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  • Une grève à Ducros pour l’équité salariale

    Une grève à Ducros pour l’équité salariale

    Un peu moins de 90 salariés des sites de production des épices Ducros et des ingrédients pour desserts Vahiné étaient sur le piquet de grève, ce mercredi, pour « une meilleure répartition des augmentations de salaires », précise Denis Chauvy, délégué syndical CGT Ducros-Vahiné.

    à l’issue des négociations annuelles obligatoires (NAO), terminées ce lundi 8 décembre, une augmentation générale des salaires a bien été obtenue. Cependant, la CGT demande à ce que cette enveloppe soit « divisée de façon égalitaire entre l’ensemble des salariés ».

    « Les deux tiers de l’enveloppe partiront vers l’encadrement, et aux ouvriers, les miettes », assure le syndicat, dans un tract distribué depuis ce mardi 9 décembre. Pour les ouvriers, l’augmentation ne représente ainsi, en moyenne, que 19,50 euros par mois, hors mesures sur la mutuelle, soit une revalorisation située entre 1,6% et 3%. Alors que si l’enveloppe était répartie en parts égales, celle-ci serait d’environ 80 euros, d’après la CGT. La grève est reconduite ce jeudi 11 décembre.

    « On ne demande même pas plus d’argent. C’est simplement que c’est plus avantageux pour les hauts salaires. C’est la première fois qu’on demande ça et on ne le fera pas à chaque fois », ajoute Denis Chauvy, qui regrette que la direction n’ait toujours pas contacté le syndicat depuis l’annonce de la grève, ce mardi midi.

    « On ne jalouse pas »

    « Ce mouvement ralentit fortement la production, avec certaines lignes qui ne tournent pas. Cette semaine, le résultat risque d’être fortement impacté », ajoute Gilles Cargnino, représentant de la CGT sur le site de Monteux. « On ne jalouse pas leurs salaires, car ils sont diplômés. Mais on n’est pas récompensés, alors que les chiffres sont toujours dans le vert », poursuit Tom*, conducteur de ligne de production depuis plus de dix ans.

    Du côté de Ducros-Vahiné, qui appartient à la multinationale américaine McCormick, on assure que « les mesures proposées par la direction visaient à préserver le pouvoir d’achat de l’ensemble des salariés, et particulièrement celui des ouvriers ». Et d’ajouter qu’ils respectent le droit de grève tout en réaffirmant leur « volonté de poursuivre un dialogue social constructif pour trouver une solution satisfaisante pour tous ».

    *Prénom modifié

  • Hérault : des prostituées mineures de plus en plus jeunes

    Hérault : des prostituées mineures de plus en plus jeunes

    « C’est un phénomène qui a augmenté depuis les années 2018-2019, avec un pic après le confinement, les réseaux sociaux ayant pris de l’ampleur sur ce sujet », explique Claire Grangeaud, cheffe de service du Fil. Dédié aux mineurs victimes d’exploitation sexuelle, ce service dépend de l’Amicale du Nid de l’Hérault, association qui accompagne les personnes en situation de prostitution. Il est né en 2020 « parce qu’on était de plus en plus interpellés sur la prostitution des mineurs. L’objectif était d’intervenir le plus tôt possible pour tenter de les sortir de cette emprise », explique Claire Grangeaud.

    Depuis leurs débuts il y a 5 ans, les équipes du Fil ont enregistré environ 380 signalements, réalisés par des professionnels de l’aide à l’enfance, des jeunes eux-mêmes (dans une moindre mesure) ou des parents. « En 2024 nous avons été sollicités pour 105 situations différentes de mineur(e)s et jeunes majeur(e)s, contre 53 en 2023 », indique le rapport d’activité de l’association, qui accompagne une soixantaine de jeunes. Des filles dans leur immense majorité (97%), dont la moyenne d’âge se situe autour de 15 ans. « Jusqu’à 2023, on avait essentiellement des jeunes filles d’à peu près 15, 16, 17 ans. Depuis fin 2023 – la tendance s’est confirmée en 2024 et 2025, ce qui est inquiétant -, plus de 30% des jeunes qu’on accompagne ont de 11 à 14 ans », souligne Claire Grangeaud. « Là ça devient des enfants. Quand elles ont 12-13 ans, on ne peut pas se tromper. Les clients ne peuvent plus se cacher derrière : “Elle a 17 ans on aurait dit qu’elle en avait 20…“ »

    Pour supporter les passes, l’immense majorité (80%) de ces jeunes filles se drogue. « Une partie de ces réseaux de prostitution sont issus des réseaux de stupéfiants. Au départ, la drogue est offerte, les proxénètes leur font croire que ça va être gratuit. Mais au bout d’un certain temps ils leur disent : “Tu nous dois de l’argent, tu vas travailler pour nous. “ »

    La plupart du temps issues des foyers de l’enfance, ces jeunes filles ont presque toutes (90%) « vécu des violences sexuelles avant la prostitution, dont une grande partie de l’inceste (63%) », indique Claire Grangeaud. Une fragilité qui en fait des proies idéales pour les proxénètes, lesquels « gravitent autour des foyers dans l’objectif de trouver des jeunes filles vulnérables ». Une emprise d’autant plus facile à établir que les victimes sont jeunes. « Parfois, ces mineures sont aussi recrutées par d’autres jeunes filles exploitées. »

    La suite se passe sur les réseaux sociaux. « Les prostituées mineures ne racolent pas dans la rue. Tout se passe via les réseaux sociaux, avec des messages éphémères sur Snapchat par exemple, ou des applications type Telegram, Signal, WhatsApp avec messageries cryptées. Si bien que ce n’est pas simple de remonter ces réseaux », concède Claire Grangeaud, qui déplore toutefois un manque de moyens policiers et judiciaires engagés dans la lutte contre ce fléau. « À ma connaissance sur l’Hérault, il y a très peu d’enquêtes et de démantèlements. Il y a besoin que la justice agisse. Qu’elle démantèle des réseaux, mais aussi qu’elle arrête des clients. Car la plupart ont un vrai sentiment d’impunité. »

    Pour les aider à s’extraire de cet enfer, le Fil propose « une écoute non jugeante. On essaie de les déresponsabiliser de la situation, en leur expliquant que ce n’est pas elles qui ont un souci mais les acheteurs et les proxénètes. Dans un deuxième temps, il y a souvent un accompagnement psychologique pour qu’elles puissent faire le lien entre la prostitution et ce qu’elles ont vécu avant. Mais on ne sort pas une jeune fille comme ça de ce système ; ça prend des mois, parfois des années tant les conséquences, physiques et psychologiques, sont importantes ».

  • Occitanie : ces maires qui se représentent

    Occitanie : ces maires qui se représentent

    Michel Mercier, Le Martinet (Gard)

    « Le mandat de maire est un joli mandat, j’avais envie de rendre service »

    Édile de ce village de 740 âmes depuis 2008, Michel Mercier a encore envie de continuer. C’est donc naturellement qu’il est candidat à sa succession. « On travaille sur le long terme, cela fait quelques temps que je suis maire et il y a une volonté de poursuivre la politique menée depuis une décennie dans un esprit de solidarité. On est dans la continuité avec de l’enthousiasme, de la sérénité. Le mandat de maire est un joli mandat, j’avais envie de rendre service », soutient Michel Mercier. Néanmoins, la majorité sortante sera quelque peu remaniée afin de prendre en compte la dernière réforme des municipales dans les villages de moins de 1 000 habitants, la parité au sein des listes étant de rigueur et le panachage étant fini.

    Pas de quoi démotiver l’équipe de Michel Mercier, ce dernier misant « sur le travail collectif, je ne crois pas à la divine personne avec toutes les qualités » afin de développer les deux thèmes principaux de sa campagne, l’éducation et la jeunesse. « On pallie les carences de l’agglo d’Alès qui a la compétence de la jeunesse. Nous organisons donc des séjours à thème pour les enfants, la cantine est à un euro », énumère Michel Mercier. Un élan de solidarité que l’édile souhaite amplifier. Bien que le contexte économique soit un peu morose, la fiscalité ne bougera pas. « Cela fait 30 ans que nous n’avons pas touché à la fiscalité. Nous avons une gestion rigoureuse, ce qui nous permet de ne pas avoir beaucoup de dettes et l’excédent nous permet d’investir. » Un investissement qui pourra servir à l’aménagement du cœur de village et la réhabilitation d’une résidence pour personnes âgées.

    L.D.

    Jacques Demanse, Sauveterre (Gard)

    « Se présenter, c’est faire de la Résistance »

    Trente ans après s’être assis pour la première fois dans le fauteuil de maire de Sauveterre, Jacques Demanse n’est pas prêt à jeter l’éponge. « J’ai toujours la même motivation pour continuer à travailler pour les Sauveterrois et pour la qualité de vie de la commune. On va se serrer les coudes surtout dans le contexte actuel où on va se faire assassiner par le gouvernement dans les dotations. Mais je vais mouiller ma chemise pour Sauveterre. Se présenter aujourd’hui, c’est faire de la Résistance pour que la commune sorte au mieux les administrés de cette tempête », précise l’édile.

    Une résistance qui passe par la poursuite de la rénovation énergétique des bâtiments communaux, impulsée lors du précédent mandat. Mais Jacques Demanse ambitionne d’aller plus loin avec un véritable service public de l’énergie. « On pousse pour faire notre propre énergie. Le soleil appartient à tout le monde, on en marre de donner quitus à des sociétés privées qui se gavent comparé à ce que nous rapporte la location des terrains. On veut créer notre propre énergie solaire et la raccorder à nos bâtiments pour réduire la facture énergétique. »

    Christian Miaille, La Vernarède (Gard)

    « Maire rural, c’est la gestion du quotidien »

    Maire PCF de La Vernarède depuis 2020, Christian Miaille repartira en 2026. Sans slogan ni bilan ronflant, il avance une raison simple, presque désarmante : « Parce que j’adore ça. » Ce qu’il aime, précise-t-il, c’est « rendre service aux gens ». Rien d’autre.

    Dans ce village cévenol de 420 habitants, l’élu revendique une gestion au ras du terrain. « On est là pour écouter et apporter ce dont les habitants ont besoin. Un petit village, ça ne se gère pas avec des grandes phrases, mais avec du concret. Le reste, je m’en fous. » Miaille assume une approche totalement dépolitisée : « Ma politique, c’est quand je vote. Après, je suis là pour la population, pas pour autre chose. »

    Face à la montée de l’extrême droite dans le Gard, il a sa propre idée : l’écoute avant tout. « Les petits villages n’ont qu’à faire comme moi, il y aura moins d’extrême droite », lâche-t-il. Être présent, jouer les médiateurs, résoudre les petites tensions du quotidien, même celles qui semblent anodines : « Les fleurs volées au cimetière, par exemple… On cherche, on trouve, on parle. C’est ça, un maire rural. »

    A.J.

  • [Entretien] Gilles Picard : « Le Mondial La Marseillaise, c’est la Coupe du monde de la pétanque »

    [Entretien] Gilles Picard : « Le Mondial La Marseillaise, c’est la Coupe du monde de la pétanque »

    La Marseillaise : Quel est votre parcours ?

    Gilles Picard : J’ai fait 10 ans de maritime sur les quais. J’ai ensuite rencontré le milieu de professionnel de l’événement en 1993, en rejoignant la Halle de Martigues. J’y ai découvert l’exigence de la préparation des événements, notamment le National de Martigues dans ce lieu hors-norme, avec toute une série de personnalités marquantes du monde de la pétanque et du jeu provençal. C’est un événement qui mériterait de revenir dans le calendrier. Au fil du temps j’organise de grands spectacles également en extérieur et je croise la route de Christophe Berthonneau, qui me propose de rejoindre le groupe F. Une rencontre déterminante pour moi. L’horizon s’ouvre encore un peu plus, en France et à l’international, avec de grandes organisations de spectacles au Pont du Gard, sur la Tour Eiffel, à Dubaï, à Rio, à Barcelone, au Vietnam, pour les Jeux olympiques… J’y apprends la grande rigueur car quand on réalise la pyrotechnie sur la tour de Dubaï pour le 31 décembre, il faut que ça marche à 00h00 pas à 00h01.

    Vous y avez pris le goût de l’adrénaline et appris la gestion de la pression ?

    G.P. : (rires) C’était des tonnes de chocolats et de bonbecs, on avait besoin de sucre pour assumer tout ça ! C’étaient des montées d’adrénaline absolument folles, des embrassades, des accolades à n’en plus finir quand tout a roulé comme il fallait. Ce sont des souvenirs exceptionnels. Cela m’a fait faire le tour du monde. C’est une expérience très intense, extraordinaire pour se réaliser en tant qu’être humain. C’est incomparable en matière d’accomplissement de soi. Et maintenant… la cerise sur le gâteau c’est le Mondial La Marseillaise à pétanque !

    Qu’est-ce qu’il représente pour vous ?

    G.P. : Ça me permet de faire une comparaison. Avec Groupe F, on a fait les cérémonies de la Coupe du monde de football au Qatar, j’ai rencontré des gens qui y venaient des quatre coins du monde. Je situe le Mondial La Marseillaise à ce niveau-là. Ce n’est pas un aimable concours de boules, c’est le carrefour mondial de la pétanque qui rassemble tout un tas de gens passionnés. C’est fascinant. C’est extraordinaire au sens où cela sort totalement de l’ordinaire. C’est bien plus qu’un concours sportif. Même ceux qui n’ont jamais touché une boule de leur vie, savent ce qu’est le Mondial.

    C’est un défi pour vous ?

    G.P. : Oui, j’aime les défis. Et puis cela confine à l’utopie. C’est un objet tellement grand avec tellement de potentiel. Pour moi, c’est un engagement désintéressé comme je le fais depuis de nombreuses années au sein du club de basket de Martigues. La solidarité, ça n’est pas qu’un mot, et cela traduit mon attachement au journal La Marseillaise depuis tant d’années.

    Quels sont vos rapports avec les bénévoles ?

    G.P. : C’est à la Halle que j’ai rencontré Maurice Caumel, André Picca et bien d’autres bénévoles. On diffusait des tonnes de Marseillaise. C’étaient des rencontres récurrentes, touchantes, amicales qui m’ont valu de nombreuses invitations au Mondial. Ils sont devenus des copains, on se voyait avec plaisir. On s’est fait des concours de l’amitié avec des gens de chez Ricard, Henri-Blanc… Ce sont de très bons souvenirs. J’ai été ravi de les revoir à l’occasion de cette prise de responsabilité mais aussi de pouvoir travailler avec Maryan Barthelemy que je connais bien.

    Comment envisagez-vous votre rôle ? Quelle marque entendez-vous imprimer à l’événement ?

    G.P. : Il est un peu tôt pour parler d’imprimer une marque. Avec Maryan, nous allons avancer ensemble. En tant que directeur des événements, il a une mission très opérationnelle et fourmille d’idées pour faire encore mieux. Pour ma part, j’ai emmagasiné beaucoup d’expérience des grands événements, je porte une vision artistique ou du moins émotionnelle. Ce qui m’intéresse c’est de savoir comment on va toucher tout le monde. Je suis très carré mais j’aime qu’on aille au-delà de la simple organisation rationnelle pour se demander comment développer la relation émotionnelle à l’événement. J’aime cette dimension expérience complète. J’aime voir les yeux du public briller de mille étoiles, partager la sensation de vivre quelque chose d’extraordinaire.

    Réfléchissez-vous à des Mondiaux La Marseillaise au-delà de son cadre traditionnel ?

    G.P. : Le Mondial ne se duplique pas. Mais pourquoi pas envisager d’autres formes dans d’autres lieux ? Je me dis que si à l’avenir un Mondial La Marseillaise voit le jour à Shanghai, il n’aura rien à voir avec celui de Marseille mais il fera participer tout un tas de gens avec le même bonheur qui est à la source de cet événement.

    À nos lecteurs

    Dans le cadre de la réorganisation du pôle événementiel de notre groupe, j’ai le plaisir de vous annoncer la nomination de Gilles Picard à la fonction de président délégué du Mondial La Marseillaise à pétanque à titre bénévole. Professionnel de l’événementiel, ancien directeur général du Groupe F, référence mondiale dans l’organisation de spectacles pyrotechniques, son expertise, son professionnalisme, son expérience de haut niveau, correspondent pleinement aux ambitions qui sont les nôtres. Il agira aux côtés de Maryan Barthelemy, directeur des événements, pour la réussite et le développement de notre événement phare.

    Comme annoncé, il y a quelques jours, ce renouvellement rendu nécessaire par la croissance de nos événements et le départ de Pierre Guille vers de nouveaux horizons, s’accompagne d’autres décisions. Rafaël Jacquelain, directeur commercial, est chargé du sponsoring. Marc Poggiale est élu président de l’association ESCS, organisatrice du Grand prix cycliste de Marseille La Marseillaise. Jean-Luc Corréard est nommé directeur de course.

    Léo Purguette,

    président et directeur éditorial du groupe La Marseillaise

    président du Mondial La Marseillaise à pétanque

  • Les Olympiens y sont allés crescendo

    Les Olympiens y sont allés crescendo

    Cinq minutes avaient suffi à Rob Schoofs pour mettre dans le vent le trident défensif et offrir à Anan Khalaïli la balle de 1-0. L’OM devait alors trembler, avant d’être remis en selle par une offrande de la défense belge, dont profitait Igor Paixão pour rééquilibrer le score.

    Il y avait des intentions de jeu de part et d’autre. Mais ce qui se remarquait, c’était avant tout la frilosité des deux défenses. Visiblement mal à l’aise quand le ballon prenait de la vitesse dans les pieds des attaquants adverses.

    Toutefois, l’OM prenait progressivement le contrôle. Et concrétisait sa mainmise grâce à Mason Greenwood. L’Anglais était le grand artisan de la démonstration marseillaise, dans une seconde période où les Phocéens ont su bien mener leur galère et porter le fer au bon moment pour se mettre à l’abri d’un retour belge, dont le final sera endiablé.

  • Sansu présente le budget des communistes à Marseille

    Sansu présente le budget des communistes à Marseille

    Le tour de France du changement pour un budget populaire du PCF fait escale, ce mercredi, à Marseille. Pour cette quatrième étape, la fédération communiste des Bouches-du-Rhône accueille le député Nicolas Sansu, venu « présenter l’état des lieux du budget, expliquer la position des parlementaires communistes et discuter de quelles doivent être les politiques publiques qu’on veut mettre en œuvre sur les questions de justice fiscale, de pouvoir d’achat, de service public et de santé », détaille ce membre de la commission des Finances de l’Assemblée nationale. Le but de ce rendez-vous, fixé à 18h30*, est d’exposer les priorités budgétaires du parti et recueillir les attentes de la population.

    Hasard du calendrier, ou pas, cette réunion publique se tient au lendemain du vote du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). Le député du Cher a voté contre. « Dans l’opposition, on s’oppose (…), d’autant que sur les textes budgétaires, voter pour, c’est une appartenance à la majorité », tranche l’élu, martelant qu’« il n’y a pas eu d’avancée, que des non-reculs ». Il cite les franchises médicales, le dégel des pensions de retraite, la suspension de la réforme Borne… « C’est simple de mettre des choses horribles et de les retirer en disant que c’est une avancée (…). Celles et ceux qui votent ce budget-là se mordront les doigts d’avoir sauvé la Macronie dans quelques semaines », prévient-il, alors que le PS a fait le choix de voter en faveur de ce texte. « Les députés communistes n’ont jamais voté un budget de la Sécu depuis 2002, même sous Hollande ! », renchérit Nicolas Sansu.

    *280 rue de Lyon (15e).

  • Le collectif de l’eau met le sujet dans le tuyau des municipales à Avignon

    Le collectif de l’eau met le sujet dans le tuyau des municipales à Avignon

    Ce mercredi en fin de journée, le Collectif de l’eau vivra un fort moment d’émotion avec l’inauguration de la Maison pour tous Marcelle-Landau à Monclar, rebaptisée ainsi du nom de sa fondatrice, décédée il y a un an et demi. Mais lundi et mardi, le temps n’était pas encore à l’hommage pour l’association de défense des usagers.

    Sans surprise, le Collectif de l’eau s’est réuni en amont du conseil communautaire de lundi soir, où devait initialement être votée une hausse de la part du Grand Avignon sur la facture de l’eau (notre édition de lundi). Une douloureuse de 15%, soit 56 euros par an pour 120 m3, consommation référente d’un foyer de quatre personnes.

    « On n’est pas contre une augmentation, car il faut investir sur les réseaux, mais il y a eu un manque d’anticipation, il aurait fallu lisser, car le taux n’a pas bougé depuis 2018 et d’un coup, ils se rendent compte qu’ils ont besoin de sous », déplore Mireille Dapon, présidente du Collectif de l’eau. Preuve que l’association n’est pas là pour s’opposer à tout, « on aurait essayé de rendre socialement acceptable l’augmentation en exigeant la suspension des pénalités de retard ou l’assouplissement de l’attribution des chèques eau ».

    « On a une expertise indiscutable »

    La question devrait tout de même se reposer rapidement à l’entame de la nouvelle mandature, issue des urnes en mars prochain. L’occasion rêvée pour le Collectif de l’eau d’interpeller les candidats sur cette thématique absente des débats. « On sent un petit mieux d’écoute, même si on n’est pas dupes du contexte électoral, note Mireille Dapon, assurant que Joël Guin, président (SE) du Grand Avignon, leur a promis de les rencontrer « pour débattre de tout ça ». « On souhaiterait une commission consultative des services publics locaux exclusivement dédiée à l’eau, réclame la présidente. On est incontournable avec une expertise indiscutable et, pourtant, beaucoup d’élus s’obstinent à ne pas tenir compte de nos réflexions. » Joël Raffy, membre du collectif, rappelle : « On a fait économiser 9 millions d’euros en 15 ans à la collectivité. » Allusion notamment aux compteurs d’eau que l’ex-délégataire Veolia voulait faire payer à la collectivité alors qu’il n’en était pas propriétaire.

    Questionner les candidats est aussi une manière de remettre sur le métier la mise en place d’une régie publique de l’eau, une des raisons d’être du Collectif. Le contrat actuel s’achevant en 2028, les conseillers communautaires vont devoir s’y pencher très vite. En séance lundi, Joël Peyre, candidat (PRG) aux municipales à Avignon, et Jean-Pierre Cervantès (Les Écologistes) se sont prononcés pour une gestion publique.

  • Le profil du néo-directeur de l’hôpital d’Orange fait tousser

    Le profil du néo-directeur de l’hôpital d’Orange fait tousser

    Pour l’heure, il n’a pas été jugé et ses avocats ont déposé une requête en annulation, qui doit être étudiée d’ici à la fin de l’année. Mais le profil du nouveau directeur de l’hôpital d’Orange ainsi que des Ehpad de Bollène et Piolenc a de quoi laisser pantois : Guillaume Ducolomb, a, en mars dernier, été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire avec l’interdiction de se rendre dans les hôpitaux de Saint-Claude et Lons-le-Saunier (Jura), qu’il dirigeait jusque-là, et d’exercer l’activité de directeur d’hôpital. La raison, un management jugé « toxique », révélé en 2023 par une enquête de nos confrères du Progrès, qui a débouché sur cette mise en examen pour harcèlement moral au travail.

    Initialement, une obligation de soins psychologiques avait même été prononcée, avant d’être levée par un allègement de son contrôle judiciaire. Son interdiction d’exercer a aussi été réduite au périmètre de la région Bourgogne-Franche-Comté. C’est donc dans ce contexte que Guillaume Ducolomb a débarqué, lundi dernier en Vaucluse, prenant la suite de Christophe Gilant, resté en poste pendant 17 ans. « On verra ce que la justice proclame, mais c’est assez fâcheux », s’étonne Cathy Larsson, secrétaire de l’USD CGT 84, bien que le nouveau directeur ait la réputation d’être disponible pour les syndicats. « Il donne le sentiment d’être ouvert au dialogue, après, il y a les paroles et les actes », confirme André Schiano, délégué des personnels FO, qui a déjà pu échanger avec le directeur, sans s’appesantir sur son passif.

    « Je n’ai pas d’a priori, mes seuls intérêts, c’est l’avenir du service public hospitalier à Orange et les agents qui le servent au quotidien », martèle le responsable syndical, qui avait mené une grève en mode « jeudis noirs » en février 2024 pour s’opposer à plusieurs suppressions de poste. Trois plaignantes et douze parties civiles espèrent toutefois la tenue d’un procès à l’encontre de Guillaume Ducolomb. « On a l’impression d’avoir en face un directeur malveillant, on est très mal loti dans le Vaucluse », poursuit Cathy Larsson, allusion au cas de Pierre Pinzelli, directeur des hôpitaux d’Avignon, Cavaillon et – par intérim – de Carpentras, dont le management est aussi pointé par les agents et médecins.

  • Une vigilance accrue face à la hausse des actes anti-LGBT à Avignon

    Une vigilance accrue face à la hausse des actes anti-LGBT à Avignon

    Malgré une hausse de 5% des actes de haine visant les personnes LGBT en 2025, c’est avec de grands sourires que Mathias Ott, délégué interministériel (Dilcrah), a été accueilli dans les locaux du Refuge, association qui lutte contre l’isolement et le suicide des jeunes LGBT, ce mardi 9 décembre à Avignon.

    Une visite pour « faire un état des lieux du racisme, de l’antisémitisme et de la haine anti-LGBT dans le département » et aussi pour « avoir un moment de mobilisation des services de l’État, de l’autorité judiciaire, des forces de sécurité intérieure et, bien sûr, des associations, car c’est fondamental d’engager la dynamique avec eux », précise le délégué de la Dilcrah.

    La délégation finance chaque année le Refuge à hauteur de 275 000 euros, ce qui permet l’accueil de 40 personnes à travers l’Hexagone. « On veut aussi montrer, avec ce projet, que l’argent public est bien utilisé. Car, sans ce soutien, on ne pourrait pas fonctionner. Ce n’est pas juste une visite pour serrer des mains et prendre des photos », insiste Guillain Gilliot, responsable des partenariats institutionnels de l’association. À terme, l’objectif est de doubler les places d’accueil afin de subvenir aux besoins, une chambre ne restant jamais vide.

    D’autant qu’à Avignon, « comme partout ailleurs, ce n’est pas facile », confie Jean-Marie Torrent, délégué départemental de l’association, en précisant que les jeunes accueillis ont déjà eu à faire face à des remarques, voire des bousculades, en raison de leur apparence physique. « On est dans un endroit “safe” ici, mais on conseille aux personnes d’être prudentes, car les gens ne sont souvent, malheureusement, pas tous encore prêts. Il y a un véritable travail à faire sur ce point-là », insiste le responsable associatif.

    Discrimination au travail

    La structure, qui travaille sur tout le territoire national, accueille également en Cité des Papes dix jeunes en difficulté en raison de leur orientation sexuelle. C’est d’ailleurs l’un de ces logements que le haut fonctionnaire a visité en fin d’après-midi, mardi, après une réunion en préfecture de Vaucluse autour du sujet. Face à lui, deux jeunes femmes de 20 et 22 ans, logées depuis plusieurs mois en Vaucluse. Elles sont toutes les deux en formation pour « rebondir, car le Refuge, c’est un tremplin », rappelle Jean-Marie Torrent.

    L’aspect professionnel est d’ailleurs un point particulièrement scruté, à la fois par l’association et par l’État. Mathias Ott annonce qu’une grande campagne de « testing » va être lancée autour de la discrimination dans l’emploi. Et d’insister sur le fait « qu’il faut plus travailler auprès des jeunes générations pour éviter les stéréotypes. Car, on a peur que de ce que l’on ne connaît pas ».

  • Les jeunes font vibrer la laïcité lors d’un concours d’éloquence à Ollioules

    Les jeunes font vibrer la laïcité lors d’un concours d’éloquence à Ollioules

    La Journée nationale de la laïcité, instituée en 2021, vise à informer les élèves sur la loi de 1905 de séparation des Églises et de l’État et sur le principe même de laïcité. C’est dans ce cadre que plus de 250 élèves de quatrième, issus de divers collèges du département, ainsi que quatre jeunes de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), ont participé, mardi à Châteauvallon, à un concours d’éloquence. Le thème : « Plaidoyer pour les sceptiques de la République ». Une initiative portée depuis quatre ans par la préfecture.

    La matinée était dédiée au concours collectif, remporté par le collège Coubertin, durant lequel chaque établissement présentait un plaidoyer issu des réflexions de chacun des élèves. Avait également lieu le concours de la PJJ, qui a récompensé Maël, 16 ans : « J’ai beaucoup appris et ça m’a permis de concrétiser les valeurs de la République. Ça m’aidera aussi pour d’autres projets sur le plan de l’éloquence », se félicite-t-il. « On mène des ateliers sur les valeurs citoyennes et républicaines avec nos jeunes. On a travaillé sur les textes pendant deux mois. C’est important qu’ils puissent s’en inspirer », affirme Kaltoum Karimi, son éducatrice.

    « La laïcité peut être ajoutée à notre devise »

    L’après-midi, place à un concours individuel de grande qualité. 19 candidats sélectionnés par leurs camarades de classe se sont exprimés sur des sujets transversaux à la thématique de la République et de la laïcité : égalité, immigration, éducation, racisme, féminisme… « Tant qu’il y aura les mêmes droits pour les hommes et les femmes, les sceptiques les remettront en cause. Tant qu’il y aura l’immigration, les sceptiques tenteront de la supprimer. Tant qu’il y aura un système scolaire gratuit et laïc, les sceptiques voudront le rendre religieux et payant », martèle Adem, du collège la Marquisanne, lauréat du concours. « La laïcité peut être ajoutée à notre devise, car elle est aussi importante que la liberté, l’égalité et la fraternité. Chacun doit être respecté, qu’importent ses origines ou ses croyances », soutient l’adolescent de 13 ans à la tête bien faite. « Nous sommes en éducation prioritaire renforcée. Pour nos élèves c’est une fierté de se confronter à d’autres publics et de voir qu’ils ne déméritent pas », réagit Claude Richerme, professeure de lettre à la Marquisanne.

    Une plaidoirie qui, comme chacune, a impressionné le préfet, Simon Babre : « Ils sont capables d’un discours argumenté, sans se départir, et en tenant compte de l’avis d’autrui. Les sceptiques pensent que les valeurs de la République en valent d’autres. Les enfants, au contraire, disent qu’elles sont vivantes et trouvent des illustrations quotidiennes. On sent que ce sont leurs tripes qui parlent. »

    Ce projet, porté par le Département, la CAF, la PJJ et l’Éducation nationale, a été animé par la slameuse K-Rol, qui a réalisé deux ateliers avec chacune des classes : « On leur inculque la liberté d’expression, qui implique aussi qu’ils puissent critiquer la République, tout en en étant acteur. Et en tant qu’artiste, je voulais qu’ils prennent la parole, car quand on a été écouté une fois, on se dit que c’est possible. La parole est une arme », conclut-elle.