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  • [Billet] Proposer un horizon autre que guerrier et austère

    [Billet] Proposer un horizon autre que guerrier et austère

    Le capitalisme, en crise profonde, est toujours aussi prévisible : pour sortir de son impasse récurrente, la guerre, économique et brutale ou sur les champs de bataille, meurtrière, lui offre, croit-il, une porte de sortie. Enfin, pour la poignée de possédants prêts à sacrifier les enfants des peuples. « On croit mourir pour la patrie ; on meurt pour des industriels », écrivait Anatole France à propos de la boucherie de 14-18. Ajoutant : « Ces maîtres de l’heure possédaient les trois choses nécessaires aux grandes entreprises modernes : des usines, des banques, des journaux. » En 2025, les propos plus que centenaires du prix Nobel de littérature 1921, n’ont rien perdu de leur pertinence et impertinence. Le discours dominant des possédants, sous couvert de patriotisme et de morale, prépare les esprits et notamment la jeunesse, à l’inéluctable de la guerre. Du chef d’état-major des Armées déclarant devant les maires réunis en congrès qu’il faut se préparer à « accepter de perdre nos enfants », à Emmanuel Macron qui s’apprête cette semaine à annoncer un service militaire « volontaire » pour grossir les régiments de réservistes, la musique est lancinante et marche au pas. Ces discours va-t-en-guerre doivent être démontés car d’autres options sont non seulement possibles mais nécessaires.

    Vivre paisiblement

    La paix, notamment, se construit par la diplomatie, la coopération et par l’intervention des citoyens qui aspirent à vivre paisiblement. La paix se bâtit dans des sociétés où doivent primer la fraternité et l’égalité et non la concurrence aveugle entre les individus, asservis par un système qui veut les opposer les uns aux autres.

    La paix c’est aussi des services publics renouvelés, des écoles et la lutte sans merci contre ce prolongement du capitalisme que sont tous les trafics, celui de la drogue en priorité.

    Ce discours est porté à gauche notamment par le PCF. Il doit absolument s’élargir à l’ensemble du mouvement social pour infuser dans la société et faire reculer les semeurs de haine, tous ceux qui profitent du désarroi et du confusionnisme ambiant qui font le lit de l’extrême droite.

  • L’Ovalie marseillaise au soutien des droits de l’enfant

    L’Ovalie marseillaise au soutien des droits de l’enfant

    S’ils n’ont pas eu le même rendement que les Bleus de Fabien Galthié face à l’Australie, samedi, les rugbymen qui se sont retrouvés sur la pelouse du stade Pierre-Delort de Marseille n’ont pas gardé leurs mains dans les poches.

    Jeunes et moins jeunes se sont retrouvés, poursuivant un ballon ovale capricieux, pour aller au soutien des actions du Secours populaire. Et plus particulièrement celles à destination de la pratique sportive dédiée à leur âge, dans le cadre de la Journée mondiale des droits de l’enfant.

    « C’était aussi pour rappeler que ces droits ne sont pas qu’une théorie. Ils sont concrets et le tournoi que nous avons pu mettre en place était en quelque sorte une piqûre de rappel auprès du grand public », précise Bahia Hamouda. La responsable du développement jeunesse et sport au sein du Secours populaire des Bouches-du-Rhône a apprécié de voir comment l’Ovalie marseillaise a su se mobiliser. « C’était une très belle journée durant laquelle la solidarité n’était pas qu’un simple mot. »

    Les adultes ont ouvert le ban le matin. Imités par les plus jeunes qui ont également eu droit à leur tournoi, dans l’après-midi. « Nous avons vécu de beaux moments de partage, autour de la mixité sous tous ses aspects et des efforts partagés », poursuit-elle.

    Cadeaux surprises

    Outre les partenaires tels que Point sud, Starbucks, qui a offert les petits-déjeuners et goûters, la Ville de Marseille qui a mis à disposition le stade gratuitement, les organisateurs ont eu le soutien des BYers. « Le club de Fos-sur-Mer a fait un beau cadeau, en invitant l’équipe victorieuse du tournoi à vivre une expérience en bord de parquet lors d’un match de championnat et des invitations en tribunes » souligne Bahia Hamouda.

    Outre de mettre en lumière les actions de la Journée mondiale des droits de l’enfant, ce rendez-vous entrait dans le cadre d’une manifestation de plus grande envergure. L’année 2025 est celle du 80e anniversaire du Secours populaire. Elle est rythmée par plusieurs manifestations destinées à mettre en avant les actions d’une association dont le Père Noël vert, un de ses plus illustres représentants, ne tardera pas à partir effectuer sa tournée particulière.

    « Le tournoi a permis à certains de découvrir le rugby. Dans un beau cadre, et dans de bonnes conditions », précise la développeuse des solidarités jeunesse et sport. Le fait qu’il y ait eu une cinquantaine d’enfants, représentant plusieurs quartiers de Marseille, lui donne des idées pour la suite. « Cela devait être un rendez-vous unique. Mais vu le succès rencontré, nous réfléchissons d’ores et déjà à en faire un rendez-vous récurrent. Je devine au sein des bénévoles qui se sont mobilisés une envie de revenir. C’est également le même sentiment qui anime nos partenaires », précise Bahia Hamouda.

  • Roberto De Zerbi en veut encore plus après Nice

    Roberto De Zerbi en veut encore plus après Nice

    En inscrivant 5 buts sur le terrain de Nice, l’OM a frappé fort, vendredi.

    Ce résultat met en lumière de nouvelles perspectives intéressantes pour la suite de la saison et surtout la reprise de la Ligue des Champions.

    Des retours importants

    Si l’infirmerie olympienne est toujours bien remplie, à Nice, trois joueurs en sont sortis et leur retour a eu un impact sur le collectif. Timothy Weah a marqué, Geoffrey Kondogbia a tenu la baraque au milieu, en l’absence de Pierre-Emile Höjbjerg. Quant à Leo Balerdi, il a bien sécurisé la défense et son entente avec Benjamin Pavard a été intéressante.

    Concernant l’absence de dernière minute de Pierre-Emile Höjbjerg, Roberto De Zerbi s’est justifié. « Il avait besoin de souffler, de rester avec les siens. C’est pourquoi je lui ai donné deux jours de repos. »

    Une attaque de feu menée par Greenwood

    L’OM a inscrit cinq buts vendredi. Avec notamment un doublé de Mason Greenwood qui a visiblement franchi un palier ces dernières semaines. « Il joue un rôle important en ce moment, il met des buts, donne des passes décisives. Il est en train de devenir un joueur complet », a souligné à son sujet Roberto De Zerbi. L’Italien a rappelé « que la saison dernière était sa première complète depuis deux ans. Il poursuit sa progression car il est encore très jeune ».

    Avec 33 buts en 13 matches, l’attaque olympienne est la plus efficace de la Ligue 1. Si elle conserve son rythme, elle pourrait offrir un atout au club dans le sprint final.

    De Lange relève le gant

    Comme après chaque trêve internationale, Roberto De Zerbi a laissé sur le banc Geronimo Rulli. Appelé à la rescousse, Jeffrey de Lange a pu, cette fois, montrer ses qualités. Face à Lorient et au Havre, le Néerlandais n’avait pas eu grand-chose à effectuer. Mais à Nice, les offensives du « Gym » lui ont offert des occasions de briller. Il a notamment évité l’égalisation azuréenne, après l’ouverture du score de Pierre-Emerick Aubameyang. Et gagné un duel important face à Terem Moffi au retour des vestiaires, quelques minutes avant le troisième but de son équipe.

    Peut encore mieux faire

    Le score semble parler de lui-même. Mais Roberto De Zerbi n’est pas totalement satisfait de la soirée. « Je ne suis pas content de la qualité de jeu. Je ne le dis pas parce que nous avons gagné 5-1 mais parce que cette équipe peut faire encore beaucoup mieux. Notamment dans la gestion du ballon et les remontées du terrain. »

    Il attend donc des progrès mardi, contre Newcastle.

    Un petit plaisir

    pour Roberto De Zerbi

    Toutefois, l’entraîneur marseillais a avoué qu’après ce résultat, il va pouvoir savourer ses prochains allers-retours entre Marseille et Brescia. « Jusqu’à présent, chaque fois que je passais en voiture devant le stade de Nice, je ne pouvais oublier notre défaite de l’an dernier. Pour mon prochain retour au pays, j’aurai cette fois le sourire en songeant au 5 – 1 de ce soir. »

    Newcastle s’est réveillé face à Manchester City

    Prochain adversaire de l’OM, en Ligue des Champions mardi, Newscastle a signé un bel exploit en championnat d’Angleterre.

    Les « Magpies » se sont imposés, samedi, face à Manchester City. Dans un Saint James Park qui est resté sur sa faim durant une heure, c’est un but de Harvey Barnes qui a réveillé l’ambiance.

    Les Citizens, bien ternes jusque-là, ont cru échapper à la punition en égalisant par Ruben Dias quelques minutes plus tard. Mais Newcastle a su conserver sa dynamique et reprendre la main, également par Harvey Barnes dont le doublé a permis à son équipe de renouer à la victoire et se hisser à la quinzième place du classement de la Premier League.

  • Passeport du civisme dans le Var : un outil pédagogique ou idéologique ?

    Passeport du civisme dans le Var : un outil pédagogique ou idéologique ?

    « Il est des offensives qui ne disent pas leur nom. Des infiltrations qui avancent masquées, sous les oripeaux du civisme, de l’engagement, de la bienveillance. » Le secrétaire général de la CGT Educ’action Olivier Gérard va droit au but dans son courrier envoyé à l’académie de Nice pour mettre en avant la manœuvre idéologique cachée, selon lui, derrière le prétendu « Passeport du Civisme ». Ce document est distribué dans les écoles des municipalités varoises d’extrême droite et de droite dure que sont Fréjus et Saint-Raphaël.

    Le syndicaliste rappelle que cet outil « personnalisable par les maires » a été mis en place avec le soutien du « Fonds du bien commun » du milliardaire Pierre-Édouard Stérin, proche de la droite et de l’extrême droite, à l’origine du projet Périclès, l’acronyme de Patriotes, enracinés, résistants, identitaires, chrétiens, libéraux, Européens, souverainistes. « Son projet vise à fédérer des sensibilités allant de la droite conservatrice à l’extrême droite, dans une stratégie assumée de conquête idéologique », rappelle la CGT qui met en garde sur le fait que l’école semble devenir un terrain stratégique.

    La « Grande vadrouille » pour évoquer 39-45

    « À Saint-Raphaël, les élèves doivent lire l’édito du maire, admirer une vingtaine de photos d’élus municipaux désignés comme référents », pointe Olivier Gérard. Et d’ironiser sur « la proposition d’action civique d’une grande puissance, comme la visite du musée Louis de Funès, ou la projection collective des Aventures de Rabbi Jacob pour lutter contre les discriminations et le racisme, et même découvrir la période de la Seconde Guerre mondiale, grâce à la Grande vadrouille. »

    Le secrétaire de la CGT Educ’action précise que l’agrément ministériel de ce passeport plus que controversé a été retiré en novembre 2024. Entre-temps « beaucoup d’autres responsables ou personnalités ont promu ce support idéologique jusqu’à ce que le ministère en pointe les lacunes pédagogiques et les limites sur la neutralité ».

    « Rien ne se fait de manière cachée »

    Le problème est que « ces initiatives portées par les municipalités ne font l’objet d’aucune validation académique préalable ». Et s’inscrivent « en dehors du cadre des programmes scolaires et des principes de neutralité et de laïcité ». Olivier Gérard ajoute que « leur mise en œuvre se fait sans concertation avec les enseignants, qui ne disposent pas toujours des moyens ou du recul nécessaire pour en évaluer les contenus pédagogiques ». Ce flou est d’autant plus problématique, insiste-t-il, que ces supports, sous des apparences civiques et consensuelles, peuvent constituer de véritables chevaux de Troie idéologiques, difficiles à identifier sans vigilance collective.

    La CGT demande donc à la rectrice de rappeler aux maires concernés les limites de leur rôle en matière pédagogique. Et de « garantir que l’école reste un espace neutre, laïc et protégé des influences politiques ».

    Pour le maire LR de Saint-Raphaël Frédéric Masquelier la polémique n’a pas lieu d’être. Le premier magistrat a d’ailleurs tenu à nous répondre en personne sur le sujet : « C’est un dispositif qui reçoit un très bon accueil de la part des enseignants et qui est mis en place avec la participation des directeurs d’école », explique-t-il, en assurant que « rien ne se fait pas de manière cachée ou en catimini ». Et d’insister : « Il ne s’agit pas d’une éducation parallèle. D’ailleurs lorsqu’on a remis les passeports du civisme cette année, le préfet était présent. » Pour le très droitier premier magistrat, il s’agit « de mobiliser des centaines de jeunes chaque année avec une grande réunion avec les parents autour des valeurs du civisme, du respect, de la citoyenneté ». Pas plus ?

    Il dit ne pas connaître les raisons qui ont amené le ministère à suspendre son agrément à ce dispositif. En tout cas affirme Frédéric Masquelier, « il n’y a rien d’idéologique, sauf si on considère qu’apprendre le respect, les valeurs de la citoyenneté et le civisme, c’est idéologique ». La balle est à présent dans le camp de l’académie qui doit éclaircir sa position et donner des gages du respect de la neutralité de l’école.

  • Largement soutenu, Bernardini inaugure sa permanence à Istres

    Largement soutenu, Bernardini inaugure sa permanence à Istres

    L’avenue Hélène Boucher est la rue des élections municipales. Samedi 22 novembre, le maire candidat François Bernardini (DVG) a inauguré sa permanence de campagne au 14, à quelques mètres seulement de celle de son « voisin de palier » et principal opposant politique Robin Prétot (LR). Malgré le vent glacial, plus d’une centaine d’habitants se sont réunis pour soutenir l’édile.

    Sur l’estrade, François Bernardini était entouré de son mentor, le président du conseil régional de 1981 à 1985 Michel Pezet (PS), des maires de Fos-sur-Mer et de Port-Saint-Louis-du-Rhône René Raimondi (ex-PS) et Martial Alvarez (DVD), ainsi que du sénateur communiste Jérémy Bacchi. « Devant tant de personnes issues de courants différents, on peut se dire : “Quelle bouillabaisse !”, reconnaît l’élu. Ce n’est que la traduction véritable de tout ce que j’ai pu initier depuis 2008 et qui a permis d’emporter des gens différents dans un esprit commun avec une valeur essentielle qui est celle de la loyauté envers un programme et une ville ».

    Suzelle Ayot, élue à Istres et conseillère régionale, a délivré un message de la part de son président Renaud Muselier (Ren) : « Istres mérite de garder François Bernardini à sa tête. Vous avez un grand maire. C’est un bâtisseur, un visionnaire reconnu comme celui qui a transformé sa ville comme personne ».

    C’est justement ce que lui reproche son adversaire Robin Prétot, qui a fait du ralentissement de l’urbanisation son cheval de bataille. En mars 2026, ce sont ces deux visions de la ville qui vont s’affronter. Martial Alvarez assure : « Dans cette période confuse, (…) on a besoin d’un capitaine, d’un vieux briscard, de quelqu’un capable de porter de négociations fortes ». L’expérience suffira-t-elle à François Bernardini pour rester « indéboulonnable », comme Renaud Muselier le dit ?

  • Femmes : manif bruyante face à l’hécatombe silencieuse

    Femmes : manif bruyante face à l’hécatombe silencieuse

    Mélina, Laure, Élodie et Béatrice. Ce sont les prénoms des quatre femmes qui sont mortes sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint pour la seule journée de jeudi dernier, le 20 novembre. « Quand on voit ça, on se dit qu’il y a peut-être un déficit total de prise en compte alors qu’Emmanuel Macron avait promis, il y a huit ans, de faire de ce sujet-là la cause de son premier quinquennat », dénonce Catherine Lecoq, membre du Collectif 13 Droit des femmes. La représentante de la structure culturelle Éclosion 13 tient la banderole à la tête du cortège féministe parti à 14h, samedi, de la gare Saint-Charles pour réclamer une politique de lutte contre les violences faites aux femmes « à la hauteur ».

    La colère est grande, car les chiffres sont alarmants. Entre 2023 et 2024, les féminicides ont augmenté de 11%, avec 107 femmes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint l’an dernier. Cette année, elles sont déjà 145 à avoir perdu la vie. « C’est sans compter les tentatives de féminicide, 270, et les suicides : plus de 900 femmes ont mis fin à leurs jours ou tenté de le faire en 2024 à cause du harcèlement de leur conjoint ou ex-conjoint », précise Nathalie Tessier, conseillère municipale de Marseille (PCF) déléguée aux droits des femmes.

    Une loi intégrale

    Les associations dénoncent une baisse de moyens. Fin août, la Fondation des femmes a publié une enquête sur l’impact des restrictions budgétaires sur l’accompagnement des femmes victimes de violences réalisée auprès de 148 organisations féministes. Le résultat est sans appel : en 2025, plus de 70% d’entre elles déclarent une situation financière dégradée, conséquence directe de baisses de subventions ou de retards de versement des financements publics.

    « Ça part de là, ça part aussi du déficit de services publics sur le territoire, comme pour ce jeune, Mehdi Kessaci qui vient d’être assassiné, affirme Catherine Lecoq. Ce sont tous ces jeunes qui sont laissés à eux-mêmes dans les quartiers, à qui on ne propose rien alors que les narcotrafiquants proposent, eux, des choses. C’est la même chose pour les mecs qui sont violents envers leur femme. On est là chaque année les 25 novembre et 8 mars pour faire reculer les féminicides et les violences, mais si rien n’est fait en amont, que voulez-vous qu’on fasse ? C’est pas deux journées dans l’année qui vont faire basculer les choses. Il faut des réformes de grande envergure. »

    Pour y parvenir, les associations portent une loi-cadre intégrale de 140 propositions, parmi lesquelles un investissement annuel de 2,6 milliards d’euros contre les violences sexistes et sexuelles contre les 12,7 millions d’euros actuels ; la sensibilisation à l’égalité entre les femmes et les hommes dès le plus jeune âge en rendant effectives les trois séances d’éducation à la vie affective et sexuelle à l’école ; ou encore le remboursement à 100% par la Sécurité sociale des soins psychologiques et du traitement du psychotraumatisme et la création de centres de prise en charge d’urgence accessibles 24h/24, sur le modèle belge. « Oui ça marche, il suffit de regarder en Espagne, où les moyens ont été mis sur la table et aujourd’hui les féminicides ont été divisés par quatre, assure Nathalie Tessier. Cette société patriarcale avec ce continuum de violence, ça peut s’arrêter. Il faut juste avoir la volonté. »

    Un banc rouge pour la mémoire des femmes

    Samedi, la municipalité marseillaise a inauguré son 20e banc rouge, à l’espace Mistral de l’Estaque (16e). « Il est un rappel, au cœur de l’espace public, de la lutte essentielle à mener contre les violences faites aux femmes et un symbole pour la mémoire des victimes de féminicides », soulignait la conseillère municipale (PCF) déléguée aux droits des femmes, Nathalie Tessier, présente aux côtés de l’association Femmes solidaires à l’origine de cette initiative. Neuf autres bancs rouges doivent être installés au fil de la semaine dans les parcs et jardins de la ville.

    Y.S.

  • Le monde politique fait bloc derrière la famille Kessaci

    Le monde politique fait bloc derrière la famille Kessaci

    Des personnalités politiques de tous bords, locales et nationales, pour une même cause : « La France, la République c’est l’État de droit. On vient d’endroits différents mais on doit se lever ensemble pour dire que ça suffit », martèle le maire DVG de Marseille Benoît Payan. « Nous devons venir au bout de ce système qui sème la mort partout », appuie-t-il. L’édile était aux côtés de la famille Kessaci en hommage à Mehdi, assassiné le 13 novembre dans le 4e arrondissement de Marseille, de même que Martine Vassal. « Quand on met au monde un enfant, ce n’est pas pour le voir partir, surtout dans des conditions comme celles-là », confie la présidente DVD du Département des Bouches-du-Rhône et de la Métropole, des sanglots dans la voix. « Il faut que tout le monde se mette autour de la table pour trouver des solutions afin de lutter contre ce narcotrafic qui gangrène nos quartiers », insiste celle qui brigue la mairie.

    Les militants et élus écologistes, se sont déplacés massivement pour soutenir l’un des leurs. « La famille écologiste va faire front aux côtés d’Amine et de tous ceux qui continueront à porter le combat. On ne peut plus se taire, on ne peut pas laisser faire parce qu’un cap a été franchi », signale Marine Tondelier, secrétaire nationale d’EÉLV. « Ça veut dire aussi être lucide sur l’échec des politiques publiques sur le sujet, les remettre en question et faire mieux », soulève-t-elle. À la fin du moment de recueillement, chacun avance ses propositions face caméra : « Je demande un État qui ne fasse pas semblant, qui lutte pour de vrai sur la répression, en donnant à la police des moyens et aussi sur la prévention, en donnant les moyens à l’éducation, aux associations, aux centres sociaux pour repousser la drogue de l’intérieur », fait valoir François Ruffin, député Debout !

    « La place n’est pas nette,

    elle est ensanglantée »

    Un constat partagé par le secrétaire national du PCF Fabien Roussel qui a consacré une partie de son meeting au Parc Chanot à cette question (lire p.6 et 7).

    « Nous devons nous battre sans relâche contre les narcotrafiquants, contre celles et ceux qui ont l’argent comme seul objectif, qui méprisent la vie, la jeunesse », insiste le Premier secrétaire du PS, Olivier Faure. « Dans des moments comme celui-là, tous celles et ceux qui font de la politique ont le devoir de se retirer derrière ces messages et de faire front, ensemble », renchérit-il. Son parti a demandé la tenue d’un débat sur le narcotrafic à l’Assemblée nationale.

    Le député et candidat LFI à la mairie de Marseille se réjouit de voir « le sursaut, l’unité du peuple à travers la souffrance de la famille Kessaci », tout en dénonçant « l’hypocrisie » de certaines personnalités politiques présentes « à l’Assemblée nationale je pointerais du doigt ceux qui ne respectent pas leurs engagements », promet Sébastien Delogu.

    La porte-parole du gouvernement et le ministre du Logement, annoncés sur place n’ont pas pu faire le déplacement, les avions étant cloués au sol à Paris. C’est donc l’ancienne secrétaire d’État à la Ville, Sabrina Agresti-Roubache qui représentait l’exécutif. « Collectivement, on n’a pas réussi à protéger Mehdi et tant d’autres », déplore-t-elle. Interrogée sur les mesures à prendre, elle l’assure : « Les places nettes ont donné des résultats ». « Arrêtez de parler pour rien dire ! », rétorque vivement un militant associatif. « Elle est où la place nette là ? La place elle est ensanglantée ! », lâche-t-il sous les applaudissements des membres de Conscience, association d’Amine Kessaci.

  • « Mobilisation populaire » pour les communes

    « Mobilisation populaire » pour les communes

    « Communes en danger, services publics menacés : en 2026, mobilisons-nous pour la solidarité ! » Dans une résolution adoptée ce week-end à Marseille, le Conseil national du Parti communiste français dénonce « la mise sous tutelle et l’abandon » que les collectivités locales subissent de la part de l’État : « À l’heure où “un grand acte de décentralisation” est avancé, nous affirmons que toute nouvelle étape de décentralisation doit se faire dans le respect des principes d’unité et d’indivisibilité de la République »

    Alors que « l’inacceptable budget 2026 » prévoit une baisse de 8 milliards d’euros, pris aux collectivités après les 5 milliards de 2025, la direction du parti déplore « un hold-up sur nos vies quotidiennes », rappelant qu’en 20 ans, le désengagement de l’État représente 82 milliards, essentiellement pris aux communes. Une « cure d’austérité » d’autant plus inacceptable qu’en parallèle, « des milliards sont budgétisés pour la course à la guerre et les profits des marchands d’armes », poursuit le texte pointant à nouveau les propos tenus au Congrès des maires par le Chef d’État-Major des Armées.

    Considérant que « l’argent existe », les communistes appellent, contrairement à la droite et extrême droite qui « ont fait le choix du capital et des plus fortunés », à la mobilisation la plus large contre ces choix budgétaires et demandent la création pour les collectivités territoriales d’un « fonds d’avances pour les services publics 100 milliards dès 2026 financé par la Caisse des Dépôts et consignations ».

    À la veille des élections présidentielle et législatives de 2027, le texte invite à porter lors des élections municipales les 200 propositions des « Contributions des communistes aux projets municipaux des villages et villes pour 2026 » visant à mettre en œuvre la démocratie participative, l’égalité femmes-hommes, la construction de logements, la lutte contre les déserts médicaux, la sécurité avec une police de proximité, la gratuité des transports, la gestion publique de l’eau et des déchets, les politiques de solidarité etc. « Plus d’élu·es et de maires communistes, et une intervention populaire durable pour porter des avancées, c’est une gauche plus forte, à l’offensive pour défendre la commune et les services publics », martèle la résolution. « À quatre mois du premier tour, dans beaucoup de villes et villages nous sommes d’ores et déjà rassemblés et en campagne. Dans les autres communes, nous tendons la main à toutes celles et ceux qui veulent construire avec nous les rassemblements qui permettront de l’emporter. » Et de conclure, « en 2026, ensemble, faisons des élections municipales un moment de mobilisation populaire pour de nouvelles avancées sociales, écologiques, démocratiques et pour l’égalité des territoires ! »

  • Debout

    Debout

    Et maintenant ? Après l’hommage impressionnant de dignité exprimé samedi par les milliers de personnes présentes au rassemblement en mémoire de Mehdi Kessaci, 20 ans, assassiné par les tueurs de la mafia de la drogue, quel sera l’après ? « Mon frère est mort pour rien et on nous traite comme des moins que rien. » Amine Kessaci, 22 ans, frère de Mehdi, exprime le profond vécu de centaines de milliers de familles populaires, laissées pour compte dans des quartiers immenses, ceux qui font l’essentiel de la France, en proie à la mainmise des trafiquants de drogue. Ce sont eux, ces lâches, qui vampirisent la vie quotidienne, imposent non pas leur loi – ils n’en ont aucune – mais la terreur pure et la cruauté totale. Dans un seul et unique but : accumuler toujours plus d’argent sale, couvert du sang de leurs victimes.

    Douleur et dignité

    Et maintenant ? Les États européens, dont la France, vont-ils continuer à fermer les yeux sur cet argent pourri de la drogue, recyclé en toute impunité, avec des complices en cols blancs, dans l’économie dite « légale » ? À quand des moyens pour couper les têtes de l’hydre ? Et où sont les protections durables dans nos villes, dans nos villages ? C’est-à-dire des services publics développés et de qualité ? Qui pour dire que le narcotrafic est systémique, amplifié par le libéralisme échevelé, sans éthique, ni morale ? Qui pour lever le voile et lutter contre la corruption ? Qui pour respecter la justice en lui donnant tous les moyens pour agir ? Samedi, Amine Kessaci, 22 ans, a tracé la voie et fait clamer le mot justice. Il incarne et la douleur et la dignité de ceux qui savent rester debout et résister.

  • Vague de froid : le gymnase Vallier devient un refuge

    Vague de froid : le gymnase Vallier devient un refuge

    Alignés les uns aux autres, des lits de camp kaki recouvrent le lino du gymnase Vallier. Samedi, en fin d’après-midi, environ la moitié de la literie est déjà occupée par des hommes isolés vivant à la rue. Face à l’épisode de froid qui sévit actuellement, « la Ville de Marseille a proposé aux services de l’État d’ouvrir un équipement municipal pour les accueillir », explique Audrey Garino, adjointe au maire de Marseille déléguée aux affaires sociales, à la solidarité, et à la lutte contre la pauvreté (PCF).

    « On a un accord avec la préfecture : on met à l’abri les hommes, avec des associations qui assurent la gestion du gymnase notamment le Service intégré d’accueil et d’orientation (SIAO), l’Accueil de jour et nuit (ADJ) et la Croix Rouge, et l’État ouvre des places d’hôtel pour les femmes et les familles. » Après une première nuit, du 21 au 22, quasiment complète avec 46 personnes accueillies sur les 50 places disponibles, la Ville a ajouté 40 lits pour les prochains jours, puisque le dispositif s’étendra au moins jusqu’au mardi 25 novembre.

    Pas de sortie sèche

    Pour Thiago, sans domicile depuis 15 jours, cette mesure est un soulagement. Lui a choisi de quitter son appartement par peur de s’endetter auprès de son propriétaire après avoir été arnaqué par son employeur qui lui doit deux mois de salaire. « Quand les températures ont baissé, on a essayé de s’abriter dans un parking du Vieux-Port mais il faisait tellement froid qu’on n’a pas réussi à dormir, même avec des couvertures », raconte-t-il. La faute, aussi, à une hypervigilance qu’il a développée depuis qu’on lui a volé ses papiers alors qu’il s’était assoupi.

    Au gymnase, il est « rassuré » et se sent entouré de « personnes accueillantes et bienveillantes ». « Venir ici m’a aussi permis d’avoir accès au SIAO, qui va essayer de me trouver un logement, poursuit Thiago. Ils doivent me donner la réponse lundi ! »

    Sabine Fabiani, directrice adjointe en charge du pôle « aller vers » de l’ADJ, explique : « Le but, c’est qu’à la sortie, on leur propose quelque chose. En janvier dernier, sur 90 personnes, au moins 70 ont été orientées vers des foyers d’urgence, des Maisons relais, des pensions de famille ou des Centres d’hébergement et de réinsertion sociale. »

    Environ 7 000 places d’hébergement d’urgence sont ouvertes à Marseille, dont 500 créées par la Ville depuis le début du mandat de Benoît Payan. « On a capté 13 bâtiments municipaux pour le faire et on a un objectif de 500 places supplémentaires », précise Audrey Garino, qui détaille : « Une halte de nuit devrait sortir dans les premières semaines en prévision de l’hiver pour les personnes les plus exclues. »