitent » à apporter leurs contributions dans l’élaboration d’un « projet alternatif et concret ». Cette liste sera conduite par Frédéric Dutoit, Dorothée Sudan, Vincent Coulomb et Denise Triscari.

  • Pour les écolos, l’incinérateur est inadapté aux polluants éternels

    Pour les écolos, l’incinérateur est inadapté aux polluants éternels

    Un incinérateur qui ne chauffe pas assez fort pour détruire les Pfas. Entendre les composés « per » et « polyfluoroalkylés », présents notamment dans les textiles, emballages alimentaires, mousses anti-incendie ou encore les revêtements antiadhésifs. Pour Sébastien Barles, conseiller communautaire écologiste, responsable du collectif écolo-citoyen Vaï Marseille, et Paul Poulain, ingénieur prévention, le centre Évéré, basé depuis 15 ans à Fos-sur-Mer, n’est pas adapté à l’élimination de certains déchets devenus omniprésents dans les ordures ménagères.

    « En chauffant à 850 degrés, il ne prend pas en compte la résistance au feu des Pfas qui, pour être détruits, doivent brûler entre 1 100 et 1 400 degrés », pose Paul Poulain. De quoi garantir une minéralisation de ce genre de déchets, précise une étude de l’Ineris parue en 2023.

    L’ingénieur prévention dans les assurances et auteur de Tout peut exploser, Enquête sur les risques et les impacts industriels (Fayard), insiste sur la dangerosité de ce polluant méconnu. « 4 700 substances au total listées par l’OCDE », précise-t-il, citant une étude de 2018, mise à jour en février 2025. Si un plan d’action interministériel sur les Pfas a été mis en place en 2024, la réglementation au niveau national et européen de ces substances reste embryonnaire.

    Des bases de données limitées

    Paul Poulain entend alerter et sensibiliser le grand public aux risques sanitaires de ce genre d’installation et au-delà des émissions des zones industrielles. « Ce n’est pas comme si on avait des doutes », considère-t-il, se basant sur une étude de Santé publique France, parue ce 4 décembre, sur l’état de santé des populations autour des grands bassins industriels où la zone de Berre, Fos et Marseille a été prise en compte. Les conclusions de l’établissement public ne sont pas aussi tranchées. Ce dernier indiquant que « des résultats ont montré une association entre une exposition liée à des industries (…) et des surrisques pour certains indicateurs de santé », mais qu’ils sont à « mettre en perspectives, au vu des limites identifiées des bases de données utilisées et du design même de l’étude, qui ne permet pas d’établir de lien causal entre l’exposition industrielle et l’apparition des pathologies étudiées ». Il souligne néanmoins « l’importance de maintenir et renforcer la surveillance environnementale des installations industrielles ».

    Concrètement, « nous avons écrit au préfet de région sur la question du contrôle et de l’accès à l’information », indique Sébastien Barles, pour qui cette question s’inscrit également dans un contexte électoral. « Ce sera un sujet de l’élection métropolitaine, niveau auquel nous comptons organiser des états généraux des déchets », espère l’élu. Paul Poulain ne cache pas non plus ses ambitions. « Je vais rejoindre Vaï pour les municipales, je serai sur la liste dans les 15e et 16e arrondissements, secteur de Marseille le plus impacté » par la pollution estime-t-il, dénonçant au passage une « inégalité territoriale ».

  • L’OM a l’occasion de se dégager la voie

    L’OM a l’occasion de se dégager la voie

    Quel sera le visage de l’OM, ce soir sur la pelouse du Parc Astrid ?

    Verra-t-on le collectif flamboyant qui a humilié Nice ? Ou ce groupe brouillon, incapable d’assurer trois passes lors de la défaite lilloise ? « Il ne faut jamais nous satisfaire de ce que nous réalisons. Surtout quand c’est une victoire à la clé ! » Dans sa prise de parole, en conférence de presse, Roberto De Zerbi avait visiblement toujours en travers de la gorge la défaite de vendredi.

    Toutefois, il continue de croire en ses hommes. Insiste sur le besoin de « puiser dans nos ressources mentales car c’est la force mentale qui nous apportera plus de constance dans les résultats, et non le physique ». Arthur Vermeeren est d’accord avec son entraîneur à propos de la sortie au stade Pierre-Mauroy : « Une prestation comme celle face à Lille ne doit pas se reproduire. Il faut atteindre un niveau supérieur si nous voulons aller de l’avant. »

    La Ligue des Champions peut-elle être la cure mentale qui remettra l’OM sur le chemin du succès ? « Nous connaissons l’importance de ce rendez-vous », insiste Roberto De Zerbi. Encore plus après avoir perdu du terrain en Ligue 1, se rassurer sur la scène européenne est plus qu’un placebo. Et confirmer par une victoire en déplacement la belle démonstration contre Newcastle montrerait que son équipe a toujours un rôle à jouer.

    Saint-Gilles et l’OM possèdent le même nombre de points, six. Mais à la différence des Belges, l’OM a gagné ses deux matches à la maison, quand les Bruxellois ont fait chou blanc au Parc Astrid. Est-ce un signe que les Marseillais peuvent venir prendre les trois points, qui les placeraient sur la voie royale pour accrocher les barrages ?

    Roberto De Zerbi reste prudent. Il sait que sans Amine Gouiri, ni Hamed Traoré, « j’ai des choix limités en attaque et ce n’est pas possible de tout bien faire en ce moment », soupire-t-il.

    Des supporters encadrés

    Les supporters marseillais qui souhaitent suivre le match devront impérativement passer par le poste frontière Hensie. Détails : www.lamarseillaise.fr

    Saint-Gilles ne sera pas spectateur de la soirée

    Avec six points, l’Union Saint-Gilloise n’en a pas encore pris au Parc Astrid, qui n’est pas son stade habituel.

    « C’est sans doute un facteur qui explique nos difficultés à domicile. Car, même s’il y a plus de monde dans le stade, mes joueurs n’y ont pas leurs repères et ne se sentent pas forcément à la maison, notamment dans le vestiaire », admet David Hubert.

    Néanmoins, l’entraîneur espère que ses « Apaches » vont enfin se libérer. « La victoire à Galatasaray doit être confirmée et ce match contre Marseille, c’est l’occasion de nous montrer à ce niveau. » Pour lui, « le moment est venu d’apporter l’énergie qui nous fera réussir ce qui n’a pas encore été effectué jusque-là », poursuit-il.

    David Hubert lance à ce sujet un avertissement aux Olympiens. « Nous ne serons pas là en spectateurs, ni pour servir de sparring-partner à nos adversaires. Même si nous avons conscience que nous sommes là pour apprendre. » Il sait que la tâche sera compliquée, « face à un entraîneur aux idées claires et des Marseillais de classe mondiale dont il nous faudra trouver les défauts ».

  • La laïcité face à de grands dangers

    La laïcité face à de grands dangers

    La loi concernant le principe de séparation des Églises et de l’État est promulguée le 9 décembre 1905. Cette loi d’initiative parlementaire, est, à l’époque soutenue par un grand mouvement populaire, libres-penseurs, associations laïques et partis de gauche. Elle inscrit noir sur blanc, dans la loi, la liberté de conscience, l’égalité de droit des croyants et des non-croyants, la neutralité de l’État et de ses agents. Un an plus tôt, dans un contexte politique tendu, Jean Jaurès, l’un des rédacteurs de ce texte fondateur de notre République, estimait que la « laïcité et démocratie sont deux termes identiques. La démocratie doit fonder en dehors de tout système religieux toutes ses institutions, tout son droit politique et social, famille, nation, propriété, souveraineté », déclare-t-il lors d’un discours, le 30 juillet 1904, dans sa ville natale à Castres. Cent vingt ans plus tard, comme à l’époque, la laïcité reste menacée par des forces réactionnaires.

    « La principale menace émane de l’extrême droite et des droites qui développent l’idée d’une laïcité identitaire contre, disons essentiellement, les musulmans », accuse l’historien Jean-Paul Scot. Et cite des partis de Reconquête à LR, en passant par le RN, dont les postures sont relayées médiatiquement par des milliardaires comme Vincent Bolloré et Pierre-Édouard Stérin, catholiques ultra-conservateurs d’extrême droite. Il développe : « Cette laïcité qui marquerait le caractère propre de l’identité de la France est une imposture, il n’y a pas d’autre mot. C’est une façon astucieuse de masquer la xénophobie et surtout l’hostilité à l’islam et à tous les ressortissants de culture arabo-musulmane vivants en France, en particulier les femmes », fustige-t-il.

    En ce sens, le député LR Laurent Wauquiez a déposé, le 24 novembre, une proposition de loi pour interdire le port du voile par des mineures dans l’espace public. « Ces propositions sont totalement contre-productives puisqu’elles ne font que stigmatiser davantage cette population, ce qui ne peut qu’aboutir à son repli encore plus net », estime Nicolas Cadène, ancien rapporteur général de l’Observatoire de la laïcité et cofondateur de Vigie-Laïcité (lire La Marseillaise – Hebdomadaire d’Occitanie du 5 décembre). « Si ces responsables politiques étaient véritablement fidèles à la laïcité, ils s’assureraient par exemple qu’il y ait des offres publiques laïques partout sur le territoire », rétorque-t-il.

    Un deux poids, deux mesures

    Ainsi, tous deux fustigent la loi confortant le respect des principes de la République, dite loi séparatisme, portée par Gérald Darmanin en 2021, alors qu’il logeait encore place Beauvau. Ce texte renforce la police des cultes et confère aux préfets le pouvoir de décerner des « labels républicains » à des organisations religieuses, rappelle Jean-Paul Scot : « Il n’y a pas eu de modification plus importante de la loi de 1905 depuis l’époque de Vichy ! », s’emporte-t-il, estimant qu’il s’agit là « d’un retour de fait au gallicanisme concordataire et autoritaire d’avant 1789 ! ». Ce dernier dénonce, par ailleurs, « une laïcité à géométrie variable » au plus haut de l’État, faisant référence ici à la célébration de la fête juive de Hanoukka à l’Élysée, en décembre 2023. « C’est intolérable », juge-t-il, estimant que le président de la République a ainsi « violé la neutralité de l’État ».

    Jean-Paul Scot vise aussi la gauche, en particulier LFI et ses « accointances », selon lui avec « un certain nombre de groupes qui peuvent faire aussi bien de la surenchère au niveau de la laïcité que du laxisme à l’égard de ceux qui pourraient effectivement avoir des vues contraires à la laïcité », estime l’auteur de L’État chez lui, l’Église chez elle.

    Les rendez-vous

    Marseille

    La deuxième édition du Prix départemental de la laïcité décernera ses prix à partir de 17h30 au siège de l’institution à Saint-Just (4e).

    Martigues

    Le hall de l’hôtel de ville de Martigues accueille jusqu’au 15 décembre une exposition à l’occasion des 120 ans de la laïcité.

    Toulon

    L’Union des familles laïques (Ufal) de Toulon donne rendez-vous à 12h30 au square du Champ de Mars pour une cérémonie au pied de l’arbre de la laïcité, en présence de la maire SE de la ville Josée Massi.

    Carpentras

    Un arbre de la laïcité sera planté à 10h à l’école élémentaire des Garrigues, par le maire de Carpentras, Serge Andrieu (DVG).

  • République laïque

    République laïque

    Pas d’adjectif. Pas de qualificatif. Pas de restriction. La célébration des 120 ans de cette loi si particulière à la France de séparation entre les Églises et l’État est l’occasion de rappeler son importance et sa force, telle quelle. De répéter que depuis 1905, en France, l’État n’a plus de religion, que la France, est une « République laïque ». Ces rappels sont d’autant plus importants que les tentations sont grandes de vouloir la « préciser », la réécrire. Mais derrière le prétexte de la mettre « au goût du jour », c’est de manipulation dont il s’agit, d’amalgame avec les menaces de l’islamisme instrumentalisées par des forces politiques qui parfois n’ont rien à envier en matière de radicalité religieuse. Le tout prétendument justifié par un retour du religieux dans nos sociétés, qui s’appuierait sur l’explosion d’interventions sur les réseaux sociaux et d’une augmentation du nombre de baptêmes. Alors même que la majorité des Français se dit sans religion et que le nombre d’athées dans l’hexagone n’a cessé d’augmenter pour passer le cap symbolique des 50% ces dernières années.

    Garantie pour tous les citoyens

    Pour cet anniversaire, martelons donc que la neutralité de l’État est une garantie d’égalité pour tous les citoyens, quels que soient leurs origines, leurs genres, leurs orientations sexuelles, leurs croyances et convictions intimes. Que cela garantit que la religion n’impose rien dans nos vies, n’ait pas son mot à dire sur qui peut se marier avec qui, sur l’IVG, sur le mariage entre homosexuels, sur la place des femmes dans la société… Que cela protège la liberté de conscience et d’expression. Et qu’à l’heure de la poussée de l’extrême droite et de l’autoritarisme, cette loi reste la meilleure des protections.