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  • Hara-kiri olympien

    Hara-kiri olympien

    Une défense aux abois, un milieu sans lien et une attaque amorphe.

    Il n’y a rien à sauver de la prestation de l’OM face à Nantes, dimanche, en clôture de la phase aller du championnat. Un OM qui, comme les deux fois qu’il a eu l’occasion de prendre seul le pouvoir en Ligue 1, a manqué l’opportunité de repousser Lille, quatrième, et de conserver son avantage sur Rennes et Lyon.

    Lorsqu’il est venu commenter la prestation de son équipe, qui pointe désormais à huit longueurs du leader lensois, Roberto De Zerbi n’a pas mâché ses mots : « En dehors du jeu et des expulsions, si nous n’avons pas plus d’énergie et d’envie de remporter le match, c’est ce type de résultat que nous méritons. » Lui-même ne se trouve pas d’excuses : « De l’entraîneur à tous ceux qui sont en dessous, c’est que nous ne méritons pas la troisième place. »

    Des propos qui tranchent avec ceux tenus vendredi, après l’entraînement. À ce moment-là, il estimait que « les joueurs ont fait du bon travail et nous avons pu aussi casser la routine, avec de vraies séances de travail ».

    À la façon dont ils se sont comportés face à une potentielle lanterne rouge, il faut croire que les Olympiens préfèrent travailler dans l’urgence. Lorsqu’ils doivent enchaîner les matches tous les trois jours. « Si j’avais pressenti cela, j’aurais renversé la Commanderie. Je n’ai pas vu de symptômes », soupire Roberto De Zerbi.

    L’OM a donc raté l’occasion d’asseoir sa troisième place et débute la nouvelle année sur une prestation indigne d’un prétendant à un titre. Même si cela ne l’emballe pas, l’Italien a déjà tourné la page et se projette sur le trophée des Champions.

    « Il faut vraiment oublier tout ça. Nous partons au Koweït pour disputer un titre contre la meilleure équipe d’Europe. Nous devons nous préparer au mieux. » C’est pourquoi la délégation marseillaise va se rendre dans le pays du Golfe dès ce lundi. Afin que les joueurs digèrent les six heures de voyages et un décalage horaire de deux heures.

    La valse des cartons rouges plombe l’OM

    Face à des Nantais qui avaient opté pour le jeu, les Olympiens sont passés totalement à côté de leur match.

    Même s’il avait reconduit le schéma qui avait permis à son équipe de battre le PSG, Roberto De Zerbi a pu constater qu’un scénario de football était loin de pouvoir se répéter. Ses joueurs sont restés passifs la majeure partie du temps. Même lorsqu’ils avaient le ballon, ils se montraient incapables de l’utiliser à bon escient.

    Ce qui n’était pas le cas des Canaris. « Je ne pouvais pas leur demander de jouer derrière pendant 95 minutes. Je leur ai dit de croire en eux. Et ils ont eu la récompense », a souligné Ahmed Kantari, l’entraîneur ligérien.

    En fait, l’OM a eu faux sur toute la ligne. Ne tenant pas compte de l’avertissement sans frais d’un premier but nantais refusé, les Marseillais ont multiplié les bourdes. À l’image des deux cartons rouges, distribués à Arthur Vermeeren et Bilal Nadir.

    Ils ont certes changé le cours de la rencontre. Mais avec un peu plus d’application, ces sanctions auraient pu être évitées. Mais il est trop tard pour revenir en arrière.

    OM 0 (0)

    NANTES 2 (1)

    17e journée de Ligue 1.

    Stade Vélodrome (64 780 spectateurs environ)

    Arbitre : M. Bollengier

    Buts : Centonze (30e), Cabella (88e sp).

    Avertissements : Nadir (54e, 56e) à l’OM, Mwanga (34e), Tabibou (51e) à Nantes.

    Exclusions : Vermeeren (26), Nadir (56e) à l’OM.

    OM : Rulli – Pavard, Medina (Murillo, 46e), Egan-Riley (Traoré, 73e) – Weah, Höjbjerg (c), Vermeeren, Emerson – Greenwood (Gouiri, 73e) , Aubameyang (O’Riley, 61e), Paixão (Nadir, 31e)

    Entraîneur : R. De Zerbi

    NANTES : Lopes (c) – Centonze (Doukouré, 46e), Amian , Tati, Cozza, Machado – Coquelin (Leroux, 58e), Mwanga (Lepenant, 64e) – Tabibou (Cabella, 58e), el Arabi (Guirassy, 82e), Abline.

    Entraîneur : A. Kantari.

    Le fait de match

    Entre Noël et le Bout d’an, la famille olympienne a perdu un des siens.

    Jean-Louis Gasset, qui était venu au chevet de l’OM lors de la saison 2023-2024 et avait conduit le club en demi-finale de la Ligue Europa, a tiré sa révérence.

    Le Virage sud lui a rendu un bel hommage avant le coup d’envoi de la rencontre. Repose en Paix, Jean-Louis.

  • Portrait d’une époque avec les photos des « idoles des jeunes » à Allauch

    Portrait d’une époque avec les photos des « idoles des jeunes » à Allauch

    « Tout ce que je te demande, c’est que ça ne plaise pas aux parents. » Voici l’unique consigne que Daniel Filipacchi, alors patron de la revue Salut les copains, donne en 1962 à Jean-Marie Périer, lorsqu’il l’engage pour photographier « les idoles des jeunes ».

    « Avant, quand on était adolescent, on avait des boutons sur la figure, c’est tout. Là, tout à coup, les ados avaient leur musique, leur façon de danser, de s’habiller, leur argent de poche… Au fond, la parole leur était enfin donnée grâce à la musique partout dans le monde », relate, samedi par téléphone, le photographe. De cette époque, il se souvient « d’une liberté totale. Je n’avais aucune limite de moyens. Je me retrouvais à 22 ans le roi de la planète. »

    Insouciance

    « Je n’avais devant moi que des mômes qui avaient entre 16 et 20 ans et qui débutaient. On avait des rapports très directs. Ils avaient une totale confiance en moi parce qu’ils voyaient bien que mon but était de les mettre en valeur. Mes photos étaient faites pour être affichées au mur des chambres des adolescents », décrit-il.

    Près de 6 000 visiteurs sont déjà venus voir l’exposition proposée depuis le 22 novembre par la Ville, à l’initiative de Jacqueline Fabre, adjointe à la culture. à découvrir jusqu’au 29 mars.

    Plus de 100 photos, en noir et blanc comme en couleur, très bien scénographiées, présentent les stars des sixties. Sylvie Vartan en nattes blondes, des marguerites dans les cheveux, Françoise Hardy dans sa robe si sexy signée Paco Rabanne, Johnny Hallyday dans sa Ferrari qu’il va bousiller quelques minutes plus tard avant d’en racheter une illico, Jacques Dutronc, les Beatles, Mick Jagger, Chuck Berry, James Brown, Bob Dylan… Jean-Marie Périer saisit dans son objectif non seulement des visages, mais aussi toute l’insouciance d’une époque.

  • Une aide de 100 000 euros pour diversifier la viticulture en Vaucluse

    Une aide de 100 000 euros pour diversifier la viticulture en Vaucluse

    Fin novembre, la ministre de l’Agriculture annonçait le déblocage d’une rondelette somme de 130 millions d’euros pour l’arrachage définitif de vignes. Depuis plusieurs années, entre la baisse de la consommation et les difficultés à l’export, le vin ne fait plus recette. L’arrachage de vignes se concentre surtout dans le Bordelais, le Sud-Ouest ou le Languedoc, moins – pour l’heure – en Vaucluse. À mi-2025, la première campagne d’arrachage n’avait concerné que 2% du vignoble.

    Enlever les vignes, oui, mais pas pour laisser des hectares en friche. Le mot diversification est à la mode chez les agriculteurs, principalement les viticulteurs dont la filière représente 60% de la part agricole de Vaucluse. Le conseil départemental est sensible au sujet. C’est en ce sens que, lors de la dernière séance mi-décembre, Dominique Santoni a proposé « de dégager une enveloppe de 100 000 euros pour la diversification agricole ». « C’est important dans cette période particulièrement compliquée pour nos agriculteurs », a justifié la présidente LR.

    Une initiative qui fait suite à l’interpellation de Jean-François Lovisolo, lors de la séance de novembre. Aux côtés de sa binôme Noëlle Trinquier, mais aussi des élus agriculteurs Max Raspail et Alexandre Roux, le conseiller départemental (DVG) et éphémère macroniste dépeignait la « situation critique depuis 4 ans de la viticulture vauclusienne », souhaitant « l’organisation d’une concertation » avec la chambre d’agriculture, les syndicats et la Région.

    Vers où seront fléchés ces 100 000 euros ? La réponse est un peu trop prématurée à ce stade. « On a eu une réunion de travail interservices, il y a plusieurs scénarios et projets à présenter à la présidente avant de faire des arbitrages », répond Christian Mounier, vice-président (DVD) du Département en charge de l’agriculture, contacté ce vendredi. Celui qui est aussi maire de Cheval-Blanc confirme que l’aide sera ciblée sur la viticulture. « On s’oriente avec certitude vers une aide particulière aux Jeunes agriculteurs en modifiant le dispositif Graines d’avenir [destiné à l’aide à l’installation de nouvelles générations d’agriculteurs] », précise Christian Mounier, assurant que l’aide sera opérationnelle « avant l’été ».

    L’aide sera en vigueur « avant l’été »

    Car il y a désormais urgence. « Un temps épargnés par ce contexte, le Ventoux et le Luberon bénéficiaient d’une demande encore dynamique en blanc et en rosé. Mais pour ces AOP également, la crise s’étend et met désormais en péril l’ensemble de notre filière viticole, constate Jean-François Lovisolo. Notre agriculture traverse non plus une crise conjoncturelle, comme nous avons pu en connaître, mais bien une crise structurelle. » L’ex-député appelle donc à soutenir financièrement la diversification des exploitations, « un véritable virage économique pour nombre d’exploitants ».

    Si tout le monde s’accorde à dire qu’il n’y a « pas de solution miracle », l’amande, la pistache, l’olive et la truffe semblent aujourd’hui des secteurs porteurs. Au-delà de l’impact économique pour le secteur viticole, il est aussi question de « la qualité de nos paysages et leur entretien, qui participent pleinement au flux touristique dont le département ne peut se priver », alerte Jean-François Lovisolo. D’autant que les typiques champs de lavande sont aussi en sursis.

  • 80e édition du Festival d’Avignon : découvrez ce qui vous attend en 2026 en Vaucluse

    80e édition du Festival d’Avignon : découvrez ce qui vous attend en 2026 en Vaucluse

    Un festival d’anniversaires

    Temps fort habituel du mois de juillet à Avignon, le Festival connaîtra sa 80e édition, du 4 au 25 juillet. Tiago Rodrigues, son directeur, qui a été reconduit en septembre pour 4 ans, a choisi le coréen comme langue invitée. Pour la seconde année, le festival Off alignera ses dates aussi sur le In. Le Off célébrera, lui, ses 60 ans. 2026 sera marquée par d’autres traditionnels festivals, comme l’Insane à Apt (14 au 16 mai) dont ce sera la 10e édition. Mais aussi Id-Ile sur la Barthelasse (5-6 juin) ou bien sûr les Chorégies d’Orange (19 juin-18 juillet), malgré une programmation réduite. À Avignon, Festo Pitcho, destiné aux enfants, fêtera ses 20 ans (28 mars-12 avril).

    Bonpas et déviation d’Orange se poursuivent

    En matière d’aménagements routiers majeurs, ce ne sera toujours pas l’année de la LEO (liaison Est-Ouest), tombé dans les oubliettes de l’État. Mais deux chantiers majeurs en la matière, pilotés par le Département, se poursuivent. À commencer par celui de Bonpas à Avignon sud. 2026 doit raccorder le giratoire, couvrir 85% du canal, construire un deuxième giratoire et réaliser huit des neuf ponts planifiés. Prévus pour durer jusqu’à fin 2027, les travaux visent à résorber ce point noir du trafic vauclusien, moyennant plus de 37 millions d’euros. Du côté d’Orange, la déviation routière entrera dans sa phase finale, avec la seconde section au Nord ouverte au printemps, et la première, au Sud, livrée pour début 2027.

    Un nouveau pôle patrimonial

    Adieu les archives départementales au sein du palais des Papes. Fin avril, le Département doit inaugurer, à Agroparc, le bâtiment Memento, son nouveau pôle des patrimoines. Depuis plusieurs mois, les services déménagent quelque 28 km d’archives. Le site de 11 600 m2, qui a coûté 31 millions d’euros, accueillera aussi le service archéologie ou les réserves des trois musées départementaux. Il sera un lieu d’expositions et de conférences.

    Des études pour rouvrir

    Fontaine-de-Vaucluse

    En théorie inaccessible depuis le printemps 2024 en raison du risque d’éboulement, le gouffre de Fontaine-de-Vaucluse est devenu hors d’atteinte, en mai dernier, avec la pose d’un portail. Joyau patrimonial et touristique, l’importante source de la Sorgue a fait l’objet d’une dizaine de scénarios pour envisager sa réouverture tout en le sécurisant et préservant l’aspect environnemental. Aménagements de mise en valeur, passerelles de contournement et dispositifs immersifs sont évoqués.

    Le Tour féminin au Ventoux

    Un an après le passage du Tour de France et l’arrivée au sommet du Ventoux, ayant vu la victoire du Français Valentin Paret-Peintre, le Géant de Provence recevra cette fois le Tour de France femmes. Le vendredi 7 août, la 7e étape reliera la Voulte-sur-Rhône (Ardèche) au Mont Ventoux. Un peu plus tôt dans l’année, le 13 mars, une étape du Paris-Nice arpentera longuement les routes vauclusiennes entre Barbentane et Apt, via Robion, Lourmarin ou la côte de Saignon.

    Réouverture partielle

    du Rocher des Doms, à Avignon

    Fermé depuis octobre 2024, le jardin du Rocher des Doms est en train d’achever sa mue et doit rouvrir au public en mars prochain. Une seconde phase de travaux est prévue ensuite, de septembre à juin 2027, mais l’essentiel de ce parc remarquable au-dessus du Rhône, dans l’intra-muros, sera rendu à la population. À Avignon aussi, la piscine du centre-ville Pierre-Reyne devrait rouvrir en fin d’année, après 18 mois de travaux de rénovation.

  • Ce qui va éclore sur la métropole : découvrez ce qui vous attend en 2026 dans le Var

    Ce qui va éclore sur la métropole : découvrez ce qui vous attend en 2026 dans le Var

    Le chantier d’extension

    du parc des Lices

    Parmi les grands chantiers qui seront prochainement livrés, on peut relever, pour ce qui concerne le Port du Levant, celui de l’extension et de la renaturation du parc des Lices, qui s’étendra sur 100 000 m². Ce poumon vert de la ville deviendra ainsi « la pierre angulaire d’un arc vert permettant de connecter la gare à la porte d’Italie ». Son agrandissement a été rendu possible grâce à la démolition de six bâtiments municipaux vétustes, opération permise par le regroupement des services autrefois installés au Pôle Famille du Port Marchand. Sur cet hectare de nature gagné en plein cœur de ville, 390 arbres ont été plantés, ainsi que 3 200 m² de massifs végétalisés et 1 500 m² de prairie.

    Une maison de services

    à La Beaucaire

    La Ville de Toulon a racheté, en 2025, l’ancien site de la Caisse d’allocations familiales (Caf) situé en plein cœur de la cité de La Beaucaire pour 3,8 millions d’euros. Le projet prévoit la construction d’un groupe scolaire, l’installation d’un centre social et d’une maison des services, ainsi que d’une petite médiathèque. Mais, aussi, un parc arboré de 12 000 m². Bien sûr, l’ensemble ne sortira pas de terre dès cette année, mais dans l’ancien bâtiment rénové de la Caf, où quelques mises aux normes étaient nécessaires, des services publics commenceront à ouvrir dès le début de l’année 2026.

    Le chantier de rénovation

    de l’école Saint-Roch

    Les travaux, débutés en octobre 2024, ont été planifiés en deux phases : une première portant sur l’école basse, dont le réaménagement devrait s’achever début 2026, puis la réhabilitation de l’école haute, prévue pour 2027. L’ensemble de l’établissement sera remis aux normes actuelles, tant en matière d’apprentissage que d’accessibilité. Coût total de l’opération : 8,9 millions d’euros.

    Lors de la visite de chantier, au mois de juin dernier, il ne restait plus que l’ossature de l’établissement dans sa partie basse. Plus de fenêtres. Plus de portes. Plus de pièces. Juste une charpente recouverte de tuiles, des cloisons et une dalle neuve coulée il y a quelques semaines.

    Une rénovation d’ampleur, menée par la Ville de Toulon en maîtrise d’œuvre interne, qui s’opère en site. Ce qui complexifie davantage la tâche. Les quelque 200 enfants scolarisés ont été regroupés en partie. Les CM1 et les CM2, eux, ont été accueillis dans l’école voisine André-Filippi.

    La plaine des sports

    du Mourillon

    De nouveaux aménagements sportifs et de loisirs verront le jour sur le site des plages du Mourillon, d’ici le mois de mai. Ils comprendront notamment l’installation de nouveaux équipements de glisse et la création de deux terrains de pickleball, d’un terrain polyvalent de beach et de tables de ping-pong. Cette plaine de sports ainsi nommée formera une continuité avec l’aire de pique-nique, sur laquelle des tables supplémentaires seront ajoutées. En cette année électorale de tous les dangers, il revient aux électeurs d’empêcher l’extrême droite de couper tous ces rubans.

  • L’un des plus grands vinaigriers de France est à Sausset-les-Pins

    L’un des plus grands vinaigriers de France est à Sausset-les-Pins

    En 2019, il installe ses premiers fûts dans son garage. En 2025, il travaille avec les plus grands. Son vinaigre est à la table du meilleur ouvrier de France Philippe Mille, du restaurant Mirazur – élu meilleur établissement du monde en 2019 – ou encore du Grand-Hôtel du Cap-Ferrat. Laurent Boyer a pour le moins réussi sa reconversion.

    À l’aune de ses 50 ans, le directeur commercial décide de changer de vie. « Je voulais travailler dans la gastronomie », explique-t-il simplement. Issu d’une lignée de vignerons, le Saussetois d’adoption avait « toujours vu (s)a grand-mère et (s)es parents faire leur vinaigre de manière artisanale ». C’est donc tout naturellement qu’il s’est dirigé vers ce produit, ressuscitant une tradition familiale.

    « C’est un savoir-faire qui s’est perdu, affirme-t-il. On est une poignée en France à travailler comme ça. » Et pour cause : quand un artisan met 15 à 20 mois à produire un fût de vinaigre, l’industrie, elle, prend une journée à grand renfort d’injection d’oxygène et de ferment acétique.

    À la recherche d’un local

    Mais à la fin, le résultat est bluffant. La gamme de Laurent Boyer compte dix bouteilles différentes, toutes produites à partir de vins naturels biodynamiques. Certaines ont un goût de miel, d’autres une fine acidité, d’autres encore un fond de nèfle. Pour celles qui sont macérées, le fruit ressort remarquablement en bouche. Pas étonnant que les grands chefs adoubent le Saussetois.

    Face à un carnet de commandes grandissant, Laurent Boyer se retrouve vite à l’étroit dans son garage. En 2023, la mairie débloque la situation en lui louant la cave de l’ancienne ferme du château de Sausset, à 200 mètres de chez lui. Après une rénovation express, ce nouveau lieu permet au quinquagénaire de tripler sa production, pour atteindre les 12 000 bouteilles par an. Et « chaque année, c’est mieux », affirme-t-il.

    Alors, Laurent Boyer cherche encore à agrandir. « Je suis à un tournant de mon activité, poursuit-il. Je suis connu et reconnu, maintenant, il faut voir si j’arrive à poursuivre mon expansion ou si je reste comme ça. » Lui veut relever le défi, même si, en autofinancement et avec des investissements gelés sur 18 mois, le risque est réel.

    « J’aimerais trouver un local d’au moins 100 m2 sur la Côte Bleue, car la mer a une influence sur le vinaigre. Dans l’idéal, j’aimerais y installer une boutique pour pouvoir faire de la vente directe. » Vu la pression immobilière sur le secteur, ce n’est pas une mince affaire. Mais Laurent Boyer a des atouts, au premier rang desquels sa volonté.

  • Bouches-du-Rhône : trois plans de massif à revoir pour mieux prévenir les feux

    Bouches-du-Rhône : trois plans de massif à revoir pour mieux prévenir les feux

    La Métropole Aix-Marseille-Provence programme des études d’actualisation de trois nouveaux plans de protection de la forêt contre les incendies. Ces Plans de Massif pour la Protection des forêts contre l’incendie (PMPFCI) sont la déclinaison opérationnelle d’une stratégie globale définie par le plan départemental de Protection des forêts Contre l’incendie (PDPFCI) pour la décennie 2023-2032.

    Avec 24 massifs forestiers, les Bouches-du-Rhône sont l’un des départements français soumis au plus fort risque d’incendie de forêt sur la région méditerranéenne. Le département compte 185 000 ha de surfaces boisées, soit près de 30% de son territoire. Le mois de juillet 2025 a été particulièrement dévastateur avec le grand incendie des Pennes-Mirabeau qui a ravagé 750 ha et détruit ou endommagé 90 maisons, ou les incendies de Martigues des 17 et 20 juillet qui ont parcouru 240 ha de zones boisées. Les risques ne cessent de croître. On dénombre 250 départs de feux par an pour une surface brûlée de 1 900 ha par an, environ, dans le département. Près de 90% des départs de feu ont une origine humaine, accidentelle ou criminelle. En 2022, 477 feux avaient détruit 1 830 ha.

    Les études programmées par la Métropole porteront sur trois massifs implantés au nord, nord-est et nord-ouest d’Aix-en-Provence : d’abord le plus vaste avec 50 000 ha, le massif du Concors Sainte-Victoire labellisé Grand site de France. Sa dernière étude réalisée par l’Office National des Forêts (ONF) remonte à 2014. Cet ensemble paysager s’étend sur 17 communes et bénéficie d’une inscription Natura 2000 pour ses espèces et son habitat exceptionnels. Le grand incendie de la Sainte-Victoire d’août 1989, qui avait ravagé 5 000 ha, avait suscité une émotion nationale et marqué une prise de conscience sur la nécessité de refonder et de renforcer les moyens de prévention.

    Le massif des Quatre Termes, compris entre les communes de Lambesc, Pélissanne, Coudoux, Éguilles et Saint-Cannat, fait l’objet d’un plan à partir d’études de l’ONF en 2012. C’est l’un des massifs sensibles statistiquement le moins touché par les départs de feu.

    Le plan de massif des Collines de Lançon lié au précédent a été étudié en 2018. Très exposé au mistral, il présente un risque élevé, d’où son compartimentage et son fort maillage en pistes DFCI.

    Prévenir les mégafeux

    Pour ces trois massifs, il s’agit de dresser l’historique des feux et une cartographie sur les trente dernières années, avec l’analyse des départs de feu et les retours d’expérience sur les incendies marquants, l’état de ses ouvrages DFCI (pistes, citernes, vigies) ou encore l’examen des couloirs potentiels de propagation. Un état du milieu naturel comprenant la cartographie des obligations légales de débroussaillement et un inventaire de tous les équipements et travaux de DFCI sont requis.

    Cette actualisation doit permettre d’intégrer l’évolution du risque incendie dans les dix prochaines années au regard du changement climatique et de l’apparition des mégafeux supérieure à 1 000 ha qui ont un impact profond et durable sur les zones urbaines et économiques.

    Les orientations stratégiques devront déboucher sur un programme d’actions DFCI qui fera l’objet d’une concertation la plus large possible avec les acteurs locaux et départementaux : DDTM, conseil départemental, ONF, communes, Métropole, propriétaires forestiers, CCFF, sociétés de chasse, associations locales environnementales et autres usagers de la forêt.

  • [Entretien] Thomas Posado : « Cet acte de guerre est une ingérence impérialiste sans précédent »

    [Entretien] Thomas Posado : « Cet acte de guerre est une ingérence impérialiste sans précédent »

    La Marseillaise : Quelle est la situation actuelle au Venezuela, à la lumière des derniers événements ?

    Thomas Posado : Il y a eu une série de bombardements sur des sites militaires vénézuéliens et Donald Trump qui a annoncé la capture Nicolás Maduro et de son épouse. Quand on parle de capture, c’est plus précisément une exfiltration avec la volonté de juger Nicolás Maduro. Une information d’une telle gravité est un acte de guerre, une ingérence impérialiste sans précédent depuis plusieurs décennies en Amérique Latine de la part des États-Unis au Venezuela.

    Le contexte autour de ce dossier est une accusation de narcotrafic par Donald Trump concernant Nicolás Maduro. Qu’en pensez-vous ?

    T.P. : Cette accusation de narcotrafic et difficilement lisible de la part de Donald Trump, sachant qu’il a gracié Juan Orlando Hernandez, l’ancien président du Honduras, qui a été condamné par la justice états-unienne à 45 ans de prison pour avoir introduit 400 tonnes de cocaïne aux états-Unis, il y a quelques semaines à peine. On voit bien que ce prétexte de trafic de drogue est instrumentalisé par les états-Unis pour punir les gens qu’il n’aime pas et absoudre ceux qu’il apprécie. Oui, il y a du narcotrafic au Venezuela comme dans beaucoup de pays du monde, mais le Venezuela est une route secondaire du transit du trafic de cocaïne, il n’a aucun rôle dans la production. C’est une instrumentalisation dans des objectifs géopolitiques de corollaire Trump à la doctrine Monroe*.

    Comment en est-on arrivé là ? Quel regard portez-vous sur la situation ?

    T.P. : On a un Trump qui, depuis le début de son mandat, fait preuve d’un interventionnisme extrêmement fort en Amérique latine. Dans les huit premiers mois, il a négocié avec Nicolás Maduro le maintien de l’assouplissement des sanctions imposées par Washington contre l’acceptation des déportations de migrants vénézuéliens. Depuis août, on est dans une escalade permanente, sachant que CNN dénombrait 17 menaces militaires avant les vacances de Noël, donc là, on doit dépasser la 26e. On a eu des bombardements de navires au large des côtes vénézuéliennes, voire colombiennes et mexicaines, qui ont coûté la vie à une centaine de personnes, il y a eu la fermeture de l’espace aérien où seules les compagnies locales pouvaient opérer, un nouveau blocus maritime pour les pétroliers en décembre avec l’interdiction d’accoster et de se charger en pétrole vénézuélien. Et puis, le dernier en date, cet acte de guerre qui est encore plus grave.

    Quelle pourrait être la suite ?

    T.P. : Ce n’est pas la même chose de capturer un chef d’état que d’avoir le contrôle territorial du pays. Pour l’instant, on ne voit pas de dissidence dans l’armée et le scénario constitutionnel, au Venezuela, serait que Delcy Rodriguez, vice-présidente et fidèle de Maduro, prête serment dans les prochaines heures comme nouvelle présidente. Mais après une intervention militaire de ce type, elle sera de fait sur la liste des cibles de Washington.

    Doctrine selon laquelle les États-Unis considèrent l’Amérique latine comme leur zone d’influence et s’opposent à toutes interventions étrangères

  • Un million de visiteurs pour le Noël phocéen

    Un million de visiteurs pour le Noël phocéen

    Ce lundi matin, les chalets installés sur la Canebière ne se sont pas rouverts. Après plus d’un mois d’ouverture, réunissant un marché de Noël, une foire aux santons, une patinoire et une descente de luge, le Noël marseillais, organisé par la Ville, prend congé. Des animations qui ont attiré un million de visiteurs, selon la municipalité. Pour les commerçants, le bilan est mitigé : si les santonniers ont vu affluer les visiteurs, le marché, lui, a semble-t-il connu un peu moins de monde, malgré une saison tout de même correcte.

    « Depuis le Covid-19, on travaille pas mal, explique Jérôme Truffier-Douzou, qui vend ses santons à la foire depuis 15 ans. Il y a de plus en plus de jeunes qui veulent créer leur crèche. De jeunes couples, dans la trentaine, qui viennent avec leurs enfants. C’est assez nouveau ça. » Les artisans peuvent aussi compter sur les habitués qui reviennent chaque année, à Marseille, pour l’une des plus vieilles foires aux santons. Cependant, le santonnier remarque que, cette année, les dépenses des clients sont un peu plus timides. « On a vendu très peu de grosses pièces. On a travaillé autant que les autres années, mais pour des tickets de caisse plus petits. »

    Même constat du côté des commerçants du marché de Noël. Pour Andora, vendeuse de thé, « les clients ont moins acheté, en tout cas en plus petite quantité que les années précédentes ». Et ce, malgré un million de visiteurs pour la foire aux santons, le marché de Noël et le village des enfants réunis, selon les chiffres de la mairie. Une fréquentation qui serait légèrement en hausse d’après la municipalité. Pour les commerçants, le ressenti serait plutôt celui d’une fréquentation en légère baisse. Selon Mathias, qui tient un stand de vin chaud et bretzels depuis trois ans, « il y a un peu moins de monde que les années passées, mais ça reste une très bonne saison. Le pic de fréquentation, c’était du 10 au 25 décembre, où il y avait vraiment beaucoup de monde ». Une impression partagée par d’autres exposants.

    Une bonne vitrine

    Malgré cette baisse ressentie, le marché de Noël reste pour certains commerçants une belle occasion de se faire connaître. C’est le cas d’Elsa Blanchard, qui expose avec son association Ravage pour la première fois. Sur son stand : illustrations, photos ou vêtements upcyclés réalisés dans leur atelier situé près de la Plaine. « Pour nous, c’est une réussite, car il y a beaucoup de passage sur le marché, des Marseillais comme des touristes. Cela nous a permis d’augmenter nos ventes, mais surtout de nous faire connaître des Marseillais », sourit-elle.

    La patinoire et la descente de luge, situées à proximité de l’ombrière du Vieux-Port entre le marché et la foire, ont accueilli cette année plus de 48 000 visiteurs. Enfants et adultes ont pu profiter de sensations de glisse gratuites jusqu’à ce dimanche. Une animation qui se tient depuis maintenant trois ans. Les animations organisées ont donc su attirer Marseillais et touristes, mais le froid et le pouvoir d’achat ont peut-être rendu ces derniers un peu plus frileux côté dépenses.

  • Jugé pour viols aggravés après avoir drogué ses proies

    Jugé pour viols aggravés après avoir drogué ses proies

    Un procès hors-norme s’ouvre ce lundi et pour trois semaines devant la cour criminelle départementale des Bouches-du-Rhône. Celui de Cyril Zattara, un homme de 47 ans accusé d’avoir violé sous soumission chimique 14 femmes en se faisant souvent passer auprès d’elles pour un hypnothérapeute. Il répond aussi de l’enregistrement des agressions sexuelles de 19 victimes commis de juillet 2010 à mars 2021, date de son placement en détention provisoire. Par la soumission chimique exercée suivant un mode opératoire habituel, ce dossier fait écho à la retentissante affaire des viols sous soumission chimique subis par Gisèle Pélicot, à Mazan, et qui a valu à 51 violeurs dont son ex-mari d’être condamnés.

    Pour Cyril Zattara, professeur de danse, la procédure débute le 14 juin 2019 quand une jeune femme de 24 ans se présente au commissariat d’Aix-en-Provence et dénonce un viol sous administration d’une substance contre celui qui s’était présenté comme hypnothérapeute. Elle l’avait rencontré en 2018 lors d’une soirée, l’avait revu et avait demandé une séance d’hypnose. Angoissée de conduire depuis un accident, la jeune femme lui a demandé cette séance. Elle se souvenait avoir bu un verre de vin qu’il lui avait servi, avoir été prise de bouffées de chaleur et s’être réveillé dans le brouillard. Elle se rappelait que Cyril Zattara lui avait fait un massage crânien, qu’elle avait vomi dans une bassine bleue. L’ADN de l’accusé était retrouvé sur ses ongles et sa culotte. Une seconde plainte survient en septembre 2020. L’homme était enfin interpellé le 24 mars 2021.

    Il était déjà connu de la police pour harcèlement sexuel et des agressions sexuelles sur majeur en 2003 à Gréasque, empoisonnement à Carry-le-Rouet. La plainte pour viol de sa cousine, en 2001, avait été classée sans suite. « Il a détruit ma vie et si on m’avait cru il n’aurait pas détruit celle d’autres filles », dira-t-elle, choquée que son cas et celui de plusieurs autres femmes soient prescrits.

    « Un dossier d’une violence inouïe »

    L’expertise psychiatrique décrit un accusé à la « personnalité plutôt manipulatrice, de nature probablement perverse et une tendance également à se positionner comme une victime ». Il n’avait en réalité aucun diplôme d’hypnothérapeute pour pratiquer l’hypnose sur des personnes rencontrant de préférence des difficultés personnelles dans le cadre de phobies, de douleurs chroniques, de légère dépression.

    L’accusé a reconnu les avoir droguées, notamment avec du LSD, mais surtout du Zolpidem, un somnifère puissant délivré en sollicitant différents médecins, dont une qui le décrit toujours comme « la personne la plus empathique du monde ». Il profitait des 3 à 10 heures de somnolence pour abuser d’elles, souvent dans la villa de ses parents où il vivait à Aix. Le matériel informatique saisi a révélé qu’il filmait certaines de ses victimes à leur insu avec une caméra de vidéosurveillance placée dans la salle de bain. Une victime dira s’être réveillée vaseuse, nue dans le canapé avec l’accusé, nu également. L’ordonnance de mise en accusation la cite : « Je trouvais aberrant d’avoir pu consentir à coucher avec lui alors que je ne suis pas du tout attirée par lui physiquement et que je suis heureuse en couple. J’étais rongée par la culpabilité ».

    « C’est un dossier d’une violence inouïe », a déclaré Me Marylou Diamantara, qui défend cinq des 19 victimes et qui regarde l’accusé comme « un criminel en série qui, pendant vingt ans, a eu le même mécanisme » et « a gardé des preuves et des trophées de ses crimes ». Elle ajoutait : « Ce n’est pas le violeur que l’on rencontre à la sortie d’une boîte de nuit. Il y a tout un mécanisme préparatoire. Il va se faire prescrire des ordonnances, va obtenir les médicaments, va les avoir avec lui. Et à un moment donné, il a toutes ses proies autour de lui, toutes ses amies dont il prend soin et dont il est confident ».