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  • Un détenu blesse trois surveillants à la prison de Luynes

    Un détenu blesse trois surveillants à la prison de Luynes

    L’homme, de nationalité française, a porté plusieurs coups de ciseaux à des surveillants, alors qu’il était entendu, peu avant 8h, dans un bureau suite à l’agression de son codétenu la nuit précédente. « C’est un détenu qui a agressé plusieurs surveillants avec une arme blanche, précisément une paire de ciseaux. Il est très probable qu’il les ait pris sur le bureau dans lequel il était avec un surveillant, mais pour l’instant, ça reste encore un petit peu flou », a déclaré le procureur de la République d’Aix-en-Provence, Jean-Luc Blachon.

    « Au total, donc, il y a trois surveillants qui ont été blessés, dont un très grièvement (qui) a été hospitalisé, mais à cette heure, ses jours ne sont pas en danger », a-t-il ajouté. Selon les premiers éléments recueillis, les surveillants lui avaient demandé de venir s’expliquer car son codétenu avait le visage tuméfié et l’a désigné comme son agresseur. « C’est là, dans un bureau des surveillants, que le détenu a sauté sur un surveillant, et lui a asséné plusieurs coups de ciseaux au niveau du cou », selon le procureur.

    Il y a au moins deux fonctionnaires blessés gravement et un troisième, intervenant pour mettre fin à l’agression, a été blessé plus légèrement et est en état de choc, selon l’administration pénitentiaire.

    « Leur vie n’est pas en danger », a assuré sur X le garde des Sceaux, Gérald Darmanin qui a dépêché sur place le préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowksi. « Mon soutien est total et inconditionnel aux agents pénitentiaires qui exercent une mission dangereuse avec beaucoup de courage et d’humanité », a ajouté le ministre.

    L’agresseur en garde à vue

    Le préfet Jacques Witkowski « condamne avec la plus grande fermeté cette agression violente et réaffirme tout son soutien à l’ensemble des fonctionnaires pénitentiaires engagés avec force et courage dans leur difficile et nécessaire mission », indique la préfecture sur X.

    L’agresseur, qui a été placé en garde à vue, avait été condamné en 2025 à deux reprises à quelques mois d’intervalle pour violences et outrages contre des surveillants lorsqu’il était détenu à Toulon ou à Avignon-Le Pontet, selon le procureur.

    Écroué en détention provisoire depuis avril 2024 pour viol et violences sur conjoint dont l’information judiciaire est toujours en cours, il était à Aix-Luynes depuis avril 2025. Une enquête a été ouverte pour tentative d’homicide volontaire et violence volontaire sur personne dépositaire de l’autorité publique, en récidive.

    Sous-effectif chronique de surveillants, surpopulation carcérale, insalubrité : les prisons françaises sont au point de rupture, s’alarment régulièrement les acteurs de la pénitentiaire. La situation est particulièrement critique dans les maisons d’arrêt, courtes peines ou personnes en attente de jugement, comme celle d’Aix-Luynes où se sont multipliés ces dernières années les incidents, dont des violences entre détenus. Luynes, une des plus importantes prisons de France, est confrontée à un taux de suroccupation moyen de 150% avec 2 000 détenus hébergés sur 1 200 places, avaient alerté les autorités judiciaires locales en 2024.

    Devant la maison d’arrêt d’Aix-Luynes, plusieurs responsables syndicaux sont venus apporter leur soutien à leurs collègues agressés. Ce détenu « a un palmarès long comme le bras, comme on en a beaucoup trop déjà (…) Il aurait dû normalement être pris en charge dans une cellule individuelle, mais on n’a pas les moyens de le faire, on n’a pas les moyens de prendre en charge correctement des détenus », a déclaré Amandine Cordier, secrétaire nationale Ufap-Unsa Justice. Les syndicats réfléchissent à une possible action de blocage.

  • L’union de la gauche aux municipales s’agrandit autour d’Ariane Lombardi

    L’union de la gauche aux municipales s’agrandit autour d’Ariane Lombardi

    On aurait dû péter un mur » glisse Ariane Lombardi, la candidate communiste et tête de liste d’union de la gauche pour les municipales à Marignane, alors que son local de campagne de la rue Maurice-Noguès est rempli à craquer ce vendredi soir.

    Il y a une raison à cela. Outre la présence du PCF, du PS et des Écologistes (La Marseillaise du 22/11), la soirée d’inauguration est l’occasion pour la candidate d’annoncer « le soutien officiel de Debout!, L’Après, Génération.s et Gauche républicaine et socialiste » à la liste Mieux vivre à Marignane qu’elle conduit. « C’est avant tout une aventure collective portée par des valeurs de gauche assumées de solidarité de justice sociale et de respect et sens du commun », considère la candidate, pour qui « la commune est un refuge quand les crises se succèdent et les inquiétudes grandissent, son rôle est d’être au plus près avec du service public et du lien social ».

    « Un projet réaliste »

    Ariane Lombardi annonce trois projets d’ampleur pour son programme. « Nous créerons un centre de santé municipal pour garantir un accès aux soins de proximité sans dépassement d’honoraires », affirme-t-elle. Dans la même veine, « nous créerons un centre social ouvert à la jeunesse et à l’ensemble des habitants », un lieu « d’accompagnement des familles et d’aide à l’insertion » projette la candidate. Le renforcement des effectifs de police municipale et d’agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (Atsem) est également au programme d’un « projet humain, de gauche, réaliste et sérieux ».

  • Dans un contexte « inquiétant », la Ville comme stabilité

    Dans un contexte « inquiétant », la Ville comme stabilité

    Campagne électorale oblige, Gaby Charroux (PCF) a opté pour la « retenue » lors de ses vœux à la population. Pas d’évocation de programme ni d’attaque à l’encontre de ses adversaires, présents dans la salle, donc. C’est au sein d’une Halle de Martigues comble que le maire, qui brigue un 4e mandat, a fait part de ses craintes quant à l’état du monde, en cette nouvelle année qui s’est ouverte sur l’attaque de Donald Trump à l’encontre du Venezuela, en violation du droit international.

    « Oui je suis inquiet quand une grande puissance s’improvise gendarme du monde en ne respectant pas, au passage, ses propres lois, assume-t-il. Inquiet des menaces proférées, par cette même grande puissance, à l’endroit, notamment, d’un pays européen. Inquiet de la docilité de nos dirigeants. »

    Alors que les conflits se multiplient, Gaby Charroux l’assure : « Parler de paix n’est pas un caprice. (…) C’est refuser la tentation de la division pour privilégier la voie de l’unité, de la concorde et de l’amitié entre les peuples. »

    Des repères et du lien

    Au milieu de cette instabilité, tant de l’ordre international que de « nos institutions nationales », et de l’incertitude qu’elle engendre pour la population, le maire-candidat rappelle : « Les collectivités territoriales, et plus spécifiquement les communes, ont été des espaces de stabilité », fustigeant le gouvernement Bayrou d’avoir amputé leur budget faisant perdre, « pour près de 2 000 communes, plus de 250 millions d’euros » avec le dispositif Dilico, dont 2 millions à la Ville de Martigues en 2025.

    « Les communes offrent des repères, créent du lien (…) répondent présentes à chaque étape de la vie de nos administrés » affirme celui qui veut repartir afin de poursuivre les actions menées lors des derniers mandats.

    « Je suis content d’entendre les soutiens apportés à cette politique municipale, même si elle n’est pas parfaite, consent Gaby Charroux. On a besoin de batailler encore pour un certain nombre de dossiers difficiles dont nous avons perdu la compétence, je pense à la collecte des ordures ménagères qui agite chacun d’entre nous. Mais on a besoin de ces pôles solides que sont les collectivités territoriales, qui ne bougent pas dans la tempête malgré des budgets amputés. Ce sont grâce à elles que les habitants ont accès à des services publics de qualité et de proximité, qui sont d’intérêt général. »

  • Au Rove, de premiers vœux de paix pour le maire Paul Sabatino

    Au Rove, de premiers vœux de paix pour le maire Paul Sabatino

    Les applaudissement étaient nourris ce vendredi soir, sous les guirlandes du gymnase Blaise-Gouiran, pour de nouveau rendre hommage au maire historique du Rove, Georges Rosso, disparu au mois de mai 2025. À l’occasion de ses premiers vœux à la population, Paul Sabatino tenu à saluer la mémoire de son prédécesseur qui, un an plus tôt sur la même estrade, annonçait qu’il lui transmettrait le flambeau. « Je voudrais que tu entendes, toi dont la place du village porte désormais le nom, ce tonnerre d’applaudissement des habitants qui ne t’oublient pas et te remercient », appelle ainsi l’édile communiste, après avoir honoré « un serviteur fidèle de l’intérêt général profondément attaché à son village ».

    Mais alors que l’année s’est ouvert sous le bruit des bombes au Venezuela, ce sont plus particulièrement des vœux de paix qu’a apporté le maire. « Mais ou s’arrêtera Donald Trump, quelle sera sa prochaine cible ? Est ce que la France et l’Europe vont enfin réagir à la hauteur de cet évènement ? », interpelle-t-il. Et d’appeler à « résister à la haine, au mensonge, aux idéologies qui font de l’autre un ennemi ».

    Sur scène, il tient aussi à rendre hommage aux forces de sécurité, particulièrement dans leur travail face aux dépôts sauvages et à la surfréquentation, il fait applaudir aussi toutes les associations rovenaines. « Grâce à nos bénévoles, notre village est plus vivant, plus humain, plus solidaire », souligne-t-il, avant d’évoquer le 90e anniversaire du Front populaire et des conquis sociaux à défendre « tellement importants pour les populations fragiles ».

  • Rassemblement en solidarité avec le Venezuela

    Les progressistes marseillais se réunissent une nouvelle fois pour dénoncer l’agression impérialiste des États-Unis sur le Venezuela et le kidnapping de son dirigeant Nicolas Maduro. Le rendez-vous est ainsi donné à 11 heures sous l’ombrière du Vieux-Port ce samedi. « L’impérialisme c’est la guerre (…) du Venezuela à la Palestine, les mêmes logiques d’ingérence et de domination menacent la paix et piétinent le droit international », alerte la fédération PCF des Bouches-du-Rhône dans un tract appelant au rassemblement. « Se féliciter d’un changement de régime imposé par une intervention militaire étrangère, comme l’a fait Emmanuel Macron, c’est légitimer la loi du plus fort », dénoncent les communistes locaux.

    Contre « l’impérialisme des États-Unis de Trump »

    Les insoumis du 13 ont eu aussi confirmé leur participation à cette nouvelle manifestation face à « l’impérialisme des États-Unis de Trump » et en « solidarité avec le peuple vénézuélien ». « Contre la loi du plus fort, défendons la souveraineté des peuples », martèlent ils.

    Cette attaque dirigée par Washington sur Caracas a profondément traumatisé la population et fait plus de 100 morts. Jeudi, le milliardaire républicain qui dirige les États-Unis a évoqué une « tutelle » de plusieurs années sur le pays et tente déjà de s’approprier ses réserves en pétrole. Ainsi, l’association France Cuba Marseille 13 se joint à l’appel à protester pour « dire stop aux agressions guerrières et aux violations du droit international et dire oui au droit à l’autodétermination des peuples ». De même que l’UD CGT des Bouches-du-Rhône, affiliée à la Fédération syndicale mondiale (FSM), dont les militants seront présents en « solidarité avec le peuple vénézuélien » et pour défendre le « respect de la souveraineté des États ».

  • La CGT alerte sur les points chauds du département

    La CGT alerte sur les points chauds du département

    L’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône commence l’année sur les chapeaux de roues. L’organisation syndicale a mené sa première action d’ampleur, ce vendredi dans la matinée, avec un rassemblement devant le siège de la chambre de commerce et d’industrie métropolitaine (CCIAMP) à Marseille. « Unis rien n’est inéluctable. Aujourd’hui, nous sommes réunis et tous issus d’entreprises et de secteurs d’activités différents pourtant complémentaires et essentiels à la vie dans le département », tempête Marc Pietrosino, secrétaire général de l’organisation. À ses côtés, on retrouve les militants et représentants syndicaux de plusieurs secteurs clés de l’activité économique locale : agents du Grand port maritime, des industries métallurgiques du pourtour de l’Étang de Berre comme Arcelor ou encore des travailleurs de l’énergie. Mais aussi des figures des « dossiers » du syndicat, à l’instar de Kalathoumi Ibouroi, déléguée syndicale de Pamar, Nicolas Guglielmacci pour la Coopérative de presse et de messagerie méditerranéenne (CPMM) ou encore une délégation de la Centrale de Gardanne. Il faut aussi compter sur la présence des cheminots de Marseille, de postiers ou encore d’agents territoriaux et de la santé. « Nous sommes tous dépendants des uns des autres. La convergence existe entre la métallurgie, l’énergie, la santé, les activités maritimes, le rail, la distribution de la presse ou le commerce », développe Marc Pietrosino, insistant sur le fait « qu’il n’y a pas de petits ou grands dossiers ». Et certains sont particulièrement sensibles : par exemple, la CPMM fait face à une diminution de taux de rémunération des messageries. De quoi « mettre en péril à court terme la viabilité même des coopératives ».

    « D’autres rencontres

    à venir »

    Concrètement, l’objectif du jour est d’alerter la chambre consulaire sur les différentes problématiques, et conflits, rencontrées sur les différents « dossiers sensibles et stratégiques ». « On porte ensemble nos revendications directement auprès des décideurs économiques et politiques », explique le secrétaire général. Avant de préciser que cette initiative est « le début d’un nouveau cycle ». Le tout en vue « d’obtenir des investissements pour nos infrastructures, pour nos industries, dans les transports ».

    L’organisation syndicale a d’ailleurs été reçue par des représentants de la CCI. « La rencontre était plutôt positive, il y a eu une écoute attentive pour certains dossiers, plus partielle pour d’autres », relate Marc Pietrosino. Avant de conclure : « Il va y avoir d’autres rencontres. »

  • Quand l’insertion passe par la restauration

    Quand l’insertion passe par la restauration

    L’ouverture est imminente et très attendue dans le quartier de Noailles. La Cuisine de l’Arc proposera prochainement un espace protéiforme, avec la volonté de « créer un lieu qui soit à la fois un tremplin professionnel pour des gens éloignés de l’emploi dans les métiers de la restauration, un lieu de mixité sociale et un lieu ouvert pour les habitants et les associations du quartier », se réjouit Claude Signoret, directeur de l’association le Bouillon de Noailles. L’ouverture s’effectuera en deux temps. D’abord avec la possibilité de commander des plats à emporter à partir du 19 janvier, sur le site internet de la structure. Ensuite, le restaurant coopératif devrait accueillir ses premiers clients à table, le midi, début février. Pour ce qui est du service du soir, il faudra encore un peu patienter.

    « Je vais pouvoir apprendre à des gens qui ne parlent pas forcément français, et qui ne connaissent pas le métier, des techniques intéressantes que je maîtrise », campe Matthias Germain, chef cuisinier à La Cuisine de l’Arc. C’est dans cette perspective qu’il souhaite transmettre sa passion qu’il entretient depuis vingt ans. Après avoir vendu son restaurant La Délicatesse il y a un mois. C’est donc une nouvelle opportunité qui s’offre à lui. « Je vais proposer ma cuisine, une cuisine avec beaucoup de générosité et de cœur », s’enthousiasme-t-il. L’ancien restaurateur souhaite à l’avenir passer la main en cuisine aux futurs apprentis. « Je vais essayer de leur inculquer une hygiène irréprochable, car dans ce milieu, il y a beaucoup de règles et beaucoup de contrôles », prévient-il.

    « Quand j’ai vu qu’ils cherchaient quelqu’un, c’était évident », s’enthousiasme Chloé Tchdry, directrice de la Cuisine de l’Arc. Elle a rejoint l’aventure il y a quelques mois. L’espace accueillera des personnes éloignées de l’emploi et permettra l’apprentissage des métiers de la restauration, en salle comme en cuisine. « Il s’agit de leur permettre d’acquérir des compétences, des savoir-faire et des savoir-être, mais aussi leur redonner confiance », détaille Chloé Tchdry. Dans l’insertion professionnelle proposée par La Cuisine de l’Arc, l’accompagnement prime et permettra d’offrir les outils pour entrer au mieux dans le monde du travail.

    Un tiers-lieu solidaire

    Ils seront donc deux à l’ouverture. Matthias Germain ne ferme pas la porte à l’enrôlement de futurs cuisiniers : « On espère embaucher derrière. » L’objectif premier reste de faire découvrir de nouveaux horizons à ces personnes en situation de réinsertion. « Qu’ils puissent mettre un pas dans le monde du travail et leur donner envie de s’insérer ou de se réinsérer », explique le chef cuisinier.

    Proposer des plats de qualité à des prix raisonnables, c’est tout l’enjeu de cette restauration solidaire. Des prix allant de 10 à 17 euros seront proposés, pour pallier aux petits budgets des clients. Le tiers-lieu proposera de « bons repas » d’une valeur de 10 euros, qui peuvent être achetés par les consommateurs ou par des associations qui pourront elles-mêmes les redistribuer à leurs bénéficiaires.

    Avec cette offre, le tiers-lieu souhaite attirer différents publics, aussi bien des touristes que des étudiants, dans ce cocon « de répit » qui abrite un espace de restauration et pourrait proposer également des concerts, des débats ou encore des ateliers de cuisine. « Pour moi, la programmation est encore à créer », lance enjouée Chloé Tchdry.

    C’est en 2020 que le projet est né. L’association a rencontré des difficultés au cours de ces quatre dernières années : les premières négociations s’étaient éternisées avec le bailleur social Soliha Provence, à qui appartient le bâtiment, « faute de bons montages financiers et juridiques ». En raison du « retrait du Département » et l’impossibilité de l’état à accompagner « l’investissement de bâtiment », la recherche de financement a ralenti d’une année l’achat du local, d’une superficie de 180 m2.

    C’est finalement un financement provenant des Fonds européens de développement régional (Feder) qui a permis de prendre en charge quasiment 50% du montant des travaux. L’accord de financement a été obtenu à l’automne 2024, ce qui a permis d’acheter le local et de lancer les travaux au printemps 2025.

    La cuisine sera ouverte au public du lundi au vendredi midi, ainsi que le lundi et le vendredi soir. Le reste de la programmation sera orchestré par le Bouillon de Noailles. Le tiers-lieu pourra accueillir une cinquantaine de couverts en place assise, 30 dans la salle du haut et 25 au sous-sol, autrefois QG des soirées marseillaises.

    « Un lieu de mixité qui doit se retrouver aussi bien dans l’assiette que dans le prix »

    Claude Signoret, directeur du Bouillon de Noailles

  • Les résidents gelés de Frais Vallon reçus par le bailleur

    Les résidents gelés de Frais Vallon reçus par le bailleur

    On n’est pas des pingouins ! », « Il fait plus chaud dans nos frigos que dans nos appartements », crient les locataires en brandissant des pancartes devant le siège de Provence Métropole Logement. Une situation qui se répète chaque hiver depuis plusieurs années dénoncent les associations CLCV et CGL.

    « Je n’ai eu aucun chauffage de tout l’hiver. Et l’eau chaude, c’est un peu et plus rien », décrit Angélique, locataire du bâtiment N. Au B1, chez Jessica, « on accumule les couvertures, les enfants dorment avec des polaires et des bonnets ». Aziz, 74 ans, ne sent plus ses jambes « le soir à cause du froid qui passe sous les fenêtres. Les boiseries sont trop usées ». Au 14e étage, une locataire de la tour K a « mis du scotch sur les vitres ». Au bâtiment O, « on promène des convecteurs électriques du salon aux chambres, mais la facture va exploser », craint Aminata. Quant à Hadidja, au bâtiment G, elle « fait bouillir des marmites d’eau pour laver les enfants ».

    Devant l’entrée du siège, l’ancien logo HMP est toujours là. Et le passif d’une gestion peu réactive pèse encore. Aux rênes de Provence Métropole Logement depuis mai 2024, Jean-Bernard Dambier a accusé réception de l’injonction du maire de Marseille aux bailleurs sociaux à prendre les mesures nécessaires. Il reçoit les responsables associatifs, puis les locataires, par groupes d’immeubles. Frais Vallon est alimenté par un seul réseau de chaleur armé d’une chaufferie qui date de la construction de la cité dans les années 60. « Un système fuyard qui présente des dysfonctionnements. On a fait des travaux pour créer des petits réseaux. En découplant les bâtiments K, L et M, ça a déséquilibré l’ensemble », explique le nouveau directeur général. Les logements sont chauffés par le sol par inertie, il faut régler le thermostat de la chaudière à plus de 30 °C pour en obtenir 20 dans les logements en bout de circuit.

    Accélérer la rénovation

    La situation devrait revenir progressivement à la normale d’ici lundi. « J’ai accordé aux locataires une remise sur 15 jours de charges », précise le DG. S’il admet « faire ces travaux un 20 décembre n’était pas opportun », le responsable de PML s’attache à accélérer les réhabilitations en attendant les travaux Anru prévus en 2027 pour 600 logements. « En fin de premier semestre 2026 nous attaquons les travaux d’isolation des façades et rénovation des appartements dans les tours H et F, un investissement de 85 000 euros par logement. »

    « La régie fait son boulot, ils mettent les moyens, reconnaît Thierry Del Baldo, président de la CGL 13, mais ils sont débordés par la vétusté. » PML entame une réhabilitation lourde de 4 500 logements de son patrimoine, dont les cités Jean-Jaurès et Massalia, et investit une enveloppe de 4 millions d’euros sur deux ans pour rénover les ascenseurs, notamment aux Lauriers et aux Iris.

  • Le candidat Schipani annonce porter plainte contre le maire d’Aubagne pour diffamation

    Le candidat Schipani annonce porter plainte contre le maire d’Aubagne pour diffamation

    Le 3 février, le maire d’Aubagne sera convoqué devant la 13e chambre du tribunal correctionnel de Marseille. C’est ce qu’affirme le communiqué envoyé, ce 9 janvier, par Giovanni Schipani : « J’ai décidé de faire citer directement Gérard Gazay, maire d’Aubagne, devant le tribunal correctionnel de Marseille pour diffamation publique, sur le fondement de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse. Cette procédure fait suite à des déclarations rapportées dans un article de La Provence publié le 14 novembre 2025, dans lequel il est laissé entendre que j’aurais été écarté de responsabilités municipales en raison de prétendues “affaires judiciaires liées à des accusations d’agressions sexuelles” ».

    Giovanni Schipani a été adjoint au maire à la Jeunesse durant le premier mandat de Gérard Gazay, de 2014 à 2020. Il poursuit : « Je conteste formellement ces propos, que je considère graves, inexacts et profondément attentatoires à mon honneur. Je rappelle n’avoir jamais été condamné pour de tels faits et disposer d’un casier judiciaire vierge. Si un rappel à la loi est intervenu en 2019, aucune poursuite judiciaire n’a été engagée et aucune condamnation n’a jamais été prononcée à mon encontre. » Face à ces « accusations infondées », il indique avoir « choisi de saisir la justice afin que ces propos soient examinés et jugés dans un cadre légal, contradictoire et impartial ».

    Contactée par La Marseillaise, la Ville d’Aubagne a répondu que Gérard Gazay n’avait, à ce stade, reçu aucune information quant à cette affaire, ni aucune convocation.

  • Avec « Nîmes en commun » la ville va-t-elle basculer à gauche ?

    Avec « Nîmes en commun » la ville va-t-elle basculer à gauche ?

    Nîmes sort de vingt-cinq années de « système Fournier » comme on se réveille d’une longue nuit : groggy, traversée de rancœurs, mais aussi d’espoirs confus. Le bilan est lourd. Dans une ville parmi les plus pauvres de France, plus de 30% des habitants vivent sous le seuil de pauvreté, avec des pics dépassant largement les 70% dans certains quartiers populaires comme celui Pissevin où les habitants subissent une double peine : l’insécurité sociale et celle de l’insécurité liée aux narcotrafiquants.

    La carte postale romaine
    – Arènes ripolinées, Maison carrée classée à l’Unesco, centre historique repeint pour les touristes – masque mal une ville à deux vitesses. Les habitants parlent d’une « ville d’en haut » et d’une « ville d’en bas », séparées par quelques rues et un gouffre social. Pendant que la majorité sortante vantait le « rayonnement » et louait son patrimoine, les immeubles lézardés du centre ancien et les barres des quartiers populaires s’enfonçaient dans l’humidité, la précarité et le décrochage scolaire.

    Sur cette toile de fond, l’insécurité est devenue l’obsession officielle. Nîmes aligne l’un des parcs de vidéosurveillance les plus denses de France – plus de 680 caméras, juste derrière Nice en ratio par habitant – sans que cela n’enraye durablement ni la petite délinquance ni les règlements de comptes liés au narcotrafic. Là où la droite promet toujours plus d’objectifs, de caméras de surveillance, les habitants réclament d’abord de l’humain : des policiers de proximité, des médiateurs, des éducateurs, du travail et des logements dignes. Les colères sont multiples : jeunes qui ne se projettent pas dans leur ville, locataires du vieux centre qui vivent dans des passoires, habitants des quartiers populaires relégués loin des équipements publics, commerçants étranglés par la hausse des charges. Les inégalités climatiques s’y ajoutent : à l’heure du dérèglement du climat, le projet « Nîmes 2035 » de Franck Proust un des candidats de la droite, avec ses palmiers de carte postale qui « ne font pas d’ombre », apparaît comme le symbole d’une droite plus préoccupée d’esthétique que de justice sociale ou de fraîcheur urbaine.

    Pourtant, les urnes ont déjà montré qu’une autre majorité est possible. En 2022, Jean-Luc Mélenchon arrive en tête avec 28,68% au premier tour de la présidentielle à Nîmes, en 2024, lors des élections législatives anticipées, le Nouveau front populaire rassemblant la gauche devance le parti d’extrême droite RN dans la ville, quand le reste du département bascule massivement à son profit. Cette contradiction – ville votant plutôt à gauche au premier tour dans les scrutins nationaux mais bloquée à droite au niveau municipal – « Nîmes en commun » veut en faire un atout, un point d’appui.

    « D’abord on se tait, on écoute et puis on construit »

    Face à ce paysage, la force de Vincent Bouget coordinateur et leader de « Nîmes en commun » n’est pas seulement d’incarner l’union de la gauche (PCF, PS, écologistes, PRG, Place publique, mouvements citoyens), mais d’avoir patiemment construit une autre manière de faire de la politique. Depuis plus d’un an, « Nîmes en commun » laboure le terrain : film participatif s’appuyant sur les témoignages des habitants projeté dans les quartiers, plus de 110 entretiens filmés, une trentaine de réunions publiques, puis un questionnaire portant notamment sur les vœux de chacun, rempli par près de 3 000 Nîmoises et Nîmois dans tous les quartiers.

    La soirée du 11 décembre de restitution de ce questionnaire devant 900 personnes, micro et parole qui circulent, – une assemblée décrite comme un « moment démocratique rare et enthousiasmant ». Là où la droite s’est enfermée dans l’entre-soi municipal, Vincent Bouget assume un pari inverse : « D’abord on se tait, on écoute », avant de « construire un projet ». Il promet de prolonger cette méthode après le scrutin de mars, pour que la démocratie participative ne s’arrête pas au soir du vote.

    Sur le fond, la colonne vertébrale qui se dessine est claire : une ville qui « prend en compte tous les quartiers » et ne se contente plus de bichonner l’hypercentre ; une politique de sécurité globale, articulée à l’emploi, au logement et aux services publics, plutôt qu’aux seuls slogans « musclés » ; une stratégie de réhabilitation massive de l’habitat, plutôt que de nouveaux grands « projets vitrines » ; une priorité assumée à la jeunesse, à l’éducation, au sport et à la culture ; une véritable politique écologique, où « on peut trouver mieux que les palmiers pour faire de l’ombre ». Vincent Bouget le martèle : « Face à la division, il faut faire du commun », et se présente comme « le seul à pouvoir battre l’extrême droite », non pas en moralisant, mais en proposant un espace démocratique où les habitants se reparlent et reprennent la main sur leur ville.

    « Faire du commun », ou « la guerre de succession »

    Car en face, le spectacle offert par la droite locale est aux antipodes de ce patient travail de terrain et de concertation populaire. À l’approche des municipales, sous la pression des ambitions personnelles, la majorité sortante se divise. Jean-Paul Fournier, affaibli, tire sa révérence après vingt-cinq ans à l’Hôtel de Ville, sans designer de successeur.

    D’un côté, Franck Proust, président LR de Nîmes Métropole, adoubé récemment par Horizons, parti de l’ancien premier ministre Edouard Philippe. De l’autre, Julien Plantier, ancien premier adjoint, qui refuse de se ranger derrière lui et finit par s’allier à la macroniste Valérie Rouverand sous la bannière « L’avenir des Nîmois ». S’ajoutera, une liste du RN, dont la dynamique est forte à l’échelle du département. Les communiqués assassins, les invectives sur « l’arrogance » de l’un ou « le mépris de l’autre » sonnent comme autant de coups de Jarnac : tout concourt à donner l’image d’un camp qui règle ses comptes sur la place publique et cherche sa survie électorale plutôt qu’il ne se préoccupe des Nîmois.

    Politiquement, cette fragmentation ouvre une fenêtre historique pour la gauche rassemblée. Publié fin novembre 2025, Un sondage Quorum pour Le Réveil du Midi dessinait les contours d’une ville en trois blocs : gauche, droite et extrême droite. Dans la plupart des scénarios, Vincent Bouget arrive en tête au premier tour, autour de 28-30%, devançant l’extrême droite RN autour de 25-27% et Franck Proust crédité de 22%. En cas de ticket Plantier-Rouverand, Proust est même relégué plus bas, et la quadrangulaire devient un cauchemar pour la droite traditionnelle. Rien n’est fait pour autant. Les mêmes enquêtes montrent que dans le cas d’une triangulaire classique, avec un RN qualifié au second tour, la droite espère encore arracher la victoire de justesse, « Nîmes en commun » considère que forte de sa diversité elle rassembler et devenir un rempart face à la menace RN et à une droite essoufflée et sans réel projet transformateur.

    C’est là que se noue la réponse à la question : Nîmes va-t-elle basculer à gauche avec Vincent Bouget porteur des couleurs de « Nîmes en commun » ? C’est possible, si la dynamique citoyenne enclenchée par « Nîmes en commun » dans les urnes, si les milliers de personnes qui ont pris la peine de remplir un questionnaire, d’aller aux assemblées votent et font voter glissent aussi un bulletin le 15 mars. Oui, si « Nîmes en commun » parvient à être entendue à la fois aux quartiers populaires aujourd’hui délaissés et à l’électorat traditionnel démocrate écœuré par la « fin de règne » chaotique aspire à un changement positif et serein. Dans un Gard saturé par la poussée lepéniste, le basculement de Nîmes serait bien plus qu’un changement de maire : un signal national, la preuve qu’une ville populaire du Sud peut encore choisir de résister et reconstruire ensemble, plutôt que de céder à la résignation ou à la haine.

    REPERES

    11 février 2025 : Projection du film-documentaire Si je vous dis Nîmes, donnant la parole aux habitants de tous les quartiers.

    Automne 2025 : Les militants et bénévoles sillonnent marchés, et quartiers pour interroger les Nîmois via un questionnaire. 3 000 réponses recueillies.

    11 décembre 2025 : 900 personnes réunies à la halle des sports Ludivine-Furnon pour débattre du résultat du questionnaire.