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  • Martine Vassal veut rassurer la communauté juive

    Martine Vassal veut rassurer la communauté juive

    Elle l’avait annoncé en conseil métropolitain lors de l’hommage aux victimes de la fusillade de Bondi à Sydney. Martine Vassal, la présidente (DVD) de la Métropole et du Département, a présenté mercredi une série de mesures programmatiques pour lutter contre l’antisémitisme. « Au moment où la communauté juive subit des attaques aux quatre coins du monde », la candidate à la mairie de Marseille estime que cette lutte doit être « une cause majeure pour une municipalité ».

    Référents, charte et tolérance zéro

    Annonçant qu’elle prendra la présidence de Marseille espérance si elle est élue, Martine Vassal promet de mettre tout en œuvre pour y faire revenir le grand rabbin de Marseille qui a quitté cette association créée en 1990 pour œuvrer au dialogue interreligieux, depuis l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023.

    Le plan d’action en lui-même se décline en quatre volets : éducatif, administratif, sécuritaire et culturel. Pour les élèves du primaire, elle propose des partenariats avec des associations, des visites du Camp des Milles et la mise en place de « référents antisémitisme ». Le référent laïcité n’a qu’à bien se tenir.

    Elle plaide aussi pour une « administration exemplaire » en proposant une sanction immédiate pour tous propos et soutiens à des actes terroristes, et le contrôle stricte des subventions. Martine Vassal met aussi sur la table la signature par chaque agent et élu municipal d’une charte contre l’antisémitisme. Et qu’importe si pour l’heure un tel document n’existe pas dans la collectivité départementale qu’elle préside.

    Côté sécurité, c’est « tolérance zéro » contre les « tagueurs antisémites » avec des travaux d’intérêt général pour leur apprendre l’histoire de la Shoah, et le renforcement des contrôles et de la police autour des écoles. Rayon culture, elle veut redonner un élan au Mémorial de la déportation, « délaissé par l’équipe municipale actuelle », pour en faire un lieu qui vive et fasse vivre la mémoire, et lancer un grand cycle culturel festif israélite, dans le cadre du jumelage avec Haïfa.

    « Il faut que la communauté juive retrouve sa place dans la 2e ville de France », martèle Martine Vassal. « Ce plan a un sens politique », glisse le macroniste Romain Simmarano arguant que le Printemps marseillais n’a pas acté qu’il ne ferait pas d’alliance avec LFI au 2e tour des municipales. Pour la droite locale, surtout, il a d’autant plus de sens que le vote RN n’a jamais autant séduit la communauté juive.

  • Une nuit au plus près des démunis et sans-abri

    Une nuit au plus près des démunis et sans-abri

    C’est tout sauf une opération de communication ! » Au sein de La Grande Maison dans le 3e arrondissement de Marseille, un centre d’hébergement d’urgence géré par le CCAS (centre communal d’action social) et plusieurs associations, la Ville et l’État ont présenté les grandes lignes de la prochaine nuit de la solidarité. Cet événement, qui rassemble 1 000 bénévoles, a pour objectif de « mesurer les besoins des personnes sans-abri à un instant T » et se tiendra le 22 janvier prochain, de 17h à 23h. « À travers un questionnaire anonyme, on essaie d’identifier les urgences auxquelles ils et elles sont confrontés », rappelle Audrey Garino (PCF), adjointe au maire de Marseille, en charge des affaires sociales et de la solidarité. « Ces données permettent de qualifier les urgences sur notre territoire. Et de pouvoir déployer des dispositifs pour y répondre », développe l’adjointe communiste. L’opération est d’ampleur : « Elle agrège un très large réseau d’acteurs de la solidarité », avec une dizaine d’associations parties prenantes. Le tout, dans un cadre national puisque se déroulant sur plusieurs communes simultanément.

    Une dimension scientifique et humaine

    Mais forcément, elle a une résonance particulière dans la cité phocéenne. « Notre ville souffre d’un taux de pauvreté conséquent, plus que la moyenne nationale. Ce taux ne fait qu’augmenter et tous les chiffres locaux en attestent », déplore Audrey Garino. « On n’a jamais eu autant de places d’hébergement mais il n’y a jamais eu autant de personnes dans la rue », abonde Léopold Carbonnel, directeur adjoint de la Direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités (DDETS).

    Ce dernier pointe l’importance d’un tel événement : « Il y a aussi une dimension scientifique car nous sommes sur des phénomènes qui ne sont pas simples à mesurer. La grande précarité est souvent invisible et il y a un vrai enjeu à mieux l’appréhender. » Pour cette 5e édition, l’opération a évolué : Elle prendra la forme de maraudes dans certains arrondissements. La Ville prévoit aussi la distribution de produits pour lutter contre le froid grâce à une grande collecte menée depuis plusieurs semaines. Et des formations sont prévues pour les bénévoles qui participeront à l’opération, délivrées par l’association La Cloche. « Plus de 700 et 800 Marseillais ont été formés sur les premières éditions à l’aller vers, c’est-à-dire la déconstruction des clichés », explique Pauline Deluca, responsable de l’association. Elle insiste sur ce volet humain « pour mieux comprendre la grande exclusion ». D’où un site internet* pour les inscriptions des volontaires. « Il y a besoin de bénévoles, sans eux cette opération n’est pas réalisable », martèle Audrey Garino. Avant de rappeler que cette nuit est « un point d’appui indispensable pour engager des politiques publiques ».

    *nuit-solidarite.marseille.fr

    « Un point d’appui indispensable pour engager des politiques »

  • Mobilisés devant Bois Fleuri, ils obtiennent une audience

    Mobilisés devant Bois Fleuri, ils obtiennent une audience

    Le constat était alarmant. Des faits graves mettaient les enfants en danger. Je suis ici depuis un mois dans un esprit de dialogue, je vérifie le nombre de personnels, le niveau des diplômes et le respect des conditions de travail », s’est adressé Philippe Houbart, administrateur mandaté par le Conseil départemental 13, au comité de soutien. Et de préciser : « C’est une suspension d’un mois, renouvelable, non une fermeture. ».

    « Que vont devenir les jeunes et les salariés ? », a interrogé Bernard Cresta, délégué syndical central des établissements médico-sociaux. Le président de l’association Bois Fleuri, qui l’accompagnait, s’est simplement rangé « du côté de l’administrateur », regrettant une mobilisation, le jour du Noël des enfants. Mais si l’heure est à la réflexion pour l’institution, elle est à l’urgence pour les jeunes, car les appartements doivent être libérés le 22 décembre. « Nous ne sommes pas manipulés, nous sommes adultes, nous avons juste demandé un soutien. Et des réponses claires car on y a droit », a clarifié Shayma. « Soyons réalistes, c’est pour un mois ou pour toujours ? » a insisté Mascillia. Également déterminée, Abygaël a souligné : « Ma colloc et moi, on n’a toujours aucune solution, c’est lundi le 22 ! »

    Faire remonter

    les demandes

    « Le problème de la Mecs a été signalé il y a déjà des mois… » reproche encore une éducatrice. « C’est bien plus qu’une histoire de logement. Vous réalisez ça ? », embraye un autre salarié. « On a pas reçu les 400 euros de budget du mois. On va le toucher ? », s’inquiète encore Shayma. Les nouvelles structures d’accueil prendront le relais. Sur les 26 jeunes et enfants placés concernés par la fermeture provisoire des deux unités, « il ne reste que six cas à régler », a indiqué Philippe Houbart. « On vous le dit, on ne bougera pas si les solutions sont intenables », ont assuré les jeunes. Devant leur ténacité, avant de repartir partager « les crêpes avec les enfants », l’administrateur n’a pu que convenir : « Je vais faire remonter vos questions. Voir s’il est possible de garder ouverts les appartements… » Les lignes semblent bouger et les lettres et les appels à l’aide ont commencé à porter leurs fruits. « On a rendez-vous vendredi au Département », confiait Shayma.

    Pour leur part, l’adjointe au maire en charge de la place de l’enfant dans la ville, Sophie Guerard et Christophe Hugon, conseiller municipal délégué au numérique, venu sur le rassemblement, déclarent qu’« il est urgent de suspendre cette suspension et de trouver une solution plus humaine ».

  • La CGT, qualifiée de « mafia des dockers », porte plainte

    La CGT, qualifiée de « mafia des dockers », porte plainte

    Dans un communiqué commun diffusé ce mercredi, la CGT des dockers et portuaires de Fos, les dockers CGT de Marseille, le syndicat CGT du Grand Port maritime et de Fluxel, ainsi que la fédération nationale CGT des ports et dock, ont annoncé qu’ils allaient déposer plainte suite à des « propos mensongers et insultants », tenus par le chroniqueur de l’émission « Les Grandes Gueules », Jean-Loup Bonnamy, sur les ondes de RMC ce mardi.

    « Les dockers de la CGT ont complètement détruit l’activité du port de Marseille, les bateaux préfèrent aller à Gênes, où c’est bien tenu, plutôt qu’à Marseille, où c’est complètement tenu par la mafia des dockers. Ils jouent un rôle dans le narcotrafic », osait le normalien, dans la foulée d’une visite à Marseille sans annonces concrètes d’Emmanuel Macron.

    « Les ouvriers dockers et travailleurs portuaires sont les premières victimes de ce narcotrafic et nos camarades du Havre en ont payé un lourd tribu avec l’assassinat d’un des leurs », rappellent les organisations syndicales, cinq ans après l’assassinat d’un docker CGT par des trafiquants dans le port normand. « Comment peut-on affirmer que les marchés sont détournés vers Gênes, “mieux organisé”, alors que la réalité est très différente avec une précarisation des emplois et des problématiques justement d’organisation qui amènent régulièrement à des tensions sociales en Italie ? », interpellent aussi les signataires du communiqué, soulignant que, au contraire, les propositions formulées par leurs organisations « ont été partagées par de nombreux acteurs économiques et politiques et plus particulièrement du port de Marseille – Fos ».

    « Ce genre de dénigrement nous conforte dans nos valeurs d’unité, de solidarité et de lutte des classes pour améliorer nos acquis sociaux, nos emplois et développer nos activités de nos ports », écrivent-ils. Des actions sont envisagées pour obtenir des excuses du chroniqueur, mais aussi de la chaîne et de ses propriétaires, la CMA CGM.

    De son côté, le sénateur PCF Jérémy Bacchi a aussi apporté une condamnation immédiate des propos. « Laisser entendre qu’ils seraient complices est grave, faux et irresponsable », appuie-t-il, rappelant qu’ils sont « des travailleurs essentiels qui défendent leurs droits et un outil stratégique pour le pays ».

  • Municipales : les écolos de Vitrolles en soutien de Loïc Gachon

    Municipales : les écolos de Vitrolles en soutien de Loïc Gachon

    Le maire de Vitrolles Loïc Gachon (PS) a le soutien des Écologistes. Réunis en assemblée générale stratégique, les adhérents ont acté leur appui à la future candidature de l’édile.

    « Aujourd’hui, on ne peut que saluer toutes les positions prises par la Ville sur les sujets écologiques », affirme Frédéric Izacard, représentant du groupe local de Vitrolles, Rognac et Cabriès depuis 2024. Parmi les projets plébiscités : la communauté d’énergie citoyenne, qui permet aux particuliers de s’associer à la municipalité pour produire et consommer une électricité locale, d’origine renouvelable, en installant des panneaux solaires sur les bâtiments, le renouvellement du chauffage du centre urbain par des systèmes décarbonés ou encore le plan d’alimentation territorial. « Ce ne sont pas des positions programmatiques, ce sont des choses qui sont lancées, qui sont déjà en cours », constate Frédéric Izacard.

    Rassembler la gauche

    Avec ce soutien, le groupe local s’inscrit dans la ligne nationale des Écologistes. « On est souverain, on n’a pas de consigne mais les grandes orientations privilégient les rassemblements de gauche, ce qui explique le choix fait sur Vitrolles », explique le représentant.

    Loïc Gachon affrontera Damien Bravi, directeur de cabinet du maire de Rognac Christophe Gonzalez, investi par le Rassemblement national. Le groupe local des Écologistes dit ne pas avoir de « peur particulière par rapport à cette candidature-là », bien qu’elle soit « agressive et professionnelle », le délégué général du label d’extrême droite « La Provence qu’on aime » étant expérimenté. « La menace du RN est un sujet d’actualité puisqu’on a une dynamique assez forte au niveau national, on la suit avec beaucoup d’attention, mais Vitrolles fait partie des villes qui ont connu l’extrême droite et, aujourd’hui, la politique locale contribue à éviter ce risque, analyse Frédéric Izacard. Le travail de fond est fait. »

  • Remises de diplômes sur le stade nautique Florence Artaud

    Remises de diplômes sur le stade nautique Florence Artaud

    La formation Premiers Secours Citoyens ou PSC est une formation qui aide à avoir les bons réflexes pour les incidents les plus communs : malaise, brûlure, étouffement…

  • Ces jeunes placés veulent sortir du chaos

    Ces jeunes placés veulent sortir du chaos

    Je refuse de ne pas avoir le droit à la parole, je refuse de ne pas avoir le choix. » Blessée tout autant que déterminée, Kheira, 19 ans, fait irruption dans le salon d’un des 13 appartements du service autonomie que la Maison d’enfants à caractère social Bois Fleuri qui doit fermer. Dans le décor sobre du T2, où les jeunes ont décidé de se réunir, des bouteilles de soda et des petits fours ont été disposés sur la table. Mais l’heure n’est pas à la fête. « On cherche une stratégie parce qu’on ne veut pas être foutus dehors, mais on est coincés, explique Pierre, qui va tout juste sur ses 18 ans, ils ne prennent pas en compte notre situation, ceux qui décident ça. »

    Il existait bien des signes avant-coureurs. « On savait qu’il y avait des problèmes d’argent. Certains ne recevaient plus rien pour acheter à manger, mais cette décision, c’est vraiment brutal. C’est pas normal que ce soit encore nous qui trinquons. On n’a rien fait », continue-t-il. Tous craignent que la fermeture temporaire cache une fermeture définitive. « Il y a quelque chose qui cloche, n’en démord pas Mascillia, pourquoi on doit déménager si la fermeture c’est pour un mois ? Et quand je demande au chef de service si on revient après, il dit que non, il ne croit pas. » Aux griefs de dysfonctionnements et de gestion calamiteuse de l’association, il faut ajouter un gouffre financier, creusé au fil des années (lire les précisions du Département ci-contre).

    Une rupture de trop

    « La seule certitude qu’on a, c’est qu’on sera virés le 22 », résume un jeune de 19 ans, sans emploi. Il a été le premier à être informé par un coup de fil le 11 au matin. « Pour me demander de préparer mes affaires, parce que le 22 je devais me trouver une porte de sortie. J’ai paniqué. J’ai appelé les éducs mais ils n’étaient pas encore au courant. » Alors qu’il est scolarisé sur le secteur Canebière, il apprend, le 15 décembre, qu’il sera « finalement replacé dans un foyer de jeunes travailleurs vers Vitrolles. Comment je fais ? »

    Mais ce même 11 décembre, ils sont tous convoqués à une réunion d’information en fin de journée. « Nous, les cinq mineurs non accompagnés, on a été pris à part par le nouveau responsable. On va en foyer à la Blancarde », explique Said, un peu abattu. Marie-Louise avoue sa colère : « Si je refuse, le contrat jeune majeur saute. Je me suis sentie menacée et j’ai pleuré pendant le rendez-vous. Parce que j’avais noué des amitiés ici, avec ce groupe. »

    Depuis l’annonce, « c’est le ballet des inspecteurs et des inspectrices. La mienne est en maladie. Je n’ai personne à qui parler », regrette Shayma, qui comme Yasmine et Jenna, n’a toujours pas obtenu l’ouverture de son contrat jeune majeur. « Avant d’être là, j’étais ballottée de foyers en hôtel. Mais on ne peut pas cuisiner et le peu d’argent qu’on arrive à mettre de côté sert à payer la bouffe », déplore la toute jeune femme, qui n’aura eu droit qu’à une courte parenthèse d’apaisement dans son parcours semé d’embûches et de violences. « J’ai emménagé le 20 novembre. Je commençais à me sentir mieux, à bien dormir, j’étais moins troublée. Mais depuis jeudi, l’angoisse reviens, je ne dors plus », assure-t-elle.

    Mascillia et Kheira sont sorties sur le balcon, pour souffler un peu. Les jeunes filles passent d’une émotion à l’autre. « C’est la 5e fois que je me fais jeter, craque Kheira, je suis passée de famille d’accueil en foyers, j’ai été battue et remise à la rue. Pour la première fois de ma vie, je commençais à être heureuse, à trouver une certaine stabilité, je reprenais confiance en l’avenir. » Tentant de retenir des larmes, elle lâche, entre colère et dépit : « Au moment où on commence à construire notre vie, il y a ça qui vient encore tout fracasser. »

    La soirée vire à la recherche d’une « stratégie » pour se faire entendre, pour obtenir des réponses plus claires. « On ne veut pas partir. Mais on fait comment s’ils nous jettent dehors ? interroge Assoumani, on a besoin de soutien. » Les jeunes veulent agir. Vite. « Parce qu’on a que quelques jours », rappelle Abigaël qui réalise quelques vidéos dans lesquelles chacun apporte son témoignage. Un éducateur est aussi sollicité et mis à contribution. Shayma envoie des courriers aux services du Département. Dès le lendemain, une cagnotte « cotizup.com/aiderbf13010 » est mise en ligne, « parce que sans prise en charge, même ceux qui ont un revenu, ça ne suffira pas pour vivre et payer un loyer ».

    Il n’y a « pas d’autre solution », selon le Département
    Interrogée, la direction des services du conseil départemental des Bouches-du-Rhône apporte des précisions sur les motifs de l’arrêté concernant ces deux unités de la Mecs Bois Fleuri pris le 10 décembre. Le Département qui a en charge la gestion des enfants placés, « a été alerté sur un encadrement défaillant mettant en danger ces enfants ». Des cas d’agression sexuelle d’enfants sur d’autres avaient été signalés dans le groupe des petits. Une lettre a été envoyée le 8 avril 2025 pour une mission d’inspection des quatre services de l’établissement. Un rapport à suivi le 18 août. Suite à quoi, « nous avons fait une série d’injonctions à laquelle la directrice n’a pas répondu. Elle n’est pas venue au rendez-vous. C’est pourquoi nous avons nommé un administrateur provisoire », précise le Conseil départemental 13. L’administrateur « a pris la main sur la structure et doit permettre de retrouver les conditions de sécurité nécessaires ». Vider les logements des jeunes majeurs était-il si nécessaire et urgent ? « C’est un bouleversement, entend la direction de l’institution, mais l’encadrement était défaillant. On ne peut pas mettre d’autres salariés en place tant que l’enquête est en cours. On doit respecter le droit du travail et respecter le droit des enfants à être protéger. Quelle autre solution ? » Puis, de promettre : « quand tout sera revenu en ordre, les jeunes réintégreront leurs appartements ».Quant à la baisse du forfait jeune majeur de près de 50% décidée par l’autorité de tutelle, « elle est légale et nous nous mettons en conformité avec la loi », balaie l’institution. Dans son rapport de 2022, l’IGAS avait pourtant qualifié de « modeste » l’allocation de moyens alloués par le CD 13 au secteur associatif chargé de l’exécution des mesures de placement.La direction du CD 13, voit dans la médiatisation de ce dossier emblématique du malaise dans le secteur de la protection de l’enfance, « une instrumentalisation sur un sujet sensible dans la période d’enjeux politiques ». Pour autant, Martine Vassal, la présidente (DVD) de la collectivité a finalement accédé à la demande du groupe communiste d’organiser des Assises de la protection de l’enfance en 2026.M.G.
  • Avignon : Cécile Helle « inquiète » face à la désunion à gauche

    Avignon : Cécile Helle « inquiète » face à la désunion à gauche

    Dix mois après avoir renoncé à briguer un 3e mandat, Cécile Helle voit toujours sa majorité se disputer sa succession à trois mois des municipales (15 et 22 mars). Avec, à ce stade, quatre possibilités (David Fournier, Paul-Roger Gontard, Joël Peyre et Avignon collectif) voire cinq avec Benoît Belvalette (Place publique), soutenu par le premier adjoint.

    « Je suis inquiète », nous confie-t-elle. Un sujet encore abordé, lundi dernier, en réunion de majorité préparatoire au conseil municipal.

    « Je ne comprends pas la difficulté qu’on a à se rassembler. Oui, il y a des ambitions, mais fondamentalement, les projets seront les mêmes, à quelques exceptions près, et dans la continuité de ce qu’il s’est fait, en approfondissant ou en faisant différemment certaines choses. Cela empêche aussi de revendiquer le bilan, sur les écoles et les solidarités par exemple, et les valeurs auxquelles nous sommes profondément attachés », prévient la maire.

    « Une dynamique de rassemblement doit absolument se mettre en place au risque de perdre la ville », redoute-t-elle. Quant à son choix parmi les prétendants, « j’ai ma préférence », glisse-t-elle, sans vouloir se prononcer, même si plusieurs bruits se tournent vers Joël Peyre.
    « Je vais m’exprimer », assure Cécile Helle. Certainement en janvier.

    Plus d’informations sur le 94e et dernier conseil municipal en tant que maire d’Avignon de Cécile Helle, à lire ce jeudi dans La Marseillaise.

  • [Grand entretien] Eric Bringuier : « On ne rend plus un service public, on fait de l’argent »

    [Grand entretien] Eric Bringuier : « On ne rend plus un service public, on fait de l’argent »

    RECRUTEMENT

    LM : Quels sont les besoins ? La perte du statut est-elle une épine pour recruter ?

    Eric Bringuier : On s’est aperçu que dans certains métiers (conducteur de train, aiguillage…) où l’on tourne en « trois huit », la fin du statut n’a rien réglé et ne permet pas de recruter. À la SNCF, les salaires sont bas. En passant les examens, quand ils découvrent leur future paye, des candidats arrêtent avant. Il n’y a plus d’avancement systématique, chacun va négocier son salaire avec le directeur, c’est compliqué. Le manque de moyens dans les gares est lié à cela. Depuis le Covid, les jeunes sont plus exigeants. Et puis, la SNCF a tout misé sur la digitalisation : on a de moins en moins de vendeurs. On ne rend plus un service public, on fait de l’argent.

    LIGNE À GRANDE VITESSE ET CGT

    LM : Les gares TGV de Montpellier et Nîmes sont-elles satisfaisantes ?

    Eric Bringuier : Ce qu’on voulait à Montpellier c’était relier les deux gares au-delà du tramway. Quand vous arrivez par TGV de Frontignan à Saint-Roch, vous avez 30 minutes de tramway. On veut un TER qui puisse aller aussi bien à Saint-Roch qu’à Sud de France. C’est faisable, le matériel est équipé. On l’a fait lors des inondations. À Nîmes, les voyageurs de TER arrivent sous la gare TGV.

    La LGV est indispensable ? Faut-il une ligne mixte ? Une autre gare TGV ?

    E.B. : Indispensable oui, la ligne littorale est saturée et à terme sera submersible. La LGV vers Perpignan doit être mixte tout le long, on doit y faire passer du fret. Ça permettra de libérer des sillons TER sur la ligne historique. Si on met une gare TGV à Béziers et une à Narbonne, on ne va pas s’arrêter de s’arrêter. Pourquoi pas essayer d’entrer dans Béziers et d’en ressortir avec une bifurcation ? Il faut y réfléchir vite.

    Dire que c’est à l’État de s’occuper des petites lignes et pas à la Région, n’est-ce pas maladroit ?

    E.B. : Non. Au rassemblement d’Alès j’ai dit qu’on a une Région volontariste pro-ferroviaire. Mais ce n’est pas parce que la Région fait un transfert de gestion sur les petites lignes qu’elles vont rouvrir plus vite. On a fait Montréjeau-Luchon, on fait Alès-Bessèges. Mais les autres lignes ? La Région ne va plus pouvoir les prendre. Le rôle de l’État est d’être garant du service public, c’est à lui d’investir. Qu’on entre dans un plan État/Région, on l’entend mais pas la gestion et les travaux. Car la Région devra payer l’entretien. Or il manque 1 milliard d’euros sur le réseau.

    PETITES LIGNES FERROVIAIRES

    LM : Rouverte l’été 2023, la ligne de la Rive droite du Rhône est-elle satisfaisante ?

    E.B. : Oui parce qu’on voit que là où l’on rouvre, la ligne ça fonctionne de suite. Il y a des voyageurs mais des études montrent qu’on peut aller plus loin. On avait fait nos calculs avec des arrêts à Remoulins, Villeneuve-lès-Avignon et Laudun-l’Ardoise. Là, on a des quais neufs comme à Remoulins mais on ne s’y arrête pas ! On porte cela avec les associations d’usagers. S’il faut on rouvrira des guichets.

    Avez-vous encore de l’espoir pour la réouverture d’Alès-Bessèges ?

    E.B. : Oui il y a de l’espoir. La ligne ouvrira d’abord en 2028 jusqu’à Saint-Ambroix puis en 2030 jusqu’à Bessèges. On pousse mais on dit à la Région d’arrêter, c’est à l’État de faire et de payer.

    La nationalisation d’ArcelorMittal donne-t-elle un argument de plus pour des travaux sur la ligne Béziers-Neussargues ?

    E.B. : Cette ligne est rénovée par des pansements depuis des années. Même si Arcelor n’était pas nationalisée, cette ligne doit servir de délestage. On a d’autres entreprises, le Massif Central se développe car le foncier est moins cher. Cette ligne est utile à la population. Je vous défie d’aller travailler à Béziers avec des cars de substitution, ça fait long. Les lignes fines de desserte du territoire doivent être à la fois voyageurs et fret. L’État doit le faire, de l’argent il y en a.

    INFRASTRUCTURES

    LM : La SNCF a annoncé la fermeture du dépôt de Béziers défendu depuis 30 ans par la CGT. Ce combat est-il perdu ?

    E.B. : À la CGT, on ne capitule pas facilement. On fait toujours des propositions faisables. La direction veut fermer ce dépôt depuis 1993. La Région a commandé des matériels neufs qu’il faudra entretenir en Occitanie. Il y a la possibilité de faire un centre de maintenance régional (CMR) qui serait moins cher qu’ailleurs car les terrains appartiennent à la SNCF. Le dossier est fiable, cela créerait une cinquantaine d’emplois. On doit convaincre la direction et la Région qui finance. On a été reçus par Jean Castex (PDG de la SNCF) à qui on a remis notre dossier. On ne lâchera pas.

    La modernisation du port de Sète semble une bonne nouvelle pour le fret…

    E.B. : C’en est une sans en être une. On a rappelé à Jean Castex que le plan de discontinuité fait au fret est une aberration. On a capitulé face à l’Europe. Or, aucun fret n’est capable de vivre sans être subventionné. On demande d’arrêter ce plan via lequel l’Europe interdit à la SNCF de se positionner sur toutes les autoroutes ferroviaires qui sont inaugurées. Le fret du Port de Sète fonctionnera avec les concurrents qui prennent le marché et… le sous-traitent à la SNCF ! On marche sur la tête. La CGT considère que le fret est un service public, il ne sert pas qu’à faire de l’argent pour les patrons.

    TER MIS EN CONCURRENCE EN 2032

    E.B. : L’État oblige la Région à ouvrir les TER à la concurrence en 2032 avec RATP, Veolia… C’est dogmatique. Regardons partout ce que ça a amené à l’usager et combien ça coûte à la collectivité. En Angleterre, il y a 30 ans, ils ont libéré les voyageurs et le rail. Ils en reviennent. On pensait qu’ils ne reprendraient que le réseau mais ils reprennent tout car ce n’est pas rentable. Dès que les privés ne sont plus sous perfusion de l’entreprise historique, cela ne fonctionne plus. Le prix du billet ne baissera pas quand la Région ne mettra plus au pot. Le matériel et le réseau ne seront plus entretenus. C’est ce qu’à l’air de penser Castex, on le jugera aux actes.

  • Un grand tournoi de padel débarque à Marseille

    Un grand tournoi de padel débarque à Marseille

    Les sports de raquette restent en rois dans le calendrier sportif marseillais. Le Marseille FIP Platinum, édition inaugurale, se déroulera du 2 au 8 février 2026 au Palais des Sports. Le padel entre en scène pour la première fois au niveau professionnel dans la cité phocéenne, avec un tournoi regroupant 64 paires masculines et féminines. Pour les spécialistes de tennis, l’événement est équivalent à un ATP 250. Ce qui était justement la catégorie de l’Open 13. Ce dernier a désormais disparu des radars et a laissé un trou au mois de février.

    Julien Nazarian, instigateur du projet Marseille FIP Platinum, explique qu’il a pris ses dates car le créneau était disponible. « La Fédération Internationale de Padel m’a demandé des dates autour du mois de février. Le créneau était libre car, au début, l’Open 13 devait se poursuivre en octobre. C’est vraiment une bonne période, je ne peux pas dire le contraire, je ne peux pas dire que ce soit une mauvaise période pour faire des événements sportifs à Marseille. » L’envie n’était donc pas de remplacer l’Open 13, mais d’avancer côte à côte avec le tournoi de tennis marseillais. Mais la disparition annoncée cette année a bouleversé les plans. « Je suis Marseillais, je suis souvent allé à l’Open 13 par le passé. Sincèrement, je trouve ça dommage qu’il se soit arrêté. Quand j’ai commencé mon projet, c’était au mois de février dernier, l’Open 13 était toujours prévu. J’ai débuté mon projet indépendamment de tout ça », décrit Julien Nazarian.

    Trois années de contrat pour le tournoi

    Obtenir le Palais des Sports de Marseille pour débuter cette compétition est également de bon augure pour l’organisation. La salle de 5 000 places accueillera pour la première fois du padel. « C’est la salle idéale, l’emplacement est super, il y a de l’accessibilité, des parkings, de nouvelles tribunes annoncées… C’est top franchement », détaille l’organisateur. Le tournoi est donc classé Platinum, ce qui est la plus haute catégorie possible sur le FIP Tour. Ce n’est pas encore du niveau des Majors (comme ceux de Paris et Bordeaux), qui sont le produit d’un autre tour mondial dans la discipline. La compétition marseillaise n’en sera qu’à son coup d’essai en février prochain et quelques-uns des meilleurs joueurs du monde seront tout de même présents.

    Des balbutiements, mais le but est de s’installer dans le paysage mondial du padel. L’événement se produira plusieurs années de suite, une chose déjà certaine, comme nous le confirme Julien Nazarian : « C’est effectivement un objectif de pérenniser l’événement le plus longtemps possible. C’est parti pour trois ans et j’espère plus. » Ce sport se développe à vitesse grand V partout sur la planète et ses envies de grandir sont encore fortes. « S’il continue de se développer, il devrait être aux JO », juge Nazarian. Ce serait au plus tôt en 2032, pour les Jeux de Brisbane, mais, en attendant, la « padel mania » passe aussi par les bords de la Méditerranée.

    Un tournoi à suivre du 2 au 8 février 2026. Qualifications lundi et mardi, début du tableau principal le mercredi, quarts de finale le vendredi, demies le samedi et finales dimanche.