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  • Inceste : une commission dénonce des « défaillances »

    Inceste : une commission dénonce des « défaillances »

    « L’inceste est un crime de masse, qu’on ne peut traiter comme un fait divers ou une série de crimes isolés. C’est un phénomène de société qui appelle une politique publique à part entière, à 360 degrés », a expliqué à l’AFP son rapporteur, le député PS Christian Baptiste.

    Dans son rapport, officiellement publié jeudi matin, la commission rappelle que 160 000 enfants sont victimes chaque année de violences sexuelles, soit un enfant victime de viol ou d’agression sexuelle « toutes les trois minutes ». Dans 81% des cas, l’agresseur appartient à la famille. Plus de 20 000 victimes mineures de violences sexuelles intrafamiliales ont été enregistrées en 2025 par les forces de l’ordre (+170% par rapport à 2016).

    Experts judiciaires critiqués

    Cet état des lieux s’inscrit dans le contexte d’une importante mobilisation associative, depuis un an et demi, pour une « loi intégrale » contre les violences sexuelles. Une proposition de loi a été déposée, fin 2025, par la députée socialiste Céline Thiebault-Martinez, texte dont le gouvernement s’est engagé à reprendre certaines mesures à l’automne, en réponse à l’émotion suscitée par le viol et la mort de la collégienne Lyhanna et par les multiples affaires dans le périscolaire.

    Le rapport pointe « des défaillances à chaque maillon de la chaîne pénale », « de l’enquête au jugement ». Face à « l’explosion des plaintes », les moyens humains sont « largement insuffisants », avec seulement 2 000 enquêteurs spécialisés, et les professionnels – forces de l’ordre, experts, magistrats – insuffisamment formés, décrit-il. Conséquence : des procédures longues, des enquêtes « au point mort » et un faible nombre de condamnations (380 pour viols incestueux en 2024).

    Les auditions des enfants sont parfois mal conduites et ont lieu plusieurs mois après la plainte, leur parole est « trop souvent mise en doute », critique la commission. Les enquêtes sont « limitées voire indigentes dans de trop nombreux dossiers ».

    Le rapport se montre particulièrement sévère envers les expertises judiciaires : les experts psychologues et psychiatres sont trop peu nombreux, pas toujours spécialisés. Certains ont encore recours à des « concepts pourtant bannis par la communauté scientifique, comme le syndrome d’aliénation parentale », et prennent « parti pour le parent mis en cause, parfois sans avoir même rencontré l’enfant ou le parent mis en cause », note la présidente de la commission Maud Petit (Modem).

    Concernant les « parents protecteurs », souvent des mères, la commission décrit un « mécanisme récurrent » : lorsqu’un enfant révèle un inceste, la mère qui cherche à le protéger en ne le confiant pas au père est souvent accusée de manipuler son enfant. Poursuivies pour « non-représentation d’enfant », « traitées comme des délinquantes », les mères en perdent la garde, l’enfant est parfois confié au père ou à l’Aide sociale à l’enfance, où il est exposé à des violences sexuelles, explique Christian Baptiste.

    Parmi ses préconisations, la commission recommande de « dépénaliser la non-représentation d’enfant » en cas de suspicion de violences sexuelles et de « prendre obligatoirement en considération le refus de l’enfant de voir son parent ». Elle souhaite une « ordonnance de protection de l’enfant » permettant sa mise en sécurité dès les révélations et « l’obligation de mener les principaux actes d’enquête dans un délai de trois mois » après la plainte. « Il faut mettre l’enfant en sécurité sans attendre l’issue du procès », insiste le rapporteur.

    Alors que beaucoup de procédures n’aboutissent pas faute de preuve matérielle, le rapport suggère de considérer les « troubles psychotraumatiques comme une preuve médico-légale ». Il préconise le recours à l’imagerie cérébrale pour « mettre au jour les traces physiques des traumatismes subis ». La commission se prononce pour « l’imprescriptibilité des crimes, notamment incestueux, sur mineur ».

  • Fête le Mur célèbre ses 30 ans dans sa ville natale

    Fête le Mur célèbre ses 30 ans dans sa ville natale

    Pour Yannick Noah, le voyage à Aix-en-Provence est une véritable madeleine de Proust.

    Le coup de cœur est né après une demi-finale de Coupe Davis, en 1991. « Tout est parti d’un café partagé avec des potes, d’un rêve qui est finalement devenu réalité » se souvient celui qui, depuis trente ans, donne de son temps pour permettre la découverte du tennis à des gamins qui n’en avaient pas forcément l’idée.

    Celui qui a appris à jouer au tennis avec une planche et des balles en caoutchouc voulait que d’autres, qui comme lui n’étaient pas destinés à pratiquer le tennis, puissent briser les murs. Yannick Noah a pris son bâton de pèlerin. « Il y a un homme qui nous a énormément aidés, c’est Lucien Weygand. J’étais tout penaud quand je l’ai rencontré. Mais lui, il n’a pas hésité pour nous permettre de lancer le mouvement. »

    Retour aux sources

    Ce coup de pouce de celui qui était alors le président du Conseil général des Bouches-du-Rhône a déclenché une vague qui, partie du Jas de Bouffan, a déferlé sur l’ensemble du territoire, dépassant le cadre de l’Hexagone.

    Trente ans après, c’est un véritable retour aux sources pour un tournoi qui a pris de l’ampleur. Permis à des milliers de gamins de vivre une passion, le tennis. Et pour certains, d’avoir un parcours au plus haut niveau.

    « La pratique du tennis est un vecteur pour des programmes d’éducation et d’insertion », précise Ludovic Bouabanh, membre de l’association Fête le Mur. Installées dans les quartiers prioritaires, les antennes couvrent l’ensemble du territoire, dont 28 sont dans la région provençale et six dans les Bouches-du-Rhône.

    Outre la découverte du tennis, les adhérents, dès l’âge de 9 ans, apprennent les bases du sport. Avec en tête les cinq valeurs qui sont les piliers de l’activité. À savoir respect, égalité, volonté, solidarité et estime de soi.

    Pour les adhérents, il y a la pratique du tennis. Marwa, qui a débuté à huit ans, a accroché dès son premier entraînement. « J’ai fait des rencontres fantastiques, et, si cela reste un loisir pour le moment, j’ai envie de continuer, pourquoi pas poursuivre la compétition. Et puis, il y a Yannick Noah. Il est gentil et très attentif à ce que nous pouvons faire, il nous donne envie de faire mieux. » L’Aixoise, fan de Coco Gauff et Serena Williams, a franchi un palier cette année. « Je suis arrivée en demi-finale, c’est encourageant pour moi », reconnaît-elle.

    Othmane, son pote aixois, a, lui, gagné le tournoi 2026. « C’est ma deuxième fois, en 7 ans de pratique » clame-t-il. Lui qui est venu par curiosité ne jure plus que par sa raquette. Et avoue « avoir trouvé une deuxième famille ».

    De la cité à Roland-Garros

    Le tennis est d’ailleurs une famille, où il n’y a pas que des joueurs. Fête le Mur propose également des formations de juge de ligne, ramasseur de balle et juge-arbitre. « En parlant avec quelqu’un qui était déjà arbitre, j’ai trouvé ça cool et je m’y suis mise » confie Rayhana.

    Si elle débute, Lucas, venu de Stain, entame sa troisième année en tant que juge de ligne. Et savoir que certains qui ont fait sa formation arbitrent désormais sur de grands tournois, comme Roland-Garros ou les Jeux Olympiques renforce sa motivation.

    Quant à Yannick Noah, il contemple le fruit de trente années d’efforts. « Il y a eu une première graine, plantée au Jas de Bouffan. Et voir ce qu’elle a donné est vraiment encourageant ». L’association qu’il a portée sur les fonts baptismaux est devenue un acteur important dans les cités où elle intervient. « Une association répond à un besoin. Son existence révèle aussi que tout n’est pas fait comme il se doit par notre société pour améliorer la qualité de vie des gens » constate-t-il.

  • Dans les Hautes-Alpes, plusieurs bassins-versants en vigilance sécheresse

    Dans les Hautes-Alpes, plusieurs bassins-versants en vigilance sécheresse

    Les bassins-versants du Drac, du Buëch et de la Haute-Durance ont été placés en vigilance sécheresse. C’est la décision prise ce mardi par le comité départemental de gestion de l’eau des Hautes-Alpes. Trois bassins auxquels s’ajoute celui de la Méouge, en vigilance depuis le 25 juin. Le comité explique que les débits des cours d’eau présentent des « niveaux bas pour un début de saison estivale », en raison « des fortes chaleurs et les précipitations plutôt localisées de fin juin ont entraîné une dégradation progressive de l’humidité des sols et des débits ». Or, la situation ne devrait pas s’améliorer dans les prochains jours prévient l’organisme : « Les prévisions météorologiques pour les jours à venir annoncent un temps plutôt chaud et sec, avec possibilité d’averses orageuses ce week-end, ne permettant pas d’envisager une amélioration de la situation. »

    À ce stade, le niveau de vigilance « n’impose pas de restrictions temporaires des usages de l’eau ». Le comité invite néanmoins les usagers (particuliers, entreprises, collectivités, agriculteurs, etc.) à « limiter volontairement leurs prélèvements », et encourage « l’adoption de comportements de gestion économe de la ressource en eau » afin de « ralentir ou de réduire autant que possible la dégradation de la situation hydrologique ».

    Au bord des cours d’eau, les fédérations de pêche sont en vigilance, et scrutent le débit. « Pour l’heure, on est encore à 2m³/s de débit du Buëch à Serres, donc seulement en vigilance, rapporte Pierre Choffel, président de l’association agréée de pêche du Buëch. Le seuil d’alerte est à 1m³/s, mais je pense que cet été on va y avoir droit s’il n’y a pas de gros épisodes d’orages qui viennent arroser les prairies. » L’autre risque, explique Pierre Choffel, c’est que la température des cours d’eau se réchauffe, ce qui menace la biodiversité qui peuple les rivières. « Un cours d’eau qui dépasse les 25°C, pour la truite fario, c’est létal », prévient-il.

    De nouvelles vagues

    de chaleurs attendues

    À échelle nationale, le mois de juin a été le plus chaud jamais enregistré par Météo-France, la vague de chaleur, de deux jours plus courte a été plus intense que celle de l’été 2003, les 40°C ont été dépassés au moins une fois sur plus de 40% du territoire. Le déficit de précipitations atteint près de 50% sur l’ensemble du mois. En juin 2026, 16% des cours d’eau de l’Hexagone étaient à sec, contre 6% en juin 2025. La situation des cours d’eau, déjà très fragilisés, ne devrait pas s’améliorer, avec le dérèglement climatique ces épisodes sont appelés à se multiplier. Les prévisions Météo-France anticipent un été marqué par de nouvelles vagues de chaleur.

  • Marc Pena en visite au centre pénitentiaire de Luynes

    Marc Pena en visite au centre pénitentiaire de Luynes

    Chaque matin, les remontées d’effectifs arrivent sur les bureaux de la direction. Ce matin-là, au centre pénitentiaire de Luynes, plus de 2 000 détenus sont recensés sur le vaste site, pour une capacité d’accueil de 1 420. Un état des lieux dressé devant Marc Pena, député (PS) de la 11e circonscription des Bouches-du-Rhône, en visite inopinée, dans le cadre de son travail parlementaire, comme l’autorise la loi. Après avoir visité deux Centres de rétention administrative (CRA), le député se rend pour la première fois dans un centre pénitentiaire, où prévenus en attente de jugement et condamnés pour de courtes peines sont incarcérés. « On sait que la surpopulation est évidente, elle est même plus élevée que la moyenne nationale », estimait le député, juste après avoir annoncé sa venue au portique de sécurité. La période choisie pour cette visite ne tient pas du hasard, non plus. Alors que le département connaît une nouvelle vague de chaleur, les conditions de détention et de travail pour les personnels sont d’autant plus rudes.

    « Équilibre » à tenir

    Première étape de visite dans le bâtiment historique de la prison (Aix 1) pour le député, les bureaux minimalistes de la direction, où les plans de l’établissement, composé de deux bâtiments principaux, ont été expliqués par Jean-Pierre Charpentier-Tity, directeur de la prison, aux côtés d’une co-directrice de détention. « Est-ce que vous êtes capables de construire les possibilités d’une réinsertion ? » pose Marc Pena. Avec un schéma chronique « d’effectifs en moins », « en soi, tout est impacté pour une réinsertion optimale », résume Jean-Pierre Charpentier-Tity. Rapidement, les conditions ici, un sujet récurrent, sont établies. « On ne connaît pas nécessairement de baisse de budget », contextualise le directeur d’établissement. Mais plutôt une « multiplication des missions », pour lesquelles on « affecte du nouveau personnel ». À ses côtés, sa consœur détaille une organisation obligatoirement rodée. « La détention, c’est un équilibre qu’il faut tenir », résume cette dernière. Un surveillant gradé, présent au cours des échanges, estime que sur la région Paca, ce sont « 600 postes qui ne sont pas ouverts budgétairement ». Ce premier échange bouclé, direction le quartier des jeunes majeurs, où une activité est animée des personnels associatifs et éducateurs. « Il fait 40 degrés ici, regardez comme on transpire », lance l’un des jeunes détenus. Un peu plus loin, dans le quartier des mineurs, des ateliers cuisines sont en cours : on prépare la remise des diplômes, barreaux aux fenêtres. On ouvre les portes des cellules débordantes d’affaires à l’improviste. En détention ordinaire, certains sont deux dans une cellule d’un, ou trois dans un espace pour deux. « Si je fais le bilan général (…) on a le côté classique, des effectifs de détenus extrêmement importants, une surpopulation carcérale, des petits moyens pour faire des choses que l’on voudrait plus efficaces », résume le député. Ces constatations, explique le député, permettront de poursuivre un travail législatif, d’abord en vue du prochain budget. « Je vais faire des amendements pour avoir des arbitrages financiers, et faire d’autres propositions concernant les peines et la prison », propose le député. À terme, il voudrait voir « un aménagement différent des peines ». Sur Luynes, spécifiquement, une question écrite devrait être adressée au garde des Sceaux. Eva Bonnet-Gonnet

  • Un nouveau chapitre du Mondial La Marseillaise s’est ouvert

    Un nouveau chapitre du Mondial La Marseillaise s’est ouvert

    On pensait cette Marseillaise au sommet, après le sacre de Madagascar et les records de participation de 2025. La 65e édition qui s’achève nous a prouvé tout le contraire. Le Mondial La Marseillaise à pétanque a ouvert un nouveau chapitre de sa déjà très longue histoire qui va continuer à s’écrire en lettres d’or. Et pas simplement parce que de nouveaux records d’inscription ont été battus.

    4 832 équipes étaient sur la ligne de départ, dimanche 5 juillet. 16 392 joueurs sur l’ensemble de la compétition si on y ajoute les triplettes inscrites au Grand prix féminin Paprec (179), celles du Trophée Crédit Mutuel Mondial des jeunes (179), du Handi Mondial (32) et sur les quatre tournois annexes : 123 triplettes pour le Mondial IDELIA des CSE, 23 pour le Mondial des centres sociaux, 64 pour le Challenge Proman et 32 pour le Challenge Colas.

    Essais transformés

    Au total 30 nations (139 équipes étrangères) étaient représentées, soit quatre de plus que l’année précédente. Certaines comme la Belgique, la Suisse ou l’Allemagne sont même devenues des habituées du concours du GP féminin et du Mondial des jeunes. Des équipes venues des 94 départements de la métropole ont fait le déplacement. Certaines de très loin.

    Le Mondial continue de grandir et se développer, et les jalons posés en 2026 lui ouvrent d’incroyables perspectives. Redouté par l’organisation, le passage réussi à la première partie en deux sessions, a été de l’avis de tous un succès. Avec ses aires de jeu recentrées autour du parc Borély, et des arbitres présents sur chaque site en nombre plus important, le passage de la barre des 5 000 équipes peut désormais être envisagé avec sérénité.

    Le nouveau visage du Parc Borély, avec son village, baptisé « esplanade Patricia-Jeanjean », en cœur de parc, et son ombrière entre le stade d’honneur et le stade IDELIA, a connu des records d’affluence, donnant un peu plus à cette journée d’ouverture dominicale des airs de grand festival boulistique. Le stade d’honneur, relooké façon Roland-Garros avec ses loges de bord terrain, dans une mise en image parfaitement maîtrisée de nos confrères de France Télévision, est devenu un carré d’honneur au niveau du plus grand concours de la planète. Si la finale du concours général a été quelque peu décevante en termes de spectacle, les femmes et les enfants ont régalé.

    On n’oubliera pas non plus la création du Mondial des Célébrités, héritier de l’historique Trophée des artistes, et l’enchaînement des quarts de finale à la suite, le mardi, support à une « night session » fort appréciée au regard des fortes chaleurs de la journée. Tout ce dispositif nécessitera des ajustements mais les bases posées par Maryan Barthelemy, le nouveau directeur des événements du journal La Marseillaise, sont là.

    Ce Mondial a multiplié les nouveautés. Mais elles s’inscrivent dans la tradition de ce concours imaginé par ses pères fondateurs comme une grande fête sportive et populaire, ouverte à tous et entièrement gratuite, lors de laquelle toutes les classes sociales se mélangent, et où un simple joueur de camping peut jouer un sportif de haut niveau bardé de titres mondiaux.

    Derrière ce monument, s’agitent durant une dizaine de jours des centaines de bénévoles. Eux aussi ils forment une grande famille dont l’engagement renouvelé chaque année, génération après génération, force l’admiration de tous. Elle mérite la vôtre autant que celle portée à ses grands champions et championnes qui brillent dans le carré d’honneur.

    16 392

    C’est le nombre total de participants engagés sur les trois concours officiels et les quatre concours annexes de cette 56e édition du Mondial La Marseillaise.

    Palmarès 2026

    Mondial La Marseillaise : Patrick Messonnier, Yohan Cousin et Michel Loy.

    GP Féminin Paprec : Camille Picard, Nadège Baussian Protat, Aurélie Bories.

    Trophée Crédit Mutuel des jeunes : Sasha, Delattre, Niky Auffray, Dankan Baudino (juniors) ;

    Loni Szczotkowski, Mylan Terryn et Liam Conti (cadets) ; Matéo Sevilla, Robin callu-Henin, Hylan Ruiz-Bécamel (benj/min).

    Handi Mondial : Frédéric Coppola, Malik Ayud, Philippe Navarro.

  • Les ambulanciers de la région en plein malaise

    Les ambulanciers de la région en plein malaise

    « Pin-pon. » Les sirènes des ambulances retentissent Boulevard des dames, ce jeudi, devant l’Hôtel de Région. Ils sont 300 véhicules à bloquer les rues de la cité phocéenne. Rassemblés à l’initiative de l’inter-fédération des entreprises de transport sanitaire en raison d’un contexte économique difficile, les ambulanciers souhaitent se faire entendre par le gouvernement. « Nos tarifs sont trop bas pour assurer toutes les charges. Tout augmente, sauf nos tarifs, gelés depuis 2018. On souhaite une revalorisation des tarifs et une reconnaissance de notre métier », défend Virginie Allegre, 49 ans, chef d’entreprise et ambulancière dans le Vaucluse. « Je vois que les équipes souffrent. Les ambulanciers font de plus en plus de volume d’heures pour arriver à survivre. Mais on n’arrive pas à les payer correctement », regrette Tony Bondil, 27 ans, régulateur aux ambulances de Manosque.

    « Deux entreprises ferment chaque semaine »

    Le taux de rentabilité d’une entreprise d’ambulances varie entre 2 et 5%, selon eux. Mais les trois quarts seraient en déficit. « Notre société fait un chiffre d’affaires conséquent. Mais là, on a passé trois ans en négatif. Ça ne peut plus durer, ça va nous pousser vers la faillite », poursuit Tony.

    Depuis 2013, les coûts des entreprises ont explosé de 40%. Les tarifs des prestations des ambulanciers, eux, ont augmenté de seulement 10%, décrivent-ils. « On a plus aucune rentabilité. On arrive plus à assumer nos salariés et on nous en demande plus tous les jours. Ça fait des mois qu’on demande des audiences au ministre, des mois qu’on alerte, et on a aucun résultat. Les ambulanciers sont à bout. Deux entreprises ferment chaque semaine en ce moment. On est à un seuil où on a besoin que le gouvernement nous écoute, nous entende et prenne des mesures pour nous aider. Sinon, c’est toute la profession qui va s’effondrer. On est un maillon essentiel dans la chaîne de soins, ça va se retentir de tous les côtés », exprime Anthony Abihssira, représentant départemental de la fédération nationale des ambulanciers privés. Les transports sanitaires privés sont l’un des derniers services de proximité présents sur l’ensemble du territoire. « C’est aussi pour les patients qu’on se mobilise. Si on venait à disparaître, je pense que ça serait très compliqué pour certaines personnes », se désole Virginie Allegre.

    La mobilisation est nationale. Près de 400 ambulances se sont réunies à Paris, le 26 juin. Les ambulanciers se rassemblent ce vendredi, à Lyon.

  • Rugby : les calendriers dévoilés

    Rugby : les calendriers dévoilés

    Le Top 14 reprendra le week-end du 5 septembre. Montpellier, finaliste malheureux, débutera sa campagne à domicile, avec la réception de Pau. Toulon de son côté sera en déplacement à Bayonne.

    En Pro D2, Provence rugby, finaliste du dernier championnat et battu en barrage d’accession au Top 14 par Perpignan, aura aussi son match de reprise à domicile. Les Aixois accueilleront Agen, le 27 ou le 28 août.

  • Patrick Malavieille reçoit la légion d’honneur

    Patrick Malavieille reçoit la légion d’honneur

    C’est avec son habituel sourire en coin que Patrick Malavieille a reçu la Légion d’honneur dans son village de La Grand-Combe le 2 juillet. « Cet honneur ce soir, c’est le vôtre autant que le mien », a-t-il lancé devant un parterre de plus de 500 personnes venues à la Maison du mineur à La Grand-Combe pour célébrer avec lui cette récompense. Parmi elles, beaucoup d’habitants, des amis, des élus comme la présidente du Département, Françoise Laurent-Perrigot (PS), ou le sénateur Denis Bouad (PS) mais aussi des adversaires politiques comme Laurent Burgoa (LR), Christophe Rivenq (LR) et même Max Roustan (LR). Une belle preuve de respect au milieu d’une arène politique devenue de plus en plus violente.

    Natif d’Alès en 1962, Patrick Malavieille a grandi à La Grand-Combe, un village qu’il gardera toujours près du cœur malgré des dizaines de voyages un peu partout autour de la planète. Sa jeunesse, il la passe dans le quartier de Trescol où il crée avec des amis l’Association de l’éducation populaire des jeunes à Trescol. La bande d’adolescents sort alors des journaux et organise des soirées. Loin d’être épargné par la vie, il perd ses deux parents coup sur coup en pleine adolescence. « Il a fallu qu’il gère tout. Malheureusement, ça a permis qu’il soit mûr trop jeune. Il a dû gérer des choses qui ne devraient pas arriver à un gamin de 13 ans », se souvient Patrick Bauducco, l’un des amis de Trescol. Si la famille ne vit pas des mines, Patrick Malavieille grandit dans une ville porteuse de valeurs humanistes et fraternelles. Il devient très vite un membre actif du Parti communiste et participe à toutes les luttes.

    Retour à l’Assemblée ?

    En 1988, il est élu au conseil général où il devient le plus jeune vice-président. Réélu en 1994, il se lance alors dans la campagne municipale à La Grand-Combe qui avait basculé pour la première fois à droite en 1989. Grâce à la création de liens forts avec le PS, il l’emporte et siège dans le fauteuil de maire jusqu’en 1999 puis à nouveau de 2008 à 2020 avant de céder la place à Laurence Baldit (PCF). Il profite aussi de la dissolution de l’Assemblée nationale pour siéger au palais Bourbon de 1997 à 2002.

    Patrick Malavieille enchaîne ensuite les désillusions, d’abord lorsqu’il est battu en 2001 à Alès par un Max Roustan qui lui chipe l’année d’après son fauteuil à l’Assemblée nationale. Une défaite qui se reproduira face au même Max Roustan cinq ans plus tard. Mais l’élu communiste garde le cap, continue de travailler au Département et prépare la suite.

    S’il a réduit le nombre de mandats, Patrick Malavieille est en effet loin de préparer sa retraite. Face à la vague d’extrême droite aux dernières élections législatives, l’élu de 63 ans a en effet annoncé qu’il souhaitait porter une candidature de gauche unie aux prochaines élections législatives. Histoire d’enfiler à nouveau l’écharpe tricolore mais cette fois, au-dessus de sa toute nouvelle Légion d’honneur.

  • La première école de chiens guides et d’assistance à Montpellier

    La première école de chiens guides et d’assistance à Montpellier

    C’est sous les arbres d’un discret local associatif du quartier de Port Marianne que de jeunes labradors et goldens retrievers apprennent à changer des vies. Pendant l’inauguration officielle ce 16 juin, le maire (PS) Michaël Delafosse s’est prêté à cette expérience en participant à une démonstration avec Vasco, le tout premier chien guide de l’association. À ses côtés, Émilie Cabello, adjointe au maire déléguée à l’accessibilité universelle, rappelait avec émotion tout ce que représente cet endroit.

    Aujourd’hui, six chiens suivent le programme. Former chacun d’eux représente un investissement conséquent. « De l’achat du chien jusqu’à la fin de sa formation, le coût est d’environ 30 000 euros », rappelle l’élue. Trois chiens terminent leur formation, trois autres viennent à peine de débuter leur apprentissage et un premier chien a déjà été remis à son bénéficiaire. Derrière chaque binôme, c’est une autonomie retrouvée et un quotidien transformé.

    Coulisses d’un apprentissage

    Derrière un chien se cache près de deux ans de travail. Tout commence chez l’éleveur, où les chiots sont sélectionnés dès leurs premières semaines selon des critères précis. « Des chiens équilibrés, calmes, qui aboient peu et possèdent une bonne stabilité émotionnelle », explique Marie Fois, gestionnaire technique du centre et éducatrice de chiens guides. Avant l’éducateur, ce sont aussi les familles d’accueil, sélectionnées sur candidature, qui posent les fondations. La famille Gramagio accueille actuellement un jeune chiot de deux mois destiné à devenir chien guide ou d’assistance. « Les premiers mois, c’est vraiment l’éducation basique : la propreté, les aboiements, toutes les règles de vie du quotidien », explique Julie Gramagio. Mais au-delà de l’obéissance, l’objectif est d’éviter que de mauvaises habitudes ne s’installent et compliquent ensuite son apprentissage. « Notre responsabilité, c’est de lui donner les bonnes bases dès le départ pour sa future mission. »

    L’école compte à ce jour une éducatrice et a déjà reçu quatre demandes sans avoir mené aucune campagne de communication, signe d’un besoin réel sur le territoire. « À part Toulouse, il n’y avait pratiquement rien sur tout l’Est de l’Occitanie », note Marie Fois. L’objectif affiché est désormais de recruter un second éducateur avant la fin de l’année pour augmenter, année après année, le nombre de chiens formés et de vies changées.

    Amélia Siapo