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  • Hôpital de Martigues : vent debout contre la suppression de congés

    Hôpital de Martigues : vent debout contre la suppression de congés

    Rebelote. Une cinquantaine de personnels de l’Hôpital de Martigues ont manifesté en préambule de la séance du Comité social et économique (CSE) de ce lundi matin à l’appel du syndicat CGT. En cause : la suppression de 5 + 3 jours de congés occasionnels ainsi que de la pause méridienne pour les agents du Centre hospitalier de Martigues. Ces dispositions, fruit d’un accord datant d’une quinzaine d’années, sont des « irrégularités » selon le rapport de la Chambre régionale des Comptes portant sur la période 2019-2023 ( nos éditions du 4/11 et 9/12 ).

    À la sortie de la séance, la secrétaire générale CGT du syndicat de l’hôpital Laure Privat regrette que « le directeur reste sur ses décisions » et qu’« aucune négociation ne soit possible depuis le début au prétexte du rapport de la Cour des comptes ». « Ça va vraiment être compliqué pour la pause méridienne car il est plus facile de l’enlever aux agents administratifs qu’à ceux au pied du lit du patient », détaille la responsable, « on en déduit que certaines catégories professionnelles ne pourraient plus s’absenter du service » dans certains cas.

    Sollicitée sur place, la direction du CH de Martigues a refusé de nous répondre au sujet du dialogue social.

    Un manque criant de personnel

    En marge du CSE, la lectrice de la déclaration de la CGT Valérie Rossero, aide-soignante en cardiologie, insiste sur le fait que, « la suppression de la pose méridienne veut nécessairement dire réduction du personnel », sans compter « l’épuisement à force de faire des jours à rallonge ». « À 58 ans si je passe à 12 heures par jour je ne sais pas comment je gérerais la charge de travail sur mes épaules », se demande la syndicaliste.

    Plus encore, « on nous demande d’être polyvalents car on manque de personnel et on fonctionne en mode dégradé », relève Valérie Rossero. C’est-à-dire « aller combler le manque dans les autres services ou travailler sur plusieurs postes à la fois, et il y a un vrai risque de faire des erreurs », conclut-elle.

    Par un surprenant hasard, l’une des élues CGT au CSE a du précipitamment sortir de la séance pour cette raison. « Il manque du personnel au 7e ! », lâche Fabienne Guibaud en courant. Son collègue infirmier du bloc opératoire, confirme : « La direction n’arrive pas à recruter et il manque la moitié de l’équipe spécialisée au bloc » indique-t-il.

    Alors, les offres d’intérim sont pléthoriques. Sur son téléphone, il montre celles proposées pour la semaine. « Il y a 5 missions de remplacement sur 12h ou pour la nuit » précise l’infirmier, sachant que « c’est entre 10 et 12 en période normale ». « C’est pas en retirant les acquis sociaux qu’on recrutera alors que les gens se barrent » déplore-t-il.

  • Les agriculteurs réclament la vaccination au lieu de l’abattage

    Les agriculteurs réclament la vaccination au lieu de l’abattage

    Alors que le gouvernement fait face à une nouvelle crise agricole, cette fois sanitaire, avec de nombreux blocages, le Vaucluse se mobilise aussi (lire page 21). Dans un département très agricole mais où le maraîchage supplante largement l’élevage, la Confédération paysanne ne reste pas les deux pieds dans le même sabot. Le syndicat agricole a appelé, ce lundi, à la mobilisation pour dénoncer la gestion par l’État de la dermatose nodulaire. Cette maladie qui touche les bovins au nom de laquelle les autorités imposent aux éleveurs l’abattage complet du troupeau dès le moindre cas détecté.

    Une cinquantaine de personnes s’est ainsi retrouvée en tout début d’après-midi devant la cité administrative d’Avignon avant de mener une opération escargot jusqu’à la préfecture où se tenait une réunion, prévue de longue date, sur les normes administratives. « Cet abattage total est le symbole d’une gestion brutale et d’une incapacité à imaginer d’autres scénarios de gestion de crise épidémiologique », dresse Didier Brun, élu de la Confédération paysanne à la chambre d’agriculture. Ce vigneron de Châteauneuf-de-Gadagne dénonce le deux poids deux mesures selon les maladies. « Lorsque la salmonelle avait touché de la volaille, il y avait la possibilité de faire deux tests au lieu d’un », rappelle le responsable syndical.

    Une indemnité de moitié

    Mégaphone en main, débout sur une remorque accrochée à un tracteur, Allan Sorriaux en a gros sur le cœur. À un peu plus de 30 ans dont « 10 d’un travail titanesque » à créer son cheptel de 80 vaches de race Gasconne des Pyrénées, « tous les matins je me lève en espérant que ça ne me tombe pas dessus », redoute cet éleveur installé à Gordes. Si la dermatose venait à toucher l’une de ses vaches, « je n’aurais plus l’énergie de reprendre tout à zéro », confie ce passionné installé dans sa ferme « Les vaches du Luberon ». Et, au-delà du drame sentimental d’éliminer tout un cheptel, n’allez pas lui parler d’indemnisations : « Une vache est estimée entre 2 500 et 3 000 euros, on nous indemnise 2 100 euros bruts dont 44% sont imposables donc au final on perçoit 1 200 euros », décrypte Allan Sorriaux.

    Mais l’éleveur n’est pas dupe des enjeux sur fond de libre-échange et Mercosur. « Si l’on vaccine, on perd le statut d’indemne épidémiologique qui permet d’exporter, or la France est l’un des premiers pays exportateurs de viande bovine », expose Allan Sorriaux, ulcéré par cet « attentat sanitaire qui met à mal l’élevage français au profit du libre-échange ». « Il faut privilégier l’élevage nourricier plutôt que l’agriculture d’export », embraye Didier Brun. La Confédération paysanne réclame la mise en place de la vaccination. « La dermatose tue dans 1% des cas, l’an dernier, lors de la fièvre catarrhale, en 6 mois tous les élevages français avaient pu être vaccinés », fait valoir Allan Sorriaux.

    Parmi les soutiens ce lundi, Raphaël Arnault, député (LFI) et Mathilde Louvain, tête de liste insoumise pour les municipales. Une présence dans le droit fil du positionnement national : « Il y a un manque de discernement avec la volonté de ne pas être dans une étude au cas par cas », souligne Mathilde Louvain, pointant aussi « la répression avec l’envoi de CRS ». Ce mardi, le préfet doit visiter deux exploitations agricoles à Malemort-du-Comtat. Des vergers certes mais la question de la dermatose ne sera pas loin.

  • Face à la menace RN, un appel à l’union de la gauche et des démocrates à Bagnols-sur-Cèze

    Face à la menace RN, un appel à l’union de la gauche et des démocrates à Bagnols-sur-Cèze

    Elle a beau s’être désintéressée* du sort de ses habitants durant tout le mandat qui s’achève, Pascale Bordes fait figure d’épouvantail à Bagnols-sur-Cèze. En 2022, cette avocate d’extrême droite faisait main basse sur la 3e circonscription du Gard. Aux législatives de l’an passé, elle y était encore mieux réélue raflant plus d’un millier de voix supplémentaires. Et voilà que le RN vient de l’investir candidate aux municipales (15-22 mars 2026).

    « Il ne s’agit pas d’agiter une peur, le RN peut gagner la ville », alerte Elian Cellier, le secrétaire de la cellule PCF locale qui (re)lance un grand appel pour « l’union de gauche et de tous les démocrates ». Sans liste de rassemblement, « les candidatures de gauche seraient mort- nées », redoute le socialiste Vincent Poutier qui relaie l’appel de son homologue communiste. Alors que « quand on est unis, on score ! Le NFP l’a prouvé. »

    PCF et PS sur la même longueur d’onde ? Pas si simple. Le travail partenarial n’ayant pas abouti, les socialistes ont désigné leur chef de file (Sylvain Hille) et semblent pencher vers Michel Cegielski, un ancien adjoint du maire macroniste Jean-Yves Chapelet. La position définitive du PS sera donnée en janvier mais V. Poutier concède une « proximité » avec Cegielski. Les communistes, eux, devraient soutenir Philippe Broche. Petit chef d’entreprise dans l’imprimerie, il est connu pour avoir fait ses preuves à la CCI. « On a déjà travaillé avec lui à la réouverture de la ligne de la rive droite du Rhône », insiste Elian Cellier comme gage de confiance. Enfin, sous la bannière « Unitaires 30 », l’élu d’opposition Jérôme Jackel, pro François Ruffin, veut repartir avec une « liste citoyenne ».

    Une ville de 18 000 habitants

    Si l’on ajoute que le maire Jean-Yves Chapelet, bien que décrit par ses opposants comme « affaibli », devrait briguer un nouveau mandat, cela fait beaucoup. Probablement trop dans une ville de 18 000 habitants qui va mal. Après avoir connu son âge d’or grâce à la centrale de Marcoule, Bagnols est une commune « paupérisée, gangrenée par le narcotrafic et le communautarisme », déplore Elian Cellier. Avec l’affaire de l’imam Mahjoubi expulsé ou de la pharmacienne assassinée, le RN pourrait y faire son terreau. D’où l’urgence pour les forces progressistes de prendre leurs responsabilités.

    * En 6 ans, l’élue d’opposition n’a jamais mis un pied au conseil municipal de Bagnols.

  • Hiver comme été, les Suds à Arles frappés par un soleil musical

    Hiver comme été, les Suds à Arles frappés par un soleil musical

    Elle était déjà venue ravir les oreilles des spectateurs arlésiens en 2019 de sa musique tour à tour folk et blues imprégnée de la culture du chant wassoulou. Son nouvel album dans l’escarcelle, dont la sortie est prévue au printemps prochain, la chanteuse malienne Fatoumata Diawara sera de retour au Théâtre antique d’Arles jeudi 16 juillet 2026, ont annoncé les organisateurs des Suds à Arles. Femme courage à la voix puissante engagée dans de nombreux combats, « elle nous revient cet été avec un nouvel opus épuré, aux accents intimistes, livrant avec une belle sincérité ses épreuves de femme, de mère et de fille ». L’un des deux premiers noms dévoilés il y a quelques jours par les organisateurs de ce festival des musiques du monde, dont la 31e édition accueillera également Gaël Faye.

    Se produisant pour sa part au Théâtre antique d’Arles le samedi 18 juillet, cet artiste franco-rwandais viendra à nouveau délivrer un rap sans frontières dont il est coutumier. Un Pili-pili sur un croissant au beurre, imageait sur son premier album, en 2013, ce fruit d’une mère rwandaise et tutsie réfugiée au Burundi, où il est né, et d’un père français. « J’ai été à une école entre un rap qui veut dépeindre les réalités sociales et un rap qui joue avec les mots et la langue française, sans oublier les musiques africaines, la rumba congolaise et la chanson française à texte qui m’ont nourri », a pu expliquer à de nombreuses reprises à La Marseillaise celui qui est également devenu un écrivain à succès. En 2024, il avait été couronné du prix Renaudot pour son deuxième roman Jacaranda.

    Grands et petits poètes

    La déclinaison hivernale du festival, Les Suds en hiver, se déploiera quant à elle du 8 au 15 février 2026, lancée par le chanteur et compositeur Walid Ben Selim qui prêtera « sa voix aux grands poètes soufis Mahmoud Darwich, Rumi, Ibn Arabi, Ahmad Matar ou Nizar Qabbani », au Château de Tarascon – Centre d’art René Anjou, indique un programme qui a pour le moment annoncé quelques autres artistes. Parmi eux, Orange Blossom, groupe qui électrisera les musiques du monde à la salle de l’Étoile de Châteaurenard. Le trio Boucs ! fera quant à lui écouter son rock mêlant des accents anglo-saxons et méditerranéens à la Salle des fêtes d’Arles. De chanson italienne, il sera aussi question à la Salle Mistral de Saint-Martin-de-Crau avec une chorale de 150 enfants et 40 adultes réunis autour d’un répertoire « proposé par la chanteuse et musicienne Maura Guerrera et transmis aux choristes par les chefs de chœur Julien Bellec, Anne-Sophie Chamayou, Anne Cesano-Giordano, Manon Ghobrial et Guylaine Renaud ».

  • [Entretien] Olivier Masini : Dans le Var, « tout le monde peut être Père Noël vert »

    [Entretien] Olivier Masini : Dans le Var, « tout le monde peut être Père Noël vert »

    La Marseillaise : En novembre, vous avez lancé, comme chaque année, la campagne « Père Noël Vert » : expliquez-nous en quoi cela consiste.

    Olivier Masini : Le Père Noël vert, dont on va bientôt fêter les 50 ans, a été mis en place en 1976. Il a pour objectif de donner la main là où le Père Noël rouge ne peut pas passer. Il est vert, car c’est la couleur de l’espoir. La campagne a débuté mi-novembre et se poursuit jusqu’à fin décembre. C’est un moment important, où on a beaucoup d’initiatives réalisées par des partenaires. Des personnes, notamment des salariés d’entreprises, organisent, en lien avec leur direction, des collectes de jouets. Pour certains, c’est la première fois, d’autres le font depuis des années car en général, quand on l’est une fois, on le reste. Tout le monde peut être Père Noël vert. L’important est de porter la solidarité.

    Comment cela s’inscrit-il dans
    le cadre de l’action globale du Secours populaire
     ?

    O.M. : Nous sommes une association généraliste de la solidarité, qui apporte une aide inconditionnelle. Nous voulons permettre à chaque personne en difficulté de remettre le pied à l’étrier, et parfois de retrouver la dignité. A travers nos campagnes, on fait en sorte que les personnes accueillies deviennent aussi actrices de la solidarité. Quand quelqu’un rentre dans un accueil du Secours populaire, personne ne peut dire si les personnes sont des bénévoles ou des personnes accueillies. On crée aussi les conditions pour faire se rencontrer les personnes. On veut montrer que la solidarité est une richesse, d’autant plus dans le contexte d’aujourd’hui.

    Qui sont les partenaires qui vous épaulent sur cette campagne ?

    O.M. : On a des partenariats historiques avec des CSE d’entreprises. J’y suis attaché car cela signifie que le personnel s’attache à l’action solidaire. A ce titre on a, entre autres, des liens de longue date avec le CASI des cheminots du Var et la CMCAS EDF. Ils ont fait leurs arbres de Noël. Grâce à cela, une vingtaine d’enfants ont participé avec les autres enfants du personnel. Ils nous aident aussi sur les autres campagnes de l’année. Mais on a besoin de davantage de CSE, et il suffit d’en parler aux salariés, qui adhèrent en général. On a aussi le monde du sport, avec un partenariat avec le RC Toulon, qui organise un lancé de peluches pour son dernier match de l’année, comme c’était le cas ce dimanche. On a aussi un partenariat avec le Hyères Toulon Var Basket. Vendredi, des enfants du Secours Populaire vont assister au match et rentrer sur le terrain avec les joueurs. C’est bien, car on a l’image d’un fournisseur d’aide alimentaire et vestimentaire. Mais ce qui compte pour nous, c’est l’accès au droit, au sport, à la culture, au loisir, des choses auxquelles on ne pense pas forcément quand on est en grande difficulté. On est aussi soutenu par des associations comme « les Rockeurs ont du cœur ». Les dons sont par ailleurs tracés, car il est normal de rendre compte des actions.

    Combien de personnes vont-elles pouvoir en profiter et que vont-elles recevoir ?

    O.M. : On fait attention, à travers nos partenariats, à s’approvisionner en circuit court, pour avoir des produits de qualité. Il y aura un peu de tout : des colis alimentaires avec du poisson, des friandises, des desserts… Pour les jouets, c’est selon ce qu’on reçoit, en essayant de classer par sexe et âge. On insiste sur les livres, mais les parents peuvent choisir. On ne sait pas encore exactement le nombre de bénéficiaires, mais cela augmente chaque année. Rien qu’à Toulon, au moment de Noël, 500 familles sont suivies. Dans le département, on sera certainement entre 9 500 et 10 000 personnes accueillies. La semaine dernière, ils ont accueilli plus de 100 personnes sur une journée à Toulon, c’est énorme. C’est une réalité sérieuse, il n’y a plus de profil type, et on reçoit autant de jeunes étudiants, bien plus que les autres années, que de retraités.

    Que peut on vous souhaiter pour 2026 ?

    O.M. : Que cette solidarité ne baisse pas. Quelles que soient les difficultés, quand on organise des initiatives et qu’on le fait très largement avec des bénévoles, des personnes accueillies, on se rend compte de l’efficacité de ces projets-là. Il faut qu’ils perdurent et se multiplient. On veut montrer qu’il y a d’autres choix possibles, qu’il n’y a pas de fatalité dans la vie, et qu’on n’est pas isolé quand on vient faire des actions solidaires. La force du collectif permet de faire de grandes choses. Et cela est essentiel dans un contexte où les personnes se renferment sur elles même face aux difficultés. Particulièrement pour les enfants. Notre rôle à ce sujet est important car nous sommes une association d’éducation populaire. On intervient d’ailleurs dans des écoles pour enseigner la solidarité dans le cadre de l’instruction civique. Si on commence à avoir cette vision dés le plus jeune âge, on ne l’oublie pas adulte. Et cette petite lumière vient se rallumer à certains moments de la vie.

  • [Comment préparez-vous les fêtes ?] À Fos-sur-Mer, le coup de pouce d’un chèque municipal

    [Comment préparez-vous les fêtes ?] À Fos-sur-Mer, le coup de pouce d’un chèque municipal

    La mairie n’est pas encore ouverte qu’une file se forme devant ses baies vitrées. À 8h20, le 1er décembre, une trentaine de Fosséennes et de Fosséens patientent déjà dans le vent glacial pour obtenir leurs bons d’achat d’une valeur de 100 euros.

    Lancée en 2014, l’opération « Je défends ma commune, je soutiens mes commerces » est devenue une tradition de fin d’année. Le principe est simple : « Juste avant les fêtes de Noël, on offre un chéquier à chaque foyer de la commune à dépenser en proximité », explique Pascale Brémond, conseillère municipale (SE) déléguée à la dynamisation du commerce et de l’artisanat, soit un budget de près de 650 000 euros pour la Ville. « À ce jour, on a 87 commerces partenaires, ça va de la grande surface à l’offre de service », précise Magali Laurent, cheffe de service en charge du dispositif.

    Bénéfique pour l’économie locale, ce dispositif est aussi, et avant tout, pensé comme un coup de pouce aux habitants, alors que le pouvoir d’achat des Français est en berne. « C’est une priorité pour nous, affirme Pascale Brémond. Tout le monde n’a pas de 13e mois ni de prime de fin d’année, or on sait que c’est une période où on dépense beaucoup. »

    Une aide pour la vie quotidienne

    Assise sur un siège en attendant son tour, une main sur la poussette de son enfant qu’elle est en train de bercer, Malvina, 26 ans, ne se servira pas de ces 100 euros pour acheter des cadeaux. Elle a anticipé tout au long de l’année pour ne pas avoir de trou dans la trésorerie. En revanche, « ces sous m’aident pour le repas de Noël, ça me permet d’aller en boucherie acheter des produits de bonne qualité pour faire plaisir à ma famille que je reçois. Ça fait vraiment la différence par les temps qui courent, où la viande est devenue chère ». Une tendance qui n’est pas isolée. En lien avec les commerces partenaires, Magali Laurent confirme : « Les bénéficiaires se servent de ces sous plus pour la vie quotidienne que pour acheter des cadeaux. »

    Stéphanie, arrivée à Fos-sur-Mer des Alpes-de-Haute-Provence en 2023, compte aussi utiliser ces bons d’achat « pour les courses de Noël » ce mois-ci, en sachant très bien qu’elle peut les dépenser dans les commerces jusqu’au 31 mai 2026. Décembre a beau être synonyme de chaleur humaine et de retrouvailles en famille, c’est bien souvent un mois compliqué. « Pour les personnes qui ont un budget serré, comme moi, c’est un bon coup de pouce », confie cette célibataire maman de trois enfants. « Toutes les villes ne mettent pas en place ce dispositif, loin de là, et franchement on a de la chance », salue-t-elle.

    Jusqu’en 2022, Joëlle n’allait pas chercher son chèque. « Je n’en avais pas forcément besoin, je n’y pensais pas », explique-t-elle sans rentrer dans les détails. Désormais, « les choses ont changé » et cette aide est « vraiment la bienvenue » pour limiter les dépenses.

  • Grand Avignon : un appel à projet pour devenir une des capitales de l’animation

    Grand Avignon : un appel à projet pour devenir une des capitales de l’animation

    L’odeur de peinture fraîche dénote de l’impression d’aisance que dégagent les employés des studios d’animation installés depuis seulement quelques mois dans les locaux de la tout juste nommée Grand Avignon Animation, hôtel d’entreprises des industries créatives qui a ouvert ses portes en début d’année. Un secteur qui a le vent en poupe en Cité des Papes et que l’intercommunalité souhaite pérenniser et développer encore plus avec la candidature à l’appel à projet de l’État « Pôles territoriaux d’industries culturelles et créatives ».

    Un projet monté avec d’autres acteurs locaux pour « inscrire Avignon sur la carte nationale de manière plus globale », explique Antoine Kerrand, directeur général adjoint du Grand Avignon, en charge de l’aménagement et du développement. Et plus concrètement de créer plusieurs parcours et projets. À commencer par la création « d’un compagnonnage complet et innovant » en intégrant une option animation dès le lycée par exemple. Mais aussi d’un nouvel espace dédié aux entreprises avec un studio équipé et mutualisé, avec des salles de formation. Ainsi qu’un développement du festival dédié à l’animation « Loop », dont la première édition s’est tenue début octobre en Cité des Papes. Et enfin d’un « Campus de l’innovation » intégré à la Villa Créative. « Un portail des dispositifs de soutien à l’innovation, une cellule de détection et d’accompagnement des projets innovants, et une animation et médiation scientifique et culturelle », précise l’intercommunalité.

    Déposé en octobre, une réponse est espérée courant 2026. Mais le moins qu’on puisse dire, c’est que ce projet est attendu. Comme pour Laurent Lombard, de l’Université d’Avignon, qui veut « créer de l’osmose dans un contexte morose » avec ce « projet visionnaire pour le territoire et la jeunesse ».

    Installation réussie

    Mais pour ce qui est d’ores et déjà en cours, à savoir l’hôtel de studios d’animation, l’installation se passe bien au vu du fourmillement ambiant. Même si « les choses sont encore balbutiantes », confie Mathieu Morfin, fondateur de Chromatik Studio, l’un des premiers à s’être installé sur le site. Et ce notamment en raison « d’une crise du film d’animation », estimant même que le secteur « est actuellement au fond du gouffre », mais qu’on ne peut en conséquence qu’avoir des perspectives d’évolutions positives dans les mois à venir.

    Un rebond attendu par les acteurs économiques avignonnais. Cathy Fermanian, directrice générale de Vaucluse Provence Attractivité, tout juste sortie des studios Chromatik, se réjouit d’un aboutissement après « un travail de fond de plusieurs années ». Ou encore Joël Guin, président (SE) du Grand Avignon, qui estime que la Cité des Papes est « sur la bonne voie » pour se hisser « au premier rang de l’animation en France ».

  • La Ville d’Aix-en-Provence va finalement devoir accueillir le projet immobilier Géophoros

    La Ville d’Aix-en-Provence va finalement devoir accueillir le projet immobilier Géophoros

    Le 12 novembre dernier, le tribunal administratif examinait un litige opposant la Ville au Préfet autour d’un projet immobilier, porté par la société Geophoros. La municipalité avait refusé de lui délivrer le permis de construire, une décision contestée par la Préfecture, qui demandait au juge de condamner la Ville à l’accorder. Le 4 décembre dernier, le tribunal administratif a donc donné raison à la Préfecture et décide qu’il est « enjoint au maire d’Aix-en-Provence de délivrer à la société Geophoros Aix Saint-Jérôme l’autorisation d’urbanisme sollicitée dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement » en annulant l’arrêté du 24 avril 2024, portant refus du permis de construire.

    Pour mémoire, le chantier porté par la société Géophoros, filiale du groupe Bouygues Immobilier, doit s’implanter sur l’ancien site d’Enedis le long de l’avenue Saint-Jérôme. La municipalité estimait notamment que le projet immobilier réparti en deux bâtiments R+4 de 168 logements
    – dont une quarantaine de logements locatifs sociaux – ne s’intégrait pas dans le paysage urbain, risquant ainsi de dénaturer le paysage urbain. Le tribunal a estimé que « le projet s’insère dans un quartier périphérique urbain, la parcelle d’assiette étant entourée de plusieurs immeubles modernes en R+4 ainsi que de quelques habitations individuelles », allant ainsi dans le sens des conclusions du rapporteur public. Sollicitée, la Ville n’a pas dit si elle faisait appel de la décision. E.B.-G.

  • L’église Saint-Martin d’Arenc : un scénario à l’horizon 2033

    L’église Saint-Martin d’Arenc : un scénario à l’horizon 2033

    « C’est encore lent et encore long mais de l’argent public est mis sur la table pour que ce quartier un peu endormi vive. C’est vrai qu’il faudra encore trouver un porteur de projet » a reconnu la conseillère métropolitaine Solange Biaggi (LR), vendredi, lors de la réunion publique présentant les jalons d’une renaissance de l’église Saint-Martin d’Arenc en péril rachetée en 2018 au diocèse.

    « Le Département a pris l’engagement de réhabiliter ce bâtiment, de conforter sa structure et ses fondations avec des micropieux. En parallèle des marchés de travaux, on lancera un appel à manifestation d’intérêt avec un cahier des charges qui aura été écrit en fonction de ce que vous, riverains, CIQ, élus, Euromed et le Département, souhaitez pour ce bâtiment et son jardin » a ajouté la conseillère départementale déléguée à l’aménagement du territoire, aux équipements structurants, Laure-Agnès Caradec (LR) qui évalue à 10 millions d’euros la seule phase de confortement.

    Les études des besoins pilotées par PR’Optim, l’agence de programmation architecturale et urbaine, convergent pour un aménagement de l’église en 4 unités fonctionnelles, une visibilité de la nef jusqu’au chœur. La concertation est unanime « pour conserver ce patrimoine, en faire un lieu fédérateur, une forme de cœur de village avec une mixité d’usages ». Une fois l’édifice consolidé, ce ne sera pas un équipement public. Il s’agit après validation de créer un lieu ouvert 7 jours sur 7, sur le quartier valorisant le jardin, confié à un gestionnaire privé avec plusieurs exploitants.

    Le calendrier prévisionnel livre les jalons d’une opération de longue haleine : lancement en 2026 d’un marché de maîtrise d’œuvre pour des travaux de confortement et sur le clos et couvert en 2028 et 2029, une longue phase d’observations de la stabilité de l’ouvrage et de son clocher avant le choix, en 2030, d’un porteur privé. Un marché de restauration finale serait alors lancé en 2031 pour une livraison en 2033. On l’a compris, l’impatience n’est pas permise.

  • À Marseille, le Secours populaire a offert des repas étoilés aux jeunes

    À Marseille, le Secours populaire a offert des repas étoilés aux jeunes

    Velouté de panais au miel en entrée, cuisse de poulet rôtie accompagnée de polenta, de courge et de crème à la châtaigne et banana bread. C’est le repas que les chefs étoilés Aurore Danthez et Ilane Tinchant, ancien participant de Topchef, ont concocté ce samedi pour 250 étudiants et jeunes marseillais. Organisé par le Secours populaire, le but de l’événement est simple : offrir un repas de fête et un peu de convivialité à ces jeunes qui sont souvent précaires et parfois seuls à ce moment-là de l’année.

    Pour cette 5e édition de distribution de repas de Noël, le Secours populaire a choisi de permettre aux participants de manger sur place, grâce au centre social de Malpassé, qui leur a prêté gratuitement une salle. Avant même que les repas arrivent, ils sont déjà une dizaine à être installés sur de grandes tables, décorées de guirlandes et de boule de Noël avec Mariah Carey en fond musical. Invités par mail, via leur école, le Secours populaire ou la mission locale, ils sont nombreux à avoir fait le déplacement, seuls ou à plusieurs.

    Kamelia, Ouassim, Walid et Abdelkrim, tous en master d’informatique sur le campus de Luminy, sont venus ensemble, pour partager ce moment. C’est Kamelia qui a amené la petite troupe jusqu’ici. « Moi et Abdelkrim, nous sommes inscrits au Secours populaire depuis un an pour avoir accès à l’aide alimentaire, explique la future informaticienne. On l’avait loupé l’année dernière. C’est bien ce qu’ils font, surtout que ce soit halal, ça nous permet d’en profiter aussi », précise-t-elle.

    « Un repas en plus »

    Contrairement au petit groupe, beaucoup ne resteront pas pour manger sur place, par timidité ou par manque de temps. Mais ce repas offert est d’une grande aide pour eux. « ça me fait un repas en plus à la maison, explique Emeline, 24 ans en recherche d’emploi. J’habite seule, et je n’ai que l’aide de la mission locale, donc c’est assez compliqué. Mais je ne reste pas, parce que je ne connais personne ». Amir et Mohammed prennent également le repas à emporter. « On va aller à la bibliothèque, parce qu’on a des examens la semaine prochaine », confient ces étudiants en BTS de conception des processus de réalisation de produits. Mais Amir, qui est également bénévole au Secours populaire tenait à venir. « L’association m’a beaucoup aidé quand je suis arrivé à Marseille, donc j’essaye d’aller à tout ce qu’elle organise, et quand j’ai du temps j’aide aussi. »

    Un moment de rencontre pour les usagers mais aussi pour les bénévoles. Dont Romuald, alternant en éco-énergétique et bénévole depuis 6 mois au sein de l’association. « Ce genre de moment c’est bien pour nous, ça nous permet de rencontrer d’autres jeunes comme nous, et on peut s’amuser ». Une sociabilité importante pour ce Béninois qui ne rentrera pas voir sa famille pendant les fêtes.

    Alors que l’isolement et la précarité augmentent partout, et en particulier chez les 18-30 ans, l’événement a attiré du monde. Jusqu’à 18h, plus de 200 personnes sont venues récupérer leur repas étoilé. À l’occasion des 80 ans du Secours populaire, ils ont tous pu partir avec une carte-cadeau Cultura d’un montant de 20 euros.