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  • Dans le Var, le narcotrafic recule, pas les violences conjugales

    Dans le Var, le narcotrafic recule, pas les violences conjugales

    L’heure était au bilan pour les faits de délinquance commis dans le Var l’an passé. Si la délinquance générale (infractions commises contre les personnes et les biens) a progressé de 0,66% en 2025 (45 584 faits contre 45 285 en 2024) après une année 2024 marquée par une baisse de 4,1%, le nombre de faits constatés (45 584) reste inférieur à celui de 2022 (46 076) et de 2023 (47 197). En ce qui concerne leur taux d’élucidation, il se maintient autour de 42%.

    Parmi les principales infractions, les atteintes aux biens sont en légère baisse (-0,5% après -7,3% en 2024). à ce titre, les cambriolages ont reculé de 9,1%. Cela s’explique par une stratégie engagée dès 2023 permettant de cartographier les secteurs les plus touchés, mais aussi par le succès des opérations tranquillité vacances (1 281, +12%). Les vols liés aux véhicules ont en, revanche progressé de 4,3%.

    Plus inquiétantes, les atteintes aux personnes progressent, comme depuis 5 ans (+3% en 2025). Si le nombre d’homicides chute de 80% (5 en 2025), les violences sexuelles stagnent (1 819 faits, +0,2%) et les violences conjugales augmentent (+2,4%). Pour y répondre, les services de l’État affirment agir afin de faciliter les dépôts de plainte et la prise en charge des victimes, notamment grâce au développement des postes d’intervenants sociaux en police et gendarmerie (huit aujourd’hui), à la formation des agents, ainsi qu’à une politique de prévention menée en partenariat avec les associations.

    La sécurité routière inquiète

    En ce qui concerne la lutte contre le narcotrafic, la préfecture se félicite de la baisse de 5,4% des infractions, quand on note une augmentation de 7,6% au niveau national. Les saisies de cannabis (+389% sur les plants, -49,4% sur la résine) sont en hausse, comme celles de cocaïne (+133%). Sur le plan pénal, les amendes douanières progressent : 15 818 410 euros en 2025 contre 11 235 140 euros en 2024, soit +40,8%. Enfin, le préfet a décidé de prendre un arrêté annuel concernant la détention et la consommation de protoxyde d’azote.

    Autre volet important : la sécurité routière. Les accidents mortels (65, +3%) et les blessés (1 134, +1%) sont en hausse, mais les accidents corporels (818, -6%) diminuent. L’indice de gravité reste inquiétant : 7,9 personnes perdent la vie tous les 100 accidents. Les causes restent les mêmes : vitesse (32% des accidents mortels, 21% des accidents corporels), alcool (28% et 16%) et stupéfiants (12% et 8%). Les automobilistes sont les plus touchés (23 décès), suivis des usagers de deux-roues motorisés (22) et des piétons (12). En conséquence, les contrôles se renforcent et ont entraîné +18% de suspensions de permis, +14% de dépistages positifs aux stupéfiants, ainsi que plus de 3 800 mises en fourrière pour des infractions graves. Les actions de prévention ont également augmenté de 29,5%.

    Pour conclure, notons que les services de l’État ont abordé la question – souvent démagogique – des OQTF, indiquant une hausse de 9,8% par rapport à 2024 et de 99,3% par rapport à 2022, pour atteindre 1 063 décisions, dont 175 refus de titres pour actes de délinquance. Rappelons toutefois qu’une très large part d’entre elles sont liées à la lourdeur des démarches administratives liées aux titres de séjours, encore renforcées par la circulaire Retailleau du 23 janvier 2025, demandant aux préfets de les prononcer automatiquement. Et ce même si ces personnes ont déposé leur demande de renouvellement dans les délais. Leurs dossiers n’étant toujours pas traités lorsque les dates de validité des titres ont expiré, elles sont considérées comme sans-papiers.

  • Des aides-soignantes en limite d’âge poussées vers la sortie à Aubagne

    Des aides-soignantes en limite d’âge poussées vers la sortie à Aubagne

    « On est complètement punies de ce qui nous est arrivé », lâche Muriel Thevenin. Secrétaire du syndicat FAFHP à Edmond-Garcin, âgée de 59 ans dont trente-cinq comme aide-soignante à l’hôpital d’Aubagne, elle occupe, depuis 2008, un poste aménagé. Pour elle, il s’agit du transport. D’autres sont par exemple aides hôtelières (elles servent les repas, aident les patients à s’alimenter, leur administrent leurs médicaments).

    Pas de « nécessité de service »

    Muriel Thevenin est dans cette situation depuis un accident du travail : « Mon handicap est survenu du fait d’un manque de personnel et d’un défaut de matériel. » Elle raconte : « On n’était que deux aides-soignantes dans un service de 30 patients, des personnes âgées. On ne regardait pas à l’effort. On n’y arrivait plus avec ma collègue. L’accident s’est produit parce qu’une famille a demandé qu’on relève un patient. Il était très lourd. Il m’est tombé dessus et mon dos a craqué. Depuis, je n’ai plus le droit de soulever plus de 5 kg… ».

    Si le syndicat qu’elle représente monte au créneau aujourd’hui, c’est parce que, dit-elle, la direction de l’hôpital a refusé, « depuis deux ans et demi, à six aides-soignantes en postes aménagés, leur prolongation d’activité au-delà de 62 ans, alors qu’elles y ont droit pour encore deux ans. » Elle poursuit : « Cela met les aides soignantes en situation très précaire. Car, si elles ont travaillé dans le privé, il faut qu’elles attendent 64 ans pour toucher leur complément de retraite. »

    Elsa Blanc, directrice des ressources humaines de l’hôpital, répond : « Si quelqu’un veut poursuivre son activité au-delà de l’âge limite, il doit le demander. Il y a alors deux critères : l’aptitude médicale et la nécessité de service. » Selon elle, « conformément à la loi, le motif de refus de la prolongation d’activité est lié aux nécessités de service, et non au fait que les postes soient aménagés. » Il n’y aurait pas de « nécessité de service ». Elle indique que l’hôpital « a créé depuis deux ans plus de 20 postes en sureffectif dans les services, afin de permettre des reclassements de professionnels, fragilisés par les années de travail hospitalier, sur des fonctions sans contraintes physiques. Ils ne peuvent, par nature, être pérennisés indéfiniment, notamment dans un contexte de fortes tensions financières. » Selon elle, « il n’y a pas plus de deux agents par an qui se sont vus refuser une prolongation d’activité depuis 2024. Sept agents travaillaient en prolongation, l’an dernier, et il y en aura douze cette année. »

    Pour faire la jonction entre retraite de la fonction publique et celle du privé, France Travail verse une allocation à l’agent hospitalier. Ce qui fait bondir Muriel Thevenin : « On a fait toute une carrière à l’hôpital, on s’est esquinté le corps, et maintenant, on doit aller pointer au chômage… ».

  • Le syndicat CGT Carrefour Aix alerte sur des conditions de travail risquées

    Le syndicat CGT Carrefour Aix alerte sur des conditions de travail risquées

    Dans un post republié sur ses réseaux sociaux, la CGT Carrefour Aix-en-Provence notifiait avoir signalé sa direction d’un « droit d’alerte pour danger grave et imminent » (DGI), ce mardi 10 février. Le courrier, indiquait que les salariés étaient confrontés à « une surcharge de travail constante, une intensification des rythmes de travail, une impossibilité de récupération effective, une pression organisationnelle accrue ». Une situation entraînant, toujours selon le courrier du syndicat, une « dégradation manifeste des conditions de travail et expose les salariés à des risques psychosociaux élevés ».

    Un DGI finalement levé

    « Sur la quasi-totalité de la surface de vente il y a de gros problèmes en termes d’effectif : Carrefour a mis un très gros coup de frein sur les frais de personnel aujourd’hui on est au bout du bout. De mémoire, on avait 685 salariés en 2024, en fin 2025 on est tombés à 625 [à Aix, Ndlr] », rapportait Patrick Ait Aissa, pour la CGT Carrefour. Exemple, « l’équipe PGC (produits grande consommation) ou l’on a sept personnes en arrêt maladie, sur une équipe de vingt-huit personnes. Tous les matins, il y a donc huit, neuf, voire dix rayons qui ne sont pas couverts ». Un comité social et économique a donc été réuni, ce mercredi 11 février. À l’issue duquel, l’alerte a été levée. Pour cause, deux des trois syndicats de l’entreprise, rapporte la CGT, ont voté pour la « levée » de cette mesure, sans pour autant être en désaccord. « On ne peut pas laisser les équipes dans l’état dans lequel elles vivent depuis des semaines », poursuit Patrick Ait Aissa.

    De son côté la direction de Carrefour, contactée par La Marseillaise, rappelle être « particulièrement attachée au dialogue social ». Pour répondre au sous-effectif dénoncé et « afin de pallier des absences liées à des arrêts maladie, la direction a immédiatement pris les mesures nécessaires en recrutant des intérimaires », ajoute-t-elle. « Malgré ces actions rapides, la CGT a choisi de déposer une alerte pour danger grave et imminent. Celle-ci a été examinée lors de la réunion du CSE (…) et à l’issue des échanges, la majorité des membres du CSE ont considéré que les actions prises par la direction étaient suffisamment sérieuses », conclut-elle.

  • La biodiversité marine au cœur de l’intérêt des jeunes

    La biodiversité marine au cœur de l’intérêt des jeunes

    Le vent marin porte leur message. « Je ne pensais pas que la mer avait autant de choses en elle, et qu’une seule chose pouvait bouleverser tout un écosystème », se rappelle Deva, ancienne élève à l’école primaire de Bonneveine. Depuis 2017, la jeunesse s’est emparée d’un bout de littoral : l’Aire marine éducative (AME) du Bain des Dames. Durant l’année scolaire 2022-2023, cette ancienne classe de CM1 a réalisé des pancartes sur la biodiversité marine du littoral pour inciter à sa préservation. Cette année, après avoir parcouru son chemin, les pancartes informatives et préventives ont trouvé leur place, face à la mer. Ce mercredi, dans l’excitation du moment, les élèves étaient « tous réunis pour présenter le projet » s’exclame une des leurs, « fière que leur travail soit exposé dans Marseille ».

    « Marseille, c’est la capitale de la mer vivante. Quand je dis “vivant”, je pense à la jeunesse qui s’approprie et s’identifie à la mer et de ce qu’elle apporte à Marseille », développe Hervé Menchon, adjoint au maire, en charge du littoral. Il y a bientôt quatre ans, ce projet écocitoyen a impliqué tous les élèves de CM1 sous la responsabilité de la professeure Françoise Budroni. Elle décrit ce projet comme démocratique « parce que toutes les décisions sont prises au conseil des enfants, par le vote. Ce sont les enfants qui décident ! ».

    Une année de découverte

    Journée d’observation au Bain des Dames, tour de bateau et plongée avec tuba, visite à Sormiou… Les sorties mensuelles de la classe, organisées avec des agents de la faune et la flore, ont apporté les connaissances à ces jeunes pour construire les pancartes informatives. Grâce à ce « vécu commun », les élèves ont pu rédiger en petit groupe le compte rendu de leur trouvaille. Une activité éducative, la professeure atteste : « Entre eux, ils arrivaient à se faire progresser. Quand un élève publiait sur l’ENT, les autres allaient lire et revenaient pour le féliciter. C’était très motivant et pédagogique. » En est venu la réalisation des maquettes. Poissons, oiseaux, algues et plantes marines, les élèves ont dessiné l’environnement marin de ces plaquettes. Avec l’aide de Françoise, enseignante en Art appliquée rencontrée sur cette même plage, ces jeunes ont pu travailler « différentes techniques : de papiers, de pastel, de gouache », énumère la plasticienne.

    Le projet d’AME évoque des souvenirs riches pour la classe, et un intérêt toujours réel, comme pour Lou : « Aujourd’hui, quand je vois des articles sur la vie marine, ça m’intéresse encore. On a passé une année à travailler sur ça, ça m’a beaucoup marqué. »

    Le projet s’achève ici pour ces jeunes et commence pour d’autres. « Quand je suis partie à la retraite, le projet est passé dans une autre école », se remémore Françoise Budroni, ajoutant « le fait qu’il soit maintenant repris par la Pointe Rouge, c’est très bien. L’aire marine continue d’exister ». À Marseille, huis établissements scolaires participent à un projet lié à une AME, de quoi « créer un sentiment d’appartenance à la ville » évoque Hervé Menchon, à travers « un dénominateur commun, la mer ».

  • [Entretien] Marc Crégut : « Faire payer les patrons qui jouent avec nos vies »

    [Entretien] Marc Crégut : « Faire payer les patrons qui jouent avec nos vies »

    La Marseillaise : En quoi l’action de la CGT Total La Mède fait écho à vos actions autour de l’amiante ?

    Marc Crégut : L’amiante et l’exposition à divers produits nocifs font que les travailleurs vivent avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête en permanence. On pense toujours que le développement d’une maladie peut arriver à tout moment et nous emporter rapidement. Récemment, nous avons eu un membre de l’association qui était à la retraite depuis 20 ans, on lui a décelé un mésothéliome [cancer de la plèvre Ndlr] en juin dernier et il est décédé en janvier… Du jour au lendemain, on sait qu’on peut mourir, l’anxiété est donc là, à des niveaux d’intensité différents selon chacun. Reconnaître un préjudice d’anxiété c’est donc reconnaître cette épée de Damoclès. Sur cette question du préjudice d’anxiété, il faut avoir en tête que nous n’avons gagné qu’une infime partie des procédures lancées, notamment faute de payeur car les chantiers navals de l’époque n’existent plus. Je pense que ce n’est pas une histoire d’argent mais une question de principe. Mon père travaillait sur les chantiers, comme moi, il est mort de l’amiante. J’ai touché l’indemnité du préjudice d’anxiété, 3 500 euros. Je leur rendrais au centuple s’ils me rendaient mon père.

    À quels obstacles faites-vous face pour la reconnaissance des maladies en lien avec l’amiante ?

    M.C. : La première difficulté est la complication, la « paperasse ». Pour reconnaître que la maladie est liée à l’amiante, il faut retrouver des témoignages de collègues, des documents qui certifient que la personne a bien travaillé sur un site amianté. Mais on parle de personnes qui sont âgées, parfois décédées, à la retraite depuis des dizaines d’années… C’est parfois difficile de retrouver les preuves. Ensuite il y a la complication juridique, car il faut être bien accompagné pour mener les procédures. À l’association, nous avons la chance de compter sur le cabinet d’avocats TTLA qui gère les dossiers depuis des années et nos adhérents n’ont pas besoin de sortir un seul centime de leur poche.

    Quelle évolution de la prise en charge et de l’indemnisation ?

    M.C. : Nous avons 90 procédures en cours actuellement pour reconnaître les maladies en lien avec l’amiante. Mais on constate que par tous les moyens, les gouvernements successifs et les différentes juridictions essaient de réduire les indemnisations avec le temps. Par exemple, pour les chantiers navals, il y a défaut de payeur comme je le mentionnais précédemment. Et l’État n’a pas voulu prendre le relais, on attaque donc la sécurité sociale pour manquement à son devoir. Ils paient car il y a des fonds d’indemnisations mais c’est un long chemin.

    Quel message envoyez-vous aux travailleurs actuels ?

    M.C. : L’amiante est toujours d’actualité mais il y a tout un tas d’autres produits qui continuent à tuer. Il faut faire payer les patrons qui sont au courant et qui jouent avec nos vies. On travaille d’ailleurs avec l’oncologue marseillais Anthony Gonçalves à l’Institut Paoli-Calmette pour de nouvelles démarches. On veut faire reconnaître le cancer du sein comme maladie professionnelle dans certains cas et certaines conditions.

  • Château-Arnoux Saint-Auban : le maire sortant « à l’écoute »

    Château-Arnoux Saint-Auban : le maire sortant « à l’écoute »

    Santé, sécurité, logement, jeunesse, environnement… Le maire sortant de Château-Arnoux Saint-Auban (Alpes-de-Haute-Provence) invite les habitants à exprimer leurs inquiétudes, leurs propositions et leurs questions lors de cette réunion participative, ce jeudi soir. René Villard présentera également, à cette occasion, sa liste pour les prochaines élections municipales, renouvelée pour moitié.

    Parmi les projets qui seront abordés et débattus : l’embauche d’un troisième policier municipal, le développement de la vidéoprotection, le renforcement de l’offre de logements sociaux et l’agrandissement de la maison de santé. À travers cette réunion, le maire souhaite coconstruire son programme avec les habitants, en fonction des problématiques qu’ils rencontrent.

    « Donner la parole »

    « Ce qui est important pour nous, c’est le collectif », confie le candidat à La Marseillaise. Militant CGT, communiste et habitant de Montfort, René Villard arrive à la fin de son premier mandat de maire et en brigue un second. Il a déjà mené cinq mandats en tant qu’élu, aussi bien dans la majorité que dans l’opposition.

    « On va écouter ce que les gens ont à nous dire » pendant ce « moment de rencontre », résume Gérard Benoit, premier adjoint au maire de Château-Arnoux Saint-Auban. La fiscalité de la commune sera également abordée, afin « d’agir avec transparence » et de présenter les « investissements et économies » réalisés par l’équipe municipale. Un compte rendu financier sera publié dans chaque bulletin municipal, promet le premier adjoint.

    L’équipe de René Villard souhaite par ailleurs mettre en place un conseil de quartier doté d’un budget participatif, permettant aux habitants de proposer et de choisir les projets dans lesquels investir.

    Lors d’une précédente réunion organisée début février, « les habitants nous ont demandé de parler aussi des petits projets du quotidien, comme l’entretien et la modernisation de nos bâtiments scolaires, de nos routes et de nos trottoirs », ajoute l’adjoint. Ces sujets seront abordés jeudi.

    Solidarité, respect de l’autre, humanisme, attachement aux services publics et démocratie resteront les valeurs au cœur du programme de la liste menée par René Villard, issue de la société civile et nommée « Humain 2026 ».

    La liste concurrente, « CASA 2026 », est menée par Philippe Bertrand.

    Ce jeudi 12 février à 18h, salle joie et soleil, 5 avenue René-Piaton, 04160 Château-Arnoux–Saint-Auban

  • À Avignon, Stéphan Fiori brandit l’inexpérience comme atout

    À Avignon, Stéphan Fiori brandit l’inexpérience comme atout

    Après avoir, fin septembre, lancé sa candidature, puis, début décembre, présenté son programme, Stéphan Fiori (DVD) tenait, mardi soir, son 3e grand rendez-vous de campagne. Le candidat chef d’entreprise dévoilait, à Montfavet, ses 52 colistiers. Éphémère encarté LR et ayant contribué à lancer le mouvement Avignon passion, soutien désormais d’Olivier Galzi, Stéphan Fiori érige l’inexpérience politique en argument électoral. « Vous avez l’impression que la ville est bien gérée aujourd’hui avec des personnes expérimentées ? », grince-t-il, à la sortie de scène, devant la presse.

    « Un élu donne une impulsion, une vision, une volonté politique, la Ville a des administratifs, elle est organisée et tourne sans élu », estime-t-il, précisant qu’à « ce jour personne n’est encarté et n’a jamais été élu au conseil municipal ». Dans l’assistance pourtant, un élu actuel, Michel Bissière (DVD), en observateur, lui qui sera candidat nulle part (notre édition de mardi). Pierre Bories, époux de la maire LR de Villeneuve-lès-Avignon, sera 15e de liste et a longtemps été encarté à droite, étant candidat suppléant lors des dernières législatives.

    Stéphan Fiori parle de « droiture, compétence et audace, fini les arrangements entre amis et les projets pensés pour les intérêts particuliers ». À l’entendre, si on est élu et membre d’un parti, on n’est plus dans « la vraie vie ». La vraie vie du candidat est quand même très pro business, avec près d’une dizaine de commerçants, mais aussi quelques « collaborateurs » du cabinet d’assurances de Stéphan Fiori ou même des proches, « mon témoin de mariage », « la meilleure amie de ma femme ». « Toutes les catégories socio professionnelles sont représentées avec aussi des retraités, fonctionnaire, étudiants ou demandeurs d’emplois », assure le candidat, qui revendique 7 jeunes de moins de 27 ans.

    « La campagne aurait été plus simple financièrement avec l’appui d’un parti politique mais nos idées auraient été noyées par le dogme et les injonctions », fustige-t-il. « On ne joue pas notre carrière politique, quoi qu’il arrive, le 23 mars on ira travailler », projette Émilie Desmarest, désignée pour être première adjointe, à la tête avec son mari chef étoilé de trois restaurants. « En tant qu’entrepreneur, je me suis organisé avec mes associés et ma fille qui entre dans la structure, pour être maire à plein temps », promet Stéphan Fiori, qui récuse toute alliance au second tour. Compliqué quand son allié le plus naturel, Olivier Galzi, le qualifie de « vendeur de rêve venu de Rognonas ».

    Camping-car de campagne : la préfecture recadre

    Fin janvier, Stéphan Fiori lançait sa permanence mobile, un camping-car à son effigie pour sillonner la ville. Une initiative qui a fait le buzz, à la grande satisfaction du candidat. Or cet affichage électoral est soumis à des règles strictes. La jurisprudence interdit cette publicité mobile avec visage et nom du candidat. Selon nos informations, confirmées par la préfecture, les services de l’État ont adressé un courrier postal au candidat il y a une semaine pour lui rappeler les dispositions du code électoral en la matière. « En toute transparence, je n’ai rien reçu et j’ouvre la boîte aux lettres tous les matins », confie Stéphan Fiori. Peut-être y a-t-il eu une erreur de code postal ? En attendant, le candidat assure qu’il n’y « a plus de sujet » et s’est mis en règle. « À la demande d’un opposant, un constat d’huissier a été fait, mais cela n’a débouché sur rien », assure Stéphan Fiori.

  • Josée Massi, maire de Toulon : « Les défis ne m’ont jamais fait peur »

    Josée Massi, maire de Toulon : « Les défis ne m’ont jamais fait peur »

    La Marseillaise : On connaît le personnage public mais qui est vraiment Josée Massi ?

    Josée Massi : Je suis arrivée à Toulon à six mois. Un de mes frères ayant de l’asthme, le médecin a recommandé un climat plus favorable que Lyon, où je suis née. Je suis la dernière de six enfants, d’un milieu modeste. Et nous avons grandi dans les HLM de Bon Rencontre, où j’ai été très heureuse. Ma mère a toujours cru que l’éducation serait un moyen pour nous de se faire une place. Et ça a marché, puisque ma sœur a été la première ingénieure mécanicienne de France. J’avais un frère qui était pilote de chasse. On a tous fait des études. Je voulais faire médecine, mais à ce moment-là, mon père est mort… Je suis devenue prof de maths.

    Vous vous êtes absentée un petit moment de Toulon ?

    J. M. : J’ai rejoint mon mari qui était photographe en Ardèche. J’y suis restée dix ans et j’y ai élevé mes trois enfants. Mais on a raison de dire « qui quitte Toulon, perd la raison ». J’y suis donc revenue.

    Pendant ce séjour en Ardèche, j’ai également été élue conseillère municipale d’un maire socialiste du petit village dans lequel j’habitais, au hasard des panachages de listes. Il n’y avait pas de parité à l’époque, nous n’étions que quatre femmes et je n’avais déjà pas l’habitude de me taire, j’étais donc un peu considérée comme la suffragette.

    Puis pour pouvoir être sûre de rentrer à Toulon, j’ai démissionné de l’Éducation nationale au bout de dix ans. C’est pour ça que les défis ne me font pas peur. Je suis donc repartie de zéro. J’ai même fait les vendanges pour commencer. Puis je suis retournée à l’enseignement par le social auprès des jeunes en difficulté, des jeunes en insertion dans le quartier de Berthe, puis au Greta. Je me suis régalée.

    C’est ensuite auprès des bénéficiaires du RMI que vous vous êtes engagée…

    J. M. : Je travaillais à ce moment-là pour Pôle emploi. Une dame est venue me voir pour me dire qu’elle était au Cedis [Centre départemental pour l’insertion sociale, Ndlr] et qu’on cherchait un directeur. Je me suis dit, pourquoi pas. C’était en 95. J’ai postulé et me suis retrouvée à la tête du Cedis. ça a été plus de 20 ans formidables.

    Je me suis rapidement aperçue que ce qu’il y a de mieux pour sortir du statut d’allocataire, c’est une fiche de paie. Donc, j’ai réuni un groupe d’allocataires et leur ai demandé quel était, selon eux, le premier frein à l’insertion, et c’est la garde d’enfants qui est ressortie. J’ai donc pris mon bâton de pèlerin pour chercher des locaux afin de créer une crèche et, à la mairie de Toulon, je réussis à avoir ceux d’Alexandre Ier. C’était les anciens hangars des Espaces verts. Du coup, j’ai créé la crèche là. Puis une autre au Pont du Las, dans les anciens locaux de la Poste. Puis celle de la Beaucaire. En tout, j’en ai fait une dizaine.

    Elles avaient une spécificité ?

    J. M. : Elles ont mis vingt ans à être labellisées comme crèches à vocation d’insertion professionnelle. Mais, dès leur création en 2003, elles étaient déjà comme ça, avec des places réservées aux allocataires. Mais surtout, toujours avec mon idée de l’ascenseur social, j’embauchais des allocataires pour le ménage et je les qualifiais pour passer le CAP Petite enfance. Elles passaient donc à l’encadrement des enfants et aujourd’hui, on en a qui sont directrices de crèche. J’adore ça, construire des parcours. Et vous verrez, dans la liste que je vous présenterai, il y a beaucoup de gens comme ça, qui ont des parcours atypiques, qui partent dans un CAP et qui finissent avocats. Un peu à l’image du mien, parce que moi, je n’avais aucune prédestination à être maire de Toulon.

    Comment passe-t-on justement de l’engagement associatif à la politique ?

    J. M. : Le déclic, c’est que sentant venir la retraite, comme je suis un peu hyperactive, je me suis demandé comment continuer à être utile. Hubert Falco est venu me chercher, donc je suis rentrée sur sa liste en 2014 et j’ai démarré douzième adjointe. Et bien sûr, on m’a mise dans ce que je connaissais le mieux : la petite enfance. En 2020, il me dit qu’on continue. Je suis alors à la deuxième place sur la liste. Puis Yannick Chenevard est élu député et je monte, première adjointe. La suite, vous connaissez : neuf mois après, je suis élue maire de Toulon, pour un temps. Chez moi, on nous a appris la loyauté, l’honnêteté et la volonté de servir. Donc, il n’y a aucune ambiguïté. Si Hubert Falco revient, je lui rends la place.

    Jusqu’à ce qu’il vous désigne publiquement comme la relève…

    J. M. : Oui, après la Cassation. Il fait un communiqué disant qu’il me soutient. On est en juillet. Je vais donc y aller. Puis il est revenu vers moi avec un certain nombre de demandes. Mais quand j’ai été élue, j’ai bien dit que je n’étais pas une plante verte, que j’avais du caractère. Il y a donc des demandes que je n’ai pas acceptées. Et, là aussi, vous connaissez l’histoire. Je le connaissais depuis 30 ans, mais là, je dois dire qu’il est arrivé à me surprendre.

    Quelle décision prise en tant que maire vous rend la plus fière ?

    J. M. : Sauver les cliniques à Toulon, ça a été un vrai combat. On ne pouvait pas perdre cette offre de santé de proximité dans les quartiers.

    Et puis, il y a aussi la végétalisation de la ville. J’ai commencé par les écoles. On en fait à peu près quatre par an.

    La reconstruction des groupes scolaires, aussi. On en a mis cinq en chantier dont l’un est en cours, c’est Saint-Roch.

    Mais on fera aussi Cousteau, on fera la Beaucaire, on fera Lazarre-Carnot. Surtout Sainte-Catherine.

    Quelle est, aujourd’hui, votre ambition pour Toulon ?

    J. M. : De continuer à en faire une ville apaisée à taille humaine, qui rayonne. Une ville de mixité, une ville populaire dans laquelle on vit bien. J’ai commencé à m’attaquer au problème du logement en signant, fin 2023 avec le préfet, un contrat de mixité. Mais il va falloir continuer. Je suis favorable à la construction de logements sociaux. Mais diffus. On ne peut plus faire de grandes concentrations. C’est fini ça.

    C’est compliqué à Toulon, parce qu’on est une ville coincée entre le Faron et la mer avec très peu de solutions. Très peu de foncier disponible. Donc, il faut reconstruire la ville sur la ville.

    Il faut réhabiliter les immeubles, réhabiliter les copropriétés délabrées. Alors là, j’ai un grand chantier sur la Grande Plaine. Et puis, surtout, il y a une délibération dont je suis assez fière et qui fait que chaque fois qu’on construit plus de 800 m², on doit avoir 30% de logements sociaux. Ça veut dire que dans tous les quartiers, chaque fois qu’il y a un immeuble qui sort de terre, vous savez qu’il y aura 30% de logements sociaux.

    Quel est votre état d’esprit aujourd’hui ?

    J. M. : C’est un bel encouragement de voir autant de gens qui vous suivent, qui vous poussent. Alors, on y croit. On va gagner.

  • Stéphane Sacco mobilise avec un message d’espoir à La Seyne

    Stéphane Sacco mobilise avec un message d’espoir à La Seyne

    « Jaurès nous rappelle que les grandes œuvres humaines sont longues, difficiles, exigeantes, mais qu’elles sont toujours portées par l’espérance. C’est cette espérance lucide, combative, que nous sommes venus faire vivre ce soir », commence le chef de file de la liste « Uni.e.s à gauche pour La Seyne », Stéphane Sacco, devant une salle de la Bourse du travail remplie et réceptive.

    Le chef de file insiste sur le rôle que joue la commune dans la cohésion sociale, en pointant que « la République ne commence pas dans les palais », mais se manifeste « dans une école municipale rénovée, dans un service public accessible à la portée de tous, dans une mairie qui respecte ses habitants et qui ne laisse personne de côté ».

    Pour y parvenir, il ne s’agit pas de gérer la ville à la petite semaine, mais de savoir se projeter dans l’avenir sur 15-20 ans, insiste-t-il.

    Ce qui ne signifie pas, précise Stéphane Sacco, bien au contraire, de remettre à plus tard les grands chantiers structurants et urgents pour la ville. « Le temps long commence tout de suite et sera pris en compte dès le premier budget », assure le capitaine de la liste.

    Un projet ambitieux

    Il s’agira donc, pour la nouvelle équipe aux manettes, d’agir concrètement dès le premier mandat pour répondre aux besoins des habitants, notamment en matière d’accès aux soins ou « pour que les enfants soient accueillis dans des écoles décentes ».

    Et de reprendre avec emphase : « Nous voulons une ville qui émancipe. Une ville où l’on ne réduit pas la jeunesse à un problème, mais voit en elle la solution pour l’avenir. Une ville où les quartiers ne sont pas des angles morts. »

    La tête de liste a également rappelé quelles étaient les responsabilités de l’équipe dans la lutte contre l’extrême droite. « Partout où la justice sociale recule, là où l’on renonce à expliquer, à élever, à rassembler, d’autres discours avancent », rappelle-t-il. Il s’agit donc d’inverser la vapeur « par une République vivante, exigeante, fraternelle pour toutes et tous ».

    L’occasion pour le capitaine Sacco de mettre en avant son équipe plurielle avec laquelle il compte bien réaliser « ce projet ambitieux ».

    L’ambiance est bien là. Tout le monde a envie d’y croire dans cette campagne.

  • À Gardanne, la gauche met le cap sur la solidarité

    À Gardanne, la gauche met le cap sur la solidarité

    « Nous devons lutter contre l’immobilisme », encourage Jean-Marc La Piana. à Gardanne, le candidat, qui porte la liste « Ensemble, changeons de cap », née d’une union des forces de gauche et écologistes, a tenu son premier meeting de campagne, mercredi soir, en mairie annexe de Biver. Un lieu de « choix. Biver, ce n’est pas une annexe, c’est bien plus que ça, c’est un quartier, c’est même un village ». C’est d’ailleurs ici que devrait être créé, dès le premier conseil municipal, un conseil de quartier.

    Au terme de « six mois de travail » et réunions pour construire un programme, le candidat a pu présenter les grandes lignes de son projet. Il a formulé les premières promesses de campagne. Les colistiers les plus proches ont également été dévoilés. Parmi eux, des visages familiers, issus du Collectif Citoyen Gardanne Biver (CCGB) et de L’avenir nous appartient, groupe d’opposition qu’il mène, réunis désormais dans une même campagne. De nouveaux noms figurent aussi sur la liste. D’un enseignant à un policier municipal retraité, la liste se veut « représentative de nos quartiers, de notre diversité », estime Sylvia Caramanna, coprésidente du comité de campagne.

    Écologie, éducation…

    Chacun des colistiers venus au pupitre a présenté un pilier du programme. Terry Morrant, l’un des plus jeunes membres de la liste, promet « du concret, car une ville attractive ne s’improvise pas », avec marché de producteurs le samedi matin, pour redonner « vie au cœur du quartier ». Côté solidarité, Amélie Barbey (PCF) annonce la mise en place d’une « mutuelle municipale, dispositif qui va permettre d’accéder à une santé complémentaire à des tarifs négociés ». Elle souhaite également « repérer les spécialités manquantes et attirer les professionnels dans les locaux communaux en échange de l’application du tiers payant ». La question du handicap et la concertation avec les associations pour développer de nouveaux projets figurent aussi au programme. « L’inclusion est une intention et des moyens mis à son service », lance Amélie Barbey.

    Un large volet écologique compose aussi le programme. Laurent Deshaies (EELV) promet un « vrai plan de rénovation de la voirie, quartier par quartier ». Avec surtout, d’ici 2028, la fermeture totale et définitive de la décharge de la Malespine. Pour la sécurité des Gardannais, Mohamed Abdellaoui, ancien policier municipal, plaide pour « une police de proximité (…) et la création d’une véritable brigade de l’environnement ».

    Puis Kafia Bensadi, engagée en 2020 aux côtés du maire sortant Hervé Granier, avant de rejoindre l’opposition « parce qu’il n’y a rien de pire que de s’engager et voir jour après jour que les engagements sont reniés », présente l’éducation comme l’une des priorités du mandat : « Nous engagerons le Plan École 2030. »

    Marion Robert a abordé ensuite la gestion des finances municipales. Il s’agit d’abord de « regarder la réalité en face. Nous allons changer de méthode, nous engager dans une ligne transparente et responsable. Nous mettrons fin aux pratiques douteuses et irrégulières qui gaspillent l’argent public ». Non sans citer notamment le fiasco de la Smart City et le récent rapport de la Chambre régionale des comptes.

    Dernier à prendre la parole, Jean-Marc La Piana promet : « Dans cette ville, chaque habitant sera respecté, écouté, considéré. Le mépris et l’abandon c’est fini (…). L’humain sera placé au-delà des logiques financières. »