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  • Face à la menace RN, un appel à l’union de la gauche et des démocrates à Bagnols-sur-Cèze

    Face à la menace RN, un appel à l’union de la gauche et des démocrates à Bagnols-sur-Cèze

    Elle a beau s’être désintéressée* du sort de ses habitants durant tout le mandat qui s’achève, Pascale Bordes fait figure d’épouvantail à Bagnols-sur-Cèze. En 2022, cette avocate d’extrême droite faisait main basse sur la 3e circonscription du Gard. Aux législatives de l’an passé, elle y était encore mieux réélue raflant plus d’un millier de voix supplémentaires. Et voilà que le RN vient de l’investir candidate aux municipales (15-22 mars 2026).

    « Il ne s’agit pas d’agiter une peur, le RN peut gagner la ville », alerte Elian Cellier, le secrétaire de la cellule PCF locale qui (re)lance un grand appel pour « l’union de gauche et de tous les démocrates ». Sans liste de rassemblement, « les candidatures de gauche seraient mort- nées », redoute le socialiste Vincent Poutier qui relaie l’appel de son homologue communiste. Alors que « quand on est unis, on score ! Le NFP l’a prouvé. »

    PCF et PS sur la même longueur d’onde ? Pas si simple. Le travail partenarial n’ayant pas abouti, les socialistes ont désigné leur chef de file (Sylvain Hille) et semblent pencher vers Michel Cegielski, un ancien adjoint du maire macroniste Jean-Yves Chapelet. La position définitive du PS sera donnée en janvier mais V. Poutier concède une « proximité » avec Cegielski. Les communistes, eux, devraient soutenir Philippe Broche. Petit chef d’entreprise dans l’imprimerie, il est connu pour avoir fait ses preuves à la CCI. « On a déjà travaillé avec lui à la réouverture de la ligne de la rive droite du Rhône », insiste Elian Cellier comme gage de confiance. Enfin, sous la bannière « Unitaires 30 », l’élu d’opposition Jérôme Jackel, pro François Ruffin, veut repartir avec une « liste citoyenne ».

    Une ville de 18 000 habitants

    Si l’on ajoute que le maire Jean-Yves Chapelet, bien que décrit par ses opposants comme « affaibli », devrait briguer un nouveau mandat, cela fait beaucoup. Probablement trop dans une ville de 18 000 habitants qui va mal. Après avoir connu son âge d’or grâce à la centrale de Marcoule, Bagnols est une commune « paupérisée, gangrenée par le narcotrafic et le communautarisme », déplore Elian Cellier. Avec l’affaire de l’imam Mahjoubi expulsé ou de la pharmacienne assassinée, le RN pourrait y faire son terreau. D’où l’urgence pour les forces progressistes de prendre leurs responsabilités.

    * En 6 ans, l’élue d’opposition n’a jamais mis un pied au conseil municipal de Bagnols.

  • Hiver comme été, les Suds à Arles frappés par un soleil musical

    Hiver comme été, les Suds à Arles frappés par un soleil musical

    Elle était déjà venue ravir les oreilles des spectateurs arlésiens en 2019 de sa musique tour à tour folk et blues imprégnée de la culture du chant wassoulou. Son nouvel album dans l’escarcelle, dont la sortie est prévue au printemps prochain, la chanteuse malienne Fatoumata Diawara sera de retour au Théâtre antique d’Arles jeudi 16 juillet 2026, ont annoncé les organisateurs des Suds à Arles. Femme courage à la voix puissante engagée dans de nombreux combats, « elle nous revient cet été avec un nouvel opus épuré, aux accents intimistes, livrant avec une belle sincérité ses épreuves de femme, de mère et de fille ». L’un des deux premiers noms dévoilés il y a quelques jours par les organisateurs de ce festival des musiques du monde, dont la 31e édition accueillera également Gaël Faye.

    Se produisant pour sa part au Théâtre antique d’Arles le samedi 18 juillet, cet artiste franco-rwandais viendra à nouveau délivrer un rap sans frontières dont il est coutumier. Un Pili-pili sur un croissant au beurre, imageait sur son premier album, en 2013, ce fruit d’une mère rwandaise et tutsie réfugiée au Burundi, où il est né, et d’un père français. « J’ai été à une école entre un rap qui veut dépeindre les réalités sociales et un rap qui joue avec les mots et la langue française, sans oublier les musiques africaines, la rumba congolaise et la chanson française à texte qui m’ont nourri », a pu expliquer à de nombreuses reprises à La Marseillaise celui qui est également devenu un écrivain à succès. En 2024, il avait été couronné du prix Renaudot pour son deuxième roman Jacaranda.

    Grands et petits poètes

    La déclinaison hivernale du festival, Les Suds en hiver, se déploiera quant à elle du 8 au 15 février 2026, lancée par le chanteur et compositeur Walid Ben Selim qui prêtera « sa voix aux grands poètes soufis Mahmoud Darwich, Rumi, Ibn Arabi, Ahmad Matar ou Nizar Qabbani », au Château de Tarascon – Centre d’art René Anjou, indique un programme qui a pour le moment annoncé quelques autres artistes. Parmi eux, Orange Blossom, groupe qui électrisera les musiques du monde à la salle de l’Étoile de Châteaurenard. Le trio Boucs ! fera quant à lui écouter son rock mêlant des accents anglo-saxons et méditerranéens à la Salle des fêtes d’Arles. De chanson italienne, il sera aussi question à la Salle Mistral de Saint-Martin-de-Crau avec une chorale de 150 enfants et 40 adultes réunis autour d’un répertoire « proposé par la chanteuse et musicienne Maura Guerrera et transmis aux choristes par les chefs de chœur Julien Bellec, Anne-Sophie Chamayou, Anne Cesano-Giordano, Manon Ghobrial et Guylaine Renaud ».

  • [Entretien] Olivier Masini : Dans le Var, « tout le monde peut être Père Noël vert »

    [Entretien] Olivier Masini : Dans le Var, « tout le monde peut être Père Noël vert »

    La Marseillaise : En novembre, vous avez lancé, comme chaque année, la campagne « Père Noël Vert » : expliquez-nous en quoi cela consiste.

    Olivier Masini : Le Père Noël vert, dont on va bientôt fêter les 50 ans, a été mis en place en 1976. Il a pour objectif de donner la main là où le Père Noël rouge ne peut pas passer. Il est vert, car c’est la couleur de l’espoir. La campagne a débuté mi-novembre et se poursuit jusqu’à fin décembre. C’est un moment important, où on a beaucoup d’initiatives réalisées par des partenaires. Des personnes, notamment des salariés d’entreprises, organisent, en lien avec leur direction, des collectes de jouets. Pour certains, c’est la première fois, d’autres le font depuis des années car en général, quand on l’est une fois, on le reste. Tout le monde peut être Père Noël vert. L’important est de porter la solidarité.

    Comment cela s’inscrit-il dans
    le cadre de l’action globale du Secours populaire
     ?

    O.M. : Nous sommes une association généraliste de la solidarité, qui apporte une aide inconditionnelle. Nous voulons permettre à chaque personne en difficulté de remettre le pied à l’étrier, et parfois de retrouver la dignité. A travers nos campagnes, on fait en sorte que les personnes accueillies deviennent aussi actrices de la solidarité. Quand quelqu’un rentre dans un accueil du Secours populaire, personne ne peut dire si les personnes sont des bénévoles ou des personnes accueillies. On crée aussi les conditions pour faire se rencontrer les personnes. On veut montrer que la solidarité est une richesse, d’autant plus dans le contexte d’aujourd’hui.

    Qui sont les partenaires qui vous épaulent sur cette campagne ?

    O.M. : On a des partenariats historiques avec des CSE d’entreprises. J’y suis attaché car cela signifie que le personnel s’attache à l’action solidaire. A ce titre on a, entre autres, des liens de longue date avec le CASI des cheminots du Var et la CMCAS EDF. Ils ont fait leurs arbres de Noël. Grâce à cela, une vingtaine d’enfants ont participé avec les autres enfants du personnel. Ils nous aident aussi sur les autres campagnes de l’année. Mais on a besoin de davantage de CSE, et il suffit d’en parler aux salariés, qui adhèrent en général. On a aussi le monde du sport, avec un partenariat avec le RC Toulon, qui organise un lancé de peluches pour son dernier match de l’année, comme c’était le cas ce dimanche. On a aussi un partenariat avec le Hyères Toulon Var Basket. Vendredi, des enfants du Secours Populaire vont assister au match et rentrer sur le terrain avec les joueurs. C’est bien, car on a l’image d’un fournisseur d’aide alimentaire et vestimentaire. Mais ce qui compte pour nous, c’est l’accès au droit, au sport, à la culture, au loisir, des choses auxquelles on ne pense pas forcément quand on est en grande difficulté. On est aussi soutenu par des associations comme « les Rockeurs ont du cœur ». Les dons sont par ailleurs tracés, car il est normal de rendre compte des actions.

    Combien de personnes vont-elles pouvoir en profiter et que vont-elles recevoir ?

    O.M. : On fait attention, à travers nos partenariats, à s’approvisionner en circuit court, pour avoir des produits de qualité. Il y aura un peu de tout : des colis alimentaires avec du poisson, des friandises, des desserts… Pour les jouets, c’est selon ce qu’on reçoit, en essayant de classer par sexe et âge. On insiste sur les livres, mais les parents peuvent choisir. On ne sait pas encore exactement le nombre de bénéficiaires, mais cela augmente chaque année. Rien qu’à Toulon, au moment de Noël, 500 familles sont suivies. Dans le département, on sera certainement entre 9 500 et 10 000 personnes accueillies. La semaine dernière, ils ont accueilli plus de 100 personnes sur une journée à Toulon, c’est énorme. C’est une réalité sérieuse, il n’y a plus de profil type, et on reçoit autant de jeunes étudiants, bien plus que les autres années, que de retraités.

    Que peut on vous souhaiter pour 2026 ?

    O.M. : Que cette solidarité ne baisse pas. Quelles que soient les difficultés, quand on organise des initiatives et qu’on le fait très largement avec des bénévoles, des personnes accueillies, on se rend compte de l’efficacité de ces projets-là. Il faut qu’ils perdurent et se multiplient. On veut montrer qu’il y a d’autres choix possibles, qu’il n’y a pas de fatalité dans la vie, et qu’on n’est pas isolé quand on vient faire des actions solidaires. La force du collectif permet de faire de grandes choses. Et cela est essentiel dans un contexte où les personnes se renferment sur elles même face aux difficultés. Particulièrement pour les enfants. Notre rôle à ce sujet est important car nous sommes une association d’éducation populaire. On intervient d’ailleurs dans des écoles pour enseigner la solidarité dans le cadre de l’instruction civique. Si on commence à avoir cette vision dés le plus jeune âge, on ne l’oublie pas adulte. Et cette petite lumière vient se rallumer à certains moments de la vie.

  • [Comment préparez-vous les fêtes ?] À Fos-sur-Mer, le coup de pouce d’un chèque municipal

    [Comment préparez-vous les fêtes ?] À Fos-sur-Mer, le coup de pouce d’un chèque municipal

    La mairie n’est pas encore ouverte qu’une file se forme devant ses baies vitrées. À 8h20, le 1er décembre, une trentaine de Fosséennes et de Fosséens patientent déjà dans le vent glacial pour obtenir leurs bons d’achat d’une valeur de 100 euros.

    Lancée en 2014, l’opération « Je défends ma commune, je soutiens mes commerces » est devenue une tradition de fin d’année. Le principe est simple : « Juste avant les fêtes de Noël, on offre un chéquier à chaque foyer de la commune à dépenser en proximité », explique Pascale Brémond, conseillère municipale (SE) déléguée à la dynamisation du commerce et de l’artisanat, soit un budget de près de 650 000 euros pour la Ville. « À ce jour, on a 87 commerces partenaires, ça va de la grande surface à l’offre de service », précise Magali Laurent, cheffe de service en charge du dispositif.

    Bénéfique pour l’économie locale, ce dispositif est aussi, et avant tout, pensé comme un coup de pouce aux habitants, alors que le pouvoir d’achat des Français est en berne. « C’est une priorité pour nous, affirme Pascale Brémond. Tout le monde n’a pas de 13e mois ni de prime de fin d’année, or on sait que c’est une période où on dépense beaucoup. »

    Une aide pour la vie quotidienne

    Assise sur un siège en attendant son tour, une main sur la poussette de son enfant qu’elle est en train de bercer, Malvina, 26 ans, ne se servira pas de ces 100 euros pour acheter des cadeaux. Elle a anticipé tout au long de l’année pour ne pas avoir de trou dans la trésorerie. En revanche, « ces sous m’aident pour le repas de Noël, ça me permet d’aller en boucherie acheter des produits de bonne qualité pour faire plaisir à ma famille que je reçois. Ça fait vraiment la différence par les temps qui courent, où la viande est devenue chère ». Une tendance qui n’est pas isolée. En lien avec les commerces partenaires, Magali Laurent confirme : « Les bénéficiaires se servent de ces sous plus pour la vie quotidienne que pour acheter des cadeaux. »

    Stéphanie, arrivée à Fos-sur-Mer des Alpes-de-Haute-Provence en 2023, compte aussi utiliser ces bons d’achat « pour les courses de Noël » ce mois-ci, en sachant très bien qu’elle peut les dépenser dans les commerces jusqu’au 31 mai 2026. Décembre a beau être synonyme de chaleur humaine et de retrouvailles en famille, c’est bien souvent un mois compliqué. « Pour les personnes qui ont un budget serré, comme moi, c’est un bon coup de pouce », confie cette célibataire maman de trois enfants. « Toutes les villes ne mettent pas en place ce dispositif, loin de là, et franchement on a de la chance », salue-t-elle.

    Jusqu’en 2022, Joëlle n’allait pas chercher son chèque. « Je n’en avais pas forcément besoin, je n’y pensais pas », explique-t-elle sans rentrer dans les détails. Désormais, « les choses ont changé » et cette aide est « vraiment la bienvenue » pour limiter les dépenses.

  • Grand Avignon : un appel à projet pour devenir une des capitales de l’animation

    Grand Avignon : un appel à projet pour devenir une des capitales de l’animation

    L’odeur de peinture fraîche dénote de l’impression d’aisance que dégagent les employés des studios d’animation installés depuis seulement quelques mois dans les locaux de la tout juste nommée Grand Avignon Animation, hôtel d’entreprises des industries créatives qui a ouvert ses portes en début d’année. Un secteur qui a le vent en poupe en Cité des Papes et que l’intercommunalité souhaite pérenniser et développer encore plus avec la candidature à l’appel à projet de l’État « Pôles territoriaux d’industries culturelles et créatives ».

    Un projet monté avec d’autres acteurs locaux pour « inscrire Avignon sur la carte nationale de manière plus globale », explique Antoine Kerrand, directeur général adjoint du Grand Avignon, en charge de l’aménagement et du développement. Et plus concrètement de créer plusieurs parcours et projets. À commencer par la création « d’un compagnonnage complet et innovant » en intégrant une option animation dès le lycée par exemple. Mais aussi d’un nouvel espace dédié aux entreprises avec un studio équipé et mutualisé, avec des salles de formation. Ainsi qu’un développement du festival dédié à l’animation « Loop », dont la première édition s’est tenue début octobre en Cité des Papes. Et enfin d’un « Campus de l’innovation » intégré à la Villa Créative. « Un portail des dispositifs de soutien à l’innovation, une cellule de détection et d’accompagnement des projets innovants, et une animation et médiation scientifique et culturelle », précise l’intercommunalité.

    Déposé en octobre, une réponse est espérée courant 2026. Mais le moins qu’on puisse dire, c’est que ce projet est attendu. Comme pour Laurent Lombard, de l’Université d’Avignon, qui veut « créer de l’osmose dans un contexte morose » avec ce « projet visionnaire pour le territoire et la jeunesse ».

    Installation réussie

    Mais pour ce qui est d’ores et déjà en cours, à savoir l’hôtel de studios d’animation, l’installation se passe bien au vu du fourmillement ambiant. Même si « les choses sont encore balbutiantes », confie Mathieu Morfin, fondateur de Chromatik Studio, l’un des premiers à s’être installé sur le site. Et ce notamment en raison « d’une crise du film d’animation », estimant même que le secteur « est actuellement au fond du gouffre », mais qu’on ne peut en conséquence qu’avoir des perspectives d’évolutions positives dans les mois à venir.

    Un rebond attendu par les acteurs économiques avignonnais. Cathy Fermanian, directrice générale de Vaucluse Provence Attractivité, tout juste sortie des studios Chromatik, se réjouit d’un aboutissement après « un travail de fond de plusieurs années ». Ou encore Joël Guin, président (SE) du Grand Avignon, qui estime que la Cité des Papes est « sur la bonne voie » pour se hisser « au premier rang de l’animation en France ».

  • La Ville d’Aix-en-Provence va finalement devoir accueillir le projet immobilier Géophoros

    La Ville d’Aix-en-Provence va finalement devoir accueillir le projet immobilier Géophoros

    Le 12 novembre dernier, le tribunal administratif examinait un litige opposant la Ville au Préfet autour d’un projet immobilier, porté par la société Geophoros. La municipalité avait refusé de lui délivrer le permis de construire, une décision contestée par la Préfecture, qui demandait au juge de condamner la Ville à l’accorder. Le 4 décembre dernier, le tribunal administratif a donc donné raison à la Préfecture et décide qu’il est « enjoint au maire d’Aix-en-Provence de délivrer à la société Geophoros Aix Saint-Jérôme l’autorisation d’urbanisme sollicitée dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement » en annulant l’arrêté du 24 avril 2024, portant refus du permis de construire.

    Pour mémoire, le chantier porté par la société Géophoros, filiale du groupe Bouygues Immobilier, doit s’implanter sur l’ancien site d’Enedis le long de l’avenue Saint-Jérôme. La municipalité estimait notamment que le projet immobilier réparti en deux bâtiments R+4 de 168 logements
    – dont une quarantaine de logements locatifs sociaux – ne s’intégrait pas dans le paysage urbain, risquant ainsi de dénaturer le paysage urbain. Le tribunal a estimé que « le projet s’insère dans un quartier périphérique urbain, la parcelle d’assiette étant entourée de plusieurs immeubles modernes en R+4 ainsi que de quelques habitations individuelles », allant ainsi dans le sens des conclusions du rapporteur public. Sollicitée, la Ville n’a pas dit si elle faisait appel de la décision. E.B.-G.

  • L’église Saint-Martin d’Arenc : un scénario à l’horizon 2033

    L’église Saint-Martin d’Arenc : un scénario à l’horizon 2033

    « C’est encore lent et encore long mais de l’argent public est mis sur la table pour que ce quartier un peu endormi vive. C’est vrai qu’il faudra encore trouver un porteur de projet » a reconnu la conseillère métropolitaine Solange Biaggi (LR), vendredi, lors de la réunion publique présentant les jalons d’une renaissance de l’église Saint-Martin d’Arenc en péril rachetée en 2018 au diocèse.

    « Le Département a pris l’engagement de réhabiliter ce bâtiment, de conforter sa structure et ses fondations avec des micropieux. En parallèle des marchés de travaux, on lancera un appel à manifestation d’intérêt avec un cahier des charges qui aura été écrit en fonction de ce que vous, riverains, CIQ, élus, Euromed et le Département, souhaitez pour ce bâtiment et son jardin » a ajouté la conseillère départementale déléguée à l’aménagement du territoire, aux équipements structurants, Laure-Agnès Caradec (LR) qui évalue à 10 millions d’euros la seule phase de confortement.

    Les études des besoins pilotées par PR’Optim, l’agence de programmation architecturale et urbaine, convergent pour un aménagement de l’église en 4 unités fonctionnelles, une visibilité de la nef jusqu’au chœur. La concertation est unanime « pour conserver ce patrimoine, en faire un lieu fédérateur, une forme de cœur de village avec une mixité d’usages ». Une fois l’édifice consolidé, ce ne sera pas un équipement public. Il s’agit après validation de créer un lieu ouvert 7 jours sur 7, sur le quartier valorisant le jardin, confié à un gestionnaire privé avec plusieurs exploitants.

    Le calendrier prévisionnel livre les jalons d’une opération de longue haleine : lancement en 2026 d’un marché de maîtrise d’œuvre pour des travaux de confortement et sur le clos et couvert en 2028 et 2029, une longue phase d’observations de la stabilité de l’ouvrage et de son clocher avant le choix, en 2030, d’un porteur privé. Un marché de restauration finale serait alors lancé en 2031 pour une livraison en 2033. On l’a compris, l’impatience n’est pas permise.

  • Les enfants de Saint-Jean et les rafles oubliées à Berlin

    Les enfants de Saint-Jean et les rafles oubliées à Berlin

    Ils ont pris l’avion dimanche en direction de Berlin pour un rendez-vous qui fera date. Ce lundi une délégation du « Collectif Saint-Jean 24 janvier 1943 » est l’invitée de l’ambassade de France, pour une table ronde intitulée : « Marseille 1943, les rafles oubliées ».

    Face à eux, un auditoire constitué de quelque 120 élèves allemands qui viendront écouter leur histoire d’enfant et celle de leurs familles qui, entre le 22 et le 24 janvier 1943, comptèrent parmi les 20 000 Marseillais raflés, internés au camp de Fréjus puis déportés par centaines dans les camps nazis parce qu’ils étaient juifs, résistants ou habitants d’un lieu jugé « criminogène ».

    « C’est Marseille qui est mise à l’honneur. Se retrouver 80 ans plus tard à l’ambassade de France en Allemagne pour témoigner comme survivant, est un symbole pour les enfants du quartier Saint-Jean », explique l’avocat Pascal Luongo, porte-parole du collectif. « Que les anciens qui sont les enfants d’hier, viennent raconter à ceux d’aujourd’hui, en Allemagne, dans une transmission directe, cette histoire restée longtemps effacée des mémoires, c’est très fort. »

    à ses côtés, ils seront quatre témoins : Antoine Mignemi, président du collectif qui milite pour faire reconnaître les rafles de Marseille et la destruction des quartiers du Vieux-Port comme crime contre l’humanité, Suzanne Fritz, Gérard Agresti dont le père a été déporté à Sachsenhausen d’où il a pu revenir et témoigner, et Claude Arovas dont la famille a été déportée et exterminée à Sobibor.

    Les héritiers retapent

    à la porte du pouvoir

    L’invitation a été lancée par la Commission pour la restitution des biens et l’indemnisation des victimes de spoliations antisémites dont une antenne est rattachée à l’ambassade. Le contact s’est noué en 2024 à Berlin où Pascal Luongo était invité par le Mémorial des juifs assassinés d’Europe, pour l’exposition « Les Indésirables » dans laquelle les rafles de 1943 étaient traitées.

    « Les Allemands travaillent la question de cette catégorie de déportés dans les camps qui n’a pas été jusqu’ici l’objet de nombreux travaux. Ils avaient appris notre existence lors du procès du nazi Schütz, gardien du camp de Sachsenhausen, deux ans auparavant », raconte Me Luongo.

    Cette table ronde sur les rafles oubliées à Marseille sera le point d’orgues du cycle mémoriel des 80 ans de la libération des camps nazis qui a marqué l’année 2025 en Allemagne. Un nouveau cycle s’ouvrira en 2026. Et Marseille y trouvera encore sa place, puisque l’expo « Marseille se souvient » présentée sur le Vieux-Port en 2023, sera montée à Hambourg dans le cadre du jumelage entre les deux villes.

    « Ce symbole très fort d’union des mémoires de nos deux pays, prend tout son sens dans un moment particulièrement troublé où les héritiers de ce qui s’est passé à Marseille, l’extrême droite nazie et l’extrême droite française de Vichy, retapent à la porte du pouvoir », insiste Pascal Luongo. « Ce temps très républicain est aussi important dans notre combat pour la reconnaissance des crimes contre l’humanité commis à Marseille ». La procédure est d’ailleurs observée de près outre-Rhin, et l’enquête du parquet national ouverte en 2019 est sur le point d’aboutir selon l’avocat marseillais qui a bon espoir pour 2026.

    En attendant, le collectif poursuit à Marseille ses conférences auprès des lycéens, collégiens et écoliers, avec la volonté que la Ville inscrive cette mémoire dans l’espace public à travers des lieux de commémoration. « Le quartier Saint-Jean disparu, la gare d’Arenc… Il y a un besoin de faire vivre cette mémoire. On a reçu des signaux très positifs de la municipalité sur un changement de nom de place, un travail sur des lieux de commémoration. Tout le monde doit jouer le jeu. On construit patiemment mais vaillamment », reprend l’avocat qui espère s’appuyer sur ce qui est fait avec les Allemands pour faire avancer les choses.

    La commémoration du 83e anniversaire de ces rafles aura lieu le 24 janvier, une semaine avant les « officielles ». En février, un moment autour de la paix est prévu par le collectif avec la communauté de Sant’Egidio, un mouvement d’éducation populaire italien.

  • À la Métropole, une valse à deux temps pour les transports

    À la Métropole, une valse à deux temps pour les transports

    L’avenir de la RTM se décide ce lundi en conseil métropolitain. Du moins pour les huit prochaines années, à travers le nouveau contrat d’obligations de service public dévoilé dans nos colonnes, qui vise à exposer la régie « aux aléas du marché » par un système de bonus-malus. Avec l’exigence de réaliser 25 millions d’euros de recettes supplémentaires dès 2026 (notre édition du 10/12). D’ores et déjà, la CGT de la RTM a interpellé les élus métropolitains, pour leur demander de s’opposer à ce contrat qui « derrière un discours de modernisation, impose en réalité des restrictions budgétaires qui fragilisent le service public ».

    Alors que la municipalité marseillaise monte elle aussi au créneau, la Métropole est finalement sortie du bois à travers un long communiqué qui s’en prend à « la campagne de désinformation menée par certains agitateurs mal intentionnés » en promettant ne pas vouloir privatiser la régie. « La RTM est recentrée sur son cœur de métier : l’exploitation, la qualité de service et la satisfaction des voyageurs », défend-elle en mettant en avant les 1,2 milliard d’investissements qui seront désormais portés par l’intercommunalité sur la période 2026-2033, notamment dans le cadre du plan Marseille en grand. Et de cantonner la concertation des usagers à l’évolution de l’offre « mais non sur les relations contractuelles, qui ne peuvent être rendues publiques ».

    Régie de fret ferroviaire

    Mais de nouvelles missions pourraient être confiées à la régie. Une délibération présentée à l’hémicycle ce lundi met aussi à l’ordre du jour les premiers pas vers la création d’un service de proximité de fret ferroviaire. Une première étude technique et commerciale avait été réalisée en décembre 2019, puis une seconde lancée fin 2023. Désormais, trois corridors sont identifiés, entre Fos et Gardanne, Miramas et Marseille ainsi que Fos et Marseille. « Il y a lieu d’engager la phase de création du service pour une opérationnalité à court terme », indique la délibération, qui en confie l’exploitation à la RTM. Alors que les études pour les deux dernières liaisons doivent être finalisées d’ici la fin de l’année, l’hémicycle devra valider après les municipales leur lancement officiel.

    Enfin, après le conseil régional et la commission permanente du conseil départemental, c’est au tour de la Métropole d’approuver le projet partenarial d’aménagement pour la réindustrialisation du golfe de Fos. Avec une déclinaison concrète, l’approbation des financements pour les études préalables de la liaison Fos-Salon, et ses premiers travaux d’aménagement pour 22,5 millions d’euros, dont 16% pour la Métropole.

  • [Entretien] Jean-Marc Coppola : « Une grève qui portait des choix de société »

    [Entretien] Jean-Marc Coppola : « Une grève qui portait des choix de société »

    La Marseillaise : Vous étiez au cœur de l’action lors des grèves de 1995, quel était le contexte et quels souvenirs en gardez-vous ?

    Jean-Marc Coppola : J’étais secrétaire des cheminots CGT au niveau régional, donc je coordonnais les 30 et quelques syndicats qu’il y a sur la région. Et depuis le congrès de 1993 à Tours, j’avais des responsabilités au bureau fédéral. Au moment de l’annonce de Juppé, le 15 novembre 1995 à l’Assemblée nationale, on était au premier jour d’un conseil national des cheminots CGT. Et comme j’avais en charge de la protection sociale pour la fédération, donc le régime spécial, j’étais directement concerné par la réforme. Au deuxième jour du conseil national, on propose une déclaration de la fédération CGT des cheminots. C’est là qu’on a appelé à la grève, pour le 24. 1995, c’est avant tout le résultat d’un fort mécontentement sur la situation sociale. Ce n’est pas un coup de tonnerre dans un ciel serein : il y avait eu de nombreuses grèves tout au long de l’année, sur l’emploi, les salaires, les conditions de travail… La grève est partie chez les cheminots, de manière très forte, déterminée et unitaire, pour deux raisons principales. La première, sur la remise en cause du régime spécial de protection sociale, le régime spécial des cheminots. Et deux, contre le contrat de plan état-SNCF qui visait au démantèlement du réseau ferroviaire. Plus globalement, il y avait un contexte politique ambivalent : avec l’élection de Chirac en mai sur la « fracture sociale » d’un côté, et de l’autre Juppé qui annonce ces attaques contre les retraites et l’instauration d’un régime universel d’assurance maladie.

    Comment expliquez-vous l’ampleur des grèves à l’époque ?

    J-M.C : La clé de l’efficacité de ce mouvement tient en trois éléments. Un, la démocratie : parce qu’on l’a lancée, en connaissant l’état d’esprit des cheminots. Deux, l’unité d’action. Et trois, une convergence avec les usagers et à un niveau interprofessionnel. On était quasiment dix ans après la grève de l’hiver 86-87. Et on en avait tiré des enseignements. Pour qu’une grève soit populaire, il faut qu’elle soit portée aussi par les usagers, la population. Pendant dix ans, on avait travaillé ces liens pour expliquer que lorsque les cheminots revendiquaient un meilleur service public, c’était bien aussi pour les usagers. C’est pour cela que certains parlaient de grève par procuration, mais c’était en fait une convergence. Et le 24 novembre, la grève commence et à Marseille, on a une manifestation de 50 000 travailleurs, chômeurs, retraités, étudiants, sur le slogan « Tous ensemble ». Et je me souviens qu’au bout de trois semaines, on était à 120 000. On était loin d’une grève corporatiste puisqu’elle portait des choix de société, entre la solidarité et l’individualisme.

    Il y a des comparaisons avec le mouvement contre la réforme des retraites en 2023, qu’est ce qui a changé depuis ?

    J-M.C : Depuis, on fait face à un pouvoir qui est très autoritaire. On a une maturité dans le mouvement syndical, avec cette volonté d’unité sur des revendications justes de haut niveau. Mais en même temps, on est dans un contexte où le monde du travail est fragmenté, comme la société d’ailleurs. Il y a de plus en plus de petites et moyennes entreprises, un développement de la sous-traitance, de la précarité, ce qui rend plus compliqués les mobilisations et les actions. La SNCF est très bon exemple de ça : ils ont appliqué le « diviser pour mieux régner ». Ce qui fait la force des chemins de fer, c’est son unité. En les fragmentant, on fragilise le service public et on le rend moins performant. Et en fragmentant, on rend plus compliqué les mobilisations, la convergence. Et ça a été fait dans chaque branche d’activité, télécommunication, énergie, etc… Autant de points qui ont pourtant fait la force de notre pays, des piliers qui ont été créés au lendemain de la guerre avec le Conseil national de la Résistance. Et en 30 ans, il y a eu une grosse financiarisation de l’économie aussi, une mondialisation des pouvoirs économiques. Reste qu’en matière de mobilisation, la comparaison entre 1995 et 2023 est loin d’être excessive, au contraire. Le problème, c’est qu’on a certainement, dans le prolongement du mouvement social et syndical, des leçons à tirer sur l’engagement politique. Quelques années après 95, on avait un nouveau mandat de Chirac et Le Pen au second tour… Il faut qu’on ait, au niveau politique, une gauche qui soit à la hauteur de ces défis.