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  • [Science] Chez les enfants babouins, il y a de la jalousie dans l’air

    [Science] Chez les enfants babouins, il y a de la jalousie dans l’air

    Des babouins ont été suivis pendant des mois dans un parc de Namibie. En milieu naturel, donc. « C’est une force de l’étude », insiste la chercheuse. Un moment était particulièrement scruté : celui du toilettage des enfants par la mère. Les scientifiques observaient alors le comportement des frères et sœurs qui, souvent, s’approchaient et restaient là, à côté, l’air de rien. « C’est souvent très subtil, note Axelle Delaunay. Ce sont rarement des explosions de colère ou des agressions. » Même si les plus petits pouvaient faire des caprices. Dans un unique cas, une tentative de jeu avec le frère en cours de toilettage pour l’attirer ailleurs et prendre sa place a été observée.

    Favoritisme

    Comment être sûr qu’il s’agit de jalousie et non pas de recherche d’attention de la mère, du frère ou de la sœur ? « Un faisceau d’indices nous le laisse penser, résume Axelle Delaunay. Nous avons testé différentes hypothèses et ce que nous avons observé se rapproche plus du comportement attendu dans le cas de la jalousie. » D’abord, les enfants interfèrent plus avec leur mère quand elle est occupée à toiletter quelqu’un. « Ce n’est pas le meilleur moment s’ils veulent se faire toiletter ou jouer », glisse la chercheuse. De plus, ils ciblent plus volontiers les enfants de leur âge ou du même sexe. Enfin, le comportement avait deux fois plus de chances de perturber le toilettage que d’obtenir l’attention de la mère, du frère ou de la sœur. En résumé : « S’ils cherchent à se faire toiletter ou à jouer avec leur frère ou leur sœur, ça ne fonctionne pas du tout », s’amuse Axelle Delaunay.

    Un dernier élément fait pencher la balance en faveur de la jalousie : les frères et sœurs ciblent plus volontiers l’enfant favori. Car oui, le favoritisme semble exister chez le babouin : certaines mères passent plus de temps à toiletter certains de leurs enfants. « Cela n’avait jamais été vraiment montré », assure Axelle Delaunay, qui admet que l’idée ne lui était pas venue à l’esprit avant l’étude. « Nous l’avons constaté sur le terrain, indique-t-elle. Cela donne envie d’y revenir pour étudier ce phénomène plus en détail. »

  • [Grand entretien] Romane Bohringer : « Malgré l’intime, il y a une fable à partager »

    [Grand entretien] Romane Bohringer : « Malgré l’intime, il y a une fable à partager »

    Romane Bohringer : Dans le cinéma en général, elle est à la fois tellement essentielle, délicate, importante. Et la musique sur mes films, c’est un long dossier, à chaque fois, une longue recherche. Le musicien Arnaud Fleurent-Didier est crédité au générique de L’amour flou car il avait commencé à travailler sur la musique. Mais cela s’est révélé infructueux. J’ai ensuite fait appel à quelques-uns de mes camarades à moi qui ont pris le relais. C’est devenu du coup une musique de film assez chorale. On a également acheté pas mal de chansons ensuite, de Georges Moustaki par exemple, qui correspondaient à l’esprit du film. Et en ce qui concerne Dites lui que je l’aime, j’ai rencontrée le jeune artiste et chanteur-compositeur Marius Maurice et Emmanuel Jessua, qui a par ailleurs un groupe de metal qui s’appelle Hypno5e. Pour la première fois dans mon travail de réalisatrice, je dois avouer que j’ai accédé à un résultat très satisfaisant et cohérent, à quelque chose d’assez gracieux.

    Vu les veines autobiographiques
    de vos deux films, diriez-vous que ce sont aussi les bandes originales de votre vie
     ?

    R.B. : Oui. Sur L’amour flou (sorti en 2018), des chansons ont émergé d’un coup. Elles correspondaient à l’univers de notre vie avec Philippe [coréalisateur du film et son ancien conjoint, Philippe Rebbot, Ndlr] à cette époque-là, des chansons que l’on écoutait beaucoup. C’est une part de notre vie avec les enfants. Et sur Dites-lui que je l’aime, la musique vient soutenir une partie plus intime, plus en souffrance. Elle illustre une part moins légère et plus intime, dense. Je dirais même fantomatique.

    Dans des styles bien différents mais autobiographiques, « L’amour flou »

    et « Dites-lui que je l’aime » expriment les relations filiales. La réalisation, c’est la quête de l’intime à vos yeux ?

    R.B. : C’est compliqué de répondre car j’aime tellement de cinémas différents. Les deux sujets de mes films se sont imposés comme des intimes convictions. Pendant l’aventure de L’amour flou, c’est ce qui m’a donné la force de devenir réalisatrice avec un sujet qui partait tellement de mon intime mais qui me semblait à la fois universel. Malgré l’intime, il y a une fable à partager avec les gens. Ce film partait de mon réel, de ma vie avec mes enfants et leur père, puis la famille, la rupture du lien, la reconstruction, l’amour. En ce qui concerne Dites-lui que je l’aime, c’est parti du livre de Clémentine Autain, mais qui a touché quelque chose de très personnel. Et nos deux histoires me semblaient tellement rejoindre mille autres histoires. Après, il est clair que j’ai pour l’instant été guidée par le fait qu’il fallait que ces histoires passent par moi pour être les plus loyales et justes possible.

    Des histoires et films féministes aussi ?

    R.B. : Je parle de femmes dont on n’a pas tellement pris soin. Des femmes dont la vulnérabilité mais aussi l’entièreté des désirs et contradictions n’ont pas été comprises par la société. Des femmes à la fois audacieuses et dans une quête de liberté. Des femmes fragiles et vulnérables qui ont peut-être été utilisées dans leurs milieux respectifs, dont les fragilités n’ont pas été soignées. On parle presque de femmes dont le désir est trop vaste, trop singulier pour être entendu et soigné.

    Vous serez à Marseille quelques jours après les résultats des élections municipales, où l’extrême droite prétend à la victoire. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

    R.B. : Je rechigne un peu à m’exprimer là-dessus mais le danger et la menace de l’extrême droite sont immenses. C’est dur de s’exprimer sur ce sujet sans dire de banalités. Partout où le RN menace de l’emporter revient à un désespoir. Une crainte folle. Cela serait une erreur historique, le pire chemin à emprunter qui répond hélas à une souffrance chez les gens. En plus de cela, le sentiment de trahison qu’éprouvent les femmes et hommes vis-à-vis de la médiocrité du spectacle politique est permanent. Cela mène à une espèce de colère, de sentiment d’isolement, d’abandon. Ça peut faire emprunter un chemin mortifère. À Marseille et partout ailleurs.

    Une ville dans laquelle
    vous avez des souvenirs
     ?

    R.B. : Oui, beaucoup. J’ai une relation privilégiée avec cette ville. J’y viens souvent pour mon travail. Je suis aussi passée par le théâtre du Gymnase où lorsque j’avais 20 ans, on avait créé Roméo et Juliette. Des souvenirs qui s’égrènent au fil des années. Les Goudes, Callelongue… J’ai même voulu m’installer, comme tous les bobos de mon espèce, à Marseille.

  • Béziers vibre au rythme du flamenco

    Béziers vibre au rythme du flamenco

    C’est sur le parquet du théâtre des Franciscains que danseurs, chanteurs et amateurs de flamenco ont rendez-vous depuis le 10 mars et jusqu’au 21. Au programme : des spectacles de danse, chants, musiques, des ateliers, des expositions et même une nouvelle animation.

    Cette année le festival du flamenco revient avec une nouveauté : une masterclass de guitare. Animé par Antoine « Tato » Garcia, ce cours de rumba catalane à la guitare est ouvert aux adultes et aux enfants dès 12 ans. Un concert de fin de cours ouvert au public est même prévu le mercredi 18 mars
    à 16h. Côté spectacle, le festival n’est
    pas non plus en reste avec sept représentations programmées.

    En ouverture, mardi 10 mars, Quentin Buffier a présenté sa création « Moire ». Guitare acoustique en main, accompagné d’une pédale de boucle, le musicien français a oscillé entre musique classique et flamenco. Un mélange artistique que reprend aussi Basilic Swing, groupe de flamenco et de jazz marseillais. Ce vendredi 13 mars, la troupe se produit
    au théâtre municipal. Orchestré par l’association du Jazz Club de Béziers,
    le spectacle revisite les racines du jazz français initié par le guitariste Django Reinhardt. Aussi pour cette édition, Alberto Garcia, chanteur, présente ce dimanche 15 mars à la chapelle des Pénitents son programme « Récital
    de Cante ». Expert du chant flamenco, l’interprète espagnol est accompagné
    à la guitare par Pepe Fernandez, lauréat du prix du meilleur guitariste de flamenco du concours d’Albi en 2015. Enfin, pour clôturer le festival cette année, la tête d’affiche Alfonso Losa, maître de flamenco madrilène, présente son spectacle « Espacio Creativo » accompagné de Paula Comitre le samedi 21 mars.

  • Des balades poétiques et littéraires dans la ville

    Des balades poétiques et littéraires dans la ville

    Ainsi, au gré de textes d’auteurs plus ou moins connus, mais aussi de musiques et d’images d’archives en lien avec le quartier mis à l’honneur, vous cheminerez entre le XIXe et le XXe siècle. L’occasion de découvrir les dancings du début du XIXe siècle, des récits de Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale, ou encore ces témoignages oscillant entre joies et misères, des punaises de lit aux nuits à la belle étoile.

    Juliette effectue un long travail de recherche pour construire chacune de ses balades. « Il me faut plusieurs mois pour construire une balade.Elle se met en place au fil de mes lectures ou de mes trouvailles, avec toujours l’objectif et l’envie de faire participer le public », continue la guide.

    Une balade le 22 mars

    Elle ajoute : « Certains textes ou parties historiques font appel aux souvenirs des participants ou à des histoires que leur a racontées leur famille. La visite se transforme alors en moment de partage. C’est aussi ça l’intérêt. »

    La prochaine balade, consacrée elle à la Plaine, en passant par le Camas pour se terminer à la Conception, est prévue le dimanche 22 mars, à la même heure. Là encore, il s’agira de découvrir l’histoire des quartiers à travers des textes d’auteurs tels qu’Alexandre Dumas, Jean Giono ou encore Arthur Rimbaud.

    Pour réserver votre balade envoyer un mail à lesbaladesdejuliette@gmail.com

    Entre 13 et 16 euros la place.

  • Une bataille à cinq sous la menace du RN

    Une bataille à cinq sous la menace du RN

    À quelques jours du scrutin, la campagne municipale s’annonce particulièrement incertaine à Pont-Saint-Esprit. Dans cette commune d’un peu plus de 11 000 habitants du Gard rhodanien, cinq listes se disputent les suffrages. Le maire sortant Valère Segal, élu en cours de mandat en 2024, se représente avec la liste Réussir le Pont de demain. Il défend un bilan centré sur la proximité, les solidarités et l’accès aux soins, notamment avec l’installation de médecins et la perspective d’une maison de santé pluriprofessionnelle.

    Face à lui, plusieurs candidatures cherchent à incarner une alternative. Morad Hourfane, avec la liste Le Pont que nous voulons, se présente comme une démarche « 100% citoyenne », sans étiquette et sans anciens élus municipaux. Autre candidat, Olivier Esquer (DVD) mène la liste Pont en action, également présentée comme citoyenne. Il met en avant la redynamisation du centre-ville, le renforcement de la police municipale et plusieurs projets d’aménagements urbains. Benjamin Desbrun (DVD), avec Rassembler pour agir, concentre quant à lui son programme sur l’économie locale, l’animation du centre et la participation citoyenne.

    Une candidate RN controversée

    Dans cette configuration éclatée, l’irruption de l’extrême droite constitue l’un des faits marquants du scrutin. Aurélie Delwarte, tête de liste Pont vers l’avenir, se revendique « divers droite » mais assume la présence de plusieurs membres du Rassemblement national dans son équipe. Elle est également responsable locale d’Identité Libertés, le mouvement fondé par Marion Maréchal, allié au RN, et suppléante du député RN du Gard Pierre Meurin. La candidate traîne par ailleurs plusieurs polémiques. Sur les réseaux sociaux, elle a notamment « aimé » en 2025 une publication de l’ultranationaliste Thomas Joly rendant hommage au maréchal Pétain. Elle a aussi affiché son soutien au groupuscule identitaire violent Jeunes d’Oc. Dans ce paysage politique fragmenté et ouvert, la présence assumée de l’extrême droite inquiète.

  • [Marseille] Les blocus lycéens se poursuivent contre la baisse des dotations horaires

    [Marseille] Les blocus lycéens se poursuivent contre la baisse des dotations horaires

    Ce vendredi au matin, le lycée Montgrand n’a pas ouvert ses portes. Déjà bloqué le 11 mars par les lycéens, après un mouvement de grève massif des enseignants le 10 mars, les élèves ont remis le couvert. Cette fois-ci, « les lycéens, rassemblés en assemblée générale, ont voté démocratiquement la poursuite du blocage », raconte Angèle, élève de première et militante au syndicat Mouvement national lycéen (MNL). « Nous soutenons leur initiative », indiquent Caroline Roux, Violaine Vandepoorter et Sophia Banoudi, professeures d’histoire-géographie et de français. « Il faut que nos mobilisations convergent, continuent-elles, car avec la perte de 100 heures de notre dotation les conditions d’enseignement, pour nous, et d’apprentissage, pour eux, ne seront plus les mêmes. » Les trois enseignantes craignent par exemple « la suppression des groupes de langues et d’accompagnement personnalisé » et anticipent « qu’il sera compliqué de repérer les difficultés des élèves dans des classes de 32 ».

    Des heurts avec la police

    Au lycée Artaud, les lycéens ont aussi enchaîné un blocus les 12 et 13 mars, avec près de 200 élèves mobilisés selon la préfecture de police. Alors que l’action de la veille s’était déroulée pacifiquement, les forces de l’ordre rapportent vendredi avoir essuyé de la part de certains élèves des jets de projectiles et un départ de feu aurait été déclenché sur un local poubelles dans une résidence en face du lycée. Selon la préfecture, deux lycéens ont été interpellés avant que la situation ne revienne au calme.

    Il s’agit de la septième journée de mobilisation dans les lycées marseillais. Depuis le 5 mars, des élèves et des enseignants des lycées Saint-Charles (1er), Victor-Hugo (3e), Diderot (13e) ou encore Mandela (14e), se relaient pour faire entendre leur colère, entre blocus et piquets de grève. Ils protestent contre la suppression des heures d’enseignement prévue dans les dotations horaires globales (DHG), distribuées par l’académie d’Aix-Marseille pour la rentrée 2026.

    Les organisations syndicales (CGT Éduc et SUD Éduc) appellent à une mobilisation générale et une journée de grève mardi 17 mars, avec un rassemblement à 11h aux Réformés.

  • [Week-end] Pourquoi manger n’est pas un acte anodin

    [Week-end] Pourquoi manger n’est pas un acte anodin

    Classé parmi les besoins physiologiques, cet acte essentiel est effectué plusieurs fois par jour. Mais lequel d’entre nous s’est-il demandé la différence entre s’alimenter ou se nourrir ? Joëlle Zask nous propose d’en discuter ensemble samedi à 17h30. « La question du partage de la nourriture, de l’hospitalité, de la gastronomie est devenue très présente dans le débat sociétal, mais qui y a vraiment accès ? », se demande l’autrice.

    Dépendance alimentaire

    Pour Joëlle Zask « l’alimentation crée de la dépendance au sucre, au gras, aux traitements… En transformant la nourriture en alimentation, on découvre toutes sortes de mécanismes d’asservissement, via l’empoisonnement, le développement d’addiction ou encore la difficulté d’accès aux circuits courts. » Pourtant le développement de l’agro-industrie depuis la révolution verte des années 1960 prétendait être « la seule solution pour nourrir 9 milliards d’êtres humains ». En 2026, le constat est tout autre. Depuis 6 ans, la population mondiale souffre à nouveau d’insécurité alimentaire. « L’obésité tue 3 fois plus que la faim », souligne l’autrice dans ses recherches.

    Sur le simple constat que l’autosuffisance alimentaire n’est pas innée mais acquise, la question du comment donner à manger sans plonger l’enfant dans la vulnérabilité devient essentielle. La grande distribution et ses propositions ultratransformées persuadent d’être la seule alternative. « Ce n’est pas faux, c’est très compliqué de revitaliser les circuits courts, de les reconstruire à partir du moment où on a supprimé toute l’ancienne infrastructure », déplore-t-elle.

    Des plus jeunes aux plus âgés en Ehpad, à travers l’Histoire, les civilisations, les courants économiques, ou simplement les traditions, Joëlle Zask brosse un portrait très réaliste d’une société malade. Et questionne : « Si une société dite démocratique doit permettre à chacun de manger à sa faim, comment sortir de cette spirale ? »

    Conférence samedi à partir
    de 17h30 à la librairie de la Friche (3
    e). Gratuit sans réservation.

    « Donner à manger », éditions Premier parallèle, 201 pages, 17 euros,

  • A Marseille, l’entretien laissé en plan à la cité Val Plan

    A Marseille, l’entretien laissé en plan à la cité Val Plan

    C’est le premier grand plan stratégique du patrimoine que je lance », s’était félicitée en mars 2025 Nora Preziosi, alors présidente de l’office HLM du département. 13 Habitat annonçait investir 52 millions d’euros dans une rénovation d’envergure de la cité de Val Plan et ses 745 logements construits en 1966 à la Rose dans le 13e arrondissement.

    La révision énergétique, les balcons suspendus et les espaces arborés, ici, « on n’y croit plus », assurent les locataires. Réunis par l’association CLCV au pied des deux tours, ils déplorent « une dégradation générale qui s’accélère » de leurs logements. Mais depuis trois semaines, la colère est montée, suite à l’abandon de l’entretien dans les communs comme sur les espaces extérieurs. « C’est devenu un vrai dépotoir », décrit Christelle, présidente de l’association.

    Les déchets débordent des conteneurs poubelles où les rats et les gabians se régalent et sont balayés par le vent dans toute la cité. « Ils jonchent les trottoirs et les allées jusqu’aux portes du centre social », confirme une travailleuse sociale. « On nous répond que le contrat est arrivé à terme avec la régie, mais nous, on vit avec ça sous nos fenêtres. Et rien n’a été fait pour améliorer la situation avant ce matin », explique Christelle qui a annoncé la veille le rendez-vous pris avec notre journal ce vendredi 13 mars sur des affichettes placardées dans les halls. À 8h, des agents sont venus déblayer le gros des déchets, ont pu constater les locataires. Mais il est difficile de redresser l’ensemble des dysfonctionnements en une matinée.

    La crainte du squat

    Dans les halls, les poubelles n’arrivent plus à contenir les déchets qui jonchent le sol, les traces d’urine et de vomi parsèment les escaliers. Sur les boîtes aux lettres de logements inoccupés, des indications « libre, vide » ont été gravées, qui font craindre aux locataires « un risque de squat ». Les habitants énumèrent leurs difficultés à vivre dans des « murs couverts de champignons », « des infections par les nuisibles, rats et cafards », photos édifiantes sur leurs portables à l’appui, ils évoquent également « l’eau qui coule des toits », ou encore « des morceaux de béton qui tombent de la façade ». Une locataire de la tour 12 a fait venir un expert de son assurance habitation : « Il a constaté 50% d’humidité avec son appareil dans les chambres des enfants. » Un autre au 14e étage de la tour 12, sans chauffage depuis plus d’un an, s’est équipé de convecteurs électriques « qui consomment une fortune, alors qu’on paye déjà plus de 200 euros de charges ».

    Autant de dysfonctionnements signalés depuis des mois au bailleur social et restés « sans réponse » qui ont conduit l’association à se rendre au siège du bailleur avec une pétition il y a plusieurs semaines… « sans plus d’effets », regrette la présidente associative. Que le plan de rénovation soit toujours engagé ou stoppé, les locataires ont droit à un habitat digne. Contactée, la nouvelle direction de 13 Habitat n’a pas donné suite.

  • A Aix, un étudiant piégé par la montée des eaux attaque son bailleur

    A Aix, un étudiant piégé par la montée des eaux attaque son bailleur

    Kilian, 19 ans, veut oublier ce meublé de 15 m² en sous-sol d’une résidence, 28 avenue Robert-Schuman, en face de la faculté de lettres d’Aix-en-Provence. Ses parents dans le Vaucluse le lui avaient trouvé in extremis pour démarrer ses études en licence de psychologie. « C’était le 20 septembre, le jour de ma rentrée. Il pleuvait. En une heure, l’eau est montée du sol. J’ai passé la nuit à éponger », raconte Killian.

    Un mois plus tard, nouvelle pluie, le sous-sol subit une très forte montée des eaux. L’étudiant en situation de handicap pour des difficultés de motricité et de repérage spatiotemporel, panique. « Je pataugeais dans 20 cm d’eaux chargées de terre et de choses immondes. J’étais dépassé, mes parents sont vite venus. »

    Un rapport d’insalubrité mais pas d’arrêté

    Les pompiers interviennent. Sa mère comprend alors pourquoi elle a trouvé la vaisselle moisie lors de l’état des lieux et que le bas de tous les meubles en bois était rongé. Ce local en sous-sol à 517 euros par mois paraît tout simplement impropre à l’habitation. D’autant que le voisinage leur raconte le calvaire vécu par l’ancien locataire qui subissait des inondations répétées. Mais pour l’agence IGC qui n’a pas répondu à notre appel, ce n’est qu’un simple dégât des eaux et le propriétaire âgé à Six-Fours-les-Plages ne serait « pas enclin pour l’instant » à remplacer quoi que ce soit.

    L’inspecteur de salubrité s’est rendu sur les lieux et a dressé constat d’infraction le 23 octobre. Son « rapport d’insalubrité » du 5 novembre 2025 décrit « 20 cm d’eau dans la pièce principale », « constate de la terre dans le bac à douche, de l’humidité à 100% sur les murs, les meubles imbibés d’eau qui commencent à moisir ». « Compte tenu de l’humidité des murs et du mobilier, l’air est devenu irrespirable. Il est nécessaire d’héberger le locataire pendant les travaux », souligne-t-il. Kilian est relogé une semaine dans un hôtel grâce à son assurance. « L’agence n’assumant rien, on a dû payer 1 290 euros pour 3 semaines supplémentaires d’hôtel tout en continuant à payer son loyer. Et après qu’on a résilié le bail pour trouble de jouissance totale, ils refusent de rendre la caution et nous demandent même 200 euros ! », dénonce Christelle Payrau, la maman indignée.

    Le 25 novembre 2025, le Service communal d’hygiène et de santé a mis en demeure le propriétaire de rechercher les causes des infiltrations car « ce phénomène se produit à chaque gros orage », « de sécher les murs, d’enlever les traces de salpêtre du carrelage, de changer le mobilier moisi, de procéder au curage du réseau tous les 6 mois ». L’Agence régionale de santé (ARS) a renoncé à prendre un arrêté d’insalubrité, semblant se satisfaire de l’engagement du propriétaire à mettre aux normes ses deux caves-logements.

    « Nous irons jusqu’au bout »

    Cela choque Me Aurélien Leroux, l’avocat de la famille. « C’est très problématique que l’ARS oublie que le Code de la santé publique oblige à protéger la personne occupante, qui plus est vulnérable, dans une situation d’indignité. Si Kilian n’avait pas ses parents, il se serait retrouvé sans solution de relogement. »

    Les parents de Kilian ont porté plainte contre l’agence pour mise en danger. Leur avocat prépare une assignation. « Nous irons jusqu’au bout pour que cela ne se reproduise pas. Je ne veux pas qu’un autre étudiant se retrouve piégé. On veut que cela protège les autres petits étudiants qui ne doivent pas vivre cela. L’ancien locataire que nous avons retrouvé témoigne qu’il a vécu un cauchemar », ajoute la mère. Kilian habite désormais à la résidence Estudine Mirabeau où le personnel est très attentionné pour lui. « Cela nous coûte beaucoup plus cher, 729 euros par mois, mais il est bien et en sécurité. »

  • [Vaucluse] Les profs remplaçants contre le regroupement

    [Vaucluse] Les profs remplaçants contre le regroupement

    Le soleil pointait tout juste le bout de ses rayons ce vendredi 13 mars qu’une centaine de personnes se sont rassemblées devant la direction académique de Vaucluse. Ils manifestaient à l’appel d’une intersyndicale constituée de l’Unsa, de la CGT Éduc’action, du Snudi FO et de la FSU contre le projet de « départementalisation du remplacement » dans le premier degré.

    Car aujourd’hui, les enseignants remplaçants sont répartis par circonscription. Mais une réforme portée au niveau national souhaite mettre en place en Vaucluse une fusion des titulaires remplaçants (TR), qui interviennent sur des remplacements plutôt courts au sein d’une zone précise et sont rattachés à une école, et des brigades départementales. Ce qui conduit à un remplacement possible dans n’importe quel établissement de Vaucluse à partir de la rentrée de septembre 2026 en l’état. À l’image de Nicolas Jousselme, remplaçant TR. « Je suis dans une zone réduite car souvent, on m’appelle le matin même pour remplacer une absence. Je connais les écoles, les classes, les équipes et c’est bien mieux pour les enfants que si j’arrive dans une ville et un établissement que je ne connais pas », explique-t-il. Et de rajouter « que si on est amené à faire de la distance, on va accumuler de la fatigue, ce qui aura des conséquences sur notre vie personnelle aussi ». « Comment feront les collègues pour aller chercher leurs propres enfants s’ils ont une heure de route ? », s’interroge Tanguy Langlet, secrétaire départemental de Force ouvrière Enseignement. « C’est la souffrance au travail qui augmente. Les gens vont craquer les uns après les autres si on met ce système en place », ajoute Mélanie Saïsse, cosecrétaire à la CGT Éduc’action.

    Plus de postes

    Devant les manifestants, les différents responsables syndicaux ont successivement pris la parole pour évoquer les revendications avant d’aller à la rencontre de la direction académique dans la matinée. Parmi lesquelles le maintien des titulaires remplaçants dans une circonscription précise. « Rien n’oblige réglementairement le directeur académique à ne faire qu’une seule zone de remplacement », assurent les syndicats.

    Mais aussi la création de postes de remplaçants. Car il en manque cruellement sur le territoire, comme dans le reste de la France. Les syndicats estiment qu’en Vaucluse, il manque 50 remplaçants dans le premier degré. « On nous fait croire que cette réforme va résoudre la crise du remplacement. Mais elle vise avant tout à accroître la flexibilité et réaliser des économies budgétaires », assure la CGT Éduc’action. « Elle a déjà été mise en place dans le Gard et ça n’a aucunement résolu les problèmes », insiste Tanguy Langlet. Contactée par La Marseillaise, la direction académique de Vaucluse n’a pas répondu à nos sollicitations.