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  • À Aubagne, gauche et centre font front commun pour l’alternance

    À Aubagne, gauche et centre font front commun pour l’alternance

    Salle comble. La fusion a rassemblé, plus que des listes, des soutiens. Jean-Pierre Squillari, à la tête de la liste Aubagne en commun (union de la gauche hors LFI), arrivée à 23,35% des suffrages exprimés au premier tour, et Giovanni Schipani (DVD), tête de liste d’Aubagne mérite mieux (16,1%), fusionnent pour le second tour. Le meeting, organisé mercredi soir dans la salle du Bras d’or, a rassemblé colistiers, militants et habitants venus apporter leur soutien à cette nouvelle liste, à un moment charnière de la campagne.

    La soirée a été introduite par un discours bref, mais à la symbolique forte : Yohann Otokpa, ex-colisitier du candidat Mohammed Salem désormais allié à Gérard Gazay, est venu apporter son soutien à la liste de Squillari, appelant à la mobilisation « pour aller chercher la moindre voix, pour que l’on retrouve Aubagne ». L’un après l’autre, les deux nouveaux alliés se sont ensuite adressés aux centaines d’habitants venus les soutenir. L’occasion pour Giovanni Schipani de justifier son alliance avec Jean-Pierre Squillari, « faite sur des valeurs de solidarité, pour battre le candidat sortant mais aussi pour éviter le pire ».

    Faire front commun

    Dans la salle, cette union est appréciée, en témoignent des applaudissements réguliers, peu importe le candidat. « C’est une union qui a du sens parce qu’avec le maire actuel, Aubagne ne changera pas, et le risque du RN fait réellement peur, car Mme Mélin, c’est contre la solidarité, contre nos valeurs et pour la division », confie Anne-Claude, colistière d’Aubagne en commun. L’objectif premier de l’alliance est bien d’empêcher le duo de tête du premier tour de l’emporter dimanche prochain, un « rendez-vous crucial pour notre belle commune », insiste Jean-Pierre Squillari, qui affirme partager avec son allié « la conscience commune du danger et de l’urgence de s’unir ». Outre l’ambition d’un front commun, les deux insistent sur une union simplifiée par « la compatibilité, parfois la similitude de nos deux programmes, qui convergent vers le même objectif, l’intérêt d’Aubagne », clame Jean-Pierre Squillari, avant de détailler : « Un moratoire immédiat sur les grands projets de bétonnisation, le renouveau du centre-ville, le soutien local au pouvoir d’achat », entre autres choses. Sentiment partagé par leurs soutiens, dont Maurice, colistier d’Aubagne mérite mieux, désormais retiré de la liste, qui observe « deux programmes très proches, qui unis sont porteurs d’espoir, signifient le changement ».

    Les deux chefs de file s’accordent, les 60h qui restent de campagne seront « intenses ». Jean-Pierre Squillari insiste sur « l’importance, dans les jours qui viennent, de nous mobiliser pour que l’espoir soulevé se concrétise le 22 mars ». Si, théoriquement, l’union des deux listes pourrait distancer Joëlle Mélin et Gérard Gazay, reste encore à poursuivre la mobilisation, réduire l’abstention, et « en deux jours, transformer l’essai, car rien n’est gagné », conclut Giovanni Schipani.

  • À Gardanne, la proximité pour agir sur l’abstention

    À Gardanne, la proximité pour agir sur l’abstention

    Pour cet entre-deux-tours, le candidat à la mairie de Gardanne Jean-Marc La Piana (DVG), a décidé d’aller à la rencontre des 43,76% de Gardannais qui ne se sont pas déplacés pour voter lors du premier tour des élections municipales. Arrivé en deuxième position avec 36,48% des suffrages, il affrontera au second tour le maire sortant Hervé Granier (LR), qui a obtenu 43,56% des voix et Bruno Priouret (RN), qui a recueilli 19,96% des suffrages. Pour tenter de renverser la dynamique, le candidat de gauche a choisi de concentrer ses efforts sur les abstentionnistes. « Pour nous, c’est important de mobiliser les électeurs qui se sont abstenus, que ce soit par colère ou résignation, affirme Jean-Marc La Piana. Leur voix compte, il faut qu’ils la fassent entendre. »

    Une campagne de proximité

    Depuis le début de la semaine, lui et son équipe de campagne multiplient les initiatives pour aller au contact des habitants. Porte-à-porte dans les différents quartiers, distribution de tracts et présence renforcée sur les réseaux sociaux : l’objectif est de recréer un lien direct avec les électeurs et de les convaincre de participer au second tour. Pour Jean-Marc La Piana, la proximité reste l’essence même d’une élection municipale. « C’est l’élection la plus belle parce que c’est celle où l’on parle directement aux habitants de leur quotidien », estime-t-il. Le candidat se dit d’ailleurs encouragé par l’accueil reçu lors de ses déplacements. « On est très content parce qu’on rencontre beaucoup de gens qui n’ont pas voté au premier tour et qui nous assurent vouloir participer au second pour garantir l’avenir de la ville », assure-t-il.

    Promesse de rupture avec la municipalité sortante

    Au cœur de son discours, Jean-Marc La Piana insiste sur ce qu’il considère comme la nécessité de tourner la page de la municipalité actuelle. Il critique la gestion du maire sortant, qu’il accuse de manquer de concertation avec les habitants. Selon lui, certains projets pourraient devenir des « scandales à venir » et entraîner une hausse des impôts locaux. « Moi, je veux de la concertation, fini l’opacité ! », martèle le candidat, qui promet de mettre en place des conseils de quartier afin d’impliquer davantage les habitants dans les décisions municipales. Dans son programme, il met également en avant la valorisation de l’éducation et de la culture, ainsi que la mise en place d’une police de proximité pour lutter contre le sentiment d’insécurité. Il annonce aussi vouloir mettre fin au projet de centre aéré. À quelques jours du second tour, Jean-Marc La Piana espère que la mobilisation des abstentionnistes pourrait rebattre les cartes. « Je veux une ville avec du lien et du soin, une ville où on se sent bien », conclut-il.

  • Marc Pena promet d’être dimanche le maire d’Aix-en-Provence

    Marc Pena promet d’être dimanche le maire d’Aix-en-Provence

    Plus que trois jours pour battre campagne avant le second tour. Arrivé en deuxième position au second tour (20,15%), juste derrière la maire sortante, Sophie Joissains (39,41%) Marc Pena, à la tête de la liste Aix Avenir, née d’une union des forces de gauche et écologistes, y croit fort : « Dimanche nous serons aux manettes pour faire d’Aix une ville progressiste avec vous et pour vous ! », lance Marc Pena. Ce mercredi, c’est au Palais des Congrès d’Aix-en-Provence que le candidat a choisi de tenir son avant-dernier meeting de campagne. Le second se tenant ce jeudi, au Jas de Bouffan. Parmi les présents, Mounir Ben Ammar, candidat Révolution écologique pour le vivant (Rev), battu au premier tour (4,72%). Le candidat a, avant cette soirée, appelé, à « se mobiliser massivement en faveur de la liste conduite par Marc Pena ». Sa présence, lui vaut une standing ovation venant des sympathisants. « Il fallait avoir beaucoup de courage pour faire ce que tu as fait », adresse Marc Pena, qui mise sur le « report des voix d’une partie de la gauche ». « Mounir [Ben Ammar] a été d’une limpidité totale. Nos amis de la France insoumise ont dit l’essentiel : combattre l’extrême droite, ne pas laisser Joissains au pouvoir. Quand il y a de tels enjeux, la gauche sait se rassembler (…). » Si la tête de liste est arrivée derrière Sophie Joissains, au premier tour, Marc Pena martèle être « la seule alternative » au mandat de la maire sortante. « La moitié des Aixois ne sont pas allés voter. La première chose que j’ai faite et que je vais continuer à faire, est de m’adresser à tous ces abstentionnistes, des plus âgés, déçus de la politique, aux plus jeunes qui ne se sentent pas concernés et pas représentés par le spectre actuel d’Aix-en-Provence », poursuit Marc Pena.

    Barrer l’extrême droite

    « 20 points ça a l’air d’être beaucoup, mais ce n’est rien si le taux de participation augmente un peu », répétera ce dernier, au terme d’un long discours. Si l’union des forces de gauche et écologistes est arrivée en deuxième position, il estime que le « gros score » de la liste Joissains est en partie « dû à plusieurs facteurs, dont un, auquel on pense pas : la force de l’habitude, le fait qu’on vive la présence des Joissains comme une fatalité, comme faisant partie du décor, d’un sparadrap dont on ne pourrait pas se défaire (…) je m’interdis une énième victoire du clan Joissains », estime Marc Pena.

    Entre la déclinaison d’une partie du programme et l’appel à voter, un autre message a marqué la soirée : celui de la lutte contre l’extrême droite, alors que le RN, au premier tour, a atteint les 15%. Et que dans la matinée, les affiches collées avenue de l’Europe par les militants de la liste Aix Avenir, ont été taguées d’une croix gammée. « Siamo tutti antifascisti ! » clament, en fond de salle, les plus jeunes militants. « Notre adversaire premier, c’est l’extrême droite, rappelle Marc Pena. C’est parce que le RN a su se normaliser que la parole raciste, xénophobe, s’exprime en toute impunité (…) nous serons un rempart contre toutes les formes de discrimination. »

    Des croix gammées sur ses affiches

    En pleine campagne pour le second tour des municipales, Marc Pena a retrouvé des croix gammées, symboles du régime nazi, dessinées sur ses affiches de campagne, avenue de l’Europe, à Aix-en-Provence. Par voie ce communiqué ce mercredi, le candidat condamne « avec la plus grande fermeté » ces actes « ignobles et inacceptables, qui relèvent d’un antisémitisme et d’un fascisme décomplexés. Ils n’ont absolument pas leur place dans notre vie démocratique ». Marc Pena annonce également engager des poursuites. « Nous ne céderons ni à l’intimidation, ni à la haine », assure le candidat de la gauche.

  • [Entretien] François Bernardini : « M. Prétot fait des appels clairs à l’extrême droite »

    [Entretien] François Bernardini : « M. Prétot fait des appels clairs à l’extrême droite »

    La Marseillaise : Votre résultat au premier tour derrière Robin Prétot (LR) a été une surprise, comment l’expliquez-vous ?

    François Bernardini : Je pense que les Istréens n’ont pas été complètement sensibles au débat que j’ai instauré. J’ai dit clairement qu’il y avait l’école du renoncement contre l’école du tempérament. Cela n’a pas été pris à sa véritable valeur, de risquer pour l’avenir toutes les chances que l’on a accumulé par le passé. C’est pour moi particulièrement décevant. Dans la ligne de ce que nous avons fait depuis des années je pensais que la trajectoire était suffisamment tracée pour que la continuité se fasse, avec une nouvelle étape dans le même état d’esprit.

    La première adjointe Nicole Joulia disait que les questions de l’urbanisation et de votre succession, potentiellement en lien avec la justice, avaient pu peser…

    F. B. : Cette analyse n’est pas à propos. Quand un combat doit être mené, quand on a fait partie d’une équipe, on ne crache pas dans la soupe au dernier moment. Les enjeux sont clairs : est-ce quelqu’un qui se revendique de gauche veut véritablement que des candidats de la droite et de l’extrême droite soient demain à la manœuvre de la direction de la commune ? J’ai regretté quand elle m’a appris son désistement. Je pense que c’est une question personnelle, qu’elle aurait pu gérer différemment.

    Vous parlez de candidats de droite et d’extrême droite à la tête de la commune. Robin Prétot est allié à l’extrême droite selon vous ?

    F. B. : Je ne sais pas s’il est allié, mais il a fait des appels clairs. Il a même demandé une alliance avec eux, ne s’est pas caché d’aller soutenir le candidat de droite et d’extrême droite de Fos-sur-Mer. Les masques sont tombés. J’invite tous les gens de gauche à l’avoir en tête lorsqu’ils vont s’exprimer.

    Vous parliez de déclin si la droite l’emportait. Pourquoi ?

    F. B. : À partir du moment où quelqu’un prône l’immobilisme, l’arrêt des constructions, le statu quo, ce n’est pas la meilleure formule pour faire avancer la ville. J’amène peut-être les choses trop vite. Quand on veut faire fructifier les chances trop rapidement il y a des séquelles négatives. Mais elles ont pris le pas sur la réflexion et l’avenir.

    Comment rallier plus largement pour le second tour ?

    F. B. : La stratégie est simple, dire les choses clairement sur l’enjeu qu’il y a : savoir si on va se développer et assurer l’avenir de nos enfants de manière sereine ou si on va vers une attitude déclinante. Il y a une foultitude d’abstentionnistes, nous faisons appel à eux pour qu’ils prennent le destin de leur ville en main. Parmi eux, il y a ceux qui ont une conviction politique qui s’ajoutent à ceux qui se sont exprimés pour Stéphane Pailhous, qui doivent voir s’ils veulent favoriser la droite et l’extrême droite ou s’ils veulent continuer avec ceux qui ont une auréole de gauche bien marquée, et prouvée sans équivoque avec les actions menées.

  • [Entretien] Gaby Charroux : « Le RN, c’est l’opposé de ce que nous prônons »

    [Entretien] Gaby Charroux : « Le RN, c’est l’opposé de ce que nous prônons »

    La Marseillaise : Vous êtes arrivé en tête pour le premier tour, comment abordez-vous le second ?

    Gaby Charroux : Avec confiance et satisfaction parce que les scores ont été ceux qu’on connaît. Les trois listes représentant les trois candidats là, qui restent, nous placent en tête avec huit points d’avance sur le Rassemblement national, et près de 11 sur le candidat de la droite. C’est bien, chacun joue son jeu et son rôle. Et nous avons le soutien d’une grande partie de la gauche, le sénateur Guy Benarroche (EELV) sera là demain [ce soir, Ndlr].

    Reste une menace de l’extrême droite particulièrement forte…

    G.C. : Bien sûr, c’est une menace parce que le Rassemblement national, c’est l’opposé de ce que nous prônons. C’est un programme dont on sait combien les Martégales et les Martégaux souffriraient si par malheur ils étaient au pouvoir. Leur programme est très clair, très simple : les services publics pour eux, c’est l’ennemi. L’argent, il faudra qu’ils le trouvent, il sera pris aux associations, au personnel municipal, donc aux services publics.

    En clair, tout l’inverse de ce que vous avez bâti au cours de vos précédents mandats ?

    G.C. : Oui, c’est ce que l’on appelle nous « le bouclier martégal », avec des tarifs gratuits ou les plus bas possibles, par exemple pour la restauration scolaire, mais aussi des impôts fonciers parmi les plus bas de tout le département, des services qui permettent l’accès à la culture, au sport, aux solidarités, les meilleurs possibles. La première chose qu’il ait faite, Monsieur Fouquart, lorsqu’il a été élu député, c’est qu’il a abandonné Martigues. Il avait déjà quitté le conseil municipal pour garder son poste de conseiller régional parce que là-bas il y a une rémunération et ici il n’y en avait pas, évidemment. Et il dit que là-bas il a défendu les intérêts de la ville. C’est faux et archifaux ! Année après année, les seules aides qu’on ait de la Région, c’est les 180 000 euros pour louer… enfin on ne va pas dire louer s’agissant d’une collectivité, mais pour faire utiliser par les lycéens des trois lycées de Martigues, lycées dont la Région possède au passage la compétence, nos gymnases municipaux. À l’Assemblée nationale, il a voté avec son groupe la diminution de 5 milliards d’euros pour les collectivités, ce qui fait pour Martigues 5 à 7 millions en moins.

    Le maintien de la droite est-il pour vous une bonne nouvelle ?

    G.C. : Oui, c’est l’opposant historique, on le connaît. Il a quand même voté 65% de nos délibérations dans les six dernières années, ce qui contribuait à faire un vote à l’unanimité. C’est dire qu’il considère que les choses se passent bien ici, en approuvant aux deux tiers notre travail. Le même qui dit aujourd’hui d’ailleurs dans La Provence, encore ce matin : « Ils ont détruit la ville »…

    À Martigues avec 42,41%, le taux d’abstention reste dans la moyenne nationale mais élevé. Comment comptez-vous aller à la pêche aux abstentionnistes ?

    G.C. : Depuis lundi matin, on est en contact avec tous ceux qui n’ont pas voté pour leur demander de cette fois ne pas oublier. C’est ce qu’ils nous disent parfois, « Ah ben on a oublié. » On nous dit aussi « Non, on ne veut pas », soyons clairs. On espère être encore plus efficaces dans ce domaine-là. On a continué notre travail avec les dizaines et dizaines de militants ici, avec le porte-à-porte, le boîtage et la rencontre. Là cet après-midi, dans deux quartiers, on met un petit barnum, et puis les gens peuvent venir à notre rencontre et nous, on va à la leur et on distribue nos derniers documents, notre profession de foi, et surtout au dos de cette profession de foi, on a noté ce qui était en jeu et les pertes qui pouvaient arriver.

    Quel message principal souhaitez-vous faire passer ce soir ?

    G.C. : Il faut que les électeurs, ouvrent les yeux sur ce qui est fait et ce qui est mis à leur disposition dans cette ville. Bien sûr, on peut faire autrement encore, on peut faire plus dans un certain nombre de secteurs, mais l’essentiel est déjà en place et il faut qu’ils mesurent ce qu’ils risquent de perdre demain, de solidarité, de bien-vivre ensemble ici et de réponse à leurs désirs d’épanouissement pour leur famille et leurs enfants.

    Meeting ce jeudi 19 mars à 18h au gymnase des Salins, chemin de Paradis.

  • À Arles, de Carolis visé par trois plaintes

    À Arles, de Carolis visé par trois plaintes

    En pleine campagne électorale, l’affaire fait couler de l’encre. Le maire sortant d’Arles Patrick de Carolis (Horizons) est visé par des plaintes de Sofiane Boualem et Romain Djefaflia, respectivement président et vice-président de l’Athlétic Club arlésien (ACA), pour des faits de harcèlement moral et de harcèlement au travail.

    Les deux dirigeants, par ailleurs agents territoriaux et élus syndicaux CGT au sein de la communauté d’agglomération Arles-Crau-Camargue-Montagnette (ACCM), l’accusent de pressions et de chantage pour les évincer du bureau de la première association sportive de la ville, alors qu’ils y ont été réélus le 19 décembre 2025.

    Dès ce jour-là, alors que Romain Djefaflia quitte ses fonctions de président et présente Sofiane Boualem pour lui succéder lors de l’assemblée générale, le versement d’un acompte de subvention de 67 500 euros, voté la veille en conseil municipal, aurait été conditionné à leur exclusion. Auprès de La Provence, Patrick de Carolis justifie cette suspension par une gestion du club entachée « de nombreuses irrégularités ». Sofiane Boualem affirme travailler à un « démenti officiel avec un commissaire aux comptes ».

    Une autre plainte pour corruption

    Christophe Fouiller, entrepreneur bien connu de la vie arlésienne qui possède notamment le Grand café Malarte, aurait subi lui aussi des pressions. En juillet 2025, le commerçant, qui fait partie du comité de direction de l’ACA et est l’un des financeurs de l’association, souhaite acheter les murs et l’immeuble de son principal établissement mais se heurte au droit de préemption de la mairie.

    Dans un enregistrement réalisé par Sofiane Boualem au Café de la Fontaine, à Maussane, le 27 décembre 2025 – retranscris par un cabinet d’huissiers eyguierien – Patrick Chauvin aurait confirmé la thèse des deux dirigeants : « Le maire (…) a dit : écoute, si Christophe prend la présidence du club, alors je serais prêt à discuter pour enlever la préemption. » « Oui, mais c’est vrai ça », aurait répondu l’ancien premier adjoint d’Hervé Schiavetti, désormais colistier de Patrick de Carolis.

    Christophe Fouiller a porté plainte le 10 mars dernier au tribunal de Tarascon contre le maire sortant pour des faits de corruption, pour avoir « proposé le retrait d’une décision de préemption sur l’immeuble, sis 14 boulevard des Lices, en contrepartie du départ de Romain Djefaflia et Sofiane Boualem du bureau de l’ACA ».

    La plainte, que nous avons pu consulter, pointe également des propos qui pourraient révéler un délit de détournement de fonds publics, puisqu’un passage d’un second enregistrement, daté du 30 janvier, évoque un dédommagement avec l’argent public de la Ville.

    Patrick de Carolis n’a pas donné suite à nos sollicitations. Auprès de nos confrères de La Provence, il nie tout lien avéré avec sa personne et dénonce « une grossière machination politique », annonçant lui-même porter plainte pour dénonciation calomnieuse.

  • [Tribune] NO PASARAN !

    [Tribune] NO PASARAN !

    Marseille, ville-port, formée et enrichie par des populations venues de toutes les rives de la Méditerranée et au-delà. Une ville monde terre d’accueil et d’échanges sociaux, économiques et culturels. Une ville belle et rebelle, laboratoire solidaire du vivre-ensemble.

    Voir Marseille, la deuxième ville de France, succomber aux sirènes monstrueuses du Rassemblement national, une extrême droite autoritaire et antisociale, raciste, antisémite et xénophobe, sexiste et homophobe, obscurantiste et brutale. Jamais !

    Dimanche prochain c’est un véritable choix de civilisation qui s’impose à nous : notre responsabilité est de faire gagner le vote en faveur du Printemps marseillais, seul rempart contre la peste brune. Elle ne passera pas !

    Les signataires :

    Ariane Ascaride comédienne ; Robert Guédiguian cinéaste ; Roland Gori psychanalyste ; Thierry Fabre essayiste ; Alain Hayot anthropologue ; Brigitte Curmi Aflam ; Marie José Del Volgo psychanalyste ; Clémence Revest historienne ; Dominique Maraninchi cancérologue ; Éric Vivier Immunologue ; Jean-Luc Jouve Commission médicale de l’AP-HM ; Simone Bitton cinéaste ; Raphaël Imbert artiste ; Philippe Foulquié Fondateur Friche de la Belle de Mai ; Maurice Gouiran écrivain ; Jean-Pierre Ostende écrivain ; Michèle Sylvander artiste ; Pierre Ciot photographe ; Alain Paire chroniqueur ; Jean-Louis Paccul journaliste ; Julien Blaine artiste ; Gaëlle Rodeville Music et cinéma ; Harald Sylvander architecte ; Fabrice Lextrait les Grandes tables ; Catherine Lecoq comédienne ; Danielle Stéphan comédienne et syndicaliste ; Eva Darlan comédienne ; Audrey Estrogou réalisatrice ; Dominique Sicilia metteuse en scène ; Sylvie Paz chanteuse ; Cathy Heiting chanteuse ; Dominique Bianchi Chanteuse ; Stéphanie Lemonnier poète ; Bernard Plasse galeriste ; Monique Deregibus artiste ; Patrick Box artiste ; Gilles Barbier artiste ; Jérémy Chabaud artiste ; Arab et Tarzan Nasser et Mohamed Joha artistes palestiniens ; Marie Anaïs Bigo cadre culturel ; Sylvie Anselme enseignante ; Mehdi Hadjerri artiste ; Adda Abdelli scénariste ; Olivier Jacquet Coop. Le grand bonheur ; Francine Ouédraogo Bonnet Le Makéda ; Sam Khebizi Les Têtes de l’art ; Emmanuelle Luciani, artiste ; Christine Bouvier, RedPlexus Performeuse et Directrice artistique ; David Ait-Ali, chef d’entreprise ; Virginie Baby-Collin, géographe ; Wenceslaz Teko, directeur de centre social ; Danielle Gallus, administratrice de l’union régionale des centres sociaux ; Mathieu Hocine dit Kid Francescoli, musicien ; Aude Pelle, présidente de Team Marseille natation ; Michel Peraldi, sociologue ; Aurélie Berthaut, actrice culturelle, Jeanne Barret / Art Cade ; Tarik Chakor, auteur et maître de conférence ; Simon Henner, dit French 79, musicien

  • Unis pour La Garde déploie sa stratégie pour gagner des voix

    Unis pour La Garde déploie sa stratégie pour gagner des voix

    « Dans 3 heures, tout le monde aura fait un quartier. Sauf peut-être ceux qui sont à Sainte-Marguerite, car ils sont un peu mous du genou (rires). » Julia Peironet-Bremond, tête de liste d’Unis pour La Garde, est moqueuse. Entre les murs de son local de campagne, où l’ambiance se veut légère et joyeuse malgré l’enjeu se prépare une opération tractage pour obtenir des voix qui peuvent faire pencher la balance dimanche.

    Car la liste « démocrate, républicaine et sans étiquette », composée de « personnes de tous horizons et surtout, de citoyens non encartés », précise la candidate de 44 ans en réponse aux tracts « mensongers » de la majorité sortante lui prêtant des accointances insoumises « alors que nous n’avons aucun candidat LFI », est plus que jamais dans la course. Arrivée 3e avec 30,65% des suffrages, elle ne compte qu’un point et 115 voix de retard sur la liste RN de Nicolas Salsou, ex-directeur de cabinet de la maire Hélène Arnaud-Bill (LR). Cette dernière vire en tête, (37,67%), avec moins de 800 votes d’avance sur Julia Peironet-Bremond.

    Pour renverser la vapeur, l’infirmière libérale, « seule candidate à mener de front travail et campagne, financée en majorité par (ses) soins, sans parti politique », est pragmatique. Les 9 000 abstentionnistes du premier tour étant impossibles à repérer, elle fait appel à la logique : « Si chaque électeur convainc une personne de voter pour nous, ça peut changer les choses. 800 voix de retard, c’est 35 par bureau, ou 50 sur 16 bureaux. Ce n’est rien ! », clame-t-elle.

    Mobiliser par l’alternance

    Une stratégie du « +1 » basée sur « les appels aux amis, à la famille », mais aussi, donc, sur le terrain. « Je connais du monde qui n’a pas voté, j’ai dit à mon fils, à l’étranger, de faire sa procuration. Mon mari appelle tout le monde », s’enthousiasme une habitante. « Je sais qui vous êtes, il faut que certains s’en aillent », tranche une autre.

    Et c’est justement sur le changement que repose le projet d’Unis pour La Garde pour convaincre les déçus, dont les abstentionnistes. « À La Garde, beaucoup ne croient plus en rien », lance Julia Peironet-Bremond. « Les Gardéens peuvent mettre fin au système clientéliste affiché sur des tracts qui menacent implicitement de faire baisser les subventions si Madame Bill n’est pas élue », affirme-t-elle, se félicitant d’avoir œuvré à la condamnation de Jean-Louis Masson, président du Département, ancien maire de La Garde et numéro 2 sur la liste de la maire sortante, pour prise illégale d’intérêts en novembre.

    Avec la promesse de réconcilier les citoyens avec la politique : « Mobiliser est un travail de tous les jours. Si on prend la mairie, on aura à cœur de le faire, car je suis attristée que 9 000 personnes ne se saisissent pas de ça, peu importe pour qui ils votent », déplore la candidate, qui rappelle que « les municipales, c’est l’école, la sécurité alimentaire, la politique sociale, la sécurité, la politique à portée de main ».

  • Tina Biard-Sansonetti veut raviver l’espoir dans les 13-14

    Tina Biard-Sansonetti veut raviver l’espoir dans les 13-14

    Cité la Marie, au fin fond du 13e arrondissement à l’Est de Marseille. Sur les hauteurs de la colline en surplomb, le paisible village d’Allauch lui fait face. Le cadre est verdoyant. C’est ici au terminus de la ligne 2, un seul et unique bus tous les quarts d’heure dans le meilleur des cas, qu’une quinzaine de militants du Printemps marseillais se sont donnés rendez-vous, mercredi en milieu d’après-midi, pour un porte-à-porte.

    Tina Biard-Sansonetti, leur candidate sur le secteur, a quelques minutes de retard. À quatre jours du second tour des municipales son emploi du temps est serré. Elle vient de la Paternelle, à l’autre bout du secteur dans le 14e arrondissement, et devra filer ensuite à la Simiane à quelques centaines de mètres de la mairie Saint-Joseph qu’elle convoite.

    Arrivée dimanche en deuxième position (26,4%), derrière la candidate de l’extrême droite, Sandrine D’Angio (39,7%), maire RN des 13-14 de 2016 à 2020, la cheffe de file du Printemps marseillais a fait un pas important pour rendre ce secteur, le plus peuplé de la ville, à la gauche. Marion Bareille, la maire (DVD) sortante est distancée (12,1%) et le candidat insoumis, Mohamed Bensaada (13,1%), s’est retiré. Chaque voix désormais va compter.

    Et le choix de la Marie n’est pas anodin. Sur ce bureau de vote installé dans l’école la Croix Rouge posée en contrebas, l’abstention a atteint 57,4%. Sur les 1 594 inscrits, seulement 679 se sont rendus aux urnes. Pour beaucoup, les habitants des 480 logements de cette cité 13 Habitat formée d’une quinzaine d’immeubles de huit étages chacun, se sont abstenus.

    Ici, la question d’un logement digne est prégnante. Les tracts ont d’ailleurs été ciblés. Karim répète les consignes avant de partir à l’assaut des escaliers : « On rappelle les arrêtés qui ont été pris par la mairie et les contrôles pour contraindre le bailleur du Département à prendre ses responsabilités. Il va y en avoir de nouveaux et le RN, lui, ne fera rien… »

    Pragmatique et accessible

    On retrouve dans l’équipe Rébecca Bernardi, la conseillère municipale (PM) et candidate dans les 11-12, venue prêter main-forte, et Audrey Gatian (PS), présidente de Marseille Habitat, le bailleur social de la Ville. « On a besoin que les logements sociaux soient exemplaires. Là, on est avec 13 Habitat sur le cas d’un bailleur qui n’investit plus dans son parc, on le voit sur toute la ville », déplore cette dernière, présente sur la liste de Tina.

    À leurs côtés aussi, Julien Rossi, Antoine Cortes ou encore Farida, une figure de la cité. Maria, militante du 1er arrondissement, est aussi venue en renfort. Elle tente de convaincre chaque porte qui s’ouvre. « J’apprécie Tina », explique-t-elle, « elle vit dans ce secteur, c’est une femme de terrain exceptionnelle, pragmatique, accessible ». « Et elle donne suite aux choses », poursuit Farida. Elle habite à la Marie depuis plus de vingt ans. Elle connaît tout le monde et se bat contre les moisissures, fuites d’eau, fissures… Elle assure avoir trouvé en « Tina » une oreille attentive aux problèmes de sa résidence.

    Une femme combative et pugnace aussi. Au pied du bâtiment 4, une mère avec sa fille a fait une boule du tract que lui ont donné les militants. Amère, elle n’a pas voté dimanche. Un sentiment d’abandon, pour cette maman qui cherche un logement et un cadre adapté au handicap de sa fille. Tina Biard-Sansonetti a pris la discussion en cours. L’échange est direct. Fort. Il dure de longues minutes.

    « Mme Tina, Je mise sur vous ? J’essaie d’y croire ? »

    « Mme Tina, je mise sur vous ? J’essaie d’y croire ? », demande-t-elle en saisissant un nouveau tract après leur discussion. « Je ne fais pas de promesses en l’air sur la misère des gens », lui répond la candidate du Printemps marseillais. « Moi, je ne prends pas votre numéro mais je vous dis que quand je serai élue, il y aura un défenseur des droits des locataires en mairie de secteur et on va se battre avec vous. » Sans doute une voix de gagnée.

    « Il y a beaucoup de résignation, y compris ici à la Marie, la résidence d’un bailleur social public où les locataires se battent pour vivre dans des conditions dignes sans aucun retour. C’est complexe de montrer la puissance et l’utilité de l’intervention publique, quand ce travail n’a pas été fait correctement. Mais on est ici pour ça », observe Tina Biard-Sansonetti dont l’engagement a déjà convaincu de nombreux militants associatifs du secteur. « On veut montrer aux habitants que la parole et l’action publique ont du sens et peuvent avoir des répercussions. C’est un travail de fourmis, il faut convaincre les personnes une à une, leur dire qu’il n’y a pas de fatalité. »

    Le travail fait sur les écoles durant le mandat est en ce sens porteur. Mais ce genre de porte-à-porte qui a tout du corps à corps, reste nécessaire. Il n’est pas toujours simple d’ailleurs. Dans un couloir où l’eau fuit d’étage en étage, une porte ouverte se referme sur son nez. En face, une voisine ouvre. Elle, ne vote pas mais ses enfants oui… « On est venu leur dire : vous n’êtes pas seuls. On veut vous défendre, porter vos revendications, améliorer votre quotidien, et pour cela on a besoin de votre aide : votre vote dimanche ».

  • Faire gagner les intérêts populaires

    Faire gagner les intérêts populaires

    C’est un fait ancien dans notre Ve République à bout de souffle : d’élection en élection l’abstention s’accroît. D’ordinaire, les municipales étaient l’occasion d’un regain de participation, signe que les Français reconnaissaient dans l’échelon communal, un lieu décisif pour changer leur quotidien.

    Dimanche, il a pourtant manqué beaucoup de monde dans les bureaux de vote de notre région.

    Beaucoup plus qu’en 2014, puisque l’année 2020, marquée par la pandémie de Covid, n’est pas un point de repère pertinent.

    Pourquoi ? Il n’y a probablement pas d’explication unique mais plusieurs hypothèses sont permises. D’abord, une montée générale du dégoût de la chose publique causée par la crise politique nationale dans un pays dirigé par un gouvernement minoritaire.

    Mobiliser

    Ensuite, cette abstention est probablement aussi le résultat des attaques subies par l’échelon communal au fil des années. Baisse des dotations de l’État, suppression de la taxe professionnelle, intercommunalités imposées, qui ont abîmé la capacité des maires à agir. Et donc, l’enjeu des municipales.

    Enfin, un affaiblissement des organisations politiques et de leur capacité de mobilisation électorale dans une société de plus en plus individualiste.

    Qui votent le moins ? Les chiffres sont clairs : les quartiers populaires et le monde du travail. Pourtant, malgré les difficultés, les municipalités peuvent faire beaucoup. Dimanche, il faut éliminer le risque de l’extrême droite et élire le maximum de listes progressistes. C’est la condition pour faire gagner les intérêts populaires.