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  • Action commune de la CGT pour pérenniser Kem One

    Action commune de la CGT pour pérenniser Kem One

    « Aujourd’hui est la première pierre à l’édifice de l’unité des travailleurs de Kem One », lance Yann Beauné, secrétaire général du syndicat CGT Kem One de Fos-sur-Mer, devant l’assistance massée à l’entrée de l’usine chlorochimique, jumelle de celle de Lavéra, également en grève. Cette unité des travailleurs se construit autour de la dénonciation « du véritable jeu financier », selon le syndicaliste, mené par le fonds d’investissement Apollo, son propriétaire. Mais aussi autour d’un appel « à l’état qui doit prendre ses responsabilités » au regard du « maillon stratégique de l’industrie française et européenne » que représente Kem One pour les organisations CGT et pour ses 1 300 salariés.

    Sur le site de Fos-sur-Mer, « 100% des effectifs à la fabrication sont en grève avec arrêt des installations », d’après Michaël De Dios, secrétaire général adjoint du syndicat CGT de l’usine. Il pointe une « valse de dirigeants et une désorganisation depuis 2021 et l’arrivée d’Apollo », tandis que « le projet Elyse patauge et nos conditions de travail se dégradent au fur et à mesure que l’endettement augmente ». « Si nous faisions ce que font Apollo et les fonds spéculatifs dans la vie de tous les jours, on finirait interdit bancaire, mais eux nous endettent jusqu’à la rupture », compare-t-il, en argument de l’appel à l’État.

    « Une guerre financière »

    « C’est une guerre financière », renchérit Yann Beauné, dans son discours devant l’usine de Fos. « D’un côté, certains fonds parient sur notre chute, donc plus Kem One va mal, plus ils gagnent de l’argent, et en face, d’autres fonds ont prêté de l’argent à l’entreprise », détaille le responsable. « Ce n’est pas pour la sauver, mais bien pour être remboursé avant tout le monde, même en cas de chute. Ces mêmes fonds préparent une restructuration financière qui pourrait leur permettre de prendre le contrôle de l’entreprise », analyse-t-il, rappelant que « quand Apollo a racheté Kem One, l’entreprise était saine et rentable ».

    Les revendications sont simples. Comme le liste Michaël de Dios : « Un apport rapide en cash par Apollo, l’effacement pure et simple de la dette qui étrangle notre entreprise, et la mise en place d’un industriel » à la tête de l’entreprise. « Nous voulons un vrai projet industriel d’avenir avec des investissements, une stratégie à long terme et des garanties pour l’emploi », abonde son camarade Yann Beauné.

    Les salariés de Kem One peuvent compter sur un large soutien. À Fos-sur-Mer, étaient présentes les Unions locales CGT de Port-Saint-Louis et de Fos-sur-Mer, l’Union départementale CGT, les Dockers, ainsi que le syndicat de Marcegaglia, qui a connu une période sous Apollo entre 2010 et 2014. Côté politique, la fédération PCF des Bouches-du-Rhône était représentée, tout comme le maire (PCF) de Port-de-Bouc, Laurent Belsola, ainsi que le sénateur (PCF) Jérémy Bacchi. Même mobilisation à Lavéra, avec le syndicat du complexe pétrochimique, l’Union locale CGT de Martigues et le maire (PCF) de Martigues, Gaby Charroux.

    Une mobilisation fraternelle au-delà de l’entreprise, remarquée et applaudie par les syndicalistes de Kem One, alors que le spectre d’un démembrement entre différents acteurs plane sur les esprits.

  • Descente de forces mobiles dans des cités à Marseille

    Descente de forces mobiles dans des cités à Marseille

    « On est dans un marathon. Il faut pouvoir courir, tenir la distance et de temps en temps accélérer. C’est ce que nous faisons depuis trois semaines avec l’opération Octopus », explique le préfet de région, Jacques Witkowski, devant la presse convoquée sur un parking entre les cités du Mail et de la Busserine (14e), ce mardi.

    « Tous les jours, jusqu’à 300 policiers sont engagés sur le pilonnage des points de deal, des opérations judiciaires de fond et des opérations sur des commerces que nous visons. Ce matin, 900 policiers se sont engagés. Neuf personnes ont été mises en garde à vue pour un trafic de stupéfiants dans une opération conduite par l’Ofast. Un important trafic de voitures volées à destination des pays du Maghreb a été démantelé », détaille le préfet dans ce qui est aussi une opération de communication.

    Signe d’une « accélération concrète » à ses yeux, 660 personnes ont été mises en garde à vue à Marseille depuis le début de l’année, pour 1 370 sur l’ensemble de l’année 2025. « C’est 8 personnes par jour pour trafic de stupéfiants. 500 000 euros de liquidités ont déjà été saisis en trois mois dans les poches des trafiquants et plus de 50 millions d’euros d’avoirs criminels saisis uniquement sur le trafic de stupéfiants. Il faut ajouter 42 millions de marchandises contrefaites sur le Marché du Soleil. C’est du concret. On oppose aux trafics la férocité républicaine et nous continuons, non pas pour faire du spectaculaire, mais pour rendre la ville aux habitants et faire place nette. Il y avait 180 points de deal à Marseille il y a trois ans, nous en avons 80 aujourd’hui », souligne le préfet ravi.

    Sous les yeux d’habitants qui peuvent être choqués par ce safari policiaro-médiatique, deux boulangeries sont investies par des brigades spécialisées sous les caméras et micros tendus. « Le but, c’est de contrôler si les gens sont déclarés socialement, fiscalement. On checke les documents du gérant, son Kbis, si les règles d’hygiène, d’affichage, etc. sont respectées », explique un brigadier, tandis que l’employé farfouille dans ses tiroirs à la recherche d’un tampon. « Aucun policier ne peut être filmé ! », tonne une gradée moquée par les jeunes pour son chapeau. « Eh bien nous aussi on a un droit à l’image ! », réplique une habitante refoulée du magasin. « Bonjour. Bon, tout est carré là derrière ? » sourit le préfet au boulanger, d’abord ébahi d’avoir un si haut représentant de l’État dans son échoppe, avant de se ressaisir : « Oui oui, mais bon, pendant ce temps-là, on vend pas. »

    « Ce n’est pas que du pilonnage de points de deal. On regarde aussi les commerces, le travail dissimulé, s’il n’y a pas de protoxyde d’azote, de vente illégale d’alcool, de tabac », explique Cédric Esson, patron interdépartemental de la police nationale. Le primeur a disparu après avoir baissé le rideau. « Il m’a dit de garder les légumes » bafouille un mineur. À côté, ça se passe mal pour l’autre boulanger et sa femme, qui tient la caisse. « J’ai signé un compromis de vente il y a douze jours, mais je vais créer la société », blêmit le boulanger. « Il y a un truc qui ne va pas. Qui a les clés ? Qui vous dit quoi faire ? Qui a acheté le matériel ? Aujourd’hui, vous n’êtes pas déclarés », bondit un inspecteur du travail. Le préfet découvre, horrifié, les sacs de farine stockés devant les WC au milieu de dizaines de cafards morts.

    « Je suis une habitante du Mail. J’ai trois enfants. Ici, c’est beaucoup dégradé, insalubre. Il y a des fuites de partout. La plupart des appartements sont sans courant », intervient une mère de 35 ans. « Les enfants, ils n’ont pas un endroit où jouer, pas une aire de jeux, parce que voilà, c’est tout le temps pourri. Personne respecte personne. Le gardien, il nettoie, mais il n’y arrive pas tout seul. Moi, je vous dis la vérité, je vois même plus le narcotrafic, je vois plus rien de tout ça. Moi, je vois l’état des appartements. »

  • Carburant : le pouvoir d’achat dans le rouge

    Carburant : le pouvoir d’achat dans le rouge

    « C’est cher ! » : dans l’une des stations-service du boulevard Sakakini, le litre de gasoil est affiché autour de la barre symbolique des deux euros ce mardi matin. Pistolet à la main, Nawel fulmine : « C’est exorbitant, c’est toujours le citoyen qui paye ! », s’exclame-t-elle. Cette commerciale au chômage dit avoir fait une pause dans sa recherche d’emploi face à la hausse des prix à la pompe. « Je ne me déplace plus, je consomme beaucoup moins. D’habitude je fais le plein mais là j’essaye de mettre entre 20 et 30 euros maximum pour ne pas aller jusqu’à 80 ! », raille-t-elle. Alors que la guerre au Moyen-Orient se poursuit et se propage provoquant la flambée des prix du carburant, l’exécutif français est sommé d’agir. Le gouvernement planche pour l’instant sur des aides très ciblées, consacrées aux transporteurs, pêcheurs et agriculteurs, pour une enveloppe totale de 70 millions d’euros et limitée au mois d’avril.

    « On n’a pas le choix ! »

    « C’est bien de leur donner un coup de main mais s’ils ramènent des produits qu’on ne peut pas acheter ça sert à quoi ? Pourquoi on n’aide que certains secteurs et pas tout le monde ? Les autres ne travaillent pas ? », assène Nawel, en claquant la porte de sa voiture. Chauffeur VTC, Amine ne jouit pas d’un statut lui permettant d’accéder au coup de pouce annoncé. « Même si le plein est à 3 euros, on sera obligés d’aller travailler, on n’a pas le choix ! », s’exclame-t-il en sortant de sa berline noire. Le jeune homme dit adapter son budget : « Je ne vais pas arrêter de me nourrir pour mettre le gasoil. Je ne fais pas le plein, je mets ce dont j’ai besoin pour les prochaines 48 heures », souligne-t-il.

    A contrario, Norbert, habitant du quartier et directeur d’une structure se voit comme « privilégié » car lui « ne roule pas beaucoup ». Et pointe ce qu’il considère comme une « dramatisation dans les médias » : « c’est politique », veut-il croire. Une opinion partagée par Fanny, qui constate néanmoins de premières pénuries : « Je choisis ma station en termes de disponibilité plutôt que de prix », affirme-t-elle à bord de son automobile rouge. « On sait tous ce qu’il se passe dans le monde mais la vie malheureusement doit continuer », pousse cette cadre d’une PME dans l’informatique.

    Le malheur des uns fait le bonheur des autres. Selon le Financial Times, TotalEnergies aurait engrangé plus d’un milliard de dollars de profit depuis le début de ce conflit. Le groupe a, en effet, acheté quelques jours après le lancement de l’attaque coordonnée des États-Unis et d’Israël sur l’Iran, 70 cargaisons de brut, soit l’équivalent de 34 millions de barils, pariant sur une flambée des prix. Accusé de profiter de ce conflit, le pétrolier français prolonge le plafonnement du prix de l’essence à 1,99 euro/L et du diesel à 2,09 euros/L. Et ce, pour les clients inscrits à son programme de fidélité seulement. Certains se gavent et d’autres voient leur pouvoir d’achat impacté. « Je reste raisonnable sur tout », confie Alain, retraité, « je roule moins, je surveille mes kilomètres et me déplace quand j’en ai réellement besoin », souffle-t-il les yeux rivés sur le compteur. Habitant d’Aix-en-Provence, Charif tente d’économiser quelques centimes : « Je cherche la station la moins chère mais les prix sont équivalents partout », regrette-t-il. Les mains sur le guidon de sa moto, ce peintre en carrosserie est pessimiste : « Ça m’inquiète beaucoup. Les prix augmentent et nous, on souffre. » Et, en esquissant un sourire, formule un vœu pieux : « On aimerait que ça redescende à 1,19 euro comme à l’époque. »

    La CGT de la Métropole veut des mesures

    Dans un communiqué, la CGT des agents de la Métropole Aix-Marseille Provence revendique des mesures pour les travailleurs impactés par cette guerre. En premier lieu, le recours systématique à 3 ou 4 jours de télétravail pour le personnel qui le peut. Le syndicat demande également la mise en place d’une prime transports « exceptionnelle de 100 euros net par mois » ou « d’une aide directe aux déplacements » d’un montant similaire, concernant les agents vivants à plus de 10 km et l’instauration d’un système de navettes « via les véhicules de service » pour ceux résidant à proximité de leur lieu d’exercice.

  • Le cinéma hongrois tisse sa toile à Aix-en-Provence

    Le cinéma hongrois tisse sa toile à Aix-en-Provence

    La Biennale d’Aix, qui se tiendra du 11 avril au 14 juin, s’apprête à célébrer les 120 ans de la naissance de Victor Vasarely ainsi que le cinquantenaire du Centre architectonique qui porte le nom de ce père de l’art optique. C’est dans ce cadre que l’Institut de l’image de la ville consacre, dès le 1er avril, un cycle aux grands cinéastes de Hongrie, pays natal du plasticien. Parmi dix films projetés, certains réalisés par des maestros comme Miklos Jancso et ses Sans-espoir (1965), autour des révolutionnaires hongrois de 1848. Le 17 avril, une séance sera présentée par György Raduly, directeur des Archives de l’institut national du film de Hongrie.

    Justice aux réalisatrices

    D’autres figures seront également à l’honneur, à l’instar d’Istvan Szabo, à travers la diffusion de Colonel Redl (1985), dans les pas d’un homme issu d’une famille modeste qui « entreprend de devenir un officier exemplaire afin d’être accepté par l’aristocratie », indique-t-on du côté de l’Institut de l’image, qui fera aussi la part belle à Bela Tarr, réalisateur disparu il y a trois mois, entre autres à l’origine des Harmonies Werckmeister. Sorti en 2000, un portrait social et poétique, en noir et blanc, d’une petite ville hongroise qui sombre dans le désœuvrement. L’Institut de l’image rendra aussi justice à de grandes réalisatrices, « comme toujours oubliées par l’histoire ». De Marta Meszaros, « première réalisatrice à obtenir l’Ours d’or à Berlin en 1975 et première à recevoir le Grand prix à Cannes en 1984 » à la contemporaine Ildiko Enyedi, dont le dernier film, Silent friend, est programmé « en sortie nationale ».

    P.A.
  • Poll’OC : le nouveau système de détection des pollens

    Poll’OC : le nouveau système de détection des pollens

    Informer pour mieux lutter, c’est le principe du nouveau système de détection des pollens Poll’OC. Impulsé en 2022 par l’entreprise Atmo Occitanie en partenariat avec l’Agence Régionale de Santé Occitanie, ce dispositif permet de mieux prévoir les risques d’exposition aux pollens. Combinant des mesures de terrain et des modélisations précises, l’objectif est clair : réduire les risques sur la santé des citoyens concernés par des allergies liées aux pollens. Installée dans près de 164 intercommunalités en Occitanie et analysant les taux de 22 types de pollens différents, le site internet revient en 2026 avec une meilleure couverture. « Avant 2025, les services de détection des pollens étaient assez restreints. Les chiffres des taux étaient donnés par département et seulement 7 types de pollens étaient traités », explique Dominique Tilak, directrice générale Atmo Occitanie.

    Une couverture territoriale élargie

    Un dispositif mis en relation aussi avec des observations de terrain. Poll’OC propose à tous de participer en informant l’organisme sur l’avancée des floraisons. Une « méthode efficace » selon Dominique Tilak : « Avoir la participation des citoyens au sein de Poll’OC, c’est la garantie d’un meilleur service. Depuis 2025, on a recensé pas moins de 800 observations transmises par des particuliers  ».

    Un maillage territorial fort que salue aussi Alain Didier, pneumologue et allergologue au CHU de Toulouse, partenaire du projet : « Poll’OC est pour nous un excellent moyen de prévention pour informer les personnes à risques. Avec le retour des périodes printanières et estivales, ceux atteints notamment d’asthme ou de rhinite allergique ont besoin de ces données et de ces chiffres  ». D’autant que ces indications sont devenues personnalisables, explique Dominique Tilak : « L’une des grandes nouveautés avec ce système, c’est la personnalisation. Chaque utilisateur peut choisir une zone géographique et un ou plusieurs pollens pour connaître les taux présents dans l’air ». Une nouveauté qui devrait s’accompagner, dans les prochains mois, « d’une meilleure visibilité » selon Atmo Occitanie avec la mise en place d’une nouvelle tranche de données pour 2026. « Le prochain objectif maintenant c’est de passer à des prévisions les plus précises possibles à J+7 pour cette année », précise la directrice.

  • Quel impact quand les mairies virent RN ?

    Quel impact quand les mairies virent RN ?

    Tout juste élus, les maires d’extrême droite vont avoir une priorité : s’emparer des Communautés de communes. Que ce soit en Agde, à Beaucaire, Bagnols-sur-Cèze ou Vauvert, ils ont tous annoncé vouloir présider l’intercommunalité (voir page 10). Leur élection pourrait donc bien avoir des conséquences aussi pour les communes environnantes, qui n’ont pourtant pas cédé aux sirènes du RN.

    Toujours sur un plan strictement politique, le RN veut profiter de ses nouveaux ancrages pour créer un groupe au Sénat car pour l’heure, le parti n’a réussi à faire élire que trois sénateurs. Les prochaines élections de la chambre haute en septembre seront donc à scruter de près, puisqu’outre les mairies citées, d’autres adhérents ou sympathisants du RN ont été élus sur des listes divers droite ou même sans étiquette. Le scrutin de septembre sera donc l’occasion de réellement connaître l’implantation du RN dans les zones rurales.

    Les assos menacées

    Pour les habitants des villes concernées, le flou entoure largement les futurs projets lancés par les candidats RN tant ils n’ont cessé, pendant la campagne, de s’appuyer sur des thématiques nationales. « J’ai des témoignages de maires qui n’ont pas vu venir la montée du RN parce qu’ils parlaient de problèmes locaux alors que pour une partie des gens, les enjeux étaient nationaux. Le RN a su déplacer les préoccupations comme la sécurité mais aussi l’emploi et la perte de repères. Ils ont vraiment nationalisé la campagne », regrette le communiste Christian Bastid. Face à la montée du narcotrafic, les candidats RN n’ont eu qu’à proposer une augmentation des effectifs de la police municipale et l’augmentation de caméras de vidéosurveillance pour convaincre qu’ils étaient en capacité de lutter contre ce fléau.

    Mais le mirage de la sécurité ne sera pas le seul impact pour les habitants. Comme le montre l’enquête financée par le Fonds pour une presse libre à laquelle a participé La Marseillaise le 13 février dernier, les associations, notamment celles à visée sociale, sont les grandes perdantes de la gestion des maires d’extrême droite. À Beaucaire par exemple, les subventions ont été coupées à la Ligue de l’enseignement et à la Maison du vivre ensemble, qui organisaient du soutien scolaire, ou encore à la Mission locale qui aide les jeunes. Par contre, les associations de sports de combat ou l’association qui aide les chats dirigée par une conseillère municipale ont connu d’importantes hausses de subventions.

    La situation se reproduit à Béziers, qui a plus dépensé en 2019 en communication qu’en subventions versées aux associations culturelles et sociales. En 2020, les subventions aux syndicats ont aussi été coupées. Des méthodes qui vont désormais se répandre à Bagnols-sur-Cèze, Vauvert et Agde, communes qui pourraient aussi, dès décembre, être confrontées à l’installation dans leurs mairies de crèches de la nativité pourtant contraires au principe de laïcité.

  • Des garanties sont exigées sur le futur quartier de lutte contre la criminalité

    Des garanties sont exigées sur le futur quartier de lutte contre la criminalité

    En octobre 2025 Gérald Darmanin, garde des Sceaux, annonçait la création de quatre Quartiers de lutte contre la criminalité organisée (QLCO). Censés détenir les narcotrafiquants les plus « dangereux » sous la responsabilité de l’administration pénitentiaire, l’un de ces quartiers doit être installé au centre pénitentiaire d’Aix-Luynes, avec une capacité d’accueil d’une trentaine de détenus.

    Du côté du syndicat Ufap-Unsa Justice, l’inquiétude grandit face à « l’insuffisance » du dispositif de sécurité prévu. « à l’annonce du projet, on nous avait promis des moyens, matériels et humains. Tant sur l’ouverture du QLCO que sur l’ensemble du centre, étant donné que l’on met en place ce secteur au sein de la maison d’arrêt, il faut pouvoir protéger l’intégralité de l’établissement pour rendre le site étanche, détaille la capitaine Amandine Cordier, secrétaire générale Ufap-Unsa Justice. Sauf qu’on réalise que les moyens ne sont pas là. Cela pose difficulté, notamment sur la sécurisation du site. »

    « Des moyens inédits »

    Dans un tract du syndicat, les demandes incluent une sécurisation de l’accès à Aix-Luynes 2, avec installation d’un portail. « Pourtant, il a été décidé de se limiter à la restriction de l’accès au seul sas véhicule », pointe ce tract. « Donc n’importe quelle voiture peut venir », dénonce la capitaine.

    Autre zone de flou relevée par le syndicat, le nombre d’agents affectés. « On a fait des demandes réfléchies. On nous a indiqué que cela serait revu à la baisse. ça bloque, à partir du moment où c’est trop cher : on met un prix sur la sécurité d’un établissement, poursuit la capitaine Cordier. On va accueillir des gens qui ont un réseau et de grands moyens financiers. Si on se retrouve dans l’établissement avec une surpopulation, un manque de personnel et une sécurité qui n’est pas garantie, on va vers le drame assuré. On est d’accord pour accueillir, mais les agents ne peuvent pas aller travailler en se disant qu’ils vont, peut-être, ne pas rentrer chez eux le soir parce que l’État décide qu’il n’y a pas le budget. » La livraison du QLCO est prévue au second semestre 2026. L’Ufap-Unsa Justice indique travailler « intelligemment » avec l’administration : « Mais si les moyens ne sont pas mis en place, on bloquera le projet. »

    L’administration pénitentiaire répond : « Le ministère de la Justice (…) déploie des moyens inédits pour lutter contre la criminalité organisée (…). Le procès des meneurs présumés de la DZ Mafia (…) illustre la nécessité d’adapter nos dispositifs à l’évolution de la menace (…). Les budgets nécessaires seront bien évidemment mobilisés (…). » Des dispositifs sont annoncés : « Renforcement des équipements de sécurité (…), installation d’un portique à ondes millimétriques, création de salles de visioconférence, mise en place de parloirs hygiaphones, sécurisation des parkings du personnel… »

  • [Entretien] Ariane Ascaride: « Être fada, c’est une manière de regarder le monde »

    [Entretien] Ariane Ascaride: « Être fada, c’est une manière de regarder le monde »

    La Marseillaise : « Touchée par les fées » est un solo autobiographique que vous enrichissez depuis maintenant 15 ans et incarnez dans sa dernière version. Pourquoi cette « ultima verba » ?

    Ariane Ascaride : Ça fait 15 ans qu’on a démarré cette aventure avec Marie Desplechin [l’auteure, Ndlr] et Thierry Thieû Niang [metteur en scène et chorégraphe]. C’est la quatrième version du spectacle. Et là, c’est la dernière fois avant que je meure.

    On trouve d’ailleurs dans cette version l’oraison funèbre que vous aimeriez entendre…

    A.A. : À un moment donné, il faut clore quelque chose. Et avec humour. Souvent, quand on se rend à des enterrements, on entend des gens parler sur la personne décédée. Or, on ne sait jamais si la disparue serait d’accord avec ce qu’on dit sur elle.

    Vous avez si peu confiance en vos proches pour cela ?

    A.A. : [Elle se met à rire]. Je ne sais pas si c’est une histoire de confiance, mais s’il y a des choses qu’elle a vraiment envie de dire, elle les dit.

    Vous qui comparez souvent les théâtres aux églises, est-ce que ça vous fait drôle de jouer ce spectacle dans la chapelle des Bernardines ?

    A.A. : En fait, c’est la deuxième fois que je joue ce spectacle dans une chapelle. Il y a une quinzaine d’années, j’avais joué une version à Avignon, au Petit Louvre, dont l’une des salles est une ancienne chapelle. J’aime en effet bien cette idée, car les théâtres sont comme des églises.

    « Touchée par les fées » renvoie à l’étymologie du mot fada. Diriez-vous qu’à travers lui, vous réhabilitez ce terme qui est devenu outrageusement péjoratif, alors qu’il ne désigne en fait que celui qui se situe à la marge ?

    A.A. : Oui, c’est cela. Je raconte que je suis quelqu’un de décalé. On peut nous appeler les fadas, les innocents… Quand vous voyez L’Arlésienne de Daudet [nouvelle des Lettres de mon moulin parue en 1869], il faut toujours qu’il y ait un fada dans un village car ça porte bonheur. Après, moi, je ne sais pas si je porte bonheur, mais ça, c’est une autre histoire. Mais, c’est en tout cas une manière de regarder le monde pas tout à fait dans la ligne qui est imposée. Cela a un peu été ma façon de fonctionner dans le monde.

    Au-delà de fadade, il vous est même arrivé de dire que vous étiez « dingue »…

    A.A. : Oui, car j’ai parfois entendu à mon sujet : « Oh là là, qu’est-ce qu’on va faire d’elle ? ». Bah voilà, je suis née un peu à côté de la plaque. C’est moi et c’est pas moi. Dans le spectacle, on a essayé d’universaliser ça pour dire que des tas de gens sont un peu à côté de la plaque.

    Dans ce spectacle, vous déballez les malles de vos souvenirs, évoquant entre autres vos aïeux. Comment vous êtes-vous construite entre un père communiste et volubile et une maire presque taiseuse ?

    A.A. : Bah on est un peu gaga. J’ai hérité de par mon père de l’imagination. Un cadeau incroyable mais qui est aussi parfois un inconvénient. Quand j’étais enfant, il y avait des bonbons qui étaient enrobés dans des papiers translucides ou de couleurs. Je crois que je regarde un peu le monde comme ça. Cela ne veut pas du tout dire que je suis naïve, mais j’ai un peu tendance à ça. Et de l’autre côté, j’ai hérité d’une force, d’un courage que ma mère avait, même si elle était un peu opaque et ne racontait pas trop ce qu’elle avait en elle.

    De la dignité, aussi ?

    A.A. : Oui. Car je viens d’un monde populaire. Et le monde populaire a beaucoup de dignité.

    La question de vos origines traverse aussi le spectacle. Qu’est-ce que vous inspirent à vous, la fille d’immigré napolitain, l’hystérisation du débat public dès lors que l’on touche à cette question, ainsi que l’affirmation du racisme en France ?

    A.A. : J’ai honte que des habitants de notre pays puissent parler comme ça. Ce qui est par exemple en train de se passer autour du maire de Saint-Denis [Bally Bagayoko] me provoque un sentiment de honte incroyable. Je n’arrive pas à comprendre qu’on puisse s’acharner à ce point. Comment peut-on se permettre d’enlever à quelqu’un une partie de sa nationalité ? Il est avant tout Français. En plus, moi, je suis née dans une ville qui s’est constituée, et qui continue de le faire, autour de gens aux origines diverses et variées. Et au-delà du racisme par rapport à la couleur de peau, il y a un racisme par rapport aux pauvres. J’avais très peur pour les municipales à Marseille, Paris et ailleurs. Mais il ne faut pas croire que le peuple est obligatoirement conforme à ce qu’il se dit sur les plateaux télé, radio et sur les réseaux sociaux.

    En ce qui concerne Marseille, quel sentiment a dominé chez vous : le soulagement de voir la gauche gagner ou la peur de voir le RN gagner du terrain et deux mairies de secteur ?

    A.A. : Ce que j’ai surtout retenu, c’est qu’il faut que la gauche se mette à travailler et retrouver de la proximité : à ne pas avoir peur de parler à la population. Je ne pense pas que tous les électeurs du RN soient des racistes. Il y a des gens qui votent en se disant : « Eux, on ne les a pas essayés ». Quand on se met à parler avec les gens, on est parfois très surpris. Mais ce qui est certain, c’est qu’on est dans des sociétés ou l’individualisme s’est développé de manière impressionnante. Or c’est dans le collectif qu’on peut le mieux le soigner. Il faudrait aussi que tout le monde arrête de s’engueuler. Le niveau du discours politique a baissé.

    Pour revenir à votre spectacle, le public chante beaucoup au cours de vos représentations. De quoi serait composée la bande originale de votre vie ?

    A.A. : Ça pourrait être de l’opéra, les chœurs de l’armée rouge et de la variété : du Joe Dassin et de la musique italienne. J’adore aller à l’opéra de Marseille qui est certainement le seul opéra qui persiste et signe. Un opéra très particulier par rapport à ce qu’est devenu l’opéra aujourd’hui et le seul qui est resté populaire de France.

    Son public comportait lui aussi beaucoup de fadas à l’époque…

    A.A. : Je pense que les chanteurs sont encore morts de peur à l’idée d’y jouer. L’opéra est à tous les Marseillais. C’est cela qui est différent d’ailleurs.

    Retrouvez-vous cette passion ailleurs ?

    A.A. : Même s’il y a plein de choses formidables qui se font à Marseille, non. On ne la retrouve qu’à l’opéra ou à l’OM. Je n’aime pas le foot, mais un jour, l’OM m’a invitée et quand je suis sortie du match, je me suis demandé quand je pourrais voir un spectacle de théâtre où il y aura la même ferveur. Dans ce stade, c’est impressionnant.

    Le seul point commun entre les matches de l’OM et votre solo, c’est le tragicomique finalement…

    A.A. : Oui, mais ce n’est pas grave, car vous continuez à le soutenir ce club. Même si vous les engueulez, si vous sortez désespéré, ça fait partie de vous. Je rêve que l’art fasse partie de vous de la même manière. C’est pour l’instant compliqué, mais c’est possible.

  • Les indemnités du maire d’extrême droite font réagir à Fréjus

    Les indemnités du maire d’extrême droite font réagir à Fréjus

    Grisé par sa victoire dès le premier tour, le maire de Fréjus n’a de toute évidence rien perdu de sa morgue et a continué d’adresser des remarques incisives à son opposition. C’est sans trembler qu’il s’est octroyé, lors du dernier conseil municipal qui s’est déroulé jeudi dernier, le maximum des indemnités prévues par la loi – soit 6 330 euros –, mais aussi, tant qu’il y était, la fraction la plus haute de ses frais de représentation, à hauteur de 800 euros mensuels. Il faut ce qu’il faut…

    Son opposition s’en est émue publiquement en fin de séance.

    à droite pour commencer. Mickaël Camilleri (Notre parti, c’est Fréjus) explique que les habitants auraient pu espérer que ce mandat commence différemment au regard du lourd endettement de la ville, rappelant « qu’il y a d’autres communes, dans un état financier pourtant meilleur que le nôtre, qui ont décidé d’envoyer un signal aux électeurs ». Et de poursuivre : « Ils ont décidé de servir la commune et non pas de se servir. » L’élu précisant qu’il « ne validera pas ce hold-up ».

    « Carrément ? Un hold-up autorisé par la loi… On imagine bien que vous auriez été bénévole si vous aviez eu la possibilité d’être maire », lui répondra le premier magistrat. Ce dernier jugeant que ce « bruit » ne traduit que de la « politique politicienne ». Et de conclure : « Votre aigreur de votre large et massive défaite ne me fait ni chaud, ni froid. »

    Double discours ciblé

    Du côté de la gauche, Christine Romano (PCF) fait habilement remarquer le double discours de l’extrême droite, et lance : « Malgré la volonté d’austérité votée par le RN avec les 4,9 milliards en moins pour les collectivités locales et les communes, vous, vous prenez le maximum. »

    L’élue de la liste rassemblant toutes les forces progressistes estime donc que, pour être cohérent avec la ligne politique du Rassemblement national, le maire devrait s’appliquer à lui-même la même discipline. « Je trouve que l’austérité, ça devrait être pour tout le monde », conclut-elle sous les applaudissements du public. Ce qui a beaucoup agacé l’édile.

    Ce dernier réplique, sans répondre sur le fond : « J’ai noté que vous étiez désormais partisane de l’austérité. C’est une découverte. Il y en aura sans doute d’autres, j’en suis sûr même. » Puis, l’élue lui faisant remarquer qu’elle n’était pas LFI – étiquette qu’il lui avait attribuée dans une réplique vide de sens –,le maire lance, visiblement à court d’arguments : « Vous êtes aussi communiste, socialiste, on sait, et verte. Et rouge surtout apparemment. »

    Dans un communiqué, la fédération varoise et la section de Fréjus du PCF déclarent : « Les communistes ne se laisseront pas impressionner par les diatribes de M. Rachline qui, par ailleurs, doit rendre des comptes à la justice. » Et de conclure : « Nous continuons à œuvrer pour l’honnêteté et la transparence dans la vie politique, pour des logements accessibles alors que les loyers explosent, pour un accès à des soins de qualité, pour la démocratie, contre l’hôtel de luxe à la base nature… »

    Une invitation à les rejoindre pour mener à bien tous ces combats.

  • Le carnaval de la Plaine s’est conclu par des tensions

    Le carnaval de la Plaine s’est conclu par des tensions

    La joyeuse fête du carnaval de la Plaine, qui a attiré dimanche près de 14 000 personnes, s’est achevée en début de soirée avec quelques incidents. Interdite par la préfecture à partir de 19h en raison des « précédents troubles à l’ordre public » enregistrés lors d’éditions précédentes, la manifestation n’a commencé à se disperser qu’à partir de 21 heures, après usage de bombes lacrymogènes par les forces de l’ordre. Celles-ci ont sur place fait face à « quelques tirs de mortiers » selon la préfecture, et ont ensuite utilisé des « engins lanceur d’eau ».

    La dispersion s’est finalement clôturée à 22h30. Aucun manifestant n’a été blessé, tandis que 17 policiers ont été légèrement blessés, selon le ministère de l’Intérieur. Treize carnavaliers ont été interpellés.

    Le lieu de mémoire de la rue d’Aubagne dégradé

    Des dégradations ont été constatées sur les caméras de surveillance et sur l’esplanade, du fait du traditionnel incendie du caramantran, grimé cette année en « Netha Voyou ».

    Plusieurs façades ont également été taguées, notamment celle du lieu ressource en cours de construction sur le site des effondrements de la rue d’Aubagne (1er), où était notamment inscrit « Noailles libre et indépendante ». Sur X, plusieurs élus ont déclaré fermement condamner ce type de dégradation, comme le maire (DVG) Benoit Payan : « Le lieu ressource de la rue d’Aubagne est un lieu de mémoire qui doit être respecté. Huit d’entre nous y ont perdu la vie. Sa dégradation est inacceptable. »

    Plainte annoncée

    Sophie Camard (GRS), maire de secteur des 1-7, s’est elle aussi dite « très choquée » des dégradations sur le lieu de mémoire et a annoncé que la Ville de Marseille va porter plainte.

    Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, a lui aussi réagi sur X pour remercier ses équipes et dire son soutien aux policiers légèrement blessés. « Ciblés par des jets de projectiles et de mortiers, ils [les policiers, Ndlr.] ont fait 13 interpellations. Je condamne fermement ces violences intolérables. Force restera toujours à la Loi. »