Category: accueil-third

  • Femmes : manif bruyante face à l’hécatombe silencieuse

    Femmes : manif bruyante face à l’hécatombe silencieuse

    Mélina, Laure, Élodie et Béatrice. Ce sont les prénoms des quatre femmes qui sont mortes sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint pour la seule journée de jeudi dernier, le 20 novembre. « Quand on voit ça, on se dit qu’il y a peut-être un déficit total de prise en compte alors qu’Emmanuel Macron avait promis, il y a huit ans, de faire de ce sujet-là la cause de son premier quinquennat », dénonce Catherine Lecoq, membre du Collectif 13 Droit des femmes. La représentante de la structure culturelle Éclosion 13 tient la banderole à la tête du cortège féministe parti à 14h, samedi, de la gare Saint-Charles pour réclamer une politique de lutte contre les violences faites aux femmes « à la hauteur ».

    La colère est grande, car les chiffres sont alarmants. Entre 2023 et 2024, les féminicides ont augmenté de 11%, avec 107 femmes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint l’an dernier. Cette année, elles sont déjà 145 à avoir perdu la vie. « C’est sans compter les tentatives de féminicide, 270, et les suicides : plus de 900 femmes ont mis fin à leurs jours ou tenté de le faire en 2024 à cause du harcèlement de leur conjoint ou ex-conjoint », précise Nathalie Tessier, conseillère municipale de Marseille (PCF) déléguée aux droits des femmes.

    Une loi intégrale

    Les associations dénoncent une baisse de moyens. Fin août, la Fondation des femmes a publié une enquête sur l’impact des restrictions budgétaires sur l’accompagnement des femmes victimes de violences réalisée auprès de 148 organisations féministes. Le résultat est sans appel : en 2025, plus de 70% d’entre elles déclarent une situation financière dégradée, conséquence directe de baisses de subventions ou de retards de versement des financements publics.

    « Ça part de là, ça part aussi du déficit de services publics sur le territoire, comme pour ce jeune, Mehdi Kessaci qui vient d’être assassiné, affirme Catherine Lecoq. Ce sont tous ces jeunes qui sont laissés à eux-mêmes dans les quartiers, à qui on ne propose rien alors que les narcotrafiquants proposent, eux, des choses. C’est la même chose pour les mecs qui sont violents envers leur femme. On est là chaque année les 25 novembre et 8 mars pour faire reculer les féminicides et les violences, mais si rien n’est fait en amont, que voulez-vous qu’on fasse ? C’est pas deux journées dans l’année qui vont faire basculer les choses. Il faut des réformes de grande envergure. »

    Pour y parvenir, les associations portent une loi-cadre intégrale de 140 propositions, parmi lesquelles un investissement annuel de 2,6 milliards d’euros contre les violences sexistes et sexuelles contre les 12,7 millions d’euros actuels ; la sensibilisation à l’égalité entre les femmes et les hommes dès le plus jeune âge en rendant effectives les trois séances d’éducation à la vie affective et sexuelle à l’école ; ou encore le remboursement à 100% par la Sécurité sociale des soins psychologiques et du traitement du psychotraumatisme et la création de centres de prise en charge d’urgence accessibles 24h/24, sur le modèle belge. « Oui ça marche, il suffit de regarder en Espagne, où les moyens ont été mis sur la table et aujourd’hui les féminicides ont été divisés par quatre, assure Nathalie Tessier. Cette société patriarcale avec ce continuum de violence, ça peut s’arrêter. Il faut juste avoir la volonté. »

    Un banc rouge pour la mémoire des femmes

    Samedi, la municipalité marseillaise a inauguré son 20e banc rouge, à l’espace Mistral de l’Estaque (16e). « Il est un rappel, au cœur de l’espace public, de la lutte essentielle à mener contre les violences faites aux femmes et un symbole pour la mémoire des victimes de féminicides », soulignait la conseillère municipale (PCF) déléguée aux droits des femmes, Nathalie Tessier, présente aux côtés de l’association Femmes solidaires à l’origine de cette initiative. Neuf autres bancs rouges doivent être installés au fil de la semaine dans les parcs et jardins de la ville.

    Y.S.

  • Le monde politique fait bloc derrière la famille Kessaci

    Le monde politique fait bloc derrière la famille Kessaci

    Des personnalités politiques de tous bords, locales et nationales, pour une même cause : « La France, la République c’est l’État de droit. On vient d’endroits différents mais on doit se lever ensemble pour dire que ça suffit », martèle le maire DVG de Marseille Benoît Payan. « Nous devons venir au bout de ce système qui sème la mort partout », appuie-t-il. L’édile était aux côtés de la famille Kessaci en hommage à Mehdi, assassiné le 13 novembre dans le 4e arrondissement de Marseille, de même que Martine Vassal. « Quand on met au monde un enfant, ce n’est pas pour le voir partir, surtout dans des conditions comme celles-là », confie la présidente DVD du Département des Bouches-du-Rhône et de la Métropole, des sanglots dans la voix. « Il faut que tout le monde se mette autour de la table pour trouver des solutions afin de lutter contre ce narcotrafic qui gangrène nos quartiers », insiste celle qui brigue la mairie.

    Les militants et élus écologistes, se sont déplacés massivement pour soutenir l’un des leurs. « La famille écologiste va faire front aux côtés d’Amine et de tous ceux qui continueront à porter le combat. On ne peut plus se taire, on ne peut pas laisser faire parce qu’un cap a été franchi », signale Marine Tondelier, secrétaire nationale d’EÉLV. « Ça veut dire aussi être lucide sur l’échec des politiques publiques sur le sujet, les remettre en question et faire mieux », soulève-t-elle. À la fin du moment de recueillement, chacun avance ses propositions face caméra : « Je demande un État qui ne fasse pas semblant, qui lutte pour de vrai sur la répression, en donnant à la police des moyens et aussi sur la prévention, en donnant les moyens à l’éducation, aux associations, aux centres sociaux pour repousser la drogue de l’intérieur », fait valoir François Ruffin, député Debout !

    « La place n’est pas nette,

    elle est ensanglantée »

    Un constat partagé par le secrétaire national du PCF Fabien Roussel qui a consacré une partie de son meeting au Parc Chanot à cette question (lire p.6 et 7).

    « Nous devons nous battre sans relâche contre les narcotrafiquants, contre celles et ceux qui ont l’argent comme seul objectif, qui méprisent la vie, la jeunesse », insiste le Premier secrétaire du PS, Olivier Faure. « Dans des moments comme celui-là, tous celles et ceux qui font de la politique ont le devoir de se retirer derrière ces messages et de faire front, ensemble », renchérit-il. Son parti a demandé la tenue d’un débat sur le narcotrafic à l’Assemblée nationale.

    Le député et candidat LFI à la mairie de Marseille se réjouit de voir « le sursaut, l’unité du peuple à travers la souffrance de la famille Kessaci », tout en dénonçant « l’hypocrisie » de certaines personnalités politiques présentes « à l’Assemblée nationale je pointerais du doigt ceux qui ne respectent pas leurs engagements », promet Sébastien Delogu.

    La porte-parole du gouvernement et le ministre du Logement, annoncés sur place n’ont pas pu faire le déplacement, les avions étant cloués au sol à Paris. C’est donc l’ancienne secrétaire d’État à la Ville, Sabrina Agresti-Roubache qui représentait l’exécutif. « Collectivement, on n’a pas réussi à protéger Mehdi et tant d’autres », déplore-t-elle. Interrogée sur les mesures à prendre, elle l’assure : « Les places nettes ont donné des résultats ». « Arrêtez de parler pour rien dire ! », rétorque vivement un militant associatif. « Elle est où la place nette là ? La place elle est ensanglantée ! », lâche-t-il sous les applaudissements des membres de Conscience, association d’Amine Kessaci.

  • « Mobilisation populaire » pour les communes

    « Mobilisation populaire » pour les communes

    « Communes en danger, services publics menacés : en 2026, mobilisons-nous pour la solidarité ! » Dans une résolution adoptée ce week-end à Marseille, le Conseil national du Parti communiste français dénonce « la mise sous tutelle et l’abandon » que les collectivités locales subissent de la part de l’État : « À l’heure où “un grand acte de décentralisation” est avancé, nous affirmons que toute nouvelle étape de décentralisation doit se faire dans le respect des principes d’unité et d’indivisibilité de la République »

    Alors que « l’inacceptable budget 2026 » prévoit une baisse de 8 milliards d’euros, pris aux collectivités après les 5 milliards de 2025, la direction du parti déplore « un hold-up sur nos vies quotidiennes », rappelant qu’en 20 ans, le désengagement de l’État représente 82 milliards, essentiellement pris aux communes. Une « cure d’austérité » d’autant plus inacceptable qu’en parallèle, « des milliards sont budgétisés pour la course à la guerre et les profits des marchands d’armes », poursuit le texte pointant à nouveau les propos tenus au Congrès des maires par le Chef d’État-Major des Armées.

    Considérant que « l’argent existe », les communistes appellent, contrairement à la droite et extrême droite qui « ont fait le choix du capital et des plus fortunés », à la mobilisation la plus large contre ces choix budgétaires et demandent la création pour les collectivités territoriales d’un « fonds d’avances pour les services publics 100 milliards dès 2026 financé par la Caisse des Dépôts et consignations ».

    À la veille des élections présidentielle et législatives de 2027, le texte invite à porter lors des élections municipales les 200 propositions des « Contributions des communistes aux projets municipaux des villages et villes pour 2026 » visant à mettre en œuvre la démocratie participative, l’égalité femmes-hommes, la construction de logements, la lutte contre les déserts médicaux, la sécurité avec une police de proximité, la gratuité des transports, la gestion publique de l’eau et des déchets, les politiques de solidarité etc. « Plus d’élu·es et de maires communistes, et une intervention populaire durable pour porter des avancées, c’est une gauche plus forte, à l’offensive pour défendre la commune et les services publics », martèle la résolution. « À quatre mois du premier tour, dans beaucoup de villes et villages nous sommes d’ores et déjà rassemblés et en campagne. Dans les autres communes, nous tendons la main à toutes celles et ceux qui veulent construire avec nous les rassemblements qui permettront de l’emporter. » Et de conclure, « en 2026, ensemble, faisons des élections municipales un moment de mobilisation populaire pour de nouvelles avancées sociales, écologiques, démocratiques et pour l’égalité des territoires ! »

  • Debout

    Debout

    Et maintenant ? Après l’hommage impressionnant de dignité exprimé samedi par les milliers de personnes présentes au rassemblement en mémoire de Mehdi Kessaci, 20 ans, assassiné par les tueurs de la mafia de la drogue, quel sera l’après ? « Mon frère est mort pour rien et on nous traite comme des moins que rien. » Amine Kessaci, 22 ans, frère de Mehdi, exprime le profond vécu de centaines de milliers de familles populaires, laissées pour compte dans des quartiers immenses, ceux qui font l’essentiel de la France, en proie à la mainmise des trafiquants de drogue. Ce sont eux, ces lâches, qui vampirisent la vie quotidienne, imposent non pas leur loi – ils n’en ont aucune – mais la terreur pure et la cruauté totale. Dans un seul et unique but : accumuler toujours plus d’argent sale, couvert du sang de leurs victimes.

    Douleur et dignité

    Et maintenant ? Les États européens, dont la France, vont-ils continuer à fermer les yeux sur cet argent pourri de la drogue, recyclé en toute impunité, avec des complices en cols blancs, dans l’économie dite « légale » ? À quand des moyens pour couper les têtes de l’hydre ? Et où sont les protections durables dans nos villes, dans nos villages ? C’est-à-dire des services publics développés et de qualité ? Qui pour dire que le narcotrafic est systémique, amplifié par le libéralisme échevelé, sans éthique, ni morale ? Qui pour lever le voile et lutter contre la corruption ? Qui pour respecter la justice en lui donnant tous les moyens pour agir ? Samedi, Amine Kessaci, 22 ans, a tracé la voie et fait clamer le mot justice. Il incarne et la douleur et la dignité de ceux qui savent rester debout et résister.

  • Vague de froid : le gymnase Vallier devient un refuge

    Vague de froid : le gymnase Vallier devient un refuge

    Alignés les uns aux autres, des lits de camp kaki recouvrent le lino du gymnase Vallier. Samedi, en fin d’après-midi, environ la moitié de la literie est déjà occupée par des hommes isolés vivant à la rue. Face à l’épisode de froid qui sévit actuellement, « la Ville de Marseille a proposé aux services de l’État d’ouvrir un équipement municipal pour les accueillir », explique Audrey Garino, adjointe au maire de Marseille déléguée aux affaires sociales, à la solidarité, et à la lutte contre la pauvreté (PCF).

    « On a un accord avec la préfecture : on met à l’abri les hommes, avec des associations qui assurent la gestion du gymnase notamment le Service intégré d’accueil et d’orientation (SIAO), l’Accueil de jour et nuit (ADJ) et la Croix Rouge, et l’État ouvre des places d’hôtel pour les femmes et les familles. » Après une première nuit, du 21 au 22, quasiment complète avec 46 personnes accueillies sur les 50 places disponibles, la Ville a ajouté 40 lits pour les prochains jours, puisque le dispositif s’étendra au moins jusqu’au mardi 25 novembre.

    Pas de sortie sèche

    Pour Thiago, sans domicile depuis 15 jours, cette mesure est un soulagement. Lui a choisi de quitter son appartement par peur de s’endetter auprès de son propriétaire après avoir été arnaqué par son employeur qui lui doit deux mois de salaire. « Quand les températures ont baissé, on a essayé de s’abriter dans un parking du Vieux-Port mais il faisait tellement froid qu’on n’a pas réussi à dormir, même avec des couvertures », raconte-t-il. La faute, aussi, à une hypervigilance qu’il a développée depuis qu’on lui a volé ses papiers alors qu’il s’était assoupi.

    Au gymnase, il est « rassuré » et se sent entouré de « personnes accueillantes et bienveillantes ». « Venir ici m’a aussi permis d’avoir accès au SIAO, qui va essayer de me trouver un logement, poursuit Thiago. Ils doivent me donner la réponse lundi ! »

    Sabine Fabiani, directrice adjointe en charge du pôle « aller vers » de l’ADJ, explique : « Le but, c’est qu’à la sortie, on leur propose quelque chose. En janvier dernier, sur 90 personnes, au moins 70 ont été orientées vers des foyers d’urgence, des Maisons relais, des pensions de famille ou des Centres d’hébergement et de réinsertion sociale. »

    Environ 7 000 places d’hébergement d’urgence sont ouvertes à Marseille, dont 500 créées par la Ville depuis le début du mandat de Benoît Payan. « On a capté 13 bâtiments municipaux pour le faire et on a un objectif de 500 places supplémentaires », précise Audrey Garino, qui détaille : « Une halte de nuit devrait sortir dans les premières semaines en prévision de l’hiver pour les personnes les plus exclues. »

  • Retour en images sur la Marche blanche en mémoire de Mehdi

    Retour en images sur la Marche blanche en mémoire de Mehdi

    Une foule de Marseillais, soutenus par une kyrielle de politiques, a rendu un hommage poignant à Mehdi Kessaci samedi, sa famille appelant à « prendre la mesure » de « ce monstre » du narcotrafic « qui s’est infiltré partout » et leur a enlevé un 2e fils. Un reportage photo signé Mohammed El Hamzaoui et Yves Souben.

  • My name is Orson Welles

    My name is Orson Welles

    Rappelons qui était Orson Welles (1915-1985). Né dans le Wisconsin, il s’était tout d’abord manifesté comme peintre, musicien, écrivain, acteur, avant de conquérir la célébrité en organisant son émission de radio sur le débarquement des Martiens, qui provoqua une panique dans tout le pays. Quelques années plus tard, sortait Citizen Kane. Film culte dans lequel l’argent et les moyens de l’acquérir font d’un petit garçon aimant de jadis, un vieillard au cœur froid. Pour cela, il choisit la vie et les amours de W.-R. Hearst, trusteur de la presse américaine, et plus sûr soutien du fascisme aux États-Unis ; puis utilisa, écrivit un journaliste de l’époque, le muet, le sonore, le parlant, le chantant, les caméras, les projecteurs, déborda d’idées et bombarda les spectateurs d’une encyclopédie des anciennes techniques.

    Pour un autre de ses collègues, le génie de Welles est d’avoir su se servir de ces trouvailles pour les faire siennes. Le livre que nous vous proposons de mettre dans la hotte du père Noël, et intitulé My name is Orson Welles, est un collectif, publié sous la direction de Frédéric Bonnaud, afin de commémorer le cent dixième anniversaire de sa naissance, et le quarantième anniversaire de sa disparition. Voilà pourquoi la Cinémathèque française lui consacre une exposition, dont les portes se sont ouvertes le 8 octobre pour se refermer le 11 janvier 2026. C’est ce collectif, enrichi de 320 illustrations, que nous vous conseillons d’acquérir. Rendez-vous au 51, rue de Bercy, au cas où vous monteriez à Paris. Vertigineusement magistral.

    La Table Ronde, 44,50 euros

  • « Le cancer de la prostate est le plus fréquent, pas le plus mortel »

    « Le cancer de la prostate est le plus fréquent, pas le plus mortel »

    Médecin spécialisé en urologie depuis 2005, le docteur Jochen Walz traite les cancers du rein, de la vessie, de la prostate ou encore du testicule. « Au sein de l’Institut Paoli-Calmettes, nous faisons un travail multidisciplinaire. C’est-à-dire que chaque médecin apporte sa spécialité dans le traitement d’un cancer, nous travaillons en équipe et c’est quelque chose de très important selon moi », explique-t-il. « Il y a une véritable synergie ce qui est un avantage notable pour la prise en charge mais aussi pour le patient. »

    Le cancer de la prostate, à l’instar du cancer du sein est le plus répandu chez l’homme à partir de 50 ans. pour autant, il n’est pas le plus mortel. « Pour ce cancer-là, il y a une discordance entre la fréquence de la maladie et le risque que ça représente pour le patient. Quand un cancer de la prostate est agressif, il y a une nécessité à le traiter mais dans la majorité des cas, environ 50% il est plutôt gentil alors, il n’est pas nécessaire de le traiter voir même de le diagnostiquer », précise le docteur Walz.

    De par son évolution lente, le cancer de la prostate est davantage comparé à une maladie chronique qu’à un cancer à proprement dit. « Si on prend l’exemple du cancer du poumon, la maladie évolue assez rapidement une fois le diagnostic établi et 2/3 des hommes touchés meurent de cette maladie. A contrario, seulement 10% des hommes meurent du cancer de la prostate mais au bout de 10 à 15 ans après diagnostic », souligne-t-il. « Notre challenge est donc de trouver un cancer qui représente un risque tout en ayant en tête l’espérance de vie si un homme est très âgé ou qu’il y a beaucoup de comorbidité, il n’y a aucun intérêt à effectuer un diagnostic parce que ce cancer n’aura pas forcément d’incidence sur son espérance de vie. »

    Un dispositif de soin adapté

    Pour autant, il est important pour le docteur de rappeler que le cancer de la prostate est une maladie asymptomatique, le dépistage est donc primordial. « Il se fait d’abord avec une prise de sang ce qui donne une probabilité de déceler, le cas échéant un cancer. S’en suit si suspicion il y a, une IRM, ce qui n’existait pas il y a encore quelques années », ajoute Jochen Walz. « Si besoin on déclenche ensuite une biopsie et ce n’est qu’elle qui nous donne le diagnostic définitif. » Suivra un dispositif de soin adapté en fonction de l’agressivité de la maladie allant de la simple surveillance à l’opération si besoin.

    Et de continuer : « Il est bon de préciser que désormais, le toucher rectal ne fait plus parti du dépistage, on évite maintenant de lier les deux car c’est un facteur bloquant pour les hommes. Ce n’est qu’une fois que le cancer est avéré qu’il intervient dans le processus de soin. Et, il est bon de le mentionner car malheureusement, beaucoup d’hommes préfèrent ne pas se faire dépister du tout que de passer par cette étape. »

  • [#Direct] La marche blanche en hommage à Mehdi Kessaci

    [#Direct] La marche blanche en hommage à Mehdi Kessaci

    Amine Kessaci, son frère, militant écologiste engagé dans la lutte contre le narcotrafic espère « des milliers de personnes ». De nombreuses personnalités politiques de tous bords sont attendus pour cette marche blanche placée sous le mot d’ordre : « Justice pour Mehdi, 20 ans, mort pour rien » et d’autres initiatives sont annoncées dans plusieurs villes françaises.

  • Occitanie : une ordonnance verte pour le Printemps montpelliérain

    Occitanie : une ordonnance verte pour le Printemps montpelliérain

    À cinq mois des municipales, ça bouge du côté de Montpellier. Le Printemps montpelliérain, liste regroupant plusieurs partis de gauche, vient de dévoiler dix propositions afin de changer de politique alimentaire. « Avec les évolutions de la société, la perte du pouvoir d’achat, l’alimentation devient un sujet politique important. 13% des Français sont en insécurité alimentaire  », souligne Jean-Louis Roumégas, tête de liste et député les Écologistes de l’Hérault.

    Des propositions issues d’un forum sur l’alimentation et l’agriculture conduit par le mouvement, le 18 octobre. Tout d’abord, une « ordonnance verte  ». « Dès que le bébé est en route, nous distribuerons des paniers bio hebdomadaires et gratuits à toutes les femmes enceintes, sans condition de revenus », détaille Julia Mignacca, membre du Printemps. L’objectif à terme serait que cette ordonnance bénéficie à 1 600 Montpelliéraines. Également présenté par le Printemps afin de mieux se nourrir, la création d’un réseau d’épiceries municipales. « Nous proposerons des produits à prix coûtant grâce à une centrale d’achat. Cela coûtera peu car nous vendrons sans marge, ce qui permettrait aux agriculteurs d’avoir un prix décent », reprend Jean-Louis Roumégas. À cela s’ajoute le soutien à des caisses alimentaires et aux circuits courts.

    Un office métropolitain

    Si ces mesures concernent uniquement la ville de Montpellier, d’autres ont une visée plus large en s’adressant à toute la métropole, comme la création d’un office agricole. « À Montpellier, nous devons lutter contre les lobbies de l’immobilier et sanctuariser les terres agricoles. Cet office nous permettra de les acquérir puis d’installer des paysans », précise Boris Chenaud. Pour les agriculteurs en herbe, le Printemps propose la mise en place de jardins partagés. « Cela permettra de créer du lien social entre les gens dans les quartiers et de redécouvrir la saisonnalité », insiste Coralie Mantion. Dans le même genre, le Printemps espère créer une ferme pédagogique à Malbosc.

    Une sensibilisation au bien manger qui passera également par l’école puisqu’il est prévu de mettre fin aux plastiques à la cantine et de tendre vers le 100% bio et local – contre 30% actuellement. Enfin, pour lutter contre la malbouffe, l’équipe ambitionne de mettre en place des ateliers autour du goût sur le temps périscolaire. Les enfants ne sont pas les seuls visés puisque le grand public est aussi invité à travers l’organisation d’une journée sans sodas. « Nous voulons répondre aux besoins du quotidien en apportant des réponses concrètes », soutient Jean-Louis Roumégas.