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  • [Entretien] Stéphane Sacco : « Nous sommes prêts à gérer La Seyne »

    [Entretien] Stéphane Sacco : « Nous sommes prêts à gérer La Seyne »

    La Marseillaise : Vous multipliez les réunions publiques et les rencontres avec la population, quelle est l’ambiance sur le terrain ?

    Stéphane Sacco : Franchement, la dynamique est excellente : nous avons fait salle comble partout et je sens une véritable attente de la part des habitants auxquels nous montrons que nous sommes prêts à gérer la ville en leur montrant des propositions claires, réalistes et surtout chiffrées. Nous insistons également sur fait que nous serons également des élus actifs et porteurs des projets seynois à l’échelle de la Métropole pour enfin faire bouger les choses.

    Quels sont les points forts que vous mettez en avant et qui font particulièrement réagir ?

    S.Sa. : Sur la mobilité et l’aménagement du port par exemple : je détaille notre projet de recouvrement de la première panne. C’est la seule solution de bon sens pour fluidifier la circulation et régler ce problème d’inondations que l’on connaît trop bien. J’en profite aussi pour rappeler, puisqu’il devrait passer par là, que pour nous le seul TCSP capable de répondre aux besoins de la population et de réduire la part de l’automobile, c’est le tramway. On voit bien aujourd’hui que le Bus à haut niveau de service est une aberration.

    Et bien sûr, je réaffirme que le projet de tunnel, c’est définitivement non pour nous.

    Je présente également notre grand projet de la « Maison de l’industrie et de la mer » pour offrir aux Seynois et à nos associations un vrai lieu de vie et de mémoire.

    La lutte contre le logement indigne est également une de vos priorités ?

    S.Sa. : Bien entendu, et là encore il faut rappeler le retard pris par la ville dans la rénovation du centre ancien alors que les crédits du NPNRU, le Nouveau programme national de renouvellement sont disponibles depuis des années et qu’il y a urgence à entreprendre les travaux de réhabilitation pour loger les habitants correctement, recréer une véritable mixité sociale et redynamiser le commerce du centre-ville.

    Le sujet de la piscine a refait surface opportunément en conseil municipal, vous devez être questionné sur le sujet…

    S.Sa. : Je suis effectivement interpellé sur la question de la piscine comme celle du cinéma d’ailleurs, deux équipements dont ne dispose pas la 2e ville du Var. Je suis très clair : je prends acte du refus du conseil municipal concernant le projet du maire sortant, qui était beaucoup trop nébuleux et trop coûteux. Notre priorité reste de rouvrir un véritable équipement. Mais en attendant, l’urgence, c’est l’apprentissage de la natation pour nos écoliers. Le ponton flottant de l’ancienne municipalité est inadapté, voire dangereux. Dès la rentrée de septembre, nous mettrons donc en place des camions-piscines pour que nos enfants puissent apprendre à nager en toute sécurité.

  • Deux emplacements en vue pour le nouveau stade du RCT

    Deux emplacements en vue pour le nouveau stade du RCT

    À l’heure où certains nouveaux stades sont construits en périphérie des villes (Lyon, Lille…), à Toulon, hors de question d’éloigner le stade du centre-ville. Deux sites sont ciblés par le club : la Tour Royale et Pipady. Ceux-ci offrent l’avantage « d’être en bord de mer », argumente la directrice générale du club Jessica Casanova, qui présente « un stade carte postale. Là, on est différent, on est Toulonnais, on vit grand, tout en restant au cœur du territoire, pas dans une zone industrielle à 20 km. Ces lieux-là sont chargés d’histoire et respectent l’ADN. On ne trahit personne ».

    Mais en pratique, il faudra obtenir le déclassement du domaine public militaire pour une partie du site de la Tour Royale, et du domaine public maritime naturel pour Pipady. Et en ce qui concerne le second, Josée Massi a déjà placé ses pions pour son projet de « Central-Park à la toulonnaise », « Mayol à Pipady », obtenant, en septembre, l’autorisation d’un plan de constatation de la limite du domaine public maritime naturel, et d’une demande de déclassement de certaines emprises attenantes. Magali Brunel, elle, veut lancer le projet Méd in Toulon, avec une promenade jusqu’au Mourillon « pour rendre la mer aux Toulonnais », en rehaussant les quais pour les protéger de la montée des eaux.

    « Un pôle d’attraction extraordinaire »

    Quoi qu’il en soit, ce nouveau stade est imaginé avec une capacité de 18 à 20 000 places, avec, pour objectif, de devenir un atout économique majeur pour la ville, pas seulement pour le club. Moderne, écoresponsable, doté d’espaces générateurs d’activité (restaurant, boutique, salle de séminaire, palais des congrès…), il répondrait à une partie des exigences du projet Massi et saura accueillir d’autres événements que les matches du RCT : congrès d’affaires, concerts et spectacles, expositions, autres sports collectifs comme le football en cas de montée du Sporting, événements annexes (finale de pro D2, XV de France…). « Ce sera un pôle d’attraction extraordinaire qui motivera les venues à Toulon », martèle Martin d’Argenlieu.

    Selon lui, ce nouveau Mayol pourrait être investi dans les 3 à 5 ans suivant la validation du projet. « Il appartient aux élus de reconnaître l’urgence, de s’engager à lancer des études dès le début de la mandature, de placer l’intérêt de Toulon au-dessus de tout », conclut Bernard Lemaître, qui promet que « le futur maire nous aura à ses basques ».

  • La renaissance du Muséum d’Aix au cœur de la campagne

    La renaissance du Muséum d’Aix au cœur de la campagne

    Douze ans après la fermeture du Muséum d’histoire naturelle d’Aix-en-Provence, celui-ci fait enfin son grand retour. Du moins dans la campagne des municipales. Ainsi à l’occasion de la présentation de sa liste le 23 février dernier, la maire (UDI) Sophie Joissains a-t-elle annoncé à la presse qu’elle comptait bien le rouvrir dans les années à venir. « On parle du mandat », confirmait-elle, interrogée sur le calendrier.

    C’est qu’au début du mois de février, une pétition avait été lancée en ligne, qui a désormais recueilli plus de 2 000 signatures. « La région d’Aix-en-Provence repose sur un trésor paléontologique, notamment des fossiles de dinosaures », rappelle le texte. Qui s’indigne : « La fermeture de 2014, sans projet tangible de réouverture, ressemble à une confiscation. (…) Sans notre mobilisation, il y a de grandes chances que ce musée reste fermé encore longtemps. » Avant d’interpeller la maire sortante ainsi que l’ensemble des candidats.

    Bataille historique

    Alors la maire sortante reconnaît un « projet culturel qui n’a pas trouvé encore son aboutissement », face aux contraintes financières. Mais désormais, elle évoque trois sites à l’étude pour ressusciter le Muséum : l’un à proximité de la gare TGV, un autre dans l’écoquartier de la Constance et un troisième sur le théâtre antique. En reconnaissant que cela nécessiterait « une aide importante de l’État » pour dégager ces vestiges réenfouis. À ce Muséum, elle veut adjointe les mosaïques romaines découvertes, ainsi qu’un parcours dédié au site expérimental de fusion nucléaire Iter.

    À gauche, ce combat est mené depuis les premiers jours, se souvient le conseiller d’opposition (Parti occitan) Hervé Guerrera, colistier de Marc Pena. « Dès la fermeture, nous avons alerté », raconte-t-il, déplorant que ces collections restent dans les cartons malgré des expositions temporaires. « Ce qui a manqué, c’est une volonté politique de réouverture de musées comme celui-là, comme il a manqué une volonté de mettre en valeur les collections romaines », déplore-t-il. Alors l’élu partage sa volonté de rouvrir le Muséum, ainsi que, enfin, un musée d’Aix antique sur un site commun ou à deux endroits distincts en fonction d’études à mener. Quant au site d’implantation, « nous sommes dans la logique de concerter, de co-construire. Mais la volonté y sera, cela serait fait sur le mandat ».

  • Les écoles martégales à l’heure du bilan et des enjeux

    Les écoles martégales à l’heure du bilan et des enjeux

    Ils étaient nombreux jeudi après midi, à la sortie de l’école Robert Daugey, à Croix-Sainte. Côté équipe de Gaby Charroux (PCF), comme du côté du Collectif citoyen martégal et leur tête de liste Frédéric Grimaud (LFI).

    Et les parents d’élèves ont des choses à dire. Comme cette mère, venue chercher son fils Lenny, en grande section, dont l’insoumis est le professeur. « Il faudrait réhabiliter la cour de récréation » estime Laetitia La Fisca, déléguée des parents d’élèves, car « la maternelle est en plein soleil l’été, il fait chaud dans les classes ». Elle pointe aussi des comportements « dangereux » des automobilistes devant l’école, « à 8h30 et à 16h ça dépasse parfois vite » relève-t-elle. Si son vote n’est pas encore certain, « la sécurité sera déterminante ».

    Jolie Kita Nkoko, mère de Junior en petite section, pense aussi à la sécurité, mais se dit « satisfaite ». « Le sport, le volley, l’athlétisme, toutes ces activités sont bien pour les enfants » précise-t-elle. Son choix est déjà fait : « Monsieur Gaby », par « reconnaissance, on m’a bien accueilli et bien aidée », lorsqu’il a été question de régulariser sa situation, étant originaire de RDC. « Mais on peut encore faire mieux côté logement, les dossiers prennent trop de temps », nuance-t-elle.

    André Cortes, martégal depuis peu, est d’un avis similaire. « Ça va, ils sont un peu beaucoup dans les classes et le stationnement est parfois galère mais c’est partout pareil », relativise le père de famille qui ne parle que d’« un seul point négatif : l’absence de clim ».

    Défendre des fermetures

    Le fils d’André Cortes, en CM1, se rappelle des changements de classe en début d’année, provoqués par la fermeture puis la réouverture d’une classe. « C’est bien qu’ils se soient battus », relève André Cortes, en parlant du maire et de son équipe face au rectorat.

    « C’est pour ça qu’on est là, pour continuer à défendre les écoles contre les fermetures de classe », clame Valérie Martos, militante communiste. « Pour aussi être protégés de la dégradation de la politique nationale et des budgets municipaux en baisse », complète sa camarade Jeanine Incorvaïa. Le « bouclier martégal » vanté sur leur tract vend justement la gratuité des activités culturelles et sportives sur le temps scolaire, des classes « vertes rousses et neige », de la garderie du soir « gratuite jusqu’à 18h », ainsi que les « 1,7 million d’euros investis par an dans les écoles pour les entretenir ».

    Prochaine étape, la clim ?

  • À Martigues, cause commune pour des soins de proximité

    À Martigues, cause commune pour des soins de proximité

    À Martigues, la défense de l’hôpital public se fait sur deux jambes. Le maire sortant Gaby Charroux (PCF) est autant à l’aise lorsqu’il s’agit de dialoguer avec les institutions de l’hôpital et de l’État que lorsqu’il s’agit de récolter et rapporter les revendications des syndicats CGT de l’hôpital et alentours, comme le 22 janvier dernier (ci-contre).

    Depuis trois ans les syndicats CGT du golfe de Fos associés à celui de l’hôpital bataillent pour obtenir un plan d’investissement de 170 millions d’euros et la création de 90 emplois statutaires à taux plein, notamment face aux urgences régulièrement saturées lors d’épidémies hivernales. Récemment, l’Hôpital et l’ARS annonçaient un nouveau plan immobilier de 60 millions d’euros, créant un nouveau plateau technique et agrandissant les urgences. Pour le maire, « les investissements sont très inférieurs à ce que nous revendiquions », mais « c’est une bonne nouvelle, mieux que rien, qui invite à ne pas lâcher le combat », estimait-il en début d’année.

    Une participation financière

    Car si la santé est censée être une compétence étatique, le maire communiste de Martigues en fait un cheval de bataille. « 170 000 habitants sont couverts par l’hôpital. La mutation du territoire va augmenter les besoins, cela demande une planification sérieuse y compris en matière de sécurité industrielle et nous avons à cœur de porter ses revendications à l’État », considère l’édile.

    La Ville a déjà financé le nouveau mammographe de l’hôpital. Et pour le prochain mandat, Gaby Charroux compte bien préempter les locaux commerciaux du centre-ville pour y favoriser l’implantation de cabinets médicaux. « C’est un levier » assure-t-il.

  • LFI promet 1 000 logements d’ici l’hiver à Marseille

    LFI promet 1 000 logements d’ici l’hiver à Marseille

    Aux côtés des habitants de Jean-Jaurès (14e) ou de Consolat (15e), l’ex-chef du service de sécurité des immeubles à la Ville de Marseille, Dominique Dias (Vaï !), l’assure : « La jungle dans le logement, c’est fini, pour de vrai ! » Avec ses colistiers de la liste insoumise pour les municipales à Marseille, l’ingénieur d’État présentait à la presse, ce jeudi matin, le programme de Sébastien Delogu face à une crise du logement qui s’est aggravée.

    « La première chose, c’est stop démolitions, on ne signera plus de permis de démolir », lance-t-il. Quitte à perdre les 650 millions d’euros de l’état fléchés sur la rénovation urbaine à Marseille ? « Nous dénonçons de fausses concertations auprès des habitants qui n’ont pas choisi les démolitions, il restera à convaincre l’Anru [Agence nationale pour la rénovation urbaine, Ndlr] qu’il y a un vice de forme », répond Sébastien Delogu, qui promet un rapport de force avec l’état.

    Les Insoumis promettent aussi de construire au moins 6 000 logements par an, dont la moitié en logement social, plus que les 4 500 visés par le programme local de l’habitat. Et de commencer par un « plan d’urgence » : « Mille logements d’ici l’hiver prochain. » La moitié doivent être réquisitionnés, pour d’autres, la Ville se substituerait aux propriétaires de logements en péril pour accélérer les travaux, et la lutte contre les Airbnb sera renforcée avec leur interdiction en résidence secondaire. La brigade du logement mise en place par le Printemps marseillais doit être doublée et un comité populaire du logement mis en place, avec les collectifs d’habitants, pour « évaluer les politiques publiques du logement ». Et les militants insoumis de pointer l’ensemble des bailleurs sociaux, des collectivités. Sans distinction. « à partir du moment où ils rentrent dans l’institution, ils prennent l’habit de l’institution », assume le directeur de campagne, Hedi Bounouar.

  • Les déserts médicaux : un sujet majeur pour les candidats dans les Alpes-de-Haute-Provence

    Les déserts médicaux : un sujet majeur pour les candidats dans les Alpes-de-Haute-Provence

    À Manosque, les collectivités et les maires se mobilisent pour financer l’extension de l’hôpital, avec de nouveaux lits en soins palliatifs et un institut de formation. 24 communes de l’agglomération participent et ont voté la somme allouée à l’hôpital en conseil municipal. « Il y a des débats et de l’opposition car c’est à l’État et pas à nous de payer pour la santé, mais j’explique que l’extension sera bénéfique pour soigner les habitants de notre commune », avance Laurence Depieds, maire candidate à sa réélection du petit village de Saint-Martin-de-Brômes, commune pour laquelle cet investissement représente une somme importante.

    Dans cette même ville de Manosque, le centre de santé Oxance, menacé de fermeture, est au cœur des débats pour les municipales. Le Regain Manosquin, liste d’union de la gauche menée par Patrick Rousset, veut soutenir et accompagner le centre de santé Oxance « dans son développement », recruter des médecins salariés et créer un service de garde « en lien avec l’hôpital public ». Le maire sortant, candidat à sa réélection, considère lui que « contrairement à l’hôpital, la collectivité n’a pas vocation à financer directement un centre de santé privé ».

    Des urgences souvent fermées

    La fermeture régulière des urgences agite également les candidats. Le maire de Manosque avait démissionné du conseil de surveillance de l’hôpital en juillet 2024. « Je ne peux que regretter l’inaction face à mes alertes répétées pendant plus de trois ans. Les premières fermetures des urgences de Manosque ont démarré en janvier 2022 et personne ne s’en est ému, ni révolté, aucun représentant de l’État, ni aucun élu, mis à part mon équipe municipale et moi-même », avait-il déploré. Le Regain Manosquin veut de son côté « maintenir les fonctions du maire au conseil de surveillance afin d’être force de propositions et d’impulsion de décisions visant au développement des activités du centre hospitalier ».

    À Sisteron, face à ces fermetures, la liste d’union de la gauche s’engage à « faire pression » pour rouvrir les urgences et veut recruter des médecins salariés, affirmant être déjà en contact avec des praticiens intéressés. L’équipe de Demain Sisteron ! prévoit de leur fournir des locaux et un service de secrétariat qui leur permettrait de se concentrer sur l’aspect médical.

    « J’ai voulu prendre un arrêté humoristique pour interdire les AVC, car les urgences de Sisteron sont souvent fermées, même la journée, alors il faut aller jusqu’à Digne ou Manosque, c’est compliqué », explique le maire de Bayons, petit village situé à plus d’une heure de ces deux villes. Lui-même fait partie des plus de 20 000 habitants du département sans médecin traitant. À Oraison, la candidate Isabel Gamba propose de créer une bourse pour inciter les jeunes médecins à venir y exercer…

  • Urgence santé

    Urgence santé

    Partout dans les communes la question de la santé s’exprime comme une préoccupation majeure des habitants. Au-delà de la situation d’urgence de l’hôpital public révélée par la crise covid et qui toujours malheureusement d’actualité, c’est la capacité à être suivi médicalement qui est désormais déniée à une partie de la population.

    Pénurie de médecins généralistes, impossibilité d’obtenir des rendez-vous dans des délais décents chez des médecins spécialistes, grandes difficultés à trouver un interlocuteur la nuit ou le week-end…

    Les déserts médicaux sont désormais généralisés des communes alpines rurales jusqu’aux quartiers populaires de Marseille.

    Réponse progressiste

    La situation est alarmante et, sous la pression des demandes, nombre de candidats ont intégré à leur programme des propositions pour tenter de l’améliorer même si la santé, comme la sécurité, relève avant tout de l’État.

    Maisons médicales destinées à attirer des professionnels de santé, centres regroupant des médecins salariés, mutuelles municipales, investissements dans le matériel des hôpitaux, création d’accueils en amont des urgences… La campagne des municipales voit fleurir des projets qui visent tous à corriger les effets de décennies de décisions politiques libérales qui ont entraîné la France, qui se prévalait autrefois d’avoir le meilleur système de santé au monde, dans les difficultés que nous connaissons aujourd’hui.

    Pour les progressistes, ces municipales doivent être l’occasion d’apporter des réponses locales mais aussi de tracer une perspective de changement profond à l’échelle nationale.

  • À Marseille, l’enjeu d’une offre de soins accessible à tous et partout

    À Marseille, l’enjeu d’une offre de soins accessible à tous et partout

    « La santé, même si ce n’est pas une compétence proprement municipale, c’est une priorité de la population. » Michèle Rubirola (EELV), première adjointe au maire de Marseille et déléguée à la santé publique, résume la problématique de la prise en compte des questions sanitaires dans la campagne pour les élections municipales. « L’accès aux soins est géré par l’État, on ne peut pas créer des hôpitaux, des lits… Mais les collectivités municipales peuvent agir sur les déterminants de santé, tout ce qui arrive avant le soin. Là, ça relève de nos compétences, outre le fait de pouvoir favoriser l’accès aux soins », explique-t-elle. D’où la doctrine appliquée lors de son mandat : « Faire de l’aller-vers. » Entendez par-là qu’elle essaie d’agir « en amont des soins ». « Ça commence par quelle alimentation on donne aux petits Marseillais, comment on travaille sur la qualité de l’air à l’intérieur des établissements gérés par la mairie », expose l’ancienne maire. Avec des exemples concrets : « Éviter les perturbateurs endocriniens dans les matières utilisées ou diminuer la présence des voitures
    –
     et donc des émissions – aux abords des écoles avec le dispositif des rues des enfants. »

    Faire de l’aller-vers, c’est aussi « faciliter l’accès aux soins ». Et pour le coup, Michèle Rubirola tente d’allier une approche globale et un travail de proximité. Pour le global, cela passe par un « travail en bonne intelligence » avec l’AP-HM (Assistance publique – Hôpitaux de Marseille), dont elle est présidente du conseil de surveillance. Mais aussi par la création du « premier conseil communal de santé en France ». Une mesure plus que symbolique : « C’est la première instance paramunicipale avec un axe de démocratie sanitaire. C’est un accompagnement permanent de la Ville dans la mise en place de politiques publiques de santé, avec des citoyens, des chercheurs, des professionnels de santé, des associatifs… », développe-t-elle.

    Pour la proximité, elle se targue d’avoir lancé les « Villages Santé », au nombre de 7 éditions. Une initiative, là encore commune avec les institutions en charge de la santé sur le territoire (Agence régionale de santé, CPAM, etc.), et surtout à destination « des publics éloignés des services de santé ». « Souvent, le problème est l’accès à un médecin. Là, on favorise la rencontre puisqu’on amène des professionnels de santé, du service public ou libéraux sur place », explique Michèle Rubirola, prenant pour exemple la tenue de cette initiative à l’Après-M, dans le quartier de Sainte-Marthe.

    Aide au maillage territorial

    Et avec des résultats concrets : « Le centre international de vaccination de Marseille a offert, à toutes les personnes présentes, un bilan complet de l’état vaccinal et une vaccination sur place. » Autres exemples de son envie « d’amener de la prévention » avec les villages santé : « On proposait aussi des dépistages de diabète, des cancers colorectaux, de l’hypertension, de l’aide au sevrage tabagique. » L’adjointe insiste : « On ne fait pas juste du dépistage pour du dépistage, il y avait des professionnels de santé disponibles pour assurer le suivi des personnes. » De quoi faire le lien avec la problématique du maillage territorial de l’offre de soins et la désertification sanitaire de certains quartiers. Là encore, la mairie ne peut pas faire seule mais affiche quelques victoires. « On aide à l’installation d’équipes pluriprofessionnelles de médecins comme à la Bastide Massenet [14e arrondissement, Ndlr], dans un quartier où il n’y en avait pas », conclut Michèle Rubirola.

  • Marseille : trois policiers municipaux suspendus pour corruption passive

    Marseille : trois policiers municipaux suspendus pour corruption passive

    Des interpellations qui interviennent alors que s’est clôturée, ce mercredi, la procédure visant le marché du soleil, avec la convocation de 18 personnes, dont 3 personnes morales, devant le tribunal correctionnel, du 22 au 26 juin, pour « détention, production et vente en bande organisée de marchandises contrefaisante » et « blanchiment aggravé et blanchiment douanier », communique le parquet de Marseille. Début février, une opération avait permis de saisir 206 054 articles contrefaisants, d’une contre-valeur estimée à près de 42 millions d’euros. Depuis le 2 février, le Marché du soleil fait l’objet d’une fermeture administrative. Un autre policier municipal a été entendu sous le régime de l’audition libre, ainsi qu’un fonctionnaire de la préfecture, et tous quatre sont placés sous contrôle judiciaire pour corruption active, passive et trafic d’influence. Selon nos informations, les trois policiers municipaux, âgés d’une quarantaine d’années, renseignaient les commerçants du marché du soleil sur les activités de police en échange de réductions, de vêtements, de baskets contrefaites, des faits dans le viseur des douanes depuis plus d’un an. Sans qu’il n’y ait de contrebande de cigarettes, contrairement aux indications du Figaro. Les trois agents étaient des policiers expérimentés recrutés par la Ville de Marseille entre 2018 et 2019 et issus d’autres polices municipales ou de la gendarmerie. « Dès que nous avons pris connaissance des faits, nous avons pris des mesures conservatoires en attente du jugement », confirme la directrice de la police municipale, Céline Lefléfian. « Il ne faut pas que cela jette l’opprobre sur l’ensemble des agents », ajoute-t-elle, saluant le travail de ses équipes.