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  • Les insoumis veulent encore croire à la fusion à gauche

    Les insoumis veulent encore croire à la fusion à gauche

    Après avoir déjà émaillé la campagne du premier tour, les appels à se désister ou à fusionner entre les deux listes de gauche face au risque RN prennent cette fois une tournure concrète. Dès le dimanche soir, au moment où tombaient les premiers résultats, Sébastien Delogu a ainsi adressé un texto au maire (DVG) sortant de Marseille pour le féliciter de son score et prendre attache en vue d’une fusion, avant d’échanger avec un membre de son entourage. Avec une fin de non-recevoir. « C’est une position irresponsable qui pourrait donner les clés de Marseille au Rassemblement national », déplorait immédiatement dans la nuit le député LFI.

    Alors quand pour abréger le débat Benoît Payan déposait dès ce lundi midi sa liste en préfecture pour le second tour, le parlementaire s’empressait d’appeler ses électeurs à aller manifester le soir même devant la mairie. « Nous appelons le peuple de Marseille à faire entendre sa voix pour créer les conditions d’un rassemblement et battre définitivement l’extrême droite », lançait-il. Message entendu par environ un millier de manifestants selon la préfecture de police qui se sont rassemblés devant l’hôtel de ville, en l’absence du candidat. « C’est un appel citoyen pour dénoncer l’attitude irresponsable du maire de Marseille, défendait sur place l’adjoint en dissidence Sébastien Barles (Vaï!). 80% du peuple de gauche souhaite l’union, le RN est aux portes du pouvoir, il y a nécessité ! » En ligne de mire, l’espoir d’un retrait de la liste déposée le midi même pour en présenter une nouvelle fusionnée avant la date butoir ce mardi soir. Un espoir d’autant moins probable quand le rassemblement est parti en cortège pour rallier la permanence de campagne du Printemps marseillais, dégradant au passage ses murs, avec des slogans et des pancartes ciblant directement Benoît Payan. Au même moment se tenait une réunion de la coordination de campagne pour trancher sur la décision à prendre. « Si Martine Vassal s’était retirée, nous aurions dû le faire, mais son maintien change tout », confiait un cadre de Vaï. Le choix final n’avait pas encore été diffusé à l’heure où nous écrivons ces lignes.

  • Benoît Payan dépose sa liste sans les insoumis

    Benoît Payan dépose sa liste sans les insoumis

    Après quarante minutes dans le huis clos de la préfecture de région ce lundi midi, Benoît Payan pouvait annoncer à la presse qu’il avait déposé sa liste pour le second tour « dans les formes, telle que nous l’avions déposée au premier tour, dans les huit secteurs et à la mairie centrale ». Au lendemain d’un premier tour qui donne le maire (DVG) sortant de Marseille talonné par le Rassemblement national avec seulement 4 746 voix d’avance (36,70% contre 35,02%), celui-ci n’a pas voulu faire durer le suspense et a immédiatement fermé la porte à une fusion avec la liste menée par le député LFI Sébastien Delogu.

    Campagne brutalisée

    « Moi je n’appelle pas les gens à se retirer, je veux que les choses soient claires, insiste Benoît Payan. Chacun prend ses responsabilités, chacun est devant son destin. Certains auraient pu sortir par le haut en disant je me retire, et c’est grâce à moi que le Rassemblement national ne va pas gagner. Je ne leur ferai pas le plaisir de leur demander quoi que ce soit. »

    Il tourne ainsi le dos aux voix à gauche qui appelaient à la fusion des deux listes, à l’image du député (l’Après) Hendrik Davi qui estimait dans la matinée que « c’est absolument indispensable si nous ne voulons prendre aucun risque d’une victoire du RN », appelant à un rassemblement dans la soirée devant l’hôtel de ville. Une possibilité qui avait servi d’argument à la droite dans la campagne pour dissuader les électeurs centristes de porter leurs voix sur le maire sortant.

    « Il ne peut pas y avoir de magouille, le combat contre le Rassemblement national ne se monnaie pas, argumentait Benoît Payan avant d’entrer en préfecture. Il m’est arrivé dans ma vie d’être dans cette situation : à trois reprises, je me suis désisté. » Une décision qui a l’avantage d’éviter de diviser une majorité qui pourrait ne tenir qu’à quelques sièges, mais qui vient solder aussi une campagne de premier tour « brutalisée », dans laquelle le candidat insoumis a joué la carte du dégagisme en ciblant particulièrement la municipalité, qualifiée de « système clientélaire corrompu ». « Sébastien Delogu disait que son ambition c’est que Benoît Payan ne soit plus maire, il est devant ses propres contradictions », souffle l’édile à la fin de sa conférence de presse. Une stratégie perdante : le parlementaire n’a réalisé qu’à peine plus d’un tiers des voix de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle. Alors si Benoît Payan ne l’appelle pas à se retirer, il n’hésite pas à affirmer qu’il l’aurait fait à sa place, et met la pression : « S’il se maintient, il a tout perdu. » « ça c’est sûr », acquiesce largement Samia Ghali (DVG), menaçant ouvertement de se présenter contre lui pour les législatives. « Pendant six mois nous avons été le seul adversaire, chacun doit prendre ses responsabilités », soupire l’adjointe sortante (PCF) Audrey Garino. « Nous sommes à un moment charnière de l’histoire et de notre ville, et de notre pays, le message qu’enverra Marseille aura des résonances bien plus larges », s’inquiète-t-elle.

    « Cette ville doit rester fraternelle »

    « Il faut aussi aller chercher les abstentionnistes, beaucoup ne sont pas allés voter, pointe la première adjointe (EELV) Michèle Rubirola. Il faut leur dire que le RN ce n’est pas n’importe quoi, avec le RN il n’y a plus de subventions aux associations, qui sont le ciment de notre ville. »

    « Dimanche prochain nous allons montrer que cette ville doit rester fraternelle et qu’elle appartient à tous ses enfants », promet pour sa part Benoît Payan.

    « À trois reprises, je me suis désisté »

  • Transfert forcé des demandeurs d’asile

    Transfert forcé des demandeurs d’asile

    Ils ont fui la guerre, les conflits armés, la persécution, la torture, la prison, ont été placés dans un centre d’accueil de Sisteron, et vont devoir encore déménager sous la contrainte. 51 demandeurs d’asile vont être transférés au centre d’accueil de Digne-les-Bains, celui de Sisteron devant fermer ses portes entre avril et juin. Pour l’association qui leur vient en aide, Solidarité Réfugiés Sisteron, il n’y a pas de doute : « C’est une question d’argent et d’économies. » À Digne-les-Bains, ils seront hébergés dans un centre où se trouvent déjà plus de 130 autres demandeurs d’asile, dans des chambres partagées, dans un ancien hôpital, avec des conditions bien moins confortables.

    « L’impression

    d’être un objet »

    Les deux anciens travailleurs sociaux du centre d’accueil n’avaient déjà pas été remplacés à leur départ, laissant un avenir incertain pour le site, sur lequel il ne reste plus qu’une seule travailleuse sociale pour les 51 demandeurs d’asile. « On est consternés. On a travaillé pour les intégrer. Trois familles ont des enfants scolarisés à Sisteron », regrette André Bach, le président de l’association Solidarité Réfugiés Sisteron. Une famille rwandaise vient notamment d’arriver dans le centre de Sisteron il y a à peine trois semaines, et va déjà devoir repartir. D’autres viennent d’Afghanistan, de Syrie, du Bangladesh, de la Côte d’Ivoire, du Nigeria ou encore du Soudan.

    « Cela les affecte tous. Certains sont déjà dans une situation très instable. D’autres sont là depuis un moment et ont pris leurs marques », déplore Michèle Giamarchi, qui leur donne des cours de français. « Ils ont déjà l’angoisse liée à leur statut, et on les fait déménager, changer d’intervenant social. » La première chose dont ils se sont inquiétés quand ils ont appris leur transfert, c’est les cours de français. À Digne, ils n’auront qu’un seul cours par semaine, alors qu’ils en ont actuellement cinq, grâce à l’association Solidarité Réfugiés Sisteron. « Il y en a un qui m’a dit “j’ai l’impression d’être un objet” », relate Michèle Giamarchi.

    Ce centre d’accueil avait été ouvert au moment du démantèlement de la jungle de Calais. Deux cars remplis de demandeurs d’asile étaient alors arrivés à Sisteron.

  • À Avignon, les listes PS et LFI feront front commun dimanche

    À Avignon, les listes PS et LFI feront front commun dimanche

    Certains diront que c’était cousu de fil blanc. Voir, ce lundi soir, David Fournier (PS) et Mathilde Louvain (LFI) sceller un accord en vue du second tour ne relève pas de la surprise tant les candidats, à l’inverse des anathèmes nationaux entre leurs partis respectifs ou de la situation voisine à Marseille, ne se sont jamais invectivés. À gauche depuis deux mandats, une fusion des listes était impérative pour prendre la relève de Cécile Helle (PS), qui ne se représentait pas. Car dimanche, David Fournier (19,89%) a devancé Mathilde Louvain (19,03%) d’un cheveu (234 voix). Mais le binôme est assez en retrait du duo de tête, Olivier Galzi (DVD, 27,04%) et Anne-Sophie Rigault (RN, 25,52%).

    « On a tremblé jusqu’au bout mais ces tremblements seront utiles aux forces de gauche », se satisfait David Fournier, ce lundi soir lors d’un point presse commun. L’adjoint PS reste tête de liste qui garde son nom, Ensemble et solidaires, quand Mathilde Louvain en sera 4e. Rémy Blanc, conseiller départemental PCF, second de liste initial avec LFI, sera 3e. « Nous avons fonctionné équitablement », assure David Fournier, qui a eu quitus d’Olivier Faure, premier secrétaire du PS, pour cet accord. Mathilde Louvain, à sa demande, ne sera pas adjointe en cas de victoire comme l’ensemble des colistiers insoumis. « Nous voulons avoir un groupe autonome dans une majorité qui soit fonctionnelle et garder une cohérence de vote en toute loyauté », défend-elle.

    Place publique

    et le PRG en retrait

    Avec une acuité sur les marqueurs de son programme, comme le logement social, le contrôle des locations saisonnières ou délégation élargie sur l’action sociale. « Nous faisons front commun contre la droite extrême et l’extrême droite pour plus de justice sociale », souligne l’insoumise.

    Si côté Mathilde Louvain, soutenue aussi par Génération.s membre actuel de la majorité, la volonté de tendre la main à l’autre liste de gauche a toujours été claire pendant la campagne, David Fournier renvoyait la question à « une décision collégiale » au soir du second tour. Seuls une dizaine de colistiers se sont désolidarisés de l’alliance. Fidèles à la ligne rouge récusant tout accord avec LFI, Place publique et le PRG ont respectivement rapidement acté lundi leur retrait. Sympathisant de Place publique, Claude Nahoum, 1er adjoint sortant, un temps maintenu sort finalement bien de la liste.

    Cette fusion promet en tout cas de chaudes retrouvailles entre plusieurs candidats. « L’enjeu et l’intérêt politique sont tels que chacun avalera des couleuvres », sait bien Jean-Pierre Cervantès, élu écologiste d’opposition, retiré de la liste de David Fournier. Son parti va retrouver Sabah Badji, ex-cheffe de file écologiste puis suspendue pour avoir soutenu Mathilde Louvain. Farid Faryssy, ex-insoumis désavoué par le national pour les municipales au profit de Mathilde Louvain, est aussi maintenu (13e), malgré son départ fracassant de LFI. Dans l’autre sens, David Fournier retrouvera Zinèbe Haddaoui, cheville ouvrière du mouvement Avignon collectif. L’adjointe aux sports a été une encartée éphémère au PS, battue il y a près d’un an lors d’un vote interne qui avait mis sur orbite David Fournier pour les municipales. « On a travaillé ensemble pendant deux mandats, ce n’est pas parce qu’on prend une orientation différente que nous perdons les mêmes valeurs », estime la tête de liste. Il assure n’avoir mis aucun veto de noms et inversement. « Au-delà des personnes, ce qui compte c’est les devoirs que nous devons à la population », prévient David Fournier. « On sera là pour le rappeler », embraye Mathilde Louvain dans un sourire. « Il n’y en aura pas besoin », conclut David Fournier.

  • Les deux listes de gauche s’unissent pour remporter Gap

    Les deux listes de gauche s’unissent pour remporter Gap

    Ce n’est pas un accord entre deux personnes mais entre deux dynamiques collectives, deux équipes », a annoncé Elie Cordier devant la préfecture de Gap ce lundi après-midi. Agir ensemble pour Gap, tel sera le nom de cette liste créée par un accord entre Union pour Gap d’Elie Cordier et Ambitions pour Gap 2026, le mouvement citoyen mené par Charlotte Kuentz. Les deux têtes de liste ont annoncé le dépôt de cette nouvelle liste côte à côte après des discussions entamées la veille au soir, à la suite des résultats du premier tour. « Quand il y a une possibilité de victoire, on n’a pas le droit de décevoir les Gapençaises et Gapençais », a rappelé Elie Cordier.

    Un exécutif issu des deux listes

    L’équipe d’Ambitions pour Gap a obtenu trois postes éligibles d’adjoints à la Ville de Gap et deux postes de vice-président à la Communauté d’agglomération Gap-Tallard-Durance. « Les trois adjoints seront affectés à l’urbanisme et au logement, à l’éducation, et au volet solidarité et participation citoyenne, a précisé Charlotte Kuentz. Les deux vice-présidences seront chargées de l’attractivité du territoire et du traitement des déchets et environnement. » Les deux têtes de liste ont tenu à remercier l’engagement des colistiers des équipes respectives qui n’ont pas figuré sur la nouvelle liste. « On appelle à une mobilisation massive dimanche, tous ceux qui veulent un nouveau souffle pour la ville de Gap sont invités à se mobiliser », a encouragé Elie Cordier.

    Cet accord, il aura fallu une nuit et presque une journée de tractations. Les résultats tombés dimanche ont gratifié la liste d’Union de la gauche d’Élie Cordier de 26,91% des suffrages et la liste citoyenne de Charlotte Kuentz de 18,68%. Le soir même, Elie Cordier a d’abord proposé au mouvement citoyen de Charlotte Kuentz la création d’un « conseil citoyen au sein de la municipalité doté de ses propres moyens et d’agents municipaux dédiés ». Une offre qui n’a pas été retenue. C’est finalement une alliance constituée spécialement pour le second tour qui a été réalisée. Cette nouvelle liste a, en théorie, toutes ses chances pour dépasser la liste Gap en confiance de Roger Didier si elle parvient à rassembler toutes les voix de gauche. Mais le scrutin demeure fort incertain d’autant que le candidat RN Raphaël Leroux, arrivé avec 10,94% des voix, se maintient au second tour.

  • André Kabile, un emblème nîmois, est parti

    André Kabile, un emblème nîmois, est parti

    Il ne fait qu’un avec le vieux Nîmes Olympique. Il ne fait qu’un avec le mythe du stade Jean-Bouin. À l’époque des Trente glorieuses et de sa dynamique industrielle, Nîmes était l’épicentre du football du Languedoc. Au cœur de ce club, il y avait un Martiniquais comme symbole : André Kabile. Ce gaillard, qui a fait toute sa carrière avec les Crocodiles, est décédé vendredi 6 mars d’un cancer de l’estomac à l’âge de 87 ans.

    « Il est devenu une légende et les légendes ne meurent jamais », confie Michel Mézy, qui a joué durant dix ans à ses côtés. « C’était un homme très attachant et humble, qui avait des ressorts moraux et physiques au-dessus de la moyenne », précise l’ancien milieu de terrain international (17 sélections).

    « C’est un type important »

    Michel Mézy (77 ans), talent d’alors, s’est révélé au côté d’André Kabile, rugueux défenseur. « Je me suis élevé à ses côtés. J’avais 16 ans quand il est arrivé à Nîmes. J’ai joué dix saisons avec lui. J’ai débuté avec lui, j’ai joué avec lui jusqu’à la fin. C’est un type important », rappelle l’ancien conseiller du président de Montpellier. Un type important pour Nîmes, un type important pour lui.

    Kabile est né à Saint-Esprit (Martinique). À son arrivée en Métropole, il est repéré à Port-Saint-Louis (Bouches-du-Rhône) par Kader Firoud, ex-entraîneur de Nîmes. Dès lors, il s’installe sur le côté gauche de la défense des Crocodiles. Il y dispute 534 matchs entre 1974 et 1979. Un record.

    Il devient vice-champion de France en 1972 au côté de Landi, Augé, Vergnes, Adams… Et juste derrière l’OM de Josip Skoblar et de l’ailier suédois Roger Magnusson. « Cela a été un arrière latéral de grand talent, il savait se faire respecter. Il ne se laissait pas faire, mais il ne commettait pas d’attentats contrairement à ce que j’ai pu entendre parfois », nuance Michel Mézy,

    Fidèle à Nîmes

    Kabile taille sa propre légende. Et entre de plain-pied dans la mémoire de Nîmes. L’ancien Stéphanois Patrick Revelli, surnommé le Gaulois, se régalait de leurs duels. Des duels francs, loyaux et dénués de complaisance. Sans coups bas mais de haute lutte.

    Le 4 mai 1976, quelques jours avant la finale de la Coupe des champions à Glasgow, les deux hommes s’étaient défiés pour un énième duel que l’on attend comme une gourmandise. Ils n’avaient pas cédé à ce « match de bouchers » où Gérard Farison et Christian Synaeghel, blessés, y ont laissé leurs places en finale. Et un goût d’inachevé.

    André Kabile avait gardé sa ligne de conduite. Fidèle à lui-même, fidèle à Nîmes, avec lequel il n’aura fait qu’un.

  • Saez revient aux commandes

    Saez revient aux commandes

    Il a à peu près tout connu à sa tête, mais il ne s’attendait pas à une telle année. Jean-Louis Saez, homme fort des filles de Montpellier, a entamé le 11 mars face à Lens une nouvelle expérience. Celle de pompier de service.

    Ce technicien respecté ne fait pas de miracles. Son équipe a perdu le match de la peur face à Lens (2-1) et a plongé à la dernière place. « On a un pied en D2, mais on n’a pas dit notre dernier mot », consent-il.

    Jean-Louis Saez, ancien directeur sportif, a été intronisé dans l’urgence à la tête de l’équipe féminine de Montpellier, engagée dans la course au maintien en Première Ligue.

    Saez (58 ans) a succédé jeudi 5 mars à l’ancien entraîneur Yannick Chandioux, démis de ses fonctions le 11 février et remplacé provisoirement par son adjoint Baptiste Merle. L’ex-coach, âgé de 50 ans, dirigeait l’équipe montpelliéraine depuis l’été 2021, où il était arrivé en provenance de Dijon. Il a payé les mauvais résultats de son équipe, plongée à la dernière place de la Première Ligue après avoir concédé 11 défaites en 15 journées.

    Saez possède une expérience certaine de l’équipe féminine qu’il a dirigée durant six saisons (2013-19) et lui a permis de disputer le quart de finale de la Ligue des champions face à Chelsea. Le fils de Louis Saez, décédé en décembre, a par ailleurs l’avantage d’avoir créé le centre de formation et donc de connaître les jeunes joueuses, envoyées au feu pour sauver le club en pleine transition.

    Cet entraîneur fédérateur, proche de Laurent Nicollin, avait vécu aux premières loges la vente du club au cours de l’automne. Début octobre, la famille Nicollin, pionnière du football féminin en France, a vendu la section féminine à Crux Football, dirigé par l’ancienne internationale néo-zélandaise Bex Smith. Montpellier, pionnier de la professionnalisation du football féminine, n’avait jamais connu jusque-là un parcours aussi compliqué.

  • Comparutions immédiates : « une justice d’abattage » ?

    Comparutions immédiates : « une justice d’abattage » ?

    Chaque soir à 20h, du 11 au 14 mars, le théâtre Jean-Claude Carrière, situé au Domaine d’O, propose une représentation de la pièce de théâtre Léviathan, mise en scène par Lorraine de Sagazan. Fruit de nombreuses rencontres avec avocats, magistrats, victimes et détenus, ce spectacle s’intéresse aux lacunes de la justice institutionnelle, et en particulier aux comparutions immédiates. « Cette procédure simplifiée et expéditive, qui est une exception française, juge l’auteur présumé d’une infraction à sa sortie de garde à vue. Publique et durant en moyenne moins de trente minutes, elle est de plus en plus répandue et favorise largement l’incarcération puisque 70% des peines prononcées correspondent à des peines de prison ferme », indique Lorraine de Sagazan dans la note d’intention de son spectacle.

    Un spectacle auquel s’associe, dans le cadre d’un partenariat national, la Ligue des droits de l’Homme (LDH). En amont de la dernière représentation, samedi 14 mars, la section locale de Montpellier organise donc, de 16h à 18h au théâtre Jean-Claude Carrière, une table ronde sur le sujet.

    « Prime à l’accusation »

    Se succéderont un avocat, un magistrat ainsi que des représentants du Spip (Service pénitentiaire d’insertion et de probation) et d’une association, Wake Up Café, qui vient en aide à cette structure officielle. L’avocat montpelliérain membre de la LDH Jean-Jacques Gandini animera cet échange, en amont duquel il a assisté à quatre audiences de comparutions immédiates au tribunal correctionnel de Montpellier.

    Le caractère expéditif de cette procédure, désormais massivement appliquée dans le cadre des mobilisations sociales (Gilets jaunes, réforme des retraites, émeutes dans les quartiers populaires), réduit les droits de la défense. « C’est est un moyen pour évacuer les flux. C’est une justice d’abattage, un peu caricaturale, où la prime est donnée à l’accusation et où la défense a une part congrue », résume Jean-Jacques Gandini. Qui pointe également le côté discriminant de cette procédure : « Les gens qui passent en comparution immédiate sont pratiquement tous issus des classes sociales défavorisées, avec des revenus très faibles quand ce ne sont pas des SDF. Il y a aussi pas mal d’étrangers, car précaires eux aussi. »

  • À Carpentras, la gauche prête à discuter pour éviter l’extrême droite

    À Carpentras, la gauche prête à discuter pour éviter l’extrême droite

    Alors que l’extrême droite est aux portes de l’Hôtel de ville à l’issue du 1er tour, la stratégie des deux listes de gauche est scrutée de près. Pour rappel, le député RN Hervé de Lépinau est arrivé en tête (26,71%) et va compter sur l’appui de Bertrand de la Chesnais (div extrême droite, 14,33%) et de Christian Richaud-Simoni (9,51%), le 1er candidat RN désinvesti ensuite suite à la polémique sur ses tweets racistes. « Toutes les forces patriotes doivent se positionner derrière lui [de Lépinau] », intime ce dernier lundi.

    En face, le maire sortant DVG Serge Andrieu (25,17%) a devancé de peu son prédécesseur, Francis Adolphe (24,29%), qui avait du quitter son poste en 2018 après avoir été condamné pour violences conjugales. Dimanche, Serge Andrieu demandait le retrait de Francis Adolphe. Fin de non recevoir ce lundi de ce dernier qui, dans un communiqué, appelle à la fusion. « En se rassemblant nous pouvons convaincre encore plus, la conscience collective est plus forte que les égos », invite Francis Adolphe, appelant à la discussion.

    En réponse, Serge Andrieu entrouvre la porte : « Je suis prêt à discuter de nos propositions et à échanger pour trouver un consensus capable de rassembler tous les Carpentrassiens qui ne veulent pas voir notre ville tomber entre les mains de l’extrême droite», expose-t-il.

    En ce début d’après-midi, aucune heure de rencontre n’avait été fixée entre les deux hommes. Dans le détail cumulé du 1er tout, l’extrême droite a une mini avance de 100 voix sur les deux listes de gauche sur les 11 000 exprimées. Les 46 % abstentionnistes seront aussi à mobiliser pour faire pencher le scrutin.

  • La vague brune pour l’heure encore contenue à Toulon

    La vague brune pour l’heure encore contenue à Toulon

    Première satisfaction : le pire a été évité ce dimanche. Les prévisions les plus pessimistes il y a encore quelques mois donnaient en effet l’extrême droite gagnante dès le premier tour dans le Port du Levant. Les Toulonnais ont peut-être finalement pas la mémoire si courte que ça et se souviennent du désastre de 1995, à la fois économique et moral dans lequel la ville s’était effondrée. Pour autant vu le score obtenu par la candidate RN Laure Lavalette en remportant près de 40 % des suffrages exprimés, la menace est loin d’être écartée à ce jour. Loin s’en faut même.

    La maire sortante Josée Massi arrivée en deuxième position (30%) va devoir pour commencer faire le plein des voix de gauche. Magali Brunel pour Toulon en commun (qui a l’heure où nous mettons sous presse est à un peu moins de 10%) déclare dès la fermeture des bureaux : « Laure Lavalette et l’extrême droite peuvent conquérir Toulon. C’est un risque réel auquel nous ne pouvons nous résoudre. Face à ce danger pour les valeurs républicaines, pour le vivre-ensemble et pour l’image de Toulon, la responsabilité des forces démocratiques est claire : se rassembler. » Une main tendue à Josée Massi « pour ouvrir sans attendre un dialogue ».

    Michel Bonnus (16%) avait lui de son côté expliqué clairement depuis le début de la campagne, faisant plus qu’espérer pouvoir en bénéficier, que le candidat arrivé 3e devrait purement et simplement se retirer du jeu, se souvenant du scénario fatidique d’il y a 3 décennies avec une triangulaire qui avait installé le Front national à la mairie. Des engagements semble-t-il un peu oubliés dimanche soir. Enfin rien d’aussi tranché. Mais on est persuadé que l’ancien rugbyman sait sortir du stade la tête haute et avec panache même sans l’avoir emporté.

    Sauver l’honneur dimanche prochain

    Tout le monde doit jouer le jeu pour battre Laure Lavalette. pour permettre à Josée Massi de pouvoir dimanche prochain sauver l’honneur des Toulonnais en recueillant toutes les voix de ceux qui ne veulent pas que les valeurs rances de division et de repli du Rassemblement national viennent mettre à mal la concorde et l’avenir de la ville. On jugera sur pièce les révolutionnaires et soi-disant gaullistes… d’opérette.

    La maire sortante sans étiquette ne s’est départie dimanche soir ni de son calme ni de son humilité, et préciser : « Toulon mérite d’être gouvernée dans le rassemblement et dans la dignité et dans l’efficacité. »

    La plus grande prudence est en effet de mise, et ce même si l’arithmétique ce soir plaide en sa faveur, l’ancienne prof de maths est consciente que la semaine qui s’ouvre ne va pas être la plus facile de la campagne mais au contraire concentrer beaucoup de difficultés et être le théâtre d’attaques débridées du Rassemblement national. Comptons sur ses talents d’écoute et le respect de son opposition pour conduire dimanche prochain les Toulonnais à la victoire, ou du moins à sauver leur honneur, ce qui n’est pas rien.

    Rien d’infranchissable au regard de son parcours et de la fibre sociale qui l’a toujours animée. De quoi pour les plus rétifs au front républicain « Oser Josée » sans renier ses idées. À moins d’accepter de contempler sans broncher l’arrivée du parti à la flamme et le laisser dans le Port du Levant présider à nos destinées pendant six ans.

    Le choix est vite fait.