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  • Romane Moulai défendra son titre mondial lors d’une soirée à la Villa M

    Romane Moulai défendra son titre mondial lors d’une soirée à la Villa M

    Sur ses terres, Romane Moulai (7 victoires, dont 3 par K.O. – 0 défaites) a envie de prouver au monde entier qu’elle est bien une championne. Elle en aura l’occasion le 7 février, à la Villa M, à Marseille, où elle défendra son titre IBO des poids mi-mouches face à la boxeuse philippine Althea Shine Pores. « J’ai pour ambition de garder mon titre à la maison, aller chercher le sommet de la boxe féminine et représenter Marseille à l’internationale », martèle l’ancienne protégée de Louis Lavaly, désormais suivie par Kassa Baradji à Drancy, en région parisienne. Ce face à face à venir sera son premier à Marseille depuis qu’elle a été sacrée championne du monde, le 14 juin dernier. « C’est une étape avant de débuter ma préparation pour les Jeux de Los Angeles 2028 », confie-t-elle, en soulignant qu’elle commencera dès « le lendemain » de l’affrontement à la Villa M, qui accueillera 230 spectateurs.

    Un gros duel marseillais

    Six combats amateurs entre boxeurs et boxeuses de la région et un affrontement entre l’expérimenté marseillais Gianni Carullo (7 victoires – 4 défaites – 2 nuls) et le jeune pennois Kemil Mansour (2 victoires – 3 défaites) se succéderont en amont du main-event entre Moulai et Pores. « Tout le monde à Marseille nous connaît tous les deux, ça donne plus de piment à notre combat », souligne Carullo, habitué de combattre à domicile face à des combattants de la région. Ce qui lui a toujours bien réussi jusqu’ici.

  • Elite Fondations plongera dans le grand bain à Marseille

    Elite Fondations plongera dans le grand bain à Marseille

    Quand la petite équipe suisse entre dans la cour des grands. Elite Fondations Cycling Team, créée en 2021, passe un nouveau palier cette saison en lançant une équipe continentale UCI (3e division). Une entrée dans le monde professionnel qui débutera le 1er février sur le tracé du Grand Prix de Marseille – La Marseillaise. « On va essayer de mouiller le maillot et de se mettre en évidence du mieux que l’on peut », souligne Laurent Dufaux, co-fondateur de la structure et ancien partenaire de Richard Virenque chez Festina et Quick Step-Davitamon.

    Éloigné des pelotons professionnels depuis 2004, après avoir fini par deux fois quatrième du Tour de France, le grimpeur suisse portera la casquette de directeur sportif pour la course phocéenne. « J’ai dû y participer deux ou trois fois. C’était un rendez-vous important, surtout pour Richard [Virenque] qui a grandi dans cette région. Il était toujours en forme et prenait l’échappée très tôt. J’en garde de très bons souvenirs, notamment avec le passage par le col de la Gineste », raconte celui qui distillera de précieux conseils à son équipe composée majoritairement de jeunes coureurs.

    Plus de 150 candidatures

    « Notre mission première est de former les jeunes, de les intégrer, de leur transmettre notre savoir-faire, notre passion, et surtout de leur mettre à disposition une infrastructure, une logistique, et leur trouver un programme de course digne de ce nom, parce qu’en Suisse, il y a malheureusement de moins en moins de courses dignes de ce nom pour progresser », déplore Laurent Dufaux, contraint d’avoir placé ces dernières années ses protégés dans le calendrier français, avec des participations au Grand Prix Bédarieux, au Tour de Saône-et-Loire, au Tour du Beaujolais.

    Elite Fondations a également pu participer à des courses plus prestigieuses grâce à son statut national, à partir de 2023, comme le Grand Prix de Lillers, le Tour des 100 communes, l’Alpes Isère Tour et même le Liège-Bastogne-Liège espoirs. Avec le statut d’équipe « Conti » désormais, et grâce au coup de main de Frédéric Rostaing, ancien directeur sportif du VC La Pomme, les Suisses vont pouvoir se confronter au gratin mondial lors d’épreuves comme le Grand Prix La Marseillaise et l’Étoile de Bessèges. « On a reçu plus de 150 candidatures pour intégrer notre Team », signale « Duduf », qui débutera la saison avec un effectif de dix coureurs. Parmi eux, Valentin Darbellay, passé par chez Corratec, et Victor Jean, dernier lauréat du Tour de Moselle, en seront les fers de lance.

  • « Pouvoir partager ça avec les licenciés du club »

    « Pouvoir partager ça avec les licenciés du club »

    La Marseillaise : Comment avez-vous préparé cette rencontre de Coupe de France ?

    Zaki Noubir : Avec beaucoup d’enthousiasme, beaucoup de plaisir et vraiment aucune pression. Je pense que c’est important, même si, aujourd’hui, il y a un enjeu. Ça ne doit pas prendre la place sur le jeu et c’est en ce sens-là que j’ai orienté ma semaine. Mais cette orientation-là, elle est aussi en championnat.

    Comment jugez-vous votre première partie de saison, avec cette 6e place en championnat et le parcours en Coupe de France ?

    Z.N. : Forcément très intéressante, parce que c’est un effectif qui a été reconstitué durant la période estivale. Dans le but de répondre aux exigences de ce championnat, mais aussi à la philosophie du club, qui souhaite impulser une nouvelle direction. Aujourd’hui, on en est plutôt satisfait. on sait très bien que c’est un championnat à deux vitesses. La deuxième partie de saison va être assez rythmée. La Coupe, c’est très positif. Aller en 16e de finale aujourd’hui, quand on n’a pas connu cela depuis de nombreuses années… Forcément, c’est une vraie satisfaction. Et une satisfaction aussi de pouvoir partager ça avec l’ensemble des licenciés du club, mais également avec les passionnés d’Istres et de football.

    De quelle manière gérez-vous ce groupe jeune, vous qui êtes vous-même un jeune entraîneur en bas âge ?

    Z.N. : Bien sûr que c’est mon travail, il y a beaucoup de jeunes encadrés par des joueurs plus expérimentés, mais ça fonctionne bien. Peu importe l’âge, l’idée est de leur donner des responsabilités, de les faire grandir et de les mettre en pratique à travers les matches que l’on a le week-end. En tout cas, mon âge, au quotidien, n’est pas une barrière. L’important est que je sois en capacité de fédérer autour de mes idées. La franchise, le travail et la passion, c’est ce qui me caractérise.

  • Foued Kadir, 42 ans et toujours au front avec Istres

    Foued Kadir, 42 ans et toujours au front avec Istres

    Il fait partie des joueurs les plus expérimentés dans les quatre premières divisions françaises, avec l’emblématique capitaine de l’OGC Nice, Dante (42 ans). Inoxydable, inépuisable, Foued Kadir court toujours après deux décennies passées sur les terrains professionnels. À 42 ans, le milieu offensif d’Istres (National 2) s’apprête à jouer un seizième de finale de Coupe de France face au Stade Lavallois (Ligue 2).

    Ce samedi, à 18h, il souhaite voir sa formation vaincre le club mayennais. En tout cas, les espoirs sont bien présents. « Ça reste un match de Coupe de France, donc je vais être franc, je pense que l’on a toutes nos chances. On n’a rien à perdre. Si on est éliminé, ce sera logique, si on gagne, c’est l’exploit. On va tout donner », raconte le Martégal de naissance.

    Cette saison, l’ancien milieu offensif de l’OM, de Valenciennes ou encore du Betis laisse transparaître qu’il va bien. Physiquement, il y a eu des hauts et des bas, avec une longue coupure qui lui a mis du plomb dans l’aile, mais le joueur est toujours motivé. « J’étais en pleine forme en début de saison, j’étais au top physiquement et malheureusement, j’ai été coupé dans mon élan par une suspension et une blessure. Je n’ai pas joué pendant presque deux mois et j’ai fini par retrouver du temps de jeu en fin d’année. Je me sens de mieux en mieux. »

    Il ne pense pas encore

    à la retraite

    Pour continuer de s’entraîner tous les jours, alors que la quasi-totalité de sa carrière est derrière lui, Foued Kadir montre que deux sentiments prédominent. « L’envie est intacte. À mon âge, la notion restante, c’est aussi celle du plaisir. Je me lève le matin, je suis super content d’aller à l’entraînement. Quand il n’y aura plus cette notion de plaisir, j’arrêterais sûrement, mais pour l’instant, elle est toujours là », décrit le quadragénaire.

    Justement, ce dernier n’envisage pas encore la retraite. En fin de contrat au 30 juin 2026, ses pensées ne se tournent pas encore vers une reconversion, bien au contraire. Kadir souhaiterait continuer : « Il se passera ce qu’il se passera, mais si on peut prolonger l’aventure, ce sera avec plaisir. »

    Celui qui se voit comme « un grand frère » au sein de ce jeune vestiaire ne sait pas encore ce qu’il fera après sa carrière de joueur. Pas entraîneur, c’est certain, car c’est un poste « qui ne permet pas la déconnexion ». Le père de famille ressent une pointe de déception lorsqu’il voit l’horaire de son match de Coupe de France.

    En effet, l’Algérie joue son quart de finale de Coupe d’Afrique en même temps. L’international aux 25 sélections ne pourra pas suivre les siens, à son plus grand regret. « Je ne verrai le score qu’à la fin de notre match. Je les suis toujours énormément et je suis fier de leur parcours. Ils vont jouer contre le Nigeria d’Eric Chelle, qui a été mon coach à Martigues, donc vraiment déçu de ne pas suivre ça en direct », raconte-il.

    Istres a rendez-vous avec son histoire, ce samedi, et pourra compter sur Foued Kadir pour renverser un club professionnel. Son inestimable expérience ne sera pas de trop.

  • Un détenu blesse trois surveillants à la prison de Luynes

    Un détenu blesse trois surveillants à la prison de Luynes

    L’homme, de nationalité française, a porté plusieurs coups de ciseaux à des surveillants, alors qu’il était entendu, peu avant 8h, dans un bureau suite à l’agression de son codétenu la nuit précédente. « C’est un détenu qui a agressé plusieurs surveillants avec une arme blanche, précisément une paire de ciseaux. Il est très probable qu’il les ait pris sur le bureau dans lequel il était avec un surveillant, mais pour l’instant, ça reste encore un petit peu flou », a déclaré le procureur de la République d’Aix-en-Provence, Jean-Luc Blachon.

    « Au total, donc, il y a trois surveillants qui ont été blessés, dont un très grièvement (qui) a été hospitalisé, mais à cette heure, ses jours ne sont pas en danger », a-t-il ajouté. Selon les premiers éléments recueillis, les surveillants lui avaient demandé de venir s’expliquer car son codétenu avait le visage tuméfié et l’a désigné comme son agresseur. « C’est là, dans un bureau des surveillants, que le détenu a sauté sur un surveillant, et lui a asséné plusieurs coups de ciseaux au niveau du cou », selon le procureur.

    Il y a au moins deux fonctionnaires blessés gravement et un troisième, intervenant pour mettre fin à l’agression, a été blessé plus légèrement et est en état de choc, selon l’administration pénitentiaire.

    « Leur vie n’est pas en danger », a assuré sur X le garde des Sceaux, Gérald Darmanin qui a dépêché sur place le préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowksi. « Mon soutien est total et inconditionnel aux agents pénitentiaires qui exercent une mission dangereuse avec beaucoup de courage et d’humanité », a ajouté le ministre.

    L’agresseur en garde à vue

    Le préfet Jacques Witkowski « condamne avec la plus grande fermeté cette agression violente et réaffirme tout son soutien à l’ensemble des fonctionnaires pénitentiaires engagés avec force et courage dans leur difficile et nécessaire mission », indique la préfecture sur X.

    L’agresseur, qui a été placé en garde à vue, avait été condamné en 2025 à deux reprises à quelques mois d’intervalle pour violences et outrages contre des surveillants lorsqu’il était détenu à Toulon ou à Avignon-Le Pontet, selon le procureur.

    Écroué en détention provisoire depuis avril 2024 pour viol et violences sur conjoint dont l’information judiciaire est toujours en cours, il était à Aix-Luynes depuis avril 2025. Une enquête a été ouverte pour tentative d’homicide volontaire et violence volontaire sur personne dépositaire de l’autorité publique, en récidive.

    Sous-effectif chronique de surveillants, surpopulation carcérale, insalubrité : les prisons françaises sont au point de rupture, s’alarment régulièrement les acteurs de la pénitentiaire. La situation est particulièrement critique dans les maisons d’arrêt, courtes peines ou personnes en attente de jugement, comme celle d’Aix-Luynes où se sont multipliés ces dernières années les incidents, dont des violences entre détenus. Luynes, une des plus importantes prisons de France, est confrontée à un taux de suroccupation moyen de 150% avec 2 000 détenus hébergés sur 1 200 places, avaient alerté les autorités judiciaires locales en 2024.

    Devant la maison d’arrêt d’Aix-Luynes, plusieurs responsables syndicaux sont venus apporter leur soutien à leurs collègues agressés. Ce détenu « a un palmarès long comme le bras, comme on en a beaucoup trop déjà (…) Il aurait dû normalement être pris en charge dans une cellule individuelle, mais on n’a pas les moyens de le faire, on n’a pas les moyens de prendre en charge correctement des détenus », a déclaré Amandine Cordier, secrétaire nationale Ufap-Unsa Justice. Les syndicats réfléchissent à une possible action de blocage.

  • L’union de la gauche aux municipales s’agrandit autour d’Ariane Lombardi

    L’union de la gauche aux municipales s’agrandit autour d’Ariane Lombardi

    On aurait dû péter un mur » glisse Ariane Lombardi, la candidate communiste et tête de liste d’union de la gauche pour les municipales à Marignane, alors que son local de campagne de la rue Maurice-Noguès est rempli à craquer ce vendredi soir.

    Il y a une raison à cela. Outre la présence du PCF, du PS et des Écologistes (La Marseillaise du 22/11), la soirée d’inauguration est l’occasion pour la candidate d’annoncer « le soutien officiel de Debout!, L’Après, Génération.s et Gauche républicaine et socialiste » à la liste Mieux vivre à Marignane qu’elle conduit. « C’est avant tout une aventure collective portée par des valeurs de gauche assumées de solidarité de justice sociale et de respect et sens du commun », considère la candidate, pour qui « la commune est un refuge quand les crises se succèdent et les inquiétudes grandissent, son rôle est d’être au plus près avec du service public et du lien social ».

    « Un projet réaliste »

    Ariane Lombardi annonce trois projets d’ampleur pour son programme. « Nous créerons un centre de santé municipal pour garantir un accès aux soins de proximité sans dépassement d’honoraires », affirme-t-elle. Dans la même veine, « nous créerons un centre social ouvert à la jeunesse et à l’ensemble des habitants », un lieu « d’accompagnement des familles et d’aide à l’insertion » projette la candidate. Le renforcement des effectifs de police municipale et d’agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (Atsem) est également au programme d’un « projet humain, de gauche, réaliste et sérieux ».

  • Dans un contexte « inquiétant », la Ville comme stabilité

    Dans un contexte « inquiétant », la Ville comme stabilité

    Campagne électorale oblige, Gaby Charroux (PCF) a opté pour la « retenue » lors de ses vœux à la population. Pas d’évocation de programme ni d’attaque à l’encontre de ses adversaires, présents dans la salle, donc. C’est au sein d’une Halle de Martigues comble que le maire, qui brigue un 4e mandat, a fait part de ses craintes quant à l’état du monde, en cette nouvelle année qui s’est ouverte sur l’attaque de Donald Trump à l’encontre du Venezuela, en violation du droit international.

    « Oui je suis inquiet quand une grande puissance s’improvise gendarme du monde en ne respectant pas, au passage, ses propres lois, assume-t-il. Inquiet des menaces proférées, par cette même grande puissance, à l’endroit, notamment, d’un pays européen. Inquiet de la docilité de nos dirigeants. »

    Alors que les conflits se multiplient, Gaby Charroux l’assure : « Parler de paix n’est pas un caprice. (…) C’est refuser la tentation de la division pour privilégier la voie de l’unité, de la concorde et de l’amitié entre les peuples. »

    Des repères et du lien

    Au milieu de cette instabilité, tant de l’ordre international que de « nos institutions nationales », et de l’incertitude qu’elle engendre pour la population, le maire-candidat rappelle : « Les collectivités territoriales, et plus spécifiquement les communes, ont été des espaces de stabilité », fustigeant le gouvernement Bayrou d’avoir amputé leur budget faisant perdre, « pour près de 2 000 communes, plus de 250 millions d’euros » avec le dispositif Dilico, dont 2 millions à la Ville de Martigues en 2025.

    « Les communes offrent des repères, créent du lien (…) répondent présentes à chaque étape de la vie de nos administrés » affirme celui qui veut repartir afin de poursuivre les actions menées lors des derniers mandats.

    « Je suis content d’entendre les soutiens apportés à cette politique municipale, même si elle n’est pas parfaite, consent Gaby Charroux. On a besoin de batailler encore pour un certain nombre de dossiers difficiles dont nous avons perdu la compétence, je pense à la collecte des ordures ménagères qui agite chacun d’entre nous. Mais on a besoin de ces pôles solides que sont les collectivités territoriales, qui ne bougent pas dans la tempête malgré des budgets amputés. Ce sont grâce à elles que les habitants ont accès à des services publics de qualité et de proximité, qui sont d’intérêt général. »

  • « On risque de perdre la dimension humaine de la médecine »

    « On risque de perdre la dimension humaine de la médecine »

    La Marseillaise : Pourquoi aller manifester à Paris ce samedi ?

    Alice Starkman-Eusebio : C’est la dernière chance. Je suis en grève pour protester contre diverses mesures du budget de la Sécurité sociale et j’irai manifester contre les éléments de ce projet. Ils mettent, selon moi, fin à l’exercice de la médecine générale, celle qui me motive. Tout deviendrait régi par des décisions comptables et économiques. On perd complètement la dimension humaine qu’on a déjà du mal à faire encore dans notre pratique quotidienne.

    Prenons l’exemple des transports médicalisés. Qu’en est-il ?

    A.S.-E. : Pour nos patients très âgés qui ne peuvent pas se rendre à l’hôpital autrement qu’en ambulance, je prescris le transport. Ça fait déjà plusieurs fois que la Sécu vient me voir en me disant que je prescris trop d’ambulances. Or, j’ai une patientèle plutôt âgée avec beaucoup de pathologies, ce qui n’est pas pris en compte, car la Sécu ne recoupe pas les fichiers. Si je prends un exemple, j’ai une dame de 94 ans, sans famille, qui a besoin d’aller voir son rhumatologue à l’hôpital. Quand je lui ai dit que je ne pourrais peut-être plus continuer à marquer le bon de transport pour l’ambulance, elle est partie en pleurs. C’est une source de stress énorme pour elle. Je me suis dit, c’est pas possible, je ne peux pas travailler comme ça.

    Sur la question des dépassements d’honoraires, comment sont-ils définis ?

    A.S.-E. : On est censé décider de nos dépassements « avec tact et mesure », c’est la formule consacrée. Ça veut dire qu’on est censée s’adapter aux gens que nous avons en face de nous, et ne pas faire n’importe quoi. Le premier problème est d’arriver à le faire comprendre et accepter par les patients. Pourquoi fait-on du dépassement ? Par exemple, moi, je me pose la question sur les consultations très longues. J’ai de plus en plus de patients qui arrivent avec huit problèmes, ou tous leurs résultats d’un coup. J’ai des créneaux de 20 minutes, et là, c’est pas possible. Pareil, si on doit reprendre un dossier sur plusieurs années, voir tout un historique. Je n’ai pas le droit de coter plus d’une seule consultation dans le cadre de la convention. Le dépassement correspondrait alors au temps supplémentaire. Aujourd’hui, toutes les consultations sont plus longues, on doit trouver des solutions pour le manque de rendez-vous de dermato ou de scanner… On perd du temps et tout ça n’est pas pris en considération, ni valorisé. Une de nos revendications est d’ailleurs une cotation sur les consultations longues ou compliquées, qui serait conventionnée.

    La question des déserts médicaux revient aussi souvent…

    A.S.-E. : Premier questionnement : pourquoi les médecins, si personne d’autre n’y va ? S’installer dans un endroit, sans école, sans service public… C’est quand même compliqué. Après, sur la mise en place, il y a le projet pour que les internes de 4e année de médecine générale s’installent là-bas. Nous, on trouve ça un peu limite d’envoyer des jeunes seuls, pas expérimentés, dans des endroits où ils vont devoir se roder. Pas vraiment favorable, ni pour eux, ni pour leurs patients.

    Envoyer des médecins installés travailler un ou deux jours par mois dans des déserts médicaux ?

    A.S.-E. : À la limite, mais ça pose plusieurs problématiques. Est-ce qu’il y a une secrétaire ? Des dossiers médicaux ? On ne connaît pas les gens. La complexité des consultations devient énorme. Depuis quand n’ont-ils pas vu de médecins ? Quand ont-ils été pris en charge ? Où sont les correspondants ? Les spécialistes ? Les hôpitaux ? Concrètement, ça paraît un peu compliqué. Quid du cabinet principal ? Les charges ? Mes patients ? On a posé des questions, sans vraiment avoir de réponse. À part « prenez un remplaçant ! ». Sachant qu’il n’y en a pas, le problème reste entier. Et je n’évoque pas la prise en charge des déplacements, ni du logement. À ce jour, on a juste reçu un courrier pour savoir si on était volontaire pour les déserts médicaux.

    Quelle serait la solution ?

    A.S.-E. : Il faudrait décentraliser la formation. Dans la réalité, les médecins s’installent soit là où ils ont grandi, soit là où ils ont fait leur internat, car c’est là qu’ils ont créé des liens. Il faut prendre ça en considération. C’est logique. C’est bien d’être entourés.

    Les modifications du numerus clausus dans les écoles de médecines, ont-elles changé des choses ?

    A.S.-E. : La situation démographique aujourd’hui de la profession était prévisible, et ce qui a été fait lors de l’augmentation des numerus clausus était totalement insuffisant. Ensuite, il y a quelque chose de nouveau, parmi les étudiants de première année : une proportion énorme qui abandonne. Ma génération en 96, nous étions une centaine. Si un abandonnait, c’était l’événement. Aujourd’hui, c’est de l’ordre de 20%. Autre fait, actuellement tous les généralistes fraîchement diplômés ne s’installent pas en tant que médecin traitant. Ils préfèrent faire des remplacements. Par exemple, dans le 7e, sur le nombre de médecins généralistes déclarant exercer dans l’arrondissement, seule la moitié est réellement installée, et suit des patients comme médecin traitant.

  • Au Rove, de premiers vœux de paix pour le maire Paul Sabatino

    Au Rove, de premiers vœux de paix pour le maire Paul Sabatino

    Les applaudissement étaient nourris ce vendredi soir, sous les guirlandes du gymnase Blaise-Gouiran, pour de nouveau rendre hommage au maire historique du Rove, Georges Rosso, disparu au mois de mai 2025. À l’occasion de ses premiers vœux à la population, Paul Sabatino tenu à saluer la mémoire de son prédécesseur qui, un an plus tôt sur la même estrade, annonçait qu’il lui transmettrait le flambeau. « Je voudrais que tu entendes, toi dont la place du village porte désormais le nom, ce tonnerre d’applaudissement des habitants qui ne t’oublient pas et te remercient », appelle ainsi l’édile communiste, après avoir honoré « un serviteur fidèle de l’intérêt général profondément attaché à son village ».

    Mais alors que l’année s’est ouvert sous le bruit des bombes au Venezuela, ce sont plus particulièrement des vœux de paix qu’a apporté le maire. « Mais ou s’arrêtera Donald Trump, quelle sera sa prochaine cible ? Est ce que la France et l’Europe vont enfin réagir à la hauteur de cet évènement ? », interpelle-t-il. Et d’appeler à « résister à la haine, au mensonge, aux idéologies qui font de l’autre un ennemi ».

    Sur scène, il tient aussi à rendre hommage aux forces de sécurité, particulièrement dans leur travail face aux dépôts sauvages et à la surfréquentation, il fait applaudir aussi toutes les associations rovenaines. « Grâce à nos bénévoles, notre village est plus vivant, plus humain, plus solidaire », souligne-t-il, avant d’évoquer le 90e anniversaire du Front populaire et des conquis sociaux à défendre « tellement importants pour les populations fragiles ».

  • Benoît Payan prêt à se lancer dans la campagne

    Benoît Payan prêt à se lancer dans la campagne

    Cette fois, ça y est. Ce samedi matin, le maire (DVG) de Marseille, Benoît Payan, doit selon nos informations officialiser sa candidature pour les prochaines municipales. Une annonce déjà esquissée par des affichettes collées en ville proclamant que « Marseille c’est toujours le printemps » qui ont fait grincer des dents dans les rangs d’une droite prompte à dénoncer cet affichage sauvage. De quoi présager un coup d’accélérateur dans une campagne certes engagée depuis la rentrée, mais qui peinait encore à prendre.

    Le terrain n’en a pas moins été soigneusement préparé. Depuis l’automne s’égrainent les ralliements des différentes formations politiques au Printemps marseillais, depuis le Parti communiste français le 2 octobre dernier jusqu’au Parti radical de gauche ce jeudi. Un rassemblement qui cette fois comprend également les Écologistes, malgré les affaires qui ont ciblé leur éphémère chef de file (notre édition du 09/01), ainsi que le parti de la maire adjointe (DVG) Samia Ghali, Marseille avant tout. « Ils ont fait partie de cette majorité pendant six ans, l’objectif est de poursuivre la transformation de notre ville », explique le président (G.s) du groupe Printemps marseillais, Pierre Huguet.

    Un état-major préparé

    Militants et élus ont aussi été très actifs pour occuper le terrain. Le 20 septembre dernier l’adjoint à l’éducation avait appelé « à la plus grande consultation citoyenne de Marseille ». Résultat : en quatre mois, plus de 15 000 portes ont été frappées dans les huit secteurs de la ville. « C’est notre marque de fabrique depuis 2020, nous faisons avec les habitants », appuie Pierre Huguet. Alors que la droite avait lancé son référendum pour tester ses propositions, que les insoumis avaient consulté à travers leur commission d’enquête citoyenne, « nous avons réalisé la plus grande opération de démocratie participative », assure-t-il. Avec en tête des résultats les préoccupations sur la propreté, la sécurité et les transports. « Ce sont des compétences métropolitaines, on voit bien que le service n’est pas rendu », glisse l’élu. S’ajoutent aussi des rencontres thématiques, qui ont permis de rencontrer un millier d’acteurs associatifs. « Cette matière viendra conforter le projet que l’on présentera aux Marseillais », assure Pierre Huguet.

    Pour le reste, tout est prêt. Déjà parmi les artisans de la victoire du Printemps marseillais en 2020, l’ancien directeur de cabinet du maire Arnaud Drouot dirigera la campagne de Benoît Payan. Un local est d’ores et déjà loué sur la Canebière, et les premières affiches officielles devaient y être livrées ce vendredi pour lancer des opérations de collage et de tractage dans toute la ville ce samedi. En attendant les propositions et les candidatures.