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  • Le compagnon soupçonné de féminicide à Martigues présenté à un juge

    Le compagnon soupçonné de féminicide à Martigues présenté à un juge

    Il y a eu acharnement. Après la découverte du corps sans vie d’une jeune femme de 25 ans, lundi après-midi à Martigues, les résultats de l’autopsie ont révélé la présence de « 58 plaies compatibles avec l’emploi d’un instrument piquant ou tranchant, écrit le procureur de la République d’Aix-en-Provence, mercredi, dans un communiqué. La plupart localisées sur le torse, la tête et le cou ». Des blessures « compatibles avec l’intervention d’un tiers », précise-t-il.

    Le compagnon de la victime, qui avait lui-même appelé les secours, « déclarait spontanément qu’il avait retrouvé sa compagne inconsciente et ensanglantée à son retour de son lieu de travail », poursuit Jean-Luc Blachon.

    « Il avait immédiatement appelé ses voisins pour solliciter leur aide. Les premières constatations conduisaient les enquêteurs de la division de la criminalité territoriale du Service interdépartemental de la police judiciaire de Marseille à le placer immédiatement en garde à vue. »

    La détention provisoire requise

    L’homme maintient qu’il n’est pas l’auteur de cet homicide, selon le procureur. Ce dernier précise : « Toutefois, au regard des investigations d’ores et déjà réalisées, le mis en cause a été présenté ce jour au juge d’instruction saisi de faits d’homicide volontaire sur conjoint. Son placement en détention provisoire a été requis. »

  • Le 54e congrès de la CGT a adopté une motion de soutien à Pascal Galeoté et et Bernard Cristalli du GPMM

    Le 54e congrès de la CGT a adopté une motion de soutien à Pascal Galeoté et et Bernard Cristalli du GPMM

    De notre envoyé spécial Amaury Baqué

    La motion dénonce : « Un procès partial, ou les objectifs politiques ont pris le pas sur la justice. Les fuites permanente dans la presse bourgeoise et la complicité d’organisations syndicales ont été les outils du pouvoir en place pour tenter d’écarter des représentants de la CGT qui est largement majoritaire sur le port. Cette décision inique témoigne de l’acharnement du gouvernement et du patronat à vouloir museler le monde du travail ». Votée à une très large majorité en même temps que d’autres motions, elle pointe aussi que cette condamnation « illustre la volonté du gouvernement et du patronat d’accélérer le démantèlement des activités industrielles et portuaires du département des Bouches du Rhône, et d’en finir avec tous ceux qui résistent et lutte pour travailler et vivre dignement dans notre pays ».

  • Agression raciste contre Bilel : une peine alourdie en appel

    Agression raciste contre Bilel : une peine alourdie en appel

    Il y a près de cinq ans, Bilel G. a été victime de violences de la part de membres de l’extrême droite. Attablé à la terrasse d’un bar rue de l’Annonciade, le jeune homme a été pris à partie par des militants de l’Action française, groupuscule d’extrême droite royaliste. Injures racistes, coups violents… Pour ces faits, Paul-Antoine Schmitt, seul auteur identifié du groupe d’agresseurs et alors responsable régional de l’Action française, avait été condamné en mars 2023 à un an de prison avec sursis et 3 000 euros d’amende pour violences volontaires en réunion.

    Cependant, il contestait fermement le caractère raciste des violences, qui constitue une circonstance aggravante. L’affaire a donc été réexaminée en appel, le lundi 4 mai. Ce mercredi, la cour d’appel a rendu son délibéré : Paul-Antoine Schmitt est condamné à 18 mois de prison, assortis d’un sursis probatoire de deux ans. La décision prévoit également l’obligation d’indemniser Bilel G. à hauteur de 1 200 euros, ainsi que de suivre un stage de citoyenneté.

    La peine, plus sévère qu’en première instance, va au-delà des réquisitions du ministère public, qui avait demandé la confirmation de la décision initiale lors de l’audience du 4 mai.

    Chemise et pantalon noirs, Bilel G., accompagné de ses parents et de deux amis pour ce délibéré, s’est dit, sans excès d’émotion, « satisfait. La justice a fait ce qu’elle avait à faire ». A côté de lui, sa mère, Khedidja G., se dit elle aussi « satisfaite du fait d’avoir une condamnation. En France, on voit bien que les violences à caractère raciste augmentent. On le voit avec l’agression de Bilel. En première instance, il avait pris 12 mois. L’appel a décidé de le condamner à 18 mois (avec sursis). Je trouve que c’est satisfaisant et ça encouragera peut être les victimes à porter plainte et avoir confiance en la justice. »

    « Des choses que l’on n’oublie pas »

    Pour Me Claudie Hubert, avocate de Bilel G., cette décision va dans le sens des attentes de la victime. « On attendait une condamnation, nous ne sommes pas dans la vengeance », assurait l’avocate. Elle pointe néanmoins l’absence de Paul-Antoine Schmitt à l’audience : « Ce qui confirme qu’il est toujours dans le déni des faits, c’est ça qui est inquiétant. La plus parfaite réparation, ça aurait été qu’il reconnaisse et qu’il s’aperçoive des conséquences de ses actes sur la vie des gens, estime l’avocate. Maintenant, il y a une décision de justice, un sursis, une mise à l’épreuve et une obligation d’indemniser Bilel. Mon seul espoir aurait été qu’il prenne conscience de la gravité des faits, les dommages et intérêts ne réparerons jamais intégralement le préjudice. Monsieur Bilel me disait : “ce sont des choses que l’on oublie pas”. »

    Bilel, qui témoignait dans La Marseillaise (notre édition du 29 avril dernier), avait également rapporté, en plus des coups, des propos tels que :« Vous êtes des sauvages », « on vous a apporté la civilisation », « barrez-vous, c’est chez nous ici  », ainsi que des allusions au terrorisme Des mots « qui ne laissaient aucun doute », avait estimé le jeune homme.

  • Deux demi-lignes mises en place par la RTM suite à un accident mortel avec le tramway

    Deux demi-lignes mises en place par la RTM suite à un accident mortel avec le tramway

    Un accident impliquant un tramway et un piéton s’est produit ce mercredi 3 juin, peu avant 16h, cours Belsunce à Marseille.

    Le piéton, grièvement blessé lors de la collision, est décédé malgré l’intervention rapide des secours.

    Une enquête a été ouverte et confiée aux services de police afin d’établir les circonstances précises de cet accident.

    Toutes les infos trafic.

  • Après l’éviction de Valérie Guarino, Jean-Marc Perrin reprend la délégation au handicap au Département

    Après l’éviction de Valérie Guarino, Jean-Marc Perrin reprend la délégation au handicap au Département

    C’est le conseiller départemental aixois délégué au Bel Age Jean-Marc Perrin (DVD), président du bailleur social 13 Habitat depuis le mois de juillet 2025, qui récupère les délégations du handicap et devrait occuper la présidence de la Maison départementales des personnes handicapées (MDPH). Des responsabilités confiées par la présidente (DVD) du Département Martine Vassal face à « la nécessité pour la bonne marche des affaires départementales », à travers un arrêté pris ce mercredi matin suite à l’éviction de la vice-présidente Valérie Guarino, dont le ralliement à l’extrême droite a été annoncé lundi.

    Restera cependant à réunir un conseil d’administration pour changer la présidence de la MDPH, qu’elle occupe toujours. Quant aux délégations aux routes et à l’aménagement du territoire, retirées à Marie-Pierre Callet et Laure-Agnès Caradec en ce début de semaine, leur faisant perdre leurs indemnités d’élues, elles restent pour l’heure aux mains de la présidente de la collectivité.

  • [EQDD] Le temps de l’adaptation

    [EQDD] Le temps de l’adaptation

    Si la réduction des émissions de gaz à effet de serre demeure une priorité absolue dans la lutte contre le changement climatique, elle ne suffira pas à contenir l’inévitable : des phénomènes extrêmes plus intenses et plus fréquents. Inondations, cyclones, vagues de chaleur, fonte des glaciers, montée du niveau des mers, sécheresses… autant d’effets face auxquels il nous faut réduire notre vulnérabilité. Autrement dit, l’atténuation du changement climatique – qui consiste à agir sur ses causes – doit s’accompagner d’une démarche d’adaptation pour nous protéger de ses conséquences.

    Avec sa géographie contrastée, entre territoires métropolitains et ultramarins, la France est exposée à l’ensemble des risques climatiques. Des risques auxquels nous sommes, d’ores et déjà, toutes et tous vulnérables. Cet hiver encore, des crues exceptionnelles ont déclenché des alertes sur une vaste portion du territoire, tandis que le bilan climatique de 2025 classait l’année parmi les plus chaudes jamais enregistrées. Et cet été, le retour attendu d’El Niño – phénomène périodique qui affecte les précipitations et les températures à l’échelle mondiale – fait craindre un nouvel épisode de chaleur.

    À l’heure où l’État se prépare à une hausse de +4°C sur le territoire par rapport à l’ère préindustrielle – synonyme de sécheresses en série, de températures pouvant atteindre 50 degrés, de dix fois plus de jours de vagues de chaleur ou encore d’un risque de feux de forêts généralisés – il n’a jamais été aussi important de montrer comment nos territoires s’adaptent, concrètement, à un climat qui change. Comment ils se protègent – déjà – face aux impacts. Comment nous transformons nos manières d’habiter, de produire et de travailler. Et, plus largement, comment nous apprenons à vivre avec ces bouleversements, en développant une nouvelle culture du risque.

    C’est précisément cette réalité que ce supplément propose d’explorer. À l’initiative de Sparknews, 55 titres de la presse quotidienne régionale se rassemblent pour donner à voir les initiatives de citoyens, d’associations, d’entreprises et de collectivités qui, partout en France, inventent déjà de nouvelles façons de s’adapter à cette nouvelle réalité climatique.

  • [EQDD] En Pays de Fayence, l’urbanisme sur pause pour préserver l’eau

    [EQDD] En Pays de Fayence, l’urbanisme sur pause pour préserver l’eau

    L’eau de Siagnole coule à flots. L’hiver pluvieux augure d’un été sans restriction. Rien à voir avec ce que les neuf villages du Pays de Fayence ont connu en 2022 et 2023. Depuis, la communauté de communes a pris une série de mesures inédites. En tête, le gel des permis de construire. Car dans ce territoire particulièrement attractif à la lisière du Var et des Alpes-Maritimes, la population ne fait que grandir et, avec elle, les besoins en eau.

    « Pendant longtemps, on a cru qu’il y aurait toujours de l’eau », reconnaît Jean Florimond, le président de l’association des usagers de l’eau du Pays de Fayence. Il y a quatre ans pourtant, les habitants réapprenaient brutalement l’évidence : l’eau est une ressource finie. Ils en font l’expérience dès février 2022 lorsque tombent les premières alertes « sécheresse ». Puis, en mai, la première limitation de l’usage de l’eau : 200 litres par jour et par personne. À l’été, le quota baisse encore à 150 litres. À 100 litres mi-octobre. L’approvisionnement est au bord de la rupture.

    Un saut dans le vide validé par la justice

    « Ce qu’on considérait comme une anomalie a pris le tour d’une crise sans précédent », résume François Cavallier, maire de Callian et nouveau président de l’intercommunalité. Un coup de semonce pour les édiles, comme pour les résidents. Tous le savent bien désormais : « La normalité apparente de ce printemps cache une fragilité structurelle ».

    C’est pour agir sur ce point que, début 2023, les neuf maires prennent une décision unanime : un moratoire sur les permis de construire, gelés pour cinq ans, afin de contenir les besoins en eau. « Nous sommes contents d’être attractifs, reprend le maire de Callian, mais il faut que nous puissions accueillir les gens. La stabilisation de l’urbanisme, c’est une pause pour mettre à niveau nos services ». D’ici à fin 2027, une conduite depuis le lac de Saint-Cassien doit ainsi venir soutenir l’alimentation en eau.

    « C’était un saut dans le vide, revendique François Cavallier, car nous n’avions pas qualité pour prendre cette décision ». Mais l’État suit. Et lorsque certains portent le refus de permis de construire qui leur est opposé devant la justice, le tribunal administratif, puis le Conseil d’État, donnent raison aux élus. « Une véritable satisfaction », se félicite le président du Pays de Fayence. Qui se réjouit aussi que, depuis, la mesure ait fait des émules : le Vaucluse, les Pyrénées orientales et l’Ain, des départements connaissant de fortes tensions sur l’approvisionnement en eau, ont pris des décisions similaires.

    Les limites du technosolutionnisme

    Le moratoire est bien accepté par la population, qui « a compris qu’il n’y avait pas d’autres choix », souligne encore l’élu. « On est rassuré par le sérieux avec lequel le problème est géré », confirme Jean Florimond. Pour autant, le dispositif n’est pas sans conséquence. « On observe clairement une hausse des prix de l’immobilier et une raréfaction des biens », admet François Cavallier.

    Ainsi, la question de l’accès au logement se pose-t-elle. Tout comme celle des carnets de commandes des professionnels du bâtiment, « mis en difficulté », regrette le maire de Callian. « La sobriété foncière a des avantages, mais on ne pourra pas la tenir indéfiniment ». Reste donc à savoir « ce que nous ferons en 2028 », une fois le moratoire arrivé à échéance.

    Parce que « même avec l’eau du lac, il faut changer de paradigme », prévient François Cavallier, avant d’asséner : « Le technosolutionnisme, tout comme la ressource, a des limites ». Jean Florimond ne dit pas le contraire. Au-delà des infrastructures, l’association des usagers de l’eau du Pays de Fayence prône une gestion plus sobre. Par l’amélioration des réseaux et de leurs rendements, mais aussi une tarification incitative, en cours d’élaboration, récompensant les foyers les plus économes.

    « On l’a vu entre l’été 2022 et l’été 2023 : lorsque les tarifs augmentent avec la consommation, celle-ci baisse de 30% », remarque François Cavallier. Sans ça, renchérit le président des usagers, « les gens se désintéressent de la problématique ». Le risque de pénurie, lui, demeure.

    Par Virginie Rabisse Var Matin

  • [EQDD] à Valensole, les amandiers sous économie d’eau

    [EQDD] à Valensole, les amandiers sous économie d’eau

    Sondes détectant les besoins en eau des arbres, stations météo, arrosage sous-terrain… Depuis plusieurs années, le producteur d’amandes installé sur le plateau de Valensole Jean-Pierre Jaubert redouble d’efforts pour s’adapter au changement climatique et développer des techniques agricoles innovantes et respectueuses de l’environnement sur son terrain. « On a une totale traçabilité, on y tient », revendique l’agriculteur, fier de montrer son tout nouveau cassoir d’amandes en inox français. Un trieur optique équipé de caméras lui permet de détecter rapidement les imperfections et de trier les amandes. « Je les fais ensuite sécher naturellement dans mon hangar pendant un mois et demi, contrairement aux concurrents qui utilisent du fioul électrique et qui envoient casser leurs amandes en Espagne, ce qui leur revient moins cher », explique-t-il.

    Sur son exploitation, Jean-Pierre Jaubert a fait le choix de ne pas utiliser de glyphosate, contrairement à d’autres agriculteurs de la région. « J’ai cinq petits-fils, donc je ne veux pas leur transmettre quelque chose de moche, des produits chimiques », défend-il. Chez lui, la culture de l’amande a toujours été une histoire de famille, d’héritage, de transmission et de traditions. « Ma famille est là depuis 300 ans. On est l’une des plus vieilles familles du plateau de Valensole. On a toujours été ici », explique-t-il.

    C’est notamment l’entreprise manosquine l’Occitane en Provence qui l’a poussé à améliorer ses techniques agricoles, à développer de nouveaux outils et à les rendre plus vertueuses pour l’environnement. « Ils sont très pointilleux. Des ingénieurs agronomes me suivent pour voir l’engrais que j’utilise, les analyses de sol... », explique-t-il. Il a par exemple installé « des tuyaux d’irrigation souterrains pour éviter le gaspillage et l’évaporation d’eau ». Des sondes permettent de détecter les besoins des arbres et de fournir « la quantité d’eau qu’il faut au moment où il faut ».

    « Je cultivais ancestralement, comme mon grand-père. Puis, on s’est améliorés pour ne pas utiliser de produits nocifs », se rappelle le producteur. « À l’origine, Olivier Baussan, le fondateur de l’Occitane, m’avait demandé de faire un essai. J’ai alors planté 5 000 amandiers d’un coup. Il m’a dit que j’étais fou, mais ça a marché ! » Jean-Pierre Jaubert vend ses amandes en boutique à des touristes, principalement étrangers et asiatiques, qui achètent plus que les Français. Mais, « cette année, on a peur qu’il n’y ait pas de touristes avec le prix du kérosène », craint-il

    Par Lisa Défossez La Marseillaise

  • [EQDD] Incendies en Corse : Science, technologie et citoyens au service de la prévention

    [EQDD] Incendies en Corse : Science, technologie et citoyens au service de la prévention

    Les chiffres de la préfecture dressent un tableau contrasté. En Haute-Corse, entre juillet et septembre 2025, 118 départs de feux de végétation ont été recensés pour 300 hectares brûlés – contre 103 départs et 129 hectares en 2024. En Corse-du-Sud, 83 départs pour seulement 33 hectares cette année. Des chiffres qui peuvent paraître rassurants, mais qui masquent une réalité plus inquiétante. « On a moins de feux, mais nous sommes confrontés à des feux qui sont plus puissants », résume le lieutenant-colonel Octavien Meschini, chef du groupement Feu, espace naturel et résilience au Service d’incendie et de secours (SIS) de Haute-Corse. En 2023, plus de 20 000 hectares avaient brûlé en un seul été dans le département.

    Pour expliquer ce paradoxe, le lieutenant-colonel Meschini pointe le rôle du changement climatique sur la végétation : « Ce combustible est plus soumis aux effets du changement climatique, avec du dépérissement, du dessèchement. On a des contextes de plus en plus favorables aux feux, y compris tout au long de l’année ». Résultat ? Des incendies d’un nouveau type, que les pompiers appellent les « feux hors-norme ». « Face à des feux comme ça, la lutte est pratiquement dépassée », reconnaît-il. La Corse n’en a jamais connu, mais le Portugal en 2017 ou la Grèce en 2023 ont montré la puissance dévastatrice de ces brasiers.

    François-Joseph Chatelon, maître de conférences à l’Université de Corse et membre du Projet Feux depuis 2007, confirme : seulement 2% des incendies provoquent l’essentiel des destructions. L’exode rural aggrave le phénomène : « Vous avez de la végétation de plus en plus dense, de plus en plus haute, qui n’est pas nettoyée. La puissance du feu va gagner en intensité jusqu’à dépasser le seuil où tous les moyens de lutte, y compris aériens, ne peuvent plus le contrôler ».

    Plus redoutés encore, les incendies éruptifs : « Un feu qui va brusquement changer son comportement avec une accélération très forte, sans changement dans les conditions météo. Pour les pompiers, ils sont incapables de le prévoir ». La Corse en a payé le prix fort en 2000 à Palasca, où deux pompiers ont perdu la vie.

    Pour y faire face, le SIS 2B s’appuie sur le plan de protection des forêts et des espaces naturels contre les incendies (PPFENI), révisé en 2024 pour dix ans et décliné en 21 fiches d’actions. Chaque mercredi estival, une réunion interservices pilotée par le préfet anticipe les journées à risque et prépositionne les moyens. « L’idée, c’est de mobiliser fortement lorsqu’on a des conditions de risque les plus élevées », explique Octavien Meschini. Avec notamment l’appui des forestiers-sapeurs qui déploient 19 patrouilles minimum l’été.

    Terrain, technologie et mobilisation citoyenne

    Dans les villages d’Oletta et de Poggio-d’Oletta dans le Nebbio, touchés par de violents incendies l’été dernier, la réserve communale illustre ce maillage citoyen : 35 bénévoles dirigés par Jean Canu, ancien pompier fort de 41 ans de carrière passé par le Bataillon de marins-pompiers de Marseille. « Notre force, c’est le travail interservice, la prévention et l’anticipation », résume-t-il, lui qui observe le changement climatique au quotidien. Avant, il y avait quatre saisons. Aujourd’hui, la végétation est en permanence en stress hydrique et le vent n’est pas là pour arranger les choses ». La réserve sensibilise les habitants aux gestes essentiels : débroussailler, fermer les fenêtres et portes en cas de feu. « C’est une des premières préventions à la propagation des flammes », rappelle-t-il.

    À cette vigilance humaine, s’ajoute désormais un œil technologique. Joseph Capocchi, dirigeant de CGS Sécurité en Plaine orientale, a développé une solution de vidéosurveillance thermique pour la détection des feux de forêt : des caméras installées en points hauts, rotation à 360°, portée jusqu’à 16 km, opérationnelles de jour comme de nuit par tous les temps. « Entre 30 secondes et 1 minute 30, l’alerte est transmise aux pompiers avec un point GPS à 100 mètres près », précise-t-il. Testé à Ventiseri « avec des résultats jugés concluants par les sapeurs-pompiers », le dispositif vise désormais un déploiement à l’échelle des intercommunalités corses.

    « La meilleure des protections, c’est le débroussaillement autour de sa maison », martèle Octavien Meschini. Une conviction partagée par François-Joseph Chatelon, qui alerte sur un danger nouveau : « La saisonnalité des feux augmente. On peut avoir un feu en hiver qui devient un feu de forte puissance. C’est le nouveau danger ». Pour y répondre scientifiquement, le projet GOLIAT a déjà produit un simulateur de propagation et l’outil Dimzal, utilisé sur le terrain pour dimensionner les zones d’appui à la lutte. Le projet Présage doit désormais pérenniser ces acquis. La Corse brûlera encore, mais elle s’y prépare autrement.

    Par Pierre Gianelli Corse Matin

  • [EQDD] La montée des risques climatiques pèse lourd sur les collectivités

    [EQDD] La montée des risques climatiques pèse lourd sur les collectivités

    Inondations, sécheresses, retrait-gonflement des argiles… Le Nord et le Pas-de-Calais sont fortement exposés aux événements naturels. Et le changement climatique induit un risque supplémentaire par son amplification des phénomènes. À l’image des inondations dans le Pas-de-Calais à l’hiver 2023-2024, plus d’une fois et demie centennale. « Les dégâts causés par les catastrophes naturelles augmentent énormément comme les risques qui ne sont pas équitablement répartis entre tous les territoires, quand les Hauts-de-France sont très impactés », souligne Robin Ehl de l’ONG Oxfam France qui fait partie comme 36 autres organisations du Réseau Action Climat.

    Des déconvenues

    En 2025, le coût des événements naturels a atteint 5,2 milliards d’euros, soit la neuvième année la plus coûteuse pour les assureurs, selon les données de France Assureurs. Et selon son étude « Impact du changement climatique sur l’assurance à l’horizon 2050 », le coût des catastrophes naturelles pourrait doubler passant de 73,4 milliards d’euros sur la période 1989-2019 à 143 milliards entre 2020 et 2050.

    Assurer le risque va devenir un gouffre, avec un impact non négligeable sur les finances des collectivités territoriales, qui en paient déjà le prix. À Blendecques (Pas-de-Calais), commune la plus touchée par les inondations de 2023-2024, avec des dégâts sur les équipements publics estimés à quatre millions d’euros, le coût de l’assurance a été multiplié par trois, passant de 47 000 à 142 000 euros par an, et la franchise multipliée par cinq. Autre déconvenue, un courrier de résiliation lui avait été envoyé par son assureur un an après les crues. Si les choses ont fini par s’arranger à Blendecques, la résiliation demeure une menace pour les collectivités. Selon une mission d’information du Sénat, 20% des 713 communes répondantes à la consultation de la chambre des territoires, ont vu leur contrat résilié à la demande de leur assurance, « avec un préavis d’un à deux mois dans 11% des cas ».

    « Pas intéressant »

    « On a le sentiment, nous les maires, qu’on représente un petit marché qui n’est pas intéressant pour les assureurs, dénonce Frédéric Leturque, maire d’Arras et président de l’Association des maires de France du Pas-de-Calais (AMF 62). Avec le dérèglement climatique et l’aggravation des risques, on subit une hausse des primes, jusqu’à 200% pour certaines communes, et une non-réponse à nos appels d’offres ». L’AMF 62 recense une vingtaine de communes ayant des soucis d’assurabilité dans le département. France Assureurs, qui dit suivre le sujet depuis plusieurs années, reconnaît « un marché en difficulté en raison de la montée des risques, mais qui reste stable, nous n’observons pas de résiliations massives des contrats en 2024 ».

    À Arques dans l’Audomarois, la ville avait signé juste avant les inondations, son contrat pour quatre ans, « mais à l’issue d’une longue procédure et avec un seul assureur qui avait répondu à notre appel d’offres, signale le maire Benoît Roussel. Quand nous avons été inondés, notre assureur nous a fait un avenant avec une hausse de 30% de la prime sur les bâtiments, passant ainsi de 100 000 à 130 000 euros par an », dans une ville qui présentait une facture de 850 000 euros de dégâts sur ses bâtiments publics.

    Des solutions

    Si les collectivités parviennent encore à s’en sortir, « la situation n’est pas durable, appuie Frédéric Leturque. Il faut un changement de braquet ». Il esquisse des solutions : « Il faut encourager le regroupement des communes pour faire des appels d’offres ; il faut que l’État soit pressant afin que les assureurs répondent aux appels d’offres ; et qu’il garantisse certaines assurances car tout ne peut pas être tenu par le marché privé, dit-il. On s’interroge aussi sur la création d’une co-assurabilité, les collectivités mettent au pot commun, à l’échelle communautaire par exemple, pour avoir une enveloppe de soutien ».

    Par Aïcha Noui La Voix du Nord

    CollectivAssur, un soutien pour les collectivités en difficulté

    Le sujet de l’assurabilité des collectivités territoriales a émergé en 2023 après les émeutes qui ont causé 189 M d’euros de dégâts aux collectivités. Depuis, les alertes, notamment de l’Association des maires, se sont multipliées sur les risques d’inassurabilité, notamment en raison des événements climatiques. Commission interministérielle, Roquelaure des collectivités locales sur l’assurabilité pour trouver des solutions, création d’un guide des marchés publics d’assurance, et, parmi les dispositifs aboutis, la cellule CollectivAssur, lancée en juillet 2025 par France Assureurs : elle permet d’accompagner et d’aider les collectivités en difficulté à trouver une assurance. En France, 132 collectivités territoriales, – dont 52% de communes et 35 collectivités réellement sans assurance -, auraient à ce jour saisi la cellule.