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  • Retour en images sur la Marche blanche en mémoire de Mehdi

    Retour en images sur la Marche blanche en mémoire de Mehdi

    Une foule de Marseillais, soutenus par une kyrielle de politiques, a rendu un hommage poignant à Mehdi Kessaci samedi, sa famille appelant à « prendre la mesure » de « ce monstre » du narcotrafic « qui s’est infiltré partout » et leur a enlevé un 2e fils. Un reportage photo signé Mohammed El Hamzaoui et Yves Souben.

  • My name is Orson Welles

    My name is Orson Welles

    Rappelons qui était Orson Welles (1915-1985). Né dans le Wisconsin, il s’était tout d’abord manifesté comme peintre, musicien, écrivain, acteur, avant de conquérir la célébrité en organisant son émission de radio sur le débarquement des Martiens, qui provoqua une panique dans tout le pays. Quelques années plus tard, sortait Citizen Kane. Film culte dans lequel l’argent et les moyens de l’acquérir font d’un petit garçon aimant de jadis, un vieillard au cœur froid. Pour cela, il choisit la vie et les amours de W.-R. Hearst, trusteur de la presse américaine, et plus sûr soutien du fascisme aux États-Unis ; puis utilisa, écrivit un journaliste de l’époque, le muet, le sonore, le parlant, le chantant, les caméras, les projecteurs, déborda d’idées et bombarda les spectateurs d’une encyclopédie des anciennes techniques.

    Pour un autre de ses collègues, le génie de Welles est d’avoir su se servir de ces trouvailles pour les faire siennes. Le livre que nous vous proposons de mettre dans la hotte du père Noël, et intitulé My name is Orson Welles, est un collectif, publié sous la direction de Frédéric Bonnaud, afin de commémorer le cent dixième anniversaire de sa naissance, et le quarantième anniversaire de sa disparition. Voilà pourquoi la Cinémathèque française lui consacre une exposition, dont les portes se sont ouvertes le 8 octobre pour se refermer le 11 janvier 2026. C’est ce collectif, enrichi de 320 illustrations, que nous vous conseillons d’acquérir. Rendez-vous au 51, rue de Bercy, au cas où vous monteriez à Paris. Vertigineusement magistral.

    La Table Ronde, 44,50 euros

  • « Le cancer de la prostate est le plus fréquent, pas le plus mortel »

    « Le cancer de la prostate est le plus fréquent, pas le plus mortel »

    Médecin spécialisé en urologie depuis 2005, le docteur Jochen Walz traite les cancers du rein, de la vessie, de la prostate ou encore du testicule. « Au sein de l’Institut Paoli-Calmettes, nous faisons un travail multidisciplinaire. C’est-à-dire que chaque médecin apporte sa spécialité dans le traitement d’un cancer, nous travaillons en équipe et c’est quelque chose de très important selon moi », explique-t-il. « Il y a une véritable synergie ce qui est un avantage notable pour la prise en charge mais aussi pour le patient. »

    Le cancer de la prostate, à l’instar du cancer du sein est le plus répandu chez l’homme à partir de 50 ans. pour autant, il n’est pas le plus mortel. « Pour ce cancer-là, il y a une discordance entre la fréquence de la maladie et le risque que ça représente pour le patient. Quand un cancer de la prostate est agressif, il y a une nécessité à le traiter mais dans la majorité des cas, environ 50% il est plutôt gentil alors, il n’est pas nécessaire de le traiter voir même de le diagnostiquer », précise le docteur Walz.

    De par son évolution lente, le cancer de la prostate est davantage comparé à une maladie chronique qu’à un cancer à proprement dit. « Si on prend l’exemple du cancer du poumon, la maladie évolue assez rapidement une fois le diagnostic établi et 2/3 des hommes touchés meurent de cette maladie. A contrario, seulement 10% des hommes meurent du cancer de la prostate mais au bout de 10 à 15 ans après diagnostic », souligne-t-il. « Notre challenge est donc de trouver un cancer qui représente un risque tout en ayant en tête l’espérance de vie si un homme est très âgé ou qu’il y a beaucoup de comorbidité, il n’y a aucun intérêt à effectuer un diagnostic parce que ce cancer n’aura pas forcément d’incidence sur son espérance de vie. »

    Un dispositif de soin adapté

    Pour autant, il est important pour le docteur de rappeler que le cancer de la prostate est une maladie asymptomatique, le dépistage est donc primordial. « Il se fait d’abord avec une prise de sang ce qui donne une probabilité de déceler, le cas échéant un cancer. S’en suit si suspicion il y a, une IRM, ce qui n’existait pas il y a encore quelques années », ajoute Jochen Walz. « Si besoin on déclenche ensuite une biopsie et ce n’est qu’elle qui nous donne le diagnostic définitif. » Suivra un dispositif de soin adapté en fonction de l’agressivité de la maladie allant de la simple surveillance à l’opération si besoin.

    Et de continuer : « Il est bon de préciser que désormais, le toucher rectal ne fait plus parti du dépistage, on évite maintenant de lier les deux car c’est un facteur bloquant pour les hommes. Ce n’est qu’une fois que le cancer est avéré qu’il intervient dans le processus de soin. Et, il est bon de le mentionner car malheureusement, beaucoup d’hommes préfèrent ne pas se faire dépister du tout que de passer par cette étape. »

  • [#Direct] La marche blanche en hommage à Mehdi Kessaci

    [#Direct] La marche blanche en hommage à Mehdi Kessaci

    Amine Kessaci, son frère, militant écologiste engagé dans la lutte contre le narcotrafic espère « des milliers de personnes ». De nombreuses personnalités politiques de tous bords sont attendus pour cette marche blanche placée sous le mot d’ordre : « Justice pour Mehdi, 20 ans, mort pour rien » et d’autres initiatives sont annoncées dans plusieurs villes françaises.

  • Occitanie : une ordonnance verte pour le Printemps montpelliérain

    Occitanie : une ordonnance verte pour le Printemps montpelliérain

    À cinq mois des municipales, ça bouge du côté de Montpellier. Le Printemps montpelliérain, liste regroupant plusieurs partis de gauche, vient de dévoiler dix propositions afin de changer de politique alimentaire. « Avec les évolutions de la société, la perte du pouvoir d’achat, l’alimentation devient un sujet politique important. 13% des Français sont en insécurité alimentaire  », souligne Jean-Louis Roumégas, tête de liste et député les Écologistes de l’Hérault.

    Des propositions issues d’un forum sur l’alimentation et l’agriculture conduit par le mouvement, le 18 octobre. Tout d’abord, une « ordonnance verte  ». « Dès que le bébé est en route, nous distribuerons des paniers bio hebdomadaires et gratuits à toutes les femmes enceintes, sans condition de revenus », détaille Julia Mignacca, membre du Printemps. L’objectif à terme serait que cette ordonnance bénéficie à 1 600 Montpelliéraines. Également présenté par le Printemps afin de mieux se nourrir, la création d’un réseau d’épiceries municipales. « Nous proposerons des produits à prix coûtant grâce à une centrale d’achat. Cela coûtera peu car nous vendrons sans marge, ce qui permettrait aux agriculteurs d’avoir un prix décent », reprend Jean-Louis Roumégas. À cela s’ajoute le soutien à des caisses alimentaires et aux circuits courts.

    Un office métropolitain

    Si ces mesures concernent uniquement la ville de Montpellier, d’autres ont une visée plus large en s’adressant à toute la métropole, comme la création d’un office agricole. « À Montpellier, nous devons lutter contre les lobbies de l’immobilier et sanctuariser les terres agricoles. Cet office nous permettra de les acquérir puis d’installer des paysans », précise Boris Chenaud. Pour les agriculteurs en herbe, le Printemps propose la mise en place de jardins partagés. « Cela permettra de créer du lien social entre les gens dans les quartiers et de redécouvrir la saisonnalité », insiste Coralie Mantion. Dans le même genre, le Printemps espère créer une ferme pédagogique à Malbosc.

    Une sensibilisation au bien manger qui passera également par l’école puisqu’il est prévu de mettre fin aux plastiques à la cantine et de tendre vers le 100% bio et local – contre 30% actuellement. Enfin, pour lutter contre la malbouffe, l’équipe ambitionne de mettre en place des ateliers autour du goût sur le temps périscolaire. Les enfants ne sont pas les seuls visés puisque le grand public est aussi invité à travers l’organisation d’une journée sans sodas. « Nous voulons répondre aux besoins du quotidien en apportant des réponses concrètes », soutient Jean-Louis Roumégas.

  • Au Vigan, la psychiatrie de jour rouvre enfin ses portes

    Au Vigan, la psychiatrie de jour rouvre enfin ses portes

    Fermé en septembre 2023 faute de médecins, le service de psychiatrie de jour du Vigan ne fonctionnait plus qu’en mode dégradé, absorbant uniquement les situations les plus critiques. Jeudi 6 novembre, il a enfin retrouvé une activité complète, au sein de l’hôpital local. Une respiration pour tout un territoire confronté à une dégradation alarmante de la santé mentale des plus jeunes. « On ne prenait en charge que les situations les plus graves, pour ne pas laisser les parents dans la détresse », rappelle Jean-Luc Sauvaire, directeur du Mas Cavaillac, qui a porté le dossier. Grâce à une « belle rencontre » avec Christian Cataldo, directeur de l’hôpital d’Alès, puis au feu vert de l’ARS, la réouverture a pu être lancée. L’Agence a confirmé un financement « à 99,9% ».

    Le CMPEA accueillera désormais des enfants et adolescents jusqu’à 18 ans, souffrant de troubles du comportement ou de pathologies psychiatriques. Une nouvelle équipe a été réunie : un psychiatre à temps plein sur le Vigan, un médecin rattaché à Alès, deux infirmières en pratique avancée, des infirmières et une psychologue du développement. Jusqu’ici, environ 500 jeunes étaient suivis. « La réouverture va être un tsunami : on pourrait atteindre 800 à 900 jeunes. Ça va être délicat », prévient Jean-Luc Sauvaire.

    Un territoire à la demande « exponentielle »

    Les deux partenaires ont établi une répartition géographique : l’AEMC couvrira le bassin Ganges–Le Vigan, tandis que l’hôpital d’Alès renforcera Saint-Hippolyte-du-Fort, Sauve et Quissac. « La solution va renforcer les deux zones », assure Christian Cataldo.

    Les prises en charge seront limitées à douze séances, avec un axe fort : accompagner les parents et orienter vers les professionnels adaptés. Dans un territoire où les besoins sont « exponentiels », cette réouverture apparaît comme un soulagement attendu.

  • La CGT dévoile sa vision pour l’avenir de l’outil portuaire

    La CGT dévoile sa vision pour l’avenir de l’outil portuaire

    Un port à la croisée des chemins

    Comme un symbole, c’est dans l’espace « Les Rotatives » du journal La Marseillaise que la CGT du Grand Port Maritime de Marseille (GPMM-Fluxel) a dévoilé sa feuille de route pour l’avenir de l’activité portuaire, ce vendredi. Une présentation qui ne vient pas de nulle part : l’outil industriel incontournable de la cité phocéenne est en pleine mutation au niveau des trafics traités (voir chiffres ci-contre). Et les « discours hostiles aux activités portuaires » refont surface à l’approche des élections municipales. D’où un « document travaillé » avec le cabinet d’expertise comptable Secafi, d’une quinzaine de pages avec des analyses « par bassin » et qui aborde tous les aspects du GPMM : Du J4 à Port-Saint-Louis-du-Rhône. Objectif in fine : « Redonner une perspective industrielle et sociale au port, avec une politique ambitieuse. On refuse que son avenir se décide sans les travailleurs », campe Pascal Galéoté, le secrétaire général de l’organisation. Avant de prévenir : « On partage l’idée de la décarbonation, mais les enjeux environnementaux doivent être inscrits dans un calendrier qui ne pénalise pas l’emploi. » Le tout, alors que le projet stratégique du port doit être validé la semaine prochaine au conseil de surveillance du port. En bref, une CGT à l’offensive pour un port sur le devant de la scène industrielle, « loin des orientations du tout tourisme ou d’une transformation en port-musée ». Avec une première revendication majeure : « Pour une tonne industrielle perdue, une tonne d’un relais de croissance doit pouvoir émerger. »

    Un pont entre

    les peuples

    Dans le viseur de l’organisation syndicale : « La préservation d’activités dans les bassins Est » et la « sanctuarisation du domaine maritime ». « Il faut maintenir des espaces pour que les bateaux, notamment de passagers, puissent continuer à arriver », développe Pascal Galéoté. Il met en garde contre « la concentration des activités dans le nord » et une forme de « congestion des flux », par exemple autour de la porte 4. D’où un rappel que le GPMM est « un pont entre les peuples » symbolisé par les traversées vers la Corse et le Maghreb. Autre position de l’organisation sur un sujet plus qu’épineux : les croisières. Une activité que la CGT appelle à « encadrer » mais « pas à supprimer ». « Cela représente plus de 250 millions d’euros de retombées pour la ville », insiste Pascal Galéoté. Et pour les croisières comme le transport de passagers : « Ces activités doivent s’appuyer sur des infrastructures modernisées, on doit améliorer l’accueil », insiste le secrétaire général. Dans ce cadre, la CGT GPMM rappelle son attachement aux délégations de services publics (DSP), notamment pour la desserte de l’île de beauté. Et donc son soutien aux marins dans ce combat.

    La réparation navale

    et la roro essentielles

    « L’activité remorque, c’est-à-dire la roro, est essentielle. Il y a là une opportunité qu’on doit saisir pour les bassins est », explique Pascal Galéoté. Pour rappel, il vise là un type d’activité où la marchandise est chargée en roulant par une rampe à l’arrière, notamment pour les remorques de camions, appelé la roro dans le jargon (pour roll on et roll off). Autre sujet majeur pour la CGT : « L’évolution de la réparation navale depuis 15 ans. Aujourd’hui, on a un outil brillant et performant. » De quoi rappeler que le maintien, et le développement, de la réparation navale vient directement des mobilisations des travailleurs et de la CGT. Et elle est toujours à l’ouvrage : « Il faut mieux intégrer la réparation navale dans les enjeux maritimes internationaux afin d’en faire un véritable hub méditerranéen. »

    Un besoin de report modal et de branchements

    En lien avec l’acheminement des remorques, la CGT insiste sur le besoin vital « d’un report modal avec des voies ferrées ». Un point « qui demande des investissements mais qui permettrait d’améliorer la circulation sur le port et la qualité de l’air ». Et qui est en lien direct avec les questions de la place du port dans la ville : « La fermeture de la gare du Canet a précipité l’arrivée de trains sur Miramas mais le dernier kilomètre se fait par camion jusqu’au port. » Et Pascal Galéoté hausse le ton : « Il faut contraindre les entreprises et opérateurs à utiliser ce moyen de transport. » Concrètement, la CGT revendique le maintien de cinq faisceaux ferroviaires. Dans cette lignée, l’organisation note aussi l’importance des branchements à quai : « On s’en réjouit : Cela montre que parfois la décarbonation peut amener des améliorations techniques et créer de l’emploi. » Mais elle précise que, là encore, ça nécessite « des recrutements supplémentaires et des formations ».

    Un avenir « serein » pour les bassins Ouest

    Autre point de vigilance de l’organisation : l’avenir industriel des bassins Ouest. « Ils doivent envisager l’avenir dans la sérénité, il faut une accélération significative des projets structurants destinés à renforcer les activités portuaires », tonne Pascal Galéoté. Son organisation revendique notamment « la création de la Zone de service portuaire 2 » et le développement de la plateforme logistique Distriport 2 en vue d’accueillir au mieux les projets en lien avec la décarbonation industrielle de la zone de Fos. La CGT fait aussi part de « son inquiétude » pour l’avenir d’ArcelorMittal à Fos-sur-Mer. Et de sa volonté de la finalisation de la ligne Très haute tension qui « conditionne » l’avenir du bassin d’emploi. Dans cette lignée, la CGT appelle à « redéfinir la feuille de route » de Fluxel, la filiale hydrocarbure du GPMM, par exemple en « diversifiant l’activité avec la filière de la chimie verte ». Mais Pascal Galéoté insiste : « Avec un maintien du statut public de Fluxel. » Tout un programme donc.

  • Ariane Lombardi tête de liste pour rassembler la gauche à Marignane

    Ariane Lombardi tête de liste pour rassembler la gauche à Marignane

    Je crois que nous avons besoin d’une impulsion de gauche au service des Marignanais », lance Ariane Lombardi, enseignante et dirigeante du PCF, vendredi, lors de la présentation de sa candidature aux élections municipales de mars 2026.

    Engagée aux côtés de Gipsy Voisin des Écologistes et de Youssef El Ouanaghly du PS, cette Marignanaise « de famille et née dans cette ville » ambitionne non seulement de « retrouver la ville populaire que j’adorais enfant avec son club nautique du Jaï et ses concerts à La Colline », mais aussi de construire l’« indispensable union de la gauche face à une extrême droite à l’offensive qui veut imposer une société divisée ».

    Dans le « projet de gauche » de sa liste, Ariane Lombardi assène d’emblée que « le contexte dramatique des événements de Marseille montre le danger et l’emprise partout de la mafia des narcotrafiquants » et promet « de solliciter la préfecture pour des renforts sur la zone, une police municipale visible jour comme de nuit et un accompagnement des ASVP vers le concours et la titularisation ».

    Mais la police ne fait pas tout. « La jeunesse est oubliée, il n’y a ni maison des jeunes, ni médiateurs, ni de centre social », déplore la candidate, qui insiste pour « renouer le lien social par la prévention et la culture », mais aussi pour « mettre en conformité Marignane avec la loi sur les logements sociaux ».

    « Fin à la ville-dortoir »

    Le logement est pour Ariane Lombardi un moyen « pour beaucoup de vivre correctement » et souhaite « reconstruire un habitat mixte de qualité pour lutter contre la ghettoïsation et l’insalubrité », tout en « rattrapant le retard dans la rénovation énergétique des bâtiments publics ». Pour ce faire, la tête de liste affirme qu’« il faut investir les 19 millions d’euros de réserves dans une vision de long terme » pour « retrouver l’attractivité » de la Ville.

    Notamment par la « valorisation et la protection des espaces partagés que sont la plage du Jaï et l’étang de Berre, ce joyau laissé à la marge de la politique ». Ariane Lombardi défend « une vision d’ensemble » de sa gestion, se disant favorable « aux navettes maritimes respectueuses de l’environnement qui permettent de desservir l’aéroport et de décongestionner l’autoroute ». Pour cela, la candidate compte « recréer le dialogue avec les acteurs aux alentours et les instances comme la Métropole », aussi pour « reprendre en main la propreté urbaine en bonne intelligence ».

    Auparavant candidate aux départementales et aux législatives, Ariane Lombardi se défend « d’ambitions personnelles », arguant qu’« au PCF, on ne s’enrichit pas car on reverse ses indemnités et c’est pas un ascenseur social ». La tête de liste appelle à « une large union des progressistes qui veulent faire et partager Marignane autrement ». Avec en face le maire démissionnaire de Gignac Christian Amiraty (UCE), candidat déclaré, et le maire sortant Éric Le Dissès (RPR).

  • « Il faut continuer à porter ce message d’égalité à tout endroit »

    « Il faut continuer à porter ce message d’égalité à tout endroit »

    La Marseillaise : Quelles sont les missions de l’Observatoire ?

    Stéphanie Canovas : Nous nous sommes rendu compte qu’il y avait une persistance des phénomènes de violences faites aux femmes. En 2019, on a été le troisième département le plus touché par les féminicides. Par contraste avec ces chiffres, il y avait une mobilisation du secteur associatif et institutionnel très forte. Ces acteurs avaient envie d’agir à l’échelle intradépartementale, de fluidifier les parcours des femmes victimes, de mieux travailler ensemble. On s’est donc dit qu’il nous manquait un lieu d’observation des phénomènes et de compréhension des différentes modalités de leur expression. L’idée était de comprendre pour mieux agir. Observer, comprendre, agir, c’est le triptyque de l’Observatoire. Piloté par le Département, l’État, la CAF et l’université Paul-Valéry, sa spécificité est de croiser des regards. À la fois ceux des premières concernées, le regard des professionnels de première ligne et celui d’universitaires, d’enseignants-chercheurs qui travaillent sur la sociologie de ces phénomènes pour nous aider à produire de l’action.

    L’Observatoire mène des travaux envers les jeunes, notamment. Ces violences commencent dès le plus jeune âge ?

    S.C. : Oui. Par exemple, un groupe de travail a documenté le fait que les jeunes sont peu captifs de nos campagnes de communication habituelles. Quand on parle de violences conjugales, on l’a vu aussi en les interviewant, ils ne sentent pas concernés, ce sont des choses pour les adultes. Par contre, quand on leur demande s’ils ont déjà géolocalisé leur copain ou copine pour savoir ce qu’il ou elle faisait, la majorité du groupe l’a fait. Les jeunes ne sont pas plus violents qu’avant, mais en regardant de plus près, on voit qu’il y a de la « romantisation de la jalousie ». Par exemple le fait de ne pas aimer voir son copain/copine « liker » le compte d’une autre personne sur les réseaux, c’est plutôt la tendance et du coup l’idée de la possession de l’autre et l’idée d’être possédé par un autre devient un marqueur d’affection, d’amour. L’autre dimension, c’est que – ça prend d’autres modalités d’expression – les réseaux produisent des éléments de suivi des corps en continu, ce qui échappait aux relations sociales avant. Nous sommes donc en train de réfléchir à une mallette pédagogique pour que notre capacité à sensibiliser les jeunes augmente et soit structurée sur le département.

    En 2024, il y a eu 450 100 cas de violences sur l’année, un chiffre qui se stabilise après plusieurs années de forte augmentation. Le résultat des politiques ou de la libération de la parole ?

    S.C. : L’explication est multifactorielle. Ce n’est pas que la parole n’était pas posée, mais parfois elle n’était pas entendue. Et effectivement, grâce au mouvement MeToo, au Grenelle des violences conjugales, etc., on a permis que cette parole soit prise en compte. Pour autant, il faut se dire que la parole des femmes victimes de violences est sous-évaluée. En moyenne, seules 17% des femmes victimes portent plainte. Au sein du département, notre prisme est plus large donc on rentre dans le sujet via l’action sociale, la protection de l’enfance. Dès lors on a une parole qui arrive en dehors de la question du dépôt de plainte. Pour autant, le chantier, pour moi, reste entier : plus de 400 000 femmes victimes de violences en France chaque année. On parle peu aussi des enfants qui sont à côté d’elles et qui sont désormais reconnus victimes par la loi. On a des enjeux de cohésion sociale, de sensibilisation au plus tôt. Il y a des questions sur lesquelles on a avancé, sur la judiciarisation des phénomènes. Pour autant, sur la dimension de prévention, il y a encore beaucoup de travail.

    Les maisons des femmes sont un dispositif mis en place ces dernières années. Est-ce une bonne solution ?

    S.C. : On est vraiment très chanceux puisqu’on est un des seuls départements qui a deux maisons des femmes, à Montpellier et à Béziers. Elles font un travail remarquable. Cette entrée santé est particulièrement opportune. En plus, l’intérêt de ces maisons est que vous avez un médecin, une sage-femme qui vous répondent, il y a une prise en compte du corps parce que le corps chez les femmes victimes de violences dit beaucoup, parfois ce qu’on n’arrive pas à dire avec les mots. Il y a aussi toute une dimension au-delà du soin. Par exemple, la maison des femmes de Montpellier héberge une permanence de l’association Cicade, qui aide les femmes pour le droit des étrangers. Elle héberge le Centre d’information des droits des femmes et des familles (CIDFF), avec des juristes, des conseillères en insertion professionnelle. Donc vraiment l’idée de maison, ça évoque tout de suite l’idée du refuge.

    La société évolue dans le bons sens, mais est-ce assez vite ?

    S.C. : Oui, je crois qu’il faut vraiment porter ce message d’égalité, ce paradigme de l’égalité, à tout endroit. Par exemple, on parle des « nouveaux pères actuellement ». C’est une idée qui est sortie il y a une quarantaine d’années et qui donne à penser qu’il y a une évolution dans les rôles sociaux attribués dans la parentalité. Quand on étudie la question d’un peu plus près, on voit qu’effectivement il y a des rôles et des familles où la question de la répartition des tâches a beaucoup évolué. Mais cette répartition n’est pas tout à fait équitable : plutôt à 35% pour les pères et 65% pour les mères. Les femmes ont aussi la charge mentale de la santé, les pères s’en occupent rarement seuls avec l’enfant, a contrario de la mère. Mais je suis vraiment optimiste, j’ai l’impression que ça bouge, je suis chargée de cours en fac, quand je vois les jeunes générations, je sors de cours un peu boostée avec un optimisme irrésolu, parce qu’ils n’ont plus du tout envie de rester cantonnés à des images, des vieux clichés de virilité y compris pour les garçons, ils n’ont plus envie d’être assignés à ces places.

    Pourtant on assiste à un retour des mouvements masculinistes ?

    S.C. : À chaque fois qu’une société progresse et milite pour l’avancée des droits de minorités – les femmes sont minoritaires au sens sociologique du terme – une part de la société résiste, et là, sur ces courants masculinistes, c’est diffus. Vous allez avoir des revendications autour de pères qui ne seraient pas entendus par la justice, des revendications de jeunes hommes se disant célibataires à cause des mouvements féministes. Donc on va avoir des mouvements protéiformes mais avec un point commun, la remise en question de ce modèle d’égalité de la société et une assignation à des rôles hiérarchisés, qui sont bien entendu en défaveur des femmes. Il faut vraiment être attentif à ces mouvements.

    Propos recueillis par Louis Dupin

    « Les jeunes n’ont plus envie de rester cantonnés à
    des vieux clichés
    de virilité. »

  • Pour sa 33e édition, la Voie est libre fait place nette sur la Corniche

    Pour sa 33e édition, la Voie est libre fait place nette sur la Corniche

    Lancé pour la première fois en mai 2021, le rendez-vous s’est imposé au fil des mois et des années comme un incontournable qui aura marqué le premier mandat du Printemps marseillais. Des quatre coins de la ville, huit fois par an, entre 25 000 et 40 000 Marseillais se pressent le temps d’une journée au rendez-vous de la Voie est libre.

    Ce dimanche, la Corniche se vide une nouvelle fois de ses voitures et autres véhicules à moteur, et fait place nette pour accueillir sa 33e édition. La dernière de l’année 2025. La dernière sans doute avant les élections municipales de mars prochain. De 10h à 17h, ses trois kilomètres de bitume avec leur vue plongeante sur la grande bleue redeviennent un terrain de jeu pour piétons, cyclistes et familles, entre la plage des Catalans et la Marina olympique. À pied, à vélo, à trottinette, ou en rosalie triplettes, quadruplettes, tandems et duos, tous seront à la fête. Des voiturettes électriques faciliteront les déplacements des personnes à mobilité réduite.

    Plus de 200 000 promeneurs par an

    L’initiative qui voulait illustrer à sa création la volonté affichée de la municipalité de repenser ses mobilités et son rapport au littoral a trouvé son public. Un symbole fort pour la 2e ville de France, une commune où la voiture reste reine, une position renforcée par des transports en commun défaillants et des voies de circulation sous-équipées en pistes cyclables.

    Dans ce contexte, piétonniser la Corniche le temps d’une journée ne s’est finalement pas avéré si anodin. L’an dernier plus 230 000 personnes se sont promenées en toute liberté entre le Vallon des Auffes et David. Un engouement lié aussi au fait que la Voie est libre n’est pas qu’un simple laboratoire à ciel ouvert pour imaginer Marseille autrement, sans bruit ni pollution. C’est d’abord un rendez-vous festif.

    Entre randonnées patrimoniales, initiations sportives, concerts et spectacles en déambulation, le rendez-vous se veut animé et populaire. Ce dimanche les visiteurs pourront aussi découvrir la Fresque du climat et participer à des ateliers « Marseille 2030 », qui interrogeront l’avenir de la ville face aux défis environnementaux. Comme chaque fois, food-trucks et espaces ludiques ponctueront le parcours, tandis que des artistes comme les compagnies les Oiseaux perchés, Circula octopulse et Bayou l’animeront.