Category: accueil-third

  • Un rassemblement de soutien au Venezuela ce samedi soir à Marseille

    Un rassemblement de soutien au Venezuela ce samedi soir à Marseille

    Le président américain, Donald Trump, a annoncé, ce samedi 3 janvier, que les forces américaines avaient « capturé » et « exfiltré » le président vénézuélien, Nicolas Maduro, après avoir lancé une « attaque de grande envergure » contre le pays sud-américain.

    Le gouvernement du Venezuela dénonce ce samedi une « très grave agression militaire » des Américains.

    C’est dans ce cadre qu’un appel au rassemblement, à Marseille, a été lancé par plusieurs associations, syndicats dont la CGT et mouvements politiques, dont le PCF, en soutient au Venezuela et à son peuple après l’attaque menée par les Etats-Unis.

    Rendez-vous est donné à 18h30 place Félix-Barret, devant le préfecture.

  • Genesis, portraits de paysages préservés

    Genesis, portraits de paysages préservés

    Ce projet photographique de longue haleine, débuté en 2004, s’est achevé en 2012 avec plus de 30 expéditions dans des zones éloignées et souvent même inaccessibles. Genesis, constitue la troisième grande exploration de Sebastião Salgado sur les enjeux mondiaux. Après ses célèbres séries Workers et Migrations, qui s’attardaient sur les conséquences humaines des bouleversements économiques et sociaux, il s’est cette fois tourné vers la nature elle-même, offrant un poème visuel en hommage à la majesté et à la fragilité de la planète, ainsi qu’à sa genèse.

    Une nature brut
    qu’il faut préserver

    « C’est une quête des origines, à la rencontre de territoires épargnés par le monde moderne : paysages majestueux, peuples ancestraux et faune sauvage composent une mosaïque d’une nature demeurée intacte », écrit Lélia Wanick Salgado, commissaire de l’exposition.

    « Cette exposition nous présente des paysages, des animaux et des peuples qui ont échappé au monde contemporain. Elle met à l’honneur ces régions vastes et lointaines où, intacte et silencieuse, la nature règne encore dans toute sa majesté. » Des photos envoûtantes en noir et blanc qui vous transporteront des régions polaires aux déserts arides en passant par les forêts tropicales ou encore les montagnes glacées, pour dévoiler une beauté brut. Avec Genesys, l’artiste, à travers son objectif, rend un hommage à une nature souveraine tout en lançant un appel à la préserver. Au-delà des paysages, dont la plupart ont des climats qui ne permettent pas la plupart des formes de vie, d’autres clichés vous invitent à aller à la rencontre d’animaux ou de peuples qui ne pourraient survivre sans cet isolement.

    Un ensemble photographique majestueux qui a été couronné par de nombreuses expositions dans le monde et que vous pouvez découvrir en famille gratuitement au sein de la Vila Tamaris.

    Sans oublier une compilation dans un bouquin de 520 pages publié aux éditions Taschen. Les photographies y sont réparties en cinq chapitres en fonction des zones géographiques : confins du Sud, Sanctuaires, Afrique, Terres du Nord et Amazonie puis Pantanal.

    Vous pouvez donc vous émerveiller et voyager à travers ces clichés uniques tous les jours, du mercredi au dimanche, de 13h30 à 18h.

    Exposition gratuite et ouverte
    à tous jusqu’au 11
     janvier 2026.

  • [Science] Les enfants ont plus d’empathie envers les espèces qui nous sont proches

    [Science] Les enfants ont plus d’empathie envers les espèces qui nous sont proches

    Cela rejoint ce qu’il avait déjà observé dans deux précédentes études réalisées avec ses collègues Aurélien Miralles (Muséum national d’histoire naturelle) et Marine Grandgeorge (Université de Rennes) : l’une chez des adultes de la population générale et l’autre chez des adultes diagnostiqués avec un trouble du spectre autistique (TSA). « Une hypothèse veut que plus une espèce est proche de nous, plus nous partageons de similarités avec elle », explique Michel Raymond. Qu’elles soient morphologiques ou comportementales. « Or, plus une espèce nous ressemble, plus cela active facilement les modules de notre cerveau qui nous font reconnaître un humain et déclenchent l’empathie », poursuit le chercheur.

    Construction avec l’âge

    Toutefois, si la tendance est la même chez les adultes et les enfants, il existe quelques différences : quand l’espèce est très éloignée de nous, les enfants éprouvent généralement plus d’empathie envers elle que les adultes. À l’inverse, quand l’espèce est très proche de nous, les adultes éprouvent plus d’empathie envers elle que les enfants. « Cela laisse penser qu’il y a une construction d’un module empathique envers l’humain qui se forge au fil des expériences vécues », indique Michel Raymond. Avec l’âge, l’humain renforce son empathie envers sa propre espèce – et celles qui lui ressemblent.

    Enfin, la comparaison des courbes d’empathie en fonction de la distance phylogénétique chez les enfants et les adultes ayant un TSA est surprenante. « C’est un des résultats les plus frappants », notent les chercheurs. Les deux courbes sont presque identiques, sauf pour l’empathie envers les humains – la faible empathie envers sa propre espèce étant un symptôme du TSA. Dans l’expérience publiée en 2022, les adultes ayant un TSA éprouvaient autant d’empathie envers l’humain qu’envers des espèces de vertébrés à sang froid. Difficile d’expliquer cette similarité des courbes pour l’instant. Il serait intéressant d’établir celle de l’empathie envers d’autres espèces chez des enfants diagnostiqués avec un TSA, et son évolution. « C’est une suite évidente de notre étude », conclut Michel Raymond.

  • La Bastide Marin de La Ciotat restaure sa beauté intérieure

    La Bastide Marin de La Ciotat restaure sa beauté intérieure

    Maintenant, la bastide est close et couverte. Elle a rajeuni de deux cents ans », rappelle Mireille Benedetti. Même si, en ce début d’année, « des finitions restent à faire, essentiellement sur les façades », précise-t-elle, la bastide hospitalière, située 1943, avenue Guillaume-Dulac est, depuis l’important chantier à 500 000 euros sur les façades et menuiseries mené de décembre 2024 à octobre dernier, « hors d’eau » comme on dit dans le jargon du bâtiment. « Maintenant, on va lancer les appels d’offres pour la suite de la restauration d’intérieur, notamment les gypseries et les sols », annonce la présidente de l’association « La Ciotat il était une fois », qui s’est lancée dans cette « aventure extraordinaire » de sauver la bastide de la ruine, il y a vingt-deux ans. Son association a signé avec la Ville, propriétaire des lieux depuis 1992, une convention d’occupation.

    Décors de gypserie

    Tous les sondages des sols, carreaux au rez-de-chaussée, plâtre à l’étage, ont déjà été réalisés « pour savoir quelle restauration doit être entreprise », indique Mireille Benedetti. De même « qu’une étude de diagnostic de toutes les gypseries ». Issu de pierre à plâtre, le gypse doit être broyé mécaniquement, puis chauffé de 120 à 400 degrés Celsius. Il est ensuite réduit en poudre fine dans un moulin. La gypserie consiste à exécuter un revêtement décoratif architectural, mouluré, moulé, souvent ciselé. À la Bastide Marin, on peut admirer des médaillons, des statues ou encore des croix en gypserie. Mais l’élément le plus remarquable, souligne Mireille Benedetti, est « l’escalier à double révolution, en gypse ». Ce type d’ouvrage permet à deux personnes de monter ou descendre sans jamais se croiser, chacune empruntant une volée différente.

    Le chantier est estimé à 400 000 euros. L’association a prévu d’attribuer 120 000 euros, issus du Loto du patrimoine de Stéphane Bern, à cette restauration, et a relancé une souscription. « On attend toujours la subvention de 62 000 euros promise par le Département des Bouches-du-Rhône », observe la présidente de l’association.

  • La Ville poursuit la restauration des sites emblématiques de Cezanne

    La Ville poursuit la restauration des sites emblématiques de Cezanne

    L’héritage de Paul Cezanne se lit autant dans les musées que dans les lieux où il a vécu et travaillé. Depuis 2019, la bastide du Jas-de-Bouffan fait l’objet d’une campagne de restauration de grande ampleur conduite par la mairie d’Aix-en-Provence. Après une réouverture au public pendant l’été, le site a de nouveau fermé ses portes, le 2 novembre dernier, afin de permettre la poursuite du chantier.

    Ancien domaine agricole, la bastide du Jas-de-Bouffan est rachetée en 1859 par le père de Paul Cezanne. L’artiste y vit pendant près de quarante ans et ce lieu devient un véritable laboratoire de création. Elle est par la suite transmise à la Ville en 1994, avant d’être classée au titre des Monument historique en mars 2001.

    Un paysage retrouvé

    La Ville, avec la maîtrise d’œuvre d’Archigem, indiquent que les travaux concernent l’ensemble de l’édifice et son jardin : la bastide, le parc et l’orangerie. Une première phase avait déjà permis la rénovation partielle de la bastide, ainsi que l’installation d’un espace de restauration. Le chantier en cours vise à achever et à affiner ces interventions, ainsi qu’à créer un espace muséographique centré autour de la production de Paul Cezanne et de sa vie à la bastide.

    Parallèlement, l’atelier des Lauves et ses jardins font également l’objet d’un projet paysager tout aussi exigeant, note la municipalité. Situé sur un adret de colline, le site présente une topographie marquée par les restanques, témoignant d’un passé agricole aujourd’hui partiellement effacé. L’enjeu consiste à redonner lisibilité à ce paysage façonné, source d’inspiration pour le peintre lors des dernières années de sa vie.

    La requalification du jardin vise à retrouver un équilibre entre nature spontanée et composition historique. La création d’une oliveraie sur prairie, la définition de cheminements protégés et la reconstitution des bosquets qui ont souffert de la surfréquentation du parc participent à cette mise en récit du site cezannien.

    Ces lieux restaurés offrent une immersion renouvelée dans l’intimité du peintre Paul Cezanne. Une démarche patrimoniale essentielle qui redonne toute sa place à ses lieux importants de l’histoire de l’art.

  • Avec des initiations gratuites, le golf cherche à plaire à tous

    Avec des initiations gratuites, le golf cherche à plaire à tous

    Septième sport qui compte le plus de licenciés en France, devant notamment la natation ou le rugby, le golf ne veut plus être perçue comme une discipline réservée qu’à une élite fortunée. Depuis plusieurs années, le club d’Avignon Châteaublanc cherche à casser cette image et propose, les week-ends, des initiations de deux heures totalement gratuites *. Avec « un objectif simple : rendre ce sport plus accessible et le faire découvrir au plus grand nombre. Ces séances permettent à des personnes de tous horizons de franchir la porte du golf, souvent pour la toute première fois, dans un cadre convivial et sans engagement », présente Adrien Scafidi, responsable communication du golf.

    En ce dernier samedi de décembre, une dizaine de personnes aux profils très variés s’est inscrite. Sous un beau soleil hivernal, Gabriel, prof du jour, remet un set de plusieurs clubs à chacun et, avant même de parler vocabulaire golfique et technique, démine le terrain. « N’importe qui peut se rendre au golf, il y a un bar-restaurant accessible à tous [à l’issue de l’initiation, une consommation est même offerte] tout comme le practice [terrain d’entraînement] avec des seaux de 40 balles à 3,20 euros donc le côté cher, on oublie d’entrée », pose-t-il. S’en suit un cheminement en plusieurs étapes sur le green, « qui s’apparente le plus au minigolf », au plus près du trou puis en s’en éloignant et changer de type de club d’un putter à un fer 7 ou 9.

    « Je veux en refaire et m’inscrire », apprécie Malo, 14 ans, plutôt branché foot. Preuve que les initiations ne sont pas sans lendemain, « cette année, près de 350 personnes y ont participé et à l’issue, environ 140 participants ont choisi de poursuivre l’expérience en souscrivant un abonnement, ce qui démontre l’efficacité de ces actions pour démocratiser la pratique et renouveler le public du golf », se félicite Adrien Scafidi. Plusieurs formules sont proposées avec des cours collectifs, « où vous vous faites rapidement des connaissances pour ensuite jouer », assure Gabriel ou une formule tout compris avec cours à volonté et un set de clubs offerts. Avec plus de 440 000 licenciés, le golf a connu ces dix dernières années une progression de 8% de ses adhérents. « Ces chiffres confirment que les initiatives de découverte, comme les nôtres, jouent un rôle important dans le renouvellement et l’élargissement du public golfique », conclut Adrien Scafidi.

  • « Il faut recommencer à se protéger du virus du Sida »

    « Il faut recommencer à se protéger du virus du Sida »

    À l’issue de la semaine d’action hors les murs du Centre gratuit d’information, de dépistage et de diagnostic (Cegidd), organisée début décembre dans le cadre du Sidaction, le Dr Erika Kurzawa revient sur les enjeux de la prévention et du dépistage en matière de santé sexuelle.

    La Marseillaise : Quelles ont été les actions du Cegidd, début décembre, à l’occasion du Sidaction ?

    Dr Erika Kurzawa : Sur l’espace d’une semaine, nous avons proposé des consultations au sein du Cegidd sur plusieurs jours, mais aussi auprès des étudiants de l’Institut de formation en soins infirmiers (Ifsi), ainsi qu’auprès du Centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (Csapa) de Martigues. Nous sommes aussi allés en intervention aux lycées Brise-Lames de Martigues et Mongrand de Port-de-Bouc, jusqu’au CFAI et à l’Espace pluriel Jeunes d’Istres.

    Pour quelle raison est-ce important d’aller au contact
    du public pour votre service
     ?

    Dr. E.K. : Car la région Paca est la deuxième région de France métropolitaine la plus touchée par le Virus de l’immunodéficience humaine (VIH). Sur le territoire, à l’ouest des Bouches-du-Rhône, cela pose particulièrement problème par rapport à la désertification médicale, notamment à cause des départs de médecins traitants non-remplacés. Le territoire est d’ailleurs peu fourni en matière de services comme ceux du Cegidd, en dehors du nôtre, à Martigues. Il existe certes une consultation avancée à Port-Saint-Louis-du-Rhône, ainsi qu’une vacation à Arles et une autre à Salon-de-Provence, dépendantes du Conseil départemental.

    Qui peut venir vous consulter ?

    Dr. E.K. : Nous sommes un Cegidd généraliste, ouvert à toutes et tous, que l’on soit mineur ou plus âgé. Chez nous, il n’y aura jamais de problème de genre, de papiers, ni jamais de jugement et tout se fait dans le secret absolu. On aimerait que consulter soit une routine de la même manière que pour se brosser les dents.

    Quels sont les principales problématiques auxquelles vous êtes confrontée ?

    Dr. E.K. : Nous observons des contaminations autochtones au VIH, surtout par voie sexuelle et notamment chez les jeunes, mais aussi chez des plus de 50 ans qui refont leur vie, mais qui ont oublié le préservatif. Il existe aussi un tout petit rebond causé par l’usage de drogues, mais qui reste minime. C’est souvent causé par le manque de matériel stérile dans des soirées un peu sauvages. Mais, surtout, j’insiste sur le fait qu’il faut continuer à se protéger, recommencer même. On observe beaucoup moins de protection par préservatif chez les moins de 26 ans. Il y a un manque criant d’éducation à la vie affective et sexuelle, mais l’accès à ces populations dans les établissements scolaires est difficile. Conséquence de l’absence d’éducation : les jeunes apprennent avec le porno et les messages de prévention en santé sexuelle se sont pas relayés.

    Quel message, par exemple ?

    Dr. E.K. : J’aimerais que chacun se sente légitime à avoir sa vie sexuelle, sans aucune honte dans ses pratiques ou non-pratiques. Si on est a l’aise de pas avoir de sexe, par exemple, on n’a pas à se justifier. Le Cegidd est aussi là pour proposer une écoute bienveillante si on se pose des questions. Qu’on sorte des discriminations et des jugements.

    Vous semblez presque offensive dans votre discours…

    Dr. E.K. : Oui, car les discours masculinistes ont pris des proportions dramatiques, notamment sur les réseaux sociaux. Certains affirment que si on met un préservatif, on est pas un vrai homme, et les associations de lutte contre le VIH nous remontent beaucoup ce message. Moi je crois au contraire qu’être un vrai homme, c’est prendre soin des autres et c’est pour cette raison que l’éducation à la santé sexuelle et affective doit être menée. Car, sinon, on se prend de fausses informations alors qu’il suffisait de nous ouvrir la porte des collèges.

    Y a-t-il des conséquences concrètes de ces dérives ?

    Dr. E.K. : L’injonction à la performance chez les hommes est catastrophique. Des hommes de 25 ans viennent me réclamer du Sildénafil [Viagra, Ndlr], car ils ne « tiennent pas assez longtemps ». Des femmes nous demandent le blanchiment de l’anus, des épilations intégrales ou de la chirurgie des petites lèvres pour correspondre aux standards du porno. Ça va très loin. Il faut parler de l’estime de soi, du respect de l’autre et réaffirmer qu’il n’y a pas besoin de répondre à des injonctions esthétiques pour être respecté. Ces valeurs ne sont plus à la mode et elle doivent le redevenir.

  • Dominique Bucchini, figure majeure de la vie politique corse, s’est éteint

    Dominique Bucchini, figure majeure de la vie politique corse, s’est éteint

    L’émotion est vive. Dominique Bucchini est décédé ce vendredi 2 janvier. Cette figure du PCF local a notamment été président de l’Assemblée de Corse de 2010 à 2015 et maire de Sartène pendant 23 ans.

    Né le 23 janvier 1943 à Sartène, en Corse-du-Sud, Dominique Antoine Bucchini grandit dans le quartier populaire de Borgo, marqué par une culture politique où le souvenir de la Résistance est encore très vif. Fils de Jean‑Simon Bucchini, convoyeur devenu cafetier, et de Catherine Andréani, tous deux sympathisants communistes — sa mère en particulier — il forge dès l’enfance une conscience sociale nourrie par la parole des anciens.

    Son voisin, l’ancien maire résistant Joseph‑Pascal Tramoni, lui transmet une injonction fondatrice : « N’oublie jamais qui nous sommes et d’où nous venons ». Très tôt engagé, Dominique Bucchini adhère aux Jeunesses communistes en 1959 et diffuse le quotidien La Marseillaise dans sa ville. Après un baccalauréat philosophie en 1961, il entame des études à Aix‑en‑Provence avant de s’orienter vers l’École normale d’instituteurs. Les places en Corse étant réservées en priorité aux rapatriés d’Algérie, il est affecté en Vendée, où il devient instituteur en 1964. Il y enseigne trois ans, s’investit dans la défense de l’école laïque, organise des actions sociales et se distingue comme footballeur dans plusieurs clubs locaux.

    Engagement et fidélité aux valeurs communistes

    En 1967, il part effectuer son service militaire sous la forme d’une coopération au Sénégal, à Thiès, où il enseigne l’histoire‑géographie et le français. Il y entraîne également une équipe de football composée d’élèves, engagée en deuxième division sénégalaise. Une inspection favorable lui ouvre la perspective d’une promotion au grade de PEGC. Rentré en France, il reprend l’enseignement à Montreuil puis au lycée agricole de Sartène.

    Son engagement politique s’intensifie : il adhère au Parti communiste en 1972, et débute une carrière élective marquante. Bucchini devient maire de Sartène en 1977, charge qu’il occupera jusqu’en 2001. Il est également député européen de 1981 à 1984, conseiller général de 1988 à 2001, puis conseiller territorial de 1982 à 2017. Son influence culmine lorsqu’il préside l’Assemblée de Corse entre 2010 et 2015, consolidant son rôle central dans la vie politique insulaire.

    Militant opiniâtre, profondément attaché à la justice sociale et à la mémoire résistante, Dominique Bucchini demeure une figure emblématique du communisme corse, marqué par une fidélité constante à ses origines populaires et à l’idéal collectif transmis dès son enfance.

    Des hommages appuyés

    Les hommages se multiplient depuis l’annonce de sa disparition. Le porte-parole du Parti communiste français, Ian Brossat, déclare sur ses réseaux sociaux : « L’amour de la Corse, la révolte contre les injustices : deux fils rouges que Dominique Bucchini aura tissés tout au long de sa vie. Hommage à l’ancien maire et président de l’Assemblée de Corse, au grand communiste, à l’homme remarquable qu’il fut jusqu’au dernier souffle. »

    Gilles Simeoni, président du conseil exécutif de Corse, confie : « Président de l’Assemblée de Corse, maire de Sartène, sa ville qu’il aimait tant, militant infatigable au service de ses convictions communistes, homme de dialogue et de paix imprégné de culture corse et universelle, Dominique Bucchini est, et restera une figure majeure de l’histoire contemporaine de l’île. Il est parti mais nous conservons de lui son sourire, son regard empreint de détermination et de bonté, et les conseils en forme de proverbe dont il savait illustrer ses discours et ses propos : “À chì pesa a petra, à chì trova l’anguilla…” ».

    Marie Antoinette Maupertuis, présidente de l’Assemblée de Corse, déclare : « Bienveillant à mon égard depuis mon élection, je retiens son engagement pionnier en matière de lutte contre la violence et sa prise de position en faveur de la co-officialité de la langue corse. Je salue avec respect l’homme au franc parler, l’inlassable militant, l’élu devenu une des figures politiques emblématiques de notre île. »

    L’association Kallisté salue la mémoire de Dominique Bucchini, « grande figure de la vie politique et démocratique corse, qui vient de nous quitter. »

  • Un espace naturel en ville avec l’écoferme de la Barre

    Un espace naturel en ville avec l’écoferme de la Barre

    Adossé au rempart rocheux de la Barre qui serait, paraît-il, une prolongation géologique du massif des Maures, l’Espace naturel sensible (ENS) accueille au calme les visiteurs, à deux pas de l’autoroute urbaine A57. Bienvenue à l’écoferme* située en plein cœur du Port du Levant. Et en ces derniers jours de vacances, de nombreuses familles sont venues profiter du site pédagogique, en accès libre et gratuit. Malgré le froid de cette matinée, les petits ont l’air ravis d’être là. Tout spécialement près du cheptel et de la basse-cour. Même si Tino, 4 ans, semble un peu impressionné par l’âne de Provence venu à sa rencontre. L’idée est de montrer toute la richesse d’un écosystème fragile et presque partout menacé, mais aussi d’initier à des pratiques vertueuses.

    « C’est l’occasion pour les citadins de renouer avec le milieu naturel, de mieux le connaître et d’être ainsi sensibilisés au développement durable, sous son aspect environnemental, à travers diverses activités », précise l’un des éco-jardiniers, qui dispensent ses conseils aux visiteurs. Par exemple, l’intérêt de ne pas mettre à nu la terre de son potager. Un parcours initiatique qui permet à la structure départementale d’accueillir plus de 11 000 personnes par an.

    Le domaine comprend également une fromagerie, une cuisine pédagogique et une salle couveuse. Tout cela pour permettre aux jeunes d’apprendre en mettant la main à la pâte et en s’amusant.

    À l’Est s’ouvre la partie forestière sensible, qui donne à voir la diversité de la végétation méditerranéenne. Avec ici et là quelques surprises protégées des pas des visiteurs. Comme ici un buis des Baléares vieux de 300 ans.

    * Ouvert toute l’année, du lundi au vendredi, de 9h à 17h.

    Tél. 04.98.00.95.70

  • L’île Piot en chantier pour se prémunir des crues du Rhône

    L’île Piot en chantier pour se prémunir des crues du Rhône

    À quelques mètres du pied d’une arche du pont Daladier, un panneau jaune typique des enquêtes publiques a sacrément jauni. Il annonce toujours l’enquête publique réalisée il y a quatre ans, début 2022, en vue de travaux d’amélioration des systèmes d’endiguement et de protection contre les crues du Rhône, sur les îles Piot et Barthelasse. À l’époque, la consultation avait beaucoup mobilisé, soulevant de vives oppositions sur l’impact environnemental. Un avis favorable avait été donné au projet que la préfecture a fini par acter en avril 2024.

    « Les travaux de protection de l’île Piot ont été autorisés dans un premier temps, ce qui permet de débuter les travaux de protection au droit de la zone la plus densément peuplée », nous indique le Grand Avignon qui a démarré le chantier fin novembre. Celui-ci, d’un montant de 3,4 millions d’euros (avec l’aide de l’État, de la Région, du Département, de la Ville d’Avignon et de la Compagnie nationale du Rhône), doit durer jusqu’à la fin du printemps.

    Quiconque se rend actuellement le long de l’allée Marie-Josée-Roig à proximité du camping ne peut que constater des grilles et chaussée en friche. Les travaux concernent les secteurs de Bagatelle, le chemin de l’île Piot, la RD 228 et le chemin de la Barthelasse.

    « Rehaussement des murs existants, construction de nouveaux murs [notamment jusqu’aux escaliers menant sur le pont] et merlons et réalisation de protections amovibles » sont prévus par le Grand Avignon. En parallèle, un réaménagement paysager, mené avec la Ville, sera réalisé : végétalisation, modification de la circulation et des revêtements de sols, installation d’équipements de loisirs et de repos sont annoncés.

    La partie Barthelasse

    dans un second temps

    C’est « un moyen de protéger plus de 5 000 habitants durablement contre d’éventuelles crues et sorties de lit du Rhône jusqu’à une crue vicennale (probabilité de 1/20 par an) », assure le Grand Avignon. Si la dernière immense crue remonte à 2003, il n’a pas été rare de voir le fleuve se montrer moins tranquille en mars ou octobre 2024. Outre cette première phase, le Grand Avignon continue de concerter quant au second axe du projet sur les digues de la Barthelasse. « Une étude approfondie de solutions variantes en vue de limiter l’impact des travaux sur la ripisylve [bois, buissons en bord de cours d’eau] et sur les milieux aquatiques et semi-aquatiques a été lancée », précise la collectivité. Des échanges avec « les structures associatives de l’île regroupant les riverains et usagers » ont lieu mais n’ont pas encore permis d’aboutir « à des solutions conciliant la protection des populations et des activités économiques avec la préservation du patrimoine naturel de la Barthelasse ».