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  • [Entretien] Jean Denat (PS) : « Je suis un flamant rose au milieu de la marée noire »

    [Entretien] Jean Denat (PS) : « Je suis un flamant rose au milieu de la marée noire »

    La Marseillaise : Vous êtes le maire de Vauvert depuis 2014. Quel bilan tirez-vous de votre dernier mandat ?

    Jean Denat : Nous avons un très bon bilan ; les gens considèrent que la ville a bougé et qu’elle est plus attractive. D’ailleurs, le dernier rapport de l’Insee, paru en novembre dernier, nous dit que le nombre d’entreprises est passé de 712 à 902 en un mandat.

    Nous avons effectué une campagne de rénovation urbaine importante, sur l’habitat et sur le patrimoine bâti, comme avec la réhabilitation de la Tour de l’horloge. En termes de mobilité, la ville est passée en zone 30 et en zone 20 pour l’hyper-centre. Nous avons aussi développé le cheminement cyclable et piétonnier ; sans oublier la navette gratuite Vauveo et ses 36 arrêts, ou encore la navette gratuite Doveo, qui transporte les plus de 65 ans où ils le souhaitent… Enfin nous considérons aussi que la meilleure façon de s’opposer au Rassemblement national, c’est la proximité, l’écoute et la considération. C’est pour cela que nous avons développé nos cinq comités de quartier, que nous avons dotés d’un budget de 50 000 euros.

    Pourquoi souhaitez-vous poursuivre, et quels seront les axes forts du prochain mandat si vous êtes réélu ?

    J.D. : Je veux terminer le travail engagé… C’est comme si on avait réalisé une partie de la maison, qu’on était arrivé à l’étage et qu’il restait à poser le toit. Nous allons poursuivre l’effort en termes de sécurité : l’extension de la caserne de gendarmerie est l’investissement le plus important de la commune à ce jour ! La santé sera un autre axe fort. Nous allons poursuivre le développement de la Communauté professionnelle territoriale de santé, qui vient tout juste de commencer et qui vise à coordonner l’ensemble des acteurs du secteur pour faire en sorte que chaque usager ait un médecin. Dès 2026, nous voulons aussi mettre en place le dispositif des docteurs juniors, qui pourront pratiquer sous la houlette d’un tuteur, et dont nous souhaitons faciliter la venue en leur proposant un logement par exemple. En février, nous dévoilerons l’ensemble de notre programme, et il sera aussi question de pouvoir d’achat, de mobilité, de culture…

    Vous avez annoncé votre candidature depuis Gallician, l’un des deux hameaux que votre adversaire Nicolas Meizonnet (RN) vous reproche d’avoir abandonnés. Est-ce que c’était un pied de nez ?

    J.D. : Oui, à Gallician on est chez nous, et d’ailleurs nous avons été très bien accueillis (rires). Répéter un mensonge dix fois, ça n’en fait pas une vérité. Des investissements importants ont été réalisés dans les deux hameaux, Gallician et Montcalm. On a travaillé sur le centre de Gallician, réalisé une fontaine, investi dans l’école… Mais le RN parle aussi d’explosion fiscale alors que nous n’avons pas modifié le taux de la taxe foncière depuis 10 ans.

    Vous faites office d’exception dans ce coin du Gard acquis à la cause de l’extrême droite. Comment l’expliquez-vous ?

    J.D. : Je suis un flamant rose au milieu de la marée noire. Ici, le FN existe depuis 2002 ; Jean-Marie Le Pen était arrivé en tête au deuxième tour de la présidentielle. Il y a un phénomène ancien, et je crois qu’il existe un fond de racisme. Mais en réalité, à Vauvert je n’ai jamais perdu contre l’extrême droite. Quand j’ai perdu le canton, ici j’étais encore devant. J’ai toujours déconnecté la politique nationale de l’enjeu local. Je ne veux pas aller sur les débats qui ne nous concernent pas. La démarche politicienne est du côté de l’extrême droite.

    Vous n’avez pas encore présenté votre liste, mais elle sera citoyenne et de gauche plurielle. Est-ce que l’union est la dernière façon de s’armer contre l’extrême droite ?

    J.D. : Absolument ! J’ai rassemblé des gens qui ont pour dénominateur commun un socle de valeurs humanistes. Il y a des militants de gauche (socialistes et communistes) et une majorité qui ne milite nulle part. Je vais vous faire une confidence : je suis élu dans le Gard depuis 1989, mais si des gens de droite n’avaient pas aussi voté pour moi, je n’aurais jamais gagné. À Vauvert la clé tient pour partie à l’attitude d’une portion non négligeable de l’électorat issu de la droite modérée. Parce qu’ici, il n’y a plus de droite ; le Front National l’a digérée. Donc il faut que ces gens aussi arrivent à se retrouver dans notre projet.

  • Le plan B de la Région pour sauver Sud de France

    Le plan B de la Région pour sauver Sud de France

    Non, Sud de France n’est pas morte ! » Contrairement au bruit qui court, la marque ombrelle imaginée par Georges Frêche en 2006, à l’origine pour soutenir la seule filière viticole régionale, va continuer à exister et à se développer en Occitanie.

    En décembre 2025, le Conseil d’État a pourtant rejeté le dernier recours des défenseurs de Sud de France, qui regroupe désormais 27 filières et plus de 12 000 produits d’Occitanie. Avortée, cette tentative de la dernière chance en justice concernait uniquement les bouteilles de vin. Et le souhait de la Région de continuer à pouvoir y accoler sa marque fétiche reconnue à l’international. « On voulait conserver une double appellation : à la fois le terroir et la marque Sud de France. On a plaidé le contexte international compliqué, demandé une dérogation de quelques années », rappelle Patrice Canayer. En vain.

    Pas de quoi se lamenter pour l’élu régional en charge des marques. « On se serait bien passé de cette décision du Conseil d’État. Mais on ne va pas passer notre temps à pleurer, on avance ». En réalité, voilà près de deux ans que la collectivité, qui craignait cette éventualité, travaille en coulisses à un plan B. « On a créé un nouveau logo qui montre une indication géographique, une carte de France stylisée avec une pastille qui représente l’Occitanie, que les viticulteurs peuvent placer sur les bouteilles sans le nom de la marque », résume Patrice Canayer.

    Les grands salons viticoles en ligne de mire

    Laquelle marque est devenue un « bloc marques » qui se nomme désormais « Occitanie Sud de France » ou « Sud de France Occitanie ». Elle reste autorisée sur les linéaires dans les salons par exemple. « On en a fait une première présentation au Sitevi. On fera la seconde au salon Millésime bio (26-28 janvier à Montpellier), puis au salon Wine Paris (9 au 11 février) ». En attendant le salon de l’agriculture (21 février-1er mars)…

    Voilà pour le vin. Quant aux 26 autres filières, tout continue comme avant. « On peut apposer le logo sur un paquet de pâtes, une bourriche d’huîtres ou de l’huile d’olive avec Occitanie Sud de France ». Vingt ans après sa création, la marque ombrelle figure parmi les premières sur la scène nationale française. 50% est constituée par la viticulture et se révèle très utile à l’export. Pour la présidente Carole Delga (PS) et Patrice Canayer, il est important de développer la marque. « Vu la conjoncture mondiale, les interprofessions n’ont pas intérêt à y aller seules de leur côté mais à se fédérer sous une même bannière ». Celle de « Sud de France Occitanie », toujours debout malgré les remous.

  • Le parti pris de la Région pour accroître les transports publics

    Le parti pris de la Région pour accroître les transports publics

    Avec 46 600 personnes qui s’installent chaque année, l’Occitanie a la troisième croissance démographique -hors Mayotte- de l’Hexagone. C’est ainsi que la région dépasse les 6,2 millions d’habitants en 2025. De bons chiffres expliqués par un solde migratoire positif de 0,9 point malgré un solde naturel négatif de 0,1 point. En effet, depuis 2017, l’Occitanie enregistre plus de décès que de naissances. C’est donc le fort nombre d’arrivées qui permet l’augmentation continue de la population occitane.

    18 rames supplémentaires

    Face à cette croissance, qui devrait perdurer jusque dans les années 2040, la Région anticipe et développe notamment sa politique de transports.

    « Nous n’avons pas attendu ces chiffres pour nous pencher sur cette question. Cela fait partie des choses que l’on suit et on fait des points chaque année avec les associations d’usagers ou les comités départementaux des mobilités afin de suivre cette croissance. Notre volonté d’adapter régulièrement l’offre est liée avant tout à un travail de partenariat, de suivi et de démocratie citoyenne continue », soutient Jean-Luc Gibelin, vice-président PCF de la Région Occitanie.

    Ainsi, la collectivité dirigée par la socialiste Carole Delga prévoit de commander des rames supplémentaires. « Nous avons lancé l’acquisition de matériel roulant ferroviaire. 18 rames supplémentaires ont été commandées. Elles sont à deux étages – donc des rames plus capacitaires – et vont être déployées en particulier sur le littoral, car nous avons déjà des rames du côté de Toulouse. Elles vont arriver à partir de la deuxième moitié 2026 et sur toute l’année 2027, à raison d’une à deux rames par mois », poursuit le vice-président de la Région. Des délais expliqués par la lente construction des rames.

    L’autre offre à développer concerne les cars. Bien que la Région Occitanie ne soit pas propriétaire des cars – « elle est juste propriétaire de la régie des transports de Haute-Garonne, de celle des Pyrénées-Orientales, et de la SPL “D’un point à l’autre” dans le Tarn », précise Jean-Luc Gibelin – celle-ci garde néanmoins un œil sur les contrats passés avec les sociétés privées. « Dans les marchés passés, il y a des perspectives de développement de l’offre qui sont prévues. Dans ce cadre-là, les propriétaires prévoient l’acquisition de cars supplémentaires », note Jean-Luc Gibelin. Ce qui permettra d’agrandir la flotte actuelle de 5 000 cars occitans.

    Objectif décarbonation

    La Région priorise donc le développement tous azimuts des transports en commun. Une manière également de remplir les objectifs de transition environnementale. « La décarbonation passe par le développement des transports en commun. Mais nous sommes à rebours de Bercy, qui préférerait passer à 100% de véhicules électriques pour décarboner. Mais c’est faux. Il est complètement démagogique et ce serait une hérésie écologique de penser qu’en 2050, nous n’aurons plus que des véhicules électriques et que notre parc automobile sera décarboné. C’est la porte ouverte aux embouteillages », fait valoir le vice-président communiste.

    Anticiper cette croissance démographique dans les transports passe également par le développement d’infrastructures. En ce sens, la Région construit des pôles d’échange multimodaux (PEM) afin de permettre aux Occitans et futurs Occitans de se déplacer plus facilement.
    L.D.

  • Les maires face à la baisse des dotations

    Les maires face à la baisse des dotations

    Danielle Milon, mlaire de Cassis. Bouches-du-Rhône(DVD)

    « Je n’ai plus de dotation de l’État si ce n’est pour la vidéosurveillance. Quand je suis arrivée, on avait 3,5 millions. Cela s’est amenuisé car l’État considère que Cassis est une ville riche par le prix du foncier. Pire, vous savez ce qu’ils m’ont fait cette année au titre du Dilico [dispositif de lissage conjoncturel des recettes fiscales des collectivités territoriales Ndlr] ? On a voté le budget de fonctionnement en mars et un mois plus tard on a reçu une lettre du Premier ministre qui me dit qu’on va nous ponctionner plus de 200 000 euros. C’est injuste. Je serre toutes les lignes de tous les services depuis des années, et je dois bien gérer ma ville puisque je dégage un autofinancement de 3 millions cette année. Alors oui, on a un casino mais on est passé de 38 à 28 millions de rentrées financières. Sans la Métropole je n’aurai pu faire aucuns travaux dans ma ville, le Département nous aide aussi mais ils vont devoir serrer les cordons de la bourse. Tout ça c’est très inquiétant, on est dans l’obligation de réagir et de regarder l’avenir avec optimisme. »

    M.R.

    Edouard Friedler, maire du Beausset. Var(sans étiquette)

    « Cette DGF n’est pas un cadeau de l’État mais un transfert des charges vers les collectivités. Le Beausset est une petite collectivité qui ne dispose pour ressources que de l’impôt et des dotations. Nous n’avons ni marina, ni casino, ni parking payant. La conséquence, c’est que dès qu’il y a un pourcent d’inflation, nous perdons environ 0.33% du budget communal. Chaque année, on fait une chasse au gaspillage. Entre 2023 et 2024, nous avons réduit nos dépenses de 10% et fait 140 000 euros d’économie sur l’énergie. Nous pouvons difficilement aller plus loin. Les besoins de la commune, ce sont les écoles, le sport, la défense anti incendie, la police municipale… Si cet amendement devait aller à son terme, ça entraînerait des réductions budgétaires sur des chapitres importants. Jusque dans les années 2010, la dotation suivait l’inflation. Depuis, le gouvernement l’a désindexée, il y a donc eu des baisses. Elle avait été réévaluée avec l’inflation en 2025, ce qui semble être le minimum. Pour moi, c’est d’autant plus incompréhensible que la candidate RN au Beausset, Madame Fiol est députée suppléante et attachée parlementaire. Je me demande si elle a une idée du fonctionnement du budget d’une commune. »

    Ad.B.

    André Molino, maire de Septèmes Bouches-du-Rhône(PCF)

    « Nous sommes très inquiets et ce n’est pas la première fois. Cela fait plusieurs années que nous sommes dans ce stress. Mais là c’est plus que d’habitude. On ne sait pas où on va, on travaille dans le vide. Pour le moment, on avance dans le cadre de nos projets, on a une maison de santé ou des parcs voltaïques à venir, mais en fonction des versements, il va falloir évidemment qu’on réfléchisse. Une fois de plus, ce sont les communes et les habitants qui vont avoir des problèmes. Alors on a beau jeu de dire que ce sont elles qui dépensent le plus mais si elles ne bouclent pas le budget, elles sont mises sous tutelle. Au-delà ce sont toutes les collectivités locales qui sont concernées. Cette baisse potentielle des dotations va se répercuter sur le Département. Et quand on voit aussi ce vote la semaine dernière inspiré d’une proposition du Rassemblement national… C’est bien beau de faire des déclarations à Marseille et faire tout le contraire à Paris. Selon comment ça se passe cela peut être des diminutions au niveau des services comme les crèches… »

    M.R

    .Robert Tchobdrenovitch, maire de Mirabeau.Vaucluse (sans étiquette)

    « On a des budgets de plus en plus restreints, que l’on ne tient plus que par la taxe foncière et les dotations de l’État [environ 75 000 euros sur 1,4 million d’euros de budget]. La suppression de la taxe d’habitation a été une catastrophe. Cette année, on n’augmentera pas la fiscalité mais nos capacités d’autofinancement diminuent chaque année. Je suis aussi président d’un EPCI [Cotelub] et le problème est similaire. Si c’est pour diminuer les dotations de l’État et derrière faire exploser les taxes foncières, je ne vois pas l’intérêt. On fait des économies mais on a des hausses considérables avec les produits alimentaires et les fluides. Cela se fait donc au détriment des investissements : on ne répare plus les routes, on ne construit plus rien ou alors il faut s’endetter et on se fait taper dessus pour ça. Il faut réfléchir à de nouveaux modes de financement, avec du public-privé, des SEM… Avant, on arrivait à 70-75% de subventions [croisées] pour financer des projets, aujourd’hui c’est plutôt 40 %. Pour rester crédible, il faut tenir nos engagements. Notre programme 2026-2032 sera plus modeste que le précédent. On est un poil maso mais on aime nos villages et on veut qu’ils prospèrent. »

    F.C.

  • [Municipales] Nicolas Isnard est candidat à sa succession à Salon-de-Provence

    [Municipales] Nicolas Isnard est candidat à sa succession à Salon-de-Provence

    Nicolas Isnard, le maire (LR) sortant de Salon-de-Provence, se lance dans la bataille : « Je suis candidat aux élections municipales de mars prochain». Une annonce effectuée ce mardi 20 janvier 2026.

    Maire de Salon-de-Provence depuis 2014, Nicolas Isnard est également vice-président de la Métropole Aix-Marseille-Provence, délégué aux Formations professionnelles et CFA (Centre de formation des apprentis) et conseiller régional depuis 2015.

  • Derrière les municipales, l’enjeu aussi important du Grand Avignon

    Derrière les municipales, l’enjeu aussi important du Grand Avignon

    Le raccourci est commode : les 15 et 22 mars se tiendront les élections municipales. Pourtant, il convient d’ajouter et communautaires. Ce qui est loin d’être un détail. Chaque commune est rattachée à une intercommunalité, où les élus sont fléchés depuis les listes des municipales. Avignon est la ville-centre du Grand Avignon, qui compte 15 autres communes dont 7 du Gard. Transports, politique du logement, gestion de l’eau et des déchets ou développement économique, autant de thématiques sur lesquelles les candidats ont déjà plein de projets.

    Encore faut-il avoir les manettes pour les appliquer. En deux mandats de maire, Cécile Helle n’a pu avoir de majorité au Grand Avignon. En 2020, les élus communautaires lui ont préféré de 10 voix le maire de Vedène, Joël Guin, élu avec le soutien initial du RN. Dans l’esprit de beaucoup de maires, voir la ville-centre présider l’agglo, c’est le risque de s’accaparer tous les pouvoirs et crédits. Si depuis la majorité municipale de gauche d’Avignon a joué la co-construction en votant les derniers budgets, Cécile Helle n’a pas manqué de pointer, fin novembre, « que l’évolution des transports a été zéro » pendant le mandat. La première magistrate a aussi longtemps déploré la lenteur du programme de rénovation urbaine.

    Les candidats aux municipales d’Avignon ne maîtrisent certes pas les paramètres des 15 autres élections dans le Grand Avignon mais la majorité municipale dispose, en fonction de ses scores, d’environ un tiers des élus à l’agglo. La question de la présidence -cumulable avec la fonction de maire- est centrale et n’occupe pourtant pas les débats. « Avignon doit reprendre le capitanat, son rôle naturel de locomotive », estime Paul-Roger Gontard. L’actuel adjoint (La Convention) à l’urbanisme, qui devrait a priori en fin de semaine faire un point d’étape sur sa candidature, a toujours plutôt eu un programme de territoire -Avignon en grand- que municipal. Mais a toujours refusé de dire s’il visait plutôt l’agglo que la mairie.

    « Si on fait chacun de son côté en fonction de nos idées, de notre volonté locale strictement avignonnaise, on n’y arrivera pas », juge David Fournier (PS), « en capacité de parler avec tout le monde mais pas candidat ». Pour « créer un climat de confiance », l’adjoint mise sur de larges discussions sur la base d’un dénominateur commun et « co-construire avec les autres maires des villages ». Toujours à gauche, Mathilde Louvain (LFI), qui pousse déjà fort pour encadrer les loyers, réhabiliter les logements sociaux ou une régie publique de l’eau
    -mesures intercommunales-, défend « un rapport de force avec le Grand Avignon ». Déclinant la présidence, elle confie discuter « avec d’autres listes » proches politiquement dans l’agglo « pour trouver des relais ».

    Olivier Galzi double candidat déclaré

    À droite en revanche, on est nostalgiques de la période Marie-Josée Roig, qui a cumulé la présidence du Grand Avignon dès sa création en 2001 avec son rôle de maire jusqu’en 2014. En novembre, lors de sa première grande réunion publique, Olivier Glazi (DVD) n’a pas caché son ambition d’être à la tête de l’agglo. « C’est les deux ou rien sinon ça ne marchera pas, revendique l’ancien journaliste TV. Ça fait deux mandats que l’agglo se construit contre la ville-centre. C’est un corps avec des membres qui décident de lutter contre le cœur. Après, c’est tout le monde qui crève ! » L’entrepreneur Stéphan Fiori (DVD) n’avait pas évoqué le sujet lors de la présentation de son programme, début décembre. En aparté, il nous a confié être prêt à jouer sur les deux tableaux.

    Enfin, côté RN, Anne-Sophie Rigault n’a pas donné suite à notre sollicitation. L’actuelle cheffe de file de l’opposition ne s’est pas non plus épanchée sur la question, samedi dernier, en inaugurant sa permanence. Déjà en poste au Pontet et à Morières, où les maires sortants se représentent, l’extrême droite espère se renforcer fortement à l’agglo. Vedène, Entraigues ou Caumont sont dans sa ligne de mire.

  • Un grand meeting au Zénith pour propulser Toulon au Commun

    Un grand meeting au Zénith pour propulser Toulon au Commun

    C’est une année importante qui s’ouvre, une année d’engagement citoyen où les Toulonnais vont être appelés aux urnes pour choisir l’avenir de leur ville », lance la candidate de Toulon en Commun, Magali Brunel (PS). Un rendez-vous démocratique essentiel qu’il ne faut pas bouder, insiste-t-elle, « parce qu’on n’a pas à Toulon tant d’occasions que cela de s’exprimer quand on est citoyen ». Elle poursuit : « C’est une année pour changer leur quotidien et c’est ce que nous souhaitons pour 2026. Changer leur quotidien et les rassembler dans un projet commun, ce sont les deux orientations que nous portons. Changer leur quotidien, ça veut dire leur redonner du pouvoir d’achat, leur redonner du pouvoir d’agir et du pouvoir de bien vivre ».

    Grand projet urbain

    La cheffe de file de Toulon en Commun met en avant les grandes priorités de son programme, notamment en matière de transports, de logement, de sécurité et d’éducation. Avec, en premier lieu, « le renforcement de la présence humaine afin de mieux accompagner les plus fragiles ». Mais aussi plus de mixité sociale et plus de justice sociale.

    Elle évoque également « un grand projet urbain », qui s’inscrit dans « la volonté de faire changer la ville ». Tout ce que l’on sait, c’est qu’il s’agit de créer « un site emblématique de Toulon, où l’on a plaisir à se retrouver, qui sera fidèle à l’histoire de Toulon et qui rendra aux habitants le contact avec leur milieu naturel, en particulier la mer ». Ce projet devrait concerner le secteur allant du Port Marchand au Mourillon. Pour le reste, c’est top secret ! Elle assure toutefois que des architectes, paysagistes, urbanistes, sociologues et historiens ont déjà travaillé sur le sujet, et que le projet mêlerait espaces naturels, structures culturelles et logements.

    « Ce que nous souhaitons pour les Toulonnaises et les Toulonnais, c’est qu’ils retrouvent, comme je le disais, un pouvoir d’agir sur leur ville. Donc notre slogan, c’est “ Toulon vous appartient !” », reprend Magali Brunel.

    Peire Costa (Régions et Peuples Solidaire) a ensuite annoncé que Toulon en Commun rassemble aujourd’hui non seulement des citoyens, mais aussi dix organisations politiques. Avec l’arrivée récente du mouvement de Clémentine Autain L’Après (l’Alliance pour une République écologique et sociale), du Parti radical de gauche et du mouvement Pour une écologie populaire et sociale (PEPS).

    Magali Brunel a repris la parole pour annoncer « ce beau meeting du 20 janvier au Zénith » : « Le travail collaboratif a payé. Notre programme est maintenant bouclé, nos équipes commencent à se former, notre liste est bien avancée et c’est le moment de présenter les résultats de ces travaux aux Toulonnais qui ne nous connaissent pas encore ». Parmi les soutiens attendus lors de cette soirée figurent l’ancienne maire de Marseille, Michèle Rubirola (Les Écologistes), « symbole du Printemps marseillais de 2020 », ainsi que le député Alexis Corbière (L’Après).

    Et de conclure : « Cette soirée se clôturera par un concert parce que nous avons l’ambition de tracer, dans la joie,un avenir commun et de changer les choses ».

  • À Martigues, l’équipe de Gaby Charroux occupe le terrain

    À Martigues, l’équipe de Gaby Charroux occupe le terrain

    À 17h30, un attroupement se crée devant le laboratoire du Grès, pourtant fermé. Dans le coffre de sa voiture, Abdrizak Nouar attrape les livrets qui résument le bilan du dernier mandat de Gaby Charroux (PCF), candidat à sa succession, et les dispatche dans les mains de la vingtaine de sympathisants qui ont répondu présent pour participer à la première opération de la campagne.

    Ce lundi soir, 520 logements attendent les soutiens du maire sortant, qui se séparent en petits groupes et se répandent comme une pieuvre dans le quartier populaire. Il y a les militants qui connaissent le coin comme leur poche, à l’image d’Abdrizak, qui a grandi et vit encore au Grès, et qui a donc le pass pour entrer dans tous les bâtiments. Il y a les habitués, comme Alain, qui a pris part à son premier tractage à 18 ans, en 1968. « C’est tout un art, il ne faut pas être trop intrusif sinon l’effet est inverse ! », glisse-t-il. Et puis il y a les nouveaux, qui observent un temps les plus rompus à la tâche avant de se jeter à l’eau, à l’instar de Florence Dantin. « Je suis née ici, mon fils est né ici, j’aime ma ville, explique-t-elle. Je veux qu’elle garde son identité, j’essaye de la protéger contre le RN et tous les autres à mon
    niveau.
     »

    Lutter contre l’abstention

    Après quelques portes, le discours est vite rodé : « Bonjour, c’est l’équipe de campagne de Gaby Charroux, on vient vous présenter son bilan. Il a tenu 95% de ses engagements. N’oubliez pas qu’il y a les élections le 15 et le 22 mars ! » Alain précise : « C’est bien de rappeler les dates car c’est parfois vague dans la tête des gens. Il ne faut pas oublier que c’est dans les quartiers populaires qu’il y a le plus d’abstention ! »

    Lors des élections législatives anticipées de juillet 2024, ce manque de participation a joué un rôle majeur dans la défaite de l’ex-député Pierre Dharréville (PCF) face au Rassemblement national. « À Tranchier, il fait environ 60% mais ça lui rapporte peu de voix, se remémore Alain. Dans d’autres quartiers où il y a des villas, Fouquart ne fait que 50% mais il récolte beaucoup de voix. L’abstention nous coûte beaucoup ! » Les opérations de porte à porte se poursuivent toute la semaine dans les quartiers prioritaires de la commune de 49 000 habitants. Deux zones résidentielles ont aussi été ciblées par l’équipe de campagne : Lavéra et Croix-Sainte, qui se sont récemment détournées de la gauche.

  • Élue depuis juillet, Magali Ramos se représente à Saint-Chamas

    Élue depuis juillet, Magali Ramos se représente à Saint-Chamas

    Elle avait été élue maire de Saint-Chamas par le conseil municipal le 5 juillet, suite à la démission de Didier Khelfa, en place depuis 2014. Une première, pour une femme, dans cette commune de moins de 9 000 habitants. C’est avec son soutien et celui de la majorité que Magali Ramos se présente aux municipales, à la tête de la liste « Naturellement Saint-Chamas », dans un esprit de « continuité responsable et d’ouverture vers de nouveaux projets ». Parmi ses priorités figurent le cadre de vie et l’accès aux services publics. « On s’est réapproprié le littoral, détaille-t-elle. On va rentrer dans la 4e phase avec la réhabilitation de la zone autour du port de Pertuis et la place de la Sente. Un autre projet structurant consiste à s’occuper des voiries, notamment des axes structurants de la commune avec une meilleure accessibilité et des voies vertes, ou encore le rapatriement des services publics, qui sont un peu dispersés à l’heure actuelle, et d’associations dans le nouveau pôle socio-culturel qui devrait bientôt être terminé. On pense aussi à créer une annexe pour faciliter la vie aux administrés et mieux les accompagner. »

    Pour le moment, Magali Ramos est la seule candidate à s’être déclarée. Elle mènera une liste à moitié renouvelée et sans étiquette. « Ce que je veux, c’est des personnes qui apportent des idées, affirme celle qui, en 2020, figurait sur la liste Vivre Saint-Chamas classée DVD. On ne parle pas de politique entre nous, on parle surtout de Saint-Chamas. »

  • La solidarité comme fil rouge du Printemps marseillais

    La solidarité comme fil rouge du Printemps marseillais

    La solidarité n’est pas une compétence obligatoire pour une municipalité mais elle traduit « le premier engagement du Printemps marseillais pour une ville plus juste » et constitue un « fil rouge » qui irriguera l’ensemble du programme. Lundi, Audrey Garino, adjointe (PCF) au maire de Marseille en charge des affaires sociales, inaugurait la séquence programmatique de la campagne de la majorité sortante, en présentant son premier volet consacré à la lutte contre l’exclusion et la pauvreté.

    Un domaine dans lequel la municipalité s’est montrée en première ligne ces six années écoulées avec les signatures avec l’État du premier Plan pauvreté municipal et du contrat territorial d’accueil de France, la création de 525 places d’hébergement d’urgence, la hausse de 50% du budget dédié à la solidarité, la création de douches municipales, ou la mise sur orbite d’un Ehpad municipal.

    Plus étoffé qu’en 2020, l’axe solidarité du nouveau programme s’articule autour de vingt mesures ciblées pour lutter contre toutes les formes de précarité. « Avec une méthode, la concertation ; un outil, le service public ; et une constante, l’accès aux droits et aux besoins fondamentaux », explique Audrey Garino, accompagnée de Cécile Suffren, directrice générale d’Habitat alternatif social.

    Régie publique de l’eau

    En la matière, le printemps marseillais ambitionne d’étendre le dispositif Territoire zéro non-recours, déjà expérimenté, à l’ensemble de la ville, et de créer un baromètre local du non-recours aux droits, ainsi qu’un « Pass solidarité » pour ramasser l’offre municipale et faciliter l’accès aux équipements et services publics.

    Pour accompagner les seniors, la municipalité de gauche propose la création d’un service public local d’aide au maintien à domicile et une 5e résidence autonomie sur le site de l’Entraide au Roy d’Espagne. Face au sans-abrisme, elle entend créer 1 000 nouvelles places d’hébergement d’urgence, doubler les fontaines d’eau et toilettes publiques, et pousser la mise en place d’un plan national de résorption des squats et bidonvilles.

    Parmi les grands chantiers figure le retour en régie publique de la gestion de l’eau, dont la délégation de service public confiée à la Société des Eaux de Marseille arrive à échéance en 2029. Objectif ? Garantir la gratuité des premiers mètres cubes. Autre gros dossier, la création d’une Mutuelle municipale visant à lever les freins dans l’accès aux soins. Dans le viseur, les étudiants, retraités, chômeurs, travailleurs indépendants et précaires.

    Le pouvoir d’achat fait aussi l’objet de mesures fortes avec des tarifs sociaux renforcés et une cantine gratuite étendue à 15 000 enfants, la hausse du kit de rentrée scolaire à 150 euros et le doublement du nombre de repas gratuits pour les étudiants. Le programme prévoit aussi des actions spécifiques pour les jeunes mineurs non-accompagnés en recours, ainsi « qu’une solidarité inconditionnelle » envers les migrants et « un soutien renforcé à SOS Méditerranée » conclut, offensive, Audrey Garino.