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  • Villes taurines : Céret élue, Ménard désavoué

    Villes taurines : Céret élue, Ménard désavoué

    Dans le petit monde très codifié de la tauromachie, le coup de théâtre aura finalement accouché d’un vote sans tremblement. Lundi 2 juin, le conseil d’administration renouvelé de l’Union des villes taurines françaises (UVTF) a élu à l’unanimité la ville de Céret, représentée par son premier adjoint José Angulo, à la présidence de l’association pour un mandat de trois ans. La cité catalane succède ainsi à Dax et à son maire Julien Dubois, dont la présidence a été saluée par ses pairs, jusqu’à lui valoir le titre de président d’honneur par acclamations.

    Un passage de relais feutré, qui tranche avec les semaines précédentes. Car avant Céret, un autre nom occupait l’arène : Robert Ménard. Le maire de Béziers, un temps annoncé comme unique candidat, rêvait de prendre la tête de l’UVTF et d’y imprimer sa marque, entre posture de franc-tireur, dénonciation de « l’entre-soi » et volonté de « dépoussiérer » la communication taurine. Particularité assumée : l’élu disait défendre la corrida sans vraiment l’aimer, au nom de la « liberté culturelle » et de la « diversité », reconnaissant même que le taureau pouvait souffrir. Une position paradoxale, qu’il présentait comme un atout pour parler au-delà du cercle des aficionados. Mais le scénario s’est retourné. Le 22 mai, après une rencontre tendue avec André Viard, chargé de mission à l’UVTF et président de l’Observatoire national des cultures taurines, l’édile biterrois a retiré sa candidature dans un communiqué rageur, annonçant dans la foulée le départ de Béziers de l’Union.

    Une présidence

    sans coup de force

    Robert Ménard a voulu faire de son retrait un acte d’indépendance. « Je n’ai pas l’intention d’être une marionnette », a-t-il lancé, accusant certains responsables taurins de défendre leur « chasse gardée ». Mais derrière la sortie bravache, le dossier était moins glorieux. Selon l’UVTF, les statuts imposent que la ville candidate et les arènes soient à jour de leurs cotisations. Or, la société Betarra, gestionnaire des arènes de Béziers, traînait un contentieux financier. L’épisode révèle surtout les limites de la méthode Ménard : cliver, dramatiser, puis claquer la porte quand l’organisation ne suit pas. Face à une corrida déjà contestée, l’UVTF a préféré préserver son unité plutôt que s’offrir une présidence inflammable, qui transforme sa cause en tribune personnelle.

    Le nouveau conseil d’administration rassemble ainsi Arles, Bayonne, Béziers, Dax, Mont-de-Marsan, Nîmes et Vic-Fezensac parmi les membres permanents, ainsi que Céret, Eauze, Istres, La Brède, Lunel, Parentis, Saint-Martin-de-Crau et Saint-Sever. La présence de Béziers dans cette liste, malgré l’annonce de son retrait, dit aussi le flou d’une séquence où les communiqués ont parfois précédé les actes administratifs. Dans tous les cas, le paseo n’aura finalement pas eu lieu pour Robert Ménard.

  • À Fos-sur-Mer, une réunion du RN provoque une levée de boucliers

    À Fos-sur-Mer, une réunion du RN provoque une levée de boucliers

    C’est un post sur Facebook qui a alerté les forces progressistes. Franck Allisio, Emmanuel Fouquart et Emmanuel Taché, trois députés d’extrême droite du département des Bouches-du-Rhône, y annoncent la tenue d’une rencontre publique, vendredi 19 juin, au sein de la Maison de la mer et du sport.

    Une « salle communale très connue des Fosséennes et des Fosséens, transformée en lieu d’accueil d’une réunion diligentée par le RN », réagit le groupe municipal d’opposition Notre Fos. « Le prêt de la salle a été forcément validé par le maire ! Si le doute persistait encore chez certains, maintenant, nous avons la certitude que notre ville est dirigée par l’extrême droite. »

    Classé divers droite par la préfecture au moment du dépôt des listes, lors de la campagne municipale, Philippe Maurizot avait pourtant rejoint le label du RN « La Provence qu’on aime », portant sur des éléments programmatiques, et reçu le soutien de son délégué départemental, Franck Allisio.

    « Nous, élus et sympathisants de gauche, n’acceptons pas que Fos devienne le lieu de rendez-vous de l’extrême droite du département, voire de la région, écrivent les élus d’opposition, dans un communiqué. Nous refusons que le nom de notre ville soit associé au déclin de la démocratie de notre pays. » Ils appellent « tous les démocrates de Fos, de l’Ouest de l’étang de Berre et du département » à une grande marche populaire et citoyenne devant la Maison de la Mer, vendredi 19 juin, à 18h30.

  • [Logement] Dans le Var, Jean-Louis Masson dénonce un « passage en force »

    [Logement] Dans le Var, Jean-Louis Masson dénonce un « passage en force »

    Le ton monte. Le préfet du Var a présenté, mercredi, sa stratégie pour augmenter la production de logements dans le département (notre édition du 4/06). Simon Babre a notamment affiché sa fermeté vis-à-vis des maires qui ne respectent pas les objectifs de la loi avec, par exemple, droit de préemption urbain sur les fonciers. Le préfet a annoncé avoir signé un arrêté pour récupérer la compétence de délivrance des permis de construire de Carqueiranne (un peu plus de 9 000 habitants).

    C’est dans ce contexte que le président du Département du Var, Jean-Louis Masson (LR), publie un communiqué, dimanche, intitulé « Logement : oui. Passage en force : non » : « J’apporte tout mon soutien à Arnaud Latil, maire de Carqueiranne (…). Personne ne conteste la nécessité de construire des logements. Mais cette politique ne peut se faire contre les territoires (…). » Il ajoute : « Les maires (…) doivent être écoutés et respectés, non placés devant le fait accompli. Je défends le principe d’un dialogue fondé sur la concertation et le respect des collectivités locales. L’avenir de nos communes ne se décide pas par injonction, mais par la coopération. »

  • À Carpentras, boycott et riposte citoyenne face au RN

    À Carpentras, boycott et riposte citoyenne face au RN

    En réaction à cette prise de pouvoir certains s’insurgent. Le passage au RN a poussé l’association des Passagers du Zinc à annuler les « Guinguettes de l’Auzon », petit festival qui rassemblait environ 2 500 personnes sur les berges du cours d’eau. Dans les colonnes de nos confrères de La Provence, la structure évoque une décision prise en cohérence avec son « positionnement au niveau national », car le Syndicat des musiques actuelles, auquel elle est adhérente, « se positionne clairement face aux risques de l’extrême droite ».

    Même constat du côté de la librairie indépendante Gulliver, qui a fermé ses portes en raison, en premier lieu, de difficultés financières. Mais le passage à l’extrême droite « a été la goutte d’eau » confie la gérante, Céline Allies. Elle se focalise désormais sur d’autres actions, toujours à Carpentras. « On a monté un collectif pour faire la bataille culturelle. Il faut que l’on garde une certaine solidarité », poursuit-elle.

    Au lendemain des élections, un collectif antifasciste s’est également formé en réaction : Carpentras Ventoux Antifascistes. « Que la ville où j’ai grandi passe au RN, c’est un choc très violent. On ne porte pas spécialement l’ancienne municipalité dans notre cœur, mais on voit déjà les répercussions, notamment culturelles », témoigne Axel*, membre de l’organisation. « Ils veulent faire de Carpentras la nouvelle Orange. On souhaite simplement dénoncer toutes les actions problématiques », explique à ses côtés Mathieu*, un autre membre. Avec une dizaine d’autres personnes, ils s’organisent pour « dénoncer ce que l’extrême droite est réellement ».

  • Le géosite dédié à la découverte géologique inauguré à Tartonne

    Le géosite dédié à la découverte géologique inauguré à Tartonne

    C’est en 2015 que Myette Guiomar, géologue désormais retraitée, a fait l’incroyable découverte d’ossements fossilisés qui se sont avérés être un squelette de plésiosaure, un grand reptile marin prédateur du Mésozoïque. Vieux de 100 millions d’années, le squelette était conservé sur plus de 4 mètres, représentant le spécimen le plus complet connu en France pour cette période du Crétacé inférieur. « Ce plésiosaure a choisi nos montagnes pour refaire surface », s’est réjoui la présidente (LR) du Département des Alpes-de-Haute-Provence, vendredi, lors de l’inauguration des aménagements du site, qui ont pour but de le rendre accessible au public et de le faire connaître des touristes.

    Le chantier de fouilles a pris plusieurs mois, le squelette ayant été découvert « dans un ravin escarpé, isolé et menacé par l’érosion ». « Derrière chaque ossement, il y a la sueur, la passion d’hommes et femmes qui aiment notre terre », a rappelé Eliane Barreille. Des chercheurs viennent « du monde entier » pour découvrir ce plésiosaure « parmi les plus complets jamais découverts en Europe », a affirmé la préfète, Isabelle Tomatis.

    « La plus grande réserve géologique de France »

    « Créée par l’État en 1984, la Réserve naturelle nationale géologique de Haute-Provence est la plus vaste réserve géologique d’Europe, couvrant près de 230 000 hectares sur les Alpes-de-Haute-Provence et le Var », explique le Département. « Des étudiants viennent des États-Unis pour étudier ici, dans la vallée », se réjouit Pierre-Olivier Antoine, président du conseil scientifique de la réserve. Un projet d’extension est actuellement en cours.

  • [Maj] Avec 61,38% des voix le texte « Un communisme de conquêtes » devient la base commune du congrès du PCF

    [Maj] Avec 61,38% des voix le texte « Un communisme de conquêtes » devient la base commune du congrès du PCF

    37 286 communistes à jour de leurs cotisations et adhérents depuis plus de trois mois étaient appelés à voter pour choisir la base commune de discussion pour le 40e Congrès parmi les quatre textes proposés.

    24 608 électrices et électeurs ont voté, soit 66% des inscrits. 481 bulletins blancs ou nuls et 24 127 suffrages exprimés, soit 98,05%, ont été recensés

    «Un communisme de conquêtes», le texte du Conseil national a obtenu 14 810 suffrages, soit 61,38 % des exprimés.

    Les textes alternatifs ont respectivement obtenu :

    «Pour battre l’extrême droite et ouvrir l’espoir. Communistes à l’offensive», 6 117 voix soit 25,35 %;

    «Stratégie communiste. La lutte des classes comme boussole, le socialisme comme programme», 1 833 voix, soit 7,60% ;

    «Résister et construire, une nouvelle page du communisme», 1 367 voix, soit 5,67 %.

    Dans notre région, les résultats sont :

    Bouches-du-Rhône inscrits 2 396, votants 1 390, participation 58,01% « Un communisme de conquêtes » 1 019, 74,06% « Communistes à l’offensive » 247, 17,95%, « Stratégie communiste » 57, 4,14%, « Résister et construire » 53, 3,85%.

    Var inscrits 409, votants 271, participation 66,26% « Un communisme de conquêtes » 127, 48,11%, « Communistes à l’offensive », 27, 10,23%, « Stratégie communiste », 14, 5,30%, « Résister et construire » 96, 36,36%.

    Vaucluse inscrits 344, votants 207, participation 60,17%, « Un communisme de conquêtes » 140, 68,63%, « Communistes à l’offensive » 35, 17,16%, « Stratégie communiste » 12, 5,88%, « Résister et construire » 17, 8,33%.

    Alpes-de-Haute-Provence inscrits 205, votants 132, participation, 64,39%, « Un communisme de conquêtes » 84, 63,64% « Communistes à l’offensive » 33, 25%, « Stratégie communiste » 9, 6,82%, « Résister et construire » 6, 4,55%.

    Hautes-Alpes inscrits 112, votants 66, participation 58,93%, « Un communisme de conquêtes » 54, 84,38%, « Communistes à l’offensive » 8, 12,50%, « Stratégie communiste » 1, 1,56 %, « Résister et construire » 1, 1,56%.

    Gard votants 845, inscrits 650, participation 76,92%, « Un communisme de conquêtes » 346, 54,32%, « Communistes à l’offensive » 219, 34,38%, « Stratégie communiste » 66, 10,36%, « Résister et construire » 6, 0,94%.

    Hérault inscrits 654, votants 610, participation 93,27% « Un communisme de conquêtes » 375, 62,09%, « Communistes à l’offensive » 185, 30,63%, « Stratégie communiste » 31, 5,13%, « Résister et construire » 13, 2,15%.

  • [Entretien] Léon Deffontaines, PCF : « Les communistes souhaitent un parti qui joue un rôle de 1er plan »

    [Entretien] Léon Deffontaines, PCF : « Les communistes souhaitent un parti qui joue un rôle de 1er plan »

    La Marseillaise : Quelle est votre réaction après le choix du projet de base commune par les communistes ?

    Léon Deffontaines : Je me félicite de la mobilisation des communistes. C’est quand même assez exceptionnel, dans le contexte politique national, de réussir à avoir une telle vitalité démocratique. Je salue les dizaines de milliers de communistes qui se sont mobilisés, tout le long du week-end, pour choisir la base commune de discussion qui sera soumise aux congrès de section. J’observe que les communistes souhaitent poursuivre ce qui a été engagé par Fabien Roussel depuis 2018, notamment la réaffirmation d’un Parti communiste français qui soit un parti de premier plan sur la scène politique nationale et qui entend jouer un rôle de plus en plus important. C’est, je crois, très enthousiasmant et très intéressant. Cela vient conforter la stratégie et les orientations politiques entreprises ces dernières années. Maintenant, il incombe à la direction nationale de rassembler l’ensemble des communistes sur le texte majoritaire « Un communisme de conquête », qui est désormais la base commune de discussion pour que chaque sensibilité, mais surtout chaque adhérent, en prise avec les réalités militantes, puisse s’approprier le texte, débattre, et l’amender pour l’enrichir. C’est une nouvelle étape dans la perspective d’avoir un candidat communiste à l’élection présidentielle, en l’occurrence Fabien Roussel, et c’est une très bonne chose.

    Outre la question de la présidentielle, quelles sont, à grands traits, les orientations de la base commune de discussion ?

    L.D. : Elle propose un parti résolument tourné vers le monde du travail. Je pense que la préoccupation que chaque communiste a, c’est de savoir comment on est capable de faire reculer l’extrême droite et de permettre à la gauche de l’emporter. Cette question est centrale. Si on veut faire reculer l’extrême droite, il faut un Parti communiste, fort, présent, tourné vers le monde du travail qui, année après année, s’est détourné de la politique en général, de la gauche en particulier, voire même qui est tombé dans un vote Rassemblement national. Ce qu’exprime le vote des communistes, c’est que si on veut reconquérir cette base sociale, il faut un PCF tourné vers les travailleuses et les travailleurs, capables d’aller aux portes des entreprises, dans les entreprises elles-mêmes, pour discuter et démontrer que le RN n’est pas la solution et qu’un parti existe, à gauche, qui parle d’eux et défend leurs intérêts. C’est toute l’ambition de la base commune adoptée par les communistes ce dimanche.

    La spécificité du fonctionnement du PCF, c’est que le texte majoritaire devient la base de discussion de l’ensemble des adhérents. Fabien Roussel avait exprimé des inquiétudes avant le vote à propos de pressions extérieures. Comment, désormais, réunir l’ensemble des communistes sur ce texte ?

    L.D. : Dans l’histoire du PCF, depuis les années 2000 où on a des textes alternatifs qui peuvent être déposés dans nos processus de congrès, rares ont été les textes choisis à une aussi large majorité. Il y a eu un débat parfois houleux sur les réseaux sociaux, mais ce qui transparaît sur ces plateformes est assez éloigné de la réalité du parti. Il y a eu aussi une certaine forme d’ingérence de la part d’autres formations politique, notamment de la France insoumise, qui n’ont pas obtenu gain de cause. Cela démontre que le Parti communiste français n’est pas un parti qui se laisse influencer par d’autres formations. Je crois que cela démontre la vitalité démocratique, la force et la conviction des militants communiste dans la période. Aujourd’hui, j’invite celles et ceux qui ont pu s’exprimer parfois de manière virulente sur les réseaux sociaux, à construire collectivement le Parti communiste qu’on souhaite et donc à s’inscrire pleinement dans les congrès locaux, départementaux et enfin dans le congrès national qui aura lieu à Lille, les 3, 4 et 5 juillet. Près des deux tiers des communistes ont souhaité se rassembler sur ce projet de base commune, et les messages que l’on reçoit ce dimanche, de la part de soutiens des autres textes, montrent que ces camarades ont le souhait de s’investir aussi dans le processus de congrès.

    Propos recueillis par L.P.

  • Fort d’une année record, le Théâtre des Salins dévoile sa nouvelle saison

    Fort d’une année record, le Théâtre des Salins dévoile sa nouvelle saison

    Nouvelle saison, nouvelle programmation, mais toujours la même exigence. Alors que le Théâtre des Salins, qui fait partie des 78 établissements labellisés « scène nationale », ferme ses portes pendant l’été, sa secrétaire générale, Joanna Boutté, se réjouit des résultats de l’année écoulée, avec près de « 90% de remplissage sur l’ensemble des spectacles ».

    Son équipe présente désormais la saison à venir. Dans le marasme ambiant, entre la précarisation des intermittents du spectacle, les difficultés auxquelles font face les productions, l’émergence ardue de nouveaux talents, elle « refuse de baisser les bras », fidèle à son engagement pour le « service public de l’art et de la culture ».

    En 2026-2027, le public pourra donc voir 40 spectacles, dont 15 créations, traversant le théâtre, la danse, le cirque, la musique et des formes hybrides. Comme toujours, une grande place est laissée à la jeunesse avec 12 spectacles accessibles aux enfants, à l’instar de Du bout des doigts, un ballet à quatre mains filmé en direct sur scène, ou des doigts traversent l’histoire de la danse ; ou de Frasques, où les acrobates de la compagnie Galactik Ensemble « chutent, se relèvent, dans un monde en perpétuel déséquilibre », raconte Joanna Boutté.

    Un focus sur la création grecque

    La saison s’ouvrira le 3 octobre sur une soirée cabaret, animée par quatre formations, entre effeuillage, cancan, paillettes et music-hall. En cette année de Biac 2027 (Biennale internationale des arts de cirque), le Théâtre des Salins propose d’explorer un large panorama de la création circassienne contemporaine. À l’affiche : les acrobates du collectif XY, reconnus pour leur spectaculaire maîtrise des portés, Nadine O’Garra, qui convoque le rapport aux écrans dans Amour au temps de l’algorithme, ou encore Cirque Le Roux, avec sa dernière création Nature morte, au croisement du cirque, du théâtre physique et la composition visuelle.

    Côté musique, Walid Ben Selim chantera de grands textes de la poésie arabe, en écho à l’exposition du musée Ziem consacrée à Ernest Pignon-Ernest dans l’écrin dans la chapelle de l’Annonciade, « avec une petite jauge » pour « un moment privilégié », souligne Joanna Boutté. Thibault Cauvin, guitariste le plus primé au monde à 20 ans qui a tourné avec M, présentera Alter Ego, inspiré de ses voyages aux quatre coins du monde.

    Au programme également, un focus sur le meilleur de la création grecque, qui mettra en valeur une nouvelle génération d’artistes : Mario Banushi avec sa pièce sensorielle d’une puissance rare Mami, salué au festival d’Avignon l’an dernier ; le chorégraphe Christophe Papadopoulos avec My Fierce Ignorant Step, interprété par dix danseurs qui feront corps dans leur pluralité ; et Anna Lemonaki avec son spectacle de théâtre performatif, à cheval entre cabaret et récit auto-fictionnel, Bleu.

    La danse occupera une place centrale, avec des artistes majeurs de la scène internationale, à l’instar de Wim Vandekeybus, qui viendra célébrer les 40 ans de sa compagnie Ultima Vez avec le spectacle qui a « révolutionné la chorégraphie contemporaine dans les années 1990 », What the body does not remember.

    Côté théâtre, enfin, les spectateurs pourront notamment découvrir Orlando, mis en scène par Katia Ferreira d’après le roman de Virginia Woolf ; le diptyque familial entre règlement de comptes et comédie romantique Fête des mères d’Adèle Royné et Vincent Gardet ; ou Tellement sympa, une pièce qui brise l’omerta autour des violences faites aux femmes au sein de la communauté sourde.

    Une nouveauté à noter : la première édition du festival Vice Versa. Pendant deux semaines, en mars, les spectateurs seront installés au cœur du plateau pour une expérience immersive au plus près des artistes, avec une jauge resserrée.

  • Des opérations pour préserver la Méditerranée

    Des opérations pour préserver la Méditerranée

    À l’occasion de la Journée mondiale de l’océan, célébrée chaque année à la date du 8 juin, l’Institut océanographique Paul-Ricard organise son traditionnel BiodiverSeaDay sur l’île des Embiez. Depuis près de 25 ans, cette opération de nettoyage du littoral engage le grand public autour de la pollution marine grâce au ramassage des déchets accumulés sur les plages et dans la mer.

    Menée en partenariat avec la Capitainerie du port des Embiez, l’initiative se distingue par une collecte réalisée à pied et en plongée sous-marine. « Le ramassage est suivi d’une caractérisation des déchets collectés, pour sensibiliser et prévenir les pollutions marines », explique Marion Djama, chargée de mission à l’Institut océanographique Paul-Ricard.

    Pour l’édition 2026 du BiodiverSeaDay, 60 collaborateurs du groupe Pernod Ricard France participeront à l’initiative, en plus des plaisanciers et des bénévoles conviés chaque année à l’événement. En 2024, cette mobilisation avait permis de ramasser pas moins de 780 kg de déchets, selon l’Institut.

    Au-delà de la recherche, l’Institut Paul-Ricard a aussi pour mission de faire connaître la Méditerranée. La sensibilisation et l’éducation à l’environnement sont un axe fort de l’Institut, que ce soit à destination du grand public ou des scolaires. Chaque été, des ateliers sont organisés sur l’île des Embiez, notamment des balades naturalistes et des énigmes, qui se font en présence d’un membre de l’équipe scientifique.

    « Depuis sa création, l’Institut cherche à vulgariser ses connaissances scientifiques pour familiariser le plus grand nombre avec le milieu marin, précise Marion Djama. Ces événements clés permettent une transmission du savoir qui est essentielle car lorsqu’on connaît bien, on protège bien. »

    Des ateliers ouverts

    au grand public

    Pour célébrer ses 60 ans, l’Institut dévoilera par ailleurs une nouvelle programmation, le 11 juin, ouverte au grand public. À cette occasion, plusieurs activités seront proposées sur l’ensemble de la journée. L’Institut inaugurera ses nouveaux outils et supports de sensibilisation, parmi lesquels un cabinet de curiosités et les ateliers de la mer, pour faire découvrir les espèces marines, ainsi que leurs différents habitats. Cette année est aussi marquée par l’installation d’un récif artificiel dans le port, destiné à contribuer à la restauration de la biodiversité en zone portuaire.

    Créé en 1966 par Paul Ricard et Alain Bombard, l’Institut océanographique est né avec l’ambition de lutter contre les premières pollutions industrielles en Méditerranée. Dès les années 1950, Paul Ricard avait acquis l’île des Embiez pour y préserver la faune et la flore, avant d’y installer son centre de recherches. Au fil des décennies, ses missions se sont élargies jusqu’à lui conférer une renommée internationale aujourd’hui. Lors d’une conférence de presse organisée le 1er juin au Club Pernod Ricard à Marseille, sa directrice, Patricia Ricard, petite-fille du fondateur, a rappelé la philosophie qui anime toujours l’établissement : « Soixante ans ont passé, mais notre méthode reste la même. Nous travaillons avec des entreprises responsables et compétentes, avec les acteurs locaux et les enfants. Surtout, nous mettons la science au service de la connaissance. »

    Si la lutte contre la pollution demeure une priorité, Patricia Ricard insiste sur l’urgence climatique : « Le défi majeur est la décarbonation de la société car l’océan se réchauffe à une vitesse inédite. » L’Institut poursuit sa mission fondatrice : mieux connaître la Méditerranée pour mieux la préserver.

  • À Istres, un nouveau marché provençal au service de l’attractivité

    À Istres, un nouveau marché provençal au service de l’attractivité

    En culotte d’antan, galoubets et tambourins à la main, les bénévoles de l’association de danse folklorique Lou Trelus déambulent dans les allées Jean-Jaurès. Samedi matin, ce haut-lieu du centre-ville istréen est bondé de monde à l’occasion de la première matinée du marché « L’instant provençal », rendez-vous hebdomadaire qui s’étendra jusqu’au 26 septembre.

    Une petite trentaine d’exposants sont installés de part et d’autre de la rue piétonne ombragée. Parmi eux, Monique, qui tient un étal en face de sa boutique « Au manoir des anges », qu’elle a ouvert il y a 9 ans et demi. « C’est génial, c’est convivial, se réjouit-elle. Ça faisait longtemps que je n’avais pas vu du chaland comme ça. Le samedi matin, d’habitude, c’est vide. Là, pour moi, c’est gagné ! »

    Même enthousiasme du côté des habitants. « Enfin ! », réagissent Annick et sa mère Jacqueline en déambulant : « Ça fait vivre la ville. » Un marché est déjà en place le mardi matin à Istres, mais « ça n’a rien à voir, et puis beaucoup de gens travaillent en semaine ». Pour les deux femmes, l’accent mis sur l’identité provençale est « malin, c’est bon pour le tourisme ! ».

    Valoriser le patrimoine

    Chez les commerçants, on joue le jeu. Monique témoigne : « C’est vraiment un marché dédié au terroir, moi-même, j’ai beaucoup de produits dans ma boutique, mais je mets en avant ceux qui sont en lien avec notre région, ceux avec de la lavande par exemple. »

    Le maire Robin Prétot (LR) revendique cette identité. « Nous sommes convaincus qu’il faut aller plus loin dans la valorisation et dans l’affirmation de cette richesse, parce que notre patrimoine raconte une histoire, notre histoire, affirme-t-il. Ce patrimoine, c’est celui du vieil Istres, du centre historique, de cet hôtel de ville emblématique pour lequel nous nous sommes battus et qui, aujourd’hui, est revenu dans notre giron. » L’élu pointe le besoin de retrouver du « lien humain, ce qui nous rassemble, et c’est tout le sens du marché “L’instant provençal” ».

    Devant le succès de cette première édition, Adrien Bouterin a le sourire. L’adjoint au maire délégué aux affaires économiques, au projet de centre-ville, au commerce et à l’artisanat explique la démarche : « Les mots d’ordre étaient : Provence, été et qualité. On voulait quelque chose qui fasse revenir du flux le week-end en centre-ville. (…) Ça part d’une vraie analyse, avec l’Office du commerce, on est allés interroger les gens en terrasse pour leur demander ce qui leur manquait et le marché revenait quasi systématiquement. »

    Si l’affluence se confirme, la municipalité pense pérenniser le marché à l’année. « On envisage également de le dédoubler sur le boulevard Paul-Painlevé, à la condition de trouver des marchands en restant qualitatif », révèle l’adjoint.