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  • Ces villes que le RN veut rafler et utiliser comme marchepied en Occitanie

    Ces villes que le RN veut rafler et utiliser comme marchepied en Occitanie

    Robert Ménard à Béziers, Louis Aliot à Perpignan, Nelson Chaudon à Beaucaire. À ce jour, seules trois Villes d’Occitanie sont dirigées par le Rassemblement national ou ses alliés d’extrême droite. Mais à l’issue des élections municipales (15-22 mars), la tache brune pourrait se répandre davantage.

    Pour l’heure donné favori à la Présidentielle 2027 en dépit de graves affaires judiciaires, le RN n’a pas l’intention d’enjamber ces élections locales où d’ordinaire il apparaît peu crédible. Ce n’est pas un hasard si Jordan Bardella a débuté samedi 7 février son tour de France des villes à conquérir à Agde puis à Carcassonne. Tournée qui va se poursuivre jusqu’à mi-mars pour soutenir les principales têtes d’affiche du parti à la flamme.

    Voilà plusieurs mois que le parti lepéniste a dressé la liste des villes qu’il rêve de voir tomber dans son escarcelle. La plupart sont situées dans le Nord ou à l’instar de Marseille, Toulon, sur la façade méditerranéenne (Sud Paca, Occitanie), socles forts de l’extrême droite qui se renforcent à chaque scrutin.

    Les villes à haut risque RN

    En Occitanie, outre Perpignan, Béziers et Beaucaire qui ont déjà rendu les armes en 2014 ou 2020, deux villes audoises sont particulièrement menacées : Narbonne (par le député RN Frédéric Falcon) et Carcassonne (avec le député RN Christophe Barthès qui ne croit pas au réchauffement climatique). Il faut dire qu’aux législatives provoquées par Emmanuel Macron en 2024, l’Aude n’a élu que des députés d’extrême droite. C’est le cas aussi du Gard où, à quelques exceptions près (Le Vigan, La Grand-Combe…), l’extrême droite étend sa toile.

    Au prix d’un travail minutieux compilant plusieurs statistiques, StreetPress a mis au point un « fachoscore » pour classer les principales communes sur un risque de A (faible) à E (élevé). Outre Beaucaire (E) qui a déjà basculé, Bagnols-sur-Cèze, Pont-Saint-Esprit ou Vauvert sont classés D. Le RN a envoyé l’artillerie lourde avec les députés Nicolas Meizonnet (Vauvert) et Pascale Bordes (Bagnols). Du côté d’Alès, c’est le policier Anthony Bordarier qui s’y colle. Méconnu, ce cadre du RN depuis 2020 est néanmoins soutenu par les députés Yoann Gillet et Pierre Meurin. Enfin à Nîmes, où le risque RN ne semblait pas écarté dans le dernier sondage, le député européen et ancien maire de Beaucaire Julien Sanchez fait figure d’épouvantail.

    Dans l’Hérault, plusieurs villes, particulièrement mal gérées par une droite affairiste, pourraient se tromper de colère. C’est le cas d’Agde où l’ancien maire Gilles d’Ettore (LR) a dû démissionner, embourbé dans l’affaire de la voyante. Le député RN Aurélien Lopez-Liguori est à l’affût. Situation comparable à Sète où Sébastien Pacull, en dépit d’une campagne discrète, pourrait tirer son épingle du jeu après la démission forcée de François Commeinhes (Divers droite). À l’image de Mèze (classée D par StreetPress) ou Frontignan, la menace est forte dans le bassin de Thau. Mais pas seulement. Des terres de bouvine (Mauguio) ou proches du bastion de gauche Montpellier (Lattes, Gignac…) auront des candidats d’extrême droite. Quant à Béziers, si le RN de Julien Gabarron venait à échouer, ce serait sans doute au profit de Robert Ménard (EXD). Quoi qu’il en soit, l’objectif est moins de s’emparer de villes pour lesquelles le RN nourrit rarement un réel intérêt que d’en faire un tremplin pour préparer la suite. Jordan Bardella en convient d’ailleurs lui-même. « Il faut gagner un maximum de communes et prouver dans le cadre de ces municipales que le changement n’attend pas l’élection présidentielle », a confié dans son bain de foule à Agde, celui qui l’an prochain pourrait concourir à l’Élysée à la place de Marine Le Pen.

    Avant l’ultime étape qui terrorise le camp républicain, les Sénatoriales de septembre 2026 seront une autre étape importante, souligne Michel Crespy. « Le RN pense pouvoir gagner quelques villes sur les triangulaires, des quadrangulaires ou bien avoir des élus d’opposition. Mais surtout le RN vise les sénatoriales car il aura besoin du Sénat [où le RN est inexistant, Ndlr] s’il arrive à l’Élysée. » Pour le camp des progressistes, il est plus que jamais temps de se ressaisir dès les élections municipales.

  • A Oraison, une nouvelle liste en lice

    A Oraison, une nouvelle liste en lice

    Conseillère municipale d’opposition depuis 2020, Isabel Gamba a finalement décidé de se relancer dans la bataille à la tête d’une liste sans étiquette intitulée Écrire Oraison ensemble, avec Olivier Laurent et Laurence Leplatre comme colistiers. Le maire sortant, Benoît Gauvan candidat à sa réélection avec la liste Oraison cœur de Durance n’aura donc pas un seul candidat RN – Jean-Michel Angelvin – pour adversaire dans une ville où le parti de Jordan Bardella avait fait ses plus gros scores du département lors des législatives. Photo DR

  • L’enfance, levier d’égalité pour Nîmes

    L’enfance, levier d’égalité pour Nîmes

    Elle n’a pas « choisi » l’enfance comme un thème de campagne : c’est l’enfance qui l’a rattrapée, chaque matin, à hauteur de CP. Géographe-urbaniste de formation, passée par la réhabilitation de quartiers d’habitat social, Agnès Charaix-Py s’est reconvertie dans l’enseignement. Aujourd’hui colistière de Nîmes en commun, elle porte deux dossiers qui se répondent : renaturaliser la ville, « y compris les cours d’école des 83 écoles de Nîmes », et redonner aux enfants une place de citoyens à part entière.

    Dans sa classe, elle dit avoir vu « une paupérisation certaine » en 17 ans : pauvreté matérielle, familles récemment arrivées, barrière de la langue. À cela s’ajoutent, selon elle, « les non-problèmes » devenus massifs : l’emprise des écrans, la concentration en chute, et des signaux sanitaires plus lourds dans les quartiers populaires (caries, obésité, alimentation déséquilibrée). « On est sur une santé défavorable », résume-t-elle, sans fatalisme. Car l’autre visage, elle le décrit avec une énergie contagieuse : des enfants « affamés de culture et d’apprentissage », un enthousiasme brut, une soif de découverte. « Ce sont des gamins pas blasés », dit-elle, évoquant une sortie aux Arènes, « magique », parce que beaucoup n’y avaient « jamais mis les pieds ».

    Ce contraste nourrit sa colère politique : « Il y a des pépites. Je les vois, ils ont six ans. » Et pourtant, faute d’accompagnement, beaucoup glissent, du primaire au collège puis au lycée, jusqu’à l’orientation subie. « Ça me met la rage », insiste-t-elle : « on sacrifie leur avenir ». Pour Agnès Charaix-Py, la mairie a des leviers concrets et immédiats : périscolaire, loisirs, accès à la culture, à la mobilité, à une alimentation saine. Des actions qui, mises bout à bout, « ouvrent des horizons » et desserrent l’étau du déterminisme social.

    « Vous êtes Nîmois »

    L’épisode de juin 2025 a marqué durablement la communauté éducative : « 81 écoles sur 83 ont été fermées pendant la canicule », rappelle-t-elle, décrivant des classes à 30-31°C, des journées perdues où l’on n’enseigne plus vraiment. Pour elle, le sujet n’est pas anecdotique : il dit une politique d’investissement, des priorités assumées. « Le musée de la Romanité ou le Palais des Congrès, c’est bien, mais ça nous a fait perdre du temps », lâche-t-elle, plaidant pour un plan pluriannuel transparent : diagnostic école par école, catégories d’urgence, calendrier lisible pour parents et équipes, travaux d’isolation, protections solaires, solutions de rafraîchissement sobres, et renaturation réelle des cours.

    Car « la ville à hauteur d’enfant » commence derrière le portail : moins de goudron, plus de pleine terre, des arbres, des potagers qui fonctionnent, des composteurs suivis, du vivant. Pas pour faire joli, mais pour transformer l’expérience quotidienne et l’adaptation climatique. Et au-delà de l’école, elle déroule une vision urbaine très concrète : abords d’écoles apaisés, rues temporairement libérées des voitures, cheminements piétons sûrs, pistes cyclables praticables par des enfants, quartiers ralentis. Autrement dit : l’enfance comme test de vérité des politiques publiques.

    Mais l’ambition, insiste-t-elle, est aussi démocratique. Elle regrette l’absence d’un conseil municipal des enfants et veut éviter le gadget : sujets travaillés en amont dans les écoles, élus référents, engagement public de réponses, et retour devant les enfants « dans six ou douze mois » sur ce qui a été fait. « Ce ne sont pas seulement les citoyennes de demain, ce sont les citoyennes d’aujourd’hui », martèle-t-elle.

    Dans sa classe, une phrase revient : « Moi je voudrais qu’ils se sentent Nîmois. » Parce que l’appartenance, dit-elle, peut être un point d’appui, plus accessible que l’identité nationale pour des enfants de familles diverses. « Vous êtes Nîmois », répète-t-elle à des élèves pourtant nés ici. Derrière, une idée simple : faire de la ville un bien commun, et de l’enfance un point de départ. « Un enfant égal un enfant », conclut-elle, « des beaux quartiers comme des classes populaires ». À ses yeux, la justice sociale commence là : dans une cour d’école, un trajet du matin, un repas de cantine, une bibliothèque gratuite, un droit réel à la parole.

  • Alexandre Kantorow en récital à la Criée

    Alexandre Kantorow en récital à la Criée

    Il n’avait que 22 ans en 2019, lorsqu’il fut le premier pianiste français à remporter
    le Concours international Tchaïkovski, l’un des prix les plus prestigieux dans le monde de la musique classique. Depuis, Alexandre Kantorow, de passage en concert à Marseille lundi 16 et mardi 17 janvier ne cesse de gravir les cimes romantiques des touches de son instrument. Collectionnant les prix et tournant à travers le monde, le voilà de retour dans la ville où Robert Fouché, le regretté président de l’association Marseille Concerts, l’avait invité à venir se produire avec son illustre père le violoniste et chef d’orchestre Jean-Jacques Kantorow.

    Intelligence et vision

    En prélude à ses 40 ans d’existence, Marseille Concerts invite Alexandre Kantorow à se produire en récital, pour un concert qui a dû être doublé face à l’engouement du public. Ce pianiste virtuose jouera un programme romantique comprenant notamment Bach revisité par Lizst (la cantate Weinen, Klagen, Sorgen, Zagen, « les pleurs, les lamentations, les tourments et le découragement »), ou encore Medtner (Sonate opus 5), Scriabine (Vers la flamme), Alkan, mais aussi interprète sensible, Chopin (Prélude op 45) et Beethoven (Sonate n°32, la dernière qu’il a composée). Un programme des plus attirants, donné par une artiste qui interprète vraiment ses partitions en y mettant toute son intelligence et sa vision.

    Gisèle Laval

    Les 16 et 17 février à 20h. Places entre 6 et 38 euros.

  • Grande soirée pour la Team Sorel à la Scène Méditerranée

    Grande soirée pour la Team Sorel à la Scène Méditerranée

    Dans le rôle de coach, promoteur et organisateur, Yvan Sorel, qui manie le multicasquette comme personne, a pu savourer le travail qu’il a accompli avec ses équipes à l’issue de la quatrième édition du Spartan Fighting Championship. « C’est ce que j’appelle une belle soirée », lance le pionnier du MMA dans la cité phocéenne, qui a accueilli 517 spectateurs à la Scène Méditerranée (anciennement théâtre Toursky) dans le troisième arrondissement de Marseille. « On attendait entre 10 et 15% de public en plus, mais ce n’est pas évident de lutter contre l’Olympique de Marseille avec un peuple marseillais qui est religieux dans le domaine du football », ajoute-t-il en étant beau joueur. Quatorze combats sur le papier, dont trois professionnels, se sont succédé dans la cage. En ce jour de Saint-Valentin, l’amour s’est exprimé sous une forme différente : de jeunes combattants, passionnés par les arts martiaux mixtes, ont donné de leur personne pour repousser leurs limites physiques et mentales. Particulièrement ceux issus de la cité phocéenne, qui avaient à cœur de montrer que Marseille peut rivaliser avec la Capitale dans le monde des arts martiaux mixtes (MMA).

    Gharsalli étincelante

    Poussés par leurs supporters, venus en nombre pour électriser ce théâtre mythique, les protégés de la Team Sorel ont assuré le spectacle, à l’image de Chakib Arezzo (6 victoires, 1 défaite), auteur d’un duel à couper le souffle face au Bouilladissien Ismaël Belmehadji (2 victoires, 6 défaites). Après une longue séquence en soumission, le Marseillais a trouvé les ressources pour infliger un KO spectaculaire à son adversaire. Avec la victoire du jeune ukrainien Arthur Yehiizarian plus tôt dans la soirée, la Team Sorel a réalisé un carton plein lors de ce SFC 4. Même si d’autres combats ont été sensationnels, à l’image du duel entre Alice Michalkiewicz et Katie Perez, celui entre Sarah Gharsalli et l’Argentine Camila Curutchet a enflammé la Scène Méditerranée. Au terme d’un affrontement en trois rounds de cinq minutes, la Marseillaise débute sa carrière professionnelle par une victoire de choix.

    « Elle a prouvé à tout le monde qu’elle avait un niveau aussi excellent et qu’elle pouvait affronter des défis bien plus expérimentés », souligne Yvan Sorel, fier de voir le travail de sa petite protégée récompensée. Tout ce bonheur partagé durant plusieurs heures lui donne envie de lancer une cinquième édition prochainement. « Là par contre, je serai dans l’obligation d’être soit pris en otage par des futurs partenaires ou pris en otage par une collectivité territoriale comme le Département, la Métropole, la Région et la Ville de Marseille », lâche celui qui a dépensé plus de 40 000 euros pour cette unique représentation.

    « J’aimerais vraiment être épaulé, mais vraiment. Parce que là, j’ai prouvé que je pouvais ouvrir les frontières. J’ai prouvé que la Ligue commençait vraiment à être soutenue. Au début, le public appréciait le spectacle, maintenant, il adore », poursuit le leader de la Team Sorel, qui souhaiterait voir les arts martiaux mixtes mis sur un même pied d’égalité avec des sports comme le football, le padel ou la boxe anglaise.

  • Art en partage et passage de relais à l’Artothèque Antonin-Artaud

    Art en partage et passage de relais à l’Artothèque Antonin-Artaud

    Le client d’un bistrot et ses univers intensément dessinés sous le fusain de Kamel Khelif, Un Rosier qui fleurit en fil de soie depuis ses tiges en fil de fer et plomb réalisé par Françoise Buadas… On n’est pas au Musée d’art contemporain de Marseille mais au lycée Antonin-Artaud. Quelques-unes des nombreuses œuvres accrochées aux murs de l’Artothèque de cet établissement scolaire marseillais situé à Saint-Mitre (13e), à l’occasion d’une exposition qui scelle la donation de la collection de ce lieu unique en son genre, au rectorat de l’académie d’Aix-Marseille. « Nous ne sommes plus en mesure de nous en occuper. J’ai 81 ans, il y a des choses qu’on ne peut plus faire », explique au cours d’une soirée célébrant cette « histoire commune », jeudi 12 février, Geneviève Couraud, ancienne prof de lettres parmi les figures de cette aventure animée depuis 30 ans par des enseignants bénévoles. Une association qui gérait cet espace hybride situé sur le chemin du CDI, à la fois lieu d’exposition d’art contemporain, permettant aussi l’accueil des artistes, et « embrayeur pédagogique exceptionnel » pour l’équipe enseignante et les élèves du lycée, mais aussi d’autres structures éducatives. « Avec Kamel Khelif, on avait publié une BD en noir et blanc, sans texte. Puis les élèves en ont écrit chacun un petit bout », témoigne avec ferveur Odile Pagano, membre de l’équipe de l’Artothèque entre 2002 et 2015, fidèle à l’esprit de ses fondateurs en 1988, Jacques Terrasa, alors prof d’espagnol, ainsi que Claude Sanchez et Arlette Assante, documentalistes du CDI du lycée.

    « On s’en va même

    si on ne restera pas loin »

    « On contactait les artistes pour qu’ils nous confient des œuvres. Au début, ça n’a pas pris mais un artiste a tout déclenché en le faisant, c’est Jean-Jacques Ceccarelli. Il a dit à tous ses copains : Il faut leur donner des œuvres, c’est formidable, des jeunes vont voir de la peinture », se remémore Geneviève Couraud, tout en soulignant « l’élan donné à l’Artothèque au début des années 1990 par Gérard Fontès qui enseignait la philosophie ».

    Composée de près de 700 œuvres, la collection de l’Artothèque Artaud « va rester ici. Monsieur Leclère, le proviseur, a été formidable. L’association va disparaître mais la collection devient officielle et la raison d’être de l’Artothèque persiste », affirme-t-elle, avant d’indiquer un mur ou sont affichées quelques pages d’une thèse des années 2000 de Sylvia Girel, passée par là : « L’Artothèque fait partie de ces lieux reconnus et médiatisés sur la scène de l’art, notamment parce qu’en éditant des catalogues et en achetant des œuvres, hormis le fait de sensibiliser les lycéens et les enseignants à l’art, elle participe à la médiatisation des artistes, contribue à leur reconnaissance et assure un rôle de mécène. »

    « On s’en va même si on ne restera pas loin », sourit Geneviève Couraud, non loin du jeune documentaliste de 28 ans qui va prendre le relais. « C’est un grand bouleversement. Après 40 ans de travail, c’est leur bébé. Il a fallu que le proviseur négocie avec le rectorat la création d’un poste qui impliquait le transfert des œuvres », rappelle celui qui l’occupe désormais.

    Des hauts et débats

    « Un poste à mi-temps est dédié pour le moment. Cette année et l’année prochaine aussi j’espère. Ma priorité, c’est les élèves. On vit une période particulièrement difficile pour plein de raisons. Il est donc important qu’ils aient la possibilité d’avoir des espaces de décompression, de se confronter à des œuvres auxquelles ils n’auraient pas forcément accès », estime-t-il devant des peintures, dessins, photographies et volumes qui interpellent tous les regards.

    « J’organise des visites avec certains professeurs. Les réactions des élèves étaient encore intéressantes ce matin [jeudi] », apprivoise-t-il en pointant un tableau représentant une femme étreignant la main d’un autre. « Des élèves ont eu une grande discussion pour savoir si c’était une photo ou une peinture. Ils étaient assez subjugués par le côté technique, disaient : “Ça c’est de l’art, ça ce ne l’est pas.” Un débat sur l’art s’instaure mine de rien. »

  • RC Toulon : Après la chute de Mayol, Pierre Mignoni sur le point d’abdiquer ?

    RC Toulon : Après la chute de Mayol, Pierre Mignoni sur le point d’abdiquer ?

    On avait fini par le croire imprenable, après 20 mois d’invincibilité et 21 victoires de rang en championnat. Mais après plusieurs succès au forceps ces dernières semaines, Mayol est tombé face à un assaillant clermontois qui a pris possession d’une forteresse bien mal défendue samedi soir, même s’il ne faut pas galvauder la qualité de sa prestation. « Ça nous pendait au nez depuis quelque temps. C’est dur, mais il va falloir repartir », concédait Teddy Baubigny. « Ça arrive (de perdre à domicile). Après, la manière est dure à accepter. Ce n’est pas digne de Toulon et de notre équipe », commentait après le match un Pierre Mignoni à la mine déconfite.

    Car il n’aura fallu que 12 minutes aux Auvergnats pour envahir la Rade, et mettre K-O debout ses hommes, qui ont semblé jouer à l’extérieur au vu de la flagrante fragilité affichée. 12 minutes et trois essais, dont les deux premiers consécutifs à des pénaltouches, alors que l’entraîneur varois avait insisté, après la déconvenue paloise d’il y a 15 jours, sur cet aspect-là, qui coûte souvent cher au RCT depuis le début de saison. À la question de savoir si son message était passé, ce dernier a laconiquement répondu « non ». « La discipline a pêché, il y a eu des plaquages manqués mais ce n’est pas le rugby ça, c’est juste la tête », complétait, plus longuement, Teddy Baubigny.

    Si on a cru au sursaut avec le doublé de Priso (26e, 47e), qui a ramené les siens à 5 points, le contenu n’a jamais laissé place au doute, tant les Rouge et Noir ont manqué de tout, entre fautes de mains, touches gâchées, et manque d’intensité dans les rucks et en mêlée.

    Mignoni : « Je me laisse 48 heures pour réfléchir »

    Mais ce qui a sans doute le plus coûté est l’apathie défensive face à la vitesse et la connexion des Jaunards, qui ont réalisé deux fois plus de franchissements (8 contre 4) que leurs homologues toulonnais, semblant créer le danger sur chaque incursion. Une domination qui leur a permis de reprendre le large grâce à Zamora, qui y est allé de son doublé, avant de résister -sans trop de difficultés- pendant 20 minutes, puis de porter l’estocade en fin de match grâce à l’excellent Hamdaoui, lui aussi auteur d’un doublé.

    Pour expliquer, partiellement, cette nouvelle déception, Pierre Mignoni invoque un manque de solidarité : « Pour aller au paradis il faut mourir, et personne ne veut le faire, en tout cas pas sur ce match. On dit, mais on ne fait pas les efforts. On ne donne pas tout ensemble, c’est la vérité », pointait-il. Et pour la première fois, l’homme fort du RCT s’avouait à court de solutions : « À chaud, je n’ai pas d’options. Je ne peux pas dire ce que je vais faire. Mais là, ça ne répond pas. » Au point de remettre en cause son avenir au club : « J’ai connu des moments comme ça à Toulon, même avec la grande équipe de l’époque. Seulement, on avait réagi. Est-ce que les joueurs me suivent encore ? Je vais bien réfléchir. La première responsabilité c’est moi. Je vais me laisser 48h, et après on verra. »

    « Le vestiaire est à 3 000 % avec Pierre. Ce n’est pas parce qu’on a perdu un match à domicile qu’on doit tout remettre en question », balayait son talonneur, conscient du manque de solidarité dont souffre le groupe, contrastant avec la saison passée : « C’est le ressenti commun. Peut-être qu’on ne s’aime pas assez, qu’on n’est pas l’équipe de Toulon qu’on devrait être, à faire les efforts pour le mec d’à côté. On va passer du temps ensemble pour retrouver la flamme qu’on n’a pas ces derniers temps. » Tel un couple en crise qui veut sauver ce qui peut l’être en ce triste soir de Saint-Valentin, qui boute le RC Toulon hors du top 6. « Si j’avais la solution je la partagerais, ce soir je ne l’ai pas. J’ai juste envie de croire qu’on va réagir. On ne va pas tout mettre à plat ce soir. Il faut que cette défaite soit une vraie étape. La saison n’est pas finie, loin de là », concluait Teddy Baubigny, avant 48 heures qui promettaient d’être brûlantes.

  • Petit succès pour Laurance, grande joie pour Riccitello

    Petit succès pour Laurance, grande joie pour Riccitello

    Les échappés ont la vie belle sur les rendez-vous provençaux. Après la victoire du Suisse Arnaud Tendon (Van Rysel Roubaix) lors de l’étape d’ouverture, le Français Axel Laurance (Ineos Grenadiers) s’est détaché du peloton pour s’imposer lors de la troisième et dernière étape du Tour de la Provence. Un groupe de neuf coureurs a commencé à attaquer dans les vingt derniers kilomètres, mais le triomphe arlésien s’est joué entre le Breton et Daniel Arnes (Van-Rysel Roubaix). Ce dernier, pris au piège après suite à une mauvaise indication des signaleurs, n’a pas pu empêcher le sacre de Laurance.

    Riccitello garde

    sa couronne

    La performance du champion du monde espoirs 2023 était loin d’être suffisante pour inquiéter Matthew Riccitello (Décathlon CMA-CGM). Vainqueur de l’étape la veille, l’Américain a confortablement gardé sa place sur le trône et s’adjuge, ainsi, le classement général du Tour de la Provence, la seconde course par étapes de sa carrière professionnelle après le Sibiu Tour (en Roumanie) l’an dernier. Les Ineos Carlos Rodriguez et Brandon Rivera complètent le podium.

    1. Matthew Riccitello (USA/Decathlon CMA CGM)
    en 12 h 58
     : 49.

    2. Carlos Rodriguez (ESP/Ineos Grenadiers) à 4.

    3. Brandon Rivera (COL/Ineos Grenadiers) 20.

    4. Aurélien Paret-Peintre (FRA) 24.

    5. Clément Champoussin (FRA) 38.

  • Aménagements et mobilité au menu du budget participatif

    Aménagements et mobilité au menu du budget participatif

    Depuis 2017, la Ville d’Avignon fait participer les habitants avec la mise en place du budget participatif « afin d’impliquer les citoyens dans l’amélioration du cadre de vie et renforcer la démocratie locale ». Et cette année, pour sa 6e édition, ce sont dix projets qui ont été sélectionnés à l’issue d’un vote d’un conseil constitué pour moitié d’élus et pour moitié d’Avignonnais tirés au sort.

    Parmi eux, des projets autour du sport, comme la création d’un pumptrack à Montfavet ou l’aménagement du city stade de l’école Sixte-Isnard ; autour de la mobilité, avec la demande d’une « continuité cyclable de la rocade au centre nautique » ou encore une voie douce rue de la Garance. « Mais c’est surtout tourné autour des aménagements cette année », précise Éric Deshayes, adjoint (Génération. s) délégué à la ville citoyenne, démocratique et participative. Comme par exemple un « corridor végétalisé vers le chemin des canaux » le long du canal de Vaucluse dans le quartier Saint-Jean, l’aménagement du lac de Saint-Chamand ou encore la valorisation et la sécurisation du tunnel Eisenhower. Le tout pour un budget total de 140 000 euros.

    4,5 millions d’euros

    Avec désormais une thématique chaque année. Lors de la précédente édition, un pas avait été fait en direction des associations travaillant autour des droits des femmes. Cette année, la volonté était de se rapprocher de l’enfance. Plusieurs projets ont ainsi été déposés par des jeunes du conseil municipal des enfants, la plupart du temps avec leurs parents.

    L’heure est également au bilan pour cette idée lancée en 2017 par la municipalité lors du premier mandat de Cécile Helle (PS). « C’est très apprécié. Au fur et à mesure, les habitants sont de plus en plus au courant du dispositif et les projets sont vraiment dans l’axe des priorités », se réjouit Éric Deshayes. En six éditions, pas moins de 63 projets ont été réalisés pour un budget de 4,5 millions d’euros. Une sélection ardue à chaque fois, avec au total 686 idées proposées par des citoyens, dont 315 ont été soumises au vote. Dans la volonté d’ouvrir au plus grand nombre, il est également possible de se rapprocher de conseillers dans les Maisons pour tous pour faire une proposition sans avoir besoin d’un ordinateur. « Et même lorsque des projets ne sont pas lauréats, les idées sont transmises aux services de la Ville, qui peuvent s’en inspirer », glisse l’adjoint au maire.

    Après avoir été sélectionnées, les idées mettent généralement deux ans à se concrétiser. Seize projets lauréats des dernières années sont ainsi en cours de réalisation.

  • Avec ZOU ! Neige, les sommets alpins sont à portée de train

    Avec ZOU ! Neige, les sommets alpins sont à portée de train

    Le dispositif ZOU! Neige propose des trajets train + bus à partir de 2,10 euros. Pour permettre au plus grand nombre de profiter pleinement des Alpes du Sud, les offres de transports se démultiplient en direction des pistes. Les animations également avec la Tournée Neige qui fait étape dans les stations d’Orcières-Merlette, Montgenèvre, Pra Loup, Serre Chevalier et Auron, du 15 au 25 février.

    « En renforçant les transports, en soutenant les stations et en investissant pour l’accès à la pratique sportive, nous faisons le choix d’une montagne accessible, vivante et durable », a déclaré Renaud Muselier, président de la Région Sud. Le Train des Neiges, en progression de 70% de réservations par rapport à 2025 avec un taux de remplissage proche de 100%, permet de rejoindre directement les stations depuis Marseille, Aix-en-Provence ou Manosque pour 20 euros aller-retour, navette incluse.

    Les trains ZOU! quotidiens complètent cette offre avec des correspondances vers les stations. Des réductions de 30 à 50% sont proposées aux groupes et peuvent atteindre 90% pour les revenus modestes, avec la gratuité pour les détenteurs du Pass ZOU! Études. Et le Pass Sud Montagne permet aux lycéens de bénéficier d’une aide jusqu’à 100 euros par an pour pratiquer les sports de montagne hiver comme été (forfait, location de matériel, cours, licence).

    Avec la Tournée des Neiges 2026, la Région et le comité régional du tourisme repartent à la rencontre du public dans cinq stations des Alpes du Sud. Au programme : animations, concerts, DJ sets, dégustations et spectacles de drones, dans l’esprit des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver 2030.

    Toutes les infos sur le site : https://zou.maregionsud.fr