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  • « Une très forte tension entre aspiration à la paix et populisme »

    « Une très forte tension entre aspiration à la paix et populisme »

    La Marseillaise : Quel regard portez-vous sur ce conseil de paix créée de toutes pièces par Donald Trump ?

    Bertrand Badie : C’est assez sidérant. Penser qu’un conseil de paix puisse être présidé de manière très autoritaire et unilatérale par le président d’une des puissances qui sont les plus impliquées dans la guerre, ce serait comme si on demandait à Al Capone de présider un conseil de lutte contre la mafia ! C’est un défi d’abord au multilatéralisme, dans le prolongement immédiat de propos extrêmement hostiles tenus à l’encontre des Nations Unies qui sont pourtant en grande partie une invention étasunienne. On entre dans un temps de subjectivation des normes internationales qui ne transcenderaient plus les logiques de puissance, mais seraient dans leur prolongement, ce qui est la négation même du droit. C’est ignorer ce qu’est la nature présente des nouveaux conflits internationaux qui ne sont pas liés à leur origine mais à un phénomène très préoccupant de décomposition sociale, économique, institutionnelle, donc qui implique, au contraire, une mobilisation des instruments de sécurité humaine. Dans ces conditions, on ne s’étonnera pas que les premiers à se précipiter ont été Victor Orban, le roi du Maroc, le ministre des Affaires étrangères de Biélorussie et maintenant Netanyahu.

    Groenland, Venezuela, Iran : les appétits de Trump sont qualifiés d’impérialistes ou de néocolonialistes mais vous jugez ces termes inadaptés. Pourquoi ?

    B.B. : Je me méfie toujours du recyclage des vieux mots qui avaient été forgés pour décrire des situations historiques tout à fait différentes. Il était un temps où l’interventionnisme américain se comprenait dans le contexte de la rivalité Est/Ouest. C’était l’époque de la bipolarité et de la guerre froide. On intervenait au Vietnam pour contenir indirectement la menace venant du camp soviétique. Puis, lorsque le mur est tombé, on intervenait en Irak pour changer le régime, le convertir aux vertus de la démocratie et du libéralisme : ces fameuses guerres de conversion. Aujourd’hui, la puissance est autofinalisée. On intervient non pas dans un but précis, comme le prescrivait en son temps Clausewitz, mais tout simplement pour montrer sa puissance. Chacun sait que ni l’intervention indirecte à Gaza, directe au Venezuela, potentielle au Groenland, ne correspondent à des visions stratégiques ou de démocratisation des systèmes politiques concernés. On découvre une forme nouvelle de puissance, qui est nue, complètement coupée du droit et des valeurs. Elle n’a pour fonction que de faire écho à une crise de la société américaine qui se sent régresser, dépossédée, victime de la mondialisation et d’en faire un instrument de gouvernement en soi, indépendamment d’autres préoccupations. C’est devenu la puissance pour la puissance.

    Vous soulignez dans votre livre* que ces puissances ne gagnent plus les guerres qu’elles mènent.

    B.B. : Absolument. Les États-Unis ont été vaincus dans toutes les guerres qu’ils ont menées depuis 1945, sauf celles menées en 1991 sous mandat des Nations Unies. Ils ont été battus au Vietnam, Afghanistan, en Irak, en Somalie. Trump lui-même en tire les conséquences en s’agitant sur la scène internationale, en menaçant, en faisant de la musculation diplomatico-militaire, mais en évitant d’envoyer, comme on dit en anglais, « boots on the ground », c’est-à-dire des hommes sur le terrain.

    Emmanuel Macron qui affirme « pour être libre, il faut être craint ». Que vous inspire cette rhétorique ?

    B.B. : Ce n’est plus actuel, ni pertinent. Aujourd’hui, on a montré que la puissance n’impressionnait plus. Et de façon d’autant plus remarquable, que le plus souvent c’est le faible qui gagne sur le fort. Ce qui importe, ce n’est pas d’être craint, c’est d’être crédible. Dans notre monde tel qu’il est, toutes les forces et toutes les puissances brutes ne sont plus nécessairement craintes. En revanche, une force crédible, l’est à deux égards. Car, d’une part, il faut savoir convaincre que l’on a une proposition raisonnable de paix qui puisse susciter la confiance de l’adversaire, et ça, c’est ce qui manque à la diplomatie européenne. D’autre part, il faut montrer que l’on a une capacité d’action qui soit adaptée aux données et aux paramètres nouveaux des conflits, ce qui est loin d’être le cas.

    Face à cela, quel est le rôle de cette « mystérieuse énergie sociale » ?

    B.B. : Pendant des siècles, les sociétés étaient tenues en dehors des relations internationales qui étaient, comme disait Raymond Aron, l’affaire du diplomate et du soldat. Or aujourd’hui, et depuis que la mondialisation est en marche, que la communication sociale s’est généralisée, on assiste progressivement à une appropriation sociale des relations internationales. De plus en plus, les forces sociales entrent sur la scène internationale et pèsent un poids remarquable sur celle-ci. La résilience sociale du peuple ukrainien a été l’un des facteurs majeurs d’échec de l’armée russe qui n’a pas réussi à conquérir Kiev au bout de quatre ans. Pour Gaza, l’opinion publique internationale s’est très fortement mobilisée, notamment sur les campus, la thématique palestinienne s’est insérée dans les revendications sociales des personnes, obligeant les gouvernements d’Europe occidentale à reconnaître l’État de Palestine, les États-Unis et même Israël, à mettre fin à une boucherie qui avait atteint pourtant déjà les 100 000 morts. C’est l’avenir des relations internationales : cette capacité de créer de l’empathie, de voir s’unir, se confondre les souffrances internationales.

    Les réseaux sociaux favorisent cela ?

    B.B. : C’est l’explication de cette insertion fulgurante de la nouvelle génération, la Gen Z, dans les affaires politiques mondiales. D’abord au Sri Lanka, au Bangladesh, au Népal, puis ensuite à Madagascar et au Maroc, tout ça renvoie à une nouvelle génération qui ne ressemble pas aux précédentes, qui est surconnectée. Vous avez dans le monde 3 milliards d’individus qui sont connectés, y compris jusque dans les bidonvilles africains. Il y a une visibilité du monde qui suscite l’empathie, l’intérêt pour des causes extérieures et quelquefois lointaines, qu’autrefois, les individus n’auraient même pas connu.

    Le sondage Ifop (lire p.2) publié ce jour témoigne des tensions qui traversent notre société…

    B.B. : Vous avez dans la société une très forte tension entre une aspiration à la paix qui est puissante, transhistorique, que vous retrouviez même à l’époque de la guerre froide et, simultanément, une vague néopopuliste qui se construit autour d’une peur de la mondialisation, d’un sentiment croissant de rétraction nationale et identitaire. Elle s’exprime notamment par une hostilité à l’égard de la migration, du commerce mondial, une volonté protectionniste, souverainiste, de repli national. Cela conduit, paradoxalement, à rendre très impopulaire un personnage comme Donald Trump, mais à le rendre également fascinant, avec le désir secret de faire la même chose chez soi. C’est tout le danger du national-populisme aujourd’hui que de créer en même temps un appétit de paix et une demande sociale de puissance pour se rassurer face aux incertitudes imaginées de la mondialisation.

    *Aux éditions Odile Jacob

  • [Sondage] 79% des Français redoutent l’usage de l’arme atomique

    [Sondage] 79% des Français redoutent l’usage de l’arme atomique

    Les résultats de notre enquête d’opinion Ifop/ Mouvement de la paix/ La Marseillaise/ l’Humanité à paraître ce jeudi sont sans appel : les Français sont frappés de plein fouet par le climat mondial anxiogène. À la question posée à l’occasion des 80 ans des bombardements atomiques sur les villes d’Hiroshima et Nagasaki, « dans le contexte international actuel, diriez-vous que l’utilisation accidentelle ou volontaire d’une arme nucléaire vous inquiète », ils sont 79% à répondre « oui » et même 64% à juger ce cas de figure « probable ».

    Retrouvez l’intégralité des résultats de notre sondage dans La Marseillaise de ce jeudi.

  • Les travaux route de Galice à Aix-en-Provence sont finalement reportés

    Les travaux route de Galice à Aix-en-Provence sont finalement reportés

    Initialement, la route de Galice devait entamer des travaux de réfection de voirie dès ce début de semaine. Finalement, le chantier, dont la fin était prévue pour la mi-février est reporté. La Ville évoque un « report technique » et la date de reprise n’est pas encore connue. Le chantier, qui devait se dérouler de nuit, entre 6h et 22h afin d’éviter les complications de circulation. Si l’intervention est repoussée, l’objectif reste inchangé.

    Sécuriser les voies

    L’intervention, s’inscrit dans le cadre du transfert de plusieurs axes routiers de la Métropole Aix-Marseille-Provence vers la Ville d’Aix-en-Provence, à la suite de la loi de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles de 2014 (loi Maptam). La route de Galice, ancienne RD 64, fait partie des voies intégrées au domaine public communal et a été identifiée comme prioritaire en raison de l’état dégradé de sa chaussée. Selon les zones sur la route, les travaux devraient comprendre « un rabotage de la chaussée, la pose d’une couche d’assise et/ou la réalisation d’une nouvelle couche de roulement », indiquait la Ville dans un communiqué de presse. Tout au long du chantier, une communication « régulière » devrait être établie avec les riverains et usagers de la route. Notamment en cas d’évolution du calendrier ou des conditions de circulation. Pour rappel, « le programme s’inscrit dans le cadre des missions techniques et réglementaires de gestion de la voirie et vise à garantir la qualité et la sécurité du réseau routier communal », rappelait la Ville en amont du lancement des travaux.

  • OM-Liverpool : la RTM modifie les lignes et leurs fréquences à partir de 17h ce mercredi

    OM-Liverpool : la RTM modifie les lignes et leurs fréquences à partir de 17h ce mercredi

    L’accès à la Tribune Jean Bouin et au Virage Nord se fait uniquement par la station Rond-Point du Prado, Métro 2.

    L’accès à la Tribune Ganay et au Virage Sud se fait uniquement par la station Sainte Marguerite Dromel, Métro 2 et Tramway 3.

    Plus d’infos pour le retour.

    Métro M1, M2 : renforcés de 16h30 à fin de service- Fermeture station Périer dès 22h15, vers Gèze.

    Bus B1 :

    9 arrêts non desservis en direction de Campus de Luminy: Castellane, Prado Dupré, Prado Périer, Prado Borde, Prado Louvain, Prado Rodocanachi, Rond Point du Prado, Métro Rond Point du Prado, Michelet Huveaune.

    10 arrêts non desservis en direction de Castellane : Michelet Ramon, Michelet Huveaune, Métro Rond Point du Prado, Rond Point du Prado, Prado Rodocanachi, Prado Louvain, Prado Borde, Prado Périer, Prado Dupré, Castellane

    – Terminus Castellane déplacé à au PEM Sainte Marguerite (terminus de la ligne 16)

    Bus 23, 44, 452 arrêts non desservis en direction de Beauvallon, Collège Roy d’Espagne, Marseilleveyre : Métro Rond Point du Prado, Négresko

    3 arrêts non desservis en direction de Métro Rond Point du Prado : Mazargues Négresko, Négresko, Métro Rond Point du Prado – Terminus Métro Rond Point du Prado déplacés à Mazargues Etienne Milan (Bus 23)

    Consultez le plan du terminus reporté : Plan piéton

    Bus 41

    7 arrêts non desservis en direction du terminus Métro Rond Point du Prado : Place Delibes, Paradis Wulfran Puget, Paradis Lord Duveen, Paradis Mistral, Paradis D’Urville, St Giniez et Prado Saint-Giniez – Déviation à partir de la rue Paradis, bd Périer et av du Prado.

    Bus 482

    arrêts non desservis en direction de Hôpital Clairval : Métro Rond Point du Prado, Michelet Huveaune

    3 arrêts non desservis en direction de Métro Rond Point du Prado : Michelet Ramon, Michelet Huveaune, Métro Rond Point du Prado – Terminus Métro Rond Point du Prado déplacé à Ste Marguerite Dromel (boulevard de l’Huveaune)

    Plan

    Bus 723 arrêts non desservis :

    Place Ferrié, Hôpital St Joseph, Métro Rond Point du Prado- Terminus Métro Rond Point du Prado déplacé à au 4 bd de l’Huveaune (à proximité du PEM Ste Marguerite)

    Plan

    En fonction de l’évolution de la situation d’autres dispositions peuvent être mises en place. Carte interactive sur Info Trafic.

  • Des constats, des appels mais pas de bilan pour les vœux de la maire d’Aix-en-Provence

    Des constats, des appels mais pas de bilan pour les vœux de la maire d’Aix-en-Provence

    Un discours long d’une trentaine de minutes, amputé de tout bilan, toute perspective. La faute, de nouveau, aux temps préélectoraux qui empêchent Sophie Joissains, maire sortante (UDI), de présenter les projets aixois passés et à venir.

    L’officialisation de son entrée en campagne n’est donc pas pour tout de suite : les vœux protocolaires, tenus ce mardi au Grand Théâtre comme le veut la tradition ne sont pas, en ce début 2026, le lieu pour aborder l’échéance. « Aujourd’hui, la loi, en cette période préélectorale ne permet pas de faire le bilan, c’est un peu controversé par la jurisprudence mais aucun risque ne peut être pris. Elle interdit aussi de faire des prospectives. Cela fera partie d’un temps différent », précise derrière son pupitre Sophie Joissains.

    Néanmoins, face à la salle comble, composée des maires du Pays d’Aix, des conseillers départementaux et régionaux, des personnalités de la justice, des forces de l’ordre, de secours et autres, quelques messages ont pu être glissés entre les lignes d’une description lisse de la Capitale de Provence et le constat d’une « année ou l’histoire semble frapper à notre porte, où le monde nous interpelle ».

    Sur le thème de la sécurité, un acquis aura été souligné par Sophie Joissains : « Des difficultés, il y en a de nombreuses, (…) la première étant l’impérieuse nécessité d’assurer la tranquillité et la sécurité de tous nos concitoyens, poursuit la première magistrate. Nous avons eu la joie de voir arriver 12 agents [policiers nationaux, Ndlr] de plus à la CSP d’Aix. Merci Monsieur Bruno Retailleau, qui l’a décidé à l’époque. »

    Sécurité, santé, agriculture

    Autre appel martelé par la maire, quelques jours seulement après la mobilisation des agriculteurs contre l’accord de libre-échange avec les pays du Mercosur : « Il nous faut aussi accompagner nos agriculteurs à qui l’on impose des normes toujours plus strictes en même temps que des accords de libre-échange inacceptables, en les empêchant ainsi de travailler efficacement et de gagner leur vie décemment. Je rappelle ici qu’ils sont les garants de notre souveraineté alimentaire. Notre agriculture ne peut être une variable d’ajustement. Les agriculteurs, qui travaillent sept jours sur sept, doivent pouvoir vivre de leur travail. » Après ces mots en direction des agriculteurs, sans mention d’une rencontre entre l’édile et les figures de la contestation agricole lors de leur mobilisation sur Aix, c’est un constat sur le système de santé que la maire tire. « Les médecins et infirmiers libéraux, à qui l’on demande toujours plus, ne parviennent plus à maintenir à flot un système de soins qui fait notre fierté dans le monde entier. Il n’y a pas si longtemps, nous étions confinés et faisions claquer nos poêles et casseroles chaque soir à nos fenêtres pour saluer notre personnel soignant (….) ils font partie des trésors de la France », poursuit Sophie Joissains.

    Puis, citant ces mots : « On était un pays de producteurs, d’ingénieurs, de médecins, on est devenus un pays d’inspecteurs et de contrôleurs », prononcés par Jean-Louis Borloo, cofondateur de l’Union des démocrates et indépendants (UDI). Sophie Joissains enchaîne sur le constat d’un « pays où un porteur de projet se trouve face à une demande d’autorisation et vient souvent passer dans des commissions de contrôle toutes indépendantes des unes des autres, ce qui, sur le plan intellectuel, peut être satisfaisant, mais ce qui, sur le plan pratique, fait en sorte que ce porteur de projet, s’il a le malheur d’avoir un avis défavorable d’une de ces instances, se retrouve à attendre des mois (…) Ça ne peut plus durer. » Alors « face aux fractures, face aux ruptures, aux violences nouvelles, le narcotrafic n’est pas des moindres, la commune doit être un refuge (…) j’ai dit ce que j’avais à dire sur beaucoup de choses, je continuerais ailleurs, ce débat ».

    Ce sera par un hommage à sa prédécesseure Maryse Joissains, « un maire bâtisseur », absente ce soir-là pour raison de santé, que Sophie Joissains a conclu son discours.

  • Montpellier : mobilisation pour l’ouverture de lieux d’hébergement d’urgence

    Montpellier : mobilisation pour l’ouverture de lieux d’hébergement d’urgence

    Emmitouflés dans leurs manteaux, les manifestants protestent contre le manque de solutions d’hébergement. « Des personnes dorment jour et nuit dehors, dans le froid et l’indifférence totale », dénonce Samuel Forest, fondateur de Solidarité partagée. Un constat partagé par les associations de terrain présentes, qui alertent sur la saturation des dispositifs existants.

    La France connaît une vague de froid intense depuis le mois de décembre, ayant déjà causé à Montpellier la mort d’un jeune homme de 29 ans le 30 décembre dernier. Dans ce contexte, le plan départemental « grand froid », qui permettrait notamment l’ouverture de places supplémentaires d’hébergement, le renforcement des maraudes et la mobilisation de lieux d’accueil exceptionnels, n’a pas été déclenché. À travers cette mobilisation, le collectif entend interpeller la Mairie pour qu’elle agisse, anticipe et se prépare à de futurs épisodes de grand froid, afin d’éviter de nouvelles tragédies liées au manque de ressources.

    Une pétition a été lancée et a déjà recueilli près de 600 signatures. Elle devait être remise au maire, Michaël Delafosse, mais aucun représentant du collectif n’a pu être reçu. Les manifestants sont restés à l’extérieur, devant les grilles fermées de la mairie.

    Si cet appel à l’aide s’expriment devant l’hôtel de ville, la mise à l’abri est une compétence qui relève d’abord de l’État, via la préfecture. Le collectif citoyen compte néanmoins sur la Mairie comme acteur de proximité, en capacité d’agir « à la marge », notamment à travers le Plan communal de sauvegarde (PCS) qui permet à la commune de mobiliser ponctuellement des locaux, de coordonner les acteurs et de répondre à des situations d’urgence. La pression citoyenne est ainsi perçue comme un levier lorsque l’État ne déclenche pas le plan grand froid, comme c’est le cas actuellement.

    « L’ouverture ponctuelle de locaux municipaux pourrait être reproductible », confirme Michel Calvo, adjoint aux solidarités, avant de rappeler les limites de l’action municipale : « On est au bout de notre solidarité. On a ouvert 200 pensions de famille, 150 places de logements intercalaires, racheté un hôtel pour les jeunes avec des titres de séjour. On ne peut pas suppléer aux compétences de l’État. »

    Les manifestants redoutent les conditions météorologiques annoncées par Météo France, avec de fortes pluies attendues dans les prochains jours, une situation particulièrement critique pour les personnes à la rue en période de froid.

    Le gymnase Gambardella, aménagé le 4 janvier après la vague de grand froid, a depuis fermé ses portes. En parallèle, les places en foyers restent limitées, et certaines personnes sans domicile ne s’y sentent pas à l’aise ou ne parviennent pas à y accéder. Pour beaucoup, ces réponses ponctuelles apparaissent inadaptées face à l’ampleur de la situation. « Ils n’ont ouvert que quatre jours, ce n’est pas assez. Il existe d’autres solutions, comme Coallia, mais il n’y a pas beaucoup de logements. Tu passes la journée à l’abri, puis tu te retrouves dehors la nuit », témoigne Bruno.

    Si l’hiver appelle une action urgente et immédiate, Fatima, à la rue depuis une vingtaine d’années, tout comme ce collectif de citoyens, rappellent que la question de la mise à l’abri ne devrait pas se poser uniquement en période d’intempéries, mais tout au long de l’année.

    Souhaitant prolonger la mobilisation au-delà de ce rassemblement, les organisateurs annoncent une réunion publique sur le sans-abrisme ce mercredi 14 janvier à18 h30, à la Maison des Chômeurs, 4 rue Adolphe Mion (proche place Carnot).

  • Le mal-être des personnelsde bloc de l’hôpital d’Avignon mis à l’index

    Le mal-être des personnelsde bloc de l’hôpital d’Avignon mis à l’index

    L’exercice du droit de retrait des soignants des blocs opératoires de l’hôpital d’Avignon en novembre 2024 n’aurait, en fin de compte, pas vraiment changé la donne. Ce mardi 20 janvier, la CGT de l’établissement de santé, en se basant sur les conclusions d’un rapport d’expertise d’un cabinet agréé, assure qu’il y règne « un environnement propice à la souffrance, aux risques sanitaires et à la dégradation des soins ». Les soignants vont interpeller la maire d’Avignon et présidente du conseil de surveillance, Cécile Helle (PS), ce mercredi sur le sujet lors de la cérémonie des vœux.

    Cette enquête avait été commandée par la direction du centre hospitalier Henri-Duffaut suite à l’exercice du droit de retrait, pendant 20 jours, de plusieurs dizaines de soignants du service afin que leur souffrance au travail soit reconnue. Un mouvement lancé suite à l’annonce de la réorganisation des plages horaires d’ouverture, qui étaient alors passées de 8 à 10 heures par jour. Des conclusions communiquées en décembre 2025 à la direction ainsi qu’aux syndicats du site. Celui-ci a été construit à l’aide de témoignages de 49 personnes travaillant aux blocs.

    « Logique de gestionnaire »

    Un document qui n’a pas été communiqué à la presse mais dont certains points ont été évoqués par la CGT, qui regrette une absence de communication avec la direction. Alors que le syndicat évoque un directeur, sans le citer, qui « persiste dans une logique exclusivement gestionnaire » sans « jamais évaluer la charge de travail réelle », le pilotage de l’établissement serait décrit dans le rapport comme « hors-sol », assure le syndicat. « On nous avait fait des promesses qui n’ont pas été tenues. On en arrive à des situations comme des burn-out et une souffrance profonde », dénonce Patrick Bourdillon, secrétaire CGT du centre hospitalier. Houria Boudia, infirmière anesthésiste au bloc et experte au F3SCT, instance regroupant des représentants du personnel, constate que ce rapport « valide à 100% notre droit de retrait » et assure que « la démission du directeur est attendue par les équipes soignantes et médicales ».

    Contacté par La Marseillaise, le directeur de l’hôpital, Pierre Pinzelli, explique de son côté que « ce rapport ne peut être commenté tant qu’il n’est pas présenté aux instances », à savoir le F3SCT, qui devrait se tenir d’ici le mois de février. Car cela créerait « une nouvelle distorsion dans le fonctionnement des établissements et le droit du travail ». Tout en s’étonnant de l’engouement autour de cet audit, il affirme que cette enquête a été lancée à son initiative et se félicite d’un « processus très concerté, très travaillé, très préparé », avec « l’objectif de ne pas créer de zones d’affrontements, de conflits ou de frottements, mais de travailler ensemble ». Il demande « d’arrêter la personnalisation des choses », car le bloc opératoire « n’est pas sous la gestion directe de la direction générale », tout en étant « extrêmement attentif à ses travaux ».

  • [Entretien] « L’État favorise l’agriculture ultra-productiviste »

    [Entretien] « L’État favorise l’agriculture ultra-productiviste »

    La Marseillaise : En quoi l’écologie est-elle synonyme d’émancipation et de transformation sociale ?

    Jean-Claude Boual : Inondation massive, feux monstres non maîtrisés, pollutions diverses ou encore dégradation de la qualité du sol et de l’eau… on voit bien que le système dans lequel on vit, qui consiste à faire du profit avant toute chose, entraîne des conséquences. On a besoin d’une transformation en profondeur de tout le système, avec des citoyens qui agissent en conséquence et en conscience.

    Quel est le rôle des politiques publiques ?

    J.-C.B. : Que ce soit au niveau de l’État, de l’Union européenne, ou même mondial il n’y a pas de volonté de changer les choses. Par exemple, au niveau de l’accord de Paris signé en 2016, on voit bien que les objectifs sont déjà dépassés. On est déjà au-delà des 1,5 degré et on sait qu’en Europe, ça va plus vite que sur l’ensemble de la planète. Copernicus, programme européen pour surveiller la planète, en est déjà à 2 degrés d’augmentation. De mon point de vue, les gens ont compris que les ressources n’étaient pas infinies, qu’on ne pourra plus avoir une croissance constante comme l’exige la rotation des capitaux.

    Pourquoi affirmez-vous que les questions écologiques et sociales sont liées ?

    J.-C.B. : Si on ne règle pas les questions des inégalités, il n’y aura pas l’engagement des gens. C’est une priorité en termes de politique publique. Dans notre pays, les salaires sont très bas parce que le rapport de force depuis plusieurs décennies est plutôt favorable au capital et au patronat. L’État favorise l’agriculture ultra-productiviste. La remise en cause du Pacte Vert sous la pression d’Ursula von der Leyen est un exemple de rétropédalage. Dans notre pays, on est face à une politique d’injonction de façon à noyer la réalité. Manger moins de viande, éteindre la lumière, couper le robinet d’eau, on culpabilise les gens. Mais le problème de fond est de se demander qu’est-ce qu’on propose ? Dans la philosophie qui consiste à compenser, on retrouve l’esprit de charité. On a une catastrophe, l’État donne de l’argent et le taux de profit est préservé. Ça coûte moins cher.

    De quelle écologie parle-t-on ? JC Boual. Edition Emile communication. 15€

  • L’Espace santé baptisé en hommage à la résistante Madeleine Riffaud

    L’Espace santé baptisé en hommage à la résistante Madeleine Riffaud

    C’est un juste choix pour ce lieu qui incarne la lutte permanente pour la dignité » estime le maire (PCF) de Martigues Gaby Charroux, au moment d’officialiser le nom de Madeleine Riffaud pour l’Espace santé autonomie, mardi soir.

    Ce choix a été fait dans la droite lignée de la féminisation de l’espace public voulu par le maire et son équipe, et sur recommandation de la commission extra-municipale des égalités. « Trop longtemps les femmes ont été invisibilisées », avance le maire, pour qui cette démarche « n’est pas une réécriture de l’histoire » mais une façon de la « rendre plus fidèle » à l’action des femmes.

    Madeleine Riffaud est « une figure qui éclaire notre présent, une passeuse d’histoire, la voix de ceux qu’on n’entend pas assez », selon l’édile, une « défenseuse du service public et de la justice sociale », dont l’histoire « offre un modèle à nos jeunes générations ». Gaby Charroux rappelle son passé de « résistante de l’ombre au courage sans limite, qui transporte des armes, vole des tickets de rationnement et soustrait des étudiants au service du travail obligatoire (STO) » et choisit la plume comme arme par la suite comme journaliste, notamment lors des guerres d’Indochine et d’Algérie.

    « On veut arriver à l’égalité pour Martigues »

    Cette dénomination s’est faite dans le cadre de la féminisation de l’espace public proposée par la commission extra-municipale des égalités dont fait partie Claire Chefdeville, présente à la cérémonie.

    Prenant l’exemple de son quartier, la militante indique que dans les noms de rues, « il n’y a que des musiciens. On veut montrer aux jeunes femmes que les femmes musiciennes, ça existe », plaide-t-elle. « À Bonneuil-sur-Marne, ils ont réussi à obtenir l’égalité femmes-hommes dans les noms de rues et c’est ce qu’on veut pour Martigues », détaille-t-elle. Avec une nuance : « On ne peut peut-être pas tout débaptiser mais beaucoup de ronds-points, de ponts et de lieux ne sont pas encore nommés. »

    Marie-Madeleine Rajau, figure du collectif féministe du PCF local, va plus loin et inscrit cette démarche dans « la lutte contre le patriarcat », une domination systémique.

    « Les héroïnes existent, et ont toujours existé », disait Gaby Charroux à l’adresse de Madeleine Riffaud. Ces militantes, à leur échelle, contribuent à le démontrer.

  • Dans le Var, une plongée expérimentale inédite pour la Marine

    Dans le Var, une plongée expérimentale inédite pour la Marine

    Après la dernière plongée expérimentale réalisée à 200 mètres en mai 2025 (Entex 50), la Marine nationale voit plus grand dans le cadre de l’Entex 51. En atteignant cette fois une profondeur de 265 mètres, les équipes du Centre expert plongée humaine et intervention sous la mer (Cephismer) mènent un programme ambitieux : repousser les limites de l’action humaine sous la mer.

    Créé en 1945, le Cephismer est issu du groupe de recherches sous-marines (GRS), en charge du déminage post-Seconde Guerre mondiale. Elle demeure une unité d’élite pionnière grâce à l’apport de figures telles que Jacques-Yves Cousteau et Frédéric Dumas. Accompagnés de scientifiques et de plongeurs courageux, ils ont jeté les bases de ce qui est l’un des foyers de la plongée militaire dans le monde.

    14 jours dans un caisson hyperbare

    Cette unité repose sur trois piliers : la maîtrise des risques en plongée, l’innovation et l’intervention robotisée sous la mer. Elle collabore étroitement avec des experts de l’armée de Terre, de la gendarmerie, du service de santé des armées, et des experts civils reconnus dans le domaine de la plongée.

    Ainsi, pendant deux semaines, du 27 janvier au 10 février, trois plongeurs et une infirmière militaire vivront dans l’enceinte d’un caisson hyperbare, sous le contrôle permanent du Cephismer, tout en réalisant des excursions à 265 mètres de profondeur, à l’aide de recycleurs électroniques. Cette plongée, comme les précédentes, s’inscrit dans une trajectoire d’amélioration progressive. L’Entex 50 a permis de mieux tester la technologie, la physiologie de la décompression. En bénéficiant de cet apport, l’Entex 51 vise à renforcer les capacités humaines en profondeur afin de remplir plusieurs objectifs, dont celui de la maîtrise des fonds marins et de la capacité à secourir des sous-marins en détresse. Elle permettra de valider des procédures et des concepts opérationnels avant de les éprouver en environnement naturel.